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30 avril 2010

Aphorismes Et Périls - Tweets Avril 2010

 

Nouvelle flopée d'aphorismes périlleux, rebaptisés par la plateforme 20Minutes.fr : "Haïkus politiques".
L'actualité commentée au débotté et en 140 caractères maximum.

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26 avril 2010

Pour La Déchéance Des Droits Civiques Du Sieur Hortefeux

Hortefeux.jpgOr donc, le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales, le dénommé Brice Hortefeux, par une lettre envoyée à M. Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, demande à ce que L.H., 35 ans, compagnon de la fameuse “conductrice en niqab” soit déchu de sa nationalité française acquise en 1999.

Pour quelles raisons ?

On ne sait pas.
Et d’autant moins quand on lit la “lettre” du ministre dont voici un extrait : 

Selon les informations dont je dispose, cet individu appartiendrait à la mouvance radicale du tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait douze enfants. Au demeurant, chacune de ces femmes bénéficierait de l’allocation de parent isolé.

Vous noterez que les faits reprochés sont tous au conditionnel :
“appartiendrait”, “vivrait” “aurait”, “bénéficierait”.
Or donc, rien n’est avéré.
C’est ce que confirme, en outre, le procureur de la République de Nantes.

Nonobstant, M. Eolas dans son billet du dimanche 25 avril 2010, démontre et de fort belle manière que de polygamie, y’a pas.  Tant il est difficile “d’être bigame” en France.
Pour qui s’est déjà marié, ce qui est mon cas, je peux vous assurer que les formalités à remplir sont telles, qu'il est impossible de l’être deux fois. Alors quatre, vous pensez !

Quant aux autres raisons avancées (appartenance à un mouvement, fraude aux aides sociales) par M. Hortefeux, là encore M. Eolas, par un rappel de la loi, stricte et précise, nous indique qu’aucune n’entre dans les conditions de l’article 25-1 du code civil

Alors c’est quoi ce pastis ?

Eh bien alors, c’est du flan. De la comm’. Un clin d’œil grossier aux électeurs du Front National qu’ont déserté le camp sarkozyste dès les européennes 2009, et plus encore lors des dernières régionales. C’est l’incompétence d’un représentant de l’Etat, un coup politique pathétique, vulgaire, ridicule.
Oh, il n’est pas le seul, à se vautrer dans l’indigne, messire Hortefeux ! Frédéric Lefebvre, qui n’en rate jamais une, ne s’embarrasse guère de la présomption d’innocence (pas mal pour un membre récent du barreau) en déclarant :

"La déchéance de la nationalité est une étape essentielle avant l'expulsion de cet individu, extrémiste, qui bafoue les droits des femmes sur notre sol et arnaque notre système social”.

Définitivement, monsieur Lefebvre est une insulte à la République, une honte majuscule ! 
Mais comment est-il possible qu’un tel homme ait, dans une démocratie, de telles responsabilités ? Combien de temps, encore, va-t-on accepter d’entendre des politiques “bafouer” (pour le coup, là, c’est un fait) les droits les plus essentiels sur la place publique ? Proférer des ignominies, voire des saloperies caractérisées ?
C’est donc ça, la France ?
Et ça viendrait, par dessus le marché, nous donner des leçons de civisme, de droits et de devoirs ?

Ceci étant, rappel pour rappel, en voici un autre. Et bien gratiné.

En juin 2009, M. Hortefeux (alors ministre du Travail) était candidat aux élections européennes sur la liste UMP Massif Central.
En troisième position.
Pourquoi n°3 et pas tête de liste ?
Vous allez voir, c’est croustillant.
Il l’a même carrément avoué sur Europe 1, le mardi 9 juin 2009 :

«Si j'avais voulu exercer des responsabilités au Parlement (européen), j'aurais été candidat tête de liste»

Et pourquoi cet aveu abracadabrantesque ?

Parce que voyez-vous, il a été élu, le malheureux. Par le peuple. Souverain.
Seulement voilà, ça ne l’arrange pas. Ça le contrarie, ce pauvre homme. Lui, il tient à rester au gouvernement, voyez ! Y’a un poste (tant convoité et espéré) de ministre de l’Intérieur au bout ..
Or, parmi les engagements pris par l’UMP devant les électeurs lors de cette élection, il y en avait un qui disait ceci :

Les candidats de la Majorité Présidentielle s’engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles. Ils s’engagent aussi à être présents dans leur région où ils tiendront des permanences régulières.

Non seulement Hortefeux s’y assoit copieusement dessus, mais en outre, il s’assoit sur le vote citoyen. La démocratie, en l’occurrence. Et là, on n’est plus au conditionnel. C’est un fait.

Or donc, voilà un homme, un haut représentant de la Nation, un de ceusses qui doit montrer l’exemple, d’autant plus dans une “démocratie irréprochable’, qui accepte de participer à une élection, mais … juste pour faire “joli”. C’est dire sa conception de la démocratie. Détestable. Qui relève du calcul. De la politique bassement politicienne. C’est dire le dégoût qu’il peut inspirer. Tant son mépris est grand.

Et c’est le même qui, et toujours au mépris de toutes lois, de toute justice, de toutes règles, réclame une déchéance de nationalité ?!?

Dis, M. Hortefeux, vous ne vous foutriez pas un tantinet de nos petites gueules, par hasard ?
Et si, nos petites gueules, rapport à votre attitude aux dernières européennes, réclamaient la déchéance de vos droits civiques, une inéligibilité que j’estime, moi, plus qu’amplement méritée ?

21 avril 2010

Blogueur D’Opinion, Il Est Temps De Fermer La Boutique !

Voilà, C'est Fini.jpgOr donc, ici ou , on nous l’annonce, c’est fini, terminé, remballez vos scribouillures et autres balbutiements, cette écriture clavier, ça n’intéresse plus personne, si tant est que ça eut intéressé quiconque à un moment donné ; allons, rendez-vous à l’évidence, et tout à la fois, à l’inéluctable, ça crève et ça clamse, ou doucement, ça s'étiole, quittez donc cet enfer, sortez, allez humer l’air, vous confronter au réel, ton blog, messire, il est out, kapout, enfin, je veux dire, les politiques, les d’opinion, tu sais, le journalisme citoyen, cette chimère, ou cette trouduculerie, c’est plus la peine, te dis-je, c’est du temps de perdu, c’est pisser dans un violon, prêcher dans un désert.

Si tu veux tenir un blog, raconte ta vie, journal-toi intime, ou donne-nous des recettes de cuisine, des astuces de mère-grand, des points de couture ; fais dans le “geek” ou mets-y de la vidéo qui fait marrer, des photos de tes vacances, de ton dernier-né, à défaut, de ton animal domestique. Mais, de grâce, arrête de te prendre pour un journaliste. D’hurler, points et virgules dressés, contre un système ou des hommes, je t’assure que ça n’intéresse personne. Et d’ailleurs, regarde, rien ne bouge, ni change. Et c’est logique, puisque "rien, il n’y a plus rien". Ferré avait raison. Aphatie, Duhamel, oui, ça oui ! Du rien magnifié, institutionnel, adoubé ! Certes ! Et alors ? On peut les vilipender, les disséquer, démontrer par A+B leurs inconséquences ou leur suffisance, rien, ça ne sert à rien ; idem quant aux politiques.
Ah c’qu’il en faut de la ténacité, ou que sais-je d’autre(s), pour croire que par quelques billets, on pourrait changer l’histoire, la retourner, lui donner sens. Regarde, Sarkofrance ! Déjà trois ans de labeur, un vrai forçat, c’te homme-là, mais au bout du compte, une prison, une impasse ! Ça lasse. Si encore c’était drôle, n’est-ce pas ? Qu’il y eut de la dérision, une jouissance itou, enfin merde, un peu de légèreté, mais non, à la longue ça sent le renfermé, et le roussi, aussi ... Quoi ? ... Que j’vise le nombre de visiteurs uniques de ce glorieux site ? Mais c’est bullshit, mon ami, totalement bullshit ! Fuck, les visiteurs uniques ! Ils ne veulent rien dire ! Ce qui compte c’est le temps qu’ils passent sur le site ! C’est ça, la vraie mesure ! Et ça vaut pour tous les blogueurs ! 2000, 5000, 20 000 visiteurs uniques, qu’est-ce que ça veut dire, si la majorité d’entre eux caltent au bout de 5 secondes ! Rien ! Ça vaut rien ! Nib ! Allons, reconnaissons-le ! Un peu d’honnêteté que diable ! Arrêtons donc ce paluchage des visiteurs uniques ! Le temps passé sur ledit blog par l’internaute-visiteur, voilà, la mesure, la seule. Et il n’y a pas à y revenir. C’est incontestable.

Mais surtout, en premier lieu, quel intérêt à donner son avis sur, au hasard, la dernière rumeur, le dernier fait et geste de son altesse sarkozoïde, quelle portée cela peut-il avoir, hein, sinon celui d’un pet de lapin. Sinon, celui de se faire plaisir.
Le combat, le vrai, ce n’est pas sur un blog qu’il se mène, mais dans la rue, ou sur le terrain. Aux côtés de ceusses qui sont en peine. Qu’est-ce qu’il en a carrer, le gars de Molex ou de Sodimatex, d’un billet de blogueur ? Et les sans-papiers, ça change leur quotidien, peut-être ? Qui osera affirmer que Proglio s’est rétracté parce que le Net grondait ? Qui peut croire une chose pareille ? Et t’as vu la gueule, de ton No Sarkozy Day ? Si c’est pas une preuve de la non-influence totale d’une supposée armada de blogueurs, c’est quoi ?

Rien, je te dis ! Ça ne sert à rien. Même bien troussé, même bien ficelé, je veux dire, si tu te donnes du mal, que tu mégotes pas sur les arguments, références et tout le toutim, que tu ponds un billet majuscule, le monde s’en cague et s'en fout ! Ce qui le préoccupe, ce monde, c’est le buzz, vois-tu ! Ce qu’a bien pu dire (ou pas) Rachida Dati. Le buzz, relayé copieusement par les médias, par ceusses qui parlent net. Tu les a entendus, n’est-ce pas ? Parlent-ils du Net, ces Morandini’s Boys (ou pas) en des termes élogieux ? Nous donnent-ils à becqueter du blogueur qui se saigne, qui bosse dur ? Ou plutôt de l’anecdotique, du tape-à-l’œil, du futile ? N’as-tu pas noté que ce qu’ils promeuvent du Net, c’est ce qui le disqualifie dans l’opinion, tout ce qui fait dire que, pfff, le Net, c’est soit une poubelle, soit une vaste rigolade, le grand n’importe quoi. Ah, s'ils, ces chroniqueurs [*] ayant pignon sur rue, et surtout dans le système (ce qui explique, cela dit, bien des choses) retenaient de l’Internet, la beauté, l’originalité, la force même, mais non !
Alors, à quoi bon se crever la couenne ?
A quoi bon aligner des mots, des billets, suer, puisque de toute évidence, ce que l’on retiendra, comme toujours, c’est le médiocre, sans compter - ô j’allais oublier, cet aspect ! - que si tu dépasses les 20 lignes, c’est même plus dans un violon que tu pisses ! C’est que, vois-tu, faut faire court. Sinon, ça ennuie. Même sur un sujet important. Tiens, j’t'en prends un, que personne ne veut traiter, pas même un journaliste certifié, le sujet Alain Bauer ! Passionnant comme étude ! Bien plus que je-ne-sais-quel bouclier fiscal à la noix ! Ou qu’un éventuel Karachigate ! Eh bien, sur un sujet pareil, c’est pas 20 lignes qu’il faudrait. C’est du costaud. Ça demande du temps et de la longueur. Du courage, aussi … Mais je m’égare, sûrement, je m’égare ... De toutes les façons, je le sais, oh oui, Rachida Dati ou Carla Bruni-Sarkozy, ces "clapotis", c’est tellement plus important !

De fait, et tout bien considéré, un blog d’opinion, c’est au mieux sympathique, au pire sans intérêt. Tout est verrouillé. Pour ne pas dire vérolé. Mieux vaut conter fleurette. Ou payer sa tournée au Kremlin-Bicêtre. Mais pour le reste, oubliez ! Remballez ! C’est perdu d’avance ! C’est du savon à barbe ! Ça rase tout le monde ! Tant ça préfère pouffer, mater de la vidéo, du cul à foison, et buzzer à l’occasion. Faut pas se leurrer ! Celui qui vient sur le Net, surfer comme on dit, c’est rarement pour de la lecture.
Quant à la "liberté d’expression", puisque souvent, on l’invoque, cette pauvrette, c’est devenu un tel foutoir, sans règles, sans éthique, on y met tellement ce qu’on veut, vue de sa seule fenêtre, que, c’est même plus la peine ! Basta ! Plutôt se taire, allez voir la mer, son "balancement maudit", celui "qui vous met le cœur à l’heure", et, quand sera venu le temps, bientôt, (de) reprendre le boulot, le chagrin, anonyme, incertain, et "regarder passer les révolutions". Tant il y a plus de chance(s) qu’elles viennent de la rue que d’un blog. Du peuple que des internautes. De la souffrance plutôt que d’un lieu confortable. Car oui, j’allais l’oublier cet essentiel : combien de blogueurs (d’opinion) la vivent, vraiment, la souffrance ? Celles des Molex, des Sodimatex ? Celle du déraciné. De celui qui n’a plus rien. Pas même une épaule sur qui pleurer. Celle qui ne fera jamais le buzz, ce cancer véhiculé par des saligauds de première.
Combien sommes-nous à vivre et souffrir ce que nous écrivons et dénonçons ?

Or donc, il est temps, de la fermer.
La boutique.

[*] Qui, soit dit en passant, pillent - parfois - le Net de ses meilleures idées ou réflexions. Ni vu, ni connu, j’me sers, et bonsoir Clara ! .. Belle mentalité, n’est-ce pas ? ..



Bruit Of The End :

podcast

13 avril 2010

... Papotages ...

Viens, Mon Petit.jpg

Tarcisio Bertone : “Oh Benoît ! Regarde ! ... Un enfant !
Benoît XVI : “Mais qu’il est beau ! Viens ! Viens, mon petit !

 

15:40 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : benoît vxi, tarcisio bertone, pédophilie, vatican, humour, mauvais goût | |

12 avril 2010

Sarkozy, Ou Quand Tout Devient Impossible

Tout Devient Possible.jpgCertes, il peut s’en passer des choses et des machins dans les deux ans qui nous séparent de l’échéance, il suffit de regarder en arrière, quelques retournements de situations pour le moins spectaculaires, des hommes qu’on croyait perdus, finis, terminés et qui, patiemment, ont déjoué pronostics et vents contraires, c’est vrai ; pourtant, et à bien y regarder, il faudrait je-ne-sais-quel miracle, un imprévu, pour que l’actuel chef de l’Etat puisse en 2012 prétendre se succéder à lui-même.
Mais comment a-t-il pu gâcher à ce point cette “formidable opportunité” ? Alors que, et comme le dit très justement un ministre sous couvert d’anonymat :
On avait tout pour réussir, mais la situation est en train de nous échapper. C’est terrible, et ça me fait mal au cœur” [Le Canard Enchaîné du mercredi 7 avril 2010]

Car oui, il avait "tout pour réussir", Nicolas Sarkozy. Qu’on ait voté pour lui ou pas (ou "contre" lui, ce qui est courant lors du second tour d’une présidentielle, l’exemple le plus criant étant 2002, où le citoyen a moins voté Chirac que "contre" Jean-Marie Le Pen) il faut le reconnaître, c’est un boulevard qui s’offrait à lui et ses “collaborateurs” de l’UMP. Me souviens même que le soir de sa victoire, nous étions quelques uns à penser qu’on venait d’en prendre non pas pour cinq ans, mais pour dix ans ferme, tellement il avait écrasé la concurrence. Un vrai bulldozer. Et puis, tout comme Ségolène Royal (mais dans un autre “style”) il symbolisait quoi qu’on en dise ou pense, une possible rupture. Une nouvelle façon d’envisager la politique. Plus moderne. Plus efficace. Enfin, on tournait la page des années Chirac/Mitterrand. Bye-bye la politique des années 70, celle de papa ! On allait voir, c’qu’on allait voir ! La “démocratie irréprochable” était en marche ! Et avec elle, paraît-il, le plein-emploi. Ah tu vas voir, mon gaillard, comment je vais te le faire reluire, ton pouvoir d’achat ! De quelle manière, je vais te la rendre ta fierté ! Comment je vais te le revaloriser ton travail ! Car, entends-tu, avec moi, “tout devient possible” !
Et puis, boum, patatras ! Nada ! La cata ! Vous me direz, c’est chose courante pour un président de la République. Sauf que, dans le cas présent, celui donc de Nicolas Sarkozy, le désamour, ou plutôt la déception, immense, vient moins des réformes qu’il entreprend que de son “style”. C’est assurément cela qui le pénalise aujourd’hui et dont il aura beaucoup de mal à se défaire. Beaucoup, car il est comme ça. Vraiment.

Or donc, peu importe les réformes, qu’elles fâchent ou pas, ce qui est devenu insupportable, et qui s’est manifesté progressivement, jusqu’à gagner l’électorat de droite, c’est le “style Sarkozy”. Au début, ça passait. Sa victoire fêtée en grande pompe au Fouquet’s avec ses amis industriels de tous horizons, par exemple ! Même, son escapade maltaise à bord d’un yacht prêté par Bolloré ... Quand bien même, l’un de ses soutiens (Alain Finkielkraut) eut-il écrit dans le quotidien Le Monde que :
Pendant trois jours, il (Nicolas Sarkozy) nous a fait honte” [1].
Première fissure. Premier coup de canif. Mais Sarkozy n’en avait cure. J’ai des amis riches, et alors ? Quel mal y a-t-il à cela ?

Rien.

Enfin ... tant que tout va bien, ou pas trop mal !

Et vas-y que j’enchaîne royal et que j’te fasse des séances de jogging en t-shirt NYPD mitraillé par une armée servile de photographes ; et zou, que j’me fasse offrir de somptueuses vacances à Wolfeboro, et qu’au retour, via le parlement, j’augmente mes émoluments de 172%.
Ces quatre épisodes-là (Fouquet’s, Yacht, Wolfeboro, augmentation très substantielle de son salaire) qualifiés de “bling-bling” pèsent très lourds aujourd’hui. A vrai dire, ils lui reviennent comme un boomerang dans la face. Pas seulement parce que la crise est arrivée, et avec elle son lot d’exclus, de fin de droits et de souffrances, mais parce que d’autres faits, depuis, sont venus brouiller le discours “volontariste” et “mobilisateur” du chef de l’Etat.
Son attitude, très Tony Montana, face aux pêcheurs du Guilvinec. Cet incroyable “Casse-toi pauvre con !” au Salon de l’Agriculture 2008. Mine de rien, avec le temps, ces deux comportements lui collent à la peau. Et ce n’est pas précisément celle d’un chef d’Etat. Du moins, l’image qu’on en a ou se fait.
Mais il y eut pire encore, d’autant plus quand on s’est présenté comme le héraut d’une “démocratie irréprochable” : laisser son fils postuler à une fonction pour laquelle il n’est pas légitime, ou pas prêt. Aller même – sans jeu de mots – jusqu’à prendre sa défense ! Cette affaire dite de l’Epad a été sans doute la plus disqualifiante pour Nicolas Sarkozy. Pourtant, il avait déjà écorné cette irréprochabilité, un an plus tôt, en graciant partiellement Jean-Charles Marchiani ; mais bon, ces choses-là de la politique souterraine, des petits services entre amis, le peuple s’en fout. Malheureusement.
Je pourrais ajouter à ce tableau, ce que d’aucuns appellent “pipolisation”, d’autres “désacralisation” de la fonction (celle de président de la République).
Egalement, parce que ça compte pour son électorat, traditionnaliste, conservateur, le départ de Cécilia, puis le divorce et très vite, le mariage avec Carla, et tout ce qui s’est dit, à tort ou à raison, autour. Jusqu’à maintenant, encore.
Et enfin, Clearstream, son fameux et très déplacé “croc de boucher”, et l’appel du parquet, qui jette un doute sur sa neutralité.

Tous ces évènements qui, parfois, passaient pour détails, péripéties, anecdotes ou iconoclasteries, ont fini, avec le temps, par s’agréger, constituer une bulle, puis un solide, pour ne pas dire un boulet ; de telle sorte que l’image de Nicolas Sarkozy est plus qu’écornée. Il aura bien tenté, et plusieurs fois, de rectifier le tir. A Toulon, notamment, le 25 septembre 2008. Avec un discours fort, certes discutable, mais qui a marqué. Car aussi paradoxal que cela paraisse, cette crise, était, là encore, une “formidable opportunité” pour Nicolas Sarkozy. Il pouvait se “présidentialiser”, apparaître comme l’homme de la situation, tout comme ses six mois à la tête de l’Union Européenne pouvait faire de lui un incontournable pour les prochaines années.
Mais l’épisode - j'insiste - de l’Epad est venu tout gâcher, bien plus que la nomination de son “ami” François Pérol à la tête d’un nouveau pool bancaire et celle, croustillante et désolante à la fois, de Proglio à la tête d’EDF, quand bien même, elles finiraient aussi pas peser avec le reste et ramener à la surface, mais sous un autre jour, cette fois, moins iconoclaste, Fouquet’s, Yacht, Wolfeboro et autre Louxor.
Car enfin, recul aidant, effet boomerang, comment croire un tel homme quand il vous dit qu’il veut moraliser le capitalisme alors que manifestement, il en profite, et très largement ?
Comment croire qu’il nous entend, qu’il nous comprend, alors que, recul aidant, effet boomerang, c’est le même homme qui nous a balancé, vulgaire et méprisant : “Casse-toi, pauvre con !” ou “C'est toi qu'a dit ça ? Ben, descends un peu le dire ! Descends si t'as ... !” ?
Et ainsi de suite …

Il lui sera bien difficile de nous refaire le coup du “J’ai changé”.
Quasiment impossible de jouer sur les peurs et siphonner à nouveau les voix frontistes, tant cet électorat tu le trompes une fois, mais pas deux.
Oui, c’est bien le “style” qui a fini par le perdre et le discréditer. Et non sa politique. Et je ne parle même pas de sa relation conflictuelle avec les médias. Conflictuelle et paranoïaque.
Oh, bien sûr ses prédécesseurs, aussi, avait “un style”, mais jamais ils n’ont à ce point “désacralisé” la fonction. Jamais ils ne se sont adressés au peuple comme l’a fait Nicolas Sarkozy. Ils avaient un peu, beaucoup, plus de hauteur. Quoi qu’on dise ou pense, c’est un impératif. C’est nécessaire. Un président de la République ne doit pas parler comme le peuple, ne doit pas se conduire comme lui. Et si au début, certains purent y trouver du charme, ou je-ne-sais-quoi, comme, par exemple, ah tiens, il est comme nous, c’est une fausse bonne idée. Un chef d’Etat n’est pas comme nous. Et ce n’est pas en empruntant notre langage et nos manières, y compris les plus mauvaises, qu’il sera plus proche de nous. Au contraire ! En agissant de la sorte, Nicolas Sarkozy s’est trompé, peut-être plus qu’il nous a trompés. Il s’est trompé de rupture. Il a dû estimer que les réformes, qui de toutes les façons sont toujours douloureuses, passeraient mieux avec un style plus à l’américaine, mais là aussi, il s’est trompé d’Amérique. Et de France, par la même occasion. La France a besoin d’un homme stable, imposant et rassurant. Et de se sentir fière d’être représentée par lui. Or là, nous avons affaire tantôt à un camelot, tantôt à un bateleur, et sinon, à un fanfaron. Oui, un fanfaron, car si l’on épluche son bilan depuis 2002, mais vraiment, ne serait-ce que dans le domaine sécuritaire qui, faut-il l’en croire, est son violon d’Ingres, c’est aussi incompréhensible que calamiteux.

Et puis, quand un politique chevronné, celui qui sait comment ça se danse, un politique de la carrure d’Alain Juppé se permet d’annoncer, et par deux fois s’il vous plaît, qu’il sera candidat en 2012 si Nicolas Sarkozy renonçait à concourir, c’est un signe qui, lui, ne trompe pas. Je veux dire que l’analyse est claire. Et elle vient de son propre camp [2]. Et que oui, il faudrait je-ne-sais-quel miracle, un imprévu, pour que Nicolas Sarkozy reprenne la main, soit à nouveau le “candidat naturel” de la droite. Ça ressemble fort à “Mission Impossible”.
Ah, si nous étions au temps béni du septennat, il pourrait compter sur des législatives, qu’il perdrait, mais peu importe, elles lui auraient permis, peut-être, de se refaire. Comme Mitterrand de 1986 à 1988. C’eut été, comme il le dit si bien, une “formidable opportunité”. Seulement voilà .. Et, comme il est exclu qu’il dissolve .. Ça ne manquerait pas de panache, cela dit, ou .. de “style” ! Mais ce n’est pas celui de Nicolas Sarkozy.
De fait, tout lui devient quasiment impossible. Il n’est plus comme il le disait, lors de l'émission "Face à la Crise", le 5 février 2009 “même pas à la moitié de (son) PREMIER mandat”, il est aujourd’hui à la moitié de son probable UNIQUE mandat. Car, cet homme aimant tant la victoire, la gloire, ne prendra jamais le risque de se représenter s’il devine qu’il sera battu. Il sait trop ce que ça veut dire de quitter la scène sur un pathétique : “Au revoir !” .. Là, pour le coup, ça manquerait cruellement de .. “style” !
Ou jurerait trop avec le sien !


[1] L'état de disgrâce, par Alain Finkielkraut

LE MONDE | 10.05.07 | 14h11  •  Mis à jour le 10.05.07 | 15h09
"On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi. On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d'une quelconque célébrité de la jet-set ou du show-biz. On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires.

Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte."

[2] Hormis Juppé, notons également cette phrase intéressante du sénateur UMP, Alain Lambert :
”Il (Nicolas Sarkozy) a été choisi par les Français grâce à l'énergie formidable dont il a fait preuve et qu'il a toujours en lui-même. Et au lendemain, ils ont découvert un président différent de celui qu'ils avaient choisi."

06 avril 2010

Aphorismes Et Périls - Tweets Mars 2010

Nouvelle tripotée d'aphorismes, ou, comme rebaptisés par la plateforme 20Minutes.fr, de "Haïkus politiques".
L'actualité commentée au débotté et en 140 caractères maximum.

23 mars 2010.jpg
22 mars 2010.jpg
8 mars 2010 2.jpg

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03 avril 2010

Jean-Luc Hees Contre Stéphane Guillon

Stéphane Guillon Répond à Jean-Luc Hees.jpgOr donc, Jean-Luc Hees, patron de la “maison” Radio France aura choisi la date du 1er avril (humour !) pour publier une tribune (dans Le Monde) joyeusement intitulée :
Je persiste et je signe, l’humour a ses frontières”.
Enième joute par media interposé entre lui et celui qu’il qualifie (à contre-cœur) d’humoriste, le dénommé Stéphane Guillon, dont les chroniques matinales sur France Inter ne le font pas rire. Du tout.
Et je serais tenté d’ajouter : et moi donc ! [*]

Mais, je vous en prie, entrons dans le vif.

Il est clair, tellement ça transpire dans ses lignes, que Jean-Luc Hees n’apprécie ni l’humour de Stéphane Guillon, ni … Stéphane Guillon lui-même. Il ne l’apprécie pas à ce point que, d’une part, dans sa tribune, il ne cite jamais son nom ; et d’autre part, il le qualifie successivement d’humoriste, puis d’humoriste entre guillemets, et enfin, de “membre du personnel”.
Capito ?

Mais vous me direz, en quoi ça nous concerne, oh-là-là, oh-là-là et, à la fin en même temps ?
Après tout, il est le patron, alors qu’il se démerde avec son Guillon via son Val, plutôt que de nous prendre à partie. Oh si, un peu, tout de même, qu’il nous enjoint, Jean-Luc Hees !
Car au fond, l’objet de cette tribune, n’est pas ce qu’il nomme les limites de l’humoriste, qui seraient, d’après lui, au nombre de deux (l’acceptabilité des citoyens et la morale républicaine – ce qui est très subjectif et peut se discuter à l’envi) mais son désarroi, voire son impuissance. Oui, à vrai lire, Jean-Luc Hees est terriblement désolé du succès que rencontre Stéphane Guillon sur France Inter. Il le déplore. Et donc, nous le dit. Ou plus précisément en fait part aux auditeurs de France Inter via Le Monde !
Quoi ? Comment ? Enfin, vous, auditeurs de cette honorable maison, pilier du service public, réputée pour son sérieux, sa finesse d’esprit, mais enfin, comment pouvez-vous être si nombreux, des millions, à rire aux “vannes impayables (de “notre humoriste”) sur l’apparence physique” d’une Aubry ou d’un Besson ? Hein ? Alors ce “vide cérébral” qui nous entoure, aurait également touché les auditeurs de France Inter, autrefois si exigeants, si cultivés, si différents ?
Mais si ! C’est ça qu’il dit, M. Hees ! C’est un appel ! A la désertion ! Aidez-moi ! Ou, au minimum, donnez-moi raison !
Il doit avoir en tête cette phrase de Coluche  :
Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne l’achètent pas pour que ça se vende plus
Sauf que chez lui ça donne :
Il suffirait que les gens ne l’écoutent plus, ou moins, juste un peu moins, pour que je puisse m’en séparer, de ce Guillon !”. Ce “membre du personnel” qui s’est autoproclamé “génial et intouchable” ! Mais oui !
Parce que voyez-vous, congédier, disons, un animateur-vedette d’une FM, comme NRJ, Skyrock ou Fun Radio, ça n’est pas un problème. Ces animateurs-là sont interchangeables, ils comptent pour du beurre ! Un Cauet, pfff … ! Ça se remplace facile, j’vous assure, et personne ne moufte. Oh, l’auditeur grogne un peu, au début, oui, mais il s’en remet, et vite fait ! Et l’audience n’en pâtit même pas ! Au contraire !
Alors que sur une généraliste, comme on dit, telles France Inter, Europe 1 ou RTL, ah là, ça se danse pas pareil, parce qu’on ne joue pas dans la même cour. Guillon, c’est pas Cauet. Et puis en face, t’as Canteloup et Gerra, du lourd, ah ça rigole pas ! Faut pas se planter sur le "comique" ! Et quand t’en tiens un, un qui ramène des auditeurs par paquet de millions, ben (normalement) tu te frottes les mains, vois-tu ! C’est tout bénef ! D’autant plus que toutes ces généralistes - pour le moment - misent à fond sur le trublion, celui qui dégomme du politique à tout-va, le ridiculise, le caricature, ah cette désormais sacro-sainte dérision quasiment obligatoire, ah la grande bouffonnade, mais peu importe, hein, ce qui compte c’est que l’auditeur rie et nombreux ! Et il le sait bien Jean-Luc Hees, pourtant, il a quand même le toupet de nous dire :”De qui se moque-t-on ?”.
Eh bien, je vous renvoie la question, cher monsieur !

Ah non, il n’est pas si simple de remercier le "clown". Parfois, ça se paie même très cher. RTL en sait quelque chose. Elle qui caracolait en tête dans les sondages, elle qui tutoyait les 20 points d’audience (ce qui est impossible aujourd’hui), voici, la folle, qu’elle décide, à la rentrée 2000, de tout changer, rajeunir, à ce qu’elle disait, son auditoire. Et hop ! Exit Bouvard, Fabrice, ou Philippe Alexandre. Certes, ce ne sont pas là des "clowns", ou des "humoristes". C’est vrai. C’étaient des piliers, comme on dit, de la station. Virés comme des malpropres.
Et qu’advint-il ?
Une catastrophe. Même qu’on avait jamais vu chose pareille. Une terrible dégringolade, des auditeurs perdus par millions, à ce point, que la queue entre les jambes, RTL rappela Bouvard. Trop tard .. Le mal était fait !
Une telle erreur, voyez-vous, ça donne à réfléchir. Même ça fait comme qui dirait jurisprudence, quelque part. 
Ce que je veux dire, c’est que, ne croyez pas que Guillon soit “invirable” parce que Sarkozy en aurait dit du mal, que l’Elysée voudrait sa tête, non ! Foutaises ! Il est “invirable” parce qu’il fait de l’audience. Trop d’audience ! Et que ni Hees, ni Val, ne connaissent quelqu’un qui pourrait faire autant que lui. Oh, c’est pas faute de chercher, mais ils ne sont pas certains du résultat. Voilà le problème. Et voilà pourquoi, Hees se fend d’une tribune : ce type ne me fait pas rire, et je ne comprends pas qu’il vous fasse rire, ça n’est pas possible, merde ! Enfin quoi ! On est sur France Inter pas sur NRJ !
Bref, il voudrait tant, M. Hees, que Guillon soit moins écouté. Un peu moins, juste ce qu’il faut, quoi. Et ça suffira pour justifier son congé. Rien à voir avec Sarkozy, DSK, Besson, ou Aubry …

Pour le reste, je veux dire : de sa tribune, les excuses, tout ça, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme, pfff .. C’est de l’habillage, comme on dit en radio. Ou du remplissage.
Quant aux attaques sur le physique qu’il - donc - ne supporte pas, eh bien ma foi, et puisqu’il le cite, je convie à la barre, Maître Desproges. Aurait-il, ce feu Pierre, lors d’un Tribunal des Flagrants Délires mémorable de 1982, où il était face à Jean-Marie Le Pen (oui, Desproges, lui, chroniquait face aux invités qu’il caricaturait – ça avait quand même une autre gueule) aurait-il, disais-je, osé déclarer :

Il y a plus d'humanité dans l'œil d'un chien quand il remue sa queue, que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil” ?

(Doit-on rappeler aux jeunes qui nous écoutent que Jean-Marie Le Pen est borgne, et qu’il y avait donc là, une allusion à son infirmité, donc à son physique ..)

Non !
Mais sur scène : oui !

Voilà toute la différence, ou, puisque Jean-Luc Hees emploie le terme : la limite.
Nonobstant le fait que cette allusion au physique du leader du FN était, de toutes les façons, et où que ce soit, autrement mieux tournée et plus fine que ce que nous donne à becqueter les lundis, mardis, et mercredis sur France Inter, ce Stéphane Guillon, dont - j’en ai fait l’aveu en liminaire - l’humour supposé me laisse froid.
Mais je voudrais également préciser que les jérémiades de M. Besson (ou de, jadis, DSK) sont d’un ridicule rarement atteint. Mais bon, j’en conviens, face à la relative médiocrité, le risque est de répondre, et comme c’est couru, par une plus grande médiocrité, encore .. C’est ce que j’appelle : l’escalade par le bas. Et s’il y a un point sur lequel Hees a raison, c’est que, oui, quelque part, c’est clair, on touche quand même un peu le fond (le fameux “vide cérébral” ..).
Pour le coup, je me marre amer.

[*] Eh oui, que voulez-vous que je vous dise, la chronique de Guillon sur France Inter ne me fait pas rire. Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle. C’est moins de l’humour qu’une tribune politique.
En revanche, et dans un tout autre style (ou format) je le trouve bien plus féroce, enfin, il me fait marrer quoi, le samedi soir chez Ardisson. Ce qui est un comble ! Ardisson étant, à mon sens, une bien mauvaise maison.
Or donc, quel paradoxe ! Etre rigolo dans une maison douteuse, et ne pas l’être dans une maison considérée comme convenable.

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