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25 juin 2010

Sarkozy (Enfin) Plébiscité Par Le Peuple Français

Voilà un sondage qui devrait redonner du baume au cœur au chef de l’Etat, d’autant plus en cette période morose où l’Equipe de France désole et encolère nos concitoyens, le chômage va galopant, les scandales pullulant sans qu'on sache à qui ça profite, et où triomphent les manifestants de tout poil.

Un Plébiscite.jpgSelon un sondage H1N1 réalisé pour le quinzomadaire à géométrie variable Qu’il est bon de rire parfois quand toute l’économie d’un pays est grippée, à la question :

“Selon vous, quel est l’humoriste politique le plus insolent actuellement en France ?”

Les français ont placé M. Sarkozy en tête des huit personnalités proposées.

Avec 31% des voix (score identique à celui qu’il obtint lors du premier tour de la présidentielle 2007) Nicolas Sarkozy devance très largement Brice Hortefeux (19%) et Manuel Valls (15%).

Les français ont certes apprécié les boutades du Ministre de l’Intérieur (“Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes”) ou du trublion du Parti Socialiste (« Belle image de la ville d'Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos… ») mais pour la plupart des sondés, rien ne dépasse les “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts”, “Je serai le président du pouvoir d’achat”, “Au nom de quoi récupérer les électeurs du Front National, c’est mal ?”, “Casse-toi, pov’con !” ou encore le fameux “La France, on l’aime ou on la quitte” de M. Sarkozy.

Derrière ce trio, on trouve ensuite Patrick Balkany pour l’”ensemble de son œuvre” (avec seulement – et c’est une surprise – 10% des voix) Jean-François Copé (notamment pour cette déclaration qui a beaucoup plu : “Moi vivant, il n’y aura pas d'augmentation de la redevance” et son combat acharné contre la Burqa) qui fédère, sur son seul nom, 9% des français (de bon augure pour 2017, l'objectif de M. Copé).

Ferment la marche, le ministre de l’Immigration, Eric Besson (7% – une vraie déception au regard du travail accompli par ce brillant "collaborateur") et deux humoristes particulièrement caustiques et sans concessions de la station de service public, France Inter : Philippe Val (5%) et Jean-Luc Hees (4%). Ces deux derniers (c’est le cas de le dire, puisqu’ils le sont dans ce classement – ô insolence, quand tu me tiens !) boutant hors du classement (réalisé l’an dernier à la même époque troublée) l’imitateur Laurent Gerra et le sénateur Charles Pasqua.

Un sondage qui a le mérite de remettre “les pendules à leur place” (comme dirait joyeusement un autre humoriste proche du pouvoir, j’ai cité : Johnny Hallyday) puisqu’on ne trouve aucune trace de Didier Porte ou de Stéphane Guillon.
On comprend dès lors leur éviction.
En effet, ils n’auront su s’adapter à cette “nouvelle insolence” qui fait fureur dans notre pays, une insolence qui, si elle conduit, parfois, au tribunal, n’en reste pas moins unanimement plébiscitée par nos compatriotes.
De fait, Hees & Val, en remerciant les deux “pseudo” humoristes devenus plus "tyrans" que drôles tellement ils se sont “coupés des réalités du rire d’aujourd’hui” n’auront, en définitive, fait que contenter (et répondre aux attentes de) leur auditorat, qui, faut-il le rappeler, est le premier actionnaire des radios de service public.

Reste à savoir si M. Sarkozy, nouveau champion de l’insolence en politique, serait prêt à assurer chaque matin, à 7h55 et sur France Inter, une chronique humoristique.
Le Parti Socialiste par la voix de son porte-parole, Benoît Hamon, a immédiatement réagi à cette éventualité, arguant du fait qu’il y aurait là “conflit d’intérêts, étant donné que le Président de la République est le principal actionnaire de la chaîne de service public”.
Ce à quoi, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a rétorqué qu’il fallait “renvoyer les socialistes d’où ils venaient, soit au pays des Tristus”. Puis il a ajouté : “Ca tombe bien, ça rime avec Fabius”.
Voilà qui devrait sans doute permettre au sémillant Lefebvre d’intégrer ce classement des “humoristes politiques les plus insolents de France” la saison prochaine.

NB : Ce sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1001 personnes pas tellement représentatives de la population a été effectué avant que le chef de l’Etat annonce la fin de la “Garden Party” et qu’un membre de son service d’ordre ne gifle un journaliste de France 3.

21 juin 2010

La Véritable Histoire De L’Equipe De France

Nicolanakin Skynelka.jpgOr, donc, voilà, comme prévu, tout part à vau-l’eau ! Et encore ! On n’a pas tout vu ! Ni tout entendu. Alors je sais, ça fait causer, vendre du papier, et peu nous chaut qu’on en profite, doucement, ni vu, ni connu, pour annoncer – comme je l’avais prévu – un gel des salaires des fonctionnaires, les bleus, du moins leur délitement pathétique mais tellement prévisible, occupe tout l’espace. Pourtant, tout n’a pas été dit.
La vérité, notamment.

Peut-être que tout commence le 18 mai 2002. Ce jour-là, l’équipe de France, celle de Roger Lemerre, livre un match de préparation à la Coupe du Monde qui s’ouvre, dans moins de 15 jours, en Corée du Sud et au Japon.
Zidane et sa bande, devant un Stade de France plein comme un œuf (78 475 spectateurs) se font piteusement battre par une très modeste équipe de Belgique (1-2).
Pourtant, la foule acclame “ses” bleus. On fait même "péter" un énorme feu d’artifice. Totale démesure. Scène absolument surréaliste.
Il faut préciser que cette équipe a tout raflé : la Coupe du Monde 1998 (en France) la Championnat d’Europe 2000 (en Belgique et aux Pays-Bas – où, très certainement, la France était à son apogée) une Coupe des Confédérations (2001). Ces hommes sont des Dieux. Intouchables. Arrogants. Déjà, arrogants. Pétris de suffisance.

Oh, je me souviens, que nous étions cependant quelques-uns à redouter le pire. Nous savions que sans leurs tauliers, ceux qui, jusqu’à présent, tenaient la baraque et les têtes, soit Didier Deschamps et Laurent Blanc [1] quelque chose avait changé. Mais nous étions priés de la fermer. Jurisprudence Aimé Jacquet. Cet homme tant décrié (par la presse sportive) avant le triomphe du 12 juillet 1998 … Vos gueules, les rabats-joie ! Voilà, ce qu’on nous disait. Le premier qui dit la vérité sera exécuté (par Pierre Arditi et autres bobos supporteurs des bleus).

Et qu’advint-il ?

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17 juin 2010

Crache Ta Rigueur !

Ils sont formidables, non ? Les gens du gouvernement de la France ! Oh si ! Je dirais même que je les trouve épatants ! Non mais, vous vous rendez compte ! Alors que nos “voisins” allemands et anglo-saxons (qui ne sont pas les derniers au classement ATP du PIB, loin s’en faut) viennent d’annoncer des plans d’austérité que, comme le camarade journaliste incroyablement inventif, je qualifierais de “sans précédent”, nous, en France, ben non. Tout va bien !
Mais comment se fait-il ?

La France d'Après.jpgOr, donc, le 7 juin dernier, Angela Merkel, mine contrite, annonçait à ses joyeux compatriotes que, vu le déficit de l’Allemagne, et vu surtout la dette qui ne cesse de se creuser, bref, que tout bien pesé, il allait falloir faire de lourds "sacrifices". Et hop, un plan d’économies de 80 milliards d’euros d’ici à 2013.
Le lendemain, le tout frais mais déjà pas très pimpant, Premier ministre britannique, le sieur Cameron, mine toute aussi défaite, n’y allait pas avec le dos de la cuillère à thé, en dévoilant, pour les mêmes raisons (déficit, dette) itou un plan d’économies assez gigantesque, promettant au passage, à ses ouailles, des “années de souffrance”.
Autant dire que ça rigole pas chez nos “voisins”

Pas besoin de sortir de la cuisse d’un prix Nobel d’économie pour deviner que lesdites “souffrances” et autres “sacrifices” se traduiront par une hausse des impôts.

Et nous ?
Non.

Il faut dire que - mais qui l’a oublié ? - dans cette crise “nous nous en sortons mieux que nos voisins” [il est permis, oui, de rire …]

En même temps, il n’a cessé, n’est-ce pas, de nous le rabâcher, ce fieffé Sarkozy, il “n’a pas été élu pour augmenter les impôts”. Et comme il a promis de faire ce qu’il a dit, il est - n’ayons pas peur des mots - considérablement embêté, ce garçon. Tant l’équation devient foutrement compliquée (rappelons, que d’après Fillon, nous sommes en faillite depuis trois ans déjà, soit bien avant que la crise ne survienne, celle qui augmente le déficit et creuse la dette).
Certes, pour qui veut bien s'en rappeler, “Ensemble, Tout Est Possible” [rires, là itou, vivement permis]. Sauf que, y’a des limites. Un peu.

En fait, la question est simple :
Comment se fait-il que des pays économiquement forts (sur le papier) s’engagent devant leurs concitoyens dans une politique de rigueur conjuguant réduction des déficits publics et hausse des recettes, donc des impôts, et pas nous ?
Serait-ce la marque du génie français ?
Serions-nous gouvernés, administrés, gérés par des super héros ?
Pardonnez-moi, mais ça se saurait ..

Ceci dit, notre sarthois-en-chef a quelque peu annoncé la couleur de la rigueur-qui-ne-veut-pas-dire-son-nom, le samedi 12 juin, depuis la Salle Gaveau. Mais - et comme c’est bien étonnant - aucun journaliste (ou si peu) n’a décortiqué le petit plan-plan du Premier Ministre. Un plan-plan à la noix qui sent pas bon du tout, autant vous le dire tout de suite.

Mais entrons dans le vif.

Entouré de champions du monde du “parler vrai”, soit de Nadine Morano et de Xavier Bertrand, M. Fillon nous dévoila un plan de bataille visant (comme ses amis Cameron et Merkel) à réduire le déficit et cette fichue-dette-qui-ne-cesse-de-croître. Un plan d’économies sur 3 ans de 100 milliards d’euros.
Comme disait ce bon Michel Chevalet : “Comment ça maaaaarche, ton plan, François ?
T’inquiètes Michel, François l’explique très simplement, pour ne pas dire benoîtement de la façon suivante :

100 milliards que nous allons trouver pour la moitié dans les réductions de dépenses et pour moitié dans des augmentations de recettes !

STOooooOOP !

Vous notez au feutre rouge (mais nous y  reviendrons, plus tard) : “et pour moitié dans des augmentations de recettes” (prenez cette phrase en photo, et laissez sécher).

Puis, emporté par son élan et son Mouvement Populaire, François nous explique qu’il va trouver – puisque c’est le verbe du premier groupe qu’il emploie - “45 milliards en réduisant la dépense publique, 5 milliards sur la réduction des niches fiscales” ..
… Et nous voilà tout ébaubis !
Ah ben, c’est ambitieux, tout de même !
Mais bon, c’est bien.
Je veux dire : d’avoir de l’ambition.

Mais quid de l’autre moitié (soit 50 milliards) ?

Ah ben, c’est tout ce qu’il y a de plus simple. François Fillon mise (ah, c'est un jeu ?) sur “35 milliards de rattrapage” (???) “après la crise” (C’est quand ça, "après la crise", M. Fillon ?) “des pertes de recette conjoncturelle” (ah, c’est conjoncturelle, donc .. Mais la faillite de la France en 2007, c’était quoi, alors, M. Fillon ?)

Et là, vous me dites : ne manquerait-il pas 15 petits milliards d’augmentation de recettes ?

… Patience, ça arrive …

Ces 15 milliards proviendront de la croissance, nous dit gentiment M. Fillon.
Ce qui oralement se traduit de cette façon :
Au fur et a mesure que la croissance revient, les recettes recommencent à croître.”.
Ce qui n’est pas faux (mais un peu léger, tout de même).
Encore faut-il que la croissance “revienne”, voyez-vous.

Ce qui est formidable, ce que dans la presse (mais la presse est formidable, c’est bien connu) de ce plan-plan, elle n’a retenu que les “45 milliards de réduction de la dépense public”. Et le reste, non, ça l’intéresse pas.
Etonnant, non ?
Pourtant, c’est certainement la partie la plus intrigante du joli plan-plan de M. Fillon. Car ces augmentations de recettes sont subordonnées à la croissance.

Et c’est là que nous revenons à nos poids-lourds allemands et anglo-saxons : comment se fait-ils que ces deux champions économiques ne "misent" pas, eux, sur la croissance pour espérer augmenter leurs recettes ?
Peut-être - j’dis ça, j’dis rien - parce qu’ils ont consulté les avis de quelques éminents économistes (et c’est pas c'qui manque) et ont pu constater que la croissance sera molle, très molle dans les 3 années qui viennent. Et que donc, il ne faut pas trop compter sur elle pour augmenter les recettes. Mieux vaut augmenter les impôts, bref ne pas attendre, sinon, c’est creuser d’autant plus la dette déjà fort abyssale de leurs pays respectifs.

Or, donc, que va-t-il se passer ?

Eh bien, il est fort probable, que ce gouvernement, effectivement, ne va pas augmenter les impôts.
Il va donc, l’inconséquent, laisser filer la dette.
Pour deux raisons :

- La première étant la réforme des retraites. Qui n’est déjà pas une bonne nouvelle pour nous autres. Or, un gouvernement ne va pas s’amuser à nous annoncer deux mauvaises nouvelles en même temps. Ça s'fait pas.
Surtout à deux ans d’une échéance présidentielle.
Ah bien sûr, si cette réforme des retraites, il l’avait faite passer dès le début quinquennat, c’eut été différent. Les anglais et les allemands, eux, n’ont pas ce problème de retraites. L’ont réglé bien avant. C’est pourquoi, ils peuvent, aujourd’hui, en bons libéraux qu’ils sont, passer à l’étape suivante.
- La seconde étant que Nicolas Sarkozy, fanfaron comme jamais, n’a pas cessé de le crier sur les toits (tous en chœur et plus fort que 1000 vuvuzelas) : “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts" !”. Et comme il prépare sa réélection, il tiendra cette ligne.

Ce qui veut dire ?

Ce qui veut dire qu’en cas de réélection de Nicolas Sarkozy (qui constituera son dernier mandat à l’Elysée, ce qui peut se traduire par : “Après moi, le déluge, et surtout pas Copé”) c’est inévitable, nous aurons droit à une hausse des impôts (à moins qu’il nous fasse l’acte II : “Je n’ai pas été réélu pour augmenter les impôts” - mais je vous le dis : n’y comptez pas trop).
Et nous aurons également droit au couplet larmoyant (et tellement patriotique, n'est-ce paaaaas ...) des “souffrances” et des “sacrifices”.

Mais cela signifie itou, que même en cas de victoire des socialistes, nous n’y couperons pas, à cette augmentation des recettes (oui, ça fait moins mal, dit comme ça).
Tout simplement parce que la dette sera telle, ajoutée à Bruxelles qui se sera fâché tout rouge vif, que, comme nos voisins, mais avec bien du retard, et quelque soit la couleur du gouvernement, nous passerons à la casserole fiscale.

Voilà pourquoi, il serait bien plus raisonnable, monsieur le gouvernement, que tu la craches, sur le champ, ta rigueur.

Oh bien sûr, j’ironise. Il y a d’autres solutions. Equitables. Des solutions où TOUT LE MONDE participerait à l’effort (y compris les responsables, ceusses qui nous ont mis dans cette panade). A la juste hauteur de ses moyens.
Mais je te sais libéral, viscéralement attaché aux valeurs du capitalisme galopant et celui des marchés financiers, toi, du Mouvement Populaire (tout comme toi, du Parti Socialiste). Je te sais peu enclin à la justice sociale.
C’est pourquoi, je le redis :
Crache-là, de suite, ta rigueur !



Bonus : Une p'tite chanson pour se détendre [référence au titre de l'article]

podcast

16 juin 2010

Et Sébastien Renonça A Nous Pomper Le Dard !

Mieux vaut jamais que DARD.jpg[Article publié sous le titre de "Et Sébastien Vint Nous Pomper Le Dard" le 27 mars 2010 sur Refais Le Monde avec en sa queue, le renoncement dudit Sébastien en vidéo, ce mercredi 16 juin 2010, jour de ... "retraites" ... ]

Avant-propos [17 juin 2010] : "Monsieur Sébastien, vous dites que, oh ben ça alors, Internet, vous ne saviez pas qu'à ce point c'était une poubelle. Monsieur Sébastien, Internet est à l'image du monde. Ni plus, ni moins. Nous ne vivons pas dans le monde joyeux des Bisounours. Et le monde va mal, Monsieur Sébastien. Très mal. Ceci étant, vos arguments avancés (médias, Internet-poubelle), sont assez lamentables. Quand on croit en un combat, quand on s'engage, on tient ce combat, vaille que vaille. On se bat, comme chantait Ferré. Je constate que vous lâchez le manche, - et quoi que je pense de ce manche (on s'en fout) - pour des raisons merdeuses. Or, donc, j'en tire la conclusion, que cette initiative, le DARD, n'était rien d'autre qu'une opération promo. Car, encore une fois, quand on a des convictions, quand on pense qu'on peut être utile, on se bat ! Jusqu'au bout ! Et peu importe ce qu'on en dit. Aussi, je ne retire pas le moindre mot du billet écrit le 27 mars 2010. Vous venez de les valider par votre piteux renoncement."

Mais qu’avons-nous fait, bon sang, quelles sont nos fautes, sont-elles si grandes, pour que ce fut, lui, Patrick Sébastien qui vint à notre rescousse, brandissant un manifeste qualifié par ses soins d’humaniste, un manifeste nous invitant non pas à la révolution, eh non, mais à la révolte ! Sommes-nous donc à ce point maudits ?
Ah si j’avais su, et comme je le jure devant Dieu et cette République laïque et indivisible, je me serais mieux battu ! J’aurais donné de mon temps et de ma personne ! J’aurais donné mon sang, ma maison, ma femme, et ce qu’il me reste d’économies afin d’éviter cette triste issue : notre destin presqu'aux mains d’un “tourneur de serviettes” !

Comment ?

Je serais, vous dites, discriminant, hautain ou arrogant, en traitant monsieur Sébastien de “tourneur de serviettes" ? Mais, n’est-ce pas ainsi qu’il se présente et se définit ? N’est-ce pas cette image qu’il trimballe et défend ? Et encore, aujourd’hui, dans ce combat auquel il nous convie ? 

Mais, bien évidemment, sinon, qu’il a le droit, ce saltimbanque, de monter au créneau ! Comme Pierre Arditi ! Lilian Thuram ! Ou je ne sais quel Patrick Bruel ! Comme n'importe quelle icône médiatique ! Là n’est pas le problème, ni la question ! C’est juste que bon, on eut préféré que ce soye un Voltaire, un Molière, un Hugo ou un Camus, et même, allez, tant pis, au point où nous en sommes, un Sartre ! Il est vrai qu’après Sartre, il y eut Montand ! A partir de là, et pour citer Gad Elmaleh (autre philosophe des temps modernes) c’était comme qui dirait “la porte ouverte à toutes les fenêtres” !

Cela dit, je l’avoue, j’en conviens, ça ne me va pas plus, même ça m’indispose et me dérange, ces Duhamel et autres Aphatie, tous ces confortables qui font la moue, celle du dégoût, lèvent les yeux au ciel, quand devant eux, on évoque, sourires entendus, Patrick Sébastien et son association à but non lucratif, le D.A.R.D. ! Car tel est le sigle - ou le signe de ralliement - dudit manifeste, un sigle qui, selon monsieur Sébastien, ferait et référence à l’écrivain, le Frédéric, aussi à la guêpe et son essaim. Pourtant, et comme c’est bizarre, dans ce D.A.R.D., on y voit ou entend également du Bigard, comme une connotation grivoise, pour ne pas dire graveleuse, celle qui vient du slip, allons enfants du pif et du calendos, à vos majeurs pointés, on va leur montrer, et leur mettre où je pense, franchouillis, franchouillas, nous voilà ! Une certaine idée de la France ! Celle qui fait "tagada pouet-pouet" ! Celle qui s’exprime le matin chez Bourdin & Co sur RMC Info ! Celle du “bon sens” nous assure Sébastien !

Quoi ? Je ferais là, encore, preuve de suffisance, de cynisme et de dédain ! Mais non, voyons ! Allons !  La vérité est ailleurs, comme le disait Fox Mulder (ah ben puisque la télé est désormais religion, parole d’évangile, j’y pioche et j’y prends, puisque si bas, nous voilà rendus ou vomis).
Ailleurs, donc, mais ? Mais j’en sais foutre rien, à la fin ! Personne ne le sait plus, à vrai dire. Du coup, chacun devient légitime. Tous les avis se valent. C'est la confusion totale. Plus de repères. Niquée, la lumière ! Et toi donc, Voltaire !
De fait, il n’est point étonnant, tant ça nous pendait au nez, et copieux, qu’il surgisse le camelot, le médiatique, le bateleur, le généreux, à grands coups de  “Je” et d’altruisme conjugués ! Oyez, oyez, souffreteux, miséreux, exclus, bouillus et foutus, esgourdez donc c’te invitation à construire une société nouvelle, vidée de tout mépris, de toute suffisance, de cette salope qu’est l’indifférence ! Une société idéale où l’on ne te volerait plus tes libertés, sans le moindre abus de pouvoir, parce que, sais-tu, le pouvoir, c’est mal ! ... Bouh ! ... Le bien c’est : l’Amour ! Ami, entends-tu : “L’Amour” ! “Efforçons-nous” (puisque tel est le slogan du D.A.R.D.) d’essayer de “nous rassembler le plus possible pour que le pouvoir de l’Amour soit plus fort que l’amour du pouvoir !” .. Si avec ça, Patrick Sébastien ne détrône pas Yannick Noah (autre philosophe d’aujourd'hui) du Top50 des personnalités préférées des français, ou tout au moins, ne dépasse pas, la Joséphine, l’ange-gardien, la Mimie Mathy, je vous le dis, ce sera la chienlit !

Quoi, j’y vais un peu fort et méchant ? Plus encore que le Guillon (autre sombre héros des opprimés que nous sommes) ou que le Zemmour ? .. Ah bon ? .. Mais enfin, savez-vous donc ce que signifie ce sigle, le D.A.R.D. ?

Droit Au Respect et à la Dignité !

Voilà oui, rien que ça ! Ni plus, ni moins ! Et ce serait avec (ou par) Patrick Sébastien que nous retrouverions ce droit ?
Eh bien non !
Non, car fallait-il encore qu’auparavant, monsieur Sébastien se déloque, se défasse ou s’affranchisse, qu’il abandonne, un temps, ses autres mandats, les médiatiques, les télévisuels, afin de se consacrer TOTALEMENT à ce combat, cet engagement, tant il réclame du temps, de l’énergie, du corps et de l’esprit. Tant l’affaire est grave quand on le lit ! Mais si tel est le cas, la situation, alors, c’est à bras-le-corps qu’il faut y aller, s’y plonger, n’avoir aucune autre priorité que le D.A.R.D., pas jouer en parallèle le saltimbanque de cabaret, sinon, c’est pisser dans un violon, ou à la raie, la nôtre en l’occurrence.
Dites, ça relève moins du militantisme que du dilettantisme, votre affaire, à mi-temps, monsieur Sébastien ! Non ?
Oh bien sûr, cela ne lui aurait pas évité les sarcasmes, les quolibets et autres narquoiseries, tant elle lui colle, sangsue, à la peau, cette image de "tourneur de serviettes", animateur de fin de banquets, mais, il eut été moins aisé, s’il s’en était délaissé, ou écarté, un peu, de mettre son engagement, sa sincérité, en doute. Ou de s’en gausser.
Mais non, rien à faire, cette image, l’indécrottable, il ne veut s’en départir, et vlan ! Il te la colle, chewing-gum, à son manifeste, par un sigle avant tout grivois, digne du Bigard, le D.A.R.D., et comme c’est bizarre, on y lit moins du Frédéric ou je en sais quel essaim de guêpes que ce cri-ci :

Vous nous l’avez que trop pompé, le dard !

"Vous", ce sont les politiques, les élites (qu'on honnit à n'en plus pouvoir, aujourd'hui) les intellectuels (s’il en reste) les sociologues, les experts, les journalistes et toute la clique ! Avec notre D.A.R.D. on va vous en faire voir, mes saligauds ! Et profond ! Voilà ce qu’il est donné à entendre ! Et de fait, ce “populisme” dont on habille monsieur Sébastien et son initiative, n’apparait pas plus disproportionné qu’immérité !
Il aurait fallu, c'était nécessaire, je le répète, avant d’engager ce combat, de nous le proposer, que monsieur Sébastien se “décabarétise”, se “dépetit-bonhomme-en-moussise”, qu’il envoie valdinguer cette image, celle du "tourneur de serviettes", qu’il renonce à la grivoiserie, au majeur pointé et toutes autres allusions au gaudriolisme.
Qu’il se présente nu ou sous un jour nouveau, sérieux, grave, oui grave ! Puisqu’à l’entendre, la situation l’est.
Un combat, tel que celui-ci, monsieur, ce n’est pas du spectacle, de la magie ou du cabaret ! C'est du velu ! C'est une vie !

Mais puisqu’il n’a pas su, ou voulu se départir de cette image, puisqu’il a souhaité, mordicus, qu’elle l’accompagne, alors, déjà, par son manifeste, c'est lui, Sébastien qui nous le pompe, et grave, le dard.
Et franchement, vu où qu’on est, rendus - ou perdus - c’était vraiment pas le moment ! Ah ça non ! Ni l’endroit !


AJOUT du mercredi 16 juin 2010 :

Sébastien annonce la fin du D.A.R.D. précisant, dans cette vidéo, qu'il n'imaginait pas qu'Internet était à ce point "une poubelle" ..

15 juin 2010

Votre Parcours-Santé Pour Le Mercredi 16 Juin 2010

Profite, vite .......gifD’après le quotidien indépendant Le Parisien (lundi 14 juin, 22h31) :

Retraites : le projet de réforme sera dévoilé mercredi, à 8h30

Ce jour-là, mercredi 16 juin 2010, mettez votre réveil à 7h55.

Partez.
Courir.
Doucement.
Ne vous pressez pas.
Pas trop.

Prenez le temps.
Humez l’air.
Même mauvais.

Embrassez, oui, n’hésitez pas !
Embrassez un arbre.
Un chêne, un platane, ou .. un bouleau.

Dites bonjour.
A la dame.
A tout le monde.
Souriez.
Oh oui, souriez, de toutes vos dents, de tout ce qui vous reste ..

Après, je veux dire, ensuite, quand vous regagnerez vos pénates, n’écoutez pas.
Les infos.
Rien.
Ni télé, ni radio.
Ni presse.
Continuez ..

Continuez de profiter de cette belle journée que vous avez décidé de vous offrir.
Un jour.
De répit.
Ce jour, que jamais, ils ne pourront, vous voler.


PS : Le lendemain, jeudi 17 juin, prenez la Bastille …..

13 juin 2010

Plaidoyer Pour Les Caricaturistes Radiophoniques

Oh oui, je sais, beaucoup d’encre à coulé, tant de mots ont été prononcés, suite à la chronique de Didier Porte en date du 20 mai 2010 sur France Inter. Alors pourquoi y revenir ?
Parce que, je crois, il est essentiel, primordial, de connaître non pas l’envers du décor, mais ce que j’appellerais une réalité radiophonique qui, peut-être, échappe aux auditeurs que nous sommes.

C'Etait Didier Porte.jpgAucun, notez-le bien, aucun directeur de radio n’apprécie le caricaturiste. Il le redouterait, plutôt. Et pour une raison, une seule : le rire est – comme ils disent – segmentant. Autrement dit, il n’est pas fédérateur. Or, tout responsable de station radiophonique, obnubilé par l’audience, les parts de marché, n’a qu’un objectif en tête : rassembler le plus d’auditeurs, que ce soit à 7h55, 12h23 ou 17h12.

On pourrait observer, là, un arrêt-pipi, tant cet objectif, quantitatif avant tout, s’il est compréhensible, peut expliquer aussi, à quel point la radio, plus particulièrement en France, est aujourd’hui ce qu’elle est : fade, conventionnelle, aux mots choisis, toujours les mêmes, sans relief.
Il y eut pourtant, vers la moitié des années 70, un espoir, une petite révolution. Quand ces radios qualifiées de “pirates” (et qu’elles soient vertes, rouges, brunes, roses ou noires) ont bravé la loi, le monopole, en apportant aux auditeurs qui le voulaient bien, une autre information, une autre façon de penser le monde et la société.
Ce fut un feu de paille.
Car – et pour aller vite - contrairement à ce que l’on pourrait croire, la libération des ondes, soit la fin (relative) du monopole d’Etat sur la radiodiffusion avec l’autorisation (très réglementée) d’émettre "librement" (1981, puis 1982), puis de diffuser de la publicité (1983), a conduit à une triste normalisation du paysage radiophonique français. En clair, les radios leaders d’avant ladite libéralisation (RTL, RMC, Europe 1) ont tout raflé. Je veux dire que petit à petit, elles ont repris la main, en rachetant les franchises (et donc les fréquences : le Graal ..).
Une seule a pu se développer, et ce n’est pas la plus subversive, loin de là, vu que c’est un infâme robinet à musique : NRJ (soit : NRJ, Nostalgie, Chérie FM, Rire & Chansons …).
Il est important d’avoir en tête cet élément : la radio française a raté sa révolution.

Mais revenons au rire, à la caricature.

Sur les radios dites “FM”, ce qu’on appelle “les matinales” (soit une tranche, variante, allant de 5h à 10h du matin) sont grosso-modo consacrées, ou livrées, à l’humour. Mais ce n’est pas un humour subversif, engagé, politique. C’est un humour potache. De petites blagounettes d’adolescents destinées à des adolescents. Et si parfois, ça tourne mal (comme Cauet viré de Fun pour une vanne très maladroite sur les camps de concentration - 17 janvier 1995) c’est avant tout dû – à mon sens – à un manque de culture. Car, et c’est incontournable, si on peut rire de tout, avec tout, en revanche, sans la culture nécessaire, je veux dire une culture de base, c’est impossible.
Point de rire sans culture.

Ça ne se danse pas du tout pareil sur les radios dites généralistes : RTL, Europe 1, France Inter et RMC Info. Où les matinales sont entièrement consacrées à l’information. Cependant, elles ont, hormis RMC Info, à cet horaire précis, un caricaturiste. Nicolas Canteloup pour Europe 1, Laurent Gerra pour RTL et Stéphane Guillon, Didier Porte et François Morel pour Inter.
La question que l’on pourrait se poser est bien évidemment : pourquoi ?
Pourquoi mêler l’humour, la caricature et l’information ?
La réponse ne vous étonnera guère : c’est parce que – comme "on" dit dans le métier – "ça fait de l’audience". Mais une audience atypique.
Et pourquoi est-ce une audience atypique ?
Parce qu’elle constitue un “pic”. En clair, la chronique de ces caricaturistes est bien souvent plus écoutée que ce qui s’est passé avant et que ce qui se passera après.
On comprend alors mieux la raison pour laquelle les journalistes sont chafouins (quoi le rire serait plus important que NOTRE information ?).
En revanche, on comprend moins bien l’argument des directeurs d’antenne ou de stations (et des annonceurs – ne les oublions pas) celui qui consiste à dire que le rire est segmentant. Pourtant, c’est vrai. Il l’est. Dans la mesure où, c’est moins France Inter qu’on viendra écouter que Stéphane Guillon. Et aussi, et surtout, lorsque le caricaturiste livre son papier, sur dix auditeurs purs et durs (ceux qui sont là, pour l’information, si vous voulez), il en fait rire 3, 4 ou 5 ... En d’autres termes, le “rire” (ou la caricature) fait fuir l’auditeur. Si vous ne supportez pas Guillon, vous allez zapper. C’est évident.
Le “pic d’audience” s’explique donc par un apport massif d’auditeurs, mais qui, après la chronique, partiront. Pour la plupart.
Seulement voilà, cet apport massif est une bénédiction. D’autant plus pour les radios privées qui en tirent largement bénéfice(s) avec une augmentation pour le moins intéressante de leur part de marché, et il faut savoir que c’est elle, la part de marché, qui attire les annonceurs, et non l’audience brute.
De fait, même si ça déplaît aux journalistes, aux responsables radiophoniques divers, le caricaturiste est une “bonne affaire”, si j’peux m’exprimer ainsi.
Jusqu’à ce que ..

Or donc, vous comprenez désormais qu’il n’y a aucune solidarité, ni complicité possible, entre le journaliste et le caricaturiste. C’est de l’ordre de la cohabitation. Dès lors, il n’est pas étonnant de voir Thomas Legrand (chroniqueur de la matinale de France Inter) et Nicolas Demorand (journaliste-présentateur de la même matinale) se désolidariser de Didier Porte. Vu qu’ils ne l’ont jamais été : solidaires. Ils n’ont fait que le tolérer.
Certains, diront : le subir.
Il n’en reste pas moins que ce “lâchage” de Legrand et Demorand est, à mon sens, la marque de la mesquinerie, de la déloyauté, de la bassesse.
Et que dire de Jean-Marc Morandini [*], cet âne fini, brayant dans une tribune du gratuit Direct Soir (8 juin 2010) sa haine de Didier Porte, profitant qu’il fut à terre, pour l’achever, et de la façon la plus abjecte qu’il soit : en réclamant sa démission !

Ah, qu’elle est déjà loin cette année 2009, où Inter (comme RTL et Europe 1) communiquaient à tirelarigot sur ses caricaturistes ! Ah c’qu’ils en étaient fiers ! C’est que, voyez, en temps de crise, il est bon de rire, non ? Et peu importe que l’on mêle info et caricature, carottes et navets, après tout, ne sommes-nous pas au pays des Guignols de l’Info et de Yann Barthes ? Y’a bon la dérision ! Vas-y, fais nous rire, bouffon ! Mais que connaissent-ils du travail de ce qu’ils nomment : le bouffon ? Savent-ils le temps que ça prend de coucher des mots sur un papier, de les peser, toujours et encore ? Savent-ils combien de censures, il s’inflige, le caricaturiste ? Combien de fois, il retourne à l’ouvrage ? Combien il est difficile de faire rire quotidiennement ?
Et ceusses qu’ont porte au pinacle, aujourd’hui, les morts, hein, de préférence (ce qui prouve bien que pour eux, un bon caricaturiste est un caricaturiste mort) les Coluche (Europe 1, RMC, RFM), les Desproges (France Inter), savez-vous combien de fois ils se sont troués à l’antenne ? Combien de fois, ils sont passés à côté ? Vous souvenez-vous que de leur vivant, ils étaient nombreux, les pisse-vinaigre, les Legrand, les Demorand et les Morandini de l’époque, à les trouver “pas drôles” ou “vulgaires” ? Ah, c’est facile, aujourd’hui, hein, de leur trouver toutes les qualités, c’est sûr qu’ils ne viendront plus vous faire chier. Vous êtes tranquilles ! Ah, ça ! Ils peuvent être drôles, hein, maintenant qu’ils sont morts ! Qu’est-ce que ça vous coûte ?
Mais, enfin, au fait, et bordel à chien, qu’est-ce que cela veut dire : “Porte n’est pas drôle” ? Hein ?
Tenez, moi, par exemple, Gerra, il ne me fait pas rire. Du tout. Canteloup, rarement. Et alors ? Cela signifie-t-il qu’ils ne sont pas drôles pour autant, ces deux-là ? Apparemment non. Sinon, y’aurait personne pour venir se bidonner à leurs spectacles (tout comme à ceux de Porte, Morel et Guillon).
Qui décide de (ce) qui est drôle et de (ce) qui ne l’est pas ? Le nombre ? … Les journalistes ? … Eh bien, si c’est le cas, on va pas rigoler tous les jours. Et c’est bien parce qu’ils, les journalistes, se prennent pour un nombril (et j’peux en causer) du moins certains, et pas qu’un petit peu, ah ça non, que de leur coller un caricaturiste dans les pattes, est nécessaire. C’est pas pour cela qu’ils feront mieux leur métier ; faut pas rêver, non plus ! Mais ça leur rabat un tant soit peu le caquet !

Oui, parce que l’info qu'ils nous donnent à becqueter est incomplète, partiale, standard, conventionnelle, une info à 500 mots, pas plus, parfois même complaisante, pour ne pas dire obséquieuse.
Oui, c’est bien parce que le journalisme français est plat, sans la moindre percussion, et que, par-dessus le marché, il se pense incontournable, qu’il faut lui adjoindre un bouffon. C’est vital.
Tout en précisant que le caricaturiste n’est pas là QUE pour faire rire. Ce n’est pas un clown ! Le caricaturiste caricature, c’est une lapalissade, mais il est, je crois, utile de bien le rappeler.
Et qu’on les apprécie ou pas, qu’ils nous fassent rire ou pas, peu importe ! On s’en moque ! Chacun voyant l’humour à sa porte ! 
J’estime que ces mecs font leur boulot. Et ils le font bien. Et que nous en avons besoin.

Ne laissons pas l’information aux seuls journalistes ! Parce qu’elle est, cette information, ca-ri-ca-tu-ra-le !
Alors, continuons, oh oui, à caricaturer la caricature ! Aimons nos bouffons !
Mieux : défendons-les !
Non parce qu’ils nous vengent, non parce qu’ils sont drôles, mais parce qu’ils sont : nécessaires.


[*] Dans son billet en date du mardi 8 juin 2010, Jean-Marc Morandini, courageux comme toujours, perroquet pathétique, reprend les mots de Demorand et Legrand.
Comme eux, il parle de “vulgarité” et d’”insanités”.
Il ose même écrire, ce godillot, que “nous sommes nombreux à ne pas avoir envie que notre redevance serve à financer cette vulgarité”.  Et il précise : “Dans n’importe quelle autre radio, un animateur qui hurle ainsi de telles insanités à une heure de grande écoute aurait été immédiatement remercié”.
Nonobstant le fait que je ne vois pas de quelle(s) radio(s) parle ce monsieur Morandini, qui plus est, que sa vision radiophonique m’effraie, me désole, et me semble sortir tout droit d’une dictature, il me plaît de rappeler que sur Europe 1 où “officie” ledit Morandini, Laurent Baffie (que j’apprécie beaucoup) avait tagué sur les murs de la station de la rue François 1er : “Fuck Lagardère”.
Même que ça a fait un p’tit tour sur l’Internet.
Je présume que Môssieur Morandini a été derechef, voir son cher Arnaud Lagardère, pour s’offusquer de ces “insanités” de cette “vulgarité”, et réclamer la tête de son collègue, Laurent Baffie ..

11 juin 2010

The Usual Suspects 2

Barroso Herman Van Rompuy.jpg



Herman Van Rompuy, Barroso et Kayser Sozé [Photo : AFP]

09 juin 2010

Rions Avec Christine Boutin

18 000€.jpg



Fervente et dévouée, Mme Boutin est constamment en mission. Une mission qui est lui est chère. Très chère” [La Croix]

Je vais encore m’attirer les foudres de la classe politique, mais je trouve que le prix de ce livre n’est pas très catholique” [Georges Frêche]

Cela me fait penser subrepticement que ça fait une paye, voire plusieurs, qu’on n’a pas vu Mme Boutin en notre paroisse” [L’Abbé Théo]

Zemmour, vous êtes un rabat-joie ! Vous n’aimez rien de toute façon ! Moi je dis que ce livre, que je vous conseille de lire au pieu, est, tout comme Mme Boutin, impayable !” [Laurent Ruquier dans “On N’est Pas Couché” - France 2]

Il vous en prix” [Dieu]


[Christine Boutin : "Je ne suis pas celle que vous croyez (Je n'ai d'yeux que pour l'argent)" - First Thunes édition - 18 000€ le kilo]



CHANSON BONUS

podcast

[Dimitri From Paris - "Sacré Français (Je ne suis pas celle que vous croyez)" - 1996]

07 juin 2010

Yade La Joie ! [Rions Avec Rama]

C’est donc cette femme au chapeau magnifique, là, en photo dans les tribunes V.I.P. de Roland Garros (aux côtés du PDG de France Télévisions), qui trouve l’hôtel des bleus “indécent” … (trop luxe, bling-bling, etc.)

Bling bling.jpg

[... Indécent, vaut mieux qu'un long discours ...]


AJOUT du mercredi 16 juin 2010 : Et voilà que le Canard Enchaîné nous en apprend une bien bonne !
Définitivement : ♫ Yade-la-joie ♫

06 juin 2010

“Le Capitalisme Est Une Saloperie”

Franck Lepage.jpgCertains diront, mais enfin, mon cher monsieur, vous tombez de l’arbre ? Vous débarquez ou quoi ?
Que vous dire ?
Que c’est bien possible. Après tout ! Seulement voilà, je ne connaissais pas cet homme-là : Franck Lepage (photo). Je l’ai découvert, il y a quoi ? Une semaine, tout au plus, via Bénédicte Desforges [*]. Une vidéo. Un passage. Et j’ai eu envie d’en savoir plus. Et, autant vous le dire, je n’ai pas été déçu. Je dois même vous avouer que depuis Loïc Wacquant (et Noam Chomsky) je n’avais entendu discours aussi brillant.

Or donc, Franck Lepage. Dont vous trouverez un CV pour le moins sommaire à cette adresse. Franck Lepage, disais-je, de 2006 à 2009, s’est produit sur scène. Mais, ce n’est pas un spectacle, un one-man-show, ou du théâtre. Non. Du tout. C’est un travail. Une pensée. Un constat. L’essentiel de ce travail, du moins celui auquel, je veux, ici, faire référence, est dans son intégralité, si vous le souhaitez, et comme je vous le recommande, disponible sur Internet. Il est .

Lors de ce travail, Franck Lepage nous parle de culture, d’Education nationale, de capitalisme, de fascisme, de salariat (de Shoah, même), et des mots qu’on “nous a volés”. Les mots, comme vous le savez, sont importants. Ils ne sont pas, jamais innocents. Nous sommes, depuis bien longtemps, et dans une contraction, et dans une falsification des mots. Et, comme de bien entendu, les médias, entre autres, sont, qu’ils le nient ou pas - peu importe, puisque c’est une réalité - le relais de cette contraction, de cette falsification, de ce vol. Ce que nous pourrions nommer l'Orwellisation de la société. Elle est marche, et depuis belle lurette.

Dans la vidéo que je vous propose, extrait du travail remarquable de Franck Lepage, tout commence par un plan de tomates. Et l’on se dit, mais c’est quoi, ça ? Où va-t-on ? Non mais, franchement .. Et puis, très vite, on comprend, on saisit, et ça s’emballe, et ça ne s’arrête plus. D’aucuns parleront de performance, de démonstration. A ceux-là, je leur dis, non, ni performance, ni démonstration. Certes, et tant mieux, ce que nous dit Franck Lepage, est tout à fait discutable. En tous les cas, il amène à une réflexion, et, si on daigne prendre le temps, à des commentaires. Pourvu, qu’ils soient éclairés, avisés, argumentés. C’est le moindre qu’on puisse attendre à la lecture de ce travail-là.

Je disais donc, tout commence avec un plan de tomates, et hop, voilà que surgissent Sarkozy, la culture, la gauche, le fascisme, le système, le capitalisme, la Shoah, Malraux, le gaullisme, le communisme, etc.
En précisant, et c’est important, que bien souvent, vous l'avez noté, l'on évoque le clivage droite-gauche ; ou plus précisément, certains, en s’exprimant, dans les médias essentiellement, prétendent le dépasser, ce clivage. En réalité, c’est complètement faux. Ils sont, et restent, partisans. Or ici, et c’est là – j’allais dire : le miracle !- oui, c’est là le miracle – allez, je l’ai dit – Franck Lepage, lui, dépasse totalement le clivage droite-gauche. Il est ailleurs. Il est avec nous. Encore, faut-il accepter de l’entendre.

Avant de vous laisser tranquillement, observer, écouter, penser cette vidéo (et les deux suivantes, en liens ci-après) et dans le seul souci d’aiguiser votre appétit, voici quelques extraits choisis :

Il faut désormais que chaque individu ait la liberté de se faire exploiter où il veut, quand il le veut (…) Très vite (…) ce système fabrique des inégalités qu’il faut rendre légitime, acceptable, et donc, c’est l’école qui sert à ça (…) L’école est le système qui vous fait croire que votre place dans la hiérarchie sociale est le résultat de votre mérite scolaire ou de votre bonne volonté culturelle (…) L’école reproduit les inégalités (…) Vous avez 1% en 1945 de fils d’ouvriers à l’université. Vous avez 1% de fils d’ouvriers, en 2005, à l’université (…) Le théorème de l’excès de culture ( …) c’est d’expliquer que, contrairement à ce qu’il se raconte partout, les gens ne manquent pas de culture, ils ont trop de culture par rapport à ce que le système leur autorise d’exploiter (…) La seule vraie crise, c’est la crise salariale.




Franck Lepage - “Incultures”

Je vous laisse en liens, comme précisé en amont, la suite de ce travail :

1 - “Vous n’aurez bientôt plus les mots pour penser négativement le capitalisme

2 - “Le capitalisme est une saloperie”.


Ce qui m’amène à cet ajout, tiré de ces deux vidéos linkées. Que je soumets, là encore, à votre réflexion :

Le management est la doctrine de l’exploitation. Quel était le mot le plus employé dans les ouvrages de management dans les années 60 ? Le mot : Hiérarchie. Quel est le mot le plus employé dans ces ouvrages de management à partir des années 90 ?  .. Non .. Le mot “Hiérarchie” n’existe plus. Zéro citation. Non, le mot le plus utilisé, désormais, c’est : Projet ! Projet est LE mot de la doctrine capitaliste. On ne peut rien faire contre ça ! Vous pouvez combattre la hiérarchie, mais, si elle s’appelle : Projet ; vous n’allez quand même pas emmerder des ouvriers qui se réalisent comme créateurs dans le cadre d’un projet (…) Vous êtes persuadés que TOUT LE MONDE doit avoir des projets. Votre banque vous demande quels sont vos projets. Vous devez avoir un projet de vie parce que vivre ne suffit plus, manifestement. Et donc, cette saloperie de mot transforme tout ce qui bouge en marchandise sans que nous nous en rendions compte. Projet veut dire : produit (…) Le capitalisme est une saloperie (…) Il nous fait le défendre quand nous croyons l’attaquer et il utilise pour cela l’artifice d’un langage de pacotille, un langage de verroterie, de camelote, qui nous fait le désirer (…) Nous ne faisons que reproduire des rapports de domination en croyant faire le contraire (…) Mesdames et messieurs, on nous a volés des mots ! Nous allons droit dans le mur avec la plus grande générosité” [Franck Lepage]


[*] Bénédicte Desforges a publié le 4 mars 2010 "Police, Mon Amour" (Anne Carrière Eds)

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