26 janvier 2011
Du Chiffre ! [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] … A l’ancienne ! Voilà comment j’ai été élevé : à l’ancienne. Travaille, mon petit. Travaille ! ... Ah, j’en ai entendu, ça oui, que ça me tomberait pas tout cuit dans l’auge. Qu’il fallait trimarder. Et pas qu’un peu. Au mérite qu’on serait reconnu, au mérite et rien d’autre … A les entendre, le travail, le labeur, c’était la panacée, le sésame, mais gaffe ! Pas du littéraire, ah non ! Du matheux ! Assurance pour la vie … J’avais pas le choix, comme qui dirait. Mais qu’importe … Le travail ! C’est de ça dont je voulais vous entretenir. Il est barré. Y’a plus. Défiguré. On s’est fait mettre sévère. Pis : on n’a rien dit.
Que je passe pour réac, j’en ai cure. Je n’écris ni pour l’audience, ni pour me faire plaisir. La subjectivité, je veux bien, mais la vulgarité, je m’y refuse …
Or donc, y'a lurette, le travail, il avait un sens, même si c’était chagrin, ce qu’il a toujours été, peu ou prou. Mais on savait pour quoi, comment et où. Affirmatif ! Même à Boulogne-Billancourt, chez Renault. Y’avait de l’humain, nom de Dieu, un minimum ! On prenait compte, quoi qu’on dise ... Mais aujourd’hui, pauvret, t’es rien. Un numéro. Un matricule. Comme à l’armée. De la chair à canon du Nouvel Ordre Mondial. Une variable ajustable …
… Quelqu’un sait-y pour quoi il taffe, de nos jours ? Et pour qui ?
Répondre tout de go pour le Grand Capital, les actionnaires, ça n’est pas suffisant. Et pis c’est pas nouveau.
Las, faut que j’entre dans le vif …
On ne travaille plus, on « fait » du chiffre ! Partout ! Dans tous les secteurs. Public comme Privé ... Oui, Public itou ! renseignez-vous, des hôpitaux à la police en passant par l’Education Nationale ; non-sens absolu, dérive, saloperie … Je pourrais contremultiplier les exemples précis et concrets, mais à quoi bon .. Vous les trouverez vous-mêmes… Penchez-vous donc sur votre condition de laborieux, votre propre expérience, vous verrez, c’est l’évidence.
Et alors, me direz-vous ? Où qu’il est le problème ? N’est-ce pas ...
Mais c’est LE problème, justement … Quand il s’agissait de travailler, bon an mal an, on vous reconnaissait une compétence, un savoir-faire, mais dès lors qu’il s’agit de « faire » du chiffre, de l’audience (car c’est bien ce que l’on nous demande, au fond) y’a plus de compétences, plus de savoir-faire qu’entrent en ligne de compte. Abolis ! Y’a plus que de la roublardise, de la biaiserie, de la tricherie en veux-tu, en voilà, voire de l’escroquerie à la Tapie, à la Séguéla, à la Messier. Des consultants, des conseillers, des commerciaux, partout. Payés rubis sur l’ongle … Bref, c’est la prime à l’incompétence, le fameux Principe de Peter. En plein dedans, nous sommes. Et depuis lustres.
Ceusses qui, aujourd’hui, sont « récompensés » pour grande majorité, sont des imposteurs.
Pour pas dire : des voleurs.
Comment pouvons-nous défendre un pouvoir d’achat, un salaire, des conditions de travail, une compétence, un savoir-faire, revendiquer quoi que ce soit, si nous sommes réduits à produire du chiffre ? Tant d’automobiles, tant de procès-verbaux, tant d’auditeurs, tant de bacheliers. C’est impossible ! Car c’est le chiffre qui commande. Toujours. Nous en sommes dépendants, totalement esclaves. C’est l’arbitraire-roi.
Vous pourrez arguer que vous avez sué sang et eau, justifier, démontrer, que tout, vous avez tout fait comme il était prévu, ordonné, planifié, vous serez perdants. Il est là, LE problème ... Bon sang, mais c’est pourtant (et, encore une fois) l’évidence ! …
Le mérite, celui qu’on nous vend et vante, c’est de l’attrape-couillons ! Car dans une affaire où SEUL le chiffre compte, le mérite véritable n’a plus sa place …
Ne nous étonnons point qu’on cause désormais d’un salarié, quel qu’il soit, comme d’une « variable d’ajustement » car c’est réellement ce qu’il est devenu, et ainsi qu’on le considère. Or donc, plus comme un humain. Juste un matricule.
Où avez-vous vu qu’un matricule était « récompensé » au « mérite » ?
Qui avons-nous cru pour que cela devienne possible ?
Quelle indignation, M. Hessel, est désormais envisageable, puisque nous avons accepté de n’être plus des salariés, mais des matricules ? Une variable …
Ce qui, de fait, rend obsolète ou risible tout syndicat, de la CGT à FO, en passant par SUD (oui, même eux) et la CFDT. Du folklore, voilà ce que c’est, le syndicalisme de maintenant. Que peuvent-ils donc défendre en ces conditions, sinon gérer, comme de vulgaires comptables ? C’est bien ce qu’ils sont, non, au demeurant : des comptables ? .. Voyez l’histoire des retraites, c’est parlant. Prenez un cégétiste de l’an mil neuf cent dix, mais aujourd’hui, on le traiterait de « terroriste ». Sûr ! ..
Il faut comprendre cette chose simple : dès lors qu’il n’y a plus que des matricules, producteurs de chiffres, il n’y a plus de travail. Ni de droit du travail. C’est là, le grand ouvrage patiemment élaboré par le Nouvel Ordre Mondial : supprimer le salarié. Le réduire à une variable. Un numéro. De la chair à camemberts PowerPoint. De la matière à statistiques. Ainsi, plus d’obstacle à la marchandisation à outrance, à la robotisation, plus de résistance, plus rien. Que du rentable ... J’avoue, c’est du grand art ! … Nous n’existons plus QUE quantifiés dans et par les instituts de sondages. Des chiffres bruts. Tant de ceci, tant de cela ... Va pleurer des droits, de la considération, du salaire dans cette configuration saloparde ! Allez donc crier aux injustices, on ne vous entendra point. Ni Aubry, ni Mélenchon, ni personne. Faut-il être embrigadé du cerveau pour ne pas le comprendre … Au moins, le tunisien, lui, il l’a pigée, l’entourloupe. Mais pour combien de temps ? Qui le vendra comme on nous a vendus (avec, nous concernant, notre lâche consentement) ? …
De fait, chacun saisira, aisément, que le premier camelot promettant de « réhabiliter le travail » sera élu. Et d’ailleurs, il l’a été à 53,06% des suffrages exprimés ! Mais sur méprise … Le salarié, qu’avait-il entendu ? Qu’enfin, le travail, le vrai, celui reconnaissant compétences, savoir-faire, je dirais même honnêteté, serait avec ce matamore, de retour. Et, cerise sur le gâteau, il lui était de surcroît annoncé que s’il « travaillait plus, il gagnerait plus » ! ... Comment vouliez-vous qu’il refusât cette « offre » ? Sauf que ..
… Il n’était nullement question de réhabiliter « compétences », « savoir-faire », ni même « honnêteté », mais …. de (continuer à) « faire » du chiffre. Plus encore qu’avant. Toujours plus. Et d’en être « récompensé » … Foutaises ! C’est impossible ! Seuls les roublards, les avides, les tricheurs, dans ce schéma, sont vainqueurs. Pis : ils nous sont désignés comme des modèles de « réussite ». Des exemples à suivre … En réalité, ils préservent le haut de la pyramide. Ils sont les arbres cachant la forêt. Celle d’injustices. Ecarts obscènes de salaires. Avantages fiscaux démentiels. Prospérité assurée. Des Servier, récompensés, médaillés. Sur le dos des matricules que nous sommes.
Le seul programme politique acceptable, demain, viendra de celui qui affirmera clairement qu’il mettra fin à cette abjection, ce non-sens, cette dictature du chiffre.
J’ai beau chercher, éplucher, écouter, lire, je ne vois toujours pas cet homme ET ce programme. Ils n’existent pas.
M'assurer du contraire, serait mentir. Ou pire encore.
.../...
21:49 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le travail, la politique du chiffre, réhabilitation du travail, mérite, récompense, on fait du chiffre, nouvel ordre mondial, droit du travail, un monde de commerciaux, la mort du syndicalisme, variable d'ajustement, prime à l'incompétence, révoltez-vous ! |
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Commentaires
Si, si, je voulais écrire sur ce même sujet et je pense que nous avons besoin d'un projet de société capable de s'affranchir de la dictature du chiffre : c'est urgent.
Écrit par : Le Monolecte | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireOn s’est" fait mettre sévère" ? ... Un euphémisme ! j’ai l’impression d’avoir eu le fondement massacré facon "big-bang".
Écrit par : Ravachol | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireExcellent, sur la forme, sur le fond.
Comment ne pas citer ici (Jean-Pierre Berlan) :
« Sérieusement, vous croyez vraiment que Peugeot produit des voitures, Michelin des pneumatiques et Aventis des médicaments ? Bien sûr que non ! Ils produisent des profits". »
Même le public dites vous !? En imposant la culture du résultat dans la police, en 8 ans Sarkozy a multiplié par 4 le nombre de gardes à vue. Avec la "réforme" de ladite garde à vue qui prévoit la présence d’un avocat pendant toute sa durée, par combien a-t-il multiplié le chiffre d’affaire de la profession de ses collègues ? On aimerait bien le savoir !
Écrit par : JL | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireEntièrement d'accord...
Moi-même en 17 ans d'un même boulot (un centre d'essais aéro du Ministère de la Défense), on est passé d'un savoir-faire à une culture de l'incompétence. Avant, j'avais des chefs qui en imposaient, qui méritaient un maxoff de respect, de par leur savoir et leur sens des responsabilités. Maintenant je suis encadré par des ptis jeunes fraîchement sorti de polytech (et à peine dépucelés), formatés dans un système de management à l'américaine, et ce sont eux qui décident de la pluie et du beau temps. Maintenant, je suis noté "au mérite" par ces gens-là. Des incompétents incapable de juger mes compétences, mais ils le font quand même. Bien faire son travail avec une certaine conscience professionnelle ne signifie plus rien, oui, il faut faire "de la culture du résultat", mais surtout, SANS FAIRE DE VAGUES.
Bien travailler me fait baisser ma prime!! Mon avancement en pâtit depuis des années, mais par contre, je suis reconnu "compétent" quand il s'agit de former des jeunes qui font la même chose que moi mais avec des statuts précaires (contractuels)... Oui, le Principe de Peter est légion, surtout dans la Fonction Publique, les Ministères... Oui, l'humain n'existe plus, nous sommes des matricules (le mien c'est 2249!).
A 36 ans, je fais partie des anciens, des vieux, tu l'crois ça?? Pour ça que je ne peux rester dans ce boulot, malgré tous mes avantages, et que j'aspire à autre chose.
Oui, vivement que j'ouvre mon P***** de bar, ce sera plus dur, plus fatiguant, je ne serai plus au 35h, fin de mon CDI à 2 SMIC par mois, mais au moins, mon taf sera plus humain, et surtout, je serai mon propre chef, car on n'est mieux servi que par soi-même...
PS : Je n'ai pas parlé de mes anciens camarades cégétistes, devenus des traîtres à leur propre cause, ce serait trop long......... Belle analyse Philippe, ça fait du bien de te lire sur ce coup-là, et bon w-e !!!
Écrit par : jamalauxdents | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireLes chiffres du travail sont le seul sujet politique depuis que l'URSS a commencé à se décomposer, car il concerne directement les citoyens...
Mais les réelles préoccupations économiques des politiques résident dans la fabrication d'argent pour des réseaux: des magouilles, à la pratique issue de prohibition bien éprouvée avec le trafic d'alcool, tout est permis:
Winston Churchill disait que "des fois les gens trébuchent sur la vérité, et la plupart du temps ils se relèvent comme si de rien n'était".
Écrit par : Elmiguel | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireTout est numérisé....afin de mieux chiffrer la température sociale !!!!!!
Combien ???
Combien ???
ô combien de 0 après l’unité pour être socialement respecté ?
ô combien de 0 avant l’unité pour être soigné par une molécule ?
La plus belle invention n’est pas la Roue mais le chiffre 0 . Sans lui pas de langage basique ...binaire , pas de % , pas de relativité ETC...
LE ZÉRO a été crée pour REMPLIR le VIDE entre les autres chiffres .
Écrit par : Fhefhe | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireSuperbe article!
Mais un brin défaitiste et qui manque de sa conclusion naturelle...
"Aux armes citoyens!
Sortez le petit nain!"
La révolution en Tunisie s'est construite, parait-il à partir du net.
Écrit par : alix | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireTrès bon article, du genre que l'on aimerait voir plus souvent.
En fin de compte ce sont peut être des pays comme la Tunisie moins développés (donc dépendants...) matériellement qui pourront faire naître des régimes plus égalitaires. J'espère qu'ils sauront élire des élites dotées de bon sens et de morale.
Effectivement en France aucun parti politique ne tient ce discours sinon peut être sur certains points Dupont-Aignant...
Écrit par : xixix | 27 janvier 2011
Répondre à ce commentaireBravo à celui qui a pondu cet article, il est parfaitement dans le vrai, nous ne sommes que des N° depuis bien longtemps, je dis bien souvent à mon entourage qu'il n'y a plus aucune considération pour la valeur professionnelle et que, par les manières mises en place par le patronat et nos gouvernants, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail avec leur état d'esprit mondialiste bien ancré, n'ont plus aucun respect pour le savoir-faire des anciens, arguant que eux ont des diplômes que nous n'avons pas, donc que professionnellement ils sont supérieurs, ce qui est parfaitement faux, car comme le dit la personne sur son article et nous fait bien comprendre que c'est bien en forgeant que l'on devient forgeron et non le contraire.
Écrit par : ANICETE | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaireTout n’est pas dit, loin s’en faut.
C’est un article sur le chiffre, le nombre, la numérologie prédictive du profit éminent à court terme sans conséquence et considération sur les effet produits et induits.
Oui m’sieur Sage (dont je viens de lire un autre de ses beaux textes), oublie aussi, et surtout, de dire que le travail c’est mort.. oui oui.
L’avenir (qui existe déjà pour nombre de secteur) est l’automatisation (donc plus de main d’oeuvre > donc plus de salariat).
la question est : doit-on, donc, laisser la production au secteur privé ? ou l’abolir au profit de la collectivité, de la chose-publique-commune et de l’intérêt général ?
-Soit vous choisissez de laisser l’homme asservi au travail (torture) (tel qu’il est aujourd’hui)
-Soit vous choisissez que l’homme devenant inutile pour la production, n’a donc plus salaire > donc plus de consommation (même dans un cadre écologique, utopique) > donc il meurt littéralement
-Soit alors vous allez vers la solution la plus évidente et pragmatique > la production au service de l’homme et de l’intérêt général, le début du communisme. Suppression de la propriété privé.
Écrit par : Kemilein | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaire"Les politiques ne manquent jamais une occasion de faire l’éloge de la créativité, de la volonté, du talent qui déplace les montagnes, du dynamisme... Ils omettent de préciser que le seul dynamisme qui les fascine réellement, c’est celui du renard dans le poulailler. Et que les poules, il les leur faut aussi apathiques et neurasthéniques que possible." Mona Chollet
Écrit par : Yérémiah | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaire@Philippe Sage a écrit : "Même à Boulogne-Billancourt, chez Renault. Y’avait de l’humain, nom de Dieu, un minimum ! On prenait compte, quoi qu’on dise ..."
Pour avoir travaillé sur les chaînes de Renault dans les années 1970 je peux vous dire que l’humain de la part du management... manque de respect permanent envers les OS et pour les récalcitrants opposés au "chiffre" (les cadences) la répression, voire la milice...
Milice qui d’ailleurs assassina Pierre Overney abattu comme un chien devant l’usine pendant une distribution de tracts qui a mal tourné...
Bref l’humain chez Renault....
Ce qui a changé c’est que cette culture du chiffre touche aujourd’hui des couches sociales qui n’y étaient pas habituées à ce point... Rien d’autre !
Écrit par : Jaja | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentairePhilippe, vous dites "j’ai beau chercher", en êtes vous certain ?
http://www.u-p-r.fr/qui-sommes-nous/
La vidéo (en 5 parties) date d’un an, mais permet de donner une idée sur l’analyse de M. Asselineau :
http://www.dailymotion.com/video/xct57y_discours-de-francois-asselineau-1-5_webcam
Écrit par : Ze_Clarky | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaireLe chiffre qui commande, mais quel chiffre ? http://www.creationmonetaire.info/2010/12/bilan-zone-euro-decembre-2010.html
Et si on analysait les chiffres justement ? C'est quoi exactement la Masse Monétaire ? Il y en a combien des € ? ILS SONT CREES COMMENT ?
Et puis l'inflation... C'est quoi exactement "l'inflation" ??? http://www.creationmonetaire.info/2009/12/la-mesure-de-linflation.html
Et si on réfléchissait à revoir des concepts erronés ?
Écrit par : Galuel | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaireLa BIAISERIE !! oui, c'est ça, c'est exactement le bon mot, le mot juste : ça me dégoûte rien qu'en l'écrivant, rhââ !
Écrit par : ALiCe__M | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentairePas mal du tout, le chiffre omniprésent, comme angle d'attaque.
Un bémol pour l'action syndicale avec une analyse qui semble issue du cerveau d'un téléspectateur :LA CGT est comme ci, Le syndicat SUD est plutôt comme ça,..... C'est l'image rémanente sur la rétine, mais dans la vraie vie loin des centrales qu'est-ce qu'on prend comme coups.... observés par une foule d'individus qui s'ils se joignaient à nous feraient trembler les mangeurs de chiffres
Merci pour vos textes en général.
Écrit par : jamila | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaire@jamila : pour le "bémol", voilà qui tombe pile. C'est le prochain chapitre de ce travail : la télévision. Que je regarde très très peu ... Ah tenez .. Hier, je lisais, atterré, un court article sur une soi-disant baisse de fréquentation concernant les JT de Pujadas et Ferrari (sorte de Playmobil parfumés). Si je vous y mets le lien, vous allez vomir .. Bref, nos spécialistes (du Point.fr) attribuaient cette relative désaffection à une actualité internationale trop prépondérante, la Tunisie en particulier (TF1 ayant reçu moult lettres "racistes" de téléspectateurs enragés, ce qui, je présume, n'étonnera personne). Ils sont extraordinaires, non ? .. Pas un seul moment dans ce torchon, ils n'auront émis l'hypothèse que dans ces JT il n'y a pas d'informations au sens premier du terme, ce n'est que de l'habillage, du micro-trottoir dont on se fout comme de l'an 40. Pas le début d'une enquête. Pas la trace d'un journaliste. Rien ! ... Certes, cela reste pour le lambda, la masse, le moyen n°1 de s'informer (???) la télé-crotte. Mais lentement, très lentement, ça bouge. L'information, nous allons la chercher ailleurs. Or donc, la télévision sera la prochaine étape, la Partie 8.
@Monolecte : Oui, oui ... Faut y aller ! ... Plus nous serons nombreux à écrire sur le sujet, mieux ce sera. C'est pas la wikiosphère, terrifiante de vacuité, qui le fera, dis-toi bien .. Trop occupée, qu'elle est, à se mirer, se compter, se lécher l'un l'autre, j'en passe et des pires, .. Donc : vas-y, allez, hop ! Même que ça devrait déjà être en ligne !
Écrit par : Philippe Sage | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaireok pour l'article mais pas pour les élections, celle de 2012 sera intéressante à plus d'un titre, car on n'élira pas cette fois ci pour promouvoir mais pour saquer le plus mauvais, on peut aussi assister à de la pasivité massive.
mais tu as raison sur le fond on nous formate sur des statistiques et nous sommes les grands perdants car aujourd'hui plus personne n'est solidaire et ils n'ont plus de couilles
Écrit par : Savonarole | 28 janvier 2011
Répondre à ce commentaireOuarf ! Que vous dire ?! Belle lucidité ! L'évidence est lucide, c'est ce qui la rend aussi cruelle que créative.
Pas plus tard que tout à l'heure France Inter illustrait en quelque sorte votre propos par le témoignage d'une chercheuse en oncologie pour Sanofis. Elle s'était visiblement donnée corps & âme toute sa vie à l'entreprise et n'en revenait toujours pas d'avoir été chassée comme on tire la chasse d'eau. Le pire, c'est qu'elle s'est rendue compte au final que tout le monde se foutait comme d'un noyau de prune de son travail titanesque qu'elle avait abattu pendant 40 années. A écouter c'est très intéressant même s'il y a pire comme destin. Ce qui est frappant, c'est le mélange de naïveté de cette femme et sa franche lucidité à la fin de l'entretien. Elle a compris au final que non seulement, de sa personne travailleuse, l'entreprise s'en foutait royalement mais qu'au delà de l'entreprise, c'était tout un système qui discréditait la notion de " travail " et que c'était ce discrédit du travail qui était en vérité légué aux générations futures ; et non pas comme nos magiciens hertziens nous le serinent à longueur de journée la " valeur travail " ! Ils s'en foutent de " la valeur travail "- Pour que celle-ci existe encore, il aurait fallu qu'il existât encore des êtres humains, hors il n'y a plus qu'un troupeau de chiffres.
C'est effectivement cela la douloureuse évidence difficilement intégrable pour nous puisqu'on nous dit que nous vivons " en démocratie " et en " régime des droits-de-l'homme-et-du-citoyen" ...
Quelle est la réalité et non plus le fantasme véhiculé par les ruches médiatiques évoluant autour de la cellule médiatique du ministère de l'intérieur ? Un homme a été élu sur la " valeur travail " en 2007 et ce même individu a produit un million de chômeurs en plus. Un million !
Là encore, c'est difficilement intégrable comme réalités humaines alors on traduit en chiffre, on transmute l'humain en chiffre : 1 million = un chiffre ( un nombre ).
Un de plus. On pourrait paraphraser Staline en moins sanglant ( jusqu'à quand ? ) -
40 000 chômeurs c'est grave, 4 millions c'est une statistique !
Lien vers l'émission si votre " Q.I " vous en dit : Émission de Zoé Varier " Nous autres " : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/
Écrit par : Jeff | 29 janvier 2011
Répondre à ce commentaireC'est exactement ça, bravo, bien dit !
Je vais certainement gagner un point Godwin, mais pour moi, ça crève les yeux, la filiation de cette culture du chiffre et de la rouerie avec l'idéologie nazie est patente.
L'entreprise multinationale dominée par le chiffre sonne le glas de la démocratie et, avant elle, de la République.
Confronté à un ennemi surpuissant au bénéfice duquel filait inexorablement le produit de leur labeur, certains de mes aïeux, je m'en souviens, ont pratiqué le sabotage. A petite échelle, à moyenne échelle ou, lorsque cela fut possible, à grande échelle. Et puis un jour ce fut le moment de passer à la confrontation armée. A la fin, ils étaient dans le camp des vainqueurs. Eux l'ont fait, avec leur cœur ; ayons du cœur et ne nous laissons pas emporter par les chiffres.
Écrit par : Soleil | 30 janvier 2011
Répondre à ce commentairec'est de ce syndicalisme là dont je parlais et sans lequel il n'y a pas d'info alternative - http://ouvalacgt.over-blog.com/article-fralib-la-lutte-continue-plus-que-jamais-66034483.html ... Insuffisant peut-être .... en attendant
vivement le texte consacré à la télé auprès de laquelle je me doute bien vous ne prenez pas vos info....
Écrit par : jamila | 30 janvier 2011
Répondre à ce commentairePhilippe, votre écriture est agréable à lire. Ceci étant dit, je dirais que, en prenant connaissance de l’Histoire de l’humanité et en l’analysant, les travailleurs ont toujours servi à faire du chiffre pour enrichir leurs riches patrons et propriétaires. La seule alternative que je vois pour arrêter ce processus de servage est dans la création d’entreprises coopératives gérées par l’ensemble de ceux et de celles qui y travaillent. Mais je reste ouverte à toutes autres idées d’alternative qui respecteraient le partage des bénéfices issus du travail à tous et, bien entendu, la solidarité des travailleurs entre eux, en cas de maladie, d’accident.
Si vous ne l’avez pas encore lu, je recommande le livre de Monique et Michel Pinchon, "Le président des riches", enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy.
Les liens de sang entre les entreprises du cac40 (http://www.alternatives-economiques.fr/fic_bdd/article_pdf_fichier/1274372604_cac40_3.swf)
Au plaisir de vous relire.
petite chanson :
Le soleil s’est posé là-haut,
Léger comme un matin de Pâques.
Moi, je suis couché sur le dos,
Dans mon hamac.
Ça dure depuis des années,
C’est dans mon signe du Zodiaque.
Peut-être même que je suis né
Dans mon hamac.
Parfois je voudrais travailler,
Mais y’a ma flemme qui contr’attaque
En me glissant un oreiller
Dans mon hamac. Oui, c’est ça, mon vieux.
D’ailleurs, à voir les autres faire,
Je sens bien que ça les détraque.
Moi, j’ai une santé de fer
Dans mon hamac.
Je n’ai pas froid, je n’ai pas chaud,
Je n’ai pas faim, je n’ai pas soif.
Le vent tendrement me décoiffe
Et vient me caresser la peau.
Oui, mais l’argent, faut pourtant l’ trouver,
Mais j’ai plus d’un tour dans mon sac :
Je m’fais payer pour le brevet
De mon hamac.
C’est un hamac étudié pour,
Suspendu comme une Cadillac,
Presque une maison, un nid d’amour
Que mon hamac.
Aussi lorsqu’il y a dans l’air
Un doux parfum aphrodisiaque,
On peut voir les feuilles à l’envers
Dans mon hamac.
Mais s’il y a de la place pour un,
Quand on est deux, ça change et crac.
Tout compte fait on est aussi bien
Sur l’herbe !
Georges Moustaki - Dans Mon Hamac.
http://www.youtube.com/watch?v=_e0QkWmJUVE
Écrit par : Miss Fisher Brown | 31 janvier 2011
Répondre à ce commentaireJ'ai l'impression que nous sommes plusieurs à penser comme ça. Qu'on est fatigué de toutes ces arnaques, magouilles et système capitalistique à tendance maffieuse qui ne nous sont profitables en rien. Tous les jours il faut trimer pour ramener du chiffre. Pourtant, le temps passe, on vieillit, on subit... et on transmettra à nos futurs gamins un monde morose attiré par l’appât du gain et à moitié ravagé par la connerie humaine. Je cherche une solution, j'espère une solution au point où j'en désespère d'en trouver une... Vu que rien ne change, peut-être tout simplement faut-il rentrer dans le moule et attendre que ça passe (retraite, mort, bye-bye) ? Fermer sa bouche et ne plus espérer ? A-t-on ne serait-ce que le moyen de lutter ? Merci pour l'excellent article qui traduit ma pensée, allez je retourne dans ma déprime, tchao les philosophes !
Écrit par : Tropic Jones | 31 janvier 2011
Répondre à ce commentaireMais chers amis, ne l’aviez-vous point deviné, tous cela porte un nom : Le fruit de la démocratie, soit, sous le prétexte hautement respectable des droits de l'homme, le droit de voter pour des gens qui vont renforcer l’état de droit et par conséquent celui de se faire mettre sévère !
Écrit par : Un Franc Pek | 31 janvier 2011
Répondre à ce commentaireBonjour, merci pour l'URL= mer.de.!!! Oui on y est , c'est la ...merde.!!
Je ne connais rien dans le "capitalisme"et toutes les magouilles correspondantes....
Je n'ai jamais fait de "grande politique", faut dire, dans ma jeunesse il n'y avait que
le travail (mais reconnu, si bien fait)... Aujourd'hui il faut se demander où sont passées
nos "VALEURS"?? Triste et écœurant! Je vous plains, Mesdames,
Messieurs, car bosser pour une armée de corrompus, de profiteurs qui se foutent pas mal
de votre poire, ça peut déjà être décourageant et déprimant.
Faut-il vraiment en venir un jour au point du RAS-LE-BOL, comme ce fût le cas pour d'autres
pays?? Souhaitons que non, il se peut qu'il y ait encore qqs têtes "bien" pensantes en France.??? Avec mes 75 berges, je ne peux malheureusement que vous dire ma solidarité.
Écrit par : schmidt | 31 janvier 2011
Répondre à ce commentaire@Pek franc : le gouvernement [ du / par le / pour le ] peuple basé sur la constitution d'un certain ordre social muni d'un certain nombre de principes fondamentaux de base non négociables, c'est la République.
La démocratie, c'est autre chose. La démocratie libérale ça peut vite devenir n'importe quoi. Le loup libre dans le poulailler libre. La République des trois petits cochons, elle lui fait "Paf paf paf !", au loup.
Écrit par : Soleil | 01 février 2011
Répondre à ce commentaireOlé!
Écrit par : Séb. Font. | 02 février 2011
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