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31 janvier 2010

Aphorismes Et Périls – Tweets Janvier 2010

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29 janvier 2010

Clearstream : Point De Vue Du Spectateur

Clearstream.jpgFacile, mais pourquoi s’en priver, n’est-ce pas, considérons que si le procureur de la République de Paris, le dénommé Jean-Claude Marin, interjette appel de la décision du tribunal de grande instance de Paris, c’est qu’il considère, qu’il est convaincu, que Dominique de Villepin a monté un énorme bateau.
Et l’on ne saurait avoir le pied plus marin que Jean-Claude.

Bien.

Ceci étant, je suis comme beaucoup, comme la majorité des “gens”, un simple spectateur. De cette affaire dite “Clearstream” je n’entrave que quick, ou pas énorme, pour ainsi dire. Et je ne suis pas un homme de Droit. Simple spectateur, disais-je, ni plus, ni moins. Mais tout de même. Il y a quelque chose qui ne va pas … Non ? … Qu’est-ce qui ne va pas ? .. Comment dire ? .. Est-ce que le mot “détournement” serait le mieux approprié ? .. Je vais m’en expliquer, et comme le disait le chef de l’Etat lors d’une psychothérapie de groupe télévisée : “Corrigez-moi, si j’me trompe !” mais, au départ, nous avons des listings, listings bidons (c’est avéré), estampillés Clearstream, et sur lesquels on trouve des noms, (r)ajoutés, des noms qui ne devraient pas y être ... Par exemple ? .. Eh bien, oui, celui de Nicolas Sarkozy ! ... Mais pas que ! ... Egalement – l’aurait-on oublié ? - ceux de messieurs Fabius, Chevènement, Madelin, Pasqua (père et fils), Dominique Strauss-Kahn, Edwy Plenel .. Entre autres. Y’en a une jolie ribambelle. Une belle brochette, dites-moi !
Toutes ces personnes se sont portées “partie civile”. Vrai ? …. Jusque là, on comprend. Ton nom se retrouve sur un “faux”, calomnies ! tu portes plainte ! ... Et alors ? ..

Eh bien alors, au final, nous nous retrouvons avec non plus une affaire dite “Clearstream” mais avec un affrontement Sarkozy/Villepin ! .. Nonobstant le fait que ces deux personnages se haïssent ce qui, d’un point de vue médiatique, est – comme l’on dit - bankable, hyper-vendeur quoi, réduire le procès à ce duel ne nous éloigne-t-il pas de l’essentiel ?
C’est pourquoi j’évoquais le terme : détournement.

Certes, on peut dire qu’il est dû, en partie, ce “détournement”, aux deux protagonistes, ne serait-ce que par leurs déclarations publiques (“Je suis là par la volonté d’un homme, je suis là par l’acharnement d’un homme : Nicolas Sarkozy !” – Dominique De Villepin) ou soit-disant privées (le fameux “croc de boucher”) oui, ils ont contribué, d’une certaine façon, c’est indéniable, à focaliser l’attention sur eux. Que les médias les suivent sur ce terrain, ma foi, ça n’étonne guère, mais jusqu’à en oublier l’essentiel, ça, c’est fâcheux. A mon sens.
L’essentiel, et toujours du point de vue du spectateur, c’est quoi ?
N’est-ce pas, par exemple, espérer que du procès, sortira, à défaut de la vérité toute crue, au moins une explication quant aux listings. A quelles fins ont-ils été établis ?
Or, nous n’en savons toujours rien !
Sinon, que M. Gergorin en serait l’instigateur et M. Lahoud, l’exécutant. Mais, et encore une fois, quel était le but poursuivi ? N’est-ce pas cela qui nous intéresse ? Et qui devrait intéresser TOUTES les parties civiles ?

En tous les cas, jeudi 28 janvier 2010, ça n’avait pas l’air d’intéresser (ou pas plus que ça) le monde médiatique qui se concentrait sur la relaxe de M. de Villepin, sur son éventuelle candidature à la présidentielle 2012 (ce dont on se fout, c’est pas l’heure, c’est pas le moment, sans compter qu’en deux ans, il peut se passer tant d’imprévus) mais pire encore, aucun journaliste, aucun intervenant, sur aucun plateau radio ou télé ne considéraient comme plausible, ou plutôt raisonnable, tenable, une interjection en appel du Parquet ! “Trop risqué !” disaient certains. “Ce serait perçu comme de l’acharnement (sous-entendu de la part de Nicolas Sarkozy)” avançaient d’autres. Mais le pompon, c’est l’ami Cayrol qui l’a tiré, dans l’émission C Dans L’Air, quand il nous expliqua, mine complice, que M. Sarkozy avait, quelque part, envoyé un message au Parquet en signifiant son intention de ne pas faire appel de la décision du tribunal. Par la même, Roland Cayrol nous a suggérés, que le Parquet était “aux ordres”, ou tout au moins, susceptible de suivre l’avis du président de la République, bref, qu’il n’était pas souverain, indépendant, et tout le bataclan.

Eh bien, Jean-Claude Marin vient de prouver le contraire.

Oh oui, je sais, j’entends déjà, les intelligents, les suspicieux, les “faut pas nous prendre pour des cons” dire, mais bien sûr, tout ça c’est que vaste comédie, orchestre et compagnie, y’en a un qu’épluche les oignons, l’autre qui pleure, c’est juste une façon, plutôt habile, pour Nicolas Sarkozy de dire qu’il n’en est plus, que ce n’est plus son affaire, c’est pas moi, j’y suis pour rien, la preuve, j’ai dit que je ne souhaitais pas faire appel …
Ce qui m’amuse, c’est que ceux, innombrables, qui saluaient, jeudi, l’indépendance de la justice, sont quasiment les mêmes, qui, le lendemain, émettent des doutes quant à celle du procureur de la République de Paris qui, pourtant, n’a pas suivi le soit-disant appel du pied (selon, donc, Cayrol) du chef de l’Etat. Etonnant, non ?

Certes, Jean-Claude Marin est convaincu de la culpabilité de M. de Villepin. Il l’a dit. Et répété. Il a, en outre, réclamé sa condamnation. Mais, quel rapport avec Nicolas Sarkozy ? Je veux dire : en quoi la personne de Nicolas Sarkozy entre-t-elle en ligne de compte dans l’intime conviction de M. Marin ?
Si on prend le temps d’écouter attentivement le procureur de la République de Paris, lors de l’entretien qu’il accorda ce vendredi 29 janvier sur Europe 1, on entend quoi [*] ?
Qu’il estime que “tout n’a pas été dit dans cette affaire”. Et il précise bien (retour aux fondamentaux) que l’affaire en question, c’est Clearstream. Et non pas l’affaire Villepin, ou l’affaire Sarkozy/Villepin.
Si nous en revenons au point de vue du spectateur, n’avons-nous pas le même sentiment ? Que tout n’a pas été dit ? A commencer par l’essentiel : dans quel but, à quelles fins, ces listings ont-il été établis ? En rappelant que, sur lesdits listings, ne figurent pas QUE le nom de M. Sarkozy.
D’autre part, et parce qu’il a l’intime conviction que “tout n’a pas été dit”, en quoi sa décision d’interjeter appel – ce qui est son droit, de surcroît – est-elle sujette à suspicions ? Ou, pourrait être qualifiée d’”acharnement” ? Ne peut-on pas considérer que si “acharnement” y’a, c’est celui de (connaître) la vérité. De la faire émerger. Un peu plus. Parce que, oui, décidément, il manque quelque chose. L’essentiel.

Après, je sais, on peut tout imaginer, élucubrer, se faire plaisir, au nom, que sais-je, d’un anti-sarkozysme primaire, secondaire, tertiaire, bref, au nom d’une aversion qui finit par ressembler à un autre procès, aveugle et quotidien, lassant et contre-productif, et je le dis d’autant plus librement que je ne suis pas le dernier à m’y vautrer, et avec délice ; oui, quoi qu’on pense de Nicolas Sarkozy, de sa politique, de sa façon d’exercer le pouvoir, et quoi qu’on pense, également, de Dominique de Villepin, il est un fait : de l’affaire Clearstream on ne sait toujours rien, ou pas grand chose, ni le pourquoi du comment ; Gergorin, Lahoud, et pis c’est tout ! que des noms, mais des motivations, queue dalle ! Et ça, je trouve que ça mérite d’y revenir. Ça justifie l’appel. Point de vue d’un simple spectateur. D’un citoyen lambda. Qui se fout royalement de la haine qui anime deux personnages de la République. Car là, n’est pas la question. Ni l’essentiel.


[*] A noter que Jean-Claude Marin précise, et comme c’est important, qu’effectivement, il pourrait recevoir “des instructions” (du Garde des Sceaux, de l’Elysée) mais dans ce cas, elles devraient être “écrites”, “motivées”, et il devrait “les produire dans le dossier”.

27 janvier 2010

Martine Aubry Nous Quitte !

Martine Te Dit Adieu !

Une fois n’est pas coutume, je ferai court, net, concis et précis.

Sur TF1, mardi 26 janvier 2010,
Martine Aubry, présumée socialiste, a dit :

Chaque français dont continuer à avoir le droit de partir à 60 ans”.

Ça tombe rudement bien, vois-tu Martine, car les soixante ans, tu les fêteras le 8 août de cette belle année !

Et donc :

Adieu Martine !
A la retraite Martine !
A L’île de Ré ou à Lille-tout-court !
Et qu’on ne t’y reprenne plus !



[Et hop ! Un de moins .. “Next please !” ..]

 

21 janvier 2010

Woippy : Halte Au Feu !

Woippy.jpgAh, je les entends déjà, à la conclusion, hâtive comme de bien entendu, jouir, et allons donc : l’a viré sa cuti, mangé son chapeau, le “gauchisss”, l’a basculé à droite et recta. Ça, j’pourrai pas l’empêcher. Même si je préviens. Que j’y mets les formes, pèse mes mots, jusqu’aux virgules, que j’annonce la couleur et bien clairement. Y’aura rien à faire. Alors que ça jouisse, m’en fous, et copieux. C’est à ceusses qui se dépensent, chaque jour, qui usinent, que je pense. Animateurs de quartiers. De Woippy comme de Gennevilliers. Y’a de quoi lâcher l’affaire, croyez-moi ! Prendre ses cliques. Comme le service public. Qu’a déserté lesdits “territoires”. C’est pas Dieu possible, comme elle grande, immense, la connerie ! A ce point rendu, marri, j’vois pas d’autres qualificatifs. Or donc ?

Or donc, Woippy. La Moselle. C’est la nuit. Mercredi 20 janvier 2010. 1h30. Sur un scooter, trois jeunes. Malek Saouchi (19 ans) Nabil Boufia (19 ans) et Joshua Koch (20 ans). Trois jeunes sur un scooter ! Déjà. C’est l’infraction ... Sans casques ! C’en est une autre ... Tous feux éteints ! C’est la totale ? … Non ! … "Vitesse excessive" ! … Y’a pas à tortiller, c’est du lourd. En la matière circulatoire. [*]
Ça croise un véhicule de la police municipale. C’est pas de bol. C’est comme ça. Avertisseur. Lumières et tout le tralala. Normal. C’est leur taff. Et le scooter, il fait quoi ? Il s’arrête pas. Il accélère, il calte, trisse, et zou ! 800 mètres plus tard, c’est fini. Un calenché. Deux états critiques. Pronostic vital engagé. La faute à qui ? J’pose la question ! Et j’veux qu’on me réponde ! Qu’on fasse dans l’objectif ! Et comme il faut ! J’veux bien donner dans la posture, mais y’a des limites. Oh, j’dis pas, c’est un fait, clapter si jeune, c’est d’une tristesse ! C’est à chialer. Y’a pas à y revenir. Mais ça n’empêche ! La question reste la même : à qui la faute ? Qu’on me le dise ! Et sans forfaitures ! Zyed Benna et Bouna Traoré, j’y étais pas, Clichy-sous-Bois, mais j’insiste, y’avait rien, zéro délit, c’est prouvé, avéré, juste des mômes qui fuient, comme ça, peur du condé, marre du condé, fais chier le condé, je maintiens qu’ils auraient pu laisser courir, pas faire le zélé, mais là ?

Woippy toujours. Morte-et-Moselle. Mercredi 20 janvier 2010. Fin d’après-midi. Marche blanche, silencieuse. “Hommage” à Malek (Saouchi). “Espoir” à Nabil (Boufia) et Joshua (Koch). On pourrait gloser. Ah si ! Vu les faits. A leur lecture. On pourrait. Moi, je marche pas. Dans ce cas-là. Je fais silence. Ça oui ! Je reste chez moi. Je rameute pas. La douleur, ça s’expose pas ! Des regrets, oui, j’entendrais. Des éternels. Mais l’hommage, je le dis crûment, j’comprends pas ! Même si y’a souffrances !
Après, qu’on s’étonne pas, de la suite, c’était couru d’avance. Silence, mon cul ! Ça y crie :

Ils ont tué nos enfants ! Nous voulons que justice soit faite”.

Faut bien l’encadrer, cette phrase-là. La dépecer. Elle est parlante. Y’a tout dedans. Comme une erreur. Fatale. Et la justice, l’a une sale gueule. Rien qu’incite à l’apaisement. Et v’là que ça recommence. Ça part en Schweppes. Ça dégénère. Et ça brûle. Encore et toujours, ça brûle. Et donc ?

Et donc, c’est misère. C’est à se foutre en l’air ! Vu le climat. Qu’est aux dérapages. Au déballage. Et quand bien même, ne le serait-il pas, que non, c’est pas défendable. Pas là ! Encore une fois, j’ai pu comprendre, certaines fois, non point par posture, je l’assure, j’donne pas dans la Finkielkrauterie, haro sur la banlieue, taïaut ! taïaut ! Sauf que là, c’est refiler de la becquetance au philosophe, de l’argument à l’Elisabeth Levy, vont pas se gêner, ah ça non, pour remettre le couvert, à grands coups de “qu’est-ce qu’on vous avait pas dit !”, et MERDE ! Mais qu’est-ce que vous avez dans la tête, bordel ? Voyez pas que vous vous tirez des balles dans l’arpion, donnez raison, bon sang, à ceusses qui vous honnissent ? Que vous nous désarmez ? Ceux-là qui tentent de saisir, de prendre le temps, patiemment, de calmer ce merdier, animateurs de quartiers, vous les embrasez, vous les déloquez. Ça se démène, ça travaille, ça donne, tout ce que ça peut, pour contrer les Causeurs, les Rioufol, la clique des Guéant/Guaino, ce que Fontenelle appelle “la Droite régimaire”, mais à quoi ça sert ? Putain, on va lâcher l’affaire ! C’est saper le travail, c’est cracher à nos faces ! C’est trop de bêtises ! Que dis-je ? De conneries ! Et Dieu, qu'elle est immense ! Mais quel naufrage ! On y va droit, au carnage, c’est moi qui le dis, et je prends date ! Le carnage, c’est pas la Révolution. D’une Révolution, parfois, il en sort du bon. Des avancées. Après, ça se gâte. Comme toujours. L’Histoire est une boucle. Faut le savoir. Mais d’un carnage, rien, il ne reste jamais rien.

Que des cendres. 

Ainsi que nos arguments pour vous défendre. 


[*] Scooter volé ? Ça rentre pas. Ça vient après. C’est pas la raison du “suivi”. Hors-sujet.

18 janvier 2010

Ségolène L'a (re)Fait !

François Royal.jpgOn peut tout dire sur Marie-Ségolène Royal, en rire même à gorges toutes déployées, faire l’ironique quand elle harangue le public qui, avec elle, scande : “Fra-Ter-Ni-Té !”.

On notera, au passage, et tout aussi ironiquement, que Nicolas Sarkozy, dans ses bons vœux du 31 décembre dernier, en appela, itou, comme un écho, à la “fraternité” entre nous autres.

Oui, on peut se gausser, et copieux, de la donzelle de Melle, Rahan féminin du Poitou et des Charentes réunies, “la-femme-qui-reste-debout”.
Nonobstant, force est de constater qu’elle a de la suite dans “ses” idées, qu’elle ne “lâche pas l’affaire” ; oui, au fond, et tout bien pesé, il y a chez Royal une cohérence indéniable. Exaspérante pour certains, soit, mais indéniable avant tout.
Je pourrais - et je vais le faire, tudieu ! – paraphraser l’effréné twitteriste qu’est Frédéric Lefebvre qui, évoquant le chef de l’Etat, osa repousser les limites en déclarant que le “tort” de Nicolas Sarkozy, c’est “qu’il a raison trop tôt”.
Et si c’était aussi, le “tort” de Ségolène Royal (hormis le fait que la saillie de Lefebvre ne repose sur rien sinon sur lui, que c’est du vent, du cirage, de l’amusage de galerie, une raffarinade génétiquement modifiée) ?
Car, rafraichissez-moi le cassis, mais c’est bien elle, Marie-Ségolène Royal qui, entre les deux tours de la dernière présidentielle, proposa, débat bourdinesque sur BFM TV en prime, une alliance avec le MoDem de François Bayrou ? Et je crois également me souvenir du chambard que cela provoqua chez ses “amis” socialistes. Outrés qu’ils étaient, les fieffés barons ! Quoi ? Le Parti Socialiste se maquant avec Bayrou ! Mais quelle horreur ! … Marrant, non ? … Quand on pense que ce sont les mêmes qui appelèrent à voter Chirac (que Bayrou rallia lors du second tour de la 1995 après avoir fait campagne pour Balladur) en 2002 ! … Comment ? … C’est pas pareil ? … Ah bon ? …. Parce que vous croyez peut-être que Le Pen serait passé si le PS n’avait pas hurlé à voter Chirac (“en se bouchant le nez”) le 5 mai 2002  ? Foutaises ! Billevesées ! Trouduculeries ! La vérité, c’est que les mecs, ces pauvres zozos-cialistes ont franchi, en 2002, le Rubicon. Et après tout, c’était d’une grande logique, plié d’avance, vu que leur candidat, celui qui aujourd’hui se la raconte à grands coups de trous de mémoires et d’orgueil indécrottable, avait donné le top-départ en déclarant, fièrement de surcroit, lors de sa piteuse campagne :
Mon programme pour la France, n’est pas socialiste”.
A partir de là, comme l’ânonne le footballeur moyen du championnat de France, tu comprendras que, la porte étant ouverte

Or donc, près de trois ans plus tard, elle insiste, elle récidive, elle enclume, et cette fois, dès le premier tour, celui des Régionales, la Marie-Ségolène fait alliance avec le MoDem ! Sans demander l’avis de son lambeau de Parti (dont elle est, apparemment, déconnectée).
Elle est free. Elle a tout compris.

Oh oui, je sais, ça va geindre, chialer, ah mon dieu, faire mumuse avec des centristes, mais que reste-t-il de nos amours, du socialisme ? Mais rien ! Rien ! C’est fini ! Ca fait belle lurette qu’il n’y a plus le moindre microgramme de socialisme dans le Parti dit Socialiste ! C’est une formation libérale molle du genou et pis c’est tout ! Un machin de Centre droit, gauche, vaguement écolote, enfin, ça dépend du vent, du climat, des sondages surtout ! Et si, dans la presse, à la radio, sur un plateau de télé, le journaliste plus perroquet que lambda parle de “gauche” en évoquant le PS ce n’est point par charité laïque, c’est juste par fainéantise, par habitude, parce que voilà, l’UMP est à droite, alors bon, le PS, c’est à gauche. Eh ben non ! L’UMP est à droite, oui, et plus que jamais, mais le PS lui, n’est qu’une variable d’ajustement, un Centre s’ignorant, libéral c’est évident, équivalent demain (mais de très loin) aux Démocrates américains (qui, Dieu leur en préserve, ne seront jamais de “gauche” – tu penses bien que l’américain moyen ne portera jamais un socialiste au pouvoir ..).

De fait, le Parti Socialiste s’étant vidé sans discontinuer de “son” socialisme, il ne sert à rien de pousser des cris d’orfraies ; Ségolène avait raison dès 2007 (peut-être même avant) comme elle a raison de remettre le couvert en 2010 ; allez ouste, on assume la mue et cap au Centre !
D’abord parce que, seul, le PS ne peut rien gagner. Et qu’aujourd’hui le PCF étant exsangue, électoralement nul, il faut bien trouver d’autres partenaires (à couillonner) ! Le NPA, LO, et même le Parti de Gauche (dont on ne sait trop ce qu’il veut et où il se situe) préférant la jouer à l’ancienne (et grand bien leur fasse). Quant aux “écolos”, l’Europe Ecologie, cette bonne blague, z’ont beau pérorer, fanfaronner, ce ne sont que pauvres cigales, et - je prends date ! - quand l’hiver de la présidentielle sera venue, mettront pas longtemps à se ranger bien sagement derrière le Parti dit Socialiste.
Ensuite, mais c’est répétitude que de le préciser, parce que justement le PS est mort au sens socialiste du terme, qu’il est clairement un parti libéral, disons, et pour aller vite en besogne, un peu moins brutal dans son libéralisme que l’UMP. Et, prenons les paris, demain, bientôt, tous ceux qui hurlaient à la “trahison” et blavouillaient sur la Royal, les fameux notables du PS, prôneront ouvertement (donc : sans “se boucher le nez”), une alliance avec le MoDem.

A ce propos, il est intéressant de noter, que cette fois, les outrés, les éplorés - de crocodiles comme de bien entendu - viennent plutôt du MoDem que du PS. Ainsi, Marielle de Sarnez (qui semble découvrir le monde politique, à moins qu’elle ne nous prenne pour des benêts de compétition, ce qui, je le déplore, semble l’hypothèse la plus probable) parlant de “débauchages” (tu veux que je te sorte des exemples de “débauchages” pratiqués par le MoDem, Mâhâme de Sarnez ?) allant même jusqu’à oser cette bouffonne tirade :

C'est choquant et pas respectueux de la part de quelqu'un qui explique qu'elle entend faire de la politique autrement. C'est aussi le contraire de la transparence parce que cela tourne le dos aux électeurs à qui il revient de choisir les majorités futures et le point d'équilibre de ces majorités.”

Nonobstant le fait qu’il faut arrêter avec cette nouvelle lubie à la noix, cette histoire ridicule, ce conte pour attardés qu’est la “transparence” en politique, depuis quand revient-il aux électeurs de “choisir les majorités futures” ? Comprendre que, dans ce cas, Marielle de Sarnez, il faut cesser de leur donner, ainsi que vous le faites, vous et tous les autres, des consignes de vote pour le tour suivant. Laissez-les choisir en paix ! 
[Ne le fais-je pas à merveille, quand je m’y mets, mon Frédéric Lefebvre ?]

Quoi qu’il en soit, cohérente, acharnée, exaspérante et ô combien, Marie-Ségolène Royal l’a (re)fait.
De fait, sa région devient un laboratoire. Un test-match en langage rugbystique. Et tous autant qu’ils sont, politiques comme observateurs et de tous bords, auront un œil, si ce n’est les trois (avec celui qu’ils gardent dans le dos), rivés sur son score le 14 mars prochain. S’il est hautement positif, elle aura eu raison. Avant tout le monde. Ou plus précisément : ce sont les électeurs qui lui donneront raison. Et des électeurs, le PS en a, pour la 2012, cruellement besoin. Alors cette porte ouverte dont je parlais plus haut, le PS l’enfoncera sans barguigner, puis, sans chichis la refermera sur une idée qui les a quittés et, pour être honnête, si peu habités : le socialisme.
Enfin, tout sera clair (et non pas transparent) le combat pourra réellement commencer. Et nous autres, saurons pour qui voter. Et pour quoi. Et ça, quoi qu’on en dise, on le devra, un peu, mais si, à madame Royal ..

16 janvier 2010

Ah Les Cons ! [Peillon, Besson, Le Pen & Chabot]

Ah, l’est content de son coup, médiatique, le Peillon. Pauvre rateux, triste couillon ! Comme Besson, l’est roi, de la désertion. C’est juste un “m’sieur Binet qui s’est débiné/Ca-bi-net !”. Et du coup, mon cochon, on a plongé sous-Marine. Dans le débat, inexorablement, nous baissons. C’est misère ! Pourtant, vas-y qu’ça glose, qu’ça jacte, qu’ça élucubre autour de l’épiphénomène, alors que ça ne mérite, si c’est désormais ça, la politique, le combat, la joute, que du mépris. Du “Allez tous vous faire foutre et plus vite que ça ! On n’est pas des loufiats !”.

Rien. Zéro. Ballepeau. C’est caniveau. Alors tant qu’à tirer vers le bas, je vidéo. Besson, Chabot, Le Pen et Peillon dans le même bateau. Sombre. Merde in France et caca haut !
Sans oublier, des cacahuètes pour l’apéro, merderie politique de bistrots ..





[“Ah Les Cons !” – Philippe Sage, 16 janvier 2010 ]

04 janvier 2010

De La Neige A Grenoble ? Un Evènement "Sans Précédent" !

On Air.jpgDans les expressions journalistiques florissantes, dont on ne sait d’où elles viennent et pourquoi, pour quelles obscures raisons, surtout, elles se propagent à vitesse-lumière à tout le corps présumé déontologique de cette éminente (et, paraît-il, indépendante) profession, il en est une qui commence sérieusement à me casser les arpions, l’expression : “sans précédent”.

Or donc, aujourd’hui, période d’immédiateté forcenée, de buzz irréfléchi (ah, le beau pléonasme que v'là !) et autres cancers de l’information véritable, pour le journaliste lambda tout évènement, quel qu’il soit, du plus petit au plus grand, devient : “sans précédent”.
Il n’est pas anodin, bien évidemment, de spécifier tel que je le fais les mentions d’immédiateté et de buzz, ces vipères, vecteurs de sensationnalisme merdeux, attrape-couleuvres, tant elles sont désormais mamelles de l’information, ce qui, en l’occurrence, et je m’en excuse, car c’est faiblesse de jouer ainsi avec les mots, oui c’est faiblesse tant il est grave et sérieux le sujet, ce qui en l’occurrence, disais-je, pourrait expliquer que l’information, celle que l’on nous délivre au nom de ces saintes-mamelles, dans la forme comme dans le fond, va de mal en pis.

Passe encore pour un attentat, tel que, par exemple, ceux du 11 septembre 2001, dont on peut dire - car qui oserait prétendre le contraire ? - qu’ils sont “sans précédent” ! Ou de se retrouver encombré de millions de vaccins qu’on tente piteusement de refourguer ici ou là, imbécile et consentante victime d’un principe de précaution, splendide exemple de l’incompétence crasse de nos dirigeants, ceux-là même qui, hier, tançaient sans modération l’angélisme ou la naïveté de leurs adversaires, les voici enfarinés par les mêmes maux ; de la peur que sans cesse, ils inoculent au peuple, les voici arroseurs arrosés, jean-foutre en vérité, et pour l’éternité ; là oui, c’est “sans précédent”. A tous les niveaux. C’en est même effrayant.
De ceux-là, de “sans précédent”, j’en m’en accommode, je veux dire, j’en comprends l’usage, il est justifié. Mais quand - on y revient - elle se propage à tous faits, ladite expression, je m’encolère, il suffit ! y’a pas, faut le dénoncer, arrêter cette fumasse, cette comédie, qui, ça va, je l’ai bien saisi, tend à faire valoir tout évènement comme prodigieusement intéressant, comme (dans la plupart des cas) bigrement anxiogène.

Ainsi, témoin de cette dérive, ce lundi 4 janvier, sur France Info, 11h45, le journaliste nous annonçant qu’à Grenoble, il était tombé vingt centimètres de neige, et que c’était “sans précédent … depuis 2005”.

Avouez, qu’il fallait oser la balancer, celle-ci ! Faut la noter. Bien l'encadrer. Dans le genre, ça fait office de modèle ! Ca vaut son pesant. Le télégraphiste, l’a pas dit que c’était, par exemple et raisonnablement, une première depuis 4 ans, mais “sans précédent” … Y’a symptôme, moi j’dis !
Que la neige tombe, en janvier, à Grenoble, ancienne hôte des Jeux Olympiques d’hiver, pour sûr, ça n’étonnera personne ! Qu’il en tombe vingt centimètres, non plus ! En rien, cela ne constitue un évènement digne d’intérêt, je veux dire, au point de le faire mousser. Seulement vois-tu, avec le dernier joujou journalistique, l’expression “sans précédent”, tu peux monter en neige la plus merdouilleuse des informations. La présenter comme inédite. Comme du jamais-vu ! Depuis … 2005. C’est bien cette précision-là “depuis 2005” accolée au “sans précédent”, et pour un tel sujet, qui repousse les limites du grotesque et, autant le dire, du foutage de gueule caractérisé.
De la dérive.

On me dira, va savoir, que je chicane, je cherche noise pour pas grand chose, que ça ne vaut pas l’article, allons, n’y aurait-il pas d’autres et bien plus préoccupants sujets (le No Sarkozy Day, par exemple ? – Ah, mais j’ironise, voyons, je me gausse, et à raison, de ces troufigneurs de mouches qui croient, les roufions, jouir d’une quelconque influence, alors que non, ballepeau, que nib, mais cependant s’en paluchent, s’onanisment par communiqués dérisoires, risibles, ou, comme justement dit ici : ineptes. Non ! Quand je cause préoccupations, j’entends :) chômage, précarité, taffer jusqu’à 70 balais, assurance maladie trissante, déficits abyssaux, ah le bel héritage que nous léguons à nos très chers descendants, par égoïsme, si turlupinés que nous sommes par notre présent, étriqué, mesquin, l’immédiateté bon sang ! et rien alentours, et qu’ils crèvent les autres, ceusses du Sud et ceusses de demain, qu’ils en marnent, quelle importance, nous, on l’aura eu notre part ; d’accord ! les sujets qui font urgence, c’est pas ce qui manque, mais est-ce une raison, suffisante, légère, pour négliger le reste ? Et notamment, comment “LE” journaliste nous informe, de quelle façon et dans quels termes, où, faut-il le préciser, tout est pesé, à la virgule près, bref, où rien n’est innocent ?
Car je pris Grenoble, mais j’aurais pu, tout aussi bien, prendre un affaiblissement, une chute, un dispositif, des économies, un trou, une décision, c’eut été la même prose : toutes désormais, j’exagère à peine, sont, deviennent, des informations “sans précédent”. Et si on ne le relève pas séance tenante, bientôt, le soleil se levant nous sera présenté comme un évènement “sans précédent .. depuis hier” !
Oui, si devant tant de bêtises (je devrais dire : de désinformation, tant nous la frôlons par distorsion linguistique) on se tait, on fait comme si, ma foi, ça n’avait point d’importance, alors qu’il s’agit de l’essentiel, de l’aigu, informer en bonne et due forme le concitoyen, alors demain, il n’y aura plus d’information digne de ce nom. Car à considérer que tout est “sans précédent” cela équivaut à (nous) dire que tout est sensationnel. Tout est nouveau ! Tout est matière à scoop ! Mais au final, à l’arrivée : tout est discrédité. Bafoué. Dénaturé. Tout devenant ignominieusement égal. Le taux de chômage galopant comme vingt centimètres de neige à Grenoble un 4 janvier. Ou une “vague” de suicides.

A ne pas la dénoncer, cette dérive (qui n’est pas orpheline, il y en a tant et tant d’autres du même acabit, et qui poursuivent le même but : transformer tous faits – même divers, ici d’hiver – en évènement, au détriment, il faut le croire, de ceux réellement dignes d’intérêt) à ne pas s’insurger contre cette prolifération à vau-l’eau de “sans précédent” (également notable, et à foison, chez la classe politique, au même titre que les expressions fourre-tout : “sans tabou” et “sans a priori”) nous aurons, demain, prochainement, déjà, une information dévitalisée, désossée, au sens premier, insensée. Là, est le danger. Il n’est pas, lui, “sans précédent”. A la seule condition de le combattre, maintenant.

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