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24 mai 2011

Passée La Sidération…

Nous sommes perdus. Nous ne savons plus. Déjà, qu’on doutait… Vers qui se tourner ? Que faire ? Et pour quoi ? Les évènements, majeurs ou pas, s’accélèrent. Il faudrait se pencher, revoir, les autres années, a-t-on déjà vu et subi autant en si peu de temps ? La sidération, ça n’est pas uniquement DSK, c’est un enchaînement d’évènements. Et nous voici spectateurs, impuissants, comme rarement nous l’avons été.

No-Future-par-Banlsy.jpgEst-il besoin de dresser la liste ? De tout ce qui s’est produit depuis – disons – ces dix dernières années – mettons depuis le 11-septembre – avec cette sensation étrange, désagréable, d’un inéluctable. Que ça va mal. Qu’on y va tout droit.
Est-ce la prolifération des moyens, ceux de s’informer, qui fait que, nous avons cette sensation-là, je veux dire est-ce seulement un « sentiment que » ou est-ce la « réalité » ?
Faut-il décrocher, moins consommer de – ce que l’on nomme – hardnews. Se tenir un peu plus à l’écart. Est-il possible, aujourd’hui, de penser sereinement et de recevoir des informations tout aussi sereinement. S’en donner le temps.

Ce terme « sidérant » que l’on a entendu à propos de « l’affaire DSK » est sans doute le plus signifiant, entendu jusqu’ici. Tant il pourrait s’appliquer à bien d’autres évènements, comme ceux, déjà lointains du 11-septembre, du 21-avril, des « émeutes en banlieues », et plus proches de nous, aux divers tremblements de terre ou tsunamis, à Gaza, à Fukushima, aux printemps arabes, à cette « justice [qui] est faite », à DSK, etc.
Il décrit un état, le nôtre... Nous sommes, effectivement, sidérés... On voudrait, aimerait, souhaiterait que ça cesse… En l’occurrence, l’incroyable couverture médiatique d’un mariage princier (couverture justifiée par le fait que « 2 milliards d’êtres humains » étaient censés le suivre, notamment via l’outil télévisuel) constitue une tentative par le média moins de nous divertir (encore que, il y a manifestement, ici, un but : « faire diversion ») que de nous soulager. Nous offrir un répit. Alors que, objectivement, nous n’en avons pas grand-chose à faire, ni à en tirer. C’est juste une image. Mais tout, désormais, est image…
Un mariage, une béatification, et boum ! une exécution (Ben Laden). Et tout reprend. Recommence. Machine infernale. En flux tendu. Images en boucle. Sidération again.

Alors, comme le titrait Libé, on se demande, non pas : « A qui le tour ? » mais : « quelle est la sidération suivante ? ».
Soit : qu’est-ce qui va encore nous tomber dessus, même à des milliers de kilomètres, peu importe, c’est bien sur nous que ça tombe. Et ça finit, par accumulation, de nous broyer. Littéralement.

L’autre terme qui surgit, en creux, c’est « dévasté ».
Nous sommes dévastés, avec cette sensation que tout s’écroule et que nous n’y pouvons rien. J’entends par « tout s’écroule », nos illusions, nos rêves, nos espoirs.
Pour certains, ces illusions, rêves et espoirs, s’étaient portés sur un homme. A tort ou à raison, là n’est pas la question… Il est à ce propos, intéressant de noter, qu’une bonne partie de ceux qui ne l’appréciaient pas, pour diverses raisons, principalement politiques, idéologiques, ceux-là aussi ont été sidérés, sont même « tombés en empathie ». Justement, parce qu’il représentait un espoir pour les autres (et les médias).
Quoi qu’ait fait cet homme, ou pas fait, innocent ou coupable, peu importe au fond, nous voilà perdus. Vers qui se tourner ? Que faire ? Et pour quoi ? Comment « sortir de là » ?

Les éditocrates, les journalistes, les observateurs, nous disent que « les cartes sont rebattues ». Mais de quelles cartes parlent-ils ? Qui dit cartes, dit jeu (ou stratégie). Jeu politique, en vérité. Mais en quoi cela nous concerne-t-il ? Ce que nous attendons, ce sont des perspectives, des idées, des projets. Un espoir. Qui les porte ? Est-ce les Espagnols, Puerta Del Sol ? Est-ce eux qui, par leur volonté, leur détermination, vont nous sortir de cet état, celui de sidération ?

Parce que, si en France (qui, comme la plupart des pays du monde, connaît une crise sans précédent) on n’observe aucun mouvement, pas la moindre manifestation d’envergure (comme celles de 1995), c’est aussi parce que nous sommes, depuis lustres, sidérés.
Bien sûr, il y a d’autres explications : le fait que « la crise » n’ait pas touché la majorité des Français. Sinon, et principalement, les plus vulnérables. D’autres aussi ont été touchés, mais pas en assez grande quantité pour déclencher un vaste mouvement ; ces autres qui, de surcroît, bon an, mal an, parviennent, péniblement, à s’en tirer (et n’ont d’autres soucis que de protéger le peu qui leur reste : emploi, toit, etc.). Et s’ils s’en tirent, c’est notamment grâce à notre système de protection sociale, sans lequel, nous vivrions aujourd’hui, ce que vivent les Espagnols, les Grecs, les Irlandais, les Portugais, etc.

Mais on ne peut faire fi de l’état de sidération. C’est une clé importante. Elle prend sa source le 11-septembre (évènement mondial) se poursuit le 21-avril (évènement local) et depuis, c’est non-stop ; ou du moins, avons-nous cette impression.
Et « la chute de DSK », avec cette avalanche d’images, images d’un français, un des « nôtres » (nous sommes donc, quoi qu’on en dise, touchés dans notre chair, humiliés, terrassés) et puissant de par sa fonction, valorisante (quoi qu’on en dise, là encore) pour la France, pour « nous », nous enfonce un peu plus dans cet état de sidération. La paralysie. C’en est trop !

Cet état-là, de sidération (quasi) permanente, nous a amené à croire en « l’homme providentiel ». D’autant plus que les médias, dans leur grande majorité, ont contribué à nous le présenter comme tel. Une évidence.
Nous n’avons pas mis, plus que cela, en question cette évidence. Parce que, justement, elle nous apparaissait comme une « porte de sortie » (et non, Del Sol). Je veux dire par là, qu’avec cette porte, nous pensions que nous sortirions de cet état de sidération. Nous irions mieux. Et n’avait que peu d’importance, au fond, le projet que cet homme portait.

Cette « chute » incroyable, cet évènement que, donc, on a qualifié de « sidérant », est en réalité plus que cela. Nous sommes passés au-delà de la sidération. Etant donné que nous étions déjà en cet état. C’est en ce sens que je dis que nous sommes perdus. Complètement paumés. Dévastés. Car, passée la sidération, que peut-on espérer ? Qu’y a-t-il après ? Une Puerta Del Sol française ? La résignation par les urnes ?
Ou alors, le déclin.
Oui, n’est-ce pas plutôt le déclin qui nous guette et que nous sentons venir ? Passée la sidération


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Commentaires

si si après la sidération, il y a la phase "subjugation" qui comme chacun sait signifie assujettir, captiver, charmer, conquérir, émerveiller, enchanter, ensorceler, envoûter, fasciner, impressionner, mettre, séduire, soumettre et surtout soumettre ! après ça, je sais plus, il n'y a plus rien sans doute ! et entre le déclin et le rien finalement il n'y a qu'un minuscule pas !

Écrit par : cat | 24 mai 2011

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Je pense que vous connaissez l'émission de Daniel Mermet "là- bas si j'y suis", tous les jours de 15h à 16h,sur France inter. Aujourd'hui, il est justement en Espagne, auprès des "indignados" de la Puerta Del Sol .
Je l'écoute, a chaque fois que je peux, car j'aime bien voir comment s'y prennent les extrémistes (de gauche pour le coup) pour essayer de manipuler l'opinion, c'est aussi grotesque que l'extrême droite qui stigmatise,(mot à la mode) l'immigré, qui entre chez nous sans y être invité, et qui mettrait notre société en péril...

Écrit par : Lacromuche | 25 mai 2011

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Bonjour Sage,
Quand la corruption touche les hautes sphères, ceux politique, judiciaire, et des médias, l’avenir de l’Humanité ne peut être que sombre.
[...]

Écrit par : Albar | 25 mai 2011

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La corruption des "hautes sphères" a toujours existé et existera toujours, des de Gaulle qui paient le gouter de leurs petits enfants à l’Elysée parce qu’ils ne veulent rien devoir à la République, il y en a un par siècle et je ne vois pas le suivant ..
En revanche des citoyens qui s’informent à toute vitesse et qui sont de moins en moins dupes de ce que "les hautes sphères" ne font pas pour eux après leur avoir promis "demain on rase gratis" il y en a de plus en plus, plazza des sol ou ailleurs et je l’espère bientôt un peu partout en France ..

C’est ce qui rend l’élection de 2012 si incertaine. Je vois peu de chances d'enthousiasmer les foules sans sortir des sentiers battus et à ce jour je ne vois personne de crédible qui sorte du rang pour nous faire sortir de cet état de "torpeur sidérante".. Ça n’est pas le programme du PS qui va nous faire rêver .. Je l’ai lu et franchement, vous pouvez me tresser une couronne de lauriers .. il faut vraiment ne pas avoir sommeil pour arriver au bout .. Des mots alignés, les mêmes qu’il y a cinq ans, qu’il y a dix ans, qu’il y a dix sept ans, qu’il y a vingt quatre ans .. Pfffff...

Écrit par : Oncle Archibald | 25 mai 2011

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@Oncle Archibald : Là, j’avoue, vous méritez quelque chose : une décoration, des points smiles, une visite gratuite, que sais-je encore ! Car se fader le programme (?) du PS, franchement, ça devrait vous valoir récompense, et pas de la petite, pas d’à la petite semaine.

Or donc, vous avez tout dit. Du moins, l’essentiel. Ce programme ne fait pas rêver, mais personne, personne ne fait rêver. Ils sont tous (de l’UMP au PS en passant par le Centre) falots, décevants, acculés, sans imagination, tristes, etc.
Il y a une raison à cela : c’est qu’ils ne remettent pas en cause, et ne veulent pas remettre en cause un "système". Néo-libéral, pour le citer. C’est juste un coup de vis ici, un coup de peinture ailleurs, et voilà. Un peu plus de social (mais très léger) un peu moins de brutalité, et c’est tout. C’est pas avec ça que "les gens" - comme on nous appelle désormais - verront leur vie changer, leur quotidien s’améliorer.
Il n’y a pas de souffle, pas d’envie, pratiquement rien.
Et ça aussi, c’est : sidérant.

De fait, la campagne s’annonce mal. Oh, il y aura des coups bas (d’ailleurs ce sera une campagne très basse, politiquement, intellectuellement, à tous les niveaux) de sales moments, de quoi occuper les médias, mais sinon, rien, il ne faut rien en attendre.

Écrit par : Philippe Sage | 25 mai 2011

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Pauvre oncle Archibald qui nous vante ce qui se passe en Espagne et qui de l’autre coté adhère complétement à un retourneur de veste comme Dupont-Aignan.
Vous n’avez rien compris !! c’est triste à dire mais les gens comme vous sont manipulables à souhait.

Écrit par : Commandant Pernod | 25 mai 2011

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N’est-il pas encore beaucoup plus manipulable que moi celui qui était prêt à accepter DSK comme le chantre du socialisme !! Celui qui croit que voter socialiste aujourd’hui va nous faire retrouver demain le paradis perdu ... Ça n’est même plus des convictions que vous avez, Commandant Ricard, ce sont des illusions et surtout un mépris hautain pour celui qui ne pense pas que Martine Aubry va sauver la France ..

Écrit par : Oncle Archibald | 25 mai 2011

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Bonjour, Philippe.

Si l’on a pu parler, à juste titre, de sidération pour le 11 septembre et l’affaire DSK, il convient évidemment de ne pas les mettre sur le même plan :

-le 11 septembre induit encore chez nombre des habitants de la planète une forme d’état de sidération ;

- l’affaire DSK, quant a elle, ne suscite plus de réaction (ou plus exactement d’absence de réaction) de ce type : elle est d’ores et déjà digérée par la grande majorité de nos concitoyens comme un fait divers sordide dont on connaîtra progressivement les dessous, l’ex-candidat DSK étant passé par pertes et profits, y compris dans l’électorat.

Reste l’état général du corps social français, et là, je ne parlerais pas de sidération mais d’... anesthésie ; comme si l’oligarchie avait réussi à nous injecter collectivement un produit suffisamment puissant pour amoindrir nos capacités à réagir malgré la conscience des injustices. Et c’est ainsi, que l’esprit embué et la bouche pâteuse, nous voyons défiler les contreréformes sans crier notre colère, sans jeter cul par dessus tête les autocrates et leurs complices...

Cordiales salutations.

Écrit par : Fergus | 25 mai 2011

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Bonjour Fergus,

Il est nullement question - mais vous l’aviez compris - de placer sur un même plan le 11-septembre et "l’affaire DSK". Pas plus que les "printemps arabes", Fukushima, etc.

Nonobstant, cet enchaînement d’évènements - avec, vous l’avez noté, une accélération en 2011, ou, tout du moins, une avalanche d’évènements majeurs, voire : "traumatisants" - contribue à nous plonger, durablement, dans un état de "sidération" (ou de "torpeur").
De fait, nous ne bougeons plus. Comme si nous étions acculés, hébétés, voyant un à un, surtout, s’écrouler nos dernières certitudes, croyances, convictions - vous appelez ça, comme vous voulez.
C’est de cela dont j’ai voulu - avec difficulté, tant le rendu n’est pas satisfaisant (je parle du texte) - parler.
Et d’une certaine façon, le temps passant, ces évènements ne se retrouvent certes pas sur un même plan, mais, tout de même, s’emberlificotant, s’accumulant, on ne sait plus. On est perdus. C’est quoi, la suite ? Un scénario à la JFK (je pense à Obama) ? Qu’est-ce qui va encore entamer notre énergie, nos espoirs, etc., et nous conduire (fatalement) à penser que décidément, rien n’est possible. Que tout est gangréné. Qu’on n’y peut rien. Et que nous comptons pour rien...

Écrit par : Philippe Sage | 25 mai 2011

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Ce qui est sidérant , c’est que la gauche était prête à se ranger derrière cet immonde individu juste parce que des sondages bidons lui accordaient du crédit , et continue à lui exprimer leur soutien envers et contre tout !!!!
qu’elle ne s’étonne pas que les ouvriers , employés , demandeurs d’emplois , précaires se détournent de cette gauche bobo au service de la mondialisation et du NWO.

Écrit par : Le Chat | 25 mai 2011

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Je ne vois rien à redire à votre déclamation.

Pour ma part, ça fait 4 ans que j’ai ouvert mon église de la déception.

Toutefois, afin d’essayer de conserver notre réflexe d’espérance sans lequel nous filerions droit à la dépression, je pense qu’au lieu de procéder de l’habituelle élimination de l’objet décevant et parce que cet objet est vivant d’être humain, parce qu’il conserve toujours une potentialité de correction, j’irais à conseiller de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

J’irais à dire que DSK détient la solution, la Grande Solution.

Imaginons que ce princissime ayant commis (avec tous les guillemets de préséance) un geste décevant, imaginons donc qu’il en vienne à déclarer, alors qu’il risque l’enfer dont nous avons savamment concocté tous les rouages par le biais du principe carcéral en tas, que la voix de la petite vaut au moins la sienne et cela quel que soit son passé
ou sa réputation.

Les conséquences d’un tel geste seraient, de fil en aiguille, considérables. Ce geste sublime renverserait, pour la première fois de l’Histoire des Hommes, le sempiternel et empoisonnant principe consistant à hausser son propre col et à piétiner le crédit, la parole, la bonne foi, l’image des autres. Cet incontournable principe est précisément celui qui nous a conduits à rehausser notre image au moyen de toutes sortes d’artifices chapeaux, plumes et perruques censés nous crédibiliser.

A ma connaissance, jamais un homme n’aura été en configuration aussi idéale pour offrir ce Geste sublime au Monde des Hommes.

Alors, au lieu d’enterrer déjà le princissime DSK qui est confronté à la parole d’une servante, il vaudrait mieux lui faire passer le message qu’on espère de lui le plus beau, le plus extraordinaire des gestes.

"Crucial DSK, rappelez donc vos chiens et dites que la parole de la petite vaut bien la vôtre, en tout dépouillement d’artifices, en toute nudité, en toute diogénitude. Opposez-lui votre vision de l’affaire et votre intelligence mais ne la discréditez pas, ne l’humiliez pas, ne l’isolez pas, ne rejetez pas son esprit surtout après vous êtes servi de son corps, déjà par le coup d’aspirateur et de plumeau mais aussi par le coup tiré en foudre"

Le cas DSK offre la situation la plus emblématique que l’Humanité puisse rêver. Pour la première fois de l’Histoire, un Maître du Monde se retrouve confronté à la parole d’une servante en risquant les pires des tortures dont nous sommes capables et dont nous venons de lui donner un aperçu.

Alors que nous tenons l’opportunité la plus extraordinaire qui soit, déjà nous envisageons, après le temps de sidération, le deuil de nos espoirs et l’enfouissement de l’affaire.
Autrement dit, nous ne faisons rien, absolument rien pour inviter DSK à remarquer que loin d’être voué à la déchetterie de l’Histoire, il représente une chance inouïe pour l’Humanité.

Car c’est paradoxalement maintenant que Tout se joue.

DSK est dans une situation très difficile, il est à l’envers et la pression d’Anne, de Camille, de ses amis, pression qui va probablement à lui demander de lâcher des chiens contre la petite, est plus forte que jamais. Disons qu’il est zombie ou en tous cas plus zombie qu’avant.

Il est donc capital, si nous tenons à sauver cette chance fabuleuse qui s’offre à nous, de lui envoyer un message non pas en lassitude, non pas en dénigrement, non pas en dos tourné, non pas en écoeurement mais au contraire en supplique et en confiance.

"Oui, nous pensons que vous pouvez nous offrir ici bien plus que n’importe quelle gesticulation présidentielle. Vous pouvez nous offrir quelque chose qu’aucun Christ n’a pensé à offrir, vous pouvez nous offrir ce Geste dont l’Humanité a besoin, ce Geste qui nous sauvera du désespoir"

Si à cette heure-ci, ce Geste n’est pas accompli, si ce sont au contraire les chiens qui sont à leur oeuvre, la responsabilité n’en revient pas qu’à DSK, choqué qu’il est par le lynchage dont il vient de faire l’objet. Elle revient à 7 milliards d’individus qui disposent de plus de recul, qui ne sont pas attaqués par toutes sortes de chiens, qui sont au frais pour réfléchir et qui, malgré ça, versent encore et jours dans le principe du lynchage sous diverses formes et formules, en tous cas dans le principe du bébé jeté avec l’eau du bain.

Pour que la responsabilité de ce non-Geste ne revienne plus qu’à DSK, il faudrait au minimum que nous, qui formons le méta jury de ses actes, nous lui formulions très clairement notre grande attente de ce Geste de sa part.

De commentaires en commentaires, ici ou sur AgoraVox, je ne cesse d’attirer l’attention sur ce point. Pour l’instant, personne ne semble y trouver intérêt. Il ne reste qu’une poignée de jours avant le 6 Juin où DSK devra marquer officiellement sa position. Si d’ici là ma supplique reste lettre morte, si je continue de prêcher dans le désert, ce qu’il entendra de notre méta jury c’est que nous n’attendons aucun miracle de lui, aucune transcendance inédite. Il en restera donc à ne servir strictement que ses intérêts les plus immanents et n’articulera sa défense que sur les transcendances habituelles, celles qui vont à l’auto-autorité, à l’autorisation de soi d’abord, celles qui, de millénaire en millénaire, nous déçoivent.

De différentes manières, l’Homme a essayé de construire des espoirs en traitant ses cadavres. Un cadavre est ce qui reste d’un être humain quand il ne peut plus rien pour lui-même, quand tout ne dépend plus que de ses survivants ;

En traitant avec des encens et des fleurs nos cadavres, nous allons dans le bon sens.
Mais un homme en situation de DSK, un violeur, un assassin ou un voleur avéré, sont déjà en voie d’être des cadavres, ils sont des cadavres sociaux. En les traitant mal, en les condamnant à la déchetterie sans fleurs ni couronnes et alors même qu’ils détiennent une potientialité d’action, nous commettons une erreur fondamentale qui invalide nos efforts envers les cadavres physiques.

Nous devrions accorder plus d’attention à nos cadavres moraux. Il y a en eux et en l’attitude que nous avons envers eux, la clef de notre devenir.

Écrit par : Easy | 25 mai 2011

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@easy a écrit : "alors qu’il risque l’enfer"

l’enfer avec tous ses millions d’euros, ça m’étonnerait beaucoup...

Comment sont incarcérés les milliardaires aux EU ??

Écrit par : Parkway | 25 mai 2011

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@Parkway : Quel dommage en effet que quelques uns d’entre nous, parce qu’ils ont du fric, échappent au concept infernal que nous avons concocté !

Quel gâchis de ranger des guillotines qui tranchent encore si bien !

Quel dépit de voir toutes ces cordes inutilisées, toutes ces épées immobiles, toutes ces vierges de Nuremberg remisées, ces menottes vides !

Mais surtout, quelle rage de ne pas pouvoir infliger plus d’un siècle de torture aux gens !

Selon ce qu’avait fait Franco sur son lit de mort, on nous donnerait à choisir entre allonger notre propre vie et allonger celle d’un torturé, nous choisirions la seconde option afin que ce salaud profite davantage de notre sadisme.

Écrit par : Easy | 25 mai 2011

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Passée la sidération ... une autre sidération !

Je vous renvoie à la lecture du livre "La stratégie du choc " de Naomi Klein :

Les désastres, naturels , politiques , sociaux ou économiques conduiraient à des chocs psychologiques.
Ces chocs peuvent parfaitement être qualifiés de sidérants .
Ces chocs répétés, les impacts psychologiques sur les populations seraient tels qu’ils permettraient l’application de politiques "ultra-libérales" au détriment de la qualité de vie des peuples, sans que ceux-ci ne se révoltent.

Je sais, encore du complotisme ...

Écrit par : Mariedes | 25 mai 2011

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Bonjour ,
Sidération, j'en suis pas sur !
Depuis quand le (s) peuple (s) a il vécu dans le bien être , l'aisance matériel, la sécurité (présente et à venir) ?
Depuis le temps que nous subissons des pestes (grippes ,ect.), des famines, des guerres, des cataclysmes naturels (grands froids, sècheresses...), de la tyrannie (avec variations dûes aux époques), des "oeuvres" humaines abominables ; il me semblerai normal que la logique de l'évolution des espèces nous permette la non sidération et des nouvelles formes de révoltes...C.Phil.D.

Écrit par : Philippe Dauteuille | 25 mai 2011

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@Philippe Dauteuille : J'avais pourtant bien pris soin de préciser : "Les évènements, majeurs ou pas, s’accélèrent. Il faudrait se pencher, revoir, les autres années, a-t-on déjà vu et subi autant en si peu de temps ?"

Ce que je veux dire c'est que l'accumulation est un point important.

Là, vous énumérez non pas ce que nous venons de traverser, mais grosso-modo, tout ce que le monde a connu depuis qu'il est monde. Et que nous n'avons pas vécu.

Vous n'avez jamais entendu cette phrase : "Vous n'avez pas connu la guerre, vous !" Ou : "tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir faim". Etc.
Nos parents - du moins, les miens - estimaient que nous avions été épargnés de bien des "malheurs". Nous aurions eu une jeunesse dorée... Même qu'on sentait comme un reproche.

Non pas que nous vivons le malheur, actuellement, mais nous sommes acculés, pas de sortie, tout s'enchaîne, une vraie spirale. Et "nos enfants qui vivront moins bien que nous avons vécu" qu'ils disent.

Vous oubliez dans votre énumération (trop globale et trop généraliste) des périodes de bonheur. Ou, bien sûr que si, nous (ils) vivions dans l'aisance matérielle, et même (dans) une certaine sécurité, sécurité car l'avenir avait un sens. On pouvait s'y projeter.
Après la Seconde Guerre, ce fut le cas. Il y eut une période euphorique. Les Trente Glorieuses, c'est pas un conte de fée, c'est réel.
Bien sûr que si, nous avons connu des périodes de répit. Et dans ces périodes, nous pouvions envisager de "construire" quelque chose. Certes, ça tanguait dans quelques parties du monde, mais nous étions épargnés. Là, je ne crois pas que nous le soyons.

Comme je le disais plus haut, ces évènements s'enchaînant, et de plus en plus rapprochés, entament et nos espoirs, et nos dernières certitudes. Nous plongeant dans une sorte de torpeur, de "sidération" constante, ou récurrente, nous clouant littéralement. Comme rarement, nous l'avons été jusqu'à présent.

Écrit par : Philippe Sage | 25 mai 2011

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@Lacromuche : Oui, bien sûr, je connais cette émission de Mermet.
Eh bien, au moins, quelqu'un, dans les médias, s'intéresse de près à ce qui se passe en Espagne !
Ce qui n'est pas le cas des "médias dominants" comme nous le rappelle (l'excellent site) ACRIMED.
C'est à lire ici :

http://www.acrimed.org/article3601.html
[Loin de l’Espagne et de l’information : ce que veulent les manifestants]

Et tant que j'y suis, je me permets de copier/coller les revendications des "indignés", soit le Manifeste de « Democracia Real Ya ! » (15 mai) :

Nous sommes des personnes ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, travailler ou pour chercher un travail, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur tous les jours pour vivre et pouvoir offrir un meilleur avenir à ceux qui les entourent.

Parmi nous, certains se considèrent plus progressistes, d’autres plus conservateurs. Certains sont croyants, d’autres pas. Certains suivent des idéologies précises, d’autres se considèrent apolitiques. Mais nous sommes tous préoccupés et indignés par la situation politique, économique et sociale autour de nous : par la corruption des politiciens, patrons, banquiers, ... qui nous laissent sans défense et sans jamais être entendus.

Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne et sans espoir aucun. Mais en unissant nos forces nous pouvons la changer. Le moment est venu de changer les choses, de bâtir ensemble une société meilleure. En conséquence nous soutenons avec vigueur les affirmations suivantes :

- L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.

- Des droits inaliénables doivent être garantis au sein de notre société : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation politique, au libre développement personnel et le droit du consommateur à une vie saine et heureuse.

- L’état actuel de notre système politique et économique ne répond pas à ces priorités et il est par de multiples facettes un obstacle au progrès de l’humanité.

- La démocratie appartient au peuple (demos = peuple, cratie = pouvoir), ce qui signifie que chacun de nous constitue une partie du gouvernement. Cependant, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même plus. Ses fonctions devraient être de porter notre voix auprès des institutions, en facilitant la participation politique des citoyens à travers des canaux de démocratie directe pour le bénéfice du plus grand nombre, et non pas celle de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des forces économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature des partis représentée par les sigles inamovibles du PPSOE.

- La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns sont à la source des inégalités, frustrations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et non-durable, entraîne notre système social dans une spirale, qui s’auto-consume, enrichissant une minorité et appauvrissant les autres. Jusqu’à son effondrement.

- La volonté et le but du système sont l’accumulation d’argent, sans tenir compte ni de l’efficacité ni du bien-être de la société ; gaspillant ses ressources, et détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs mécontents.

- Les citoyens sont les engrenages d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui se moque de nos besoins. Nous sommes anonymes mais sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons fonctionner le monde.

- Si en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une rentabilité économique abstraite où la majorité ne bénéficie pas de ses avantages, nous pourrons supprimer les abus que nous endurons.

Nous avons besoin d’une révolution éthique. Plutôt que de mettre l’argent avant les êtres humains, il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des objets. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.

Au nom de tout ce qui vient d’être dit, je suis indigné. Je crois sincèrement que je peux changer les choses. Je crois que je peux aider. Je sais que, tous ensemble, on peut y parvenir. Sors avec nous. C’est ton droit.

Écrit par : Philippe Sage | 25 mai 2011

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Le programme des "indignés" semble séduisant , en effet. Ce qui me gêne c'est que des gens du genre, Julien Coupat, (qui est, bien entendu, présumé innocent de ce dont on l'accuse) soient capables de saboter des lignes de TGV,pour bien nous faire entrer dans le crâne ,leurs idées, mais à 250 km/h.

Écrit par : Lacromuche | 25 mai 2011

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@Le Chat a dit : "la gauche était prête à se ranger derrière cet immonde individu juste parce que des sondages bidons lui accordaient du crédit ",

quand les lepenistes cesseront-ils d’affirmer des sornettes ? ne pourrait-ils plutôt parler du "programme" de leur idole ? ce serait plus productif pour eux !

la gauche n’était prête à rien du tout.
DSK est certainement une des plus grandes intelligence du pays. (ce sont ses ennemis qui le reconnaissent) il a la plus grande expérience des affaires mondiales, un expert hors pair en économie (au moins autant que marine), une expérience d’homme d’état !

cet homme, comme ministre aurait été précieux pour le pays.

qui trouverait idiot (à part le chat) et pays voudrait se priver de telles qualités sous prétexte qu’il est accusé (présumé innocent) d’avoir comme Mr tron et comme quelques millions de français, la main un peu leste ?

la gauche s’en remet au vote des électeurs pour choisir son candidat et rien ne dit que DSK aurait été choisi. je l’ai dit 100 fois.

que les autres partis donneurs de leçon en fassent autant..

notre ministre tron jouira t-il de la même présomption d’innocence que dsk ?

Écrit par : pastori | 25 mai 2011

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j’ai connu dans ma boite des tas de commerciaux hors pair qui aimaient les petites secrétaires et tout le monde le savait.

ils n’ont jamais été virés parce que trop utiles à l’entreprise.

que les tartuffes cessent de gémir, c’est un sport national pratiqué chaque jour et dans ce cas il faudrait virer des centaines de milliers de gens !

Écrit par : pastori | 25 mai 2011

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L’avenir est pavé de bonnes intentions comme l’avion qui vole vers le mur des lamentations.

Écrit par : Scalpa | 25 mai 2011

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Bonjour FERGUS

Totalement d’accord avec votre commentaire : ce n’est pas parce qu’en ce moment l’actualité n’a jamais été aussi fournie qu’il faut se permettre de tout amalgamer et de tout mettre au même rang.
A propos de ces dérives, je signale un article totalement délirant dans Marianne de cette semaine, écrit par MM. Szafran et Domenach qui n’hésitent pas à qualifier ce qui n’est qu’une affaire sordide, de "tragédie pour la France toute entière" : on croit rêver !

Écrit par : Michel Drouet | 25 mai 2011

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@ Le Chat,
J’espère bien quand même que c’est ce qui va arriver !!!

Écrit par : Ariane Walter | 25 mai 2011

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Cher Philippe,
Super votre article, tellement vrai.
mêmes réactions que vous.
parfois on se dit, mais arrête de consulter internet. tiens-t-en à Pernaut sur la 1 ou relis Montaigne tout un été. Se sent-on un rôle de phare comme le disait ce cher Baudelaire ?

Écrit par : Ariane Walter | 25 mai 2011

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@Archibald :

Bah alors Archibald vous devez vous tromper de personnes ^^

Me mettre dans le paquet des socialistes et pourquoi pas des communistes !!
au point ou vous en êtes loooooooool ne cherchez pas je ne vote pas !!
je ne fais pas comme vous à retourner ma veste en permanence, j’ai des convictions je ne suis pas un faible, elles ne changent pas ; ce systeme me degoutte et jamais je ne participerai à quoi que ce soit lui donnant la possibilité d’exister.
Vous aimez les democratures ; vous croyer encore (quelle tristesse) que la gauche fera mieux que la droite et/ou inversement ?? c’est bien vous etes un bon toutou !!

Les gens comme vous maintiennent les peuples dans un état de servitude....complice et betise voila ce qui vous défini

Écrit par : Commandant Pernod | 25 mai 2011

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@Pernod : j’ai toujours un petit faible pour les démocraties, malgré leurs faiblesses, par rapport aux dictatures, fussent-elles "du peuple" ..... Vous n’êtes pas socialiste, je le note, mais quel acharnement est le votre pour les défendre !! Ils doivent aimer les sympathisants dans votre genre !

Écrit par : Oncle Archibald | 25 mai 2011

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Bonjour, Michel DROUET.

Vous avez raison, il n’y là de tragédie ni pour la France ni même pour la gauche (DSK n’étant même pas sûr de se qualifier lors des primaires), mais la médiatisation d’un fait divers sordide.

Que les féministes ou les gens, comme moi, qui sont sensibilisés aux agressions commises contre les femmes saisissent l’opportunité pour dénoncer des comportements aberrants, notamment de personnes en situation dominante, rien de plus normal.

Laissons maintenant, et cela vaut pour les journalistes de Marianne, la justice américaine traiter ce dossier sans lui donner plus d’importance qu’il n’en a désormais sur le fond : un homme présumé agresseur face à une femme présumée victime...

Écrit par : Fergus | 26 mai 2011

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