30 décembre 2009
Chapeau L'Artiste ! Bravo, M'sieur Sarkozy !
Ah oui, bien sûr, la taxe carbone, la fameuse, zigouillée par le Conseil constitutionnel, le Debré, allez hop ! prends-toi ça dans les dents, et si en plus, ça pouvait te les gâcher, tes vacances, les marocaines, et ta fin d’année par dessus le marché, celui qui reprend poil, ce serait toujours ça de gagné !
Ah, comme ça y va, n’est-ce pas, de sa petite satisfaction, comme ça fait le coq, le fiérot, comme ça s’attribue, sans vergogne aucune, la victoire. Mais quelle victoire ?
Des victoires comme ça, au rabiot, par défaut, c’est pas la gloire, mais faut croire que c’est tout ce qui leur reste à becqueter, bien peu à se contenter. C’est foutue misère, moi j’dis ! Vaudrait mieux, pas trop la ramener. Profil bas. Parce que, au fond, et tout bien pesé, taxe carbone ou pas, le petit Roi, le Sarko, il est là, toujours, bel et bien, et c’est pas demain qu’il va la lâcher, l’affaire.
Oui, au fond, et tout bien pesé, il faut, de bonne ou mauvaise grâce, et alors, quelle importance ! lui reconnaître du talent, à cet homme-là ! Du génie même ! Faut-il en avoir pour réduire à rien, et en deux temps, trois mouvements, toute forme d’opposition. Au néant, l’opposition ! Bernique, l’opposition ! Laminée, comme jamais. Du grand art ! Un chef-d’œuvre véritable ! Il a quadrillé le secteur, le bonhomme ! Tout bouclé ! Et c’est grand modèle. Les Aubry, les Buffet, les Besancenot, c’est bien simple, peuvent plus respirer, cuisinés qu’ils sont, à l’étouffée, travaillés jusqu’à la moelle, valdingués, brinquebalés, à ce point qu’ils nous paraissent fadasses, dépassés, à côté, définitivement largués. Pourtant, c’est pas la place qui manquait. Ah ça ! Y’avait même comme un boulevard, énorme, une crise, une vraie, une majuscule, celle qui t’envoie le populo pointer en masse chez chomdu, une crise de compétition, du genre “sans précédent” comme ânonnent les perroquets accrédités, hommes-tronc du jité et autres gougnafiers, télégraphistes de l’AFP et tout ce sacro-saint merdier ! Une crise providence qui jadis t’aurait fait tanguer le premier gouvernement venu, dès la première mesure à la noix, l’impopulaire, la discriminante, dès le premier bouclier fiscal voté, et ton dimanche sacrifié, mais non ! Des incapables, voilà ce qu’ils sont ! Infoutus de prendre la balle au bond. Même le Mélenchon ! Il pérore, et alors ? Et l’autre, qu’a maquillé sa LCR en NPA, comme si d’un coup, l’avait honte d’être révolutionnaire, honte du communisme, où qu’il est ? Avec son porte-voix ? Balayé, voilà ce qu’il est ! A la baille, comme les autres ! Comme ces pitoyables socialistes, ce parti de bourgeois, oui, de bourgeois, et jusqu’à la gueule, vendu au libéralisme ! ... Quoi encore ? Bayrou ? Laissez-moi donc en rire ! Et copieux ! Quant aux Verts, est-il vraiment utile d’en dire quoi que ce soit ? Et j’te parle même pas des syndicats ! Ah les saligauds ! Comme ils ont retourné, et fissa, leur veste, comme ils lui font des ronds de jambes, à sa majesté, faut dire qu’à 8% de syndiqués, tu fais moins le mariole avec un type pareil. Z’ont beau dire et beau faire, se gausser, pourtant, c’est que vérité : aujourd’hui, mon poteau, quand y’a grève, plus personne s’en aperçoit. Normal ! C’est que de la petite grève, de la timide, à la petite semaine, chacun dans son petit coin, à l’égoïsme ; qu’est-ce que tu veux faire avec ça ? Après, viens pas chialer que ça se suicide ici ou là. Si ça se suicide, c’est que quelque part, mon syndicat, t’as failli. Le boulot, tu l’as pas fait. Et puis c’est tout ! T’es out. Aucune excuse. Rien. C’est minable. Et ne viens pas, non plus, me dire, que les gars, ils veulent pas, que c’est pas une sinécure que de les rameuter, les faire bouger. A d’autres ! La grève, camarade, j’ai donné. Vrai, c’est pas de la tarte. Faut œuvrer. Et pas qu’un peu. Sinon, ça se barre. Ca se délite, en moins de deux. Ceusses qui ne l’ont jamais connue, la grève, ils bavent n’importe quoi, des teigneux, des mauvais coucheurs, toujours à râler, mais vois-tu, c’est eux, aujourd’hui, les vainqueurs. Eux qu’ont jamais rien fait de leur vie, ou pas grand chose, serviles, couchés, à dire toujours oui, merci monsieur, mais bien sûr monsieur, je vous en prie monsieur, et ça te palpe l’oseille, la mensuelle, sans moufter en reluquant à l’envi les acquis sociaux du voisin.
Oui, même si ça fait mal, et jusqu’aux chicots, l’année s’achevant, faut le dire, pas faire son bégueule, sa mijaurée, mais l’homme, celui qu’on dit du Château, l’a bien du talent. Et tu peux l’accuser de tous les maux, de pétainisme rampant même, il n’en a cure. C’est lui le boss. Lui et lui seul. Les autres, les Bertrand, Copé, Lefebvre, c’est de la roupie de sansonnet. Du menu fretin. Ca amuse la galerie, et puis c’est tout. Et le reste du reste, c’est ahurissant de bêtise ou de vulgarité. De mesquinerie ou de bassesses. C’est de la Morano. De l’Estrosi. Du gratiné comme jamais. L’inculture au sommet. Quant au Besson, c’est le ponpon ! Là, j’avoue, cet homme-là, qu’on le prenne de l’amont ou de l’aval, c’est kif-kif ! C’est du félon cousu main. Du traître de catégorie une. Il faudra bien, un jour, au temps des comptes, se souvenir que le zigue, il a quitté un navire en pleine guerre, il a déserté son camp pour lui cracher dessus le semaine suivante. Y’a rien à faire, tu peux torcher l’affaire dans le sens que tu veux, c’est inqualifiable. Ca inspire le dégout. Pas un centigramme d’honneur. Pas un sou de dignité. Rien ! Et ça viendrait couiner, de surcroit, et en justice s’il vous plait, parce qu’on lui trouverait de la détestation ? Jusqu’au bout de l’âme, il est rongé, le malfrin !
Des branquignoles, te dis-je, et à desseins ! C’est que le bonhomme, le Sarko, il a assez morflé pour savoir comment s’entourer ! Surtout pas de cadors, ça pourrait lui causer tort. Que de l’incompétence. De la Bachelot ou de la Fadela Amara. Ou du transparent comme le Morin ou le Darcos. Du tape-à-l’œil, du m’as-tu-vu comme le Kouchner. Du bon chien-chien comme le Hirsch. Du risible comme le Woerth, la Pécresse ou le Wauquiez. De la fausse rebelle, comme la Rama Yade. Tout à l’avenant ! Exception faite, de Lagarde, quoiqu’on en dise. Et, bien sûr, toujours, un homme de main, un homme sûr, un œil de Moscou pour surveiller tout ce petit, petit monde : Brice Hortefeux.
Et voilà, le tour est joué ! Tout est ficelé ! Verrouillé ! Et pas qu’un peu !
Fillon ? … Comment ? … J’aurais oublié Fillon ? … Etes-vous sûr ? … Ne serait-ce pas plutôt Fillon, lui-même, qui s’est oublié ? ..
Ah, la belle équipe que vl’à ! Ah, les baltringues magnifiques ! Juste bon à se trémousser, ridicules pantins, et jusqu’au pathétique, dans un clip terrifiant de conneries.
Oui, il faut le dire : bravo l’artiste ! Bravo m'sieur Sarkozy ! N’en déplaise au peuple numérique de la Sarkofrance !
Ah Sarkofrance ! Mais quelle ténacité ! Vrai, ça force le respect. Tous les jours, et pas un manquant, trouver des poux au Sarko, c’est de l’ordre de la performance. Ca mérite décoration. Et compassion. Parce que le luron, il est bon pour huit années supplémentaires. C’est plus une mission, c’est du Fleury, du Fresnes, c’est de la prison ferme. Qu’il s’impose à lui-même.
Sarko, c’est pas ma tasse de thé, ses idées, sa vision de la France, son identité nationale, ses devoirs qu’il accole aux droits, ceux dont l’homme hérite de fait, ainsi qu’il est inscrit dans notre Constitution, sa France d’Après qui sent la vidéosurveillance et les clochers, ça me fait pas bander. Mais de là à lui tomber sur la paletot chaque jour laïc que Dieu fait, non ! J’en suis marri, la Sarkofrance, vraiment, mais ce n’est pas de la sorte qu’il faut (le) combattre. C’est perdu d’avance ! C’est nourrir la défaite !
Combattre un homme c’est aussi savoir reconnaître ses qualités. Sans cela, point de salut !
Alors oui, bravo monsieur ! Bravo pour ce grand numéro ! Qui débute en 2004. Lorsque vous prîtes le parti de votre meilleur ennemi. Celui destiné au Juppé. C’est là que tout commence. A toute berzingue. C’est à partir de là, que vous mettez l’affaire en branle. Avec un objectif : tous les niquer ! A droite, comme à gauche. Il n’y aura que vous. Vous, et vous seul ! Les autres, à la soupe, à la ramasse ou à la dérive ! Tous retournés. Comme des flans. Après, c’est que du velours. Et vas-y que je te fais tout passer ! Lois comme décrets. Couvre-feu. Fichiers. Peines planchers. Et vas-y que je jacte comme le peuple, avec les mêmes mots, les mêmes arrière-pensées ! Même les moins ragoutantes. Et vas-y que je te chante de beaux couplets, contes et fééries pour nigauds, comme la moralisation du capitalisme. La disparition des paradis fiscaux. Et nous sortirons de la crise plus forts que nous y sommes entrés. Que des fadaises ! De l’attrape-bourrique. Mais joliment envoyées. Rudement assénées. Quant à la crise économique ? Contournée … Quoi ? Par le H1N1 ? Non ! Par une autre crise ! Une crise identitaire. Nous, français, nous souffririons d’une crise d’identité ! Nationale ! Nous ne le savions pas, mais puisque vous le dites, ma foi, c’est que ce doit être vrai ! La preuve, ça marche ! Et du tonnerre ! Oh, c’est pas d’un grand niveau, mais ça vous est égal. Ce qui importe, c’est gagner du temps ! Dans l’art du jouer la montre, vous êtes champion ! Après tout, de la crise économique, nous finirons bien par sortir, mécaniquement s’entend ! Alors, en attendant, masquons les souffrances, la précarité insupportable, le désarroi avec une crise identitaire ! Ah, comme c’est finement joué ! C’est de la belle ouvrage ! Vous touchez juste ! Le point sensible, comme toujours ! Vous appuyez là où ça fait mal. Et si y’a dommage collatéral, ici le musulman, vous jouez les pompiers. Mais pour combien de temps ? Car à vrai dire, c’est mal embarqué votre bastringue. Vous pouvez bien pleurnicher que certaines comparaisons vous font peine, il n’en reste pas moins que ça vire à la curée. Quand on désigne au peuple ce qui serait le “bon musulman” (quand ce n’est pas le “bon arabe”), comment voulez-vous qu’on n’en soit pas effrayé ? C’est que, oui, comment le nier, ça refoule du bec, ça rappelle une certaine France, voyez-vous ! La vichyste ! A ce train-là, monsieur, et il est d’enfer, il est de carnage, à quand, au Grand Palais, une exposition du “bon musulman”, dessins à l’appui ?
A trop faire diversion, à trop jouer la montre, elle risque fort de vous péter à la gueule. Et salement.
Nonobstant, ce point plus que fâcheux, infiniment périlleux pour notre nation, et dont vous porterez l’entière responsabilité, vous avez réussi l’impensable :
Désosser l’opposition et pour longtemps !
Assujettir votre cour jusqu’au ridicule !
Mais aussi, affadir tout un peuple ! Le congeler, le liquéfier, le ratatiner par la peur. Celle de l’autre. Vous avez poussé le curseur, celui de la peur, comme jamais, avant vous, quiconque n’avait osé le faire. Vous avez compris qu’il est là, le moteur. C’est idiot, non, le peuple ? Et dire que c’est à lui, ce trouillard, enfant pourtant de la Révolution et des Lumières, qu’on a refilé le suffrage universel ! De la confiture à des cochons ! Pourquoi n’en profiteriez-vous pas, après tout ? .. Même si c’est la France qui doit en pâtir.
Ce n’est pas en Terminale S, n’est-ce pas, qu’on l’étudiera cette histoire. Celle qui vit tout un pays accepter de voir unes à unes, ses libertés, celles que l’on qualifie d’individuelles, tomber. Sous la Loi. Votre joug. Celle qui vit tout un peuple renoncer, sans mots dire, au plus sacré, au nom d’une illusion, sa sécurité. C’est ça, l’Histoire que vous êtes en train de nous tricoter. Et c’est parce que ça me paraissait impossible, parce que jamais je n’aurais cru que ce peuple puisse renoncer à son bien le plus précieux, et aussi vite, sans même manifester (ou alors sur Facebook, par le biais de groupes, c’est vous dire si nous sommes tombés bien bas) que je vous dis : Bravo !
Je vous le dis avec cynisme, tristesse et désolation.
Un jour, il y a bientôt deux ans, je bourlinguais sur le Net et tombais sur un blog. Un de ceux qui savent se tenir. Un de ceux que jamais la peur ne bouffera. Une merveille. Un auteur. Bénédicte Desforges.
Sur ce blog, tout en haut, il était (et il est toujours) inscrit ceci :
”Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre” [Thomas Jefferson]
C’est fait.
19:53 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s], La Tristesse, Opinion, Politiquement Très Incorrect, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (76) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, préidence sarkozy, bilan 2009, bilan 20072009, pétainisme, sécurité, identité nationale, haine de l'autre, carnage |
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24 décembre 2009
Aphorismes Et Périls – Tweets 2009
16:15 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin, h1n1, michael jackson, thierry henry, jean et nicolas sarkozy, ségolène royal, jean-louis borloo, benoît xvi, raymond domenech, afghanistan, grenelle, brice hortefeux, twitter |
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22 décembre 2009
Burqa : Interdire Ou Bannir, Il Faut Choisir
Or donc, Philippe Esnol, Aurélie Filippetti et celui que ridiculement [*] l’on surnomme le “Sarkozy de gauche”, le dénommé Manuel Valls, ont dégainé via Libération, une tribune gaillardement intitulée :
“Il faut bannir la burqa de l’espace public”.
Si nous considérons que ces trois personnages ne sauraient ignorer le sens des mots, qu’ils auront donc et assurément pesé chaque terme sept fois dans leur encrier numérique avant de commettre leur tribune, on ne peut faire l’économie du verbe choisi pour illustrer le titre, qui n’est point “interdire” mais “bannir”. Car il y a grande différence, voyez-vous, entre l’interdiction et le bannissement. Entre “empêcher quelqu’un de", ou “d’user de” et … “exclure”, “chasser”, “exiler”…
Certes, on me rétorquera derechef qu’il ne s’agit point de bannir “quelqu’un” mais un “vêtement”. C’est oublier que sous ledit "vêtement", il y a présentement "quelqu’un", et que ce "quelqu’un" (à hauteur de : “500, 1000 ou 2000 femmes” selon le tribun trio) a fait un choix – disons-le tout net – moins religieux que politique : porter la burqa. Car oui, c’est avant tout un acte politique. D’où la difficulté de possiblement légiférer.
Ceci étant, et tenant surtout compte de l’aspect politique, demander au législateur d’interdire le port le burqa en tout espace public, ne suffisait-il pas ? Pourquoi aller, quel besoin d’aller jusqu’au bannissement ? Au moment précis où l’on parle autant de République, où tant et autres s’en font les hérauts et les ardents défenseurs, tels nos trois signataires, pourquoi diable employer un verbe qui coïncide mal avec l’idée même que l’on se fait de cette République ? Bref, depuis quand “bannir” et ”République” sont-ils amicaux-compatibles ?
Je chipote ? Interdire, bannir, quelle importance, pourvu que dans l’espace public, on n’y voit plus aucune burqa ?
Eh bien écoutez, si les mots sont interchangeables, que, ma foi, peu importe celui-ci ou un autre, alors autant considérer que la langue française, dont on dit à raison qu’elle est partie intégrante de notre identité, est un merdier dont on peut user comme bon nous semble, mais dans ce cas, n’allons point reprocher à quiconque de la mal parler ou de la verlaniser.
Je vois, moi, dans le verbe “bannir” une violence que ne contient pas le verbe “interdire”.
J’y vois la notion d’exclusion, notion qui n’est point expressément contenue dans l’interdiction.
J’y vois donc une surenchère qui ne s’imposait pas, d’autant plus quand les signataires se targuent de vouloir “séparer le bon grain de l’ivraie”. Il ne faut pas être grand clerc, pour la trouver, la raison de cette surenchère ...
A vouloir ne pas utiliser le verbe “interdire”, comme s’il était propriété de la droite, nos trois socialistes parviennent, par une entourloupe rhétorique, à proposer pire encore.
Pour le reste, les raisons invoquées (pour - donc - “bannir la burqa de l’espace public”) par Esnol, Filippetti et Valls ne sortent point de l’hypocrisie qu’ils dénoncent. A savoir qu’ils invoquent principalement le concept “d’atteinte à la dignité humaine”, ici la femme, qui serait, selon eux, par la burqa réduite “à un rang de subalterne. Car, poursuivent-ils, une femme dont on ne peut lire les expressions du visage perd de son humanité”. Outre que sociologiquement, anthropologiquement et philosophiquement, cette assertion est d’un grotesque sans nom, c’est donc encore une fois au nom de la dignité des femmes que ces trois-là réclament le bannissement de la burqa. C’est fou, non, ce qu’ils sont, d’un coup, nombreuses et nombreux à s’en soucier, de la dignité des femmes ? Vrai, j’en suis tout ébaudi ! Complètement retourné ! Mazette, mais que de grandeur d’âme subitement ! Est-ce bientôt Noël ou quoi ? Mais arrêtez-donc ces fadaises, cet hypocrite – et le mot est bien faible – argument, en réalité, prétexte. Il n’est point question de dignité des femmes (d’autant plus quand on apprend que certaines, et pas qu’un peu, ont choisi délibérément, et contre l’avis de leurs proches, de porter la burqa) mais d’un problème politique. Et cet aspect-là, vous l’évacuez, vous vous interdisez d’en parler. Pire, vous le bannissez pour l’habiller de nobles sentiments, qui ne sont point burqa, mais piteuse tenue de camouflage.
Ne venez pas vous plaindre, demain – et ce jour ne saurait tarder – que vos hypocrites arguments vous valent un nouveau et retentissant camouflet !
Quoi qu’il en soit, et ce n’est pas, je l’ai dit, jouer sur les mots (ou alors, sur les maux - mais là, ce n’est pas de mon fait, mais du fameux trio) nos trois signataires prônent la bannissement et non l’interdiction de la burqa, considérant que celles qui la portent sont “exclues, de fait, de la société et du champ public puisque cachées intégralement derrière un vêtement indifférencié” !
Voilà qui est pour le moins curieux (ou croustillant, c’est selon) car qu’est-ce que bannir sinon exclure ?
Ou comment, au nom (paraît-il) de la dignité des femmes, répondre à l’exclusion dont elles seraient victimes par … une autre exclusion. Vous me la copierez, celle-ci !
Alors je ne sais pas s’il faut cesser tout débat, mais il me semble qu’une trêve serait la bienvenue.
Non ?
PS : A noter, également, cette incroyable saillie de nos trois défenseurs des droits de la femme (de et dans la société occidentale, bien sûr) :
“Qu’il soit volontaire ou non, le port du voile intégral nuit à la société et à l’ordre public dans la mesure où il soustrait au regard d’autrui les femmes qu’il recouvre”.
C’est assez effrayant de lire une chose pareille. A ce point, que par pure décence laïque, je mets un voile sur les mots fort peu aimables qui, en pagaille, me viennent ; oui, je tairai certaines extravagances ou coutumes occidentales qui consistent à ne point soustraire au regard d’autrui ce qu’il nomme une femme, et que j’appelle, moi, un objet. Ou, le cas échéant, une (vulgaire) marchandise.
[*] Oui, “ridiculement”, car comparer Manuel Valls à Nicolas Sarkozy, c’est attribuer au sieur Valls, un talent politique qu’il n’a pas.
Manuel Valls n’est absolument pas un “Sarkozy de gauche” c’est juste un “homme de droite” qui, en 2012, pourrait bien rejoindre l’équipe du président confortablement réélu ... Pari tenu !
19:47 Écrit par Philippe Sage dans Libéralisme De Gauche | Lien permanent | Commentaires (154) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burqa, voile intégral, interdire la burqa, bannir la burqa, manuel valls, aurélie filippetti, philippe esnol, identité nationale |
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18 décembre 2009
Copenhague Ou La Victoire De L’Imparfait
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Or donc voilà, à Copenhague, il l'a dit le président des États-Unis. Barack Obama veut un accord !
C'est une bonne nouvelle, non ?
Sauf que, monsieur "Yes We Can" se contenterait d'un accord même "imparfait".
Imparfait ?
Pardonnez-moi, mais je trouve que l'imparfait se conjugue mal avec notre futur ...
16:21 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sommet de copenhague, barack obama, un accord imparfait, arnaque à copenhague, réchauffement climatique |
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17 décembre 2009
La France, Pays Rance Sous Vidéo-Surveillance
Il n’y a pas si longtemps, je me souviens, neige ou pas, lorsque nous abordions une ville de France, un panneau amical nous souhaitait la bienvenue.
Oh, c’était pas grand chose, ça nous tirait un drôle de sourire, mais au fond, et à bien y réfléchir, ça faisait surtout plaisir.
Oui, plaisir d’apprendre que nous pénétrions une ville d’Arts, une ville d’Eaux, une ville Fleurie. Et puis aussi, une ville jumelée. Ah ce jumelage ! Il nous faisait voyager un peu plus, un peu plus loin. Vers d’autres villages, d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne, parfois même d’Amérique Latine. On se disait, la Fraternité, alors, c’est donc vrai, elle existe, et elle n’a pas de frontières.
Mais aujourd’hui, c’est fini.
Adieu les villes d’Arts, d’Eaux ou Fleuries. Les jumelages. Le voyage.
Adieu la France, l’ouverte, l’accueillante, la généreuse ; adieu, pays de Lumières.
Aujourd’hui la France, c’est un pays hostile, apeuré, sur lui-même recroquevillé ; un pays rance sous vidéo-surveillance.
Comme en témoigne cette photo, cette capture d’écran, cette tristesse sans nom …
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[Capture d’écran du JT de TF1 – Jeudi 17 Décembre 2009, 20h05]
22:37 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse | Lien permanent | Commentaires (46) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, ville sous vidéo-protection, adieu la france |
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16 décembre 2009
Jean-Michel Aphatie Et Les "Pisse-Vinaigre"
Il est étonnant, non, ce Jean-Michel Aphatie ? Truculent, même. Oui, voilà, truculent. Mais pas que. Comment dire ? Il est, en tant que journaliste – parce que oui, il faut le préciser, c’est important : Jean-Michel Aphatie est journaliste – en tant que journaliste, disais-je, il est atypique. Ah, voilà un terme qu’on aime à employer, n’est-ce pas ? Atypique ! Ce qui, aujourd’hui, veut à la fois, tout dire et son contraire. Bref, atypique, présentement, on ne sait plus vraiment ce que ça veut dire. C’est une étiquette que l’on collerait presque à n’importe qui à partir du moment où il dit, produit, exécute quelque chose, eh bien … d’atypique. Comprendre que ça ne va pas dans le sens de la marche. Ou d’une pensée unique. C’est une voix, comme ça, qui s’élève, qui surprend, et ensuite, se tait, la plupart du temps. C’est de l’"atypisme" ponctuel. Notez que l’on parle également d’iconoclaste. Tiens, Marie-Ségolène Royal, par exemple, elle fut, lors de la campagne présidentielle 2007, traitée d’iconoclaste ! Sa candidature était iconoclaste. Son attitude était iconoclaste. Puis, elle toute entière, l’était, iconoclaste. Mieux, par la plume "barbichue" de Laurent Joffrin, elle devint - tiens-toi bien ! - immarcescible. Aujourd’hui, boum-patatras, c’est un handicap, Marie-Ségolène. Pour ne pas dire, un boulet. Pour qui ? Devinez ..
Mais revenons à notre atypique du jour, l’iconoclaste Jean-Michel Aphatie et cet accent qui le caractérise, qui fait aussi son charme, un charme que, sans barguigner, je qualifie d’immarcescible.
Mardi 15 décembre sur le plateau du Grand Journal de Canal+, monsieur Aphatie, histoire de "remettre un peu les choses en ordre", nous expliqua "comment ça marche, les médias". Et pourquoi se crut-il obligé de le faire, me direz-vous ? Eh bien parce que l’imperturbable et tout aussi immarcescible Michel Denisot l’avait lancé sur un sujet ô combien passionnant : la couverture médiatique d’un évènement, en l’occurrence celui de l’hospitalisation de Johnny Hallyday, une couverture que “certains journalistes” et “certaines célébrités” critiquaient, en clair, il était reproché aux "médias" d’en avoir "trop fait".
Comme à son habitude, Jean-Michel Aphatie fut tout bonnement extraordinaire d’extravagances, montant dans les aigus, moulinant des bras, s’indignant pour de faux, un vrai numéro, un spectacle vivant. Et chaque fois, je me dis : Jean-Michel, à quand un one-man-show au Théâtre des Deux-Ânes ? Ce serait pur régal.
Bref.
Plus sérieusement, que retenir des propos de Jean-Michel Aphatie ?
D’abord, reprocher aux "médias" d’en "faire trop", c’est, dixit Aphatie, "un classique" :
“Y’a toujours des pisse-vinaigre qui disent : oh, ils en ont trop fait !” Glissa-t-il.
Mais qui sont donc ces pisse-vinaigre ? Des journalistes ? Des célébrités ? Du tout ! Non, ce sont des syndicalistes ! Ici, le SNJ-CGT dont Aphatie nous montra le communiqué s’affichant à l’écran, communiqué dénonçant “les dérives d’une information-spectacle à propos de la couverture médiatique de la maladie de Johnny (…) et tant pis pour le sommet climatique de Copenhague et le sort des SDF”. Et que pense-t-il de ce communiqué Aphatie, ou plutôt de cette position ? Eh bien, il pense que c’est "une vieille position marxiste". Et il la décrypte ainsi :
“On (les médias) parle(rait) de quelque chose d’anodin pour cacher les vrais problèmes aux gens, comme si les gens, nous dit Aphatie, n’avaient pas conscience des vrais problèmes !”.
Alors là - mais comme dirait Aphatie : “on peut être d’un avis différent” - je me demande si “les gens” ne seraient pas, sans s’en douter, des cochons de marxistes, Jean-Michel, car voyez-vous, mais peut-être ne fréquentez-vous pas “les gens” comme moi, c’est (malheureusement) ce que, souvent, ils pensent, et même disent : que oui, les "médias" parlent abondamment d’un sujet (tiens, la grippe A) pour nous cacher l’essentiel, ou plutôt, pour ne point l’aborder en profondeur : comme le chômage allant croissant, le surendettement galopant, le pouvoir d’achat s’effondrant. Vous n’avez jamais entendu ce refrain, monsieur Aphatie ? Je veux dire : chez “les gens” ? Oh je sais, oui je sais ce que vous allez me rétorquer, Jean-Michel Aphatie, accent aigu, bras moulinant : s’ils disent cela ou même le pensent, c’est la faute des "médias" ! De “certains médias”, pardonnez-moi ! C’est eux qui leur mettent ces choses-là dans la tête ! On n’en sort pas ! Mais quel serpent se mordant la queue, n’est-ce pas ? Comme le chantonnait feu Desproges : "Cela ne changera-ce donc jamais, oh-là-là, oh-là-là !" ...
... Mais fort heureusement, vous êtes là, Jean-Michel Aphatie, pour séparer le bon grain de l’ivraie.
Ainsi, vous vous offusquâtes gentiment, d'un questionnement "non distancié" de votre confrère Nicolas Demorand (évoquant un possible décès de l’idole des jeunes "espéré" par les "médias") sur France 5, du terme employé par le maire de (tous les) Meaux, Jean-François Copé, celui d'"indignité” (inhérent au monde des "médias", selon Copé), ou ironisâtes sur votre consœur TF1 qui aurait propulsé (d’après vous) au rang de journalistes Nikos Aliagas et Line Renaud. Mais tout ça, dites-vous, c’est parce qu’un "média" c’est "mécanique et donc bête". Et parfois, "ridicule". On ne couvre pas un tel évènement comme "la maladie de Johnny", sans excès. Il faut le comprendre. Et que voilà, parfois, je vous cite :
“ça amène le journalisme là où il n’est pas !” …
Alors ça, c’est intéressant, Jean-Michel Aphatie, cette histoire de journalisme qui se radine là il ne devrait pas aller ! Parce que, voyez-vous, vous en êtes la parfaite incarnation. Eh si, Jean-Michel Aphatie ! Mais où êtes-vous donc quand vous nous faites cet exposé, ce cours de "médias" appliqués ? Ne seriez-vous pas, par hasard, dans une émission de ... divertissement ? Un machin foutrement pipolisant ! Où l’on se gausse, via Yann Barthès et consorts (le “oui/non” affligeant d’Ariane Massenet) du monde politique, et le verbe (gausser) est bien faible : on le ridiculise plutôt, ce monde politique, et pas qu’un peu ! Avec la truelle, mon cher (même si je l’avoue, je ris parfois et de bon cœur). Mais bien sûr que si ! Vous êtes pile dans l’endroit où vous estimez que le journalisme n’a rien à y faire ! Celui de la dérision, de la gaudriole, de la vulgarisation à outrance(s), de l’excès, de la politique-spectacle, où quand il s’exprime, le politique n’a que, montre en main, 4 à 5 minutes (et encore, je suis large). Vous me direz, c’est de sa faute. N’a qu’à pas pas venir sur ce plateau, le politique. Je prends ! Mais vous : que foutez-vous là ? C’est de l’"atypisme", je présume ? Ah, je m’en doutais ! En même temps, je vous le concède, critiquer les "médias" (au passage, après vous avoir écouté, on ne sait toujours pas ce que c’est, ou : qui est le bon, le mauvais, le saligaud, le “de référence” ..) et même les journalistes, quand on est soi-même partie intégrante de ce "média" (ici très people) et journaliste de surcroît, ça demande, outre une bonne dose de mauvaise foi, voire de cynisme vaguement amical, des talents proches de l’acrobatie de compétition, et peut-être aussi, de la clownerie (alors ce one-man-show, Jean-Michel, c’est pour quand ?).
Là, je sais, vous allez me traiter de pisse-vinaigre. Ah, je l’attendais ! Mais, quitte à l’être, je vais l’être jusqu’au bout.
Voyez-vous, Jean-Michel Aphatie, dans votre cours moulinant, il manquait un élément. Oh, ça ne va pas vous plaire, mais il manquait bel et bien. Bien que, je l’ai noté, vous l’avez – là encore – survolé.
De quoi s’agit-il ?
Mais du chirurgien, monsieur Aphatie !
Comment l’avez-vous habillé, c’lui-ci, déjà ? .. Ah oui ! ... Gaudriole oblige, vous avez dit :
“(...) Vous découvrez un médecin qui ressemble à George Clooney et qui opère à peu près comme lui !” ..
Le public, bien entendu, a pouffé. Brave public. Mais comme je fus déçu que vous en restiez là ! Car, rappelons-le, il s’agissait bien d’analyser (?) la couverture médiatique de "la maladie de Johnny". Qui ne s’est pas arrêtée au seul Johnny, Jean-Michel ! Le chirurgien, Stéphane Delajoux, l’a eu son lot de couverture, itou. J’eus aimé, apprécié, que vous en parlâtes. C’est qu’on l’a bien soigné, le lascar ! Tiens, il n’était même plus chirurgien, mais le “sulfureux” chirurgien. Même, pour "certains médias", c’était un "escroc". C’est peut-être vrai, notez, mais tout de même, vous ne trouvez pas que, là aussi, il y a eu comme des excès ! Ça ne vous a pas dérangé ? Apparemment pas, puisque vous l’avez tu. Mais bon sang, vous êtes tout de même au courant que ce Delajoux, vendu comme un "escroc", un "massacreur", par "certains médias" (via, c’est vrai, Jean-Claude Camus) fut victime d’une agression dans la nuit de vendredi à samedi dernier ? Et là, vous ne dites rien, donc ? Vous ne vous demandez pas, si, quelque part, je ne sais pas, les "médias" n’auraient pas comme une (légère mais réelle) responsabilité indirecte dans cette agression, ne serait-ce que par le portrait assassin qu’ils ont fait de cet homme ? Non, bien sûr ... Je sais, les "médias", même ceux que vous tancez, n’ont rien à voir là-dedans. Ils sont "mécaniques, donc bêtes", mais pas là. Et puis, oh, ils ne sont pas responsables des cons, car vous êtes bien d’accord sur ce point : agresser un homme, fut-il “sulfureux”, c’est un acte qui ne peut être l’œuvre que de cons certifiés !
Mais quand bien même - et pardonnez-moi d’y revenir - cette présentation accusatrice du docteur Delajoux par “certains médias”, eh bien moi, qui ne suis pas journaliste, voyez-vous, ça m’a bien plus dérangé que de voir Nikos Aliagas ou Line Renaud intronisés journalistes. Et je me suis demandé si là, on avait pas désigné au peuple, le chien à latter, d’une certaine façon. Sans doute, est-ce dû à un relent de marxisme me tiraillant, allez savoir ! Qui ne date pas d’hier, ceci étant, car je me souviens qu’en 2002, je me demandais, aussi, si les "médias", ma foi, n’avaient pas poussé le bouchon un peu loin en matière de reportages bien appuyés sur le thème de la sécurité avec les conséquences que l’on n'a pas oubliées. Je sais, ils ont nié, en bloc. Ils n’ont fait que leur métier, vos confrères. Point barre. Affaire classée. Enfin, pas vraiment. Mais passons ..
Le fait est que cette agression du “sulfureux” Delajoux, fut bien peu couverte médiatiquement. Et quand elle le fut, on avait comme un drôle de sentiment, Jean-Michel : du genre, si ça se trouve, c’est du flan ! Il s’est agressé lui-même. Il s'est "victimisé", comme on dit désormais. A desseins. C’est du moins, ce qu’on comprenait, parfois. Mon côté pisse-vinaigre, sans doute, doit me jouer des tours, hein ?
Quoi qu’il en soit, Jean-Michel Aphatie, il est pour le moins étonnant, que vous n’ayez point abordé ce sujet, fâcheux. Mais, comme je l'écrivais en ouverture de ce billet :
“Il est étonnant, non, ce Jean-Michel Aphatie ?”
Oui.
A ce point, que sa truculence et son "atypisme" ont des limites. Celles que lui imposent les "médias" que, gentiment, il fustige, et sur un plateau de pur divertissement, là où précisément, le journalisme n’est pas. Et ne sera jamais. Ceci expliquant cela. Pisse-vinaigre, ou pas.
19:56 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-michel aphatie, grand journal de canal+, pisse-vinaigre, politique spectacle, couverture médiatique, johnny hallyday, stéphane delajoux agressé, des médias mécaniques donc bêtes |
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15 décembre 2009
Nadine Morano, Dégoulinante De Bêtise, De Préjugés Et D’Ignorance
Ce que j’attends d’un ministre, d’un secrétaire d’État, c’est qu’il fasse preuve de sagesse, de pertinence, d’intelligence. De finesse, aussi. C’est qu’il élève le débat. Qu’il le sorte de l’ornière, le cas échéant. Ou des latrines.
Ce que j’attends d’un ministre, d’un secrétaire d’État, c’est qu’il ne tire pas mon pays vers le (plus) bas. Qu’il ait ce souci-là. Toujours. De la tenue, bon sang ! De l’exigence, que diable ! De la grandeur, du panache, de la beauté même, et du verbe, ah oui, du verbe ! Celui flamboyant qui raisonnant et tombant juste vous ravigote les synapses, et quelques neurones ressuscite.
Ce que j’attends d’un ministre, d’un secrétaire d’État, c’est qu’il aime la France (cela va de soi), qu’il travaille (cela va sans dire), qu’il ne parle pas à tort et à travers, le cerveau monté à l’envers. Ce qui est, malheureusement, le cas de Nadine Morano, secrétaire d’État à la famille, à qui nous ne devons rien, sinon cette saillie venue des Vosges, cette chose proférée lors d’un débat autour de l’identité nationale :
“Ce que je veux d’un jeune musulman français, c’est qu’il aime la France, qu’il travaille, qu’il ne parle pas verlan et qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers.” [*]
A-t-on déjà entendu phrase et propos plus cons – y’a pas d’autres mots - que ceux-ci ? C’est tellement atterrant, terrifiant de bêtise, ça suinte à ce point l’ignorance et les pires préjugés, qu’on ne sait que dire, que ça nous laisse quasiment coi ; oui coi, parce que cette phrase-là ne sort pas de la bouche d’un anonyme voisin (auquel cas il se ferait huer, moquer, même on lui jetterait des cailloux tellement c’est trop con) mais d’un membre du gouvernement. Oh certes, ce n’est pas la première fois que madame Morano exhibe son inculture, et qu’elle l’exhibe fièrement, ce qui fait d’elle, de sa personne, un sommet rarement atteint de vulgarité(s). Et pourtant, Dieu sait si dans ce pays laïc, on en a connu durant cette Vè République, des vulgaires, et des salement copieux, mais là, ça dépasse tout. C’est même plus le fond qu’on attaque. Même plus les latrines qu’on récure. Ni les limites qu’on repousse. Eric Raoult, Brice Hortefeux, André Valentin et consorts, Morano les enfonce tous ! Alors à quoi bon gloser, tenter de comprendre, d’analyser cette phrase inepte, pour quoi faire, puisque il n’y a rien, plus rien à faire. La bêtise, c’est pas vaccinable. La connerie, y’a pas de remède contre. Tu peux mobiliser l’armée, le GIGN, le RAID, réquisitionner des gymnases et des internes, Joséphine Ange-Gardien ou le Grand Frère, ça ne changera rien de rien.
Que veux-tu dire ou penser quand tu entends – et ça fait peine à entendre, vraiment - qu’un "jeune musulman", c’est quelqu’un qui parlerait "verlan" et qui mettrait sa "casquette à l’envers" – par exemple ? Même un comique, un Guillon ou autre chansonnier, il ne dirait pas une chose pareille. Je veux dire : même pour rire, ça ne marche pas !
Et même si, allez, on prenait sur soi, qu’on fit un effort et qu’on s’arrêtât sur cette phrase, nous pourrions peut-être, je sais pas, avancer l’hypothèse – mais tout bas, sans se vanter surtout - qu’elle mélange tout, absolument tout, Morano, mais même pas ! Car ce serait chercher à prêter un sens à ses propos, alors qu’il n’y en a aucun ! Même à l’envers, y’en a pas ! Ni sens, ni intelligence, ni pertinence. Que de la bêtise et de l’ignorance. Et les préjugés les plus rances. Ce serait également chercher à l’excuser, alors que ce n’est pas, à ce niveau-là, ministre, secrétaire d’État, excusable. Et qu’on ne vienne pas me parler de dérapage ! Nous sommes, là, dans le cas, sombre et terminal, de la récidive.
Alors quoi ?
Eh bien alors, M. le président, vous qui vous vantez d’être le DRH de ces pauvres socialistes, d’y extirper leurs meilleurs talents, il serait grand temps que vous redeveniez celui de votre propre camp. Que vous passiez, pour reprendre votre funeste expression, un coup de Kärcher dans vos rangs où ça jacte à tort et à travers, le cerveau monté à l’envers.
NB : Nadine Morano promet de publier la vidéo dudit débat afin de démontrer que ses propos (qu'elle ne dément pas) ont été sortis de leur contexte (!?!) ... What contexte, madame ? ... Il me semble que contexte ou pas, votre saillie, aussi inepte soit-elle, se suffit à elle-même. [La vidéo]
[*] Après visionnage de la vidéo, voici la phrase exacte prononcée par Madame Morano :
"On ne fait pas le procès d'un jeune musulman. Sa situation, moi je la respecte. Ce que je veux, c'est qu'il se sente Français lorsqu'il est Français. Ce que je veux, c'est qu'il aime la France quand il vit dans ce pays, c'est qu'il trouve un travail, et qu'il ne parle pas le verlan. C'est qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers".
Or donc, il y a bien cette idiotie, cette énormité : "jeune musulman = jeune qui parle le verlan et qui met sa casquette à l'envers".
Point barre.
15:31 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nadine morano et le jeune musulman, verlan et casquette à l'envers, racisme ordinaire, préjugés, bêtise, ignorance, incompétence, identité nationale |
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09 décembre 2009
SDF, Chômeurs, Précaires : Catégories Classées “Non Prioritaires”
Dans quelques semaines, et peut-être, va savoir, celle qui se radine, David Pujadas (ou tout autre personnage-tronc du 20 heures), mine de circonstance, ton compassé, nous parlera non pas des "pauvres", pas plus que des SDF (ou vite fait), mais des plus démunis.
C’est mignon, non, ce terme-là : les plus démunis ?
C’est abstrait. Presque poétique. Bref, c’est de la littérature (à la noix) de journaliste. Or, dans la réalité, celle des ponts et des bancs verrouillés, cadenassés, c’est une autre histoire, celle qu’on enseignera jamais en Terminale S pas plus qu’en Seconde L. Le mot “pauvre” n’est même plus une option, il est banni de notre vocabulaire. Celui du monde occidental. A ce point, que dans les JT, la presse et autres médias dits d’informations, quand on évoque l’Afrique, par exemple, elle est (re)qualifiée de continent “émergent”. Or donc, si je suis cette logique, que je la pousse jusqu’à son extrême absurdité, alors j’en viendrais à conclure que, au fond, les plus démunis ne seraient ni plus, ni moins, que des êtres “émergents”. Ah miracle de la rhétorique ! Ou comment, moins par synonymie que par terminologie issue du langage publicitaire, on en arrive à éradiquer la pauvreté. A la nier, surtout. Et si d’aucuns venaient à prétendre que traiter les pauvres de plus démunis n’étaient que pure délicatesse ou marque de tendresse, je les renvoie derechef au père Ferré qui dans Préface assénait :
“On ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex. Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain. Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse !”.
Oui, Ferré parle là de poésie, mais ne l’ai-je pas dit en ouverture, parler de plus démunis, c’est quoi, sinon une abstraction, de la mauvaise littérature, de la poésie dégueulasse, dégueulasse tant elle est mal placée et mal venue, qu’elle balaie la réalité et ceux qui la souffrent.
Dans quelques semaines, disais-je, et va savoir, peut-être la prochaine, on nous parlera au JT, celui de 20 heures, de Bernard. Un SDF, un plus démuni. On le présentera comme étant la première victime d’une vague de froid. Une vague de froid, “sans précédent”, car, tu l’auras noté, aujourd’hui, dans la bouche des journalistes, tout évènement est forcément “sans précédent’. Encore faut-il, bien entendu, que le froid survienne, sinon l’on ne nous parlera pas de Bernard. Pas de froid, pas de Bernard ! C’est comme ça ! C’est ce qu’on appelle la hiérarchie de l’information. Celle qui relègue, sur le service public, les nouveaux et terrifiants chiffres du chômage à ... 20h25 ! Une manifestation de policiers (phénomène très rare) et toujours sur le service public, à une image et trois mots. Ça peut paraître bizarre, mais c’est ainsi, à croire qu’il n’y a rien de plus important que cette future maman classée prioritaire pour le vaccin contre la grippe A, rien de plus important que de savoir qu’elle aura poireauté trois heures avant de se faire piquer dans un centre interdit aux médecins généralistes. Rien de plus important, également, que le premier chat de France touché par le H1N1 ! Bien plus, en tous les cas, que les chiffres croissants du chômage ou la mort d’un plus démuni. Qui l’est déjà.
Car oui, il est mort Bernard. Comme 319 de ses congénères depuis le début de l’année 2009. C’est une information communiquée ce lundi 7 décembre par le collectif des Morts de la rue. Relayée par France Info et quelques sites de presse en ligne (Le Parisien, l’Alsace, Le Progrès, Le Télégramme ..) trop souvent par le biais d’une dépêche laconique. Or, 320 morts en moins d’un an, ce n’est pas rien. Si j’osais, je dirais que ça fait froid dans le dos. Mais apparemment pas dans celui des rédacteurs des JT. Ni dans celui de la presse à grand tirage. Non, ce n’est pas une info prioritaire, attendons que viennent les premiers frimas, car c’est bien là, non, que l’on traite des plus démunis. Le faire ailleurs, c’est hors-sujet ou hors-champ. On va tout de même pas en faire la Une, pas avant l’heure, celle du marronnier.
320 morts dans la rue, et rien !
Il serait obscène, bien sûr, de les comparer aux 118 de la grippe A (chiffres du vendredi 4 décembre) la question n’est pas là. Comme il serait déplacé, sans doute, de rappeler une parole pré-présidentielle, celle qui promettait à qui voulait le croire, "que d’ici à deux ans" (donc maintenant), "plus personne" ne serait "obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid". Simplement, je constate que le chômage, la précarité, la pauvreté, ne sont pas des priorités. Ni pour les journalistes, ni pour les politiques. Ces sujets sont évacués. Ou traités vite fait, donc maltraités. Pourquoi ? Telle est la question. Car, il doit bien y avoir une raison. Non ?
Formulée plus abruptement, la question pourrait être la suivante : pourquoi exclure de l'information, ceux qui sont déjà exclus, d'une certaine façon, de toute vie sociale ?
Quoi qu’il en soit, la semaine prochaine, ou celles qui ne manqueront pas de venir, quand l’homme-tronc revêtira son habit de chien battu pour nous annoncer la mort de Bernard, première victime du froid, nous pourrons lui demander pourquoi ne l’a-t-il pas annoncé avant ? Pourquoi ne nous aura-t-il pas informés des 320 décès “sans précédent” dans notre pays ? Au nom de quelle déontologie, de quelle sacro-sainte hiérarchie ?
Pour finir, et puisqu’il s’agit de priorités et de personnes prioritaires, voyant ces queues longues et frileuses de femmes enceintes attendant de se faire vacciner contre le H1N1, je me demandais si, dans sa grande mansuétude, madame Bachelot et son orchestre avaient jugé "bon" de classer prioritaires pour ledit vaccin les fameux plus démunis, ceux de la rue, a priori les plus exposés ; je me demandais, oui, s’ils y avaient pensé … Ou, si définitivement, ils n’étaient, comme les chômeurs et autres précaires, les “gens de la rue” classés : non prioritaires …
16:18 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 320 sdf morts, les plus démunis, hiérarchie de l'information, les exclus de l'information, qui se soucie du chômage ?, le collectif des morts de la rue, préface de léo ferré |
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04 décembre 2009
Selon Que Vous Serez Hortefeux Ou Valentin Et Ce Qu’Il Est Urgent De Savoir
Oh, mais qu’est-ce que j’apprends ? Et comme je suis fort étonné ! Alors comme ça, de Longuet à Pancher (“profondément choqués”) en passant par une pièce rapportée (Éric Besson) voici donc qu’à L’UMP l’on s’indignerait et réclamerait même des sanctions, suite aux propos tenus à Verdun (au sortir d’un débat sur l’identité nationale) lundi soir (le 30 novembre) par le sieur André Valentin, maire UMP de Gussainville (Meuse) propos jugés, par ces notables de l’UMP, “racistes” et “xénophobes” ? Mais qu’est-ce qui leur arrive, qu’est-ce qui les prend tout à coup ? M’enfin, les gars, vous déconnez ou quoi ?
Non pas que je conteste le diagnostic de ces caciques, oh non, simplement je ne vois pas grande différence, dans le fond, entre les propos tenus lundi soir par monsieur Valentin et ceusses tenus le 5 septembre dernier à Seignosse (Landes) par messire Hortefeux. En effet, quelle différence peut-il bien y avoir entre la landaise :
“Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”
Et la meusienne :
“Il est temps qu’on réagisse parce qu’on va se faire bouffer ! (…) Y’en a déjà 10 millions, hein ? Alors faut bien réfléchir ! 10 millions que l’on paye à rien foutre !”.
Certes, la forme diffère, l’une étant plus crue, mais le fond (de pensée) est strictement identique ; c’est même – si j’puis me permettre - kif-kif ! Juste, dans la seconde, la meusienne, il y a un bonus ! Le p’tit truc en plus ! Or donc, non seulement "ils" sont “beaucoup”, “10 millions” (le bonus) mais aussi “on les paye à rien foutre” (le p’tit truc en plus) ! Depuis Verdun, et par des mots bien tranchés, monsieur Valentin n’a fait, en somme (bien que de la Meuse) que prolonger les propos estivaux de messire Hortefeux ! Non ? … Or, et à moins que ma mémoire rame ou défaille, je ne me souviens pas qu’il y ait eu à l’époque, réactions outrées et indignées venues de quelques barons du Mouvement dit Populaire, bien au contraire ! Ce fut même l’inverse que l’on entendit : allons, mais quel mauvais procès faisait-on au ministre de l’Intérieur, lui raciste ? Non, mais vous n’y pensez pas ! Brice, on le connaît, il ne mange pas de ce pain-là, il est honnête et droit, bel et grand serviteur de la nation, aimant profondément l’Auvergne et le second degré, alors cessez, je vous prie, cette polémique qui n’a pas lieu d’être, qui vire à la calomnie et même, au lynchage, oui messieurs, au lynchage caractérisé, non mais quelle honte, et comme Internet n’est que poubelle ! D’où mon étonnement, de les voir aujourd’hui tomber à bras raccourcis sur ce pauvre monsieur Valentin qui ne fait que dire tout haut ce que Brice Hortefeux pense-même-pas-tout-bas ! Y aurait-il - mais je n’ose le croire - différence de traitement selon que vous fussiez ministre régalien de la République et mini-Moi de sa majesté républicaine ou maire d’une commune de 40 habitants, maire depuis 2002 seulement ? Est-ce cela qu’il faut entendre ?
Nonobstant, puis-je dire cependant, au nom de la démocratie et de la sacro-sainte liberté d’expression, que je me réjouis et ô combien de ces propos, qu’ils viennent de l’UMP-d’en-haut, ou de l’UMP-d’en-bas ? De cette parole libérée, celle que l’on qualifie, aussi, de décomplexée. Oui, je m’en réjouis, car ainsi nous savons. Comme dirait l’autre, nous sortons, mon colon, de l’hypocrisie. Enfin, la v’là, la transparence ! Mais n’allez pas croire que l’UMP ait le monopole des “dérapages” verbaux. Si vous saviez ce qu’ils disent les autres, certains socialistes et des plus bourgeois, dans ce qu’ils croient encore être leur intimité, vous en auriez des haut-le-cœur ! Ils vous expliqueraient, comme le Brice, que voyons c’est pour de rire, c’est de l’ordre de la boutade ou de la blagounette, on ne le pense pas, hein, on f’sait juste que plaisanter ! Mais non, oh que non, ils ne plaisantent pas : ils (le) pensent. Vraiment. Pour certains. La seule différence, c’est qu’ils n’osent pas le dire trop fort parce qu’ils (se) croient être de "gauche". Gauche et propos racistes, tu comprends, ça ne va guère ensemble, ainsi qu’on nous l’apprît. Foutaises ! Ce temps-là est révolu ! Il est urgent de le savoir ! Comme il est urgent de ne plus parler de “dérapages” ! A d’autres, le coup du “dérapage” ! Dérapage, ça signifierait que, bof, c’est pas grave-grave, c’est juste un accident, l’a pas fait exprès le gars, ses paroles auront, comme qui dirait, dépassé sa pensée ! Mon cul, ouais ! Valentin, en son for intérieur, il pense ce qu’il dit. Et Hortefeux, itou. (re)Qualifier leurs propos de “dérapages” c’est insulter leur intelligence. C’est les traiter comme des gamins. Ils sont honnêtes, bordel à cul ! Oui, honnêtes ! Et d’ailleurs, voyez quand on leur demande de s’expliquer, de se justifier, comme ils bafouillent et s’empêtrent, même qu’on aurait pitié ! Ainsi, ce Valentin qui, pour réfuter tout racisme, nous sort le refrain, le connu, tu sais :
“Je ne suis ni raciste, ni xénophobe, m'dame ! La preuve : j’ai des amis algériens et marocains !”.
Ben voyons ! Comme si le racisme ou la xénophobie s’arrêtaient à la seule France ! M’enfin, des algériens racistes ou des marocains xénophobes, ça se trouve aussi, monsieur Valentin ! Je ne dis pas que vos amis le sont, mais vous, qu’en savez-vous ? Oui, qu’en savez-vous puisque vous prétendez que vos propos ne sont pas plus racistes que xénophobes, ce qui signifie, donc, que vous ne savez pas ce que c’est, le racisme, la xénophobie ? Alors, comment pouvez-vous savoir, nom de Dieu et en toute bonne foi (permettez ces termes osés, puisque vous vous dites "chrétien") si vos amis (ou qui que ce soit) le sont, ou pas ?
Or donc, disais-je, je me réjouis de cette libération, que dis-je, de cette véritable explosion de la parole, car ainsi, nous savons ! Nous savons que ce n’est point fantasme ou vue de l’esprit. C’est une réalité. C’est un état. Une certaine vision de la France qui s’exprime. Et de plus en plus.
On aurait pu penser, naïfs, que cela ne concernait que "le comptoir" (comme dirait Besson), eh bien non, ça gangrène de partout. En haut, comme en bas. Partout !
Comme si, vois-tu, ce à quoi le peuple a dit non, à hauteur de 82,21%, le 5 mai 2002, s’était finalement installé, doucement, pernicieusement, depuis, non pas le 6 mai 2007, mais bien avant. Et pourquoi pas, dès 2002. Il n’y a qu’à se pencher sur certaines lois votées, quelques décrets, et autant de prétendus dérapages proférés, pour s’apercevoir qu’il est passé, oui, le Front National. Il est urgent de le savoir.
Il est urgent de se réveiller.
Quant à monsieur Valentin et les éventuelles sanctions évoquées, est-ce bien nécessaire de rappeler ici quel sort connut, naguère, le député UMP Christian Vanneste, et ce qu’il (en) advint par la suite ? Ou quel est celui, aujourd’hui, chez les "présumés" socialistes, de Georges Frêche ?
19:38 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : andré valentin, maire de gussainville, on va se faire bouffer, payés à rien foutre, propos racistes et xénophobes, débat sur l'identité nationale, la victoire du front national |
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02 décembre 2009
Du Travail De Proglio
Prenons un homme. En tout bien, tout honneur. Un homme que, ô doux hasard de la vie, nous prénommerons Henri et nommerons Proglio.
Or donc, Henri Proglio.
Il va sans dire, c’est même incontestable, que l’homme est impressionnant, pour peu que l’on jette un œil avisé sur son CV. Je veux dire : qui pourrait nier que cet homme est, dans sa "partie", d’une grande compétence, un homme tout a fait remarquable ? Certes, en cherchant bien, donc la petite bête, nous trouverions quelques failles ici ou là, mais qui n’en a pas ? L’essentiel, c’est qu’il soit, Proglio, l’homme de la situation. Et, parce qu’il est usant de toujours trouver à redire au nom d’une “posture” ou de je-ne-sais-quoi, admettons que sa nomination à la tête d’EDF ne constitue, en définitive et tout bien pesé, non point un aboutissement, mais la suite logique d’une carrière déjà bien remplie.
Bien.
Considérons maintenant les divers émoluments dudit Proglio.
Selon l’Express (n°3046 – semaine du 19 au 25 novembre 2009) notre homme “vise un salaire d’au moins 1,6 million d’euros”. Son prédécesseur à la présidence d’EDF, Pierre Gadonneix, ne touchait lui, QUE 1,2 million d’euros. A peine désigné, notre homme réclame donc (à l’État) une augmentation de son (futur) salaire de – en vous faisant grâce de l’après virgule - 33%.
Les esprits chafouins dont j’avoue, plus qu'à l’occasion, faire partie, remarqueront qu’un nombre particulièrement restreint - pour ne pas dire proche de zéro – de salariés fraichement embauchés bénéficie(raie)nt d’une telle – comment dire ? – “gratification”.
Les mêmes chafouins de compétition, emportés par leur seul élan (seul, tant la CGT, et autres syndicats revendicateurs ont depuis belle lurette lâché toutes affaires susceptibles de les fâcher avec le pouvoir, élyséen ou patronal), ajouteraient, pour sûr, qu’un salaire de 1,2 million d’euros revalorisé à 33% c’est énormément plus, en données brutes, qu’une paie de 1000 euros revalorisée du même rapport : 400 000 de plus (à l'année) pour le premier, 330 seulement (au mois) pour le second (qui lui, ne souhaite pas qu’on l’ampute d’une virgule, étant donné qu’elle lui rapporterait 3 euros et 33 centimes de plus, ce qui, pour lui, n’est pas moins poussière qu’anecdotique).
Certes, cela semble, à première vue, inégal dans quelque sens que nous le prenions. Mais telles sont les mathématiques, cruelles pour le petit, bienveillantes pour le grand, et puis surtout, et avant tout, comme nous l’avons de concert admis en liminaire (à moins qu’il y ait quelconque objection), monsieur Proglio ne boxe pas dans n’importe quelle catégorie : il est particulièrement remarquable et redoutablement compétent, à ce point, qu’il faille, semble-t-il, y mettre le prix, quand bien même serait-ce Proglio lui-même, ô doux privilège de la compétence et de la remarquabilitude, qui le fixerait.
Au fond, l’histoire pourrait s’arrêter là, et blasés que nous sommes, nous consentirions même et sans trop barguigner à féliciter monsieur Proglio, tentés d’y ajouter un tantinet de familiarité par un sonore “Bien joué, Henri !” et ceci fait, nous retournerions, comme si de rien n’était, consulter le courrier tombé ce jour dans notre boîte-aux-lettres, une offre intéressante, bigrement alléchante, terriblement tentante, offre venue d’un organisme de crédit, organisme qui, pas con, flairant Noël et les prochaines vacances d’hiver, flairant surtout notre manque de liquidité et les agios menaçants de notre banque si peu conciliante, nous propose un endettement à un taux remarquablement compétent afin d’inonder de bonheur, femmes, enfants et plus, si affinités.
Sauf que, l’Express (qui, sans doute, souhaite aiguiser, et pas qu’un peu, notre chafouinité) précise qu’outre ce fantastique salaire de 1,6 million d’euros, monsieur Proglio, au titre de la présidence non exécutive de Veolia, touchera, en sus, entre 500 000 et 700 000 euros (par an). On notera au passage la fourchette de type farouchement élastique, qui laisse pour le moins songeur ; belle fourchette de 200 000 euros.
Est-ce tout ?
Eh bien non, car suite à la liquidation de ses droits à la retraite, il faut y ajouter une rente de 100 000 euros par an qui tombera toute crue dans la déjà bien garnie escarcelle de monsieur Proglio après que nous lui ayons gentiment souhaité “bonne année et bonne santé, Henri !”, soit dès 2010.
Et parce qu’il faut toujours penser à l’avenir, même à celui d’un homme pécuniairement à l’abri du besoin, hein, ne soyons pas sectaires, envieux ou discriminants, aimons notre prochain quelle que soit sa position sociale, notons avec joie et empathie que, lorsque monsieur Proglio décidera en son âme et conscience de rejoindre une retraite amplement méritée, il palpera – si j’puis me permettre un brin de grossièreté dans le verbe – la rondelette somme de 850 000 euros par an !
850 000 euros de retraite par an, oui, j’avoue que là, chafouin ou pas, ça m’a laissé coi, mais comme rarement.
Ceci étant, quel beau parcours, non ?
Et donc ?
Eh bien donc, ne comptez pas sur moi pour me répandre dans le populisme de mauvais aloi, la démagogie la plus mal famée, ou que sais-je encore ! Ah non, n’allez pas croire que j’irais, là, évoquer le cas de cette hôtesse de caisse subissant un emploi du temps incertain et ô combien variable et ce, pour un salaire qui en rebuterait plus d’un ; de ce commercial sillonnant bien plus que son département avec acharnement et pensant, à juste titre, être un jour, et pourquoi pas demain, Noël approchant, récompensé par une “primette” de 100 euros bruts ; de ces ouvriers de chez Continental à qui l’on demande amicalement de turbiner 314 heures de plus par an sans la moindre augmentation de salaire ou bien c’est la porte ; de la pauvre maman de François Bayrou qu’a bien du mal à joindre les deux bouts avec sa petite, tout petite retraite ! Ah non, ne comptez pas sur moi pour dire haut et fort ce que nombreux éprouvent en relatif silence, à savoir que tout de même, compétence et remarquabilitude admises par nous tous, sortes d’acquis sociaux du haut, il y a comme qui dirait entre le salarié de base et l’homme de la situation, un écart (grandissant) de traitement qui ressemble fort à de l’indécence, pour ne pas dire, à de l’obscénité caractérisée. Ne me faites pas dire, ce que je n’ai pas dit. Ah non, ne me faites pas cracher au bassinet, ne me poussez pas à hurler que cet écart de traitement entre les Proglio – Messi, Castaldi et tutti quanti, car pourquoi les exclure de ce tableau ? – et nous autres, nous à qui l’on demande tant et autres choses, vaillance, patience, pugnacité, dimanches compris, que cet écart qui toujours et encore se creuse, finira, et nous le déplorons, n’est-ce pas, par exaspérer à tel point, que, telle la bulle financière, un truc va péter et va péter grave !
Oh je sais, il n’est pas venu le temps de la révolution, et d’abord pour quoi la révolution, et qui la souhaite ?
Oh je sais aussi, qu’il faudrait qu’il soit bien affamé, le peuple, pour sortir de sa léthargie, du je-pense-tout-bas-que-merde, je le sais bien. Mais … qui sait ?
Tout aussi remarquable et compétent que soit l’homme, aussi méritant soit-il, honnêtement et tout bien réfléchi, comment est-il possible d’en arriver à de tels émoluments, nonobstant le fait que d’aucuns voudraient moraliser le capitalisme ?
Est-il possible de tolérer de tels écarts de salaires, sachant qu’en haut comme en bas, on a très largement dépassé l’indécence ?
Est-ce possible, sous entendu : combien de temps encore cela peut le demeurer ; possible ?
17:25 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Je M'Excuse Mais Merde !, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : henri proglio, combien va gagner henri proglio ?, inégalités salariales, salaires indécents, 850 000 euros de retraite par an, prenez-nous pour des cons, sarkozy et proglio |
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