24 octobre 2010
2012, Commence Aujourd’hui !
Bien sûr, mais comme nous le savions, c’était plié d’avance, il était clair que Nicolas Sarkozy ne reculerait pas, et pour une fois, il y a de la cohérence dans cette attitude, de ce que d'aucuns ont qualifié de « ligne dure », et cette attitude porte un nom intranquille : la rupture !
Car il nous l’avait promise, n’est-ce pas, lors de sa campagne présidentielle, la rupture, à commencer par celle d’avec ses prédécesseurs (« des rois fainéants ») mais aussi avec un héritage qu’il souhaitait « liquider », celui de Mai 68.
Or donc, qu’il cède à la rue, aux blocages, à la contestation, alors qu’il avait fait de cette réforme des retraites, paraît-il, la « pierre angulaire » de son quinquennat, et c’en était fini pour lui. Je veux dire de ses chances de briguer (victorieusement) un second mandat.
Certes, et beaucoup se sont follement amusés à le rappeler, elle n’était pas au programme, cette réforme des retraites. Et Sarkozy lui-même l’avait précisé, très exactement le 27 mai 2008 sur l’antenne de RTL : « Ce n'est pas un engagement que j'ai pris devant les Français, je n'ai donc pas de mandat pour faire cela. Et ça compte, vous savez, pour moi.». Il aura fallu une crise « sans précédent » pour qu’il fasse ce qu’il n’avait pas dit, lui qui pourtant, et plus d’une fois, aimait à chanter ce refrain : « Je ferai ce que je dis, je dis ce que je ferai. ». Accordons-lui le fait que depuis son élection, les données ont changé. Qu’au vu des déficits (abyssaux) se creusant, il fallait effectivement une réforme. Tout autre que lui, l’aurait engagée. Le nier, serait être aveugle, sourd et borné.
Sauf que, les manifestants, soutenus par les 2/3 des français, n’étaient pas contre une réforme des retraites mais son contenu. Contre un texte injuste, « mal fichu », bricolé à la va-vite, sur fond de bouclier fiscal et pénalisant encore une fois les classes moyennes, soit : la France qui se lève tôt !
Et quand j’entends certains éditocrates, ces jean-foutre grassement payés, nous seriner que non seulement contester par quelle que forme que ce soit ne sert à rien, mais que de surcroît, cela renforce copieusement Nicolas Sarkozy en points Smiles en vue de l’élection présidentielle, ça me titille grave les arpions, je bouillonne au carré, à ce point qu’il ne faudrait pas trop me pousser pour que j’enfile une cagoule et lève une armée de casseurs nouvelle génération en bonne et due forme ! Car, y’a tout de même des limites au foutage de gueule et du peuple !
Qu’aurions-nous dû faire, alors ? Restez sagement chez nous à regarder les trains de riches passer ?
Non Marcel, ne va pas manifester, ni bloquer la raffinerie, t’es con ou quoi, ne sais-tu pas qu’en agissant de la sorte, tu fais le jeu de Nicolas ? Eh oui ballot, en contestant, tu favorises sa réélection ! Achète-toi un cerveau, Marcel, ne vois-tu pas que c’est un horrible piège que l’on te tend !
Non mais ça va pas non ? Depuis quand ce genre de considérations de salons cossus du XVIè arrondissement de Paris ou de plateaux télévision à la noix de Chabot ou de Denisot entrent en ligne de compte dans la colère du peuple ?
Que Nicolas Sarkozy joue aux échecs avec l’électorat, principalement le sien, ça le regarde, mais nous, c’est pas notre affaire ! On s’en bat les cacahuètes. Une réforme de retraites, oui, on en veut bien, because on voudrait bien la palper le moment venu, mais de celle-là, on n’en veut pas. Et on le fait savoir ! ... Et pourquoi ? ... Parce que nous sommes dans une démocratie. Que la grève est un droit. Et que l’identité nationale française, celle dont on nous a rebattu les oreilles et le reste, elle est aussi là, dans cette formidable propension à se rebeller, à dire non, dès qu’une injustice montre le bout de son museau, dès qu’on voudrait nous y faire passer des vessies pour des lanternes.
Les éditocrates, ceusses qui n’ont jamais été fichus de pronostiquer quoi que ce soit, à commencer par Jean-Marie Le Pen au second tour d’une présidentielle, ou Marie-Ségolène Royal candidate « crédible » du PS, et je ne parle même pas de la crise qu’ils n’ont pas vue venir (alors qu’elle se radinait chaussée d’énormes sabots de sept lieux) voudraient nous faire avaler qu’en contestant haut et fort cette réforme des retraites nous ferions le jeu de Nicolas Sarkozy, nous le renforcerions, et lui (re)donnerions des chances de remporter l’élection présidentielle de 2012 ? Alors que nous ne sommes qu’en octobre 2010 ! Mais qui sait ce qu’il peut se passer d’ici à 2012 ! Tant de choses, et peut-être pas des plus joyeuses !
Qui plus est, outre nous prendre pour des benêts de compétition, c’est aussi prendre Sarkozy pour un simplet, ce qu’il n’est pas. Ce mec-là a bien d’autres cartes à abattre : la présidence du G20, bichonner et tu vas voir comment, le troisième et le quatrième âge, nous raboter une réforme fiscale dont tu me donneras des nouvelles, et comme de bien entendu, si ça ne suffit pas, en remettre une louchée sur la sécurité et l’identité nationale. Tout est déjà dans les tuyaux, bien ficelé. Alors à d’autres, les élucubrations à balles deux !
D’autant plus que c’est peut-être l’inverse qui risque de se produire. Ce qui n’a pas été pris en compte par ce gouvernement d’ultra-droite, peut très bien se retrouver en 2012, dans les urnes, sous la forme d’un vote massif et protestataire. Oui, peut-être bien que ces manifestations et ces blocages n’étaient qu’un hors-d’œuvre ! De l’amuse-gueule !
Et quand j’écrivais qu’il ne fallait rien lâcher, je pensais à cette échéance, la présidentielle.
A partir d’aujourd’hui, il faut mobiliser, à tous les niveaux (y compris sur Internet) travailler d’arrache-pied pour que cette contestation se traduise par la voie du suffrage universel. Autrement dit, ne pas penser que c’est perdu, foutu, comme on voudrait nous le faire croire, ne pas bouder les urnes en 2012, mais les « bourrer » de nos votes protestataires.
Certains vont geindre leur mère, le PS notamment, en appelant, vous verrez, au « vote utile », évoquant la menace (ah ! le fameux spectre éternel du 21 avril) mais là encore, ce n’est pas notre tambouille ! A eux de se démerder à être solides, forts et convaincants, et surtout : de gauche ! S’ils ne le sont pas, alors tant pis pour eux !
Que Nicolas Sarkozy n’ait pas reculé d’un iota sur le dossier des retraites, c’est normal. Il n’avait pas le choix.
Mais nous, non plus.
Et quand on est fort du soutien des 2/3 de la population, notre devoir c’est de transformer l’essai.
Or donc, en avril/mai 2012.
16:38 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réforme des retraites, blocages, casseurs, manifestations, editocrates, la rupture, présidentielle 2012, nous sommes le peuple, vote protestataire, pas d'abstention en 2012, bourrer les urnes, fuck le vote utile !, 2012 commence aujourd'hui |
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20 octobre 2010
A La Famille Qui N’A Pas Sauvé La Vie De Mon Ami
Jean est un ami. A ce point que, comme l’on dit parfois, je le connais comme si je l’avais fait.
Cette année, Jean fêtait un anniversaire. Ses 20 ans.
De séropositivité.
Quand il apprit qu’il avait contracté le virus, en mai 1990, j’étais là. Je me souviens des médecins, comme ils étaient salement embarrassés. Même celui de Jean qui, pourtant, est devenu une sommité en la matière.
Il n’y avait rien pour soigner les patients. Juste un médicament nommé le Retrovir (AZT) que très vite des associations, comme AIDES notamment, ont déconseillé de prendre. C’est pour cette raison, m’a-t-il dit bien souvent, que Jean a fait ce choix douloureux : ne pas le dire à sa mère. Parce que c’était mort, qu’il n’y avait pas d’espoir. Il ne voulait pas qu’elle passe son temps à s’inquiéter, lui causer plus de tracas qu’elle en avait vécus jusque-là. Il me confiait qu’elle n’avait pas eu la chance d’avoir une belle enfance, ni même une adolescence joyeuse. Qu’elle en avait bavé des ronds de chapeau et des plus copieux. Et puis, elle était veuve. Et n’avait pas refait sa vie. Le père de Jean est mort à 56 ans. Un an après avoir pris sa retraite. C’est un chagrin de cancer qu’a eu sa peau et ses os.
Pour toutes ces raisons, Jean estimait qu’il devait épargner sa mère du mal qui le frappait. Il était persuadé qu’il « partirait » avant elle. Alors à quoi bon en rajouter ?
Les années passèrent, Jean se dispersait. Jamais il ne disait non à une fête, un repas, une sortie. Ce qui lui restait de temps, il le consumait passionnément. Parfois, nous apprenions la mort d’untel ou d’unetelle et ça le fracassait. Il ne comprenait pas, se sentait même coupable, d’être lui, encore en vie. Dans ces moments-là, il pouvait se cloîtrer pendant des semaines entières.
Et puis, en 1996, elles sont arrivées, les trithérapies. Et les données ont changé. Alors qu’ils étaient morts ou quasiment, aux séropositifs, on leur annonça qu’avec ce traitement, ça n’était plus le cas. Oh ! certes, il était impossible de dire avec exactitude qu’ils pourraient vivre en toute quiétude, mais ils leur étaient désormais possible de faire des projets. D’envisager une vie presque normale.
Cette nouvelle, bien que bonne, fut pour Jean et tant d’autres, un choc assez brutal. Il fallait tout réapprendre. Marcher, respirer, parler … Aimer ! Et pour longtemps, peut-être.
Jean s’est marié. Une cérémonie toute simple. Et bienheureuse. Il faisait beau, on riait, il y avait un cerisier. Quelques jours après, Jean me dit qu’il avait pris une décision. Qu’il était temps de le dire à sa mère. Qu’il était séropositif.
Quand je lui demandais pourquoi, il me répondit ému que durant toutes ces années, il avait du mal à communiquer avec elle. Et qu’il en souffrait. Il me dit aussi qu’elle ne s’était pas manifestée pour son mariage. Ni bouquet, ni lettre, pas même un coup de fil. Il pensait que le temps était venu et que celui qui restait, il ne le voulait pas fait de non-dits. Peut-être, disait-il, me comprendra-t-elle mieux, pourquoi durant toutes ces années, j’étais un peu distant, triste, bien que présent. Pourquoi aussi, j’ai brûlé ma vie, sciemment. Et puis, les traitements, les progrès de la médecine, et lui qui en était la preuve vivante, tu vois, elle n’a plus de raison de s’inquiéter, c’est pas comme il y a vingt ans.
Jean n’appela pas sa mère. Il lui écrivit. Je l’ai lue, cette lettre. Il y tenait. Je ne trouvais rien à redire. J’étais ému à mon tour.
La lettre partit, quelques jours passèrent, et enfin, elle lui répondit. Elle parlait beaucoup d’elle, de sa maison, de ses petites-filles, de ses problèmes de dos, de santé en général. Pour le reste, elle indiquait qu’elle « s’en doutait, un pressentiment » et qu’il lui faudrait « énormément de temps pour assimiler cette situation », soit la séropositivité de son fils. « Cette situation » … Alors, Jean lui écrivit encore. Plusieurs fois. Lui envoya un livre dans un joli paquet et soigneusement choisi. Une carte postale fleurie d’une ville où il séjournait pour un week-end. Mais à ce jour, il n’a plus de nouvelles de sa mère. Et chaque jour, son premier geste, c’est guetter le facteur. Même le dimanche. Mais toujours rien. Depuis des mois, c’est le silence.
Qu’il vente ou qu’il neige, qu’il ait du travail ou pas, qu’il sortît de l’hôpital ou de quelques autres pépins, Jean s’est toujours débrouillé pour rendre visite à sa mère. Ainsi qu’à sa sœur et ses deux enfants. C’est avec joie, mais appréhension aussi, qu’il bouffait les kilos de mètres qui le séparaient de sa famille. La plupart du temps, il couchait à l’hôtel. Il disait que c’était plus pratique ... Quand il rentrait de ces séjours, je le trouvais abattu et triste. Alors, je le pressais de me raconter. Tant et tant que dernièrement, il a fini par tout me dire.
Que sa sœur était au courant ; de sa séropositivité. Il s’en voulait de le lui avoir dit. Il n’aurait pas dû. Elle ne pouvait recevoir une telle information. Au début, ça allait, tant bien que mal. Puis, quand elle eut un premier enfant, tout a changé. Elle était angoissée quand Jean était là. Elle avait peur. Qu’il prenne la petite sur ses genoux, et c’était la panique !
Jamais elle ne prenait de ses nouvelles, pas plus de sa santé. Elle n’en parlait jamais. Faisait comme si ça n’existait pas. Jusqu’à ce jour, y’a pas longtemps, où elle lui demanda (par mail) de ne plus venir. Jamais ! Et pour toute explication, elle a juste écrit « qu’elle se sentait mal à l’aise avec lui ». Son propre frère.
Il y a dix ans, m’a dit Jean, trois jours après être passé la voir pour fêter Noël, elle l’appellera telle une furie, en hurlant que sa fille saignait, et lui demandant ce qu’il avait « foutu » avec elle !
- Pourquoi ne m’as-tu jamais dit ça ? Je demandais à Jean.
- Je n’osais pas. Je trouvais ça si moche ..
- Et ta mère alors ? Dis-moi ! C’est quoi l’histoire ? La vraie !
Jamais elle n’est venue le voir. En vingt ans de temps. Je veux dire qu’elle n’a jamais vu un seul lieu où ait habité Jean. C’est pas faute de l’avoir invitée, pourtant. Mais toujours, elle refusait. Alors c’est Jean qui faisait le déplacement. Qui venait la voir. L’embrasser. Lui faisait les courses quand elle était malade.
Jamais non plus, elle ne l’appelle. Pas plus qu’elle ne lui écrit. Ni prend de ses nouvelles. Et quand il lui faisait parvenir des fleurs pour son anniversaire, elle ne le remerciait pas. Comme elle ne l’a pas fait pour les livres. Si ce n’était pas Jean qui s’enquérait d’elle, il n’aurait, sans doute, eu aucun signe de vie pendant ces vingt ans.
Quand sa première compagne mourut, elle ne vint pas aux obsèques. Elle n’était pas à ses côtés pour le soutenir dans cette épreuve. Etait-ce parce qu’elle était morte du Sida ? ... Et d’ailleurs, il ne fallait pas le dire, qu’elle était morte de « ça ». Il ne fallait pas que la famille sache. Ni les voisins. Ni personne.
- Que t’a dit le médecin ?
- Que je n’y peux rien. Je ne peux rien faire, Philippe ...
- C’est tout ce qu’il t’a dit ?
- Non. Il m’a parlé de bêtise et d’ignorance. Alors j’ai dit que tout de même, le temps avait passé, que les mœurs avaient sans doute évolué, que ..
- JEAN !
Je ne sais pas si Jean a voulu épargner cette mère qu’il aime tant, et place sur un piédestal à s’en faire mal. Je crois plutôt qu’il redoutait qu’elle le chasse, comme d’autres familles l’ont fait. Il a cependant cru sincèrement à son « histoire ». Il vient non pas de se rendre compte, tant il l’entrevoyait, le redoutait depuis toujours, de ce qui effraie sa famille, lui fait honte, et veut taire, juste il pensait gagner la bataille du temps, pensant un peu naïvement, qu’il change les gens. Qu’il les élève. Mais il n’en est rien.
Jean continue à guetter le facteur. J’ai beau lui dire de ne plus attendre, de profiter de son bonheur avec sa compagne si tendre et si belle, il n’arrive pas à accepter le fait qu’en 2010, sa propre famille l’ait chassé de sa mémoire, pour toujours et à jamais, parce qu’il est séropositif.
18:04 Écrit par Philippe Sage dans Récit | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sida, hiv, trithérapie, séropositivité, séropositf, syndrôme du survivant, la famille et le sida, le sida et la solitude, bêtise, ignorance |
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15 octobre 2010
Ne Rien Lâcher ! [C’est Aujourd’hui Que 2012 Se Gagne !]
Enfin !
Après trois ans de yachting, de jogging, de bling-bling, puis de kidnapping, de forcing, de pressing, BING ! Est venue l’heure du grand warning !
Tous les mensonges, tous les sophismes, toutes les contre-vérités, relayés sans vergogne par des laquais, des sous-fifres, voire mêmes des anciens barons du mitterrandisme, sont enfin contestés dans les rues, les raffineries, les ports, et demain, j’espère, sur les routes avec le grand retour de Tarzan-le-camionneur !
Tous ceux qui se sont engraissés, et copieux, pendant ces trois années, vont manger sévère, et peut-être bien, jusqu’à leur golden-parachute et leur retraite-chapeau !
Ce n’est pas uniquement une réforme qu’est rejetée, mais une politique insupportable, frayant avec les idées d’extrême-droite, caressant les puissants, protégeant les délinquants en col blanc.
Trois ans comme rarement la France en a vécu sous la Vè République, celle qu’on nous annonçait « irréprochable » ! Irréprochable, mon cul ! Car nous, nous pouvons le dire, le crier, le hurler, nous ne sommes pas des hommes ou des femmes politiques, usant de mots techniques, technocratiques, policés et complices. Nous, nous sommes le peuple ! Notre langage n’est pas châtié, et il le sera d’autant moins tant que nous serons chassés ! Chassés du travail, chassés du territoire, chassés de nos usines ! On en a assez avalé des couleuvres. Des « Travailler plus pour gagner plus » ! Des « Nous sortirons plus forts de la crise que nous y sommes entrés ».
Nous ne travaillons pas plus pour gagner plus, nous sommes de plus en plus esclavagisés, corvéables à souhait, précarisés. Et ceux qui sortent plus forts de la crise, ce sont les puissants, les décideurs, les dominants. En réalité, ils se servent de la crise pour atomiser nos droits acquis chèrement, liquider les aides sociales, l'accès aux soins, pour faire passer les lois les plus liberticides, pour nous rendre plus serviles que nous ne l’étions déjà, abrutis de télé-crotte, écran de la propagande, diffuseur de bonheur à balles deux, lobotomie quotidienne, et n’en déplaise à Montebourg, il n’y a pas que TF1 à pointer du doigt, mais l’ensemble, ou quasiment, des programmes du PAF !
Mais pif, prends ça dans ta face, elle est finie, terminée la comédie ! Il ne faut rien lâcher ! Il faut qu’ils la mordent, et pas qu’un peu, la poussière. Nous ne payerons pas ! Ce n’est pas à nous, les salariés, les laborieux, les classes plus que moyennes de raquer pour les erreurs et les errements d’une minorité. Ce n’est pas à « La France qui se lève tôt » de marner plus qu’elle ne marne. Du fric, des thunes, de l’oseille, il y en a. Nous le savons ! La France est le troisième pays (au monde) d’asile des millionnaires ! C’est dire si des ressources, y’en a. Ça regorge, ça déborde ! Et qu’on ne vienne pas nous dire que si leur était demandé de contribuer à l’effort national, ces fortunés prendraient le maquis. Pour aller où ? A d’autres ! C’est des baveries. De l’enfumage !
Oui, il y a des solutions pour financer le régime des retraites. Et demain, l’assurance-maladie ! Mais celles qu'on nous vend et avance ne sont ni justes, ni même honnêtes.
Alors, il ne faut rien lâcher ! Qu’on soit lycéens, étudiants, salariés, chômeurs, exclus, et même retraités, il faut dire « non ! » quitte à bloquer tout ce qui peut être bloqué. Parce que, durant trois ans, à la « France qui se lève tôt » on lui a mentie. On l’a trahie et abandonnée. Et qui plus est, parce qu’il fut appliqué, pas à pas, un à un, une partie non négligeable du programme de l’extrême-droite, il est de notre devoir de ne rien lâcher !
C’est aujourd’hui que 2012 se gagne. Aujourd’hui ! Pas demain.
Ajout du 19 cotobre : Le débat continue sur Agoravox [224 contributions]
15:06 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grève générale, blocus, réforme des retraites, acquis sociaux, nous sommes le peuple, la france qui se lève tôt, une république irréprochable, la france est un pays riche, propagande télévisée, laquais, extrême-droite, esclavage, crise économique |
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13 octobre 2010
LOL ! La Jeunesse Est Dans La Rue !
Non mais, qu’est-ce que j’apprends ? Dites-moi que je rêve ! Le « jeune » a rejoint en grand nombre le cortège des manifestants, ceusses qui ne veulent point de la réforme des retraites de ce gouvernement d’ultra-droite ? Moi qui croyais que le gros kiff du « jeune » c’était d’organiser des apéros géants, de skybloguer ou de faire marrer la France entière avec un No Sarkozy Day, pardonnez-moi – comme dirait Yves Calvi – mais LOL, mdr, et gifs animés par la même occasion ! Ah ça, j’avoue, j’en suis bien ébaubi ! Non, vrai, c’est la meilleure de l’année ! Même que, tiens, vous me la copierez !
Alors oui, je sais, mon Kikou-LOL, tu vas m’envoyer, recta, dans les gencives que tiens donc ! ma prise de position due à mon étonnement baba, cette ironie en liminaire que t’as parfaitement saisie, et comme c’est curieux, voire éminemment suspect pour un « gauchisssse » de mon espèce, me range illico et presto dans le camp des néocons, n’est-ce pas, mais si tu veux bien prendre deux ou trois minutes de ton temps Biactol, je m’en vais t’expliquer ce qui m’escagasse le ciboulot, mon « jeune ».
Je ne vais pas te demander si par hasard tu serais pour une retraite par répartition, capitalisation, à la carte, combien d’annuités, quid de la décote et tout le merdier. Sans parler de la pénibilité. Si t’es dans la rue, que tu bloques des bahuts, c’est que t’es au jus. T’as potassé copieux le dossier ! T’es calé, mon Kikou ! T’as même pas besoin qu’une marionnette catho de Poitou-Charentes vienne te pousser au train en te stridant : « Tous ensemble/Tous ensemble/Ouais ! ».
Moi-même quand j’avais 15 ou 16 piges, la retraite, ça me travaillait sévère, itou. Même que je ne pensais qu’à ça. A ce point que mes vieux m’ont délocalisé dans un internat pour me refaire l’éducation. Mets-toi à leur place ! Un adolescent qui cause, matin, midi et soir, de sa retraite future, ça les a fait flipper grave. Ils se sont dit que j’avais le singe ou un truc du genre. Voire, que les sages-femmes s’étaient gourées à la maternité quand fut venu le temps de refiler la viande fraîche alias Bibi ! Bref, que j’étais pas des leurs, y’avait comme erreur sur la marchandise ! Comment se faisait-il que ce chiard, il ne parlât QUE des retraites alors que les autres, ceusses de son âge bête, y faisaient les cons au mieux, signaient des pétitions pour la liberté, les droits de l’homme, défendaient pauvres, opprimés et sans-papiers, au pire (oui, mes darons étaient farouchement sarkozystes avant l’heure) ... Ah oui, comme je te comprends « mon jeune », tant comme toi, j’ai dû convaincre un monde incrédule, celui des adultes courbés, serviles et lâches, que mon combat n’était point instrumentalisé par je-ne-sais-quels gougnafiers de gauche molle. Même que j’ai poussé le curseur jusqu’à plus soif, démontrant par A+B et intégrale de mes fesses, que si on continuait sur ce chemin, y’a une affaire qu’allait nous tomber sur le paletot, du genre subprimes : Parfaitement, mon Kikou ! Moi, Philippe Sage (c’est mon vrai blaze, j’donne pas dans l’anonymat crapuleux, nouveau symbole de la démocratie et de la liberté d’expression triomphantes) j’avais par mon engagement sincère et précoce, entrevu l’inéluctable, la crise qui nous mine et ronge, l’actuelle, celle qui permet à un gang de jean-foutre de faire passer tout un tas de lois, ô combien liberticides. Tu vois où ça y mène d’être préoccupé dès les premiers poils pubiens par l’angoisse, celle d’une retraite pas certaine ?
Oui, je sais, là, tu te dis que très ouvertement je me fous considérablement de ta gueule d’ange. J’aurais dû, c’est vrai, y ajouter des LOL, des mdr ou des ptdr ... Nonobstant, c’est pas faux ... Sauf que, c’est pas moi qu’ai commencé, mon Kikou. C’est toi, qui te fous ouvertement de la nôtre. En nous faisant croire que tu manifestes CONTRE la réforme des retraites de ce gouvernement d’ultra-droite. Que les retraites, ça te cause un gros souci. Que c’est ça, TA priorité.
Alors de deux choses l’une, « jeune » : soit t’es vraiment instrumentalisé, et c’est moche. Soit t’es monté à l’envers. J’opte pour cette seconde solution. Parce que, vois-tu, il se trouve que, pendant que tu faisais ton mariole, mardi, ton gouvernement, dans le saint temple laïc de l’Assemblée nationale à 294 voix contre 239, faisait passer une énième loi contre l’immigration. Et pas une petite. Avec – entre autres – comme dégueulasseries, extension de la déchéance de nationalité, durcissement de l’obtention de la carte de séjour pour les étrangers malades, modification terrifiante de la procédure judiciaire administrative d’expulsion (de sans-papiers, de miséreux ou de Roms, par exemple) sanctions pénales pour ce que les amis de M. Besson nomment les « mariages gris », et il était moins une avant qu’ils ne remettent en cause le droit du sol ! ... Ce que je veux dire, c’est que depuis sept ans, ton pays, la France, applique pas à pas, même pas sournoisement, et un à un, quelques articles en bonne et due forme venus tout droit du Front National et toi, tu bouges pas ton cul ? Mais si la jeunesse de ce pays, celle qui traditionnellement monte au créneau, et comment ! sur des sujets aussi graves, ne moufte pas, quelle est donc cette jeunesse, sinon une jeunesse à balle deux ? Une égoïste au carré, une déficiente du cervelet qui voit pas plus loin que le bout de son nez !
Où étais-tu pendant que la clique Hortefique chassait du Rom pendant l’été ?
As-tu seulement protesté, même mollement, au son du cor du discours de Grenoble ?
Quand je pense que pour moins que ça, les lois Debré (1997), ça pétitionnait à tout va, ça s’insurgeait, criant à la lepenisation, et qu’aujourd’hui, ça ferme son clapet et nous ferait croire que ça en aurait à caguer de sa retraite ? Non mais, vous vous foutez du monde, les « jeunes » ?
Quand une jeunesse ferme sa gueule, laisse faire, qu’elle ne lève pas le moindre petit doigt, ne se mobilise pas, jamais, contre de telles lois honteuses, d’autant plus que c’est la cinquième en sept ans, alors que c’est d’elle, sur ces sujets précis, que devraient venir la colère, le refus, le chambard, elle n’a alors aucun autre droit que de continuer à la fermer, à filer doux, jeunesse carton-pâte, juste bonne à kikouler, facebooker, apérotiser ou noSarkozyder.
Sur ce, veuillez agréer, « jeunes » de ce pays, mes mdr les plus LOL, tant je ne vois pas ce que vous mériteriez d’autre(s), en tous les cas, pas la moindre considération. Et basta !
Ajout du vendredi 15 octobre : Lis ça !
Ajout à cet article : Sarko ne récolte que ce qu'il a semé !
15:18 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lol, mdr, ptdr, kikoulol, réforme des retraites, les lycéens sont dans la rue, loi contre l'immigration, déchéance de nationalité, droit du sol, mariages gris, chasse aux roms, discours de grenoble, france ta jeunesse fout le camp |
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11 octobre 2010
Internet, « Le dixième cercle de l’Enfer »
Ça a commencé par une page blanche. Ou presque. On me disait de « taper » mais je ne savais pas quoi. Et comme je ne savais pas, on s’en étonnait ; j’étais pitoyable d’impuissance, de désarroi, décevant une nouvelle fois … Si ! j’avais bien des trucs qui me passaient par le ciboulot, mais là, devant tout le monde, ça me faisait à la fois honte et chier. Au fond, j’avais pigé, dès le début. Parce que, justement, les premiers mots qui me venaient, ceux que je me refusais de « taper », là, devant témoins, gênants ; les mots.
Or donc, c’était couru d’avance, cette affaire. Devant moi, en réalité, j’avais une bombe. Tu la files au tout-venant, et boum !
Tu vois ce film de Lars Von Trier, Dogville ? Pas facile … De ceux qui rebutent. Parce que radical. L’histoire, on s’en fout. Ou quasiment. C’est un prétexte. Je crois … Ce qu’il faut voir, c’est ce qu’il n’y a plus. Autrement dit ce qui permettait l’intimité. Le secret. La nécessité. Dans Dogville, en effet, plus de cloisons, de murs. Le monde est comme une marelle. Ce qui nous sépare, c’est plus que de la craie. Il suffit de pousser plus loin l’expérience Lars Von Trier, et voilà, nous y sommes. Passées les limites, comme dirait l’autre, y’a plus de frontières. « Night And Day ». Plus de craie :
« Et ça tape, ça tape, ça tape/Ça crie, ça crie, ça crie/Ça tape, ça crie, ça gueule/Et puis ça rotative ! ». [1]
Ça n’est pas, non, « la plus grande saloperie » que l'homme ait créée, c’est l’homme qui ne change pas et ne changera jamais. Celui-ci n’est pas destiné à s’améliorer. Regarde ce qu’il fit des révolutions, ce cochon ! Pas même de la confiture. Or, je persiste et signe : il n’y a rien de plus beau, de plus grand, de plus fort que la révolution et ceux qui la font ! Et les raisons qui le poussent à la faire. Après quoi, la raison, celle des autres, reprend le dessus, le pragmatisme, la morale, tout ce qui nous encombre, ce dont on refuse de se défaire, peur du vide, de l’inconnu, d'un nouveau monde. Je veux dire que tout finit par rentrer dans l’ordre, c’est ainsi. Toute révolution est vouée à l’échec, de par la nature même de l’homme. Parce qu’il ne peut vivre sans adorer, haïr et suivre ... Détruire, le fascine. Un instant, un instant seulement. Le sang, les décombres, au minimum les barricades, ça lui explose le cerveau. Il préfère le « tranquille », le « foutez-y moi la paix », le pérenne illusoire, quitte à y perdre sa dignité ... Construire, alors. Un foyer, une société, un « vivre ensemble ». Mais cette construction est une tombe. Une autre destruction. Mais tellement plus acceptable, n’est-ce pas ? D’autant plus que tout le monde est d’accord. Tant il vaut mieux une mort organisée, lente si possible, et si tout du long, tu l’as dans le cul, et bien profond, ça vaut mieux que d’y laisser sa peau avant l’autre.
Or donc, puisque les dés sont jetés, qu’il n’y a plus que des fous, des lâches ou des terroristes, aucune révolution n’est possible, seul le chaos est désormais envisageable. Internet en est le moteur (de recherche).
Cette page blanche, ou presque, cette barre d’adresse à l’origine.
Comme toute révolution ou supposée telle, Internet promettait beaucoup. Le grand, le beau, le fort. Un nouveau monde. Mais quel nouveau monde pouvait être bâti puisque son maçon nous le connaissons et savons qu’il n’est pas destiné à s’améliorer ?
Une barre d’adresse à l’origine, un moteur de recherche, un réseau. Un tentacule. Oui, un et un seul, car la prolifération est une illusion, un leurre. On pourrait croire, effectivement, que la multiplication des pages, quasi à l’infini, aboutirait à une prolifération des idées, à une explosion de la connaissance, de l’imagination, de la jouissance ... Oh ! certes, Internet n’en est pas exempt, et tant mieux ! mais plus le tentacule prend de l’ampleur, plus le grand, le beau, le fort est balayé, relégué, noyé. Le militaire l’a emporté sur le libertaire. Car oui, il y a quelque chose de militaire. Avec pour clairon, le « buzz ». Taratata-taratata et tout le monde rapplique ! Garde-à-vous devant l’immédiateté ! Fixe devant le propagateur ! Et le réseau qu’il constitue (blogroll, followers, « amis », etc.) est en réalité, un escadron de suiveurs, un bataillon de lèche-bottes, des recruteurs, avec pour but de grimper les échelons, prendre du galon. C’est de l’ordre de « l’embrigadement » !
« La pensée mise en commun est une pensée commune ». [2]
Alors que, Internet aurait pu conduire l’homme à s’émanciper, notamment des autres et de leurs pensées, c’est au contraire auquel nous assistons. C’est assez remarquable, tant, à la réflexion, cet outil, Internet, pourrait - pouvait - nous permettre de nous passer de presque tout, des autres en particulier, de tout ce qui nous encombre. De nous extraire. De la société. De ce merdier quotidien. Tant les possibilités offertes sont immenses. Couper avec le monde tout en l’observant - ce monde qui jamais ne changera puisque fait et refait par l’homme - l’observer quand on veut, et où on veut. Depuis un écran. Se créer, se recréer, s’inventer, s’avater, s’explorer, se démultiplier. C’était ça, le virtuel. Une marelle.
Mais le réel, l’homme, a tout effacé. La craie délimitant les espaces - Dogville. Le réel a bouffé le virtuel supposé. Et tout s’est normalisé, ordonné, hiérarchisé ... Internet, désormais, c’est UNE société. Celle que nous connaissons si bien, que parfois nous combattons, à la seule différence, que les murs, les cloisons, tout ce qui nous sépare ou nous préserve, tout cela est tombé. Et nous l’avons accepté. Au nom, paraît-il, de la liberté. A commencer par celle d’expression.
En réalité, ce que nous avons accepté, c’est de transposer sur Internet les mêmes règles, le même ordre, la même chienlit, les mêmes inégalités et la médiocrité qui l’accompagne, nous l’avons vérolé, et ce qu’il y a de plus extraordinaire ou de plus monstrueux, c’est que dans ce paquet, nous avons consenti à être cookielisés, tracés, fliqués, fichés, comme si ça ne suffisait pas de l’être déjà, dans nos vies terre-à-terre, et de s’en plaindre, pourtant.
Certes, il reste ici ou là, des pirates, des hackers, des fouteurs de merde magnifiques, paraît qu’on les achète à prix d’or, qu’on leur fait les yeux doux, pour qu’ils viennent à leur tour, sécuriser, traquer, fliquer, ficher. Et s’il en reste encore des récalcitrants, ou alors des libertaires, des hors-blogroll, des révolutionnaires, qu’utilisent la toile non pour se branler, mais pour des idées, argumentées, ils sont balayés, relégués, noyés. Tout comme DANS la société. Marginalisés.
Quant au pouvoir, qu’il soit politique, économique ou militaire, celui qu’a dans l’idée de contrôler, museler, ce merdier, ce brouhaha, ça n’est point parce qu’il y trouve un autre pouvoir susceptible de déranger ou d’abattre le sien, c’est juste pour achever la normalisation que nous avons entamée. En clair, il souhaite juste finir le boulot. Et ceusses qui croient encore que l’Internet est un contre-pouvoir n’ont en réalité rien compris. C’est juste un exutoire, du moins c’est ce qu’il est devenu. Rien d’autre qu’un exutoire. Avec ses idoles, ses adorateurs, ses suiveurs.
Tout chaos est précédé d’un infâme et insupportable brouhaha. Certains appellent donc cela, ce brouhaha : la liberté d’expression. Ceux qui se prononceront contre, ou la remettront en question, seront traités au mieux de réactionnaires, au pire de fascistes. Pourtant, Internet n’est pas la voix du peuple. Mais du peuple d’Internet. Une aristocratie. Qui ne pense jamais contre elle-même. C’est un tissu de commentaires. Et si l’on y distingue, parfois, rarement, fulgurances ou folies, beautés ou cadavres exquis, ce sont déjà des vestiges.
La liberté d’expression, cela fait bien longtemps que plus personne ne sait ce que ça veut dire. C’est un totem que l’on brandit désormais pour vomir, éructer, insulter, dénigrer, tout est bon pourvu que ce soit au nom de la « liberté d’expression ». Et plus encore, si elle est anonyme, pourquoi se gêner, n’est-ce pas, puisque l’on peut en faire n’importe quoi ! Mais c’est bien ainsi que commence tout chaos. Tu la files au tout-venant, et boum !
« Mais il y avait eu Internet. Aujourd’hui, il devait faire un effort constant, pour ne pas passer ses journées à tourner en rond sur la toile, hagard et accablé. Les commentaires. Cet anonymat crapuleux, litanie d’insultes obstinées, délivrées par des incompétents. Dès qu’il les avait découverts, il avait compris qu’il pénétrait dans le dixième cercle de l’enfer. Petits discours parallèles, sourds les uns aux autres, tous mis sur le même plan, lapidaires, hostiles jusqu’à l’écœurement. La médiocrité avait une voix. Les commentaires sur la toile. » [3]
Internet n’est pas une démocratie. C’est devenu une bombe. A retardement.
« Je suis la peste, le choléra, la grippe aviaire et la bombe A. Je suis la merde dans tes yeux, petite salope radioactive, mon cœur ne comprend que le vice. Transuraniens, humains poubelles, contaminant universel. » [4]
[1] « Night & Day » [Léo Ferré]
[2] « Préface » [Léo Ferré]
[3] « Apocalypse Bébé » [Virginie Despentes – Grasset]
[4] Valentine, personnage de « Apocalypse Bébé » [Virginie Despentes – Grasset]
16:32 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, web, dogville, blogosphère, liberté d'expression, la plus grande saloperie, révolution, chaos, fichage mondial, orwell, délation, apocalypse bébé, virginie despentes |
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04 octobre 2010
Les « Barbus » & Les « Céfrans »
Il pleut comme vache qui pisse, ce dimanche, sur cette A5. Mais pas de la gentille, non, de la vicieuse, de celle qui te fouette le pare-brise et s’accroche, tenace ... Elles se tordent, ces foutues gouttes de pluie, sous le va-et-vient des essuie-glace, balayées, c’est égal, elles refont surface, comme si à peine mourantes elles ressuscitaient, torrent liquide, de l’eau Terminator deuxième génération.
Regardant ces lombrics aquatiques, je me suis assoupi, te laissant seule happer le bitume à vitesse raisonnable ... J’ai piqué du nez, pantin désarticulé, bringuebalé ; combien de temps, je ne sais pas, pas longtemps je crois ... Tu m’as tiré de là, de ce demi-sommeil, par un sonore Tu veux un café ? .. J’ai pas dit non.
Or donc, décélération, dépressurisation, et hop, entrée molle au stand-service, celui de multi ravitaillements.
Sur un panneau, bleu-roi, il est inscrit « Troyes-Est ».
Nous pénétrons dans la boutique, moi encore dans le coltard. Les toilettes sont blindées. De monde. J’ai rarement vu ça. Ça patiente, grogne et trépigne ; toute une file qui déborde jusqu’aux premières machines à boissons. Et des deux côtés : « homme » comme « femme ». Je comprends pas. On a pourtant trouvé direct une place pour la titine, juste devant, l’idéal. Alors d’où qu’y sortent ces gens-là ? … C’est surréaliste ! Me dis que je dois être sur une autre planète, ou rien, absolument rien n’est à moins de 1€. Même la bouteille d’eau plate, la riquiqui, et pas de la marque, elle est à 1€ pile. Le café, lui, l’est pas mauvais, mais 1,5€, c’est cher payé pour de la torréfaction robotisée. Ah ! ils s’emmerdent pas, ces commerçants d’autoroutes, salopards va ! Et que ce soye Total, Shell ou Leclerc, c’est pareil. C’est juste la qualité des produits qui varient. Pas le prix. Ou à peine.
La file des chiottes se dégonfle doucement, nous sortons fumer un clope sous la pluie. Et là, je comprends pourquoi y’a tant de monde dans ce bastringue mais de la place, pourtant, pour se garer. C’est un car qu’est stationné, un peu plus haut. Immatriculé dans l’Aisne. Un car de retraités. Dont fait partie cette femme, de la vessie enfin déridée, qui dit « qu’ils sont à Troyes et qu’ils seront là dans trois heures ». Puis raccroche ... Son regard se fixe alors sur les pompes à essence. Devient mauvais ... Je le suis, et vois l’objet de sa brutale animosité : un « barbu » comme on dit, mais un de compète, un pur de vrai, sapé faut voir comme, des pieds à la tête ... Elle soupire salement la dame, avec dans ses yeux, ça j’ai bien noté tellement ça gicle et jure, comme de la haine.
Je te fais, discret, un signe de la tête, et tu découvres la scène. Le tableau. Il s’est enrichi. C’est pas un « barbu » qu’y a, là, aux pompes, c’est deux berlines entières. Cinq dans chacune. Mais qu’une qui fait le plein. Et voilà qu’il est fait. Le « barbu » se dirige vers la boutique et croise, un à un, les retraités de l’Aisne qui, eux, sortent des toilettes. Ils le reluquent, le déshabillent de leurs mirettes avec une lourde insistance. Voient les deux autos avec les autres à l’intérieur.
- J’te foutrais une grenade là-dedans, moi ! Marmonne un petit rougeaud.
Je bronche pas. Toi, non plus. On les regarde défiler, mater méchamment les « barbus ». Et déblatérer, décomplexés, leurs propos guerriers :
- Une mitrailleuse, hein ? dit un autre, bedonnant, cherchant l’approbation du troupeau. Et l’obtenant.
- Une mitrailleuse, qu’il dit encore, voilà c’qu’il faudrait !
V'là même qu’il me gratifie d’une œillade qui veut dire Pas vrai, l’ami ? .. Mais je bronche toujours pas. Même si ça me titille. Comme une envie de leur dire ben allez-y, plutôt que de marronner à distance, allez donc leur dire que vous leur y foutriez bien une grenade dans leurs tires, quelques rafales de mitrailleuses ! Qu’ils soient au courant de c’que vous avez dans le crâne ... C’est vrai quoi ! Ça cause, mais ç’a pas les couilles de dire les choses en face ! C’est pas que j’aie comme qui dirait de l’affection pour les « barbus », loin de là, pour être clair, ils m’emmerdent et copieux avec leur tralala religieux, comme toutes les religions m’emmerdent. Qu’ils aillent au diable avec leurs bondieuseries, leurs allahteries, ça m’insupporte cet étalage, cette ostentation, et d’où qu’elle vienne. Mais les entendre, ceusses de l’Aisne, avec leur petite haine étriquée, leur envie de décaniller, ça me débecquette. Ils valent pas mieux que ces « barbus ». C’est que de la misère, rien dans la tête, ou alors du moisi, du rance, du vomi. De la merde, quoi.
J’écrase ma clope, te regarde, et j’dis :
- Y’a pas d’erreur possible ! On est bien en France !
Une vieille glousse, de plaisir, se marre. Ça vaut pour acquiescement. Pauvre femme ! Elle a pas pigé. La réplique ... Si elle l’avait vu, le film de Blier, Les Valseuses, elle se serait pas bidonnée d’aise. Parce que, ce :
- Y’a pas d’erreur possible ! On est bien en France !
C’est Jean-Claude (Depardieu) qui le balance de dégoût à Pierrot (Dewaere) quand des gens pareils à ceusses de l’Aisne veulent les lyncher, juste parce qu’ils sont pas comme eux. Qu’ils ont le cheveu long. Les fringues cradingues. La gueule qui plaît pas. Une DS qu’est pas à eux. Et la bite facile. C’est à cette France-là, celle des Dupont-Lajoie, que je faisais allusion.
Et elle est toujours là. Ah ! ça oui ! Plus que jamais qu’elle est là. En troupeau. Compacte. Tu leur files le port d’armes demain, et t’y as droit, au carnage. Ils n’attendent que ça. Et « Ils » sont plus nombreux qu’on le pense.
Or donc, d’un côté des rougeauds, des bedonnants, des haineux, et de l’autre, la même chose, mais costumés.
Comme disait Timsit, le comique, j’ai l’impression que les cons de l’année prochaine sont déjà là. Pis : les cons de toutes les années prochaines. Et de tous les côtés, de tous les bords, de toutes les communautés. Ils ont pris un ticket. Et vont nous le fourrer bien profond. Reste à savoir quel est le con-d’en-haut qui va donner le top-départ … Et quand va-t-il le faire.
En attendant il pleut, et salement, sur mon pays, anciennement « des Lumières ».
09:15 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Récit | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barbus, céfrans, on est bien en france, france moisie, climat de haine, retraité de l'aisne, les valseuses, dupont-lajoie, la france de 2010, la france de sarkozy, un dimanche sur l'autoroute, musulmanisme, bondieuseries |
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02 octobre 2010
Septembre Contestataire En 140 Caractères
Septembre, bataille de chiffres, de chiffonniers, mois contestataire nonobstant syndicats délétères, à vous de juger qui sont les menteurs, qui est le mentor.
A ce propos d’à vous de juger, qu’est-ce que j’ai pu me consterner, le 9 septembre dernier, découvrant chez la Chabot un nouveau Mazerolle, une parodie de journaliste, une momie droit venue de l’ORTF et du MEDEF, un dénommé Jean Boutonnat, mais d’où qu’il sort c’lui-là ? ...
... Ceci étant, accident, je le remercie considérablement, car zappant, tant mon ennui était grand, je découvrais un nouveau jeu, très amusant, collusionner cette mascarade avec un autre programme, en l’occurrence Les Incorruptibles du sieur De Palma, et c’est ainsi que passant de Boutonnat/Chabot/Fillon/Royal aux personnages de Ness & Capone, j’en tirais via Twitter des échos rigolos ici, là, là, ici, ici, là, re-là et re-ici.
La télé, actuellement, c’est à ce point emmerdant, abêtissant, lobotomisant, inculturant, suppôt du gouvernement, que je vous y recommande cet exercice déridant. Ça vaudra toujours mieux que le révisionnisme constant d’un Thierry Roland dont Twitter se gaussa joyeusement.
Septembre, adieu mon bon vivant, place aux “bons français”, on sait pas trop c’que c’est, n’est-ce pas, un “bon français”, sans doute un formolisé par la télé-crotte, un “mal-pensant”, un dégénérant. Un qui croit aux boniments, à la “menace terroriste", à la dengue et au chikungunya autochtone, maladies médiatiques de l’automne, diversions grossières pour faire oublier discriminante circulaire, disperser et décourager les contestataires, ceusses hostiles à ladite réforme des retraites, l’inégalitaire, baiseuse de femmes, les cocues éternelles de l’Histoire, tant bien que “mâles”.
Tout de même quelques nouvelles sur cet Internet qu’on voudrait museler, des fameuses, des à lire, à imprimer, réfléchir, comme ces dix raisons de dire non, comme ce billet sans concessions et cet autre sans détours. Il n’en reste pas moins que, dans son ensemble, oui, la blogosphère est un néant, le degré zéro de pensée, le royaume des palucheurs se la pétant gravement, un tout-à-l’égo partouzant.
Aussi et enfin un livre qui n’aura pas le Goncourt, mais qu’importe, il en vaut bien d’autres, il n’épargne personne, surtout pas Internet, justement, et cette jeunesse amorphe, en carton-pâte, qu’elle soit bourgeoise ou des cités, chacun en prend pour son grade, et c’est tant mieux. C’est mérité, dix fois, mille fois. Avant que l’inéluctable ne survienne, le chaos, qu’il est bon de se plonger dans Apocalypse Bébé de Virginie Despentes.
Or donc, voici la mensuelle fournée, dérisoire et foutraque, démantelée, voire : défoncée.
16:23 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : twitter, réforme des retraites, manifestations, bataille de chiffres, a vous de juger, bons français, menace terroriste, circulaire anti-roms, apocalypse bébé, virginie despentes, inculture, sarkozysme, septembre 2010 |
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