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25 février 2011

Nicolas Sarkozy Ou La Politique De La Terre Brûlée

Oui, bien sûr, ces sondages qui se succèdent, l’un, l’autre, quotidiens, assommants, photos d’un instant, il conviendrait de ne pas y prêter attention, ou du moins, pas plus qu’ils n’en méritent, puisque, justement, ils ne sont qu’instantanés, au sens cliché du terme … Et pourtant … En s’y penchant, tête froide, reposée, on entrevoit quelques hypothèses. Et, peut-être, aussi, une incroyable stratégie.

Le-Gars-de-la-Marine.jpgOr donc, au lendemain d’une enquête TNS-Sofres/Le Nouvel Observateur/i>télé [1] nous indiquant que, si le second tour de la présidentielle avait lieu « aujourd’hui », Nicolas Sarkozy serait battu et par DSK, et par Martine Aubry, et par François Hollande, et par Ségolène Royal, voilà que l’institut CSA (avec BFMTV, RMC et 20 Minutes) complétait le tableau en nous en apprenant une bien copieuse :
Nicolas Sarkozy serait le seul, à droite, à devancer Marine Le Pen au premier tour de cette même présidentielle.
Ni Jean-Louis Borloo, ni François Fillon, pas même le candidat déclaré de 2017, Jean-François Copé, ne seraient en mesure de la distancer. Pis, en ce qui concerne Borloo et Copé, la présidente du Front National leur « mettrait » respectivement 6 et 7 points dans la vue.
Il faut aussi préciser que, dans ces deux enquêtes, Marine Le Pen oscille entre 17,5 et 19%.
Compte tenu de la marge d’erreur
(une fourchette de + ou – 3) cela nous donne 14,5% en hypothèse basse, 22% en hypothèse haute.
Comme dit le camarade journaliste, c’est « sans précédent ». Jamais, le Front National n’a été crédité, dans des sondages, et pour une présidentielle, d’un score aussi élevé. Jamais !

Alors oui, et encore une fois, ce ne sont que des instantanés. Tout peut basculer. Cela dit, tout de même … 22%, c’est inédit !
Mais allons plus loin ….
… Si l’on dissèque consciencieusement ces deux enquêtes, en y appliquant la marge d’erreur, on s'aperçoit que celui (le seul) qui laisse(rait) véritablement Marine Le Pen à distance, c’est DSK [2]. Ce qui ne doit pas ravir l’aile gauche du PS .. Mais enchanter toute la presse de droite qui, depuis des mois, nous abreuve de sondages désignant DSK comme étant, et de très loin, le meilleur candidat pour le Parti Socialiste [3].
Rien de nouveau, me direz-vous .. Non, mais ce qui l’est, ce sont (donc) les scores du Front National dans ces différents sondages
Et s'ils étaient révélateurs d'une stratégie politique ? D’un choix totalement assumé. Par un homme, et un seul : Nicolas Sarkozy.

En effet, alors que tout part à vau-l’eau (est-il vraiment utile d’y revenir ?) que « les merdes volent en escadrille », quel thème va nous être prochainement proposé pour faire l’objet d’un grand débat national :
La place de l’islam en France !
Et pourquoi ?
A priori, parce qu’on (dixit Sarkozy) ne peut laisser Marine Le Pen s’emparer, seule, de ce sujet.
Rappelons, pour les étourdis, que c’est elle qui a dégainé, en décembre dernier, en comparant « les prières de rue » des musulmans à une « occupation ».

En apprenant la tenue d’un tel débat, Marine Le Pen s’est réjouie. Et doublement, quand elle sut que ce pourrait être, aussi, un des thèmes central de la future campagne de Nicolas Sarkozy ... Cette réjouissance est compréhensible : car c’est bien suite au débat sur l’identité nationale que le Front National (qu’on nous avait présenté comme moribond après la présidentielle 2007) a repris du poil du suffrage lors des Régionales 2010.
C’est à se demander, tel Dominique de Villepin, à quoi joue Nicolas Sarkozy ? ... Même celui qui fut son conseiller politique pendant la campagne présidentielle 2007, le sieur Devedjian, se fend d’une tribune pour dénoncer un débat « inutile et dangereux ». Le même Devedjian qui, le 28 mars 2007, se gourmandait des incidents de la Gare du Nord, estimant que, je le cite :

« Cette affaire, c’est bon pour Nicolas : ça remet l’insécurité au cœur de la campagne »

Faut croire qu’à l’époque, Monsieur Devedjian ne trouvait aucun inconvénient à ce que son champion exploitât un fait divers à des fins purement électoralistes.. Faut croire, surtout, que depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts, un autre Sarkozy (Jean) s'étant radiné, mort de faim, sur le territoire de Patrick Devedjian ...
Or, c’est bien, itou, à des fins électoralistes, qu’aujourd’hui, Nicolas Sarkozy veut (via Copé, placé à la tête de l'UMP) ce débat sur l’islam. Il sait (d’autant qu’il en a eu la démonstration avec les Régionales) qu’il tient là un sujet qui peut maintenir le Front National à un niveau élevé ... Mais, ça n’est pas uniquement dans le but de mettre des bâtons dans les roues du Parti Socialiste (qui sait très bien le faire tout seul). Oh non ! C’est aussi pour faire le vide dans son propre camp ! Eviter de se retrouver dans la même configuration qu’en 1995 avec un duel fratricide Balladur/Chirac.
Car, en effet, tout se délitant, et comme rarement sous une présidence, c’en est même affolant, qui nous dit qu’un ténor de l’UMP (excepté Villepin que Sarkozy méprise, au point qu'il ne le considère pas comme un concurrent direct pour 2012) ne serait pas tenté, et fort légitimement, d’y aller ? Estimant qu’il aurait plus de chances que Nicolas Sarkozy de l’emporter en 2012 (François Fillon, par exemple, ou même : Alain Juppé). Ou, tout du moins, de défendre au mieux, les couleurs de son parti.
Bref, Sarkozy est-il vraiment le mieux placé à droite ?

Eh bien, voyez-vous, le sondage CSA du jeudi 24 février nous apporte une réponse : non, il n’est pas le mieux placé pour l’emporter en 2012, mais oui, il est le mieux placé, à droite, pour … battre Marine Le Pen au premier tour ! Il est le seul rempart de son camp face au Front National. Ni Fillon, ni Copé, ni Borloo, ni personne, ne seraient en mesure de le contrer sur ce terrain. De fait, cela tue dans l’œuf toute autre candidature à l’UMP !

Il est évident que Nicolas Sarkozy, même en mauvaise posture dans les sondages, y compris dans sa côte de popularité, ne renoncera pas, jamais, à briguer un second mandat. Parce qu’il croit qu’il pourra, comme en 2007, envers et contre tout, reconquérir son électorat, même ric-rac ; qu’il pourra une autre fois, allez hop, siphonner les voix du Front National. Et c’est pourquoi, il revient (et reviendra encore) chasser sur ses terres, avec ce débat sur la place de l’islam en France (et quoi d'autre, demain ?) ... Mais à la différence de la campagne précédente (qu’il commença dès juin 2002 sur le thème de la sécurité, puis en mordant, pour masquer son bilan en la matière, sur des thèmes chers aux extrêmes) il le fait AUSSI, pour écarter définitivement toute possibilité de candidature au sein de l’UMP. Cadenasser la sienne. La protéger. Tout en – mais ça va de soi – compliquant la tâche du candidat PS (hanté par le spectre du 21 avril).
C’est cela que j’appelle : la politique de la terre brûlée.

Oui, je sais, ça paraît insensé, tant ce choix politique est éminemment dangereux (et contesté – ce n’est pas un hasard – au sein même de l’UMP) mais .. C’est Nicolas Sarkozy ! Il est ainsi. Pour lui, ce serait une humiliation que de ne pas « y aller » une seconde fois, de devoir renoncer. D’aucuns, des Républicains, des Gaullistes, y verraient, du panache, mais lui non.
Alors, pour être sûr d’être LE candidat, l’incontournable, l’unique rempart de son camp contre le Front National, il détruit par le feu toute velléité, toute autre éventuelle candidature de l’UMP.
Voilà ce que nous indiquent les derniers sondages (notamment le CSA). Un billard à moult bandes. Meurtrier ... Loin, en tout cas, de ce que l’on appelle : l’intérêt général. Mais est-ce une surprise, dès lors que nous connaissons l’homme de l’Elysée (et son équipe resserrée) ? Quand, au cours de son mandat, s’est-il une fois, une seule, soucié de l’intérêt général ?

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21 février 2011

♫ Avoir Un Bon Copain ♫

Kadhafi_Sarkozy_081207.jpg


Le 10 décembre 2007, Nicolas Sarkozy était « très heureux » de fêter, à Paris, sur le sol français, patrie des droits de l'homme, le cinquante-neuvième anniversaire de la Déclaration universelle des ... droits de l'homme, avec le Colonel Mouammar Kadhafi, un bon copain, féru d'infirmières bulgares, d'Airbus, de réacteurs nucléaires et d'équipements militaires made in France, et, comme chacun le sait, un grand, très grand ami desdits droits.

A ceux qui s'en offusquèrent, on leur rétorqua que, oh ! z'êtes aveugles ou quoi ? N'avez-vous donc pas vu que « La Libye a changé » (Henri Guaino) ... Que le Colonel était revenu « dans le concert des nations »  et qu'il était, or donc, de bon ton de « l'aider à progresser et de l'encourager » alors que cessent, et fissa, « les caricatures » à son sujet (Nadine Morano) ... Enfin quoi, croyez-vous que « La France vend son âme » ? (François Fillon) ... Que nenni ! ... Bande de bisounours ! ... Sachez que Kadhafi plantant sa tente dans le Parc de l'Hôtel Marigny, « c'est 30 000 emplois garantis pendant cinq ans garantis pour les Français » (Claude Guéant) ... Alors ta gueule, le droitdelhommiste !

Apparemment, le bon copain revenu, en décembre 2007, dans « le concert des nations » a inexplicablement rechuté ... C'est ballot.
Non ?
Qu'en dites-vous Monsieur Ollier ?

 

20 février 2011

Christian Jacob, Pierre Lellouche & DSK [Ou Bien Des Raisons De Se Faire Du Mouron]


Il aura suffi qu’Anne Sinclair fasse part d’un souhait "personnel" pour que deux sous-subalternes de l’UMP en déduisent presto que son mari sera candidat aux Primaires, donc à la présidentielle 2012, et tirent sans sommations et à balles réelles sur le Directeur Général du FMI. Ce qui, au passage, donne une idée du caniveau dans lequel une certaine classe politique s’apprête à nous plonger si jamais, Dominique Strauss-Kahn décidait, effectivement, de concourir.

Christian-Jacob.jpgOr donc, dimanche 13 février, Christian Jacob (président du groupe UMP à l’Assemblée nationale et député-maire de Provins) estimait, gros sabots aidant, que DSK ne correspondait pas à « l’image de la France rurale (..) la France des terroirs et des territoires ».
Et où qu’il a dit ça, notre « paysan » ? … Sur Radio J .. Une radio de la communauté juive sise à Paris.
Ah si, la précision est d’importance, car aucun animateur ou journaliste de Radio J n’aura rebondi sur cette appréciation de Jacob. Aucun ne lui aura fait remarquer, par exemple, que ce qu’il venait de dire pourrait être, ouh-là-là, considéré comme de l’antisémitisme primaire.
En revanche, les socialistes Benoît Hamon, Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadélis, en ont vu, eux, de l’antisémitisme, et du « très moisi », décelant même dans les propos de Christian Jacob une « rhétorique de l’extrême-droite d’entre-deux-guerres ». Et de citer Pétain, Maurras, Déroulède et toute la clique.
C’était oublier la question posée au député-maire qu’était :
« DSK, c’est le candidat des bobos ? » !
Alors certes – mais ça n’est pas un scoop – Jacob est un balourd de première, un parfait godillot, un politique sans envergure, mais de là à lui trouver de l’antisémitisme, même sous-jacent, faudrait quand même pas pousser Jaurès et Blum dans les orties ! … Il est évident que dans sa pauvre réponse, Jacob faisait uniquement (et maladroitement) référence au statut social de DSK, et rien d’autre.
Comme le dit si bien Didier Porte dans sa tribune-vidéo du 18 février 2011 :
« Si on n’a pas le droit de faire remarquer que DSK, natif de Neuilly-sur-Seine, est pété de thunes et qu’il n’a peut-être pas le profil idéal pour nous faire oublier le quinquennat bling-bling dont la France va sortir exsangue sans se faire taxer d’antisémitisme » où va-t-on ?

Ensuite de quoi, Porte (en pleine forme) démontrera fort drôlement que les amis de Christian Jacob, soit les membres du gouvernement et son président ne sont, pas plus que DSK, des représentants de « La France des terroirs ». Et il en tirera la conclusion (que je partage) que le sieur Jacob est moins un antisémite qu’un « gros bourrin ».

Ceci étant, attention ! Car si à chaque boulet de l’UMP balargué sur DSK, le clan socialiste hurle à l’antisémitisme, non seulement ça va être particulièrement pénible, mais surtout, se révéler contreproductif. En d’autres termes, ça finira par jouer contre DSK (s’il est candidat).

Pierre-Lellouche.jpgC’est bien ce que pensait faire Pierre Lellouche (sous-ministre en charge du commerce extérieur qui va pas bien), lundi 14 février sur Radio Classique (et i>télé), « jouer contre DSK ». Et en utilisant, peu ou prou, le même angle d’attaque que Christian Jacob. Soit en présentant DSK comme le candidat des « bobos ».
Et de le dépeindre joyeusement comme « un grand bourgeois » incarnant « la gauche ultra-caviar ».
Ajoutant qu’il était « totalement déconnecté de la souffrance des gens dans nos usines (…) complètement déconnecté de la réalité du pays » …

... Ce que pensent, itou, certains membres du Parti Socialiste, mais aussi, le tribun de gôôôôche, Jean-Luc Mélenchon, ce Mélenchon que Lellouche, lors d’une édition de Ripostes (France 5) en date du dimanche 5 avril 2009 traitait de « pov’type » regrettant que l’on ne fût plus au XIXème siècle, auquel cas, il l’aurait « convoqué en duel » et l’aurait « flingué » … Carrément !
C’est vous dire s’il rigole pas, Lellouche.

Seulement voilà, notre belliqueux (pro-américain quoi qu’il arrive, pro-Otan, pro-guerre en Afghanistan, en Irak, etc. – nous avons donc là, un belliqueux de type aveugle) dans son flingage de DSK, a également tiré une énorme balle (un missile sol-sol plutôt) dans les deux pieds de son camp. Sans doute, parce qu’il s’est laissé emporter par son élan, ou – et c’est plus probable – parce qu’il est, comme Jacob, un politique de quatrième division [1].
Il est à ce propos, assez incroyable que personne – à ma connaissance – ne l’ait relevé ! Pourtant, c’est assez croustillant !  C’est même du … caviar !
En effet, M. Lellouche en plein milieu de son portrait au vitriol se crut finaud en ajoutant que le Directeur Général du FMI « pourrait être un parfait candidat de droite ».
Tiens donc .. Mais comme c’est intéressant.
Car, si l’on reprend les arguments de M. Lellouche, « un parfait candidat de droite » mais c’est quoi ?

Eh bien c’est « un grand bourgeois totalement déconnecté de la souffrance des gens dans nos usines (…) complètement déconnecté de la réalité du pays ».

N’hésitez pas à faire tourner. Et copieux .. C’est une information (une confirmation, plutôt). Et elle est sacrément importante.
Bien entendu, comme nous sommes bien élevés, nous remercions chaleureusement Pierre Lellouche. Tellement, il donne à la « France qui souffre » des arguments en béton (armé – puisqu'il aime ça, la guerre) pour ne voter ni Sarkozy, ni DSK, en 2012.

Blague à part, ces deux séquences politiquement pauvres (entre ad personam et ad hominem) nous donnent quelques indications, assez inquiétantes, sur la campagne présidentielle qui se radine.
Si l’on y ajoute un débat prochain sur la place de l’Islam en France, débat qui – si l’on en croit l’Elysée – devrait être un des thèmes de ladite présidentielle, plus toutes les péripéties abracadabrantes et récurrentes (Woerth, Hortefeux, Michèle Alliot-Marie ..) d’un gouvernement qu’on nous avait promis irréprochable, plus … nos 42 députés (signataires de la charte) de la Droite Populaire qui poussent au train du FN [2], je ne sais pas vous, mais moi, j’ai comme l’impression que nous courons droit vers un nouveau « séisme ». Je crains même que, si le niveau ne s’élève pas, et rapidement, les décombres soient plus importants qu’en 2002.


[1] Mais avons-nous actuellement, en France, des politiques de première division ? Pas sûr …

[2] Fut un temps, où tout membre de la droite, RPR ou UDF, prônant une alliance avec le FN, ou pis, la concluant, était exclu. Ainsi, en 1998, Jean-François Mancel (du RPR) pour avoir proposé un rapprochement avec le parti de Jean-Marie Le Pen ou – entre autres - Charles Millon (de l’UDF) pour avoir pactisé avec le FN. Ce temps-là est donc, semble-t-il, révolu.
A chacun d’en tirer ses conclusions …

16 février 2011

Rions Avec « Sarkozy & Son Orchestre »

Enfin ! De la cohérence ! Au sein de ce gouvernement pour le moins fantasque, voire imprévisible. C’est pas trop tôt … Même que je commençais à désespérer.. Ah, je sais pas vous, mais combien de fois, en bientôt quatre ans, me suis-je exclamé : « Mais comment se fait-il que ce gouvernement, composé à 300% de gens irréprochables (280% depuis l’affaire MAM qu’en finit pas de rebondir), soit infoutu – si j’puis me permettre – d’être un tant soit peu cohérent ? ».
C’est important la cohérence ... Quand on gouverne .. Ne serait-ce que pour des questions de crédibilité … Eh bien, faut croire que tout finit par arriver, ou plutôt, que Sarkozy avait raison quand il disait « qu’y a pas de fatalité, mâme Ferrari » car youpi ! elle est arrivée, cette cohérence que nous attendions, qui faisait tant défaut à ce gouvernement, et c’est pas de refus.

Cassez.jpgBon évidemment avec une équipe pareille, vous vous doutez bien que cette cohérence, elle est pas venue toute seule. On s’est fait un peu aider. Car, elle nous vient, la divine cohérence, du Mexique, ou plus précisément de « nos amis » Mexicains. C’est le terme que Nicolas Sarkozy a employé : « amis », en parlant des Mexicains.
Ça c’est une info. Notez-la bien, ça peut toujours servir … Tenez par exemple, pour ceusses qui débutent sur Facebook, qu’ont même pas 13 amis et demi, vous savez ce qui vous reste à faire. Etant donné que les Mexicains sont « nos amis ». Allez-y, c’est l’autoroute .. Je vous fais le pari qu’en deux jours, vous pétez à 536 amis. Au bas mot …

Donc, disais-je, alléluia ! Sarkozy et sa bande de joyeux drilles viennent de faire preuve de cohérence grâce à « nos amis » Mexicains… Mais : au détriment de Florence Cassez (la malheureuse, en photo, un peu plus haut sur votre gauche) ..
... Que voulez-vous, on ne fait pas d’omelette cohérente sans casser .. Ben là, en l’occurrence, sans casser cette pauvre Florence. Qui, faut-il le rappeler, va passer 60 ans au « trou », et mexicain de surcroît …
Or donc, prenant « notre compatriote » Florence Cassez pour, je sais pas, une nouvelle infirmière Bulgare ou une improbable Ingrid de la jungle, bref une otage (alors que, cette jeune fille a été jugée et condamnée, ce qui ne relève pas vraiment d’un acte terroriste, mais d’un fait de justice – quoi qu’on en pense) Sarkozy a vilipendé, non pas les Mexicains, vu que ce sont « nos amis » (vous voyez qu’elle était bien utile cette précision) mais … La justice mexicaine ! Et dans un mouvement absolument … eh bien irréprochable, comme d’habitude, l’orchestre a suivi sa Majesté. Se demandant si la justice mexicaine-ceci, la justice mexicaine-cela, enfin quoi ! 60 ans de geôle, ça ressemble à rien, c’est pas humain [1] c’est quoi cette contrée barbare ! bref, d’ici à ce qu’ils nous sortissent que le magistrat mexicain n’était pas assez entré dans l’Histoire, y’avait pas loin … Ce qui mériterait, au passage, un bon paragraphe, mais :

1 – On a pas le temps
2 – Ça ouvrirait une nouvelle polémique, et comme on croule sous les polémiques, on va éviter.

Ceci étant, on ne m’empêchera pas de penser – pour reprendre une expression fétiche de son altesse sarkozoïde - que cette façon de voir le magistrat (et le policier) mexicain, est assez rudimentaire ; pour le moins. On a quand même l’impression, à les entendre, que le magistrat et le policier mexicains, c’est le Sergent Garcia, en gros (et en gros, c’est le cas de le dire) ..

Mais revenons à nos moutons... Sarkozy et sa bande d’irréprochables ont un peu remis en cause l’attirail judiciaire mexicain.
Or, en tapant sur la justice mexicaine, reconnaissons qu’ils font, là – et enfin ! – preuve d’une belle cohérence.
Car, y a même pas dix jours, sur qui ont-ils tapé, itou ? …

Sur la justice française (qui s’est mise en grève pour le coup).

Or, quel est point commun entre « la justice française » et « la justice mexicaine » ?
Je ne vous le fais pas dire, mais oui, c’est LA JUSTICE ! A croire que Sarkozy et ses amis, ils aiment pas ça, LA JUSTICE …
Pourquoi ?
Je sais pas …
Peut-être que Brice Hortefeux a la réponse. J’dis ça, j’dis rien .. C’est juste une idée qui vient de me traverser l’esprit.

Alors certes, quand on est Républicain, qui plus est représentant la France, cette belle patrie des Droits de l’homme et tout le merdier, je vous le concède, taper sur la justice, c’est pas joli-joli … Ça fait pas honneur. On est d’accord. Mais au moins, et encore une fois, c’est cohérent. Et c’est ça qui compte. Depuis qu’on l’attendait cette cohérence, nom de Dieu !
Donc, félicitations, applaudissements des jurés populaires, en un mot : bravo ! Vous marquez un point les mecs … Même si, ça risque de devenir, le temps passant, un point contre votre camp (en attendant, c'est mille points de moins pour Florence Cassez).

Alors je sais, certains ne vont pas manquer de me faire remarquer que rapport aux productions précédentes, ce billet est un peu léger. Ça sent la gaudriole, comme qui dirait. L’effrontée moquerie … La mauvaise foi carabinée ... A ceux-là, je me permets derechef de leur dire tout de go : méfiez-vous ! Oh oui ..
Parce que voyez, dans quelques mois ou quelques semaines, enfin dans pas longtemps, tous « ces gens-là », qui viennent de taper copieusement sur la justice française, mexicaine, peu importe le pays, la justice surtout, ce sont les mêmes qui viendront se pavaner dans notre écran de télévision, et déclareront d’un ton grave et solennel qu’il faut « laisser la justice faire son travail ». Evoquant une « racaille » ou un « multirécidiviste » lambda voire … un adversaire politique empêtré dans une affaire dont il avait même pas idée.

Et là, nous aurons le droit (et le devoir) de leur rappeler ces deux formidables séquences – comme l’on dit désormais – la Française et la Mexicaine, autorisés de surcroît, à leur demander, si par hasard, ils nous prendraient pas, un peu, pour des benêts de compétition ?
Ce que, au passage, doit également penser, non pas le magistrat ou le policier mexicains, mais LE peuple mexicain. Quand bien même serait-il notre « ami ».

[1] Oubliant que, quelques kilomètres plus haut, dans un pays démocratique nommé les USA, pas du tout barbare pour le coup à les entendre, on peut être condamné à 100, 120 ou 150 ans de prison ... Quand ce n'est pas zigouillé électriquement ou chimiquement.

NB : Il est bien entendu qu'il s'agit là de pointer une attitude, une certaine arrogance même. Pour ne pas dire : une ingérence. Sélective, vous le noterez. En ce qui concerne l'aspect judiciaire, ma foi, félicitations à ceux qu'arrivent à se faire une opinion bien tranchée, mais moi, vu d'ici, soit à des milliers de kilomètres, tout ce que je pourrais exprimer serait de l'ordre du ressenti. Or donc, sur ce point précis, je me tais.

15 février 2011

Les Zozocialistes

Ce qu’il y a de chouette avec les socialistes, c’est qu’on les voit venir de loin. De très loin.
En revanche – et c’est là le truculent – c’est que, eux, ils ne nous voient pas venir. Du tout. Ni de loin. Ni de près.
Pourtant, ils devraient commencer à se douter d’un truc, ces « socialistes » .. C’est que, dites ! Ça fait quand même depuis 1995 qu’ils nous servent et jouent la même tambouille !

Les-Compères.jpgTenez ! prenons ce … – comment dire ? – ... ce pacte (ou clause) de non-concurrence convenu entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ... C’est cocasse, non ? Oh que si .. Parce que, sur le papier, ça donne quoi ?
Si Aubry est candidate aux Primaires, DSK ne le sera pas. Et si DSK l’était, Aubry ne le serait pas.
Merveilleux, non ! Ça, c’est de la camaraderie de compétition !
En vérité, ça ne se danse pas du tout comme ça.
Car tout dépend (donc unilatéralement), de la décision de DSK. Et non d’Aubry.
Or donc, le : « Si Aubry est candidate, DSK ne le sera pas » ça marche pas. Seul vaut : « Si DSK est candidat, Aubry ne le sera pas ».

Et alors ?

Eh bien alors, pas besoin d’être grand clerc pour deviner la suite du programme :
« Si DSK est élu président de la République, Aubry sera nommée Premier Ministre ».
Et il y a fort à parier, que l’inverse fonctionne.
Ce n’est donc pas un pacte de non-agression, mais un arrangement entre « bons amis ». En fait, il faut lire :
« Si tu es candidat(e), je serai ton (ta) Premier ministre ».
Voilà le contrat. Le « deal ».

Bon, je vous passe une autre possibilité, bien plus drôle encore :
« Si DSK n’est pas candidat alors … une bonne douzaine de socialistes (dont Pierre Moscovici et Gérard Collomb) le sera ».
Ce qui explique, dès lors, que nombre de barons et autres notââââbles – Ce qui, au passage, est un bon résumé du PS : un Parti de barons et de notâââââbles – font tout leur possible pour que « DSK y aille ». Sinon, c’est le merdier, la foire, le gros fight.

Vous me direz, oh ! mais c’est de la tambouille politicienne, de la tactique, après tout ça les regarde … Pas faux … Mais tout de même, ce qui saute aux yeux et assez violemment, c’est que cet arrangement entre Mme Aubry et M. Strauss-Kahn se fait sur le dos … des autres candidats potentiels. Une manière comme une autre de forcer le scrutin des Primaires.
Si j’osais, je dirais que nos deux compères ont décidé de bourrer les urnes avant, tant pendant, et l’on s’en souvient, ça eut posé quelques problèmes.
Oh, vrai, il n’y a rien d’illégal, ça est juste de la stratégie … N’empêche qu’elle soulève, et comment, une question que voici : et le projet, outre « 'Faisez' pas les cons, votez DSK (ou, si nous n’arrivons pas à le convaincre : Aubry) », c’est quoi donc ? Le projet pour le pays ? Où qu’il est, le projet, la substantifique moelle ?

J’ai cru comprendre – mais arrêtez-moi si je me trompe – qu’il était en cours d’écriture. Mais par qui ? … Aubry et son « équipe » ? … Cela semblerait logique puisqu’elle est Secrétaire générale du Parti … Notez que dans ce cas, c’est encore une incitation de plus à voter Aubry ou DSK. Vu que DSK et Aubry, c’est la même chose. Si ça n’était pas la même chose, ils n’auraient pas conclu cet arrangement ... De fait, pour quelles raisons étranges le « sympathisant de gauche » irait donner, en octobre prochain, son suffrage à une Royal, un Hollande (candidat non-déclaré pour le moment), un Montebourg ou un Valls ? Pour foutre la merde dans ce joli plan bien organisé par le duo DSK/Aubry ? Voilà qui ne serait pas très urbain, mon « sympathisant » !
Cela dit, s’il en avait l’intention, de mettre le boxon, on lui fait (déjà) comprendre qu’alors, il porterait l’entière responsabilité de la défaite de la gauche (en réalité : des socialistes – que « ces gens-là » soient gentils, et laissent la gauche à la gauche) aux présidentielles de 2012. Habilement, soi-dit en passant. En répétant qu’il faudra voter pour « le candidat le mieux placé ». Comprendre : celui qui a, dans les sondages, le plus de chances de battre Sarkozy.
Or, là aussi – pour le moment – les deux candidats « les mieux placés » sont : DSK et Aubry.
Avouez que ça commence à faire beaucoup. On pourrait même se demander pourquoi le PS organise des Primaires ? … Pour occuper l’espace médiatique ?

Nonobstant, cette histoire de « candidat le mieux placé » pose un autre problème.
Vous allez me dire que je suis naïf comme trois Jospin, mais le « sympathisant de gauche » n’aurait-il pas plutôt intérêt à voter pour … le « meilleur projet » ?
Oh, je comprends fort bien que le but (à peine caché) des socialistes soit de battre Sarkozy en 2012, qu’itou cela ferait super plaisir à tous ceux (de gauche ou pas) qui veulent le voir partir, mais de là à ce que ça devienne LE projet, c’est léger - mais je vais y revenir.
D’autre part, quitte à ce que ce soit une histoire de personne(s), ne vaudrait-il pas mieux voter pour la plus apte, la plus résistante (tant c’est un combat de tueurs, une présidentielle) la plus strong, celle qui déplacera la foule, la galvanisera, la conquerra, par son audace et sa fougue, plutôt que pour « la mieux placée » ? … Tant « le mieux placé » d’aujourd’hui peut être « le mal placé » de demain (ex : Royal, Jospin, Balladur, Barre, et même Giscard) en vertu du fait que, dès lors que la campagne est lancée, on voit le candidat à l’ouvrage. Et boum, patatras …

Qui plus est, compter sur le seul rejet de Sarkozy, ne sera pas suffisant.
En premier lieu, parce que cet homme est imprévisible, je veux dire qu’il est capable de tout (mais vraiment de tout !) y compris retourner la situation.
Et c’est là qu’on en revient au « projet ». Dont Sarkozy, remettant son titre en jeu [*], n’a pas à s’encombrer. Tout comme Mitterrand n’en avait pas besoin en 1988.
En revanche, les socialistes, en ont besoin, eux. Pour conquérir le pouvoir par le peuple.
Je sais, je sais, ils sont en train de l’écrire, de le peaufiner, sauf que, ça n’est pas un projet : ce n’est qu’une collection de propositions élaborées uniquement en réaction à la politique menée par le pouvoir en place. Un « projet en réaction », j’appelle ça ..
Eh bien ça ne sera pas suffisant, non plus.
Clairement oui, c’est un programme d’opposition (au sarkozysme) que nous proposent Aubry et DSK. Pas un projet pour la France. Ça manque d’imagination, d’idées, de souffle, d’innovations, de création, de jeunesse, de beauté, d’envies, de rêves même ... Bref, ça manque de tout, et a fortiori, de gauche… C’est triste et sans relief. C’est fait de rustines et de pansements.
Alors, on camoufle tout ça avec des Primaires fictives (puisque bien cadenassées, comme précédemment expliqué) ; avec cette histoire de « candidat le mieux placé » (les sondages faisant de plus en plus l'opinion et détricotant la réelle démocratie) ; l’inévitable « vous aussi, hein, vous n’avez pas envie de prendre 5 ans de plus avec Sarkozy » ; sans parler de cette vaste fumisterie de « vote utile » (qui est aux socialistes ce que la sécurité est à Sarkozy : un fond de commerce ; le même, celui de « la peur »).

Certes, on n’en peut plus de M. Sarkozy, mais quand même, le projet, c’est ..
Oh, mais le projet, on verra une fois sur place. Et puis, eh ! DSK, avec un boulot de président du FMI sur son CV, c’est pas l’assurance de s’en sortir, ça ? C’est pas un gage de sérieux ? ..
Peut-être (encore que ..) mais où qu’il est le socialisme dans votre packaging ? Où sont les idées de gauche ? Le souffle. Celui qui donne force et espoir.

Non, tout ça, c’est de la tambouille, de l’arrangement, de l’habillage : c’est Pepsi qu’on nous vend et vante pour, l’an prochain, battre Coca.
Et c’est moins un parti politique qu’une bande de zozos qui nous propose ce « deal ».
Les zozocialistes.
Ceusses qu’on voit venir de loin avec tout leur fric-frac politicien.
Mais qui, eux, sûrs de leur « produit », et confortablement installés dans leurs bureaux de barons, de notââââââbles, ne voient (encore) pas ce qui les attend : une déroute de plus.


[*] Oui, Nicolas Sarkozy sera candidat en 2012.
Comme dirait le candidat de 2017, le désopilant Jean-François Copé, « on va arrêter de se mentir », n’est-ce pas ..
On va surtout arrêter de prendre les français pour des benêts au carré avec des minauderies du style :
« Je sais pas, m’sieur Pujadas .. et puis vous savez, Président de la République, c’est un métier très difficile, mâme Ferrari … Mais bon, je me déciderai à l’automne.. » ..
A d’autres, ces salamalecs !
Car, si nous sommes passés du septennat au quinquennat, c’est justement pour permettre au président de « pouvoir faire » deux mandats consécutifs en vertu du fait que dix ans c’est moins pénible (pour le peuple) que quatorze. Et il faudrait vraiment un évènement d’une gravité extrême (haute trahison, par exemple) pour que le Président en exercice renonce à « remettre son titre en jeu ». Alors ça va, maintenant …

11 février 2011

Nicolas Sarkozy ? Un « Ignorant », Un « Incompétent »

Avant de se plonger dans ce court (mais intense) extrait-vidéo, il faut le replacer impérativement dans son contexte.
Impérativement car – et c’est, souvent là, le travers épouvantable du Net, mais aussi de la télévision – si cet extrait-vidéo était « balancé » tel quel, sans que l’on ne prenne soin de relater, détailler, ce qui a conduit l’avocat Thierry Levy à employer, évoquant Nicolas Sarkozy, les termes d’ « ignorant » et d’ « incompétent », alors ce serait (dans le cas où l’on aurait une aversion caractérisée pour le Président de la République) juste se faire plaisir, ou alors, donner dans le buzz vulgaire (ce qui constitue, au demeurant, un pléonasme).
Qui plus est, ce serait affaiblir les propos tenus, voire les dénaturer.

Thierry-Levy.jpgOr donc, nous sommes jeudi soir (10 février 2011) sur France 3, dans l’émission Ce Soir Ou Jamais, présentée par Frédéric Taddeï.
Auparavant, pendant plus de deux heures (particulièrement éprouvantes), Nicolas Sarkozy aura, sur TF1, répondu (?!?) aux questions de neuf français.
Cette prestation du Chef de l’Etat sera évoquée et commentée par les invités de Taddeï.
Bref.
Après un sujet sur les « vacances de M. Alliot-Marie et de F. Fillon », voilà qu’est abordée la « colère des magistrats ». Pour en parler, Frédéric Taddeï invite le juge Marc Trévidic à rejoindre le plateau pour expliquer « la première grève des magistrats ».
Après un « petit rappel des faits » par le biais d’extraits « du 20 heures et du 13 heures de France 2 », où l’on revoit Nicolas Sarkozy demander que « ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute » (relâcher le « présumé coupable » – comprendre : Tony Meilhon) soient « sanctionnés » et François Fillon jugeant la réaction (donc : le mouvement de grève) des magistrats « excessive », Frédéric Taddeï se tourne vers le « juge antiterroriste » :
« (…) Marc Trévidic qu’est-ce que vous répondez au Premier ministre et à tous ceux, qui en ce moment-même, ont des dossiers qui attendent d’être jugés ? »

Marc Trévidic : bon premièrement, c’qui a choqué tout le monde, c’est la présentation des choses .. La personne en question, Tony Meilhon, n’a pas été libérée .. Par personne ! .. Elle avait fini sa peine, après onze ans de prison .. Elle avait purgé toutes ses peines .. Y’avait pas de libération conditionnelle, y’avait rien … Il se trouve que, par ailleurs, y’avait un sursis de mise à l’épreuve pour outrage à magistrat … Donc, la présentation qui en a été faite est caricaturale, et pas exacte .. Aucun juge n’a mis en liberté qui que ce soit .. C’est le premier point, et c’est le plus important, parce que tout le monde reprend ça, comme si c’était une vérité … Après, qu’est-ce que ça veut dire être suivi en sursis de mise à l’épreuve ? … Ça veut dire, pour les dossiers les plus urgents – aujourd’hui en France – une convocation tous les deux mois ; mais aussi, pour les moins urgents, une convocation tous les six mois … On vient voir un agent de probation, on donne un certificat médical – si on a un suivi médical – une attestation d’embauche (..) voilà ce que c’est .. Est-ce que vous croyez vraiment que ça peut empêcher une quelconque récidive, même quand le dossier est suivi ? .. Ce qui a révolté tout le monde, c’est une certaine hypocrisie dans les discours, dans la présentation des choses ; voilà … La vérité elle est .. Elle est comme elle est ! .. Il y a énormément de personnes en sursis de mise à l’épreuve, nous ne sommes pas des devins ! … On n’est pas là pour essayer de deviner que cette personne part en tuer une autre ! … C’est très compliqué pour arriver à évaluer totalement une personne, et être certain qu’elle va pas commettre un crime … On parle de récidive .. Il avait jamais tué personne, avant ! Faut quand même pas l’oublier ! … Ben ça, ça demande des moyens extraordinairement développés. Et on est dans une justice qui, effectivement, d’une manière générale, fonctionne mal, parce qu’elle a très peu de moyens par rapport à d’autres pays qui ont, à peu près, le même niveau …

Taddeï : C’était pas la première fois que les juges étaient critiqués par Nicolas Sarkozy, mais aussi par d’autres présidents de la République (…) Or, c’est la première fois qu’il y a un tel mouvement .. Comment l’expliquez-vous ? est-ce que le cas, là, est plus grave (..) ?

Trevidic : Le cas n’est pas plus grave ; c’est le fait que, pendant des années, on vous dit toujours la même chose ! Que tous les deux, trois ans, systématiquement, quand y’a un drame, on accuse le juge d’être responsable du drame … Vous croyez que ça fait plaisir, aux gens qui travaillent au quotidien, qui sont confrontés à la misère, aux victimes, aux auteurs d’infractions, qu’on dise : vous êtes responsables de cet assassinat, de ce crime parfaitement odieux ? (…) Les juges, c’est pas eux qui tuent quand même ! (...) Alors, c’est pas plus grave que d’habitude, mais ça fait trop .. Et au bout d’un moment, c’est spontané (…) Parce que, tout le monde en a ras-le-bol, sinon y’aurait pas 95% des magistrats qui se sont mis à arrêter de bosser (...) Alors évidemment ça surprend ... c’est pas une profession qu’a l’habitude de faire grève, elle a même pas le droit de faire grève, d’ailleurs ! Mais derrière, y’a plein de gens ! Y’a des avocats, y’a des policiers, tous ceux qui savent qu’au quotidien c’est pas facile de rendre la justice

Taddeï : Thierry Levy vous (…) …

Thierry Levy : (…)  Ce que vient de dire Marc Trévidic est absolument exact … enfin .. Indiscutable ! … Y’a quelque chose de pire en ce qui concerne Nicolas Sarkozy … C’est que : il fait de la question sécuritaire son fond de commerce ; et, il le fait, à partir d’affirmations erronées, et surtout, d’une totale incompétence ! … Il faut se rappeler, qu’il y a six ans maintenant, au moment de l’affaire de la malheureuse Nelly Cremel, il avait tenu exactement les mêmes propos ! Il avait accusé les juges d’êtres responsables de la mort de cette femme qui avait été agressée, alors qu’elle faisait son jogging, par un homme qui sortait de prison et qui avait commis un crime beaucoup plus grave – d’ailleurs – que celui de Tony Meilhon … Et il avait dit exactement la même chose : y’a des fautes, elles seront sanctionnéesOr, à l’époque, comme aujourd’hui, il n’y avait aucune faute ! Et quelles que soient les lois qu’on empile depuis – et on en a empilées cinq ou six – ces gens, qui sont au gouvernement, n’ont pas réussi à régler la question de la récidive (…) .. Aujourd’hui, fait similaire – avec, comme l’a rappelé Marc Trévidic – un garçon qui n’a jamais été condamné pour meurtre, ni pour assassinat, et même pas pour des faits sexuels ordinaires, puisqu’il a été condamné pour un crime commis en prison ! Et là, alors, c’est à mon avis la chose la plus grave … [Début de l’extrait vidéo : On a à faire, à un monsieur, le Président de la République …]



Mais ce n’est pas fini.
La suite vaut son pesant de monstruosité, et cette monstruosité nous viendra du journaliste et éditorialiste du Figaro : Yvan Rioufol.

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10 février 2011

Ennemis «Jurés» Des Magistrats Et De La Justice

Ah ! ça par exemple ! Qui l'aurait cru ? Non mais lisez donc : deux tiers des français soutiennent les magistrats. Et c'est « exclusif », qu'on nous assure... C'est magnifique, non ? ... Les sondages. Oui, car c'en est un. Bichonné (via Internet) par l'institut BVA (du 8 au 9 février 2011) ... En attendant que l'OpinionWay vienne le modérer dans les grandes largeurs. Comme souvent .. Les sondages ! c'est de la température, de l'anale, ça vaut pas tripette. Le citoyen eut été consulté un 24 janvier, et la musique n'était pas la même. Là, c'était la curée, l'hallali. Y'avait qu'à traîner sur le Net, justement, dans les pires recoins de ses forums, c'était édifiant. Les juges, les magistrats, le citoyen voulait tout bonnement les pendre. Ou quasi.

Juge-et-Partie.jpgEt puis, ça veut dire quoi : deux tiers des français soutiennent les magistrats (qui ne sont plus que 32% chez les « sympathisants » de droite, c'est à noter en gras et rouge) ? Concrètement ? ... Qu'ils vont itou manifester ? Se joindre au mouvement ? Afin d'aider la Justice à obtenir ENFIN les moyens « de faire son travail » (comme dit le politique) ... Ou rester cul assis en attendant que ça (se) passe ? Avant de, plus tard, au prochain drame, dire et redire pis que pendre de la magistrature ... Ces citoyens, les plus impatients d'investir nos tribunaux en tant que jurés populaires, ce n'est sûrement pas un sondage qui va les effacer. Ils sont bel et bien là. Ignorant tout de la réalité du monde judiciaire. Pis : ne voulant rien savoir, constamment dans le déni. Pourtant cette réalité est incontestable, même qu’elle est chiffrée, publiée, lisible et visible par tous. Pour qui veut bien s’en donner le temps ..

Or, il est là le hic : le citoyen-justicier, le futur juré populaire, ne prend pas le temps de s’informer correctement. Et Sarkozy le sait bien. C’est, pour lui, pain béni, porte ouverte à toutes les fenêtres. Il profite, abuse jusqu’à l’outrance de l’ignorance, ignorance sur tout ce qui concerne l’Etat. De son fonctionnement, ô combien complexe au demeurant …
… De la Police, de la Justice, notre juré futur, il n’en connaît rien, extrêmement rien ! Que la surface ! Et encore ! … Ce qu’il en sait, se résume à du ouï-dire, de la petite vue personnelle, du « bon sens » … ah ! ce « bon sens » qui remplace tout : raisonnement, analyse, intelligence …

… C’est terrifiant, ceci étant, de noter que ce juré populaire si en demande de sécurité, de pépèritude, n’ait pas le début de l’idée d’aller chercher, de lui-même, des informations véritables afin de se forger l'opinion. Ce doit être trop fatiguant, je présume.
A croire que notre futur juré est un assisté. Du cerveau. Une feignasse. Haineux du fonctionnaire.

Dès lors, quand le matamore, surfant sur la vague – écœurante – de l’émotion, désigne un coupable nommé Justice, il exulte … Salauds de magistrats ! Tony Meilhon, c’est de leur faute ! Faut réprimer … Comment ? .. Ils protestent ? Se foutent en grève ! Mais pour qui se prennent-ils ? ... Peu lui chaut à ce tribunal du « bons sens populaire », que la Justice réclame depuis lustres des moyens humains, financiers, pour mener à bien sa mission, il veut pas le savoir ; c’est trop facile, bien « commode » de se refugier derrière cet argument, récurrent : les moyensLa belle excuse ! Quand on veut, on peut, voilà son crédo.
Et pis y’a Outreau. Qu’on lui remet dans le cassis. « Dysfonctionnements » et tutti.

Ah, que j’aimerais qu’on lui donnât une charge de travail équivalente, on le verrait à l’œuvre, tiens, notre juré de demain !
S’il était un tant soit peu honnête, il le reconnaîtrait, sans barguigner, qu’on ne lui accorde pas les moyens d’accomplir sa mission. Il serait même, et fissa, le premier à s’en plaindre :
« Mais monsieur, comment pouvez-vous me dire que mon travail n’est pas satisfaisant, alors que vous savez pertinemment que pour le mener à bien, il faudrait que nous soyons cinq ou six, or je suis seul ! Ce n’est pas faute de vous l’avoir dit, chiffres à l’appui .. ».
Qui n’a pas vécu pareille situation ? ..
Je serais curieux, au passage, de connaître la réponse de « monsieur » ... Ne vous aurait-il pas, par hasard, rendu responsable du « manquement » ? Et si c’est le cas, ne l’avez-vous pas vécu comme une injustice ? … Ne trouvez-vous pas qu’il n’y a pas loin de ce « monsieur » à … Sarkozy ? Même procédé. Même politique. Même bouc-émissaire.
Le présumé responsable du manquement, me semble aisément identifiable. Non ?

Oh que oui, qu’il l’est, identifiable ! Bientôt quatre années d’exercice du pouvoir pour Nicolas Sarkozy, et neuf pour l’actuelle majorité. Voilà un temps pour le moins appréciable, conséquent, quand on veut doter son pays (5ème puissance économique mondiale, faut-il le rappeler) d’une Justice digne de ce nom ; exact ou pas ?
Or, c’est un fait, le budget consacré à la Justice française est ridiculement bas : en 2008, il représentait 0,19% du PIB. Ce qui nous place au 37ème rang européen.
Nous avons, en France, 3 procureurs et 9,1 juges pour 100 000 habitants alors que la moyenne dans les pays du Conseil de l’Europe est respectivement de 10,4 et 20,6 !
Qui oserait contester ces données ?
Le gouvernement ? …
Il a beau dire, ce gouvernement, que tout doux ! ce budget a tout de même augmenté de 40% entre 2007 et 2011, il omet juste de signaler que la moitié a été allouée à l’administration pénitentiaire. Que l’inflation sur ladite période est équivalente à 16,5% … Faites donc les comptes ! L’augmentation que nous vend et vante le gouvernement est grotesque. Indigne. Elle n’est pas à la hauteur.
Pis encore : si l’on en croit la Commission Européenne Pour l’Efficacité de la Justice, le budget de la justice française proprement dite n’a progressé que de 0,8% entre 2000 et 2008.
Voilà les données. Elles ne sont pas de droite, de gauche, elles sont réelles … Tout citoyen peut y avoir accès, en toute liberté, il suffit de s’en donner la peine. Le temps.

Mais je comprends. Le crime est si abject qu’il faut un responsable, et sur le champ. Le juré populaire, excédé, le réclame .. Eh bien, ce sera la Justice. C’est elle qu’est « présumée coupable ». Avant même – avant même ! –  qu’une enquête n’ait été menée ... On la désigne, comme fautive. Haro ! Haro ! Et le bouffi de ouï-dire, de qu’en dira-t-on, de « bon sens » d’acquiescer ! C’est qu’il la connaît, lui, la Justice ! Oui ! Oui ! Elle est au-dessus des lois ! Vous avez raison, « monsieur » Sarkozy ! On peut rien lui dire sans qu’elle monte sur ses grands chevaux, l’arrogante .. Et pis, c’est bien connu, y sont tous de gôôôche, ces magistrats ! Corporate ! Et bien payés, de surcroît ! …
…. Ah ! misère ! ... Ça voudrait (faire) la Justice, mais ça n’y connaît rien ! Ça ne s’y intéresse pas. Que de la surface ... Préjugés, a priori, émotions, voilà ce qui, sur ledit sujet, gouvernent une partie de la population, partie imposante qu'un sondage ne gommera pas de notre paysage.

Pourtant, tout est là, clair, limpide, chiffré. Disponible

Si nos crevards de « justice » faisaient cet effort, pas si compliqué, de s’informer correctement, bref, s’ils se comportaient comme de vrais citoyens, le « présumé responsable du manquement » dudit dysfonctionnement, leur crèverait les yeux.
Mais notre « justicier populaire » est – faut-il le lire – un citoyen feignasse. L'ennemi juré des magistrats et de la Justice.


NB : Rappelons la phrase présidentielle qui provoqua l’ire des magistrats :

« Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle ».

Nous noterons, qu’une fois encore (après Colonna, Dominique de Villepin), le Chef de l’Etat, garant de nos institutions, porte atteinte à la présomption d’innocence en évoquant :
« le présumé coupable ».
Or :
« Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. (…) ».
Telle est la « règle ».

07 février 2011

La Révolte De La Chair [Ou L'Afrique Vue Du Ciel]

Et je me demandais – pas vous ? – ce qu’il en advenait de la Côte d’Ivoire. Avec tout ce ramdam.
Ah ! la hiérarchie de l’info, comme c’est édifiant … Or donc, qu’en est-il de Gbagbo, de Ouattara ? … Du pion de jadis et du pion de demain ? .. Car, c’est bien de cela dont il s’agit, n’est-ce pas ? .. De pions. That’s the point.

Moubarak.jpgOh ! je dois vous le dire, mauvais comme je suis, teigne, salopard, je me réjouis. Me voilà, aux anges. Même de la mort, peu me chaut. C’est que dites, Tunisie, Egypte, ça tangue, ça vacille, même que ça chie dans son froc.
Faut voir les tronches, six pieds de long, de large, qu’ils affichent, nos stratèges. Agitant, comme convenu, prévisibles qu’ils sont, la « menace » : l’is-la-mis-me … Non ? Vraiment ? … Je serais (presque) tenté de dire : et alors ? … On ne peut pas tout prévoir, n’est-ce pas ; voilà tout.

Oui, je suis hautement cynique, mais j’en suis l’enfanté ; du cynisme. Et d’ailleurs, j’en remets une couche : non, nous ne sommes pas tous des Tunisiens, pas plus des Egyptiens ou des Palestiniens, nous sommes, avant toute chose, nous autres occidentaux, les enfants (assis, courbés, bien obéissants) du cynisme. Faut-il l’être pour donner dans l’excursion aérienne de type touristique au-dessus d’un pays se soulevant … Voilà un signe qui ne trompe pas. Tout un symbole. Et dire que ce sont les mêmes qui nous assuraient vouloir « moraliser le capitalisme » .. Vous ne voyez pas le rapport ? Entre un jet privé – dont on se fout royalement, soi-dit en passant ; le point est ailleurs – et le merdier dans lequel nous voilà rendu ? … Pourtant, c’est du limpide. Ça crève les yeux …

… Reprenons le fameux : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire » (donc on peut le survoler, voyez, en jet privé, quand bien même serait-il à feu et à sang).
Ça n’était point un effet de manche ou de style. L’esprit tout décati, bouffi, gâté, pourri, paresseux même, y aura vu comme un relent de la coloniale, comme du racisme épouvantable. Au minimum, une insupportable condescendance (ce qui est un fait, au demeurant).
Fallait pousser plus loin. Tant un terme se détachait. Posait problème, comme l’on dit. Et ce terme, c’était (et reste) : l’Histoire. Mais laquelle ? De quelle Histoire était-il question ? Qui en décide ? Qui l’impose ? … C’est gaudriolant mais il me semble que les Tunisiens (« A Qui Le Tour ? » fanfaronnait Libération considérant donc l’affaire comme un jeu – cynisme, toujours) et les Egyptiens viennent de répondre. A leur façon… Pour faire court, ils nous ont dit, peu ou prou :
« Allez vous faire foutre ! Vous et votre Histoire ! On n’en veut pas (plus) de votre Histoire ! Elle est pourrie, votre Histoire ! » …
… Et nul ne peut dire où ça « nous » conduira.
Oh, ça jacte, ça cause, ça rotative, et bla, et bla, et bla, entre ici Barbier, explique-nous donc comment elle va désormais se danser, l’Histoire ! Mais rien, ils n’en savent rien. Ni Barbier, ni Adler, ni Attali, ni personne. Nada ... Comment voulez-vous qu’ils voient (ou entravent) quelque chose, eux qui n’avaient déjà pas vu venir la « crise » ? Ni même, jadis, la Chute du Mur ? Ni rien. Zéro.
Pourtant, c’est comme pelote de laine qui se défait, lentement, mécanique quasi magnifique, logique, mathématique … Mais revenons à nos moutons. Lesdits pions.

Nous qu’avons la chance de vivre en belle démocratie, propre, irréprochable, nous sommes citoyens. Elisant maires, députés, présidents et tutti (Balkany compris). Ça est un progrès considérable, n’est-ce pas, d’avec la royauté, où nous n’étions que sujets, serfs et vassaux. Pauvres assujettis … On y a gagné. En épanouissement. Même qu’y a pas plus heureux et libres que nous autres au monde. Pas vrai ? ..
... Mais, dans une contrée (et comme elle est « nombreuse » !) où le dirigeant n’est autre qu’un pion (Gbagbo, Ben Ali, Moubarak, etc.) placé là par le Nouvel … l’ex-Nouvel Ordre Mondial, pour ne point contrarier la bonne marche en avant – L’Histoire, à vrai dire -  dudit Ordre, son ultralibéralisme farouche, dévorant, jamais rassasié … dans ces contrées, comment appelle-t-on les … ? Qu’y a-t-il en dessous d’un pion, je veux dire ? Qui sont-ce ? … Vu d’avion, il semblerait que ça n’était pas grand-chose, proche du rien même, juste de la chair destinée, via le pion (s’engraissant), à entrer dans l’Histoire façonnée, organisée, salée et poivrée par un Système et un seul, le même pour tous mais au seul profit d’une poignée.
Poignée faisant et défaisant telle contrée, telle monnaie, tel régime, telle pensée, etc.
Une poignée téléportant (loin de chez elle) la guerre par-ci, le carnage par-là (aux noms de la liberté et de la démocratie, cela va de soi).
Monnayant et négociant via ses pions, processus de paix par-ci, processus de prout par-là.

Qui a été assez fou pour croire que cette Histoire, cette entourloupe de première, tiendrait la distance ?
Tant qu’il y avait des régimes communistes certifiés au carré, bien militaires, bien goulagant (même que ça nous donnait comme un côté humain, à nous autres, ceusses de l’Ouest ... nous qu’on aurait jamais fait un truc aussi dégueulasse, n’est-ce pas ?) ; oui, tant qu’y avait du bon gros communiste de compète (qui mange les enfants ..) pour faire mumuse avec l’Axe du Bien, ça usinait, mais dès lors qu’y a plus …

… Cet Ordre Mondial bankstérisé comme jamais, mais il s’est vu trop beau, le mignon ! Prenant, de plus en plus et aveuglément, la planète pour un Monopoly doublé d’un Stratego ... Mais quand le pion se fait bouter par la chair, puis un autre (« A Qui Le Tour ? » s’en amusent donc les rigolos) et que cette chair elle dit, on ne veut pas d’un autre de vos maudits pions, on veut la liberté, celle de choisir notre destinée, et votre Histoire, votre Système, votre Pensée, nous n’en voulons pas ! Que se passe-t-il ? … Oh ! Barbier, tu réponds-tu ?… Gaffe à la « menace », dis-tu, ainsi que tes congénères ... L’Islamisme ! … C’est une éventualité. Y’en a d’autres, ceci dit. Plus réjouissantes … Mais que veux-tu : « On ne fait pas d’omelette sans … » …
Fallait y penser avant. Voilà tout ... Idem pour la « crise » (du reste, y'a comme un lien ... Non ?)
Le pauvre, l’affamé, le « 1 dollar par jour » (soit la majorité peuplant cette planète) c’est une proie. Si cet Ordre Occidental avait eu pour but de réduire la pauvreté, par un système plus juste, plus humain, plus solidaire, t’aurais pas des problèmes en « misme », puisque pas (ou peu) de proie(s) .. Réjouis-toi, en attendant, que la Chine rachète ta dette.

Dieu sait (Ou Allah, si ça vous fait tellement plaisir – après tout, je comprends, il faut bien vendre du papier, et puis, la peur, c’est fédérateur) où la Révolte de la Chair (nous) conduira.
Toujours est-il que la prochaine présidentielle (oui « Retour en France ! » comme dit, à tout bout de champ, le présumé journaliste) sera, dans ce contexte, follement amusante ... Vrai, c’est toujours un plaisir d’avoir à choisir entre Pepsi et Coca. Si tant est que la marque soit, d’ici 15 mois, toujours bankable.
Allez savoir …

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