31 mars 2011
Pourquoi Les Sondeurs Ne Proposent Plus Des Intentions De Vote Pour Le Second Tour De La Présidentielle 2012 ?
Et tout à coup, plus rien. Net, que ça s’est arrêté. Tous à l’unisson, comme un seul homme : BVA, IFOP, IPSOS, CSA, Harris Interactive et tutti. Pour faire dans le précis, le dernier institut de sondage à nous avoir proposé des « intentions de vote de second tour » pour « la 2012 » c’est TNS-Sofres. Même que c’était le 23 février dernier [1]. Mais depuis cette date, nib.
En fait, depuis que la Le Pen est donnée présente au second tour. Ils n’y vont plus, les instituts.
Alors j’ai fait turbiner le téléphone, le mail [2]. C’est pas très compliqué. Et puis, au fond, c’est citoyen. Ça fait celui qui s’intéresse. Qui veut savoir. Qu’est actif. Faut juste être poli, courtois, veuillez agréer si nécessaire et tout le merdier.
Pour faire court, la demande était du genre :« Comment se fait-il que jusqu’à présent vous faisiez des projections pour le premier ET le second tour de la présidentielle 2002, et plus maintenant, que vous vous arrêtiez au premier ? », en n’omettant pas de rappeler des enquêtes antérieures avec dates et noms des commanditaires.
Et là, on vous répond. Très gentiment.
Que c’est pas « une obligation » (BVA) que « ça dépend de la commande du client » (Harris Interactive).
Ah !... Mais comment se fait-il que d’un coup, comme ça, on en fasse plus des projections pour le second tour, que ce ne soit plus « une obligation » parce que, Madame, Monsieur, jusqu’ici, je m’excuse, mais c’était systématique ! J’ai les preuves ! Tenez, l’enquête publiée le 15 septembre 2010, aussi celle du 12 novembre 2010, encore celle du 18 janvier dernier, j’en ai des tas ! mais depuis le 23 février, plus rien, vous avez tous arrêté, en même temps ! Or depuis cette date, Madame, Monsieur, il se trouve que Marine Le Pen, dans vos enquêtes, est « qualifiée » pour le second tour. Serait-ce pour cette raison que vous ne produisiez plus de projections pour ce même second tour ?
Là, généralement, on vous demande si vous travaillez pour quelqu’un. Et vous répondez que non. Que c’est juste pour savoir. Que vous êtes un citoyen. Rien de plus. Pas Pierre Arditi ou je-ne-sais-quoi [3].
Bizarrement, vous sentez votre interlocuteur comme soulagé. Vous en profitez (toujours courtois, poli…) pour rappeler votre question, soit : Marine Le Pen, c’est-y ça la raison ?
Non, du tout, qu’on vous répond, ça n’a absolument rien à voir, allons qu’allez-vous chercher là, encore une fois c’est pas « une nécessité » de faire des projections pour le second tour, pas « un automatisme », « ça dépend de la commande du client » qu’on vous répète.
J’entends bien, mais « le client » il ne peut pas savoir à l’avance quels seront les résultats de votre enquête, alors comment se fait-il que d’un coup, comme ça, il vous commande plus que du premier tour ?
C’est là où le sondeur, il rame copieux. Oh, il ne perd jamais pied, le discours reste très structuré, formaté, mais ça convainc pas bézef. Voire pas du tout.
En dernier ressort, pressé d’en finir, le sondeur vous dira que nous sommes trop loin de l’échéance pour faire des projections de second tour... Voyez, ça marche pas. Puisque de ce type de projections, il en a fait à 15, 18 voire même à 26 mois de ladite « échéance ».
D’autre part, le premier tour est quasi aussi loin dans le temps de l’ « échéance » que le second…
Mais tout de même, l’un d'eux finit par lâcher une information : « Nous allons bientôt faire des projections de second tour avec la candidate du Front National » (Harris Interactive).
Mais le meilleur, je dois dire, c’est l’IPSOS de Brice Teinturier.
A la décharge de cet institut, il n’a – à ma connaissance – fait aucune projection de second(s) tour(s) jusqu’à présent pour cette future présidentielle... Pour celle de 2007, si. Dès février 2006, IPSOS nous bombardait de duels Sarkozy/Royal. Mais là, non. Il ne se mêle pas à la meute.
Ceci étant, les explications fournies sont fort intéressantes.
D’abord, m’a-t-on dit, si IPSOS ne fait pas de projections pour le second tour c’est parce que « ça a un coût financier ». Et là, avouez, qu’on s’en réjouit. Car le dernier commanditaire d’IPSOS pour cette « 2012 » c’est France Télévisions. Ravi d’apprendre que le service public ne dilapide pas nos deniers dans des enquêtes dont on sait qu’elles ne sont pas vérité, mais « tendances ».
Ensuite, m’a-t-on expliqué, c’est parce qu’on « ne connaît pas le candidat socialiste ». Ce qui est exact. Mais on ne connaît pas plus le candidat écologiste, si je ne m’abuse (Hulot ou Joly ?). Et puis qui nous dit que Morin y sera ? Et Dominique de Villepin, vous êtes certain qu’il va y aller ? Et Montebourg, il sent le pâté (jamais testé par aucun institut, et pourtant candidat aux primaires) ? Et pourquoi y’a pas Borloo dans votre sondage ? C’est que dites, hormis Arthaud, Le Pen, Dupont-Aignan, probablement Sarkozy, Besancenot, Bayrou, des candidats, on en connaît que six maxi. Non ?
Enfin, tombe le dernier argument : « Nous sommes trop loin de l’élection »... Refrain connu. Trop loin pour le second tour mais pas pour le premier. Sans oublier, mais je l’ai dit, que pour la présidentielle précédente, IPSOS ça l’avait pas trop chagriné de nous faire des projections de second tour à 15 mois. Faut dire, aussi, que les « choses » étaient plus claires : c’était Royal/Sarkozy et puis c’est tout. N’en déplaise au Bayrou (qui n’a pas manqué, souvenez-vous, de le dénoncer).
Or donc, là itou, ça n’a rien à voir, croyez-le bien, avec une éventuelle présence de Marine Le Pen au second tour, absolument pas, que nenni ! Qu’allez-vous imaginer ! M’enfin !
Je ne sais pas vous, mais toutes ces belles explications ne m’ont guère convaincu. Je suis pas du genre à voir des complots partout, pas plus que je ne suis paranoïaque, mais quand même. Y’a anguille sous roche. Et l’anguille, en l’occurrence, c’est la candidate de l’extrême-droite. Ça embarrasse, et le sondeur, et le commanditaire. C’est clair... Je serais même prêt à parier, qu’elles existent ces projections. Pourquoi ne pas nous les communiquer ?...
... Peut-être, me disais-je, parce que dans la plupart des cas de figure, Marine Le Pen se fait laminer (pas autant que son père en 2002, mais bien quand même).
De fait, si nous le savions, ça détendrait singulièrement le climat. Mais... ce serait pas vraiment dans l’intérêt des médias (qui sont, rappelons-le, les commanditaires)... C’est que, ça fait vendre, Le Pen ! D’ailleurs regardez, elle est partout, invitée ici, là, comme jamais son père ne l’a été... Mais si elle vaut plus rien, si la baudruche, la supposée vague se dégonfle, avec quoi qu’on va meubler nos infos, nos journaux, nos débats ?... Vous comprenez... Y’a donc tout intérêt à maintenir la pression. L’incertitude. Le mystère.
Or donc, tout intérêt à ne pas nous donner les projections de second tour.
Voilà ce que je crois. Voilà pourquoi plus aucun sondeur ne nous donne des « intentions de vote » pour le second tour. Parce que, tuer une élection à 13 mois de l’échéance, c’est mauvais pour le commerce. J’entends par « commerce » : les médias.
16:48 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle 2012, sondages, bva, ifop, ipsos, harris interactive, csa, second tour, premier tour, intentions de vote, sondeurs et commanditaires, le pen fond de commerce des médias, le pen au second tour |
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26 mars 2011
Front National : Va Falloir Se Mettre Au Travail, Les Gars !
Elle est partout, la Marine. Presse, radio, télé, du jamais vu... De loin, comme ça, on pourrait se dire qu’ils veulent la tuer, tu vois ; je veux dire médiatiquement, trop de Le Pen tuant la Le Pen !… Bon sang, mais c’est bien sûr, qu’on s’écrie ! Ils l’invitent, tous, sur les plateaux, jusque Radio J, jusque dans l’impensable quoi, la surexposition au cube, jusqu’à ce qu’on en puisse plus. Qu’elle nous sorte par les yeux, les pores, tout. Qu’elle devienne repoussoir. Ah ! que c’est terriblement bien joué ! Que c’est finaud de chez intelligent.
Mais non. Y’a pas de finaud. Y’a pas d’intelligence. Y’a que du lourdaud. Du cocu de première. A chaque fois, c’est la même, en long, large, elle te les rétame tous. Une véritable exécution.
Dézingué l’Aphatie, rectifié l’Elkabbach, désossée la Chabot. Tous, elle les retourne tous... Et pourquoi ? Parce qu’ils sont pétris de certitudes, de dédain, de dégoût. Parce qu’ils bossent pas, surtout. La fleur au fusil, qu’ils y vont. De fait, c’est un massacre. Une boucherie. Et la donzelle, elle repart, à chaque fois, avec de nouveaux électeurs dans « sa besace ». Les doigts dans le nez. Sans rien faire. Ou quasi.
Elle déroule, UMPS par-ci, UMPS par-là, c’est du velours, du sur-mesure, et vas-y qu’elle cogne, toujours au même endroit, qu’elle enclume, et y’en a pas un pour la renvoyer dans ses cordes, d’où elle vient, d’où elle est et restera, soit pour parler crûment : à l’extrême droite… Française, monsieur, l’extrême droite Française !... C’est pas de la gnognotte, ça, dis, pour qui connaît l’Histoire, qui s’est fadé tous les dégueulis du père Destouches (de souche), de Bagatelles à l’Ecole en passant par Les Beaux Draps. C’est cette France-là, mon pote. Affirmatif. Mais crois-tu que les présumés finauds, les supposés intelligents, lui mettraient ça dans les chicots ! Que nenni ! Ça louvoie, ça pose des questions de mollasson, ça croit pouvoir piéger la fifille au pépère, mais rien du tout !... Oh, ça lui cherche bien, des fois, des relents d’antisémitisme de type héréditaire, mais sur la pointe des pieds ; y savent pas s’y prendre les mal dégourdis.
Pourtant, tout, ils ont tout, les preuves, les dossiers, les éléments. Y’a qu’à lire. La presse d’extrême droite, celle qui soutient très activement le Front National. Les Rivarol, Flash, Nations Presse Hebdo, La Voix Des Français, Le Choc Du Mois, Minute, Présent, et j’en passe, jusqu’à la Courtoisie de Radio, c’est de l’édifiant. Du brut de chez brut : qu’on y cause de lobby juif, de francs-maçons, de révolution nationale, de la « race blanche », comme jadis chez les Brasillach, les Maurras, la même prose, le même combat.
Quoi que vous croyiez ? Que le Front refilé à une « mère de famille », ça y deviendrait, par je ne sais quel miracle ultra-catholique, de la bonne petite droidroite radicale mais fréquentable !... Du tout !... L’extrême droite, ça reste l’extrême droite. Allez donc demander au Buisson, il en vient, il en connaît l’esprit, les recoins. Comme Michel de Rostolan, Yvan Blot, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret. Demain Vanneste, Ciotti, Jérôme Rivière et compagnie... Si ça tourne à l’eau de boudin pour l’agonisante, la suicidaire, l’UMP shootée au Sarkophage, en 2012, ça je te l’affirme, ils vont pas, deux fois, se faire prier, ces foutus laïcs, pour aller pointer chez Front.
T’as tout le Club de l’Horloge qu’est sur les dents, prêt à basculer. Recta.
Et avec eux, les anciens d’Occident, du GRECE, ceusses du Parti de la France.
Pourquoi crois-tu qu’ils reprennent à tirelarigot, un à un, petit à petit, comme des moins que tout, tous les arguments du Front, d’Hortefeux à Guéant en passant par dame Brunel ? Parce qu’entre ces types-là, ceux de l’UMP et le Front, c'est une feuille de papier à cigarettes qui les sépare. Pas plus.
Mais crois-tu que ces sagouins de journalistes ils te mettraient au (sale) parfum ? Qu’ils t’affranchiraient ?... Penses-tu ! Ça fait mumuse avec la Marine, ça se croit malin, ça explose l'audience, les compteurs, mais ça fait son lit, bel et bien, à la Marine… Et sais-tu quoi ? Ce sont les mêmes qui, l’an prochain, viendront te dire qu’il faut faire barrage au Front National, no pasaran, sursaut républicain et tout le merdier ! Comme en 2002 !... T’en souvient-il ? De ce « NON » en Une de Libération ? De ce JT de Tf1 du PPDA, en date funeste du lundi 22 avril 2002, où, d’un air grave, il t’annonce qu’il va, lui et sa rédaction, t’expliquer ce que c’est vraiment que le Front National ? Et qui c’est, ce Jean-Marie Le Pen ?... Jean-foutre, va ! que ne l’as-tu pas fait avant, sombre commercial de l’empire Bouygues !
Eh bien, c’est reparti !... Comme en 40, que j’ai envie de dire.
Ah, puis faut voir comment qu’ils l’accueillent la Marine, les Calvi, les Chabot, les Denisot et consorts. Qu’on y voie bien la pince à linge sur leur nez. Qu’on pige bien que c’est pas leur tasse de thé. Ça la rembarre, la coupe, taisez-vous, mais taisez-vous donc, Madame Le Pen ! Ça fait dans le « mais bien sûr ! », le « ben voyons ! », ça goguenardise, hausse des épaules, mais à part ça ? Nib !
Sauf que, l’auditeur, il le voit itou. La différence de traitement. Et ça lui plaît moyen. Vois-tu. Même que ça le renforce dans son choix. Que si c’était possible, en 2012, c’est pas un bulletin estampillé Marine qu’il y mettrait dans l’urne mais deux. Juste pour les faire caguer.
C’est frontalement qu’il faut la prendre, la bourgeoise (car c’en est une ! elle sort pas de la cuisse du peuple, faut pas se méprendre, ça nous vient des beaux quartiers, cette affaire… la misère : elle connaît pas ! Elle a pas idée de ce que c’est). Pas faire son chichiteux, son journaliste de salon. Son confortable. Faut la mettre au pied du mur, calmement, patiemment, à l’usure. Sans dédain. Sans dégoût. Faut les bosser les dossiers, faut se sortir les doigts comme on dit, et fissa.
Que fout-elle à l’AEMN, auparavant l'Euronat, la péronnelle, soit avec les pires xénophobes d’Europe, des racistes avérés, certifiés, si elle n’est pas d’extrême droite ?
Que faisait-elle, de même, avec les autres d’ITS (Identité, Tradition, Souveraineté) même qu’on y trouvait la fifille Mussolini ?
A quand un reportage sur les fêtes du Front, saucisson, pinard, avec bien en évidence, des ouvrages de révisionnistes, ah que voilà de la lecture qu’est sans la moindre ambigüité !
La dédiabolisation, c’est de l’attrape-couillons, un énorme, immense piège à cons.
Or donc, va falloir se mettre au taf, les mecs. Nous montrer le visage du Front. Ce qu’il est vraiment, et restera toujours : un parti d’extrême droite. Avec tout ce que ça trimballe de nauséabond.
Tu vas te bouger, mon journaliste, et plus vite que ça ! Ranger ton Grand Journal ridicule, grotesque, pipolisant, finie la grosse rigolade ! et te mettre au turbin. Tu vas pas bricoler comme en 2002, soit attendre le mois d’avril de l’an prochain pour faire ta pleureuse, ton donneur de leçons, avec l’air bien compassé, et nous chanter l’air du « front républicain » à balles deux. Parce que cette fois, sache-le, ça ne marchera pas.
Alors : au boulot !
23:09 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s], Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (63) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, front national, extrême droite française, antisémitisme, xénophobie, racisme, club de l'horloge, zéro journaliste, révolution nationale, occident, extrême droite européenne, révisionnisme, peste brune |
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21 mars 2011
Nous Ne Venons Ni Protéger, Ni Porter Assistance Au Peuple Libyen
Un homme qui massacre son peuple ? Ça n’est pas supportable.
Du moins, la communauté internationale ne peut (plus) le tolérer. Or donc, il convient d’intervenir. Pour protéger la population de cette brute sanguinaire. C’est un devoir. Mieux : un honneur. Une fierté.
On aimerait y croire, n’est-ce pas ?
On aimerait.
Que Kadhafi soit un tyran, un dictateur, un fou, « un fils de pute » [1], ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais il fut « notre » tyran, « notre » dictateur », « notre » fou, « notre fils de pute ». Comme jadis Saddam Hussein. Qui, lui aussi, massacra son peuple, en 1988, à l’arme chimique. On dut s’en émouvoir, je suppose, à Paris, à Washington, peut-être même à Moscou, mais je ne me souviens pas que l’émotion fut telle qu’elle conduisit la communauté internationale à intervenir. Non, je ne me souviens pas qu’à l’époque quiconque ait songé à venir en aide, ou porter assistance, aux Kurdes que le pouvoir baasiste extermina copieusement.
La liste serait longue, celle des dictateurs soutenus, armés, financés par les occidentaux, ces dictateurs emprisonnant, torturant, mais aussi s’enrichissant sur le dos de leurs peuples, de Zine el-Abidine Ben Ali à Hosni Moubarak en passant par Laurent Gbagbo... Gbagbo, tiens, en voici un autre qui, en ce moment même, dézingue son peuple. En page 14 de nos quotidiens. Vingt-trois secondes dans les journaux de 20 heures (quand ils y pensent). Circulez, y’a rien à voir ! Démerde-toi Ouattara, l’Alassane adoubé par la communauté internationale. La Côte d’Ivoire, vois-tu, c’est ni le Koweït, ni l’Irak, ni la Libye. C’est pas très pétrolier, en somme. Ça compte pour nib. Même pas pour du cacao. La Côte d’Ivoire, c’est comme le Rwanda, le Darfour, l’Ouganda. On s’en cague, et comment, que l’Afrique noire soit dirigée par des salauds. Qu’elle crève à petit feu. Qu’elle agonise sous nos yeux.
Mieux encore : on s’en fout qu’elle s’islamise, y compris radicalement. Ça, c’est un point diablement intéressant, non ? Oh que si !... Car que ne nous a-t-on pas dit, n’est-ce pas, à propos des Moubarak et Ben Ali, et même Kadhafi et Hussein ? Que oui, c’est vrai, c’était des horribles dictateurs, mais que bon, c’était eux ou le fondamentalisme religieux de très mauvais aloi. Ils étaient comme un rempart. NOS remparts.
Tu veux que je te dise ? Ils nous coûtent cher, très cher, tes foutus remparts à la noix ! Mais bon, si enfin on peut refourguer nos Rafale, on n’aura pas fait le voyage pour rien. Parce que là, ils sont en démonstration les coucous au Dassault, c’est le Salon de l’Aviation comme qui dirait. Ah ça, on les voit à l’œuvre. Si demain le Brésil ne nous en achète pas toute une pétée, c’est à désespérer de tout.
Or donc, la communauté internationale fait dans l’humanitaire. Oyez ! Oyez ! Il s’agirait de porter assistance à la population civile libyenne. Tant c’est insupportable.
Plus insupportable que les bombes au phosphore balarguées sur les civils Gazaouis par l’aviation israélienne en janvier/février 2009 ? … Comment ?… Vous dites ?… Israël, c’est pas pareil ? Parce que c’est une... démocratie ?… Ils sont des nôtres ?… Pardon, j’avais oublié ce détail. Effectivement, ça change tout. C’est pas noté de la même façon.
La Russie, non plus … Quand elle intervient en Géorgie, la communauté internationale estime qu’il s’agit là, de la part des Russes, d’une « réaction disproportionnée ». L’inénarrable George W Bush Jr (à qui Sarkozy ressemble de plus en plus) avait même parlé d'une « violence inacceptable ». Mais il ne pipa mot, pas plus qu’Obama, quand le phosphore brûla Gaza moins de cinq mois plus tard. Là non, ce n’était pas « disproportionné », ni « inacceptable ». C’était de la légitime défense, donc.
Oui, disais-je en liminaire, on aimerait y croire. Mais faut pas nous prendre, non plus, pour des benêts de compète. Allons ! Qui peut croire que cette opération doucettement nommée Aube de l’Odyssée a pour but premier de protéger le peuple libyen ? Depuis quand la communauté internationale se soucie-t-elle de la souffrance d’autrui, qui plus est, arabe ? Oui, je sais, il y en a dans cette opération. Faut bien une caution. Mais à y regarder de près, ça se réduit à qui ?... Au Qatar. C’est-y pas ce pays qui, coup sur coup, vient de se voir attribuer la Coupe du Monde de Football 2022 et les Mondiaux de Handball 2015 à l’immense surprise générale ?... Ils sont bien occidentaux, dites-moi, ces arabes … Quant aux autres, il me semble qu’ils commencent à froncer méchamment des sourcils. Se demandant s’ils ne se sont pas fait rouler et sévère.
Ce qui est le cas.
Car les français, les britanniques, les américains, bref les occidentaux, n’en ont absolument rien à faire du peuple libyen et de ses insurgés de Benghazi. Il s’agit juste de reprendre le contrôle. Les occidentaux ont décidé d’intervenir non pour aider le peuple libyen, mais pour défendre leurs intérêts. Comme en 2004. En Haïti. Une leçon. Pour qui s’en souvient.
Jean-Bertrand Aristide, ça vous dit quelque chose ?... Début 2004, la communauté internationale décide qu’il doit partir [2]. Et pour bien le lui faire comprendre on envoya sur le sol haïtien (entre autres) des troupes françaises et américaines.
C’était drôlement magnifique. Très émouvant.
Il faut rappeler qu’américains et français étaient alors « fâchés ».
Nous avions décidé, un an plus tôt, par la voix de M. Chirac, suivie d’un discours mémorable de M. de Villepin au Conseil de Sécurité de l'ONU, de ne point intervenir en Irak. Nous conseillions même aux américains de ne pas le faire. Ce qu’ils firent pourtant, dès le 19 mars 2003. Avec le grand succès que l’on sait (combien d’attentats, quasi quotidiens, actuellement, sur le sol irakien ?).
En réaction, les américains boudèrent nos produits – comme on dit – on déversait nos vins dans les caniveaux, on boycottait notre foie gras, souillait notre drapeau. Et puis, voilà donc qu’un an plus tard, nous nous retrouvions dans un des pays les plus pauvres de la planète, Haïti, afin d’en chasser l’horrible Aristide, stabiliser le périmètre...
Je me souviens que l’on parla de « réconciliation franco-américaine » et d’avoir pensé tout haut :
« Ah, ben voilà ! Je sais désormais à quoi ça sert un pays pauvre : à réconcilier les pays riches ».
Mais je n’étais pas au bout de mes surprises.
Naïf comme trois Jospin, je pensais que nos soldats intervenaient en Haïti pour libérer les haïtiens, puisque les débarrassant de leur tyran. Que nenni ! Aux journalistes les questionnant sur leur présence en Haïti, les généraux américains et français eurent la même réponse.
L’américain déclara qu’il était là « pour défendre les intérêts des Etats-Unis d’Amérique » et le français « pour défendre les intérêts de la France ». Jamais ils n’eurent le moindre mot de compassion pour le peuple haïtien. Jamais il ne fut cité.
Eh bien, voyez-vous, il en va de même pour la Libye.
Il ne s’agit pas de défendre les intérêts du peuple libyen, mais ceux des américains, des britanniques, des français, etc.
Je ne sais où nous conduira cette guerre, encore une, mais je crois (j’espère) vraiment que nous le payerons cher. Très cher. Et ce sera amplement mérité. Au moins pour une raison : le cynisme épouvantable qui nous a conduit à soutenir des années durant des dictateurs sans jamais nous soucier de la souffrance des peuples.
Et l’on viendrait nous affirmer, aujourd’hui, qu’on s’en préoccuperait ?
Désolé, mais je n’y crois pas une seule seconde.
[1] C’est ainsi que le président Franklin D. Roosevelt qualifiait le dictateur nicaraguayen, Anastasio Somoza :
« Somoza est un fils de pute, mais c’est NOTRE fils de pute ».
[2] Ils sont nombreux, ceux à qui, la communauté internationale a demandé de « partir ». Tenez, Robert Mugabe, par exemple, triste tyran du Zimbabwe. C’était le 8 décembre 2008.
Il est toujours en place.
Vous me direz, depuis le début de l’année, il apparaît que certains peuples aient décidé de prendre eux-mêmes les choses en main en sommant leurs dictateurs de « dégager ! ». Pas sûr que la communauté internationale s’en réjouisse. Du moins, il ne me semble pas l’avoir entendue, ni vue, sauter de joie après les départs de Ben Ali et Moubarak. Au contraire… Quand vous pensez que Fillon a même été jusqu’à saluer la « décision courageuse » de Moubarak, on peut légitimement se poser quelques questions.
NB : une musique peut-être. Ne serait-ce pour adoucir ce merdier .... Allez, mets le son à fond !

18:05 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard, La Tristesse, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (56) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, colonel kadhafi, aube de l'odyssée, résolution 1973, forces de la coalition, le pétrole libyen, communauté internationale, plomb durci, ligue arabe, intérêts des occidentaux en libye, fils de pute, prenez-nous pour des cons !, deux poids deux mesures |
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09 mars 2011
La Peur Du « 21 Avril » Ou L’Impuissance Révélée De Notre Classe Politique
Et voilà ! Ça vacille, cède à la panique, déjà que ça n’allait pas fort dans les états-majors. Il aura suffi de quelques sondages et bam ! On appelle au « rassemblement » à gauche, au « vote utile » ; on petit-déjeune à droite avec le honni d’hier, on dragouille le centriste, et allez donc ! … La raison de toute cette agitation : la peur. Celle d’un « 21 avril » à l’envers, à l’endroit, total, définitif.
La peur, cette mauvaise conseillère.
Il est, à ce propos, intéressant, ô combien édifiant, de constater que cet argument, ce chiffon qu’on agite, la peur, est utilisé pour tout, ou à peu près tout. C’est assez révélateur de la société dans laquelle nous vivons. Cette peur est tellement présente, quotidienne, que désormais le seul projet politique qui nous est proposé c’est : nous protéger.
Nous protéger des « flux migratoires », nous protéger de la « mondialisation » , nous protéger de la « violence », nous protéger du « chômage », nous protéger de tout en fait ...
Fut un temps, l’on nous proposait plutôt un avenir, des perspectives, un chemin, des solutions. Bref, de quoi s’enthousiasmer, se projeter. Et même si ces promesses (de lendemains qui chantent) n’étaient pas honorées, pas toujours, qu’elles se heurtaient à une réalité économique, à l’imprévisible, à la guerre, elles donnèrent force, espoir, volonté. Elles libéraient les énergies, comme on dit. Celles vives du pays.
En renonçant à cette voie, celle d’un projet d’avenir, véritable, pour nous proposer un programme, et un seul, consistant à nous assurer « protection », le politique nous incite à l’apathie, nous ankylose, nous enferme, mais aussi, nous infantilise.
Nonobstant, en assurant qu’il (le politique) va « nous protéger », il confirme, au fond, que nos peurs sont fondées. Et s’il nous dit : « N’ayez pas peur ! » c’est parce qu’il n'a pour seule ambition que de se présenter comme notre protecteur.
En vérité, cette attitude, démontre l’impuissance de notre classe politique. Si elle en est réduite à nous assurer « protection » et rien d’autre, c’est bien là, oui, une preuve (de plus) de son impuissance.
Ce premier constat est déjà bien inquiétant, mais si en plus, cette même classe politique cède à la peur, alors nous courons droit vers le séisme annoncé.
Or donc, cette peur qui saisit la classe politique, c’est celle d’un nouveau « 21 avril ». Peu importe dans quel sens, endroit, envers, il faut « se protéger » de cette éventualité. Non pas « nous protéger », nous le peuple, d’un « 21 avril », mais « s’en protéger elle », ne pas en être l’une des victimes. Ne pas être le cocu, le Jospin de 2012.
On aurait pu espérer que la vague sondagière (contestable ou pas dans la méthodologie, peu importe) incitât les différents partis, notamment les deux dominants, PS et UMP, à répliquer sur le plan des idées, des projets. Mais là encore, il n’en fut rien. Autre preuve de leur impuissance. Nous eûmes droit à des « petites phrases », des accusations, c’est de la faute à Sarkozy, c’est en grande partie de la responsabilité des socialistes, bref, nous eûmes droit à des gamineries. C’est à la fois indigne et désespérant. Et ça fait « peur » surtout. Cercle vicieux. Dont, bien évidemment, profitera une nouvelle fois, Marine Le Pen.
Mais comment se traduit-elle, cette peur d’un « 21 avril » ?
Par la réduction de candidats à droite comme à gauche. En « simplifiant » l’offre politique.
A droite, on prie M. de Villepin de ne pas se présenter. On appelle les centristes (Morin, Borloo) à la raison. L’argument ? Moins il y aura de candidats à droite, et plus Nicolas Sarkozy fera le plein de voix au premier tour. C’est beau, non, les mathématiques modernes ? [1]
Mais c’est exactement la même chose à gauche. François Hollande, visiblement paniqué, appelle tous les jours au rassemblement de la gauche, dès le premier tour. Il milite pour une candidature unique. Souvenez-vous, 2002, martèle-t-il, Taubira, Chevènement, et pour quel résultat ? Ne rééditons pas cette erreur. Sauf que, ce n’était pas une erreur. C’est juste que Lionel Jospin a raté sa campagne. Mais allez expliquer cela à quelqu’un qui a peur ! A ce point, qu’il en oublie les électeurs. Tout comme la droite les oublie, aussi.
Ce n’est pas en réduisant le nombre de candidats, que l’UMP et le PS, contreront le Front National. Je serais même tenté de dire : au contraire !
Certes, pléthore de candidats ne signifie pas grand-chose. Ce serait même une plaie pour la démocratie. En effet, 16 candidats pour une présidentielle, ça n’est pas sérieux. Il ne s’agit pas d’élire un député ou un maire, bon sang ! mais celui va présider le pays pendant cinq ans. 16 postulants pour une telle fonction, ça n'est pas crédible. Tout comme, au passage, il ne peut y avoir pléthore de candidats pour une Primaire, fut-elle socialiste ! Deux (voire trois) me semble être le maximum. Au-delà, ça relève plus du cirque, de la téléréalité qu’autre chose [2].
S’agissant d’une présidentielle, il est normal, me semble-t-il, que les différentes sensibilités politiques fassent entendre leurs voix. Ainsi, les centristes, les souverainistes, les écologistes, l’extrême-gauche, l’extrême-droite, le PCF, le PS, l’UMP ... L’on me dira que certains sont compatibles, solubles, certes, mais ça, c’est l’étape suivante, celle du second tour.
M. Hollande et M. Sarkozy souhaiteraient-ils que nous fassions l’économie d’un premier tour, ou d’en réduire drastiquement l’offre, au seul motif que, mon dieu ! Marine Le Pen pourrait les devancer ? Est-ce ça, la démocratie ? N’est-ce pas plutôt une façon de la confisquer au peuple ? Et d’ailleurs, cette façon d’agir, que révèle-t-elle, sinon, outre la peur, une méfiance envers le peuple ? Un mépris, d’une certaine façon.
Là encore, c’est Marine Le Pen qui en tirera gros bénéfice.
Ce n’est pas par la peur qu’on vainc, c’est par le courage. C’est en proposant un avenir, un projet, un chemin. Fussent-ils difficiles.
Ce n’est pas en faisant peur, qu’on gagne le cœur du peuple, c’est en démontrant sa puissance, sa volonté.
Ce n’est pas en infantilisant « les gens » qu’on conquiert leur confiance, mais en les élevant, ou – comme ce fut dit trivialement – « en les tirant vers le haut ».
Le peuple ne veut pas d’un protecteur, il ne veut pas être protégé, il veut qu’on l’entende et qu’on le respecte.
Le peuple ne demande pas mieux qu’adhérer à un projet. La peur, n’en est pas un. A fortiori, « les peurs ». Et à trop jouer avec, il est évident, voire inéluctable, que la sanction sera terrible.
17:14 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard, Opinion | Lien permanent | Commentaires (37) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 21 avril, 21 avril à l'envers, la peur d'un nouveau 21 avril, vote utile, candidature unique, déni de démocratie, impuissance des politiques, la peur moteur de la société, gouverner par la peur, présidentielles 2012, primaires 2011, nous protéger |
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06 mars 2011
Prière De Ne Point Accorder La Moindre Importance Aux Sondages Qualifiant Marine Le Pen Pour Le Second Tour De La Présidentielle
Les sondages ? A les entendre, ils n’ont aucune valeur ! Pensez, à quatorze mois de l’échéance, comment pourrait-on leur accorder le moindre crédit ! Et puis, qu’ils ajoutent, on ne connaît même pas les candidats ! Qui de DSK ou d’Aubry ? … De Nicolas Hulot ou d’Eva Joly ? .. Et Villepin, Morin, Borloo, que feront-ils ? On n’en sait rien ! Or donc, toutes ces projections, c’est bien mignon, ça distrait les gogos, ça fait vendre du papier, couler de l’encre et tutti, mais attendez que la campagne commence, avec les concurrents véritables, et là, on verra bien qui tirera son épingle du jeu !
Y’en a même qui vous diront que c’est du pipeau, ces sondages ! Une manipulation grand format de l’opinion. N’y prêtons pas la moindre attention, d’autant plus que, penchez-vous sur les élections précédentes, et vous verrez, comme ils se sont bien plantés, les sondeurs ! Souvenez-vous, Bayrou, il était où, en 2006 ! A 6, 7 ou 8% ! Et il a fini à combien ? Alors, c’est-y pas une preuve que c’est du grand n’importe quoi de sonder à quatorze mois d’une élection ? …
… Une preuve, je sais pas .. Ce que je sais c’est que Bayrou a terminé troisième, comme prévu, laissant Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en découdre, et que ce duel, les sondeurs nous l’avaient annoncé durant toute l’année 2006 ... En vérité, il y eut bien peu de retournements de tendances. En 1995. Chirac, loser, fini, est revenu du diable vauvert, formidable compétiteur, exit le favori, le Balladur. Et 2002, bien sûr .. 2002, toujours … Casse-tête pour le sondeur, le sondé répugnant (alors) à lui dire qu’il escomptait voter Le Pen .. Voilà. C'est tout. C'est peu.
Alors quoi ? .. Alors, nous avons trois noms qui se détachent : Dominique Strauss-Kahn, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. L’une est candidate (quasi) déclarée. Les deux autres, c’est pour juillet, c’est pour l’automne.
Du côté de l’UMP, on fait bloc, y’a pas de recours paraît-il, « Sarkozy est le meilleur candidat possible » … Il semble exclu (d’autant plus quand on connaît l’animal politique) qu’il « ne remette pas son titre en jeu ».
Concernant, le PS, il est exact que l’issue soit plus incertaine. Nonobstant, les sondages donnent un avantage plus que conséquent à DSK, dès lors (sans jeu de mots) il serait vraiment étonnant que :
1 – Il n’y aille pas.
2 – Que les « sympathisants de gauche » ne le désignent pas en octobre prochain. Pourquoi, en effet, prendraient-ils le risque d’envoyer à la présidentielle un socialiste qu'aurait moins de chances que lui de pouvoir l’emporter ?… 17 ans qu’ils attendent ça. 17 ans !
Nous avons donc trois noms, trois évidences qui se détachent. Et ils ont beau dire les sondages-ceci, les sondages-cela, à quatorze mois, c’est un fait. Et ça ne bougera pas. Personne ne viendra contester ce trio … A moins que François Hollande ne revienne, tel un autre corrézien, du diable vauvert .. Ce qui changerait la donne. Considérablement. Mais convenons-en, ses chances de venir troubler le jeu, sont infimes. Et comme c’est dommage .. Mais passons ..
… DSK, Sarkozy, Le Pen .. Voilà le choix, plus que probable. Avec, pour le moment, un FN a (bien) plus de 20% … Mais pas d’emballement ! Tout doux ! Allons ! à quatorze mois, ça ne veut rien dire ! … Vraiment ? .. Tiens donc ! .. Comme les temps changent, n’est-ce pas ? .. Alors que c’est une première, même sondagière, alors qu’en 2002, Le Pen père est parvenu par la voix des urnes démocratiques jusqu’au second tour d’une présidentielle, alors que, alors que .. Eh bien non ! Non, ne vous inquiétez pas, c'est juste une photo, un instant ; bref, c’est pas grave ..
… Moi je dis que c’est de l’autruche ! De la politique de l’autruche ! C’est n’avoir pas conscience d’une réalité. D’un ras-le-bol qui monte, et qui monte fort, depuis lustres .. Et c’est ce que traduisent ces enquêtes successives. C’est plus qu’une tendance.
Faut-il être aveugle et sourd pour ne pas le voir !
Cette présidentielle ne se jouera pas sur des projets, mais sur un rejet, un désaveu. Terrible.
Oui, cette fois, le FN est à prendre au sérieux, et tout de suite, pas demain ! Mais comment ?
Oui comment, alors que ni au PS, ni à l’UMP (les deux partis dominants) on ne semble décidé à répliquer, à mettre les vrais sujets sur la table : l’emploi, la santé, l’éducation, le pouvoir d’achat.
Comment, alors que l’UMP s’entête à chasser sur les terres du FN, stratégie suicidaire, et pourquoi suicidaire ? Parce qu’au bout de neuf ans d’exercice du pouvoir, ils ne sont plus crédibles sur ces terres-là ! Vous ne siphonnerez pas deux fois les voix du FN, messieurs. C’est l’inverse qui va se produire ! …
Quant au PS, où est la dynamique ? Où est l’envie ? Où est la force ? Où est le candidat, l’indiscutable ? … Caricaturé, qui plus est, ce PS par l’UMP, en parti bobo, en parti du laxisme et de la compassion, héraut de l’assistanat ... ah ! que voilà des termes qui font écho et comment ! chez les électeurs du … FN ! Même tambouille, qu’ils se disent : UMPS ! bonnet blanc, blanc bonnet … Le concept UMPS prend corps, de plus en plus .. On a donné, on a vu, UMP (jadis RPR), PS, à l’œuvre, trente, quarante ans que ça dure, alors pourquoi pas essayer autre chose ? Pourquoi pas Le Pen ? … Vierge, pure, non corrompue ...
Ils sont prêts, je vous dis. Comme jamais. Ah, tu vas la payer cash, copieux, bonbon, ta République Irréprochable inexistante, monsieur Sarkozy ! Tes frasques bling-bling et tout le toutim !
Et alors ?
Alors on va débattre, même que c’est déjà commencé, de la laïcité, de la place de l’islam en France … C’est extraordinaire ! … Nous traversons, dixit, « la crise le plus importante depuis la Seconde guerre mondiale » (ce qui est exact) et tout ce que l’on trouve à faire c’est débattre de la place de l’islam en France !
Est-ce l’islam le responsable de la « crise » ?
Est-ce l’islam qui produit du chômage ?
Est-ce l’islam qui a creusé nos déficits publics ?
Est-ce l’islam qui a coulé la Grèce et l’Irlande ?
Est-ce l’islam qui a inventé le néolibéralisme, la mondialisation, la marchandisation à outrance, fait que ce monde ne parle plus que de « produits », d’ « objectifs à atteindre », de « résultats », reléguant le salarié à une variable d’ajustement, voire pis ?
Est-ce l’islam qui nous a promis qu’en travaillant plus on gagnerait plus ?
Quel rapport entre l’islam et la « crise » ?
Est-ce la laïcité, la réponse à la « crise » ? A nos souffrances ? Au chômage ? Au déclassement ? Au temps partiel imposé ?
Combien de temps, encore, allez-vous vous moquer de nous ?
Mais je m’emporte .. Veuillez me pardonner … Je sais, je sais très bien qu’il faut un coupable, un bouc-émissaire plutôt .. C’est ce que l’Histoire nous a appris .. C’est ce que le peuple oublie, toujours. L'Histoire … Eh bien, répétons-là .. En évitant consciencieusement d’aborder les vrais sujets, en évitant soigneusement de proposer de vraies solutions à nos problèmes, jetons-nous sur l’os qu’on (UMP/FN) nous donne à ronger, cette diversion politique, éminemment dégueulasse, incroyablement criminelle.
Et surtout, continuons à dire que les sondages, à quatorze mois de l’échéance, c’est pas sérieux. Et vous verrez .. Oui, vous verrez bien qui tirera son épingle du jeu.
00:04 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen au second tour, sondages 2012, sarkozy battu, la montée du front national, la sanction, 2002 n'était qu'un début, islam, laïcité, faux-débats, préoccupations des français, chômage, santé, éducation |
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01 mars 2011
Le Remaniement Régalien De M. Sarkozy Formidablement Acclamé Par Tous Les Peuples Arabes En Route Vers La Démocratie Et La Liberté
Et soudain, à Benghazi, Tunis ou Alexandrie, des milliers d’hommes et de femmes, et même des enfants en bas-âge, surgirent de nulle part, criant leur joie, leur reconnaissance et scandant en chœur le nom d’un homme, un seul : Nicolas Sarkozy !
Alors qu’en France, le remaniement régalien d’une envergure « sans précédent » annoncé peu après 20 heures, ce dimanche 27 février de l’an 11 par le Président de la République Irréprochable, Nicolas Sarkozy, n’avait suscité que commentaires désabusés de la part de la classe politique ou sarcasmes venant de la communauté journalistique, dans les pays arabes en « route vers la liberté » ce remaniement était unanimement salué.
« C’est magnifique ! confiait ce tunisien à notre envoyé très spécial, inouï ! Sarkozy, votre président, nous a compris, entendus ! » avant de se jeter dans une foule en délire.
Mêmes scènes de liesse dans la capitale égyptienne, où la Place Tahrir était à nouveau envahie par des dizaines et millions de cairotes extatiques, ainsi qu’à Tobrouk où des régiments de libyens improvisaient une danse bariolée et frénétique ... « C’est vraiment ce que nous attendions, un Longuet, un Juppé, un Guéant ! Qu’Allah bénisse Sarkozy de les avoir nommés ! Ce sont des hommes d’expérience, des right men à la right place ! Plus rien, désormais, ne sera comme avant ! » nous assurait, exalté, cet habitant de Tripoli.
Tout à leur joie, ils n'étaient que fort peu à évoquer Michèle Alliot-Marie ou Brice Hortefeux : « C’est du passé, n’en parlons plus ! Regardons devant ! Et souhaitons bon vent à Madame Marie (sic) qui aura bien à faire à Saint-Jean-de-Luz » pouvait-on entendre.
Même son de cloche concernant l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Immigration, l’auvergnat de souche Brice Hortefeux : « On ne va pas en faire un fromage comme on dit chez vous ! Laissons la justice de votre pays faire son travail ! Cette justice qui a la chance d’être bien plus indépendante que la notre ! » glissait, ébaubi, ce résident de Sousse.
Oui, quel grand paradoxe ! Mais quel contraste avec la morosité et le cynisme français ! Alors que pléthore de commentateurs chevronnés, dont les compétences ne sont plus à démontrer, glosaient à n’en plus pouvoir sur ce remaniement, ne croyant pas une seconde qu’il était la conséquence directe de « l’immense bouleversement » se produisant « de l’autre côté de la Méditerranée » (comme l’avait martelé le Chef de l’Etat) mais plutôt une façon de maquiller, assez grossièrement, voire piteusement, les débarquements de M. Hortefeux et de Mme Alliot-Marie, dans les pays arabes « en route vers la démocratie » on ne boudait pas son plaisir.
« Vous avez l’esprit tordu, nous expliqua cet étudiant tunisien. Vous voyez le mal partout ! Evidemment que ce remaniement est une conséquence directe de ce qui se passe actuellement dans mon pays, ainsi qu’en Libye, en Egypte, cela ne fait aucun doute ! Votre président a pris la juste mesure des évènements … Longuet, Guéant, Juppé, c’est plus qu’une réponse, c’est un espoir formidable ! Cela signifie que votre président nous a entendus ! Enfin, nous allons pouvoir travailler main dans la main ! Et ... si M. Longuet veut des timbres de Tunisie, je serais ravi de lui faire un prix (de gros) ! » ..
Ah ! quel merveilleux peuple ! Que ça doit lui faire chaud dans son cœur, à Nicolas Sarkozy, de constater que quelque part, dans le monde, des gens modestes le comprennent et l’acclament. Ne cherchent pas midi à quatorze heures. Se réjouissent comme il se doit d’un remaniement taillé pour eux, pensé pour eux, afin de mieux les « accompagner », les « aider à réussir » à « ne pas sombrer dans la violence », à ne pas cheminer bêtement (vu qu’ils ne sont pas assez entrés dans l’Histoire néolibérale) « vers des dictatures pires encore que les précédentes » ... et surtout à rester chez eux, même si ça tourne super mal, ne pas migrer en Europe, et tout particulièrement en France, où ils pourraient demander l’asile politique ... Parce que la France, elle peut pas « accueillir toute la misère du monde » … Certes, « elle doit savoir en prendre fidèlement sa part », surtout quand on sait que pendant des décennies entières, elle a fermé les yeux « sur les dictatures précédentes », se foutant alors comme d’une guigne du sort des tunisiens, des égyptiens et des libyens … Mais … mais oublions le passé ! n’est-ce pas ... ces heures sombres de notre Histoire ! Remisons par devers nous notre chafouinitude légendaire, et reconnaissons, au regard de la liesse incommensurable qu’a saisi « les peuples arabes », suite à l’annonce du remaniement régalien de M. Sarkozy, que nous sommes des pleutres, des jamais-contents, des cyniques et des gros méchants, bref, que nous nous sommes plantés, sans doute par antisarkozysme maladif ; oui, reconnaissons que ce remaniement est une bénédiction pour ces opprimés se libérant, parce que, voyez-vous, si ça n’était pas le cas, ils ne manifesteraient pas aussi bruyamment leur allégresse et leur reconnaissance à l’endroit, comme à l’envers, de Nicolas Sarkozy.
« Nul n’est prophète dans son pays ! » aimerait conclure ce libyen qui prête à rire (et non Tharir, vu que c'est pas son périmètre).
« Sans doute ... Mais toi, tu restes dans le tien ! ... T’avise surtout pas de traverser la Méditerranée, mon pote ! ... Quoi qu’il arrive ! ... Même le pire ! .. Mais t’inquiète, on t’envoie derechef quelques militaires made in OTAN et deux trois médicaments génériques pour panser tes futures blessures ».
Vive la République, vive la France, et … la Révolution, tant qu’elle passe pas la Méditerranée. Il va de soi.
15:08 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : remaniement, allocution de nicolas sarkozy, pays arabes, michèle alliot-marie, brice hortefeux, claude guéant, alain juppé, la joie du peuple arabe, le peuple arabe acclame sarkozy, fake, faux reportage, troisième degré, humour |
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