La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

27 octobre 2011

Eléments De Langage Destinés Au Candidat Du Parti Socialiste Souhaitant Vaincre Le Candidat Sortant Par Temps De Crise(s)

16-Mars-1981.jpg« A quoi sert une élection, sinon à juger le bilan d’une politique, et, puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, à juger le bilan d’un homme (…) Juger ce bilan, du candidat sortant, je le ferai honnêtement ».

« Pouvait-il faire mieux ? Ne le pouvait-il pas ?... Était-il entraîné dans un cycle de crises économiques qui frappent toutes les sociétés capitalistes, et particulièrement l’Occident ? Il n’y pouvait peut-être rien ! »

« Simplement, je me poserai la question : est-ce qu’il va recommencer ? »

« La hausse de prix ! Ça frappe beaucoup de gens, hein ! Des gens simples qui n'ont pas beaucoup de moyens (…) Un million sept cent mille chômeurs, c’est-à-dire : un million trois cent mille de plus qu’au jour de son élection ; c’est beaucoup !... Un commerce extérieur en déficit de 60 milliards (…) Un déficit budgétaire accumulé, pendant ces sept ans, de 211 milliards (…) Une dette extérieure de 120 milliards ; c’est beaucoup !... 100 000 entreprises disparues récemment (...) Je veux dire simplement que ce n’est pas contestable, ça : c’est vrai ! »

« [Je lui dirai :] Est-ce que vous ne pouviez pas faire autrement pour défendre les intérêts de la France à l’extérieur ? (…) Êtes-vous sûr que la France, qui est un grand pays, a toujours rempli son rôle ? »

« Ce qui est évident c’est que, élu Président de la République, je changerai un certain nombre de choses. En particulier dans le cadre des relations du Président de la République, du gouvernement, du Parlement ; dans les relations du Président de la République et des citoyens ; tout en étant très volontaire pour préserver la charge de la fonction et la remplir entièrement. Je voudrais qu’on en revienne à des mœurs, disons plus … Un peu plus démocratiques ! »





[François Mitterrand, Cartes Sur Table, 16 mars 1981]

25 octobre 2011

Les Occidentaux, La Libye & La Charia

Or donc, c’est l’embarras.
Chez les Occidentaux.
Suite à cette déclaration faite par le CNT, à savoir que la législation de la Libye, désormais libérée, sera fondée sur la loi islamique. La charia.
Un embarras bien hypocrite, ma foi.
Étant donné que ledit CNT avait annoncé la couleur bien en amont, très précisément le 3 août dernier.
Pourquoi ne pas avoir manifesté son embarras, ou ses inquiétudes, à ce moment-là ?
Pourquoi ne le(s) manifester publiquement que maintenant ?

La suite est à lire : ICI

21 octobre 2011

Et Ceci, Ce N’est Pas De La Barbarie, Peut-Etre ?

Lorsque la mort de Marie Dedieu fut confirmée, et considérant les faits ainsi que les circonstances, le ministre des Affaires Etrangères et Européennes, M. Juppé tint, mercredi 19 octobre, ces propos :

« C’est  (…)  un acte d’une barbarie, d’une violence, d’une brutalité, inqualifiables. Donc nous le condamnons avec la plus grande fermeté »

Et ça, c’est quoi ?



N’est-ce pas, là itou, un acte barbare ?
N’est-ce pas juste insupportable, inacceptable ?
Mais qui le dit ? Qui s’en émeut ? Qui est venu dire que cela était « inqualifiable » ? Qui est venu condamner cet acte barbare « avec la plus grande fermeté » ?

Oh, pardon, il s’agit, non d’un otage, mais de Mouammar Kadhafi. Dont on ne sait plus quel qualificatif il convient de lui adjoindre : dictateur, fou, terroriste (repenti), mégalomane, brute sanguinaire, que sais-je encore.
Mais que nous reçûmes, en grande pompe, en décembre 2007, à l’occasion, de surcroît, du 59ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Oh pardon, encore, nous sommes en guerre, or donc, tout est permis, n’est-ce pas ?
Même cela.
La barbarie.

Mais qui sommes-nous ? Et que sommes-nous venus faire en Libye ? Ne sommes-nous pas la civilisation, je veux dire les garants d’un monde civilisé ? N’avons-nous pas, de fait, à cet égard, des responsabilités à assumer, l'idée (au moins, cela) d’un monde à défendre, celui qui se réclame de justice, d’équité, de démocratie ?

Qu’est-ce que ce film, sinon l’exécution, pure et simple, d’un homme ? Une négation de ce que l’on nomme : monde civilisé.
Avec, je le précise, la participation active de l’Otan. C’est cette force qui a tiré sur le convoi. Ensuite, de ce qui pouvait survenir, elle s’en est lavé les mains. C’est bien ça, n’est-ce pas ?

Et peu compte, là, à ce moment, qui était cet homme ; peu importe oui, ce qu’il a fait, ce qu’il commit.

A ce propos, dans les commentaires fort nombreux qui émaillèrent cette « exécution », j’entendis, sur une chaîne d’informations en boucle, celui-ci :

« Le procès d’Eichmann permit d’en apprendre beaucoup sur la Shoah ».

Mais là qu’apprendrons-nous désormais ? Que nous reste-t-il ? Avons-nous pensé, une seule seconde, à toutes celles et tous ceux, qui ne souhaitaient qu’une chose : justice, ou un peu de vérité, quelques explications.
Que nous reste-t-il, sinon cela, un acte barbare, insupportable ?

Et puis d’abord, qui sont-ils, ces gens que nous soutenons, qui tirent en l’air comme des crétins, dès qu’ils prennent possession d’un quartier ? Qui sont-ils ces gens qui lynchent, qui se comportent, c’est sur le film, ça crève les yeux, comme des barbares ?
Qui les dénonce ? Qui les condamne ? Qui les réprouve ?

Alors ça n’aura pas suffi, n’est-ce pas, Saddam Hussein, pendu, images largement diffusées, le jour-même de l’Aïd. Comme une insulte. Oh oui, certes, là, au moins, auparavant, il y eut, paraît-il, procès. Je précise bien : « paraît-il ». Car, pour qui s’en souvient, ce fut une gigantesque parodie.

N’aura pas suffi, non plus, l’exécution d’Oussama Ben Laden et sa rocambolesque immersion.

Alors, ça continue, jamais nous n’arrêterons les conneries, les humiliations, les assassinats ?

Mais bon sang, quand on se prétend être les représentants du monde civilisé, on ne tolère pas cela. Mieux : on prévient, pour l’empêcher. Et ce, quel que soit l’homme. Qu’il fût Eichmann ou Gaddafi. Oui, quel que soit le bourreau qu’il fût, une salope intégrale même, on ne permet pas cela. En cas contraire, et ça l’est, autant dire, de suite, alors, que oui, nous sommes pour la peine de mort, nous les gens civilisés, représentants, paraît-il, d’un monde libre. Juste. Hérauts de la démocratie.
Au minimum, au moins, on condamne. Sinon, ne nous prétendons plus « civilisés ».

Ah, nous ne sommes, au fond, que des barbares comme les autres.
Des enfoirés.
Drapés sous l’alibi de : démocratie.

Nous ne valons pas mieux que ces crétins armés jusqu’aux dents. Ces lyncheurs à la petite semaine. Ces résistants de la dernière heure. Assoiffés de sang, de vengeance. Combattant non pour la Liberté, mais au seul nom de la Loi du Talion. Des aveugles, des sourds, des barbares. Que nous armons. Pour commettre, à notre place, l’insupportable. Et signifier ensuite, par notre silence, cette non-condamnation de l’acte barbare : « Ce n’est pas nous ».

Bien sûr que si, c’est nous.
Bien sûr que si, nous sommes coupables.
Bien sûr que si, nous sommes des barbares.

Et plus que jamais, le monde entier le sait.

 

20 octobre 2011

Rien(s) Sur François Hollande

Or donc, François Hollande. Désigné, par les « sympathisants de gauche », candidat du PS pour concourir, l’an prochain, à la présidentielle 2012. Dernier espoir (de victoire). Après trois échecs retentissants. Deux avec Lionel Jospin, largement battu en 1995, puis humilié en 2002, et le dernier avec la rocambolesque Ségolène Royal  en 2007 [1]. Dernier espoir, car c’est Hollande lui-même qui l’a déclaré : « En 2012, le candidat socialiste devra gagner ou bien le parti [Socialiste] risque vraiment cette fois de disparaître » [2].

Gagner-Ou-Disparaître.jpgCe choix-là, celui d’Hollande, n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour l’UMP.
Plus encore pour le clan Sarkozy.
Un clan menacé par les « affaires ». Reliquats d’une guerre ancienne, fratricide, entre balladuriens et chiraquiens.
Une guerre qui, jamais, ne s’est vraiment éteinte.
Voilà qui nous promet du sanglant et bien des crocs-de-boucher.
Comme disait le balladurien Léotard, « ça va mal finir ». Mais passons…

Ce clan (car c’en est un) celui de Sarkozy, avait ses « préférés ». DSK, bien sûr.
Ah ! Il lui promettait la « lessiveuse ». S’en pourléchait d’avance. Tout était prêt. Et depuis lurette. Le DSK, il allait morfler. Copieux.
Et puis, boum patatras, voilà que le grand manitou du FMI chute.
Les théoriciens du complot y virent la main du pouvoir. En loucedé. Grotesque ! Un adversaire si faillible, on le garde précieusement, on n’y touche pas, pour mieux le dégommer en campagne présidentielle.
Oui, DSK, vraiment, était une aubaine pour Sarkozy. C’était le meilleur adversaire possible. Il n’y a que le PS qui ne s’en est pas rendu compte. Tellement sevré de victoires élyséennes, qu’il ne voyait pas la poutre.

DSK out, Sarkozy misa alors sur Aubry. Second choix, mais jouable.
D’abord, parce que c’est une femme, et que, là-haut, ils en sont convaincus, n’est pas venu le temps où les citoyens Français enverront une femme à l’Elysée. D’autant plus, celle-ci. Trop « sectaire », voire même « méchante » (François Hollande le pense aussi, soit-dit en passant). Et lestée de casseroles plus qu’identifiables, à commencer par le pacte avec DSK, éliminatoire selon eux. Mais aussi, « les 35 heures », et d’autres boulets, comme Guérini, le bourrage des urnes en novembre 2008, et j’en passe. 
Eh bien non, encore raté, la maire de Lille, bien qu’assurant représenter la « gauche forte », ne sera pas opposée à Sarkozy, l’an prochain.

C’est donc Hollande qui sera l’adversaire de Sarkozy en 2012 ; avec Marine Le Pen en embuscade. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’UMP, car ils n’ont rien sur Hollande. Pas un dossier qui fâche, pas une déclaration suspecte, même pas de réelles différences idéologiques, rien.
Oh ! Il y a bien eu cette « affaire Tristane Banon », où l’homme, alors premier secrétaire aurait été contacté par l’écrivaine. Seulement voilà, Banon vient de lâcher l’affaire. On remarquera – mais allez savoir ! Ça n’a peut-être rien à voir – que mademoiselle Banon, nouvelle égérie ( ?) de certaines féministes, abandonne le combat, une fois son livre sorti, et… la primaire terminée. Circulez, y’a plus rien à voir. Ni à entendre…

Or donc, rien, ils n’ont rien sur Hollande. Et ça les emmerde.
Par où le prendre ? Comment le mettre en « défaut » ? Ce centriste. Que Bayrou apprécie. Cet homme du consensus. De la synthèse. Ce pragmatique qui n’a jamais caché que, concernant les retraites, « il faudra forcément cotiser davantage ». Un type qui veut réduire « les déficits, la dette » et réformer notre système fiscal. Et dont quelques « lieutenants » se nomment Rebsamen, Sapin, Moscovici, voire Valls.  Aussi, Pascal Terrasse.
Et si j’ajoute qu’Hollande est un pur deloriste, voilà qui complique sérieusement la tâche du clan Sarkozy.

Quant à l’attaquer sur les chiffres, considérant les leurs (dette, déficit, faillite en ce qui concerne le commerce extérieur, chômage, etc.), quand bien même une crise « sans précédent » serait passée par là, c’est un (très) mauvais angle. Il ne marchera pas. Du reste, l’électeur, plus il est noyé sous les chiffres, plus il décroche. Et concentre son attention ailleurs. Le tempérament, par exemple… Ne soyons pas hypocrites, c’est bien souvent la personnalité du candidat qui fait la différence. Bien plus que le programme qu’il porte. On peut le déplorer, mais c’est ainsi. Une présidentielle, désormais, ce n’est rien d’autre qu’un casting story-tellé. Nous ne sommes plus très loin d’une émission de télé-réalité.

Ceci étant, Hollande a-t-il déjà gagné pour autant ? A en croire les premiers sondages d'après primaire, oui. C’est que, dites, il a beau dire, Sarkozy, que « neuf fois et demie sur dix », ils se trompent, ces sondages, on a rarement vu un tel score (virtuel) à moins de sept mois d’une présidentielle. Le dernier à l’avoir atteint, pour info, c’était DSK

Eh bien non, Hollande n’a pas encore gagné cette présidentielle.
Non pas qu’il puisse commettre une erreur fatale, tant l’homme est bien préparé, aguerri, affuté, et surtout, déterminé, mais son parti, le présumé socialiste, lui, pourrait bien le handicaper. Ce ne serait pas la première fois, nonobstant, que ce PS se ferait hara-kiri. Sciemment.

Et la principale raison, outre les inimitiés tenaces, c’est que, comme Jospin, le programme de François Hollande « n’est pas socialiste ». Mais contrairement à Jospin, lui, il ne le dira pas. Trop futé.
Oh bien sûr, il a signé le projet du PS. Qui n’est pas très socialiste, non plus, si vous vous penchez sur l’objet. Mais il l’est un tantinet plus que ce que veut faire Hollande. Une fois élu.
Car, qu’on ne s’y trompe pas, Hollande, encore une fois, n’est pas socialiste. C’est un technocrate. Brillant, ça oui, mais il a plus à voir avec le centrisme « raisonnable » (à la Bayrou) qu’avec les grandes idéologies de gauche.

Or donc, toute la question est de savoir jusqu’où le PS acceptera et le consensus, et la synthèse. Jusqu’où il peut aller dans le renoncement au socialisme. Aux valeurs de gauche. Quand bien même, il aurait déjà fait un sacré bout de chemin dans ce sens-là.
En d’autres termes, est-ce que la victoire, je veux dire, la conquête du seul bastion qui lui manque (l’Elysée, donc)  peut suffire à, et justifier une telle politique ?
Nous verrons bien. Nous le saurons même, assez vite.

Tout dépendra, aussi, de la situation internationale, et particulièrement de l’évolution de la zone euro. C’est sur ce point que tout, ou presque, va se jouer. Parce que, ce que cette primaire a, en partie, montré, c’est que la fracture, celle du 29 mai 2005, est encore vivante. Elle est toujours source de divisions au sein même du PS. Divisions idéologiques.

En conclusion, si effectivement, le choix de Hollande est une mauvaise nouvelle pour Sarkozy, car compatible avec le « système » (médiatique, économique), anguille de surcroît, habile, rassurant aussi, il reste un imprévisible : l’attitude d’une partie du PS.
Il n’est pas dit, pas plus écrit, que l’unité sera la règle. Du moins, qu’elle tiendra jusqu’au 22 avril prochain. Tant on connaît les lascars.

J’ajoute un autre imprévisible (quoique, si l’on en croit les sondages, il ne l’est pas tant que ça) : Marine Le Pen. Qui, pour le moment, observe, avec un brin de gourmandise, ce qui se dit, ce qui se décide. Et parie, et sur un effondrement de la zone euro, et sur la colère des peuples. Qu’elle compte bien agréger, porter.
Il me semble, à cet égard, que le véritable Adversaire de François Hollande n’est pas Nicolas Sarkozy, mais bien Marine Le Pen. Face à un tel Adversaire, pas sûr, là encore, que le consensus, la synthèse, le centrisme, soient LA réponse que les électeurs attendent.

Bref, les jeux sont loin d’être faits.


[1] La désignation, le 16 novembre 2006, de Ségolène Royal par les militants du PS, n’a été, en réalité, qu’une victoire pour les instituts de sondages. C’est eux qui ont fait le match : Sarkozy/Royal.
D’une certaine façon, ils ont verrouillé le scrutin, prenant ainsi une revanche sur leur échec, avéré, en 2002.
Ceci étant, l’appareil du PS, encore traumatisé par ledit 21 avril 2002, aura très mal appréhendé cette primaire 2006. Et, au bout du compte, la victoire de Royal, c’est aussi l’échec du PS.
On remarquera que, par la suite, cet appareil aura fait payer, et très cher, à Ségolène Royal, ses propres manquements, son absence de ligne claire (éclatante concernant le référendum à propos d’une Constitution Européenne), ses divisions.
Voilà pourquoi je dis que le choix de Royal, pour 2007, était rocambolesque. Et, bien entendu, voué à l’échec. Nonobstant, quel que soit le candidat PS choisi, il n’avait aucune chance face à Sarkozy. Le PS n’étant pas prêt pour cette échéance. Du fait même de ses divisions affichées à propos du 29 mai 2005.

[2] Propos tenus par François Hollande, le mardi 21 juillet 2011, lors d’un entretien accordé au quotidien italien Il Corriere della Sera.

 

17 octobre 2011

Sept Ans Plus Tard ...

SarkozyHollande.jpg                                                [17 mars 2005 - Paris-Match n° 2913]


Et sinon, pour rappel.
C'était un 29 septembre 2010, quand personne ne misait un rouble sur lui :
Hollande, L'Autre François

Extraits : "(...) C’est lui le meilleur candidat possible, c’est lui [Hollande] la chance des « socialistes ». La seule (...) Comme leur faire comprendre qu’il les étonnera, eux, mais surtout et avant tout les citoyens volatiles, hésitants, qu’il emportera l’adhésion, parce justement, il sera une vraie, une grande révélation. Celui qu’on n’attendait pas. Et c’est eux, souvent, ceux qu’on n’attendait pas (ou plus), les (futurs) vainqueurs." [Refais Le Monde Avant Que ... - 29 septembre 2010]

16 octobre 2011

Allo Maman Bobos, Ou : Les Indignés

Or donc, c’était la première « journée planétaire » des Indignés, n’est-ce pas …
Comment dire ?
Oh, c’est délicat, voyez.  C’est que, je m’en voudrais de déranger. De dénoter. Vulgairement : de faire chier.
Mais tout de même. Ca me chatouille, gratouille, depuis le début de cet étrange « mouvement ».
Tous ces gens assis. Sagement. Je dois dire que ça m’impressionne. Non, vraiment. Je suis ébouriffé. Sur le cul.
Je m’étonne juste que Pierre Arditi n’en fut toujours pas. Il y serait, je crois, comme un poisson dans l’eau. Nickel.

Indignés.jpgNonobstant, et ironie mise à part, venons-en au fait : ces Indignés, les avez-vous vus ?
Je veux dire, leur(s) profil(s). Qu’on nomme, communément : le statut social.
Avez-vous l’impression, par exemple, qu’il s’agit, là, de gens qui souffrent, qu’en bavent des ronds de chapeau ?

De gens dans la plus grande des détresses, complètement broyés par le « système » ?
De gens sur qui l’injustice saloparde, et ô combien capitaliste, aurait vidé de leur home, de leur taf, de leur sang même ?
De ceux que Claire Chazal, avec son air pincé du XVIème, appelle pudiquement :
« les plus démunis ».

Oh bien sûr, l’on pourrait émettre cette terrifiante hypothèse :
Comme les médias sont LE système, qu’ils y participent, qu’ils sont laquais-complices jusqu’au trognon, alors ces chiens galeux de journalistes se feraient, chère M'dame Dugenou, un sale plaisir de nous montrer, dans nos écrans plats, QUE des Indignés (assez) propres sur eux, que l’on dirait sortis de quartiers aisés, ou approchant ; bref, de périmètres relativement épargnés par cette putain de crise ; et nous cacheraient donc, les enfoirés de leur mère nantis de leur carte de presse, et délibérément (je veux dire : dans l’unique but de discréditer ce « mouvement ») les souffreteux, les exclus, les prolos vociférant.
En d’autres termes, les véritables victimes du monde de la finance, des marchés, du néolibéralisme et tutti.
Cela, vous le savez, se nommerait : complot.

Sauf que, pour qui aurait eu l’extravagante audace d’aller constater sur place (ou Puerta Del Sol, pour plus d’exotisme) que nenni !
Pas l’ombre de la queue d’un complot.
Du tout.

A bien y regarder, en ce « mouvement », Indignés, point d’ouvriers, de prolos, de chômeurs (ou alors deux ou trois), d’exclus, de virés, de délocalisés, de pauvres, et même de classes populaires. Comme on le constate, chaque jour que Hessel fait, sur nos écrans rapla-plats.
Pas la queue d’un vrai estourbi par ladite crise, les méchants banquiers, l’écrasant système.
En un mot, comme en cent : que des individus vivant pas si mal que ça. Or donc, qui ne connaissent pas (vraiment) la crise. Qui l’ont pas éprouvée. D’un gramme TTC. Rien.

Alors, je sais.
L’on me dira, mais vous faites chier à la fin, ce n’est pas parce que la crise, on la vit pas, pas vraiment, qu’on n’a pas le droit (et le devoir) de s’Indigner, sans compter, qu’avec nous, ou grâce à nous, demain, prolos, chômeurs, exclus, classes populaires, etc., vous verrez, nous rejoindrons. Ou, au minimum, nous soutiendrons. Moralement.
C’est pour eux, Monsieur-le-donneur-de-leçons, qu’on s’Indigne. C’est pour eux, qu’on se bat. C’est pour eux, qu’on « tralala ».
Nous sommes, itou, les 99%. Le contesteriez-vous, oh-là-là, oh-là-là ?

J’entends.
Mais, quitte à être vraiment très chiant, voyez, je n’y crois pas une microseconde.
Vos manifestations, sages, propres, dites Indignés (alors que c’est Révoltés qu’il conviendrait d’être) sont celles, je le maintiens, des quartiers épargnés. Celles des confortables. Celles des « Allo Maman Bobos ». Ni plus, ni moins.
Il est pas loin, le Café de Flore, mon Indigné.
Et d’ailleurs, je ne vois pas, chez vous autres, Indignés, le début d’un représentant de ces quartiers dits « sensibles ».  Les Abandonnés de la République. Ils n’y sont pas. Curieux, non …

En vérité, vous distrayez.
Vous distrayez (et amusez) les politiques, les banquiers, les marchés, et tout ce merdier qui s’en bat les couilles de votre Indignation polie. Certains ne manqueront pas, nonobstant, de vous récupérer, fissa. Et vous opinerez. Recta.

La seule voie : c’est la Révolte. Le Feu !
Avec tous les exclus, les prolos, les chômeurs...
Tant que vous ne les intégrerez pas, vous passerez au minimum pour de gentils organisateurs, au max, pour une bande de Charlots.

La misère, vous ne savez pas ce que c’est. Sinon, croyez-moi, ça se verrait. Même sur un écran putassier.
Les morts de faim, les désespérés, on les reconnaît de loin.
Y’en a même qui s’immole(nt).
Mais de ceux-là, le monde Indigné s’en fout.
N’est-ce pas ?

 

13 octobre 2011

Le Retour Du 29 Mai 2005

Finalement, cette primaire aura été une réussite. Elle aura permis de clarifier certains points. Et désormais, nous savons. Quel que soit le candidat du PS choisi dimanche, nous savons, oui, qu’il ne sera pas (ou : peut-être pas) du côté du peuple.
Peu importe les concepts de « gauche molle » ou de « gauche dure », ils ne sont que postures médiatiques.
La vérité, c’est que le PS ne portera pas les valeurs du socialisme. Mais celles du Triple A, de la finance et des marchés qu’ils espèrent, les « impétrants », corriger à la marge.
Autant le dire de suite : c’est hautement insuffisant.

Mélenbourg-et-Montechon.jpgC’est insuffisant, car voué à l’échec. L’heure n’est plus à la gestion. Au Bayrouisme. Au raisonnable [*]. Mais à la contre-attaque.
Le temps est venu d’entendre les Todd, les Lordon. Et même, d’une certaine façon, les Montebourg, les Mélenchon. Avec toute la prudence qui, nonobstant, s’impose. Car ces derniers sont avant tout des politiques, non des idéologues purs et durs.
Bref, tout nous invite à la radicalité. Et cette radicalité, elle ne fut que trop peu portée, lors de la « primaire citoyenne ».

Cependant, et quelle divine surprise ! Ce que cette primaire a révélé, ressuscité, c’est une ligne de fracture, celle du 29 mai 2005. Tant mieux ! Merci la crise ! Merci la finance ! Vous avez réveillé un essentiel. Et cet essentiel, c’est un « non » retentissant : non à ce système, non à la mondialisation ! Non, itou, à la moralisation du capitalisme, tant nous le savons, c’est mission  impossible. Un attrape-couillons.

Alors bien sûr, d’aucuns rétorqueront que c’est pur fantasme. Quoi Montebourg ? Quoi Mélenchon ? Ça pèse combien ? 400 000 personnes pour l’un, potentiellement près d’un million pour l’autre. Mais vous êtes minoritaires ! Vous prenez vos rêves pour réalité, ma parole !

Et la dynamique, vous en faites quoi ? La force, le souffle, la ténacité.
Le combat n’a pas encore commencé, si je ne m’abuse ! Or qui sait, de ce qu’il accouchera.
D’un éléphant, vous croyez ?
« D’une souris lepéniste ! » hurlent déjà certains !
Arrêtons-nous, sur ladite souris. Puisque vous insistez.

Car oui, il faut en causer. Tant elle nous ramène, aussi, au 29 mai 2005. A la fameuse ligne de fracture. Les deux France. Du moins, c’est ce que voudraient nous faire croire les journalistes, et autres éditocrates. Ces « laquais », ces « valets » du système.

Le Pen défend la démondialisation ?
Donc, Montebourg, Mélenchon, Le Pen, c’est pareil (et Nicolas Dupont-Aignan, itou) !

C’est extraordinaire, non ? Mais c’est aussi ce qu’ils nous bavaient en 2005. Ah, les charlatans ! Todd a beau s’esbigner à dire, haut et fort, que non, c’est pas pareil, ils n’en ont cure. Normal ! Ils roulent pour le système. Pour que rien ne change.

La vérité, c’est que non, ce n’est pas pareil.
D’un côté nous avons le socialisme, et de l’autre, l’ultra-nationalisme.
D’un côté nous avons des adversaires du néolibéralisme, de l’autre des girouettes. Oui, parfaitement, des girouettes ! Car, pour qui s’en souvient, le Front national est avant toute chose, un parti qui, toujours, a défendu le système capitaliste ; ultra-libéral il est, ultra-libéral il demeure. Sa conversion à la souffrance du peuple, son intérêt soudain pour les classes populaires, n’est que pur opportunisme, dicté par une logique électorale. Et s’il combattit le système ce n’était point l’économique, mais le politique. En d’autres termes : les institutions, la Ve République.
Jamais le Front national n’a été du côté de ceux qui triment, qu’en bavent, qui désespèrent. En revanche, c’est bien le désespoir qui conduisit une partie de l’électorat (de gauche, souvent) à se tourner vers le FN. Il serait désolant, préjudiciable, que cette tendance lourde, enrayée temporairement en 2007, par un matamore, un fanfaron, se poursuivit en 2012.

Mais revenons à notre futur candidat du PS. Soit, il porte les thèmes de Todd, de Lordon, etc., un tant soit peu, soit il reste dans un trip social-démocrate, et Adieu Berthe !
Soit il incarne les valeurs du socialisme, aussi la colère du peuple, l’espoir, l’imagination, le combat contre le néolibéralisme, soit il se contente d’être une alternative au sarkozysme, ce dont on se fout royalement. Car quel intérêt, pour nous, d’avoir demain à l’Elysée, un Sarkozy vaguement social ? Or donc, un Hollande (sorte de Bayrou du PS) ou une Aubry (un delorisme pépère).

Il semble, malheureusement que le candidat du PS ne bougera pas d’un iota ; il restera social-démocrate, pauvre substitut au sarkozysme. Tant pis pour lui, dans ce cas… mais qu’il sache ceci :
Sarkozy, c’est (déjà) fini. Il se peut qu’il ne passe même pas le 1er tour de la future présidentielle ! Et cette obsession à vouloir le battre, cette invitation permanente à nous en débarrasser, notamment par le foutu « vote utile », c’est une diversion. C’est pour éviter de parler de socialisme, du peuple, et du « non » qui gronde,  ce « non » que les médias complices contiennent, en rappelant, par exemple, combien le peuple est résigné.
Non, il n’est pas résigné.
En revanche, si la radicalité n’est pas dans le bon camp, il pourrait très bien voter FN, en masse.
Le FN, c’est lui, l’Adversaire. Oublier ça, c’est se tromper de combat. Todd et Lordon, l’ont compris. Quand est-ce que la « gauche », ou supposée telle, va le comprendre ?

Je m’en tape, moi, d’avoir le PS au pouvoir. Je m’en fous comme de l’an 40 de prendre une revanche sur (la droite, le sarkozysme, etc.). S’il n’est pas socialiste, l’élu, ça ne vaut rien. Ça ne changera pas mon quotidien. Je ne vivrai pas mieux. Je ne serai pas plus heureux. Mais peu importe…

Peu importe, car ce qui compte c’est qu’aujourd’hui nous avons un boulevard devant nous. Et c’est la crise qui l’a ouvert, ce boulevard. Il serait insensé de ne pas le prendre. De ne pas faire savoir, haut et fort, que nous ne voulons plus subir. Nous ne voulons plus être des variables d’ajustement. Des Kleenex. Des Molex.

Tout bien considéré, nous avons l’occasion de prendre non pas notre revanche, mais de poursuivre, reprendre, ce qui fut gagné, éphémèrement, le 29 mai 2005.
Cette date-là n’aura pas été inutile. Soit nous saisissons cette chance, soit nous remettons à demain. Mais rien ne dit, cette fois, qu’il y aura un « demain ».

En définitive, jamais une élection présidentielle, n’aura été, à ce point, importante. Cruciale.
- Sarkozy/Hollande/Aubry/Bayrou/Morin/Etc., c’est le choix de la résignation.
- Marine Le Pen, c’est le choix du repli (sur soi). Or, on ne lutte pas contre le néolibéralisme, la finance, les marchés, en se repliant. Mais en combattant. En affrontant, directement, ce qui nous broie.
Qui plus est, mais je l’ai dit, le FN-du-côté-du-peuple, c’est une énorme arnaque. Mais plus c’est gros, mieux ça passe, n’est-ce pas ?
- Or donc : le seul vrai choix, c’est Todd, c’est Lordon. Pour le moment, il n’y a qu’un candidat qui défend cette ligne : Mélenchon (avec toutes les réticences qu’il suscite, et que je comprends, d’autant que je les partage). Il conviendrait, pour que ce soit plus grand, plus fort, que Montebourg le rejoigne. Et Poutou. Et Arthaud.
Bref, tous nos étendards du 29 mai 2005.
Pour faire de ce jour, en 2012, une victoire, enfin pérenne.


[*] « Nous sommes des gens raisonnables au Parti socialiste ! » a rappelé Martine Aubry, lors du débat dit : décisif.
Eh bien, tant pis pour vous, alors…


NB : A lire d’urgence, si ce n’est pas encore fait :

« Le commencement de la fin », ainsi que : « La démondialisation et ses ennemis » par Frédéric Lordon.
« Le Front national est un front antinational » et « Face au FN, il faut rompre avec deux concepts zombies : le libre-échange et l’euro » par Emmanuel Todd.

 

06 octobre 2011

Ce Qui Plombe Le Parti Socialiste

Passons sur la forme, debout derrière un pupitre, par le temps de parole limité, deux éléments qui concoururent à faire de ces débats quelque chose de passablement guindé. Six candidats dans un carcan. Avec pour s’en échapper, le recours au tutoiement, aux prénoms (« Je suis d’accord avec Martine », « Est-ce que François peut nous expliquer… », « Pas de coups tordus, Arnaud »…).
La forme importe peu. C’est le fond qui compte. Ce qui s’est dit. Et ce que l’on en tire. Un aveu collectif. Celui d’impuissance. Bref : plombant.

Les-Bras-Croisés.gifCe qui plombe le Parti socialiste, ce n’est pas DSK. Mais ceux qui l’ont soutenu. Avant de comprendre, un peu tard, qu’ils étaient dans l’erreur, le déni. Mais, jamais, ils ne feront amende honorable, reconnaîtront qu’ils eurent tort. Tant ils sont pétris de certitudes, d’arrogance, voire de mépris. Pour eux, toujours, « Les jeux sont faits ». Ce ne sont pas des socialistes, mais des croupiers.

Ce qui plombe le Parti socialiste, ce sont ses girouettes, ses opportunistes. Fabius, par exemple. Héraut du « non » au Traité pour une Constitution Européenne, avant, le misérable, de tourner casaque. J’appelle cela : « Trahir la confiance du peuple souverain (de gauche) ».
Plus encore, Jack Lang. Toujours prompt à se ranger dans le camp du vainqueur potentiel. Avant-hier, Royal, hier Aubry, aujourd’hui Hollande. Lang c’est le Séguélisme. L’anti-gauche. Le bobo dans toute son horreur. Langue de bois. Toujours là. Qu’on se demande comment c’est possible. Tant il est grotesque et creux. Petite sangsue. Sans envergure. Faussaire. Et fossoyeur. Une honte totale, insupportable.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est son renoncement. Aux valeurs de la gauche. C’est sa conversion au libéralisme.
Bertrand Delanoë, ce commercial, aura – et comme on l’en remercie ! – eu l’impudeur de l’affirmer, clairement : « Oui, je suis libéral ET socialiste ». Ce qui ne peut être possible. C’est l’un ou l’autre.
En vérité, cet « outing » renvoyait à icelle jospinerie : « Mon programme n’est pas socialiste ».
En bon protestant, rigoureux, austère, sincère, Jospin convenait, entre les lignes, à mots couverts, que son programme était libéral. Donc, non-socialiste.
Delanoë, sous prétexte d’audace, aura voulu réconcilier l’inconciliable. Ce n’était pas de l’audace, mais un abandon. Et les classes populaires, moyennes, ont bien entendu le message. Elles ne reviendront pas. Terra Nova a gagné le combat. En loucedé. Travail de sape.
C’est aux cadres, désormais, que ce parti s’adresse. Aux notables, et autres petits bourgeois.

S’il était honnête, ce parti changerait son nom.
Il n’a plus rien de socialiste.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est une date : le 21 avril 2002. C’est ici, qu’il s’est figé. A tout jamais.
Cette date est primordiale. Elle a tout changé. C’est à partir de là, que tout finit. C’est ici, que commence le renoncement. Que le droit d’inventer succombe au droit d’inventaire. Paradoxalement. Car, on eut pu espérer le contraire. Que justement le 21 avril 2002 réveillât le cadavre. Momifié dans son mitterrandisme. Qu’il retrouvât, alors, ce qu’il avait égaré : sa gauche. Ce souffle formidable, d’espoir, d’imagination.
Mais non. Tétanisé, il n’aura pas compris ce que signifiaient les victoires locales, s’enchaînant, régionales, municipales, européennes. Plus encore le « Non » du 29 mai 2005. Autre date. Autre échec. Dernier sursaut. Balayé par une présidentielle dictée par les seuls sondages. Et la trouille.

Terminées les convictions, les idéologies.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est la peur de revivre le 21 avril 2002. Ça l’obsède.
Il ne sait pas comment s’en défaire. Il n’a toujours pas compris pourquoi les classes moyennes et populaires l’ont déserté. Alors que la réponse est évidente. Elle crève les yeux. Les urnes, aussi.
Hollande est le représentant de cette obsession, de cette peur. Voilà qui mériterait une analyse. Psychiatrique. Tant il est complexe et paradoxal, le soi-disant « candidat normal ».
La norme pour conjurer le sort, mais quelle est-elle ? Qu’est-ce qui fait norme ? Qu’est-ce que le normal au pays du Front national ? Entre 18 et 20% dans les intentions de vote, du jamais vu, mais qui fait sens : cela dit combien le peuple souffre (de l’absence de gauche).

La réponse n’est pas une conversion au libéralisme, au centrisme, mais à la radicalité.

Ce qui plombe le Parti socialiste c’est l’absence de radicalité. La crise, pourtant, aurait dû le conduire à se radicaliser, justement.
A la colère, pas à l’indignation. Aux idées révolutionnaires, pas à la mollesse.
Mais non, ils, les candidats, ont opté pour la compétence, la crédibilité. Le PS s’est Obama-isé. C’est la droite sociale. Ni plus, ni moins.

Quant à Montebourg, comme hier Hamon, c’est l’alibi. Mais rien en lui, ne transpire la gauche. C’est un jeu. De dupes. Hier soutien de Royal, aujourd’hui démondialiste. C’est (que) de l’image. Montebourg n’a rien de Bové, moins encore de Mélenchon. C’est du côté de Valls qu’il faut plutôt chercher. La « gauche moderne ». Celle de la TVA sociale. Des quotas d’immigration. Une gauche de droite. Et ça n’est point caricature. C’est une réalité. Car c’est la logique même, la poursuite de la conversion au libéralisme du PS. Avec Hollande en synthétiseur. Comme toujours.
 
Et tant pis si Ségolène Royal, lasse, usée, désolée, finit par lâcher cette vérité, la seule entendue lors des trois débats : « Alors nous ne sommes plus socialistes ».
C’est fini. Elle le sait. Et d’ailleurs, elle soutiendra le vainqueur. Les jeux sont faits. Comme dit le croupier.

Pour tout cela, entre autres, ces débats auront été utiles. Ils auront permis une clarification. Une mise au point. Même Fillon salue la performance. C’est dire …

Nous savons, désormais, qu’il n’y a plus de gauche dans ce parti. Il (y) a renoncé.
Il aura refusé, toujours, encore, de prendre la mesure du 21 avril 2002. D’entendre les souffrances, le désarroi. La solitude.
Même la crise n’aura rien changé. C’en est terrifiant.

On aurait pu espérer une rébellion, un combat à mener contre le système régit par le marché et la finance, un combat pour la liberté, mais non ; enfermés dans leur carcan, nos six représentants à grands coups de mots-clés, d’éléments de langage, de formules, statiques, sans colère aucune, sans souffle, sans révolte, auront enterré, publiquement, Jaurès, Blum et même, Mendès-France.
En se tutoyant.

Alors je conçois que beaucoup aient hâte de voir Sarkozy partir. J’entends même que c’est une question de fierté à retrouver. Ce 21 avril 2002 qu’il faut effacer. Aussi.

Mais qu’est-ce que ça veut dire de gagner quand rien n’est grand, beau et fort ?

Qu’est-ce que ça veut dire de gagner pour gagner ? Qu’est-ce que ça va nous apporter ? Si c’est pour vivre dans le même système, les mêmes règles, si rien n’est remis en question. Si Lang est toujours là. Et Fabius. Et tous les autres.

Qu’est-ce que ça va changer au quotidien de ceux qu'en bavent, qu’on humilie chaque jour, à ceux qui espèrent, demain, avoir leur petit coin, rien qu’à eux, enfin se poser, après tant d'années de travail, de servitude ?

Qu’est-ce que ça va changer de porter au pouvoir des hommes et des femmes qui s’accommodent, peu ou prou, d’un monde où le profit, la compétition, le chiffre, passent avant toute chose, avant la vie, avant nous ?

Qu’est-ce que ça va nous apporter, à nous, les laborieux, qu’on écoute pas, des ajustements à la marge ? Sommes-nous donc que cela : une variable ? Qu’on corrige. Qu’on trimballe. Et nous devrions nous en satisfaire ? En être heureux ?

Mais non. Non, il ne faut pas. Il faut résister. Se révolter. Pousser au cul. Il faut les secouer, ces gens-là, ces notables, ces raisonnables. Si tant est que ce soit encore possible. Ou juste envisageable.

Mais quand on regarde le peuple, les bras croisés, ainsi qu’on le voit, sur l’image illustrant cet article, image strauss-kahnienne, à certains égards, avec le terme de "gauche" comme argument de vente, mensonger, que peut-on espérer, tant cette image (qui se voudrait rappel d’une force tranquille, mais qui n’est celle, en vérité, que d’une faiblesse assumée) semble nous dire : « Les jeux sont faits ». Or donc : rien ne va plus.

De ce jeu, de dupes, nous sommes les billes. Les roulés. Les refaits.
Les éternels plombés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu