28 août 2011
Joyeux Dixième Anniversaire Du 11 Septembre !
C’est extraordinaire, non ? Pensez ! Il y a à peine un petit mois, il était question d’enlisement.
D’une guerre qu’allait probablement durer.
Bref, ça sentait fort le bourbier, le merdier au carré.
Et puis, oh surprise, en l’espace d’une semaine, voilà que Tripoli tombe. Recta.
Il ne reste plus qu’à débusquer Kadhafi, comme autrefois Saddam Hussein, l’estourbir et l’affaire sera pliée.
Mais quel fantastique retournement de situation, n’est-ce pas ?
Le problème c’est qu'on a quand même du mal à y croire, à ce scénario.
Tant ça ressemble, comme deux gouttes d’eau – ou de pétrole, plutôt – à un blockbuster que n’aurait certainement pas renié cet infâme tâcheron qu’est Roland Emmerich.
Déjà, faudrait nous expliquer comment ces "rebelles" que des militaires chevronnés, à qui on ne la fait pas, qualifièrent récemment de pathétiques, quand ce n'était pas d’incompétents, ont pu, en si peu de temps, devenir des guerriers redoutables, disciplinés, affutés, au point de faire plier les hommes du colonel Kadhafi. Je rappelle, au passage, que ces hommes-là sont tout, sauf des rigolos. Pas le genre à tirer en l’air comme des crétins devant des caméras de télévision... Et d’ailleurs, à ce propos, quelqu’un a-t-il vu, dans nos divers, et si peu variés, écrans de télévision, un seul combattant de Kadhafi ? C’est fou, non ? Pas même un prisonnier. Et pourtant, il se murmure qu’il y en aurait…
En revanche, des "rebelles", ça, on nous en montre, et à la pelle. Nonobstant, c’était peut-être pas une bonne idée, car à les voir, le doute empire, dans nos esprits. Certes, nous ne sommes pas des benêts, on sait ce qu’elles valent, ces images dites de guerre. On a déjà donné. Avec celles du Golfe. Et tant d’autres. Faut pas s’y fier. Ca flirte même pas avec « propagande », ça l’épouse. Et sous toutes les coutures.
Enfin tout de même ! Des types vociférant sur des pick-up qui viennent à bout d’une armée, fût-elle composée – en partie – de mercenaires, une armée équipée sport en tanks et missiles sol-air, ça vous paraît pas curieux ?
Oh bien sûr, l’OTAN, via les airs, a fait le job, pilonnant à tout-va.
Avec quelques dommages collatéraux, pour le moins fâcheux quand on a pour seule mission de protéger les populations civiles. Et je vous passe certaines gâteries prodiguées par nos "insurgés".
Il est bon, je crois, de se remémorer la résolution 1973. Oui, il est bon de rire parfois.
Ce qui frappe – c’est le cas de le dire – dans ces images télévisuelles de propagande, outre la vision de ces "insurgés" qui, ça crève les yeux, nous apparaissent effectivement considérablement pathétiques, c’est que, au loin, on peut apercevoir des explosions, signes d’un véritable affrontement. La question étant : mais qui se bat, et sans merci, « au loin » ?
Assurément les partisans de Kadhafi ; mais « les autres », qui sont-ils ?
Il ne faut pas être grand clerc pour émettre l’hypothèse, hautement probable, qu’il s’agit en réalité de véritables militaires (français, britanniques, etc.) et de mercenaires grassement rétribués.
Or donc, comme nous nous éloignons, de plus en plus, n’est-ce pas, de notre fameuse résolution 1973.
Ceci étant, il faut bien comprendre qu’une opération de ce type, ça coûte bonbon. Un sacré paquet de pognon. Or, par temps de crise mondiale, menaçant les derniers Triple A, faudrait voir à pas traîner. C’est que dites, 87 millions d’euros en seulement 80 jours, ça pèse lourd pour un petit pays comme la France, étroitement surveillé par des agences de notation US.
Heureusement que nos « amis » du Qatar (et des Emirats arabes unis) sont là pour nous filer un coup de chéquier.
Oui, pour les derniers qui se demandaient ce qu’ils venaient faire dans cette occidentale « coalition », eh bien vous avez désormais un début de réponse. Ce n'est quand même pas les Italiens, endettés jusqu’au cul, qu’allaient financer ce bazar !
L’essentiel étant, qu’au final – comme on dit – chacun ait sa part du gâteau. Le gâteau étant, comme de bien entendu, le pétrole.
Est-ce pour des nèfles, ou beurrer quelques sandwiches, que des militaires français et britanniques (déguisés en touristes) ont installé leur QG au sein de la raffinerie de Zuwaytinah ?
Alors, je sais, l’on me dira, Kadhafi, c’est un « fou », un « malade », un « paranoïaque », et depuis peu (tout comme Ben Ali et Moubarak), un épouvantable dictateur, dont il faut impérativement et impérialistement se débarrasser, qu’il faut convaincre de partir afin que son peuple soit délivré du mal, Amen !
Oh, il l’était bien avant, dictateur, tyran, mais on n’osait pas trop le dire. La preuve, nous le recevions chez nous et avions même l’intention de lui vendre des Rafale. Vend-on des joujoux militaires de catégorie une à un dictateur quand on se prétend démocrate, et protecteur des opprimés ? Bien sûr que non ! On n’en refourgue qu’à des « amis » de la démocratie...
Or donc, vous voyez bien que Kadhafi n’est (redevenu) un dictateur que depuis très peu de temps. En fait, depuis décembre dernier. Soit depuis que le peuple tunisien s’est révolté. Et tout seul, s’il vous plaît ! Sans l’aide de personne. Tout comme le peuple égyptien.
Il y a, que voulez-vous, des révolutions qui sont admirablement spontanées. Téléguidées par personne. Et surtout pas par nous autres, les occidentaux, qu’avons ont bien d’autres chats persans à fouetter : la crise, par exemple... Quand on sait qu’une crise de ce calibre ne se résout que de deux façons, soit par l’inflation, soit par la guerre, on comprend que nous préférions nettement la première option. N’est-ce pas ?
Toujours est-il qu’on observe une inflation de combattants bizarres au sein des non moins bizarres "rebelles". D’aucuns s’en sont émus, mais étrangement, ça n’a pas l’air d’intéresser grand monde.
Pas plus que des armes parachutées par l’OTAN, s’en aillent, parfois, alimenter l’AQMI.
Non, tout va bien, ce Conseil national de transition, composé en immense majorité par des anciens compagnons de Kadhafi, est tout à fait crédible et fiable. Bref, on peut leur faire confiance... Nul doute qu’ils flingueront le tyran, accidentellement si possible.
Après quoi, et avec l’aval – voire : sous l’égide – du Qatar et de la Ligue Arabe, nous pourrons nous partager le grisbi pétrolier, comme prévu.
Et fêter dignement, le 11 septembre prochain, le dixième anniversaire des attentats du même nom. Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Ben Laden en quelques mois, mais quel putain de joyeux dixième anniversaire, non ?
Reste la question du peuple libyen que nous devions protéger. Que va-t-il devenir ? Que va-t-il faire de ses pick-up qui lui ont permis de battre le guide de la révolution ? Et les armes qui resteront, que va-t-il en faire ?
Je crois que l’Irak est un modèle, en guise de réponse. Sauf que, l’issue ne sera pas la même.
Elle sera sanglante.
Car c’est bien joli de renier un à un tous les horribles dictateurs qui nous ont, pourtant, rendu bien des services, même qu’on se foutait du tiers comme du quart de ce qu’il en coûtait, notamment pour leurs populations.
Oui, c’est bien beau de se faire passer aux yeux de téléspectateurs naïfs, pour de grands démocrates, encore faut-il assurer le service après-vente. Mais, y'en a-t-il jamais eu un, au programme ? Que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Tunisie, en Egypte et en Libye ?
En admettant que oui, quelle est sa véritable nature ?
Je l’écrivais, en mars dernier : nous ne sommes venus ni protéger, ni porter assistance au peuple libyen.
Je maintiens.
Nous n’y sommes allés que pour protéger nos intérêts. A la faveur d’une crise financière, d’une crise de notre système néolibéral.
Nous n’y sommes allés que pour faire main basse sur des puits de pétrole. Et pour contrôler toute une région. Hautement stratégique.
Le peuple libyen, comme les peuples irakiens, tunisiens et égyptiens, sont nos faire-valoir (depuis quand, d'ailleurs, le peuple, quel qu'il soit, est une préoccupation de ce système néolibéral ?).
Ils ne pèsent en rien. Nous réglons nos comptes, c’est tout. Et nous préparons l’avenir. Un avenir sombre. Qui ne ressemble pas à l’inflation, mais à la guerre.
Il n’y a pas de victoire du peuple libyen. Il n’y a, peut-être, même pas de Printemps Arabes.
Il y a juste le pire qui se prépare. Minutieusement. Du sang et des larmes.
Mais, en attendant, quel putain de joyeux dixième anniversaire !
Celui-ci, au moins, on l’aura pas raté…
18:55 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, mouammar kadhafi, des rebelles pathétiques, main basse sur le pétrole, 11 septembre, dixième anniversaire du 11 septembre, aqmi, al-qaïda, qui sont ces rebelles ?, où sont passées les armes ?, résolution 1973 de l'onu, barbouzes, mercenaires, puits de pétrole libyen, printemps arabes mon cul ! |
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23 août 2011
Crise De La Dette : M. Wauquiez Souhaite Taxer Les Riches, Voire Les Mettre Au RSA !
Embrayant le pas de M. Bertrand et de M. Copé, Laurent Wauquiez a indiqué, lundi 22 août 2011, via son groupuscule "la Droite sociale", qu’il préconisait "la création d'une contribution exceptionnelle des plus hauts revenus".
Emporté par son élan, il a ajouté qu’il déposerait "dans les 10 jours" à l'Assemblée une proposition de loi pour contraindre "les plus riches (et notamment ces rentiers vivant sans vergogne aucune aux crochets de notre société) à assumer 35 heures hebdomadaires de service social au profit des plus démunis, s’ils tentaient de contourner cette contribution, en biaisant, par camouflage de leurs émoluments via des sociétés offshore. Ces méthodes ne sont plus acceptables ! "A-t-il martelé.
Il a précisé que cela serait valable pour tous, y compris Madame Bettencourt.
Dénonçant avec force les "dérives de l’actionnariat", qu'il qualifie de "cancer de la société française", il a émis l'hypothèse "de plafonner le salaire des grands patrons à 120 % du Smic, pas plus".
"Aujourd'hui, un célibataire du CAC40, cumulant les différents systèmes de niches fiscales, peut gagner 20 000 fois plus qu'un couple de travailleurs qui se lève tôt, a-t-il avancé. Ça, c'est la société française qui tourne à l'envers."
Le maire du Puy-en-Velay a jugé anormal que ces salaires, "parmi le plus indécents d'Europe", permettent aux plus fortunés, "de s’en mettre plein les poches au détriment des salariés à qui on ne cesse de demander des sacrifices, et plus encore en ces temps de crise. C’est intolérable !" S’est-il exclamé en réclamant le soutien sans faille et sans tarder du président de la République.
"Il est anormal que quelqu'un qui s’exile en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg encaisse des dividendes faramineux en spéculant sur le dos de millions de travailleurs honnêtes et méritants", a-t-il également estimé, suggérant de surcroît d’éradiquer au plus vite retraites-chapeaux, paradis fiscaux et autres golden parachutes.
"EN FACE DES DROITS, IL Y A DES DEVOIRS"
D'après M. Wauquiez, ces mesures applicables par décrets, dès cette semaine, devraient, à court terme, rétablir "le sens de l'équilibre (...) au bénéfice des classes populaires et moyennes !".
Très déterminé, il a réaffirmé que, "en face des droits (...), il y a des devoirs, et que cela vaut pour les plus riches d’entre nous qui, depuis trop longtemps, se contentent de rafler les dividendes sans le moindre effort".
Tançant au passage la finance et les traders, il a insisté sur le fait qu’il serait intransigeant sur ces propositions qu’il juge "justes et équitables dans le cadre de la nécessaire réduction des déficits publics creusés, en grande partie, par les plus riches qui ne participent que trop peu à l’effort national".
Enfin, il a évoqué comme possibles sanctions, en cas de non soumission à cette "contribution exceptionnelle", les sorties d'école, les travaux de nettoyage ou encore "l'accueil de service public" voire, de "mettre au RSA, pendant un an ferme, les multirécidivistes de l'évasion fiscale si prisée chez les actionnaires et certains grands patrons".
Avant de conclure par un sonore : "Sus aux assistés de la finance et des marchés !".
That's All Fake ©
00:43 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent wauquiez, fake, détournement, infaux, rions avec wauquiez, crise de la dette, rions avec la dette, contribution exceptionnelle, taxons les riches, les assistés de la finance, assistanat des riches, je retourne ma veste, je suis un clown |
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22 août 2011
La Primaire Des Livres
Alors qu’un monde s’écroule, et que pour toute réponse, on s’apprête en haut lieu à nous raboter, et sans anesthésie, nos derniers deniers, que font nos candidats socialistes à la primaire ?
Eh bien, ♫ tous ensemble, tous ensemble, ouais ♫ ils publient (chacun de leur côté) un livre.
Indispensable, cela va de soi.
On imagine déjà la ruée – que dis-je ! Le rush ! - des citoyens-électeurs de ce pays vers la librairie la plus proche, impatients de dévorer ces ouvrages passionnants, tant c’est bien connu, les politiques savent mieux que quiconque nous gratifier de bouquins renversants, éclairés et sincères... De livres évitant consciencieusement clichés, formules éculées et autres lieux communs... La bonne preuve : personne, ou quasiment, ne les achète. Pas même des collectionneurs. Ce sont d’authentiques bides certifiés.
Avant même qu’ils ne soient sortis, on baille à s’en péter les mâchoires.
J’ajoute que, les malheureux qu’ont commis la bêtise de faire l’emplette d’un de ces recueils remplis de phrases mille fois lues, invariablement plates, formatées à la virgule près, n’arrivent même pas à les refourguer ensuite sur eBay.
Et pourtant, Dieu sait dans un pays laïc, ce qu’on parvient à vendre comme breloques immondes sur ce site !
Mais les ouvrages politiques, non. Personne n’en veut. Même d’occase, bradés à 0,5€.
C’est dire ! Si ça ennuie sévèrement – et à juste titre – le citoyen, ce genre de pensum.
C’est vous dire, aussi, si nos éditeurs français ont comme la fâcheuse propension à foutre l’argent par les fenêtres (mais comme ce sont les leurs, de fenêtres, et itou leur pognon, après tout, ça les regarde – mais qu’ils ne viennent pas geindre, ensuite, comme ils le font assez régulièrement).
Nonobstant et à décharge, comment pouvez-vous refuser d’éditer les pompeuses et pompantes éculeries d’une Ségolène Royal, d’un François Hollande, d’un Jean-Michel Baylet ou d’un Manuel Valls quand, d’un autre côté, vous publiez les mémoires d’une starlette locale de 30 ans, Laëtitia Milot, les introspections pathétiques d’un Jean-Marc Morandini ou les textes radiophoniques d’un Stéphane Guillon ou d’un Guy Carlier ?
Il faut s’être rendu, au moins deux fois, dans un salon du Livre (sorte de foire aux bestiaux où l’on bâfre et médit), quel qu’il soit, pour mesurer l’ampleur du désastre. Et d’ailleurs, c’est bien simple, plus aucun auteur digne de ce nom ne s’y rend. Vous n’y trouverez, dans ces salons, que des Aznavour, des Zemmour, des Pietri et des Bogdanov. Et donc, aussi, des politiques. Qui se font damer le pion par la starlette de Plus Belle Le Vie.
Mais ce qu’il y a de plus incroyable, c’est que le politique puisse encore penser que, par ce biais, celui du livre, il va convaincre l’opinion.
Susciter – comme il dit – un élan.
Pour que cela fût possible, encore faudrait-il qu’il y ait à becqueter dans lesdits livres. Or, dans l’immense majorité des cas, il n’y a rien. Rien de lui ou d'elle. Rien qui suscite le désir. Rien qui donne envie de se lever, de se battre. Pas plus qu’on y trouve une âme. Ni même des clés pour sortir du merdier où nous sommes.
En réalité, ces ouvrages rébarbatifs ne sont édités que dans un seul but : occuper l’espace médiatique, promouvoir le candidat-auteur (si tant est qu’ils aient, pour certains, écrit plus de trois paragraphes ou chapitres).
Non mais, honnêtement, qui a envie de se fader les discours prononcés par François Hollande entre 2009 et 2011, puisque tel est – en partie – le contenu de son ouvrage intitulé Le Rêve Français ? [1]
N’aurait-il pas été plus judicieux, adéquat, de le proposer en téléchargement sur le Net plutôt que d’encombrer les rayons déjà surbookés de livres inutiles ?
Qui brûle d’impatience de faire l’acquisition de L’Audace A Gauche. 30 Propositions Pour La France signé par l’inamovible président du PRG, Jean-Michel Baylet ?
Baylet qui, rappelons-le, n’est candidat à la primaire que pour une seule raison : nous faire grossièrement oublier que cette primaire qui devait être celle de toute la gauche n’est, à l’arrivée, qu’une compétition entre socialistes dévorés par leurs égos et leurs haines respectives.
Qui va goulûment se précipiter sur L’Energie Du Changement vite expédié par Manuel Valls ?
Au passage, vous noterez que, déjà, rien que les titres nous donnent fissa l’envie de fuir tant on devine l’ennui considérable qui nous attend... C’est quand même extraordinaire d’arriver à dégoûter le lecteur dès le titre ! Tellement il est convenu, pauvre assortiment de mots-clés, éculés, comme :
« Energie », « Audace », « Changement », « Rêve » ou « Propositions ».
Mais je vous ai réservé le meilleur (du pire) pour la fin.
Et sans aucune surprise, c’est encore Marie-Ségolène Royal qui bat tous les records.
Visez un peu :
Lettres A Tous Les Résignés Et Indignés Qui Veulent Des Solutions.
Si tu voulais jouer au titre-le-plus-long, ô combien grandiloquent, bravo Madame, tu as gagné cette manche, haut la main et les doigts dans le nez !
Ah ! Et puis, cette double référence à François Mitterrand (Lettre A Tous Les Français) et Stéphane Hessel (Indignez-Vous !) c’est assez pertinent, non ?... Pensez !... D’un côté Mitterrand, l’homme qu’a flingué la gauche en la caviardisant, boboïsant, dévoyant (« Entre ici ! Bernard Tapie ! ») la vidant totalement de sa substance jaurésienne pour la convertir à un libéralisme irréfléchi ; et de l’autre, Papy Hessel qui, via un fascicule paresseux (qui pourtant connut un succès effarant ; preuve en est que décidément ce monde va très mal) a néanmoins titillé la jeunesse de cette planète, jeunesse qui, depuis, squatte mollement quelques places urbaines, seul signe ostensible de son indignation, avant de rentrer sagement chez elle, poster quelques photos impérissables de sa colère assise sur un réseau social lambda. [2]
Comme références, nous voilà terrifiquement édifiés.
Le seul point vaguement ségoléniste dans ce titre, c’est le terme pluriel de « Solutions », nouvelle marotte de la Royal, déjà piètre oratrice, ânonnant jusqu’à plus soif des formules creuses comme « ordre (social) juste » ou donnant dans l’incantatoire avec, donc, ce : « Je serai la présidente des solutions ».
Alors vous imaginez, des pages entières sur ce mode-là, mais c’est à se flinguer ! Et d’ailleurs, c’est édité chez Plon.
Reste deux autres candidats : Arnaud Montebourg et Martine Aubry.
Que nous allons remercier chaleureusement.
Surtout le premier.
En effet, Montebourg ayant déjà publié, il y a peu, deux sommets d’ennui mêlant naïveté feinte, et – là encore – grandiloquence au cube (Des Idées Et Des Rêves puis Votez Pour La Démondialisation) il passe heureusement son tour, préférant mettre en ligne sur le Net un document humblement intitulé : Mon Projet Pour L’Ecole.
Effectivement, le Net est le meilleur vecteur pour ce genre de prose. Or donc, bravo mon démondialiste, et surtout merci de ne point polluer nos librairies, et autres supermarchés de la littérature low-cost.
Quant à Martine Aubry, ayant déjà été cirée par Isabelle Giordano, elle zappe également cette rentrée plus primaire que littéraire ; de fait, je serais tenté de lui filer, derechef, 1500 points S'Miles, sauf que…
Sauf que, mon petit doigt me dit qu’elle a bien un ouvrage sous le coude, comme de bien sûr profondément barbant et sans grand intérêt, mais qu’elle nous le réserve pour la fin de cette triste année. Soit après qu’elle ait été désignée candidate du PS à la présidentielle 2012.
En guise de primaire, nous allons donc avoir droit à l’indigeste promotion de ces livres-repoussoirs, à la télé, à la radio et dans la presse. [3]
Alors que, franchement, des documents pdf. auraient aussi bien fait l'affaire (surtout vu le contenu).
Parce que, vous comprenez bien que publier un livre stéréotypé, formaté, sans âme ni souffle, c’est une chose, mais ensuite, il faut le vendre !
Et ça passe par la promo.
Voilà ce qui va donc occuper nos candidats, et le terrain médiatique, pendant quelques semaines.
Ce qui éloigne d’autant plus, la tenue de débats, de confrontations et autres joutes entre nos écrivains du dimanche... Tout portant à croire, en effet, vu comme c'est barré, qu’il y en aura pas bezef.
C’est vous dire si cette primaire présentée, d’une part comme étant celle de toute la gauche, d’autre part comme un modèle démocratique, s’annonce plutôt comme étant une aimable fumisterie.
Manquerait plus que DSK, revenu du diable vauvert, nous sorte son bouquin made in Sofitel, pour que la fête soit complète.
[1] A noter que c’est l’ouvrage de François Hollande qui bénéficie du plus gros tirage :
50 000 exemplaires !
C’est pas un tantinet présomptueux, 50 000 exemplaires d’emblée, pour un candidat dit « normal » ?
S’il en vend ne serait-ce que le cinquième, ce ne sera pas si mal. D’autant – rappelons-le – qu’il ne s’agit que d’une compilation de ses « meilleurs » discours. Un DVD aurait suffi, cher monsieur...
[2] Oui, parce que, voyez-vous, cette jeunesse pense – ne riez pas ! – que la révolution (ou au minimum le changement, voire la mutation) passe par les réseaux sociaux.
Elle n’a pas compris, cette jeunesse, que c’est toujours Jean-Pierre Pernaut qui fait la loi, la pluie et le beau temps dans ce pays. Qu’elle est plutôt là, la puissance de feu.
Voyez, comme on n’est pas sorti de cette putain d’auberge gangrénée par la seule loi des Marchés.
[3] Y compris la presse people. Et peut-être même : elle, avant toutes les autres.
Car, ne sont-ce point, à la réflexion, des ouvrages moins politiques que people ?
01:15 Écrit par Philippe Sage dans Libéralisme De Gauche, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, ségolène royal, jean-michel baylet, manuel valls, arnaud montebourg, martine aubry, primaire 2011, présidentielle 2012, livres politiques, la primaire des peoples |
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10 août 2011
Les Marchés Paniquent ? Mais Si Tu Savais Comme Je M’En Fous !
Quand pour t'offrir une semaine de vacances, tu contractes un crédit, tu peux te dire, raisonnablement, que tu viens de franchir un palier. Même si tu raques en trois fois.
C’est sale temps.
Tu te demandes comment se fait-il. Où t’as péché…
Alors quoi, trimarder, toute l’année, ne suffirait pas à prendre, l’été venu, du bon temps ?
T’aurais donc pas les moyens de te faire la belle vie, rien que sept petits jours ?
Tu reluques tes fiches de salaire, ce que tu palpes, net, le mois, et tu t’insultes !
C’est pas Dieu possible, glandu !
Mais tu te démerdes comme une brêle, ou quoi !
Enfin, ce salaire, qu’est au-dessus du SMIC, c’est quand même pas la misère !
Où qu’il passe ce pognon ?
Tu refais les comptes, consciencieusement, avec des lignes, des colonnes, stylo quatre couleurs, et très vite, ça te saute à la gueule :
l’essentiel part dans des charges dites incompressibles.
Loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, bagnole, bouffe, impôt sur le revenu, impôts locaux…
Sinon, ces cigarettes, dont tu ne peux te passer.
Aussi, un restaurant de temps en temps ; un cinéma, rarement ; quelques DVD pour te distraire ou t’épater ; et voilà, le compte est "bon".
Et donc, rien, pas un rouble vaillant pour foutre le camp, au soleil.
Te voilà loquedu, réduit à passer par un organisme de crédit.
Je sais ce que tu vas me dire : quand on n’a pas les moyens, on prend sur soi.
Bref, les vacances, on s’en passe. Se promettant de faire mieux l’an prochain… Et pis tiens, à ce sujet, reprends-les, tes comptes, doit bien y avoir des coupes à faire.
Déjà, arrête de fumer. C’est mauvais pour ce que tu as…
Limite tes trajets en bagnole.
Consomme un peu moins.
Es-tu sûr que ton forfait internet soit bien indispensable ? N’y en a-t-il pas un de plus adapté à tes petits moyens ?
Idem pour ton téléphone portable. Et si tu passais à la carte ?
As-tu vraiment besoin d’aller au restaurant, même si c’est que deux fois le mois ; ne serait-ce pas aussi sympâââ de dîner chez soi, avec des bougies, par exemple, pour faire dimanche ?
Quant au cinéma, t’as bien des potes qui te prêteront le film, dès qu’il sortira en DVD ! Du reste, cette télévision, LCD, es-tu certain qu’il n’y avait pas moins coûteux, et tout aussi performant ?
Etc.
Oui, vu comme ça, j’aurais eu, peut-être, quelques euros disponibles, pour décarrer au soleil.
Pas très loin, or donc en France, mais c’eut été possible.
Ceci étant, et nonobstant, tu veux que je te dise ?
J’ai déjà pensé à tout ça. Et finalement, j’en ai conclu que non.
Non, je ne peux pas et ne veux pas faire de "coupes".
Je ne veux pas me faire chier, vivre comme un rat crevé pendant 358 jours pour espérer partir une minable semaine dans un endroit qui, de toutes les façons, sera gorgé de monde.
Plus question, comme une fois, une seule dans ma chienne de vie, d’appeler Monsieur Cetelem pour me barrer au soleil.
Tant pis. Des vacances, j’en prendrai pas.
Et ça fait six ans que c’est ainsi.
Avec, dans l’intervalle, ce que les gens de la télé, des sociologues, des psychologues, des intronisés spécialistes de tout poil, nomment curieusement des : « accidents de la vie ». Comprendre : du chômage. Avec ce que ça implique : des petits boulots que t’acceptes, sans moufter, ou presque, sinon, c’est radiation. Exclu de la société. Et viens pas pleurer ! Tu passerais pour un profiteur, un parasite qui vit sur le dos des autres.
Alors tu comprendras, sans nul doute et fort aisément que, quand j’apprends que la bourse dégringole, chute onze jours de rang, que paraît-il ça panique, ici et là, que des ministres sont sommés d’interrompre leurs vacances pour tenter de rassurer les investisseurs, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Parce que moi, ça fait six ans que je chute.
Déclassé.
Et que tout le monde s’en fout.
Tout comme le monde se fout, itou, de savoir que celui qui va (encore) payer les pots cassés de ces messieurs, c’est moi (et toi, gagnant pas des mille et des cents).
Mais au moins, c'est fini, j’ai plus, moi, un seul crédit à la noix sur le dos.
Ce qui n’est pas le cas de mon pays.
Pour qui on marne.
A ce propos, le premier, là-haut, qu'oserait me dire que ce serait ma faute s’il est en faillite, mon pays, sous-entendant, populeusement, que j’aurais pas assez turbiné, fourni, sacrifié, je lui pète sa sale gueule.
Si jamais, ça m’était reproché, même doucement, je t'assure que je ne passerai pas par la case indigné, moi. J’irai direct à l’étape suivante.
Est-ce assez clair ?
Parce que, faudrait tout de même pas, demain dit d’austérité, venir chatouiller les arpions d’un mec qui trime correct, et qui voit plus le soleil...
01:05 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (49) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, crise économique, crise sociale, crise mondiale, krach boursier, plan d'austérité, récession, le capitalisme est une saloperie, dettes des états, déficits, précarité, petites gens, tout faire péter, aux chiottes l'indignation, déclassement, petits boulots |
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07 août 2011
Refais Le Monde Sur « Le Plus »
Y’a moins de points. De suspension. Encore moins, d’exclamation.
Moins de phrases, aussi. D’épanchements. De tiguidis égocentrés.
C’est un autre exercice. Auquel j’ai pas dit non.
Or donc, je fournis, depuis juillet, quelques articles (entre 4 et 6 au mois) pour le site « Le Plus » du Nouvel Observateur.
Ceci expliquant que, depuis quelques paires de semaines, par ici, ça roupille un tantinet.
Les articles proposés pour ce « Plus » devant être des originaux (condition non négociable) comprendre : pas un copié/collé de ceusses postés sur ce blog.
Ceci dit, le temps de prendre une vitesse dite de croisière, et y’aura à becqueter ici comme avant. 7 à 8 articles le mois, au bas mot. D’autant que la campagne présidentielle, que je pressens redoutable (négativement j’entends), va très certainement inspirer moult billets tapageurs, saignants, voire déprimants, quand ce n'est pas inutiles, que je réserve savoureusement pour Refais Le Monde Avant Que...
Non pas que pour « Le Plus » ce serait olé-olé, ou hors des clous, ceux de la bienséance, mais tant qu’à faire, autant jouer le jeu. Ce qui ne signifie pas que sur « Le Plus », j’en dis moins. Simplement n’appartenant, au fond et tout bien pesé, à aucune chapelle, aucun clan, aucun réseau, aucune droite, aucune gauche, je peux jouir de cela : trouver de l’épatant chez une Royal, de l’étonnant chez un Sarkozy, et l’écrire.
Je ne suis définitivement pas un militant, pas même un électeur. Un observateur, à la rigueur. Et qui trouve ça, cette position, drôlement amusante.
A la limite, c’est un temps, maussade, quasi médiocre, où il ferait bon, tiens donc, de se faire anarchiste. Et basta !
Bref, si le cœur t’en dit, ces autres publications sont perchées à cette adresse.
Dans un premier temps, au moins (ou tout au « Plus ») jusqu’au 31 décembre de cette belle foutue d’année.
Au menu – à ce jour dit du dimanche 7 août 2011 – Marie-Ségolène par deux fois, Sarkozy dans les pas d’un certain François (du moins, l’espère-t-il) Le Pen ça va de soi, itou un danger dont je parlais ici-même y’a deux ans et qu’a frappé la Norvège récemment, et à suivre, si tout va bien, un billet sur cette crise qu’en peut plus de rebondir, ce qui semble surprendre bon nombre de nos politiques, alors que, s’il y avait bien quelque chose de prévisible, d’inévitable, c’était que cette crise ne nous lâcherait pas comme ça. Même qu’on n’a pas fini de voir l’euro miné.
Mais de la crise, des marchés, et de comment ça nous est transmis et traité, j’y reviendrai cette semaine dans Refais Le Monde Avant Que…
Et je vous cause pas de la primaire, qu’était censée être celle de toute la gauche, et qui, à l’arrivée, ressemble plutôt à un indigeste congrès de libéraux déguisés en socialistes. Voilà qui ne vaut, en effet, pas plus d’un euro de participation.
C’est dire si je vais encore me faire des « amis » dans les jours prochains.
Mais, comme je m’en « lol », d’avance, tu le devines !
Sur ce : bonne chance !
20:12 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le plus, nouvel observateur, refais le monde, ségolène royal, nicolas sarkozy, anders breivik, jean-marie le pen, nouvelle chute des marchés, zone euro, crise mondiale, euro miné |
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04 août 2011
Personne Pour 2012
Le souffle.
Voilà ce qu’il manque.
Un élan.
Eux qui n’ont que ce mot à la bouche, celui de « rassemblement », y’en a pas un qui l’incarne.
De Sarkozy à Poutou en passant par Mélenchon, Joly, Aubry et tutti, pas un.
Oh, je sais, les projets, on ne les connaît pas, pas encore, mais à vue de nez, ça sent déjà le réchauffé, les rustines, quand c’est pas le suicide collectif.
On me dira itou, patience ! nous ne sommes qu’en août, tu vas voir, dès septembre, ça va se décanter, même qu’y en a qui vont sortir du bois, ou les griffes, aiguisées ; va y’avoir du sport !
Vraiment ?
Non, bien sûr que non, ça va pas se décanter.
Pas besoin d’être grand clerc ou Duhamel pour le deviner. Tout ce qu’on nous donnera à becqueter ce seront des petites phrases, de celles qui font la joie des quotidiens, et des chaînes d’informations en boucle. De la polémique à balles deux. Mais qu’a son intérêt : faire diversion. Contourner l’os. Gaffe surtout, à ne pas aborder les vrais sujets.
La vérité.
Pourtant, ils seront légions sur la ligne de départ : dix, peut-être douze, voire plus.
Mais y’en aura pas un qu’aura le feu sacré. Qu’apparaîtra comme une évidence.
Le temps des grands hommes est révolu. Comme révolues sont, les révolutions. Et peu me chaut que t’occupes je ne sais quelle place, l’indigné… Indigné, mon cul ! T’en as pas assez chié pour être crédible. Ton indignation – je parle de l’occidentale – elle est bien paresseuse. Elle se numérise, et pis voilà. Sujet suivant...
J’t’en foutrais !
Quand on est indigné, vraiment, on reste pas le cul assis par terre, non ! on montre les dents. Quitte à tout foutre en l’air... Non mais c’est quoi, ces rassemblements, pépères, à qui ça fait peur, qui ça impressionne ?... Mais personne ! Et surtout pas les politiques.
Alors, ne t’étonne pas, si rien ne bouge, que tout continue, comme avant, entourloupes, vaseline et tout le bataclan.
Après tout, pourquoi donc iraient-ils se crever la couenne, les candidats, pourquoi prendraient-ils des risques, se fendraient-ils de projets ébouriffants, quand tu vois l’étrange apathie du peuple...
Le peuple !
Ça râle, ça rouspète, ça se plaint, et puis ça rentre chez soi.
Ça veut tout casser, au coin d’un zinc, ou sur un forum à la noix du Net, nouveau défouloir de ceusses qu’ont-que-de-la-gueule, anonymes, planqués, mais dans la vie, la réelle, y’a plus personne. Que des échines courbées. Des « Oui, Monsieur ! » et des « Oui, Madame ! »… Parce que, faut le savoir, les furieux qui vous promettent le chaos sur le Net, à grands coups d’insultes (quand ils donnent pas dans le diffamatoire) dans la « vraie vie », c’est des petzouilles.
Ils valent pas chers, les loquedus.
Quant aux blogs classés politiques, voire militants, c’est de la rigolade ! Y’en a pas un sur cent qui tienne la distance. Et encore, je suis large...
Alors quand on m’affirme que cette présidentielle passera par Internet, je me marre. Pour que ce fût possible, faudrait qu’Internet soit une alternative, pas un copié/collé... Faudrait plus de chair, de profondeur, de rage aussi. Mais penses-tu !... Ça ne pense qu’à ses stats, ses followers et ses RT ; bref, qu’à engraisser son foutu réseau ; un réseau qui sert à rien, quand t’as l’honnêteté de te pencher sur son utilité supposée.
Or donc, pourquoi qu’ils se feraient beaux, nos candidats, pour 2012 ?
Pour qui ?
Pour un peuple qui, depuis lustres, avale toutes les couleuvres ?
Et, qui plus est, se jalouse, s’envie, se mesquine, pour des peccadilles ?
Qui, dès que tu lui tends un os à ronger, se jette dessus, sans même réfléchir ? Abruti qu’il est de télévision, d’idées reçues, d’a priori, de préjugés.
Hostile à tout ce qui ressemble à de l’intelligence, ou au minimum, à de la raison.
Vomissant ses élites et ses surdiplômés.
Crois-tu que pour ce peuple, le candidat de 2012 va se mettre minable ?
Mais bien sûr que non !
Aux cochons, on ne donne pas à bâfrer de la confiture.
Au fond – et c’est le cas de le dire – on a les politiques (et les candidats) qu’on mérite.
Falots, fadasses, timorés.
Avec quelques trublions pour faire le show : Mélenchon, Le Pen, et … Et ce sera tout ; vu que Sarkozy a rangé son barda bling-bling.
Oh, ne vous méprenez pas, je ne les range pas dans la même catégorie, Mélenchon et Le Pen.
Je laisse ça aux éditocrates dont la malhonnêteté intellectuelle est sans limite (car il faut l’être, malhonnête, pour nous faire croire que Mélenchon et Le Pen, c’est pareil), soit à ceux qui fricotent avec les dominants (politiques, patrons, etc.), et nous vendent, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il merde, un bon vieil affrontement droite/gauche ; comprendre : UMP/PS... Paraît que c’est le seul duel compatible avec les marchés, le CAC, les agences de notation, soit avec toute cette saloperie qu’est le capitalisme décomplexé… C’est vous dire si PS et UMP, c’est du kif… La seule différence, c’est que l’un est brut de décoffrage, quand l’autre vous fait croire qu’il est humain... Mais dans les deux cas, c’est le pragmatisme libéral qui l’emporte… Y’a vraiment que des attardés (ou des encartés) qu'ont pas encore pigé que cet affrontement-là, qu’on nous présente comme un affrontement entre la droite et la gauche, c’est une fumisterie... Non pas que la droite ne soit pas à droite, non ! C’est juste le PS qu’est plus à gauche (depuis lurette)... Le PS c’est un centre du genre mollasson... Et d’ailleurs, à en croire les sondages, Hollande en est la tête. Comme quoi, y’a pas de hasard… Oh, il a bien des talents, ce François, au demeurant, mais qu’il nous fasse pas son Jaurès ou son Blum. Qu’il s’en tienne à mimer François Mitterrand… Oui, pour ceux qui l’auraient pas encore remarqué, c’est pourtant flagrant, ce mimétisme. Et j’ajoute que c’est fait exprès. Mais ça risque d’être en pure perte. Parce que ce François-là, il passera pas la primaire… J’y reviendrai. Une autre fois.
Passés ceux-là, les François, les Martine, les Nicolas (qu’est bien parti pour redoubler) qui n’ont donc pour seule ambition QUE de gérer le pays (c’est vous dire si ça donne envie), qu’est-ce qu’on a ?
Eh bien un suicide collectif avec Marine Le Pen.
Icelle nous proposant, ni plus, ni moins, de revenir aux francs.
Elle a dû se tromper de nation... L’Allemagne, c’est un peu plus loin… Parce que s’il y a un pays, un seul en Europe, qui pourrait se permettre de sortir de l’euro, c’est l’Allemagne.
Nous, étant donné notre dette et notre déficit, on est bon comme la romaine… A moins que Madame Le Pen veuille estourbir d’autant plus les classes moyennes et populaires… Vas-y, sors-nous de l’euro, poulette, et tu vas voir combien tu vas le raquer, ton pétrole ! Et le reste. Tout ce dont la France, pays désindustrialisé, a cruellement besoin...
Exporter avec une monnaie, le franc, qui vaut que dalle, ça j’dis pas, mais pour l’import, on va souffrir. Et quand je dis « on », j’pense pas aux fortunés ; eux, c’est de la roupie de sansonnet. Qu’on soie à l’euro, au franc ou au rouble, la différence, ils la voyent pas. Mais le laborieux, lui, il va calencher.
Sinon, rien de nouveau sous le paquebot du FN, c’est toujours la patrie, la préférence nationale, l’identité, enfin-bon-bref, des concepts puant la naphtaline. L’hospice. L'agonie.
Qui d’autre alors ?
Mélenchon. Le tribun. Qui va nous faire croire que la gauche-ceci, la gauche-cela. Que la gauche, elle est vivante, quoi…
Que : nos vies valent mieux que leurs profits…
Oui, parce que faut pas se leurrer, Mélenchon, il ne fait que prendre la place laissée vacante par Besancenot. Il reprend le flambeau, Méluche. Vu que la LCR s’est autodétruite… Non mais quelle connerie, ce NPA ! J’te jure... Nouveau Parti Anticapitaliste ! Grotesque !... Ligue Communiste Révolutionnaire, ç’avait un peu plus de gueule... C’était sans ambigüité possible… T’as voulu changer l’intitulé, t’as coulé, c’est bien fait… Du coup, c’est Mélenchon qu’est en pôle-position de la gauche. Parce que Poutou et Arthaud, dans le genre on n’est pas là (alors que pourtant, on est tout mité par la crise, que les banquiers se goinfrent comme avant, que le chômage est explosif) ils sont assez remarquables… On peut pas toujours dire c’est la faute des médias. A un moment, le cul, faut se le bouger... Internet, c’est pas fait QUE pour les cons. Ça peut être aussi un outil de combat. Et qui coûte pas bézef en artiches… Mais va expliquer ça à Poutou et Arthaud ! Plus résignés que ces deux-là, ça existe pas.
Or donc, Mélenchon. Qui va pousser ses petites gueulantes, brandir le poing, se prendre pour Voltaire ; les médias déjà s’en délectent, s’en pourlèchent ; ça nous promet de belles vidéos sur Dailymotion, du fight en veux-tu, en voilà, mais quant au projet, et quand bien même me dirait-on qu’il existe, je le trouve, pour ma part, un peu court... Pas très révolutionnaire, quoi…
Les mecs, les grands capitalistes, ceux qui s’en mettent plein les fouilles sur notre dos, faut vouloir les saigner. Sinon, c’est pas la peine. De se présenter. Pour quoi faire ?... Pour appeler à voter Aubry au second tour ?... T’es gentil, mais j’ai pas vocation à mettre un bulletin relou dans une urne prétendue démocratique.
Quant aux restes, Borloo, Bayrou, Boutin, Dupont-Aignan, Nihous et consorts, c’est du supplétif. Ça n’est là que pour négocier. Avec le vainqueur. Bref, ça vaut rien. En d’autres termes : ça ne nous concerne pas.
Maintenant qu’il s’en trouve pour leur filer des voix, ma foi, ça les regarde. Le vide, que voulez-vous, ça attire.
Donc non, vraiment, y’a personne.
Pour 2012, y’a rien.
Pas un grand homme.
Pas un vrai et beau projet.
Pas d’élan.
Rien qui donne envie. De voter.
Rien qui ressemble à de l’espoir. A de la vie, même.
Alors que la crise nous a plombés, ratatinés, essorés ; c’est incroyable !
Y’a même pas de colère ! Ni de rage. Chez ces prétendants-là. Aucun, vraiment, n’incarne le peuple. Aucun, réellement, n’a l’étoffe. Le souffle. C’est fini, tout ça…
C’est un gestionnaire qu’on va élire. Un comptable. Et dans ce domaine-là, perdu pour perdu, Sarkozy a une longueur d’avance. Quoi qu’ils en disent. Quoi qu’ils prédisent.
Peu importe, au fond, qu’il rempile, ou qu’il se fasse giscarder, étant donné que le choix est pauvre. Sans envergure.
Vraiment, faut être un militant, un encarté, ou un imbécile, pour trouver quelconque intérêt à cette future présidentielle. Tant les prétendants ne sont pas à la hauteur. Des enjeux. Des souffrances. Tant ils n’ont rien à nous proposer de neuf. De grand. De fort !
Ou de renversant.
Mais, encore une fois, on a les candidats qu’on mérite. Nous les culs assis. Les indignés confortables. Lorgnant sur le dernier joujou technologique. Et croyant que la révolution passera par les réseaux sociaux ! C’est vous dire à quel point on est devenus vraiment des cons. Et qu’on mérite amplement, d’être traités comme tel.
20:11 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle 2012, nicolas sarkozy, françois hollande, martine aubry, jean-luc mélenchon, marine le pen, projet pour la france, grands hommes, personne pour 2012, j'irai pas voter en 2012, poor choice no choice, réseaux sociaux, internet, duel droite gauche |
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