29 septembre 2010
Hollande, L’Autre François
Qui a dit, déjà :
« Si tu n’as aucune chance, saisis-là ! » ?
Peu importe, ce qui compte c’est que cette formule absurde (quoique ..) va comme un gant à François Hollande. Car non seulement et a priori, il n’a aucune chance d’être, l’an prochain, par les primaires, désigné, élu, porté candidat du PS à l’élection présidentielle 2012, mais aussi, et surtout, c’est sa dernière chance de (pouvoir) l’être.
Pourtant, et de loin, de très loin même, c’est lui le meilleur candidat possible, c’est lui la chance des « socialistes ». La seule.
Oh oui, je sais, je les connais, les arguments, les réticences, qui, pardonnez-moi, tiennent plus de l’apparence, de la forme que du fond. Il est « pas assez » ceci, « pas assez » cela, en gros (bien qu’il ait maigri) et pour aller vite, il n’aurait pas la bouille d’un futur président. La gueule de l’emploi, quoi.
Aussi, il n’aurait pas d’image (médiatique, s’entend) ou alors, comme elle est floue !
Il serait pas très bon en télévision, non plus. Son humour, fin, féroce même, constituerait, paraît-il un handicap. Comme si un homme politique devait être austère, assommant, didactique. Plus encore qu’un Juppé ou un DSK … Et puis, il n’a jamais participé à un gouvernement. Ni comme ministre, ni comme secrétaire d’Etat. Et s’il a une image, une seule, c’est celle du type qui passe à côté, qui rate le train, tout le temps, un loser pour parler crû. Trop dans le consensus. Pas assez tueur. On aime ça, les tueurs, en France. Ah oui ! On les vénère même, avant de les haïr. On croit, en vérité, en l’homme providentiel (mais si !) à celui qui va sauver le pays, le tirer de là, on y croit dur comme fer, à cet homme-là, On l’espère, on l’attend, comme un Christ. Que l’on cloue cinq ou dix ans après, avec délice.
Alors oui, c’est un fait, Hollande n’est pas l’homme providentiel. Et tant mieux ! C’est juste un homme de fond. Plus pragmatique que l’on pense, beaucoup plus solide aussi. Il est beaucoup plus d’une manière générale que ce que, non pas il donne à voir, mais que le citoyen lui prête, lui colle en apparence. Sûrement est-ce de sa faute, mais que peut-il y faire ? Doit-il se changer, se travestir, se pipoliser, quitte à se trahir, pour plaire coûte que coûte ? Ne plus être lui-même ?
Il le sait, Hollande, qu’il n’a, a priori, aucune chance. D’où, certainement, cet air soucieux que je ne lui connaissais pas, pas à ce point-là, qui l’habitait constamment, même entre deux bons mots, samedi, le 25 septembre 2010, à Besançon, à l’occasion d’un salon du livre (« Les Mots Doubs »).
La veille, Bartolone avait enclumé, à desseins, laissant entendre qu’il y aurait un accord passé entre les deux autres prétendants, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Les favoris. Vraiment ? ... Mais les favoris pour qui ? ... Oui, pour les sondages ! C’est écrit, c’est chiffré, ce sont les deux seuls qui pourraient battre Sarkozy en 2012. Et il n’y a que cela qui compte pour eux, pour les militants, pour le peuple de gauche (expression pour le moins ridicule) : battre Sarkozy en 2012. Peu importe le candidat, finalement. Elle est là l’erreur. Hollande s’y est engouffré, habilement, déclarant que l’anti-sarkozysme n’était pas un programme mais une « paresse ». Il a raison. Ce qui importe n’est pas de battre Sarkozy, mais de gagner. Ah ! oui, la nuance est subtile, mais elle est cruciale, pourtant.
Mais parlons de ces sondages, tiens ! Or donc, ils donnent DSK et Aubry gagnants. Un an et demi avant la bataille. C’est formidable ! Dois-je rappeler que Marie-Ségolène Royal, dans les sondages, battait Sarkozy en 2006 ? Et c’est la seule raison, entendez-vous, la seule raison pour laquelle les militants l’ont désignée candidate lors des primaires de novembre 2006. On connaît la suite, elle n’a pas perdu, elle s’est faite laminée.
Alors on pourrait faire le procès des sondages ! Ces saligauds qui donnaient la Royal vainqueur se seraient trompés ? Du tout ! Y’a pas eu tromperie ! Un sondage, c’est quoi ? C’est un instantané. Une photo. Un désir. A l’avenir incertain. Et je crois bien que ces couillons de militants vont reproduire la même erreur. Voter pour le favori des sondages, oubliant que le citoyen évolue, au fil de temps, des déclarations, des évènements ... Que croyez-vous ? Qu’un citoyen vote toute sa vie à gauche ou toute sa vie à droite, quel que soit le temps ? Foutaises ! Ça n’existe pas, ce genre de citoyen, ou alors c’est un militant. Un encarté. Le citoyen lambda va de droite, à gauche, en passant par le centre et les extrêmes, il n’est pas figé. Il vote pour le plus fort. Voilà tout. Et peu importe qu’il soit d’un bord ou de l’autre. Il s’en contrefout !
D’autre part, faites cet effort, reprenez tous les sondages des élections présidentielles précédentes, et vous verrez, ils vous donnent tous, sans exception, le futur vainqueur. En février, l’affaire est pliée. On sait qui va gagner. Et pourquoi ? Parce qu’une campagne présidentielle est impitoyable, c’est un révélateur. Et ni Jospin, ni Royal, ne se sont révélés en 1995, 2002 et 2007 ... Pire : ils sont passés à côté. Complètement. Ils ont été mauvais ... Et pourquoi ? Parce qu’ils n’étaient pas les « bons candidats ».
En face, faut dire, il y avait des guerriers, des tueurs. Chirac, pourtant aux fraises, en 1994, baladé par Balladur, a remonté, et faut voir comment, son handicap sondagier. Sarkozy, c’est différent. Dès 2002, il a entamé sa campagne, prenant à la hussarde l’UMP en 2004, il en a fait une véritable machine de guerre, brutale, impitoyable, ayant compris et tiré les leçons du 21 avril 2002, décomplexé totalement, de droite dure, il était imbattable. Seul Fabius pouvait lui créer des problèmes. Car oui, en 2007, même si la marche était bien haute, ce n’était ni Royal, ni DSK qui pouvaient tenir la dragée haute à ce tribun d’exception qu’est Sarkozy, mais Fabius. Parce que c’est aussi un tribun. Un homme qui peut être violent verbalement. Et d’ailleurs, Sarkozy l’avait confié à sa garde rapprochée : « Si c’est Fabius, ce sera brutal ». Donc malaisé.
Mais ces imbéciles de militants se sont fait bernés, aveuglés, par des instantanés, oubliant ce que c’est une campagne, sa dureté, sa violence, combien le citoyen y est sensible, et combien au fil de la campagne, son désir se fait plus précis.
Le 14 janvier, c’était fini. Sarkozy avait gagné. Ah ! il faut revoir la séquence. Comment il s’est transformé, cet homme-là ! De 2002 à 2006, puis en 2007. C’est assez fascinant.
Il en est un autre qu’a suivi ce chemin. Celui de la transformation à tous les niveaux : c’est François Mitterrand. Le loser éternel. Le perdant étonnant de 1965, le vaincu surprise de 1974, mais, dès 1978, au lendemain d’une nouvelle défaite aux législatives, le voilà qui prend une autre dimension. Et quand vint la campagne de 1981, il achève sa transformation. Il se transcende. Il est méconnaissable. Ah ! ce n’est pas Jospin, tiens ! Ni Royal ! Y’avait de la matière, de la roublardise, de la stratégie, du génie même, dans cet homme-là ! Il ne pouvait pas ne pas gagner. Or, souvenez-vous, dans les sondages, ceusses de 1980, il était donné perdant, à ce point que le candidat de 1969 a cru en sa chance, je parle de Rocard. Pauvre Michel ! Comme il fut renvoyé et fissa à ses chères études ! On n’arrête pas un vainqueur !
Mais François Hollande dans tout ça ?
Eh bien, je prétends qu’il est de cette trempe. Mitterrandienne. Que cet homme se transformera. Une campagne le transcendera. Parce que c’est un tribun. Parce qu’il est solide. Impitoyable.
Il est donné perdant dans les instantanés ! Tant mieux ! C’est sa chance ! Aubry, n’en a aucune. Et pour plusieurs raisons. La première étant que non, les français ne sont pas prêts à porter une femme à l’Elysée. Certains vont hurler à cette affirmation, machisme, misogynie, phallocratie et tout le bataclan, je sais. Mais on ne refait pas les citoyens. On ne change pas les mentalités en si peu de temps. Et le temps, qui plus est, est à la crise. Pire encore, sachez-le, que celle de 29. Et c’est l’autre raison, cette guerre économique, cette guerre totale, qui constitue l’obstacle principal ... Désolant ? Sans doute ! Oui. Mais c’est ainsi, et je l’affirme, une femme, dans ces conditions n’a pas l’ombre d’une chance.
Il y aurait d’autres raisons, plus politiques, mais à quoi bon les décliner tant les deux premières sont insurmontables ?
DSK ? Ah ! Voilà un client. « Monsieur économie ». Ça rassure. L’électorat qui hésite, je veux dire. Bonne côte chez les patrons, de surcroît. Oui mais, Sarkozy (encore lui) lui a bien savonné la planche. En appuyant, en 2007, sa candidature pour la présidence du FMI. Le poste le mieux payé de Washington. Pas bête, hein ? Il est malin comme dix singes, ce Sarkozy ! Alors, comme ça, m’sieur Strauss-Kahn, vous « socialiste » payé grassement, mieux encore qu’un de mes Proglio, pendant ces quelques années loin de notre pays qui subissait une « crise sans précédent » vous vous présentez aux suffrages des français ? Mais dites-moi, m’sieur Strauss-Kahn, votre mandat au FMI, ne disiez-vous pas que vous l’honoreriez jusqu’au bout ? C’est bien ce que vous affirmiez, en 2007 ? Or donc, vous avez abandonné ce poste, oh certes, pour venir servir la France, vos compatriotes, mais peuvent-ils avoir toute confiance en un homme qui ne respecte pas ses engagements ? Comment pourrait-il croire un homme qui ne tient pas (sa) parole ?
Et puis, mais c’est détail, ce qu’il est assommant, ce DSK ! Je me souviens de son discours, le 9 novembre 2006, lors de la dernière réunion publique, à Toulouse/Labège, avant le vote des militants. Mais quel ennui ! Même Delors, c’est dire, était moins rébarbatif.
Alors qui reste-t-il ? Sinon Hollande !
Oh ! non, pas par défaut. Mais parce que c’est lui. C’est l’autre François. Aussi fin, aussi tribun, aussi impitoyable que Mitterrand. Dont, d’ailleurs, il a et prend quelques accents. Mais pour le savoir, encore faut-il l’avoir observé derrière un pupitre. Il les enfonce tous. Y compris Fabius. Il est redoutable.
Oui, c’est lui, le seul. Et de loin. Son programme est là, ficelé, mûrement pensé. Et il est prêt. Comme jamais.
Comment faire comprendre à des militants obsédés à faire chuter Sarkozy, que François Hollande est l’homme, non providentiel, mais l’homme de la situation ?
Comme leur faire comprendre qu’il les étonnera, eux, mais surtout et avant tout les citoyens volatiles, hésitants, qu’il emportera l’adhésion, parce justement, il sera une vraie, une grande révélation.
Celui qu’on n’attendait pas.
Et c’est eux, souvent, ceux qu’on n’attendait pas (ou plus), les (futurs) vainqueurs.
19:38 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, françois hollande 2012, primaires socialistes 2011, martine aubry, dominique strauss-kahn, hollande la chance du ps, plaidoyer pour françois hollande, la métamorphose de françois hollande, sondages d'opinion, comment battre sarkozy en 2012 ?, hollande l'homme de la situation, les mots doubs, françois mitterrand |
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27 septembre 2010
Remaniementor
« François, mon cher collaborateur, j’ai besoin de toi .. Tu l’as dit, je ne suis pas ton mentor, mais peut-être accepterais-tu d’être le mien le temps d’un remaniement … J’t’explique … Tu vois le grand type un peu chauve à lunettes, assis à ma gauche, qui pose benoîtement pour les photographes en pleine séance de travail ? J’en fais quoi, à ton avis : je le démantèle, je l’expulse, je le ventile, je le disperse, j’y dis ‘casse-toi pov’con !’, j’le bombarde Président-Directeur Général de la chaîne Equidia tellement il les aime, les canassons ou je le fous direct en pré-retraite à taux plein ? »
14:15 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mentor, remaniement ministériel, françois fillon, eric woerth, nicolas sarkozy, affaire woerth, financement occulte de l'ump, partira partira pas, qui va quitter le gouvernement ?, que faire d'eric woerth ?, réforme des retraites |
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24 septembre 2010
Frédéric Lefebvre Te Dit En Substance Qu’On Ne Saurait Accepter La Pauvreté Et T’Invite A L’Expulser Manu Militari
On dirait comme un poisson dans son aquarium tant il est plein cadre, de la poiscaille cravatée à grosses lunettes qui ferait ses ablutions, ses glouglous.
On ne sait trop d’où qu’il nous cause, cet orectolobiforme à front suant, on mate, on scrute, on se torticolise, le décor, on le détaille, ça nous y fait penser, tout bien pesé, à des toilettes d’établissements, de ceusses qu’organisent des colloques, tables rondes à l’eau d’Evian si ce n’est de Vichy, des chiots pour hommes d’affaires, consultants et tout le bataclan. Bref, en un mot comme en cent, d’emblée ça y donne pas envie, ce fond vert caca, cet éclairage falot, on éprouve comme de la répugnance, du dégoût, d’autant plus que la prose du vertébré, c’est pas du vers aquatique mais de la paramécie verbeuse, de la diarrhée d’aselles, ça schlingue du gammares et copieux.
Pis, tiens, voilà qu’on l’identifie le merlan, mais bon sang, c’est le père Frédo ! La ventouse de son altesse, monseigneur Lefebvre en personne ! … Mais qui donc brouhahate dans son dos ? … Ces empaffés de la commission européenne ? … D’où le ton mezzo, de peur qu’on l’entende déblatérer, je présume ..
… Faut dire que c’est pas joli-joli c’qu’il nous raconte là, notre raie manta. Ça nous invite à pétitionner, à « soutenir » ce qu’il nomme « le démantèlement de tous les camps illicites » … Ah oui, j’suis bien d’accord, ça mégote pas sur les termes, et pas des moins violents, rendez-vous compte : démantèlement ! C’est du choisi, ça, et pas au hasard. Tu comprends, faut que ça marque, que ça enclume les esprits … Mais qui, jusqu’ici, s’est penché sur la signification première de ce mot pour le moins guerrier ? … Ah je sais, oui, je sais, en cette époque d’immédiateté, de buzz et d’émotivité gluante, on s’en fout comme de l’an 40 du sens des mots, c’est un tort, car s’en cogner, c’est sombrer, perdre son identité.
Or donc, démantèlement, mot signifiant à l’origine : « ôter le manteau ».
En quelque sorte, déshabiller l’autrui, vider la truite.
Voilà à quoi il nous convie, Lefebvre : à déloquer le pauvre, le miséreux, le sans-rien, car c’est bien d’eux, n’est-ce pas, dont il cause, le porte-parole ? qui d’autre, dites-moi, vit dans « de véritables bidonvilles » sinon le pauvre ?
Oui, j’avoue, c’est assez cocasse quand on sait que, dans le même temps, à des milliers de kilomètres de là, son maître, Napoléon-le-Petiot, ce grand moralisateur du capitalisme, devant un parterre chic et somnolent, exhortait chefs d’états opulents à ne pas « s’abriter derrière la crise économique pour faire moins » proposant de taxer les transactions financières pour … lutter contre la pauvreté dans le monde.
Ah oui, comme c’est d’une cocassitude à toute épreuve ! D’un côté, généreux, mais loin d’ici, on s’engage à éradiquer la pauvreté, de l’autre, chez nous, la Gaule, on éradique le pauvre, on le démantèle jusqu’au trognon, et c’est Lefebvre, lui-même, qui de son aquarium, ose fustiger le « double-langage » de ceusses qui « donnent des leçons (…) à l’intérieur du pays ou à l’extérieur » !
J’avoue, c’est croustillant de cynisme véritable.
Mais vous savez, c’est pas fait nouveau. Ah non ! Le pauvre, qu’il soit Rom ou pas, c’est pas d’aujourd’hui qu’on le chasse « des centres-villes ». Là encore, « double-langage » ! … L’hiver on pleure sur son sort, on alerte la populace, c’est que dis, ça fait désordre un gueux qui meurt de froid dans nos cités, mais l’été, en loucedé, on pond de l’arrêté pour l’expulser des mêmes cités, faudrait pas que ça fasse tort aux braves commerçants dès fois que ça rebuterait l’estivant cette misère croupissant au pied de leurs échoppes ! … Y’en a même, de gauche, qui y foutent du répulsif pour mieux les chasser ! … Et l’autre, celui de Burdigala, oui, le Juppé, qu’appelle à plus de mesure, l’a oublié qu’au début de ce millénaire l’a signé de sa belle main, sous la pression de la gente commerçante et des riverains (aka : « les braves gens ») un arrêté anti-bivouac. C’est-y pas beau, ça, un arrêté anti-bivouac ! On salue, et comment, la fertile imagination de celui qui logea, naguère, son fils au frais du contribuable parisien ! … Mais faut comprendre, il pouvait pas intituler son arrêté, anti-SDF, ça est pas très Républicain et compatible avec la « France (est) généreuse, la France (qui) a du cœur » dont parle le porte-parole du Mouvement Populaire.
Or donc, le poisson, il te demande de « soutenir le démantèlement de tous les camps » de pauvres. Car la pauvreté, comprends-le « on ne peut (l’)accepter ».
D’autant plus dans un pays riche ..
En fin de compte, la moralisation du capitalisme, comprends-le, consiste avant tout à expulser « de notre territoire » les pauvres, « sans aucune distinction d’origine et de culture » tant le pauvre « viole » de par sa condition pouilleuse « les lois » du capitalisme.
La « France (est) généreuse, la France (qui) a du cœur » donc.
NB : Quant au sens actuel du terme démantèlement, il renvoie à la « démolition de murailles, de fortifications d’une ville » soit d’une « place forte » ou d’une « place de guerre ».
Où l’on apprend, ébaubis, que les Roms ou autres pauvres campant dans des « bidonvilles » constituent une « place de guerre ».
D’ici à c’qu’on les traite de terroristes, y’a pas loin ..
13:09 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frédéric lefevre, pétition de l'ump, démantèlement des camps illégaux, que veut dire démanteler ?, le sens des mots, moralisation du capitalisme, éradication de la pauvreté, arrêté anti-sdf, la france généreuse, la france qui a du coeur, expulsions de roms |
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18 septembre 2010
Oh ! Mais Quelle Surprise ! Une Menace Terroriste !
Ça alors ! Mais quelle surprise ! Non, vrai, ça m’en bouche un sacré coin ! Je suis – comment dire ? – tout à la fois tourneboulé et dubitatif. En d’autres termes, et si vous me le permettez, je suis tourneboutatif ou dubitaboulé. Plutôt le second, à la réflexion, oui, celui-là : dubitaboulé, tant le terme me paraît plus comestible, quand bien même évoquerait-il un plat estival, foutrement ensoleillé, et Dieu sait – ou ses amis – qu’on en a grand besoin, actuellement, de soleil, ne serait-ce que pour réchauffer ce pays qui, avec l’aide de Sarkozy & ses amis, éteint une à une ses Lumières, oui, celles qui faisaient sa grandeur et à la fois, c’est vrai, son arrogance.
Il est à noter, puisque le mot est lâché, que faire preuve d’arrogance actuellement quand on est (dirigeant) français, n’est pas chose recommandée étant donné que l’arrogance ne peut se comprendre, si et seulement si, elle émane d’une nation qui rayonne à tous les niveaux, ce qui n’est plus le cas de notre pays, et depuis belle lurette ; or donc, faire preuve d’arrogance et enclumer que l’ex-pays des Droits de l’homme n’a de leçons à recevoir de personne s’est s’exposer à la risée de toute une planète, c’est d’une grostesquitude sans nom.
Mais que voulez-vous, nous avons et les dirigeants et le gouvernement que l’on mérite, ainsi va de la démocratie.
Or donc, oui, mais quelle surprise ! oh comme je suis dubitaboulé comme rarement, et comme vous l’êtes itou je présume, quand vous prîtes connaissance de la dernière et bien triste nouvelle que je m’empresse de relayer tel un mouton bien élevé :
« La France est sous le coup d’une menace terroriste majeure ».
Sacrebleu ! Diantre ! et, comme disait feu Desproges :
« Cela ne cessera donc jamais, oh-là-là, oh-là-là ? »
D’autant plus que c’est au présent, vous l’avez remarqué. Pas au conditionnel. Nous sommes sous le coup d’une menace terroriste, citoyens ! Et non : nous serions. La nuance est d’importance. Ce qui signifie qu’on va en bouffer pendant une bonne semaine, si ce n’est pas plus, voyez-vous. Tout dépendra du plan de communication des sarkoboys, mais nous pouvons d’ores et déjà leur faire confiance à ces gaillards, ils savent faire fructifier ce genre de nouvelle pour le moins anxiogène afin de la rendre hypra-méga-anxiogène, ah ça oui ! … Ça sent le plan Vigipirate au cube, la démonstration de force carabinée, le branle-bas de combat ! … Et, comme de bien entendu, nous savons que nous pouvons compter sur nos bons journalistes, dont la déontologie n’est plus à prouver, pour en faire des quintaux sur le sujet.
Sans omettre la suite que nous devinons aisément : la désignation d’un nouveau (ou récurrent) bouc-émissaire, voire d’un ennemi (fourbe, de préférence, car dormant sur notre sol) pour occuper la population qui, c’est vrai, s’ennuie tellement … L’occuper, et la diviser, surtout. Sinon, ça n’a aucun intérêt électoral.
J’ajoute que, comme c’est Squarcini qui nous annonce cette effroyable information, nous n’avons aucune raison objective de douter de sa véracité. N’est-ce pas ? … A ce point, qu’il ne nous viendrait pas à l’idée de lui demander d’avancer quelques preuves concrètes de ladite menace terroriste qui, désormais, nous guette … Bien sûr que non ! Pensez-vous ! Ni nous, ni l’opposition, ni personne !
Evidemment, je ne vous cache pas que tout ceci est pour le moins fâcheux.
En effet, après le débat sur la Burqa, sur l’identité nationale, le retour galopant de l’insécurité (alors que depuis 8 ans et demi, nous sommes sous le joug d’une droite exemplaire en la matière) les diverses propositions des uns et des autres flattant le bon sens populaire, comme la castration chimique pour les pédophiles, la déchéance de nationalité, les peines planchers, foutre les parents de mineurs délinquants au gnouf, l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans, j’en passe et des plus corsées, sans oublier le H1N1 (qu’on attend toujours et de pied ferme, s’il vous plaît) les objectifs de reconduite à la frontière, les rafles .. Les expulsions de Roms et bientôt (vous verrez) la stigmatisation des pauvres dans leur globalité (chômeurs compris) qui consistera à nous faire comprendre que « ces gens-là » s’ils sont miséreux, ma foi, c’est qu’ils le font un peu exprès sur les bords, ne songeant qu’à profiter du système sous formes d’aides sociales diverses, donc à bouffer notre pognon sans rien foutre de leur journée, ah ces salauds d’assistés …
Oui, disais-je comme c’est fâcheux que s’ajoute à ce tableau une « menace terroriste majeure » sur notre sol, information qui va mobiliser TOUS les médias et l’opinion de surcroît, car cela signifie que nous n’aurons (encore) pas le temps (vu que l’agenda, vous l’avez compris, est surchargé) d’aborder des problèmes mineurs (mais cependant cruciaux pour les bien-pensants et les bobos, soit ceusses qu’honnissent le gouvernement et une partie très moutonnante de l’opinion) tels que ceux de l’Emploi, de la Santé ou de l’Education, soit ni plus, ni moins, les trois piliers fondamentaux de notre société permettant, peu ou prou et/ou bon an mal an, d’accéder à une certaine sécurité de vie.
Voilà pourquoi je suis à ce point dubitaboulé tant il est tout même foutrement extraordinaire qu’il n’y ait jamais la place pour sereinement (et « sans tabou » - comme disent les gars de l’UMP) aborder ces trois thèmes ô combien préoccupants chez nos concitoyens (emploi, santé, éducation) et qu’au moment où l’on entrevoie une fenêtre possible, la voilà qui se referme illico avec des Roms, une Burqa, une grippe qui ne vient pas et maintenant une « menace terroriste majeure »
Fâcheux et … pour le moins étrange, vu le « timing » redoutable de ces thèmes dont nous ne pensions pas, prioritairement, débattre.
Notez bien que je ne dis pas que c’est fait exprès, non, je l’écris. Là aussi, la nuance est d’importance.
Tout comme la question suivante :
A votre avis, combien de temps encore, les sarkoboys qui nous gouvernent vont nous prendre ouvertement pour des benêts de compétition, ou, si vous préférez un terme plus cru : des cons finis ?
19:02 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (108) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : menace terroriste majeure, bernard squarcini, instaurer un climat de peur, l'arrogance de la france, et l'emploi ?, et la santé ?, et l'éducation ?, stratégie sarkozyste, la dernière trouvaille de sarkozy, comment éviter les vrais sujets, prenez-nous pour des cons, plan vigipirate, le terrorisme est de retour |
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15 septembre 2010
Sonarkozy [Eldoradio/Refais Le Monde]
Il y a deux ans, jour pour jour, un (lundi) 15 septembre, la banque d’affaires américaine Lehman Brothers « était sacrifiée (dixit le site du Figaro) par les autorités américaines ».
Cette faillite incroyable marquait le début de la crise financière que, paraît-il, aucun économiste digne de ce nom n’avait vue venir.
Pourtant, un an plus tôt, lors de l’été 2007, un évènement aurait dû, me semble-t-il, alerter lesdits économistes, mais aussi, les gouvernants les plus éminents : la « crise des subprimes ».
Une telle catastrophe – car c’en est une, et copieuse – ne pouvait pas ne pas avoir de conséquence(s) sur l’économie mondiale tant les banques étaient, dans ce « montage (foireux) » (celui des « subprimes ») parties prenantes jusqu’au trou de cul.
Mais croyez-vous, véritablement, qu’ils n’ont rien vu venir ?
Si c’était le cas, alors pourquoi durant sa campagne présidentielle de 2007, puis lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy, aurait-il appelé à une « moralisation du capitalisme » ?
Pourquoi, s’il ne savait rien de rien, et bien avant que la crise nous tombe sur le paletot, cet homme aurait-il déclaré :
« Tout ne peut pas être abandonné à un capitalisme financier livré à lui-même » ?
(8 janvier 2008, itou)
Or donc, oui, ils avaient pleinement conscience que ce Meccano pouvait s’effondrer, mais, peut-être, se disaient-ils que, va savoir, il restait une chance d’éviter le pire.
Il n’y en avait aucune.
Mais ils l'ont saisie, quand même, à notre grand malheur (jamais le leur) ...
Ceci étant, soyons aimables (c'est un anniversaire, dois-je vous rappeler ...) : comment auraient-ils pu remettre en cause, et préalablement, un « système » qu’ils défendent et nous vendent quotidiennement non comme le « meilleur », non comme le « moins pire » mais comme « le seul et unique viable » ?
Ne croyez pas que ce soit posture de ma part, je ne fais que reprendre l’argumentaire, à la virgule près, du même Sarkozy, copie-conforme de celui d’Obama, Merkel et consorts qui se résume grosso-modo ainsi :
« (N’ayez pas peur) C’est juste une dérégulation du système, il n’y en a pas d’autre(s) possible(s) et nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes entrés »
Trois ans plus tard (si l'on considère que les « subprimes » constituent le début réel et concret de la « crise ») nous (les classes moyennes et plus bas encore) y sommes encore et jusqu’au cou.
Mais pourquoi, n'est-ce pas, vous causer de tout cela alors que l’actualité s’est singulièrement déplacée depuis (débat sur l’identité nationale, chasse aux Roms et à la Burqa, déchéance de nationalité, etc.) ? – mais peut-être - subrepticement, j'y pense - que cette délocalisation de l’actualité ne soit point fortuite ; je veux dire qu’elle ait un but : nous faire oublier à tout prix que la principale préoccupation de « nos chers compatriotes » fut l’emploi.
Et avec, la santé (n’est-ce pas ce que nous souhaitons en premier à tout un chacun : la santé ?) et un toit.
Eh bien parce que la truculente et talentueuse équipe de Sonar (Radio Nova) nous offrit le 6 janvier 2009 un détournement pour le moins croustillant des vœux 2009 de notre omniprésident (qui rétrécit) Nicolas Sarkozy, vœux (presque quasiment) consacrés à la « crise » qui venait, la salope, de s’abattre sur nos frêles épaules.
Un détournement qui vous en rappellera peut-être d'autres - par exemple et complètement au hasard - ceusses d’un dénommé Bruno Candida dont je vous recommande chaudement les exploits visibles ici et là (avec le recul c’est encore plus drôle et sinistrement prémonitoire)
Vous l’avez compris ce Sonar d’une finesse redoutable, au montage délicat, à l’habillage (musical) jouissif, est une façon comme une autre de fêter cet étrange anniversaire qu’est celui de la faillite totale d’un établissement qui fut le fleuron en terme de finances (et de capitalisme) de la présumée première puissance mondiale, la défunte banque d’affaires : Lehman Brothers, coulée corps et âme un 15 septembre de l’an 2008.

NB : La photo illustrant l’article suggère un Sarkozy tsunamé par la « crise » ou, à défaut, et pour les plus cyniques, la fameuse « France D’Après » que le même nous promit, avec force et conviction, mais ne pouvait séduire - on l'aura compris - que les sots, les ignorants et les gredins !
NB : Pour avoir un accès libre et gratuit à tout le site Eldoradio, inscrivez vous : ICI
09:18 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, crise des subprimes, lehman brothers, 15 septembre 2008, système capitaliste, libéralisme, sonar, radio nova, voeux présidentiels 2009, eldoradio, histoire de la radio, nicolas sarkozy, une crise sans précédent |
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14 septembre 2010
Campement Licite
Il y a des campements illicites et … d’autres qui ne le sont pas.
Ainsi, le 10 décembre 2007, jour anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le grand démocrate Mouammar Kadhafi installait, pour quelques poignées de jours, son campement en plein Paris, dans les somptueux jardins de l’Hôtel Marigny (ainsi que vous pouvez le constater, ébau-
bis, sur la photo sous-jointe) avec l’aval de sa majesté Sarkozy et de ses valets gouvernementaux tels Hortefeux, Besson ou le truculent Kouchner qui, dit-on, à l’époque, aurait eu la louable intention de
« faillir » démissionner si et seulement si Rama Yade avait osé le faire avant de se raviser et noyer son chagrin dans le Rom .. Rhum.
Il faut nonobstant concéder qu’un campement libyen a quand même plus de gueule qu’un campement de barbares du voyage, et qu’en outre, il ravit les riverains bling-bling du 8ème arrondissement parisien
particulièrement friands d’exotisme à condition, bien entendu, que celui-ci ne dépassât point la semaine.
10:46 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : circulaire du 13 septembre, circulaire du 5 août, démantèlement de camps, campements illicites, mouammar kadhafi, hôtel marigny, brice hortefeux, eric besson, bernard kouchner, rama yade, 10 décembre 2007, racisme d'état, discrimination |
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12 septembre 2010
Mort D'Un Bon Vivant [Chabrol]
Vidéo ARTE
Oh non, rassurez-vous, je ne vous ferai pas une dissertation sur Chabrol. Il y en a déjà eu tant et tant. Et bien au-delà de nos frontières. Des articles comme s’il en pleuvait, des hommages madame, en veux-tu, en voilà, chacun y allant de sa petite phrase, de son bon mot. Puis-je dire que j’y suis singulièrement allergique, aux communiqués (toujours les mêmes quel que soit l’illustre disparu) et autres témoignages ; ne pourrait-on pas se taire, tout simplement, faire silence …
Lire la suite sur Eldoradio
19:21 Écrit par Philippe Sage dans Tchi-Tcha ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : claude chabrol est mort |
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10 septembre 2010
Il N’Y A Pas Que Les Conseillers De Pôle Emploi Qui Sont Submergés
Une agence Pôle Emploi des Hauts-de-Seine, un jeudi 9 septembre 2010.
Sur les 8 bornes Internet sur lesquelles les inscrits actualisent ou consultent leur dossier, font des recherches d’emploi, pas une seule ne fonctionne.
Nicolas Sarkozy avait promis des renforts humains, peut-être faudrait-il songer à renouveler, itou, le matériel informatique, quand on sait le nombre d’offres qui transite sur le Net.
15:11 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos, Ma Vie Au Pôle Emploi | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pôle emploi, assedic, anpe, recherche d'emploi, offres d'emploi, hors-service, fusion anpe assedic, ma vie au pôle emploi |
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08 septembre 2010
1 à 3 Millions Et Puis … S’En Vont !
Voilà, c’est fait. Ils ont défilé. Et puis après ? Rien ! Ou presque. Ça hésite copieux chez les « camarades » de l’intersyndicale ; peut-être bien le 15, on verra, ou alors le 18, tiens ! c’est-y pas chouette le 18 ? Ça tombe un samedi, en plus ! Hein François ? T’en penses quoi ? Ce serait familial, on ferait péter les merguez, les moutards y seraient bien contents ? Non ?
Ah, quelle misère ! Les grèves .. Pardon .. Les manifs ! c’est plus ce que c’était. Z’ont beau s’moquer, charrier le Sarko en lui ressortant, à chaque coup, sa fanfaronnade : « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit ! » [*] y se trouve qu’il avait raison, notre camelot de président. Et sais-tu pourquoi ? Parce qu’avec le « service minimum » ta grève, elle vaut zéro. C’est juste de la promenade, un défilé de majorettes, c’est pisser dans un violon.
Qu’est-ce que tu veux qu’il cède et sur quoi, ce gouvernement, puisque la France, elle roule, elle SNCF, elle usine, comme si de rien n’était ?
Quand on pense que 6 français sur 10, à en croire un sondage, soutenaient cette journée dite « d’action » du 7 septembre, c’est à pleurer !
Alors ainsi, « camarade » tu crois vraiment qu’en marchant dans les rues armé de quelques banderoles et slogans, tu vas faire plier le gouvernement ? Non, mais tu plaisantes ! Automne 1995, t’en souvient-il, c’était quand même autre chose, ç’avait de la gueule, bon sang ! Le message était clair, il disait : non, non et NON ! Trois semaines et demi de grèves, de manifs, avec paralysie partielle de l’économie : pas de train, pas de métro. Gros ramdam, itou, à La Poste, dans l’Education Nationale, chez France Télécom, et même au fisc ! Du 24 novembre au 14 décembre 1995, n’ont rien lâché, ça n’a pas débandé, et résultat : le 15 décembre le gouvernement Juppé battait en « retraite ». Gagné !
Mais là, c’est de la roupie de sansonnet ! C’est de l’ordre du carnaval ! T’auras que dalle avec tes journées à la petite semaine. Et qu’on ne vienne pas me dire que paralyser un pays c’est de la dictature, de la « prise d’otage » et tout le tralala à Pernaut ! Foutaises ! Car c’est oublier, justement et encore, cet automne 1995 où dans une « France paralysée », les salariés s’entraidaient. Edgar Morin, lui-même, l’avait noté et, noir sur blanc, l’écrivait dans une tribune (« L’Avenir En Marche Vers Le Passé ») en date du mardi 19 décembre 1995 publiée par le quotidien Libération :
« Le métro suspendu, le boulot chahuté et le dodo raccourci ont soudain suscité des proliférations de débrouillardises, ingéniosités et solidarités, le réveil généralisé et multiple de la solidarité, entre travailleurs d’un même centre ou dépôt, entre ces travailleurs, leurs familles, leurs amis et voisins, et la naissance de communications et entraides entre voisins d’habitation ou de travail montrent que la paralysie de la grève a provoqué comme une régénération spontanée du tissu social et a fait retrouver la santé psychique minimale qui comporte l’ouverture à autrui. »
Faut dire qu’à cette époque, les syndicats, ça chouinait pas ! Ça mobilisait comme il faut, et quand assez vite la CFDT - comme d’habitude - se rangeait, pas grave ! les journées « d’action » se poursuivaient, même qu’on y mettait le turbo ! Mais aussi, et surtout, chez les « gueux », comme d’aucuns les nomment, on se serrait les coudes ... Et pour quelle raison ? Oh, elle est simple : parce qu’il était inacceptable que ce soit encore et toujours les mêmes qui trinquent, qui payent, qui fassent des sacrifices, autrement dit, la classe moyenne. Or, qui va trinquer, payer, faire des sacrifices avec cette nouvelle, énième réforme des retraites ? Les classes moyennes ! Oui, « les » car désormais, elles sont plusieurs, larges, mais surtout, dispersées, et personne, pas même les syndicats, pour les unir, les rassembler vers, et sur, un objectif commun. A croire, finalement, et tout bien pesé, comme nous le serinent les médias, que les français sont « résignés ».
Mais d’où vient-elle cette résignation ? De la crise « sans précédent » ? Considéreraient-ils, les français, qu’il n’y a (plus) rien à faire, sinon courber l’échine ? Or donc, verseraient-ils dans la fatalité ? Amusant (et désolant) .. Quand on songe que l’homme que ce pays a porté au pouvoir les invite régulièrement à « refuser la fatalité » ! Que ne l’écoutent-ils pas ! D’autant plus que nous ne sommes pas en crise depuis l’automne 2008. En 1995, nous y étions aussi (« N’est-ce pas de la France, qui vit si intensément la crise de fin siècle, que pourrait venir ce que j’appelle une politique de civilisation ? » écrivait encore Edgar Morin). Ce n’est donc pas un problème de crise, mais de volonté. De solidarité. Il s’agit de savoir si c’est « oui » ou « non ». Pas : on va voir, peut-être, faut qu’on réfléchisse, le 15, le 18, ça dépend, sait-on jamais, si l’espérance de vie des français venait à s’écrouler d’ici le vote au Sénat, alors, j’vous dis pas qu’on la ferait pas cette grève générale, mais le dimanche, hein, histoire de pas déranger ! … Jean-foutre, va ! … Imposteurs et compagnie ! … Continuez comme ça, avec vos défilés-promenades, votre carnaval, votre « service minimum », vos grève(tte)s - non reconductibles - dont réellement personne ne s’aperçoit tant elles sont vaines, sans espoirs, sans éclats ni panache. Mais ne venez pas nous dire, demain, que nous aurions gagné sur je ne sais quel point, je ne sais quelle pénibilité, ah non ! Ne venez surtout pas nous dire que youpi, on a vaincu ! Y’a quand même des limites, présumés « camarades », au foutage de gueule !
Manquerait plus que Woerth vous recommande pour la légion d’honneur, ce qui, soi-dit en passant, ne serait pas immérité, au regard de votre aimable collaboration avec ce gouvernement d’ultra-droite.
[*] C'était le samedi 5 juillet 2008 lors d'un Conseil National de L'UMP.
16:42 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réforme des retraites, manifestations du 7 septembre, mouvement social, grève générale, service minimum, lutte syndicale, edgar morin, politique de civilisation, sans solidarité point de salut, grèves de 1995, prenez-nous pour des cons, le syndicalisme est mort, espérance de vie des français |
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05 septembre 2010
Eric Woerth, Un Homme « Remarquable »
Ah oui, ça oui, il est « remarquable » cet Eric Woerth. Il a du cuir, et solide avec ça ! Faut voir comme il se défend, répond, nie tant qu’il peut, ça vous pose un homme, ça !
Oh bien sûr, ça manque de tout, à commencer par des arguments, de ceusses qui te rabattraient le caquet à je-ne-sais-quelle « gauche milliardaire » je-ne-sais-quelle « presse fasciste » et tout Saint-Germain-des-Prés. Tous ces cochons, ces bobos qui s’acharnent, chaque jour que Sarkozy ne fait plus, sur la peau, les os et tout ce qui s’ensuit de ce pauvre M. Woerth. Car oui, que voilà un pauvre homme ! Non mais rendez-vous compte ! Ce qu’il doit endurer, lui, sa femme, ses enfants, ses chevaux, vous y avez pensé, ce qu’ils souffrent et subissent ? A l’UMP, oui, on y a songé. C’est juste si l’on n’évoque pas l’honneur d’un homme « jeté aux chiens » citant les Salengro, les Bérégovoy ... Alors quoi, n’auriez-vous pas tiré les leçons du passé ?
Et l’on ne mégote pas sur le soutien inconditionnel, régulièrement appuyé, courage Eric, nous sommes avec toi ! Ah ça c’est une famille, n’est-ce pas, qui se serre les coudes jusqu’au trognon, pas comme les autres zozos, les socialistes qu’ont laissé choir le Dray comme une pauvre Swatch, ah non, nous, nous ne sommes pas de ce bois-là ! On fait bloc ! Et tout y passe ! Toutes les outrances ! On parle de « chasse à l’homme » tiens donc ! En pleine « chasse aux Roms » c’est amusant ! Ce qui vaut pour l’un ne vaut pas pour les autres ! Selon que vous serez ministre d’Etat ou misérable, ça ne varie pas, on le connaît le pénible refrain ! Même qu’on en a soupé ! Tiens, comme cet autre : le président, même simple ministre, n’est pas, à l’entendre, au-dessus des lois, mais pas en dessous non plus. En revanche pour les autres, tous les autres, gens du voyage, musulmans, enfants des cités, citoyens lambda, c’est à l’envers qu’il faut l’entendre, et ça n’est pas innocent, eux ne sont pas en dessous des lois, mais ne sont pas au-dessus non plus ! Tu la saisis, la perçois la nuance ! Elle est d’importance ! Elle est là, planquée, dans cette inversion, la stigmatisation ! Mais personne ne la relève ! A croire que ce qui crève les oreilles, ce qui acouphène, on en a cure, à commencer par ce qui nous sert de « journalistes ». Et c’est bien dommage, si désolant.
Mais je m’égare, sciemment, mais je m’égare, nous parlions de qui ?
Ah oui, de Woerth, cet homme « honnête », « remarquable » et des outrances, tel ce terme impropre, inadéquat, ô combien déplacé, dégueulasse, celui de « lapidation médiatique » et allons donc ! Je vous l’ai dit : tout est bon ! Et peu leur chaut qu’il finisse par se renier, oh si, tout de même un peu, cette lettre de recommandation au ministre de l’Intérieur, par exemple, ben oui, finalement, c’est lui qui l’a écrite et signée, mais pardonnez-lui, et mettez cet « oubli » sur le compte de cet acharnement germanopratin, ça lui fait perdre les pédales à m’sieur Woerth, sa mémoire rame et flanche, mais quand bien même, hein, où serait la faute, quel mal y aurait-il ? Vous voulez quoi ? Faire le procès du politique, de ses bizarreries, de petits arrangements entre « amis » ? Pensez-vous qu’il n’y aurait qu’à l’UMP que ça se pratique ?
Et la transparence que tu brandissais comme un étendard, coco, tu t’en souviens, de ta transparence, elle ne vaudrait plus ?
Mais oui, mais bien sûr, on l’a pigé, et comment ! tout ceci ne nous regarde pas. Ni nous, ni la justice, ni qui que ce soit ! Laissez-nous tranquilles ! Nos affaires, nos financements, nos combines, c’est juste LA vie politique. Et celle-ci est - même s’ils n’en feront jamais l’aveu - au-dessus des lois, de la justice, voire même de la République ! Oui, l’Irréprochable ! Alors tiens bon, Eric, ne lâche rien, on est tous avec toi, de Sarkozy au député d’en bas.
Mais quel suicide !
Oui, c’est un suicide ! Mais, au fond, qu’en ont-ils à foutre (de Woerth) ? Rien ! Que dalle ! C’est un soldat, une courroie de transmission, et c’est en cela uniquement qu’il est « remarquable » et « honnête ». « Honnête » avec sa famille politique.
J’parierais ma chemise, une sale qu’attend son lessivage, qu’il l’a présentée sa démission, pas celle de la trésorerie de son Parti, non, celle de son poste au gouvernement. Parce que justement c’est un soldat. Et qu’on lui a refusée. Sèchement ... Ah non, Eric, si tu démissionnes, sais-tu quoi ? tu leur donnerais raison ! Tu comprends ? Ce serait comme avouer ! Or, donc, pas question ! Avec dans l’arrière-cassis, l’idée que le type il pourrait craquer, se déballonner, en balancer une ou deux. C’est qu’il a beau être « droit dans ses bottes » l’Eric, c’est pas un Juppé, qu’ils ont évalué ... Juppé-la-tombe qui paye pour le « vieux » sans moufter ou si peu, ça, c’est pas donné à tous. Sûrement pas au Woerth !
Donc, tu restes ! On va te couvrir ! Allez hop, haro sur les Roms, c’est-y pas joli comme diversion (en même temps, n’est-ce pas toi qu’avais sonné l’alarme ?) ? Et si ça suffit pas, t’inquiète, Eric, des boucs-émissaires, c’est pas c’qui manquent ! On t’en trouve à la pelle, vu le climat, c’est de la rigolade !
Mais v’là que ça revient, comme un boomerang, des révélations comme s’il en pleuvait, mais c’est égal, ils le savaient, oh oui, qu’ils le savaient ! La question n’était pas là. Je veux dire que l’essentiel était de soutenir Woerth, de le lui faire savoir, afin qu’il se taise ; que ça devienne intenable, peu importe, c’était inévitable !
Ce qui comptait AVANT TOUT c’est que cet homme sache ô combien sa famille était, là, présente, à ses côtés ! Et quand il tombera, bientôt, demain, il saura s’en souvenir, de cet indéfectible. Il sera mort politiquement pour sa famille, parce qu’elle en a décidé ainsi, parce qu’il compte pour rien, c’est qu’un rouage, un Kleenex, un sacrifié d’avance.
Ah ce qu’il en faut, n’est-ce pas, du cuir, de l’abnégation, et tant de dévouement, impayable pourtant, monsieur Woerth ! Accepter toutes les couleuvres, fourbir toutes les armes possibles afin de reculer le moment, l’inéluctable, puisque, oui, c’est l’évidence, dans cette triste histoire de sacrifice, on a joué la montre, et pas de la petite, de la Rolex certifiée ... En échange de quoi ? Mais du silence, pardi ! dit de : fidélité. A sa seule famille.
On te recasera, va, Eric, dans quelques châteaux de Versailles, peut-être même dans un hippodrome, t’aimes ça, non, les canassons ? T’en fais pas, ton avenir, on s’en charge. Et les retraites, ma foi, si ça te dérange pas, mais tu comprends, non ? C’est le Fillon qui va reprendre le dossier. C’est mieux comme ça, Eric. Quant au procès – mais qui te parle de procès, Eric ? … Vise donc le Chirac comme on a ficelé le merdier ! Mais quand bien même, si jamais y’avait, nous serons là, avec des tas de peaux de banane, de la diversion en veux-tu, en voilà, t’auras les meilleurs avocats – nous les connaissons bien, vu que nous sommes aussi, de Copé à Sarkozy en passant par Lefebvre et Dati, DES avocats, c’est dire si on maîtrise le bazar ! – et puis, tu sais quoi ? Les gens, n’en auront rien à foutre de ce procès, alors tu vois, tu peux dormir tranquille ! Comme une lettre à la poste ça va passer, qu’on te dit ! Ils remonteront jamais jusqu’en haut ! Jamais ! D’autant plus que les autres, les socialistes, y sont morts de trouille. C’est que, c’est pas joli-joli non plus, chez eux, mon Eric, question financement, et pis regarde comme ils les bourrent, les urnes ! Suffirait qu’on balance deux-trois petits paquets à la presse, de beaux biscuits, et vlan, ils se gamelleraient copieux les zigotos ! A quelques mois de la présidentielle, tu penses bien qu’ils n’en ont pas envie, tout ce qu’ils veulent et souhaitent, c’est qu’on leur foute la paix ! Tu peux compter sur eux, va, ils t’en chercheront pas, des noises. Ils feront profil bas. Comme avec le Chirac.
Alors bonne chance Eric, nous sommes tous avec toi !
Ah oui, à ce niveau-là, je dois le dire, cet homme, monsieur Woerth est, d’une certaine façon, dans le sacrifice avant tout, tout bonnement « remarquable ».
Ça mériterait un prix.
18:50 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (37) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eric woerth, un honnête homme, un homme remarquable, affaire woerth, l'ump soutient woerth, république irréprochable, financement des partis politiques, l'ump paie pour chirac, woerth une affaire d'etat, le scandale eric woerth, le suicide politique de woerth, le sacrifice de woerth |
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