30 avril 2011
Entrée Dans La Précarité
Ce qui marque, durement, ce sont les visages. Cette fatigue, et tant d’autres choses, comme le poids, celui du temps qui passe et passe, et rien qui vient... Je me demande s’il en est de même pour moi. Je veux dire : est-ce qu’elle est pareille qu’eux, ma gueule ; aussi ravagée. Au bout de dix-huit mois… Comment savoir ?... Je la connais ma sale tronche, je me la fade tous les jours…
Je pourrais, je crois, décrire le parcours de ceux qui m’entourent. A l’œil nu, ça se devine, ces choses-là. Comme cette femme d’un âge certain, juste devant moi, par exemple. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. C’est – c’était, plutôt – une professionnelle. De l’édition... Qu’est-ce qu’elle fout ici ? Dans cette sélection…
J’en vois deux ou trois autres qu’ont le même profil ou approchant… Ce qui les unit et les trahit ce sont leurs regards. Y’a de la résignation. Entre autres… Sinon, un peu de tout : jeunes, moins jeunes, égarés, silencieux, anxieux ; la routine, quoi.
En face de nous, un trio. Un tableau. Et des marqueurs de toutes les couleurs.
On s’enquiert du fait de savoir si tout le monde est là. Apparemment, il manque quelqu’un… Il ne viendra pas. Tant pis… L’exposé commence.
Ce qui est assez désagréable, pour dire franchement les choses, c’est le ton sur lequel on s’adresse à nous. Oh, il n’est pas méprisant, non, du tout même, mais pourquoi nous parler comme si nous étions alités, malades ou je-ne-sais-quoi ? C’est peut-être nos gueules, me dis-je, cette lassitude qui se lit, trop bien.
Bref…
On nous explique en quoi ça consiste, ce « travail ». On nous le vend. Puis, on nous demande s’il y a des questions.
Il y en a.
- Est-il possible de faire plus de 20 heures par semaine ?
La réponse est non… Les visages se ferment. Déjà qu’ils n’étaient pas brillants…
La femme, celle qu’a dû marner dans l’édition pendant des années, elle insiste. Vu le tarif (entre 11 et 13€ de l’heure, et c’est du brut !) je comprends. Suffit de multiplier par vingt et les comptes sont vite faits. Le quotidien, avec ça, tu l’assures pas. D’autant plus que rien ne dit que tu les feras, les vingt heures. Vu que c'est un plafond.
C’est typiquement ce qu’on appelle un « job d’appoint ». Mais qui te prend du temps, ça, je peux en témoigner… L’heure, c’est juste un repère. C’est pour entrer dans les critères. De Pôle Emploi. En vérité, t’es payé au contrat [1]. Et c’est le contrat qui vaut entre 11 et 13€ [2]. Ce qui signifie que tu peux en décrocher - maximum - 80 au mois (mais ça n'arrive jamais), plus de 800 sur une année. C’est légal, paraît-il...
On a tous accepté. Pas le choix. Quand faut croûter…
Des sélections, comme celle-ci, j’en ai fait d’autres. Et c’était le même type de contrats. Les mêmes tarifs. Les mêmes candidats. Demandeurs d’emploi depuis lustres. Qu’acceptent le « job ».
Qui s’assoient surtout. Sur leurs expériences, leurs compétences, leurs acquis, et bien sûr, sur toute prétention salariale.
Tous, nous savons que ça ne nous mènera nulle part. Mais c’est tout ce qu’il y a.
Oh ! bien sûr, si Pôle Emploi proposait des formations, de celles qui permettent, ciblées, de vous diversifier, vous améliorer en tel domaine, compléter un parcours, l’enrichir, ça se passerait différemment. Du moins, faut-il l’espérer… Mais Pôle Emploi n’en propose pas. Pourtant sur les dépliants, très chouettes, en couleur, il est bien écrit que Pôle Emploi mobilisera « tous les moyens nécessaires pour faciliter votre insertion professionnelle (formations, aides à la mobilité..) ».
Mais peut-être que c’est réservé aux plus jeunes. Ceux qu’ont un avenir.
Passés quarante ans, tu « poses problème ». Visiblement... Même pour un simple bilan de compétences.
C’est pas pour verser dans le « c’était mieux avant ! » mais du temps de l’ANPE, des formations, on vous en proposait. Assez rapidement. C’est vrai, aussi, que l’âge n’était pas le même. Le parcours moins lourd. Le visage plus avenant. Plus avenant parce que, quand tu perds ton travail à 25 ou 30 ans, même 35, tu te dis que tu peux rebondir. Vu le temps. Celui qui reste. Mais après quarante ou cinquante ans, le temps qui reste devient comme un handicap. Voire : un inaccessible.
Or donc : et alors ?
Alors, quand je lis dans le Figaro, Xavier Bertrand asséner qu’il « préfère qu’un demandeur d’emploi reprenne une activité réduite que pas d’activité du tout » parce que, ajoute-t-il, « à la fin du mois, une fiche de paie vaut toujours mieux qu’une allocation » je me demande dans quel monde vit-il.
Vous voulez les voir, mes fiches de paie, M. Bertrand ?
2.75€, 13.75€, 27.50€, 56€, 72€, 102€, 129.25€ – et, tadaaaaam ! – 657.25€.
Faut-il préciser que, lorsque vous reprenez « une activité réduite », comme le dit si joliment M. Bertrand, vous sortez des chiffres du chômage (tout en restant inscrit). Plus précisément vous ne faites plus partie de la fameuse catégorie A… Bref, vous contribuez à faire baisser le taux de chômage en France (à ce compte-là, vous pouvez annoncer, fiérot, qu’il sera de 9%, en Métropole, à la fin de l’année).
On comprend mieux, dès lors, que M. Bertrand nous pousse à « l’activité réduite », même si elle ne vaut – pour ce mois-ci – que 56€ bruts.
Nonobstant, je ne suis pas certain que cela constitue un progrès social. Ni humain... Une bonne nouvelle, quoi !
Je précise, en outre, que je ne suis pas attentiste ; je veux dire que, comme au temps de l’ANPE, je ne me repose pas sur Pôle Emploi. Quand bien même M. Sarkozy et Mme Lagarde nous auraient vanté que ce serait, Pôle Emploi, une véritable révolution. Qu’on allait voir ce qu’on allait voir !
Moi ce que j’ai vu, et assez vite, c’est que les conseillers Pôle Emploi n’étaient pas assez nombreux pour remplir leur mission. Et, sans doute, que le budget alloué n’était pas à la hauteur du « projet » (sinon, des formations, on nous en proposerait).
J’ajoute que, quand j’entends parler à tire-larigot de « sortie de crise », je me demande qui ça concerne, hormis les entreprises du CAC et la Bourse en général... Pour nous, les demandeurs d’emploi, la « sortie de crise » c’est l’ « entrée dans la précarité ». Ce sont des petits contrats à la journée, à la semaine, payés une misère. La crise est passée par là, doit y avoir un rapport, je présume...
Bien évidemment, je passerai sous silence les récentes saillies de M. Sarkozy sur les « chômeurs ». Si ça n’est pas de l’indécence, je ne sais pas ce que c’est. Mais tout de même, faudrait songer à arrêter de nous traiter comme des « assistés », des « profiteurs » ou – comme décrit plus haut – comme des « alités ». Et, si ça existe, je veux dire « les profiteurs », ils ne feront JAMAIS une majorité. Parce que l’immense majorité, elle se bat. Elle accepte tout. Déclassement compris. Et TTC.
Notre fierté, notre dignité, nos prétentions diverses et variées, on les oublie. Pas sûr que ceux qui nous emploient en soient bien conscients. Encore moins ceux qui nous gouvernent. Eux, qui jamais n’ont connu la précarité. Pas plus que la crise... Mais ce qui est sûr, c’est que leur rutilant : « Nous sortirons de la crise plus forts que nous y sommes entrés » c’était des conneries ! Un slogan (publicitaire) de plus.
La vérité est autre. Et elle se voit à l’œil nu. Mais qui s’en soucie, puisque le chômage baisse pour le troisième mois consécutif ?
Au moins, ayez l’élégance de nous remercier, parce que sans nous, les précaires, il ne baisserait sûrement pas.
[1] Les contrats en question sont des Contrats à Durée Déterminée d’Usage. Le pire du CDD !
[2] Encore que !... Vous signez pour un contrat de 11€. Mais il dépend du temps estimé par l’employeur pour le réaliser.
Si le temps estimé est d’une heure, vous touchez effectivement 11€ bruts.
Mais si – et c’est du vécu ! – le temps est estimé à un ¼ d’heure, vous ne palperez que 2.75€ bruts.
Cependant – ô joie ! – si vous devez vous déplacer pour exécuter ledit contrat, vos frais de transport vous seront remboursés. Encore heureux ! Sinon, vous perdriez de l’argent (vu le prix d’un ticket de métro ou de RER aller-retour, c’est vite vu !).
17:31 Écrit par Philippe Sage dans Ma Vie Au Pôle Emploi | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pôle emploi, précarité, activité réduite, contrats à la journée, contrats d'usage, cddu, chômeurs de catégorie a, chiffres du chômage, baisse du chômage, politique de l'emploi, sortie de crise, déclassement, job d'appoint |
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Commentaires
Mais dis donc, c'est que t'es augmenté chaque mois ! ;)
Plus sérieusement, merci pour ce billet. Encore une fois.
Écrit par : Olivier Autissier | 30 avril 2011
Répondre à ce commentaire@Olivier : Ah mais non :-) ... Non, non, je ne suis pas augmenté chaque mois. Juste j'ai mis ça dans un ordre croissant. Ça fait "plus riche" et "en progrès". Mais sinon, non :-)
Écrit par : Philippe Sage | 30 avril 2011
Répondre à ce commentaire300.000 portugais dans la rue au mois de mars contre la précarité, qu'attendons nous pour faire la même chose ??
Une idée: occuper la place la Bastille avec des pancartes où serait écrit "dégagez" non pardon "cassez vous". Les égyptiens nous ont montré qu'en 1 mois tout était possible, ce serait très intéressant de voir comment ce genre de mouvement serait réprimé (et suivi) dans la patrie des droits de l'homme !
Écrit par : Pierre | 30 avril 2011
Répondre à ce commentaireje me permets d'ajouter que vous n'avez pas compté les repas de midi, c'est que mine de rien travailler ça creuse et c'est pire quand c'est un boulot de mxxxx vous serez sans doute d'accord avec moi sur ce point, ça Bertrand et Sarkozy ce n'est pas leur problème leur capacité à faire les comptes s'arrêtent au tri des enveloppes en papier kraft hein
bon courage
Écrit par : la divine comedie | 30 avril 2011
Répondre à ce commentairePhilippe, j'ai beaucoup de sympathie pour vous, car vous, et votre compagne, m'avez" ouvert l'esprit" vers d'autres univers, mais soyons franc, il rentre combien d'argent, tous les mois dans votre ménage ? vous n'êtes pas dans le besoin et dans les plus mal loti ,non ? La France est quand même un beau pays oû il fait bon vivre. C'est pour cela que les gens comme moi ,n'aiment pas ceux qui cherchent seulement à profiter du système , sans participer, un minimum à la vie du groupe, ce qui n'est évidemment pas votre cas. Cordialement.
Écrit par : Alain. | 01 mai 2011
Répondre à ce commentaire@Alain. "La France est quand même un beau pays oû il fait bon vivre", ca dépend tout de même pour qui...(SDF etc...).
Le problème avec ce genre de raisonnement : "C'est pour cela que les gens comme moi ,n'aiment pas ceux qui cherchent seulement à profiter du système , sans participer,un minimum..." C'est qu'il continu a occulter le fait principal : y'a pas de boulot pour tout le monde! Et donc, encore une fois, faire le jeu des dirigeants : surveiller et punir parce que tout de même, y'en a qui abusent... Perso ceux qui abusent pondent des lois plutôt.
Écrit par : toto | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireOserai-je dire un "joli" billet ? Non je ne veux pas le dire. En écho, un article de "SARKOPHAGE" de ce mois ("Les pauvres à l'abandon") qui complète tout à fait vos recherches...
Il est drôle, Alain, et très cordial : " Philippe, j'ai beaucoup de sympathie pour vous, car vous, et votre compagne, m'avez" ouvert l'esprit" vers d'autres univers, mais soyons franc.."
Ce "mais soyons franc..." assassin...( soupir-Bibi)
Écrit par : Pensez BiBi | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireL'objectif du MEDEF est de contourner le code du travail, Bertrand, Sarkozy et consort sont là pour sa réussite. Plus de congés, plus de temps maximal, (j'ai connu des intérimaires qui ont accepté de faire des heures sups à gogo pour compenser le manque de personnel et se sont crashés en voiture sur le chemin du retour parce qu'ils se sont endormis au volant), plus de primes d'ancienneté, plus de possibilité de se syndiquer, etc
Écrit par : dadouronron | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireAucun politique ne propose de solutions à long terme, courageuse, quant à la précarité.
Écrit par : Amaury Watremez | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireAmaury Watremez : Plus tout a fait vrai... il existe le projet de République solidaire de Villepin avec son revenu citoyen. C’est un premier pas vers l’instauration d’ un veritable Revenu Universel, caracterise par le versement d’une allocation universelle a tous les citoyens (residents fiscaux) d’un pays, allocation sans conditions et cumulable avec les autres revenus.
Écrit par : jpm | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireAmaury tu parles souvent de cette précarité que tu connais peut-être toi-même.
Je ne crois pas aux solutions proposées par les politiques. Seuls ceux qui la subissent peuvent formuler leurs exigences et faire en sorte qu’elles soient reprises et soutenues par les politiques.
Les associations de chômeurs et de précaires sont squelettiques ce qui se comprend car militer quand on est chaque jour à se battre pour son quotidien est difficile. De plus chacun sait que dès qu’on met le pied hors de chez soi le fric est nécessaire....
Il existe des associations qui tentent malgré tout de lutter contre la précarité dont celle-ci :
http://www.ac.eu.org/
Écrit par : jaja | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireIl y a des solutions, le Revenu Universel, en fait parti, il est temps de revoir notre façon de penser vis à vis de l’emploi, l’avenir est au partage.
Écrit par : orion | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaire"vous contribuez à faire baisser le taux de chômage en France (à ce compte-là, vous pouvez annoncer, fiérot, qu’il sera de 9%, en Métropole, à la fin de l’année)" : et David Pujadas pourra annoncer presque fier que le chômage a baissé à 20heures, et le ministre du Travail etc pareil. Les enfumeurs, il faut les punir à chaque fois que c’est possible et la moindre des choses déjà est de voter contre eux et tous ceux qui sont pour une précarité généralisée. Quand on entend à la télé "on est contre l’assistanat", "on a des droits mais aussi des devoirs", et tous ces slogans à vomir tellement ils sont répétés à satiété partout,, il faut que le peuple travailleur soit vraiment idiot pour se laisser faire sans réagir. Les dirigeants syndicats marrons sont encore pires, car ils cherchent à endormir la vigilance du travailleur. Moralité : il faut prendre conscience de son état mais agir en conséquence pour la défense de ses intérêts pour une société paisible où tout le monde a droit à une vie décente.
Écrit par : leypanou | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireLes profiteurs, bien sûr que ça existe.
Mais ils sont à l’autre extrémité de l’échelle, tout en haut. Il prêtent aux états, les contrôlent, absorbent la totalité de nos impôts sur le revenu pour paiement des seuls intérêts qu’ils se sont gentiment octroyés, organisent la casse sociale des pays développés pour mieux exploiter des autres, affament des populations entières en spéculant sur des denrées de première nécessité...etc.
Mais ne le dites à personne, de toute façon, personne ne vous croira, le salopard de profiteur, c’est vous, l’ignoble chômeur.
Écrit par : PhilVite | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireBah merde alors ! J'aurais pas dû déclarer ce que j'ai gagné en mars et en avril ! Parce qu'à cause de gugusses comme toi et comme moi, le chômage recule. Ou plutôt un certaine catégorie de chômeurs. Mais bon, les chiffres, c'est bien connu, on leur fait dire ce qu'on veut. Sauf sur nos comptes en banque : on a beau leur parler gentiment, ces chiffres ne gonflent ni n'embellissent.
Écrit par : des fraises | 02 mai 2011
Répondre à ce commentaireSalut,
J’ai adoré votre texte si cruel en modération et pour lequel j’ai voté OUI.
Un seul regret qu’il n’est pas été plus commenté.
Total respect.
Écrit par : Yvance77 | 03 mai 2011
Répondre à ce commentaireComme Yvance77, je suis très sensible aussi à ce texte un peu désespéré et désespérant.
Un revenu citoyen vers un revenu universel, bien sûr cela fait rêver. J’imagine que ça remplacerait toutes les aides, allocations et indemnités existantes ? N’est-ce pas qu’une manipulation du vocabulaire ? Si elle s’accompagne d’un changement de mentalité dans ce domaine, ça serait déjà un résultat.
Écrit par : HINLE | 03 mai 2011
Répondre à ce commentaire@HINLE : Si vous avez 1h 36’ et 44" à ne pas perdre : http://www.kultkino.ch/kultkino/besonderes/le_revenu_de_base_film_francaise
Écrit par : PhilVite | 03 mai 2011
Répondre à ce commentaire@Yvance77 : Je présume que si ce texte n’a pas eu beaucoup de commentaires, c’est en raison de l’actualité, soit l’exécution d’Oussama Ben Laden. C’est cet évènement qui fait la une ...
Écrit par : Philippe Sage | 03 mai 2011
Répondre à ce commentaire@HINLE, et aux autres, si l'idée de revenu garanti vous intéresse (elle est extrêmement intéressante oui), un autre lien (PhilVite, oui la vidéo est bien)
http://www.peripheries.net/article326.html
Écrit par : toto | 04 mai 2011
Répondre à ce commentaireEtre chômeur ou Rmiste c’est faire parti du système, un pied vers la précarité, un autre encore dedans…Les allocations sont versées pour que l’ordre public soit préservé et non pas pour que les gens mangent à leur faim, les allocations existent pour que les smicards soient contents de leur sort et ne se plaignent pas puisqu’il y a pire qu’eux et cerise sur le gâteau ces allocations donnent bonne conscience à ceux qui payent des impôts et leur permettent de faire de beaux rêves.
On pourrait penser que les allocataires sont une menace pour la société, qu’ils pourraient se révolter, s’insurger, faire la révolution et bien il n’en ai rien car ils gardent tous un pied dedans et c’est celui là qui permet au système de maintenir la pression qu’il exerce à la fois sur les actifs et sur les précaires.
Une allocation universelle qui serait un droit libèrerait tellement les consciences qu’aucun parti de « gouvernement » ne l’adoptera car il perdrait le pouvoir de décider qui est dedans, qui est dehors, qui mange et surtout qui meurt.
Écrit par : Pierre | 04 mai 2011
Répondre à ce commentaireD'accord avec Pierre. J'ai écris un truc similaire sur ce lien, à propos de travail et chomage, et de leur rapport:
http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=3336
Écrit par : Delcuse | 06 mai 2011
Répondre à ce commentaireun bien triste texte, une bien triste réalité que beaucoup oublient ou veulent oublier pour ne pas avoir éventuellement à tenter, allez je ne dirai pas la solidarité, mais un regard neuf, différent, respectueux peut-être, humain sans aucun doute, quoi que là j'ose beaucoup .. à l'heure d'un débat sur le RSA et tant d'autres choses, toutes destinées à une seule et unique visée, celle d'encore et toujours humilier, je trouve ce monde bien compliqué et en bien grande régression ! on aurait pu penser que le temps aidant, l'intelligence, une certaine élégance, une finesse, que sais-je encore, s'installent mais soyons francs, ben non ! merci à vous Philippe
Écrit par : cat | 09 mai 2011
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