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06 février 2012

Guéant, L’Ifop & Le Pen : Plus C’est Gros Et Mieux Ça Passe

C’est une histoire qui se déroule en trois temps. Elle commence, l’air de rien (pourtant, c'est une sorte de bande-annonce involontaire) samedi soir (4 février). Sur i>télé. Dans une émission hebdomadaire intitulée : Le Match De L’Opinion.
Comme tous les samedis, le journaliste Olivier Galzi reçoit Guillaume Peltier (UMP – transfuge du FN via De Villiers) et François Kalfon (PS) pour débattre des enquêtes d’opinion publiées durant la semaine [1]. En entrée, un sondage BVA censé mesurer « la force de conviction de N. Sarkozy lors de l’émission (du dimanche 29 janvier) selon la proximité partisane ».

Soldat.jpgUne donnée de cette enquête retient toute l’attention et du journaliste, et de Guillaume Peltier : « 50% des sympathisants du Front national et 40% des électeurs de François Bayrou » ont été convaincus par la prestation de Nicolas Sarkozy, ce que Peltier trouve « très intéressant ». Plus encore que de « capter ses noyaux durs de 2007 » (soit, d’après lui : « les sympathisants de l’UMP et les sympathisants de la droite » – or donc, il a oublié le « siphonage »).

Ce qui est surtout « très intéressant », c’est que ce sont uniquement ces 50% de sympathisants FN qui vont alors se retrouver au centre du débat. De quelle façon ? Eh bien en sortant de l’enquête BVA. Donc du sujet. Et c’est Galzi qui s’y colle, évoquant la possibilité – sous prétexte d’actualité – que Marine Le Pen ne puisse être candidate faute d’avoir réuni les 500 signatures ; et le voilà qui s’enquiert, auprès de ce qu’il nomme ses « deux leaders d’opinion », de savoir s’ils auraient testé la possibilité qu’elle ne soit pas candidate !

François Kalfon saute alors sur l’occasion (ou : la perche tendue) parlant de « bruits » courant dans Paris comme quoi « à l’Elysée, à l’UMP, on teste cette possibilité, et que d’aucuns apprentis-sorciers souhaiteraient même que Marine Le Pen n’ait pas ses signatures ».

Galzi reprend la barre, désirant savoir si, effectivement, « à l’Elysée, à l’UMP », on testerait cette hypothèse. Il lui faudra insister par deux fois avant que Guillaume Peltier réponde ceci :

« Si elle n’y était pas, il est probable qu’une grande partie au 1er tour de son électorat (sic) pourrait rejoindre Nicolas Sarkozy » (alors que dans la minute précédente il avait affirmé que ce serait « très compliqué à estimer »).

Réaction immédiate de Kalfon : « Donc, soit Guillaume Peltier lit dans le marc de café, soit une étude qualitative de premier tour, dans cette hypothèse, a été faite par l’UMP ».

Et tiens donc, que se passe-t-il le lendemain ? L’Ifop, via le JDD, publie « une étude qualitative de premier tour » dans l’hypothèse où « Marine Le Pen ne parvenait pas à réunir les 500 parrainages ». Deuxième temps de notre histoire ? Non ! Car dans l’espace, un certain Claude Guéant a déclenché une polémique en déclarant que « toutes les civilisations ne se valent pas ». Où et quand a-t-il proféré de tels propos ? Samedi 4 février lors du congrès annuel de l’Uni. Dont on nous dit qu’il s’est tenu à huis-clos.

Comme tout ceci s’agence parfaitement bien, n’est-ce pas ?
Mais reconstituons le puzzle.

Peltier ne lit évidemment pas dans le marc de café. Simplement, orgueilleux, il ne sait pas tenir sa langue... Effectivement, à l’Elysée on étudie (et Peltier en premier), très sérieusement, la possibilité d’un 1er tour sans Marine Le Pen. Qui en profiterait ? Et quelle stratégie adopter dans ce cas (plus que probable) ? Voilà l’équation à résoudre.

Qui en profiterait, on le sait : Peltier nous l’a dit, et l’Ifop l’aura confirmé : c’est bien Nicolas Sarkozy. On peut légitimement, et au passage, se demander si le JDD est seul commanditaire de cette enquête...
Quelle stratégie ? Eh bien, je crois que Guéant nous en a donné un aperçu, non ? Et comme ça tombe super pile ! Quasiment dans le même temps que ce sondage estampillé Ifop ! Et ça ne peut pas être le fruit du hasard. Car, encore une fois, le congrès de l’Uni se tenait à huis-clos. Donc et par conséquent, quelqu’un a eu grand intérêt à rendre publics les propos de Claude Guéant. Ou plutôt, des extraits soigneusement choisis (par qui ?). Et propres à déclencher une polémique (Le PS, faut dire, étant tellement prévisible !). Guéant avait ensuite beau jeu de se défendre en arguant que lesdits propos avaient été « sortis de leur contexte ». Rhétorique classique, usée jusqu’à la corde, mais qui trouve toujours preneurs.

La vérité, c’est qu’ils ont été « sortis » à desseins afin de créer un buzz, buzz destiné à faire passer au second plan le sondage Ifop excluant Le Pen [2].
A desseins, car cette enquête (inédite) est tellement énorme, pour ne pas dire scandaleuse, qu’il convenait de l’étouffer par une polémique ; à desseins, car oui, les propos de Guéant n’ont qu'un but et un seul : séduire l’électorat frontiste. Le reconquérir. En vue du second tour … Et quel meilleur moment pour le faire ! Rendez-vous compte ! Le jour même (ou quasiment) où on rend publique une projection de premier tour dans laquelle les électeurs du FN sont orphelins de leur candidate, donc disponibles [3] ! Comme disait l’Autre : plus c’est gros, et mieux ça passe !

Quant à savoir pourquoi cela passe (de plus en plus souvent) par Guéant ? La réponse est simple : parce que c'est la VOIX de Sarkozy...
Guéant n'est pas un ami de 30 ans comme Hortefeux. C'est un professionnel. Froid. Zélé. Méthodique. En clair : c'est un Grognard.
Or, de par sa fonction, celle de Président de la République, et d'autant dans la perspective de sollicitation d'un second mandat, Sarkozy ne peut plus tenir des propos comme "La France, on l'aime ou on la quitte", il ne peut plus parler de Kärcher, ni refaire le discours de Grenoble. Un Président-candidat se devant de rassembler, de protéger. Il lui faut donc un homme (de confiance) qui puisse faire le sale boulot à sa place. Et cet homme, c'est (donc) Guéant.
Par ailleurs, le désavoue-t-il ? Non. Jamais ! Même là, sur cette phrase sortie de son contexte, il lui donne raison. C'est clair, non ?

Nonobstant, comment se fait-il que personne n'ait relié les propos de Claude Guéant avec la feue politique de cvilisation présentée, début 2008, par Nicolas Sarkozy ? Pourtant, tout s'éclaire. D'un coup. Et pas vraiment dans le sens que l'aurait souhaité Edgar Morin...

Ce qui est intéressant dans cette « séquence », hormis l’enchaînement et le fait qu’elle soit parfaitement huilée, préparée, pensée, c’est que du côté du président-candidat, on se projette clairement dans une présidentielle sans le FN. Et l’affaire est à prendre avec le plus grand sérieux. Dans une campagne de cette importance, on n’a pas le temps de perdre du temps. Si le cas est étudié, c’est qu’il est plus qu’envisageable. Ce qui veut dire que non, bien sûr que non, Marine Le Pen ne bluffe pas. Il y a vraiment une réelle possibilité qu’elle ne parvienne pas à réunir les 500 parrainages.

Lors des présidentielles précédentes, son père y est (sauf en 1981) arrivé, mais toujours ric-rac. Rappelons qu’en 2007, il aura fallu que Nicolas Sarkozy s’en mêle [4] ! Mais cette fois, il ne bougera pas le petit doigt (« Vous ne voulez pas que je m’occupe d’elle ! » a-t-il dit, lors de son show du 29 janvier). Car ce n’est pas dans son intérêt. Les données ne sont plus les mêmes… Il sait que ce qu’il a jadis siphonné est devenu boomerang. Qui peut l’empêcher de se qualifier pour le second tour. Il est là, le point... Le FN n’a jamais été aussi haut dans les sondages. Et personne ne sait ce que ça donnera, dans l’isoloir, le 22 avril prochain. En d’autres termes, un 21 avril à l’envers est tout à fait possible.

Pour l’éviter, une seule option : que le FN ne puisse pas concourir à cette élection. Avec tous les risques que ça comporte… Apparemment, le 1er tour serait sauvé (Sarkozy "fait" jeu égal avec Hollande, et Bayrou est largué). Reste, le second tour... Comment le gagner sans que les électeurs du FN se vengent (en votant « contre » Sarkozy) ? Guéant vient de donner un début de réponse. Un début qui ne laisse rien augurer de bon. Et je crains fort que la campagne qui s’annonce soit de nature à moins susciter l’espoir que la nausée.


[1] Ce sont, a priori, Peltier et Kalfon qui choisissent les enquêtes d’opinion dont ils veulent débattre.

[2] Très habilement, Ifop n’a testé que les candidats étant sûrs et certains d’avoir les 500 parrainages. Ce n’est donc pas seulement Le Pen qui se retrouvait exclue de ce sondage, mais aussi : Villepin, Boutin, Morin, Lepage, Nihous … Sauf que, il y a une différence de taille entre Le Pen et les autres. Elle navigue entre 16 et 20% d’intentions de vote depuis un an (avec un pic à 24) alors que ses concurrents en mal de parrainages ne dépassent pas les 2%... C’est un peu la même histoire que la crucifixion. Pour faire passer la pilule auprès de l’opinion, au crucifié, tu lui adjoins du menu fretin.

Il convient, itou, de préciser que c’est la première fois dans l’histoire des sondages, qu’un institut nous gratifie d’une enquête n’incluant que les candidats étant sûrs d’avoir leurs signatures. C’est gros, quand même…

[3] Car oui, l’enquête s’arrête au 1er tour. C’est assez inhabituel et pour le moins curieux, vous ne trouvez pas ? Pourquoi ne nous dit-on pas ce que donnerait un second tour Hollande/Sarkozy dans ce cas de figure ? Qu’est-ce que ça cache ?

[4] Le 5 mars 2007, sur France 3, Nicolas Sarkozy déclarait qu’il « se battrait » pour que Jean-Marie Le Pen et Olivier Besancenot aient leurs parrainages (habile, le gars .. Il met Besancenot ET Le Pen dans le même bateau … Il n’allait pas parler juste de Le Pen ; tu piges ?).
Ajoutant même (attention, c’est énorme !) que « La démocratie ne doit pas être confisquée par un petit nombre de gens ».  Tiens donc ! C’est-y pas, grosso-merdo, l’argument avancé par … Marine Le Pen, présentement ?

A ce propos, 2007, il faut relire très attentivement cet entretien en date du 12 avril, accordé au quotitien Libération par le candidat Nicolas Sarkozy : Au nom de quoi récupérer les électeurs du FN, c'est mal ?


NB : Voici, en plus large, les propos tenus par Claude Guéant, le samedi 4 février :

" (...) Or, il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique."

 

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Commentaires

Je trouve que Guéant ressemble tous les jours un peu plus à Gérard Languedepute incarné à l’époque par l’excellent Antoine de Caunes non ?

Écrit par : reprendrelamain | 07 février 2012

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Quand donc comprendrons-nous que Nicolas Sarkozy est plus dangereux que Marine Le Pen ?

On a vu où nous a amené en 2007 le ministre de l’économie puis de l’intérieur, on voit où nous a amené le président de la République en 2012, mais ça semble ne pas suffire... Les promesses pourraient l’emporter sur le bilan.

Les italiens on réélu Berlusconi, les américains on réélu Bush, tous deux ont aggravé le lamentable bilan de leur premier bilan. Réélirons-nous Sarkozy ?

Alors que Marine Le Pen n’est qu’un épouvantail, incapable d’avoir une majorité à l’assemblée nationale... Cessons de nous faire manipuler !

Écrit par : Plum' | 07 février 2012

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Bonjour,

Je n’ai rien à redire à cette analyse, sauf une question : est-ce que le PS ne peut pas faire en sorte qu’elle obtienne ces signatures ? Corolaire de la question : est-ce que le PS et l’UMP ne jouent pas au chat et la souris, ou si vous préférez, au poker menteur ?

Une chose me parait de plus en plus claire : si sur le papier Sarkozy est battu au premier tour, il ne se présentera pas : partir battu est la meilleure chance de perdre. Il lui faut tout faire pour que sur le papier il ait une chance. Et c’est là que ça passe ou ça casse.

En même temps, il joue la montre : plus tard il entrera officiellement en campagne, plus il lui sera possible, à lui le roi du bonneteau, d’exploiter la crédulité jusqu’au scrutin. Il sait bien ce que les gens voudraient qu’on leur promette.

Écrit par : JL1 | 07 février 2012

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C’est effectivement la question qui se pose actuellement au PS : que fait-on ?
Mais ce n’est pas chose nouvelle, cela fait 28 ans, désormais, que l’UMP (autrefois le RPR) et le PS se refilent le "bébé".

Pour le reste, oui, (et comme d’habitude) Sarkozy joue la montre. En même temps, avec une Rolex, il aurait tort de se gêner ;D

Plus sérieusement, un président en exercice entre toujours en campagne le plus tard possible. Logique ... Il n’y a aucune raison de polémiquer à ce sujet... Le record est détenu par François Mitterrand en 1988. Il se déclara le 22 mars. Soit un mois avant le 1er tour (24 avril).

C’est différent pour un Premier ministre. Aucun n’a encore pigé qu’il fallait, dans le cas d’une candidature à la présidentielle, présenter au plus tôt sa démission et celle de son gouvernement, au chef de l’État. Pour ne pas l’avoir fait, ni compris ce principe simple, Barre, Balladur et Jospin ont été fort logiquement éliminés dès le 1er tour..

Écrit par : Philippe Sage | 07 février 2012

Bonjour JL1,

« Est-ce que le PS ne peut pas faire en sorte qu’elle obtienne ces signatures ? »

Un élément de réponse :

Madame Aubry a oublié un truc, une consigne aux élus du P.S. Les parrainages uniquement pour François Hollande. Un truc qui renforce une illusion de démocratie  ! 

Cordialement.

Écrit par : papyboum | 07 février 2012

Cher Papyboum .... Votre commentaire est assez cocasse. Croyez-vous qu’un élu FN va donner sa signature à qui que ce soit d’autre que Marine Le Pen ? ... Non, bien sûr.
Eh bien, il en va de même pour les élus UMP, PS, etc.
Et vous voulez que je vous dise : ce n’est que la logique. Et ça ne me choque pas. Mais du tout.

Car, imaginons que, tiens, un tas d’élus PS filent leurs signatures à MLP. Comme les parrainages ne sont pas anonymes, vous voyez d’ici le ramdam. Vous entendez déjà le Copé monter sur ses grands chevaux de Meaux, nous expliquer que, ah ben vous voyez bien que PS et FN, c’est cul et chemise, que voter PS, c’est voter FN.
Et ce serait itou en sens inverse.
Allons réfléchissez, mon garçon, avant de nous sortir les : "elle est belle, tiens, la démocratie !"

Ce n’est pas là que se joue la chasse aux parrainages. Mais auprès des élus sans étiquette qui sont fort nombreux. Pourquoi rechignent-ils à refiler leurs signatures ? Là, est la question. Pas ailleurs ... Oh, ne voyez pas des pressions des uns (UMP) ou des autres (PS) ... Non, non .. C’est juste qu’il y a eu le 21 avril 2002. Je vous rappelle que si Sarkozy n’était pas intervenu en 2007, Jean-Marie Le Pen n’aurait pas eu ses parrainages.

Nonobstant, en se rendant à un bal viennois organisé par un des pires (et encore, le mot est faible) partis d’extrême-droite européen, convenez que MLP n’a pas "aidé à" .. Non ?

Écrit par : Philippe Sage | 07 février 2012

Bonjour, Philippe Sage

« Allons réfléchissez, mon garçon… » Commentaire également cocasse vu mon âge...

Cette histoire de parrainage est, il me semble, le fond de commerce de la famille Le Pen. Mais la menace de couper les subventions d’une agglomération, n’est rien d’autre que du chantage.

Comme Monsieur Mélenchon qui va exiger le poste de 1° Ministre, pour soutenir le PS.

Après 5 ans avec un agité, personnellement, j’aimerais retrouver de la sérénité dans la fonction de chef d’Etat. Réaction de gamin  ?

Respectueusement, l’ancien….

Écrit par : papyboum | 09 février 2012

Autre chose. Dans votre réponse à Papybom, vous oubliez une importante réalité : la moitié des maires sont sans étiquette, et par conséquent pas plus affiliés à l’UMP qu’au PS.

C’est pourquoi des consignes discrètes venant du PS en direction des présidents de région, de conseil général et surtout de communautés de communes pourraient libérer ces maires sans étiquette de toute crainte de chantage à la subvention. Et l’UMP n’aurait pas la moindre riposte possible !

Écrit par : Fergus | 09 février 2012

Bonjour @Fergus : Mais je l’ai bien précisé dans un autre commentaire : oui, le gros des parrains, ce sont des élus sans étiquette. C’est ceux-là que le FN, mais aussi Nicolas Dupont-Aignan, Christine Boutin, et même Dominique de Villepin doivent "chasser".

Et, bien évidemment, et tout comme j’en faisais la remarque à Annie (voir commentaire Pelletier Jean) comme les parrains ne sont pas anonymes, et que la liste est publiée, eh bien, tout se passe en sous-main...
... Vous comprendrez aisément qu’il est hors de question que sur la liste des parrains, liste publique, donc que tout citoyen peut consulter, on voit le nom d’un élu PS (ou UMP) dans celle des parrains de MLP. Voilà pourquoi ça se fait en sous-main.

C’est ainsi qu’en 2007, l’UMP a demandé à ces élus sans étiquette d’apporter les signatures manquantes à Jean-Marie Le Pen. Sinon, quoi qu’en dise Papyboom, le vieux frontiste n’aurait jamais eu le compte de signatures.
Car le 21 avril 2002 a refroidi pas mal d’entre eux.

Ainsi que je le précisais plus bas, vous imaginez bien que cela passe par des négociations. Du genre : "si tu apportes ton parrainage on fera notre maximum pour ta commune (par exemple) ne soit pas oubliée lors du budget voté, bla, bla, bla".

Il est clair que, aujourd’hui, c’est le PS qui va "draguer" des élus sans étiquette selon le même principe pour que MLP puisse concourir. C’est d’autant plus simple pour eux qu’ils tiennent l’immense majorité des régions, des cantons, etc.
Le PS a d’autant plus intérêt à le faire que, manifestement, cela affaiblirait Sarkozy. Ce que les sondages confirment, au passage, depuis plus d’un an maintenant. Pourquoi le PS se priverait-il d’une candidate aussi nuisible pour Sarkozy, alors qu’il est "l"homme à battre" ?

Et je confirme, à papyboom, que si, mais bien sûr que si, le FN a beaucoup de mal a réunir les 500 signatures. C’est un fait.
Cheminade les a obtenus parce que tout simplement, il ne véhicule pas une idéologie qui rebute les élus. C’est pourtant pas très compliqué à piger ! Et encore une fois, depuis le 21 avril 2002, c’est encore plus difficile pour le FN.

Écrit par : Philippe Sage | 09 février 2012

Ces sondages sont complétement bidons ! Comment croire que les lecteurs du FN dont une majorité provient des classes populaires aient pu approuver le nouveau train d’austérité annoncé par Sarkozy, dimanche soir ????
Pas de Marine, on boycotte l’élection, c’est simple !

Écrit par : Le Chat | 07 février 2012

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Je te suis le Chat, car il est inadmissible qu’un parti ne soit pas représenté.

Écrit par : Appoline | 07 février 2012

Ce n’est pas tant un parti qu’un "courant d’opinion".

Lorsque le législateur a élevé le nombre de parrainages de 100 à 500 (loi du 20 avril 1976) ce n’était que dans un seul but : faire en sorte qu’il n’y ait plus de "candidatures fantaisistes". Ainsi Marcel Barbu (qui ne représentait que lui-même) en 1965 ou Louis Ducatel (idem) en 1969.

Ce qu’il faut retenir c’est que le législateur a bien spécifié qu’il était "indispensable que tout courant RÉEL d’opinion puisse susciter une candidature".
C’est pour cette raison que la barre fut fixée à 500, et non à 1000 ou 2000 comme le réclamaient d’aucuns, afin de "permettre à toute personne représentant un courant d’idée" de participer à l’élection présidentielle.

Écrit par : Philippe Sage | 07 février 2012

Avec ou sans MLP, la petite cuisine électorale de l’UMP pour siphonner les voix frontistes, est pathétique . La participation des " sondagiers" et des médiacrates à cette cuisine n’étonne plus personne , vu le conditionnement de l’information aujourd’hui ( la fabrique du consentement ) .

Le Guéant-circus et ses petites phrases fascistes, après celles d’Hortefeux, prouvent un fait historique : en cas de crise sociale grave, les partis au pouvoir penchent vers l’extrême droite pour " maintenir l’ordre ". L’ordre des nantis .

Écrit par : Paul | 07 février 2012

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Nous avons droit à ce cinéma à chaque élection ; l’UMP devient ridicule avec ses poussées pseudo frontiste.

Il m’est arrivé d’entendre quelques membres du RPR puis de l’UMP me dirent que leurs idées étaient celles du FN, mais qu’ils ne parviendraient pas à leur but avec lui. Mais là, la guignolerie est trop grosse pour qu’on puisse le croire.

Écrit par : Appoline | 07 février 2012

Et les intérêts de la France et des français dans tout ça ???

Écrit par : Parkway | 07 février 2012

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Vaut mieux penser en avoir, car c’est le cadet de leur soucis. Enfin, il s’agit d’élection, de promesses ; pas de faits qui peuvent être réalisés, un des rares couillons à l’avoir fait avec sa 5ème semaine nous a vraiment fichu dans la merde. Laissons les blablater, nous verrons bien jusqu’à quel stade ils poussent la connerie.

Écrit par : Appoline | 07 février 2012

Ah mais les intérêts du peuple, mon ami, ça ne compte pas ! Là, nous sommes dans la stratégie politique et le cynisme.
Comme dans toute élection majeure. Vous ne le notez que maintenant ? Mais c’est vieux comme le monde !

Ceci étant, le Front national, voyez, c’est la même histoire. C’est aussi du cynisme. Là, est le véritable moteur de la politique. Ce n’est pas un travers français. C’est la même chose partout.
C’est juste une histoire de conquête du pouvoir (vanité), rien d’autre.

Ils veulent nous faire croire que la politique peut. Mais c’est faux. C’est une coquille vide. Ce n’est plus le politique qui décide. Ce sont les marchés et les financiers. Alors le peuple, dans cette histoire, vous pensez bien ! Demandez donc aux Grecs .. Et pis encore : au continent Africain ...

Écrit par : Philippe Sage | 07 février 2012

P. Sage vous êtes mentalement prêt à accepter une tutelle de Bruxelles pour la France, comme pour la Grèce.
C’est vrai quoi, pourquoi pas un comptable à l’Elysée et 20 secrétaires pour faire le boulot, au lieu du politique élu par une majorité du peuple votant, et pourquoi pas un gros ordinateur programmé par la City ou Wall Street ?

Écrit par : rienafoutiste | 09 février 2012

@rienafoutiste : Mais nous sommes déjà sous tutelle, mon cher ami ... D’une certaine façon.

Écrit par : Philippe Sage | 09 février 2012

Bof ! moi si j’étais le PS je donnerai en sous main à Marine Le Pen ses signatures ;
CQFD.

Écrit par : Jean Pelletier | 07 février 2012

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Mais c’est exactement ce qu’il va se passer, Jean ...

Écrit par : Philippe Sage | 07 février 2012

Comment peut-on le faire en sous-main ?

Écrit par : Annie | 09 février 2012

@Annie : en demandant (ce qui implique négociations, du genre donnant-donnant) à des élus sans étiquettes d’apporter leurs parrainages à la candidate de l’extrême-droite. Car il est évidement, hors de question, vu que ce n’est pas anonyme, qu’un élu PS apparaisse dans la liste des parrains.
Idem pour l’UMP, d’ailleurs (cf : 2007).

Écrit par : Philippe Sage | 09 février 2012

Cette photo de Guéant est à diffuser massivement : le portrait parle de lui-même. Il a l’air sorti des périodes les plus sombres de l’histoire et on s’étonne presque de l’absence de la svastika en arrière plan.

Écrit par : Hermes | 07 février 2012

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Ah ça, c’est le passage de la couleur au noir & blanc.
Car la photo originale est en couleur, vous pensez bien ...

Écrit par : Philippe Sage | 07 février 2012

Et si, cela se jouait aux législatives ?
Cette idée commence aussi à émerger dans certaines "têtes pensantes". Il se pourrait que l’élu n’obtienne qu’une majorité relative à l’Assemblée, et la, pour gouverner...

Écrit par : iciailleurs | 07 février 2012

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C’est peut être le but ultime, pour nous fourguer un " gouvernement de techniciens" comme en Italie aux ordres de Goldman Sachs, dans un pays devenu ingouvernable.

Écrit par : Le Chat | 07 février 2012

En principe, ça se joue aux présidentielles : Hollande est élu... Transformer l’essai aux législatives ne sera ensuite qu’une formalité.

Sauf si Sarkozy gagne : Dans ce cas OUI, ça se jouera aux législatives !

Si surprise (un autre) Aucune chance pour à l’élu(e) ! la barre est trop haute pour eux et transformer ! (Une majorité de gauche, mais pas du "Front", serait possible pour Mélenchon mais avec un gros appoint gauche réformiste PSVerts il ne sera qu’un pantin de plus !

Écrit par : Croa | 09 février 2012

Comme je ne cesse de le répéter, la crise actuelle dans un certain nombre de démocraties n’est en rien une crise économique, mais plutôt, une superbe crise politique. Le réflexe normal lorsqu’une déroute est en train de se profiler à l’horizon est de rechercher, toutes affaires cessantes, un bouc émissaire afin qu’il endosse la rage de ce bon peuple...

Écrit par : Platon613 | 07 février 2012

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C’est effectivement là où nous allons, ou risquons d’aller : vers une crise des systèmes démocratiques.
Ultime et douloureuse étape de cette crise dite "la plus grave depuis un siècle" (c’est pas faute de l’avoir répété...)
Avec tout ce que ça signifie : désordres, attentats, totalitarisme (la Hongrie étant un laboratoire), etc.

Écrit par : Philippe Sage | 07 février 2012

Ce sondage est grand-guignolesque ; Mélenchon devrait gagner au moins deux ou trois points parce que (certes, c’est un imposteur, mais dans le dogme) c’est l’allié objectif de Marine Le Pen. Notons tout de même que l’abstention passerait de 14% à 22% (merci pour le lien vers le JDD).

Guéant c’est l’homme-à-tout-faire, c’est celui qui se salie les mains pour son maître ; espérons pour lui qu’il en sera récompensé. La ficelle est cependant un peu grosse.

Écrit par : Zogarok | 07 février 2012

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C'est vrai , les deux font une belle paire sado-maso.

Écrit par : Adriana | 07 février 2012

Personnellement je ne sais qu’en penser. Le coup des signatures, le FN nous le sort à chaque élection présidentielle depuis 30 ans, alors bon ... Tout ça pour mieux se poser en victime du système. On connait la rengaine.

Et comme par enchantement ils finissent toujours par les avoir, leurs signatures. Après ils seront victime d’autre chose (ils ne sont jamais invités dans les médias, etc ...).

Écrit par : P'tit Ludo | 09 février 2012

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@ Ptit Ludo

Si vous ne savez qu’en penser, renseignez-vous avant de répéter bêtement ce qu’on veut vous fourrer dans le crâne !

Jean-Marie Le Pen n’a pas pu se présenter en 1981, faute de signatures...
De plus, lorsqu’ils parviennent à les réunir, ce n’est pas par enchantement, mais à force de multiples démarchages.
Si Marine Le Pen était invitée dans les grands médias autant que le sont Mrs Sarkozy et Hollande, elle serait élue dès le premier tour !

Écrit par : Par | 09 février 2012

Bon ok depuis 24 ans au lieu de 30 alors :) Quoi qu’il en soit on sera assez vite fixés.

Écrit par : P'tit Ludo | 09 février 2012

« Si Marine Le Pen était invitée dans les grands médias autant que le sont Mrs Sarkozy et Hollande, elle serait élue dès le premier tour ! »

Si on compare à la plupart des candidats déclarés Marine est très souvent invitée et plus souvent qu’à son tour !

Par contre d’accord que les animateurs ne lui font pas de cadeaux, quoique ce mauvais traitement ne lui est nullement spécifique !

Écrit par : Croa | 09 février 2012

Philippe Sage

Non, P’tit Ludo, ce n’est pas "un coup". Le FN a toujours eu du mal à réunir ses 500 parrainages. A chaque fois, ça a été limite. Le fait est, c’est vrai, que, systématiquement, Le Pen (père et désormais fille) met en scène cette difficulté. Mais elle est bien réelle.
Cependant, si le FN rame pour réunir les parrainages, c’est avant dû aux idées qu’il véhicule. Et depuis 2002, d’autant plus, vu qu’il est parvenu à se hisser au second tour.

Et non, ce n’est pas "par enchantement" que le FN parvient ric-rac à obtenir les sésames. En 2007, je vous rappelle que Sarkozy (cliquez sur le lien en fin de billet à l’indice [4]) a demandé à l’UMP d’aider le FN (et le NPA). Sinon, y’avait pas de Le Pen en 2007. Ne vous en déplaise.

Enfin, ce n’est pas parce que le FN obtient (finalement) ses parrainages qu’il n’a pas eu de réelles difficultés à les réunir. Ne mélangez pas tout.

Écrit par : Philippe Sage | 09 février 2012

Bonjour, Philippe.

Un élément intéressant est venu hier de Hollande : s’il a dit qu’il n’était pas question de modifier le système des parrainages si près du scrutin mais qu’il le modifierait en cas de victoire, il a aussi dit qu’il ne serait pas normal que le FN soit absent de la présidentielle. En filigrane, il est clair qu’il faut y voir de sa part un appel du pied aux grands électeurs socialistes.

Écrit par : Fergus | 09 février 2012

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Si ma mémoire fais pas défaut , le dernier vrai président à toujours prononcé tôt le fait d’ être candidat , même que la dernière fois, fut au mois de novembre .... mmmmm , oui, un vrai patriote, le Général De Gaulle.

Écrit par : Lowner | 09 février 2012

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De Gaulle voulait que tout le monde puisse être candidat aux élections présidentielles comme dans une vraie démocratie tout simplement.
Pompidou et Giscard ont plaidé face à Charles De Gaulle pour limiter les candidatures ils se sont accordé sur 100.
A sa mort le couple Pompidou/Giscard a pondu la loi de 1973 interdisant à l'état via la banque de France de battre monnaie et c’est Chirac, premier ministre de Giscard qui a pondu les 500 signatures en 1976.

Écrit par : Lowner | 09 février 2012

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Non monsieur. Vous dites n’importe quoi ... Lorsque Marcel Barbu s’est présenté en 1965, De Gaulle l’appelait "L’huluberlu".
Et dès 1966, s’est posé la question. Comment faire pour qu’il n’y ait plus de candidatures "fantaisistes", telle celle de Barbu, pour une élection aussi majeure ? Qu’elle ne puisse permettre que des candidatures de "courant RÉEL d’opinions " (le terme est très important) ?

C’est en 1973, effectivement, que l’on examina le cas, suite à l’élection de 1969, où Louis Ducatel, entrepreneur, et peintre à ses heures, avait réussi, comme Barbu, à concourir. Mais la mort de Pompidou a précipité l’élection (prévue en 1976, elle aura lieu en 1974).

Lors de cette présidentielle de 1974, on explosa le record de candidats (12 - comme en 2007) avec de nouveaux "hurluberlus" comme Guy Héraud (19 555 suffrages !) Jean-Claude Sebag (42 007) et Bertrand Renouvin (43 722).
Alors revint cette proposition de hausser le nombre de signatures (500, 1000 ou 2000).

Vous confondez - comme beaucoup de gens - la "démocratie" et la "République". Ou plutôt, vous oubliez la République. Or, sans République, monsieur, il n’y a pas de démocratie.

Écrit par : Philippe Sage | 09 février 2012

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