La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

04 octobre 2009

La Jeunesse, Ce Parent Pauvre Du Sarkozysme

Au Revoir, Les Enfants !

Je veux un État où les fonctionnaires seront moins nombreux … “ Déclarait le candidat Nicolas Sarkozy, le 14 janvier 2007, lors du Congrès de l’UMP, celui où par onze fois, il assurait avoir “changé”.
Il aura tenu parole.
Il suffisait, comme annoncé, de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique.
Et nous voilà "délestés" de 64 600 fonctionnaires depuis 2007 (Près de 100 000 à la fin 2010).
Sauf que, il y a un petit problème. Car la phrase complète était la suivante :

Je veux un État où les fonctionnaires seront moins nombreux mais mieux payés

Or là, le compte n’y est pas. Les salaires dans la fonction publique ont été revalorisés de 0.8% en 2008 (pour une inflation de 3.2% – chiffre INSEE).
0.8% une nouvelle fois et en deux temps (0.5 en juillet et 0.3 en octobre) cette année.
Et il est prévu une augmentation de 0.5% au 1er juillet 2010, idem au 1er juillet 2011.
2,6% en quatre ans ! C’est bien peu quand on promet aux fonctionnaires d’être “mieux payés”.

Ce serait démagogique de ma part que de dire “on a trouvé des milliards pour sauver les banques, l’industrie automobile, et même un bon gros milliard pour nous prémunir d’une pandémie qui ne semble pas vouloir se déclarer”, mais le serais-je si je disais que cette distribution de milliards aurait gagné à être mieux répartie ? Et notamment pour honorer cette promesse : mieux payer nos fonctionnaires ?

Mais il y a un autre (gros) problème. C’est que ce dégraissage du mammouth public touche aussi, et durement, l’Éducation nationale. Pivot d’une société. Et, puisque le chef de l’État s’est toujours présenté comme l'"abhorrateur" du mensonge :

Vous voulez la vérité ! Cela tombe bien : je refuse le mensonge !” [Nicolas Sarkozy - Marseille – 1,2,3 septembre 2006]

Prenons-le au mot (qui n’est pas l’expression préférée de Christian Vanneste …) !
Et rappelons quelle école, il souhaitait “construire” durant son quinquennat.

Je veux construire une école qui donne envie d’apprendre. Je veux construire une école qui renoue avec une conception exigeante de la culture et du savoir. Je veux construire une école capable d'être le creuset d’une culture commune.” [Nicolas Sarkozy - Marseille – 1,2,3 septembre 2006]

Ça fait rêver, non ? Une école comme ça, mais on est tous "pour" ! Même qu’on signerait des deux mains et les yeux fermés ou voudrions y retourner sur le champ !
Mais comment construire une telle école, ambitieuse, “exigeante”, en supprimant chaque année des postes d’enseignants, d’éducateurs, tout en revalorisant de deux virgule petits six pour cent ceusses qui poursuivent leur mission ?
Ils étaient 8700 de moins à la rentrée 2007. Pour celle de 2008, 11 200. 2009, 13 500. Et pour la rentrée prochaine, 16 000 ne seront pas remplacés. Soit 49 200 en quatre ans !
Certes quantité n’est pas gage de qualité. Mais quand une part inquiétante d’élèves arrivant en sixième a de graves lacunes en lecture, en écriture, peut-être ne faut-il pas mégoter sur les moyens humains pour rattraper le coup, gommer cet "handicap" lourd de conséquences pour l’avenir de ces enfants :

Je propose que lorsque les handicaps sont trop lourds on organise des classes de 15 élèves” [Nicolas Sarkozy - Marseille – 1,2,3 septembre 2006]

Comment “organiser des classes de 15 élèves” avec moins de personnel ?
Quelle est cette République qui en choisissant de se soulager pécuniairement, froidement et sans discernement, sacrifie l’avenir de ses enfants ?
Apparemment, ce n’est pas la République promise :

Ma République c’est celle du droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés, parce que si l’on pense que d’ici à cinq ans on ne peut pas trouver les moyens de scolariser tous les enfants handicapés, il ne faut pas faire de politique. Ce droit n’est pas seulement un droit pour les enfants handicapés, c’est aussi une chance pour les autres enfants.” [Nicolas Sarkozy – 14 janvier 2007]

Je ne vois pas comment une école qui n’a pas su accueillir des enfants handicapés hier, pourrait le faire demain, avec moins d’enseignants, d’éducateurs. Soit en l’handicapant elle–même.
En admettant que réduire (numériquement) la fonction publique était une priorité, sans doute ne l'était-ce pas dans l’Éducation nationale … Peut-être, aurait-il mieux valu la repenser, la réorganiser, humainement et géographiquement. Mieux répartir les effectifs. Les augmenter là où c’était urgent, nécessaire. Les alléger ailleurs. Avoir le souci de l’efficience, pas de l’économie (ou de la radinerie). Faire d’une quantité, une qualité.

Comment s’étonner, alors, ensuite, que pour la jeunesse, celle sortie de l’école, Nicolas Sarkozy ne propose, aujourd’hui, et (bien) au fond, rien de mieux que le RSA ?
Lui qui, candidat ou fanfaron, promettait à cette jeunesse monts et merveilles. La reconnaissance, les moyens, le maximum :

Je veux être le Président d’une République qui dira aux jeunes : vous voulez être reconnus comme des citoyens à part entière dès que vous devenez majeurs. Vous le serez. Vous aurez les moyens de décider par vous-mêmes quand vous quitterez le domicile de vos parents. Vous aurez les moyens de réaliser vos ambitions, de vivre votre vie comme vous le souhaitez, d’aimer comme vous l’entendez. Vous aurez les moyens de devenir ce que vous voulez devenir (…) Je ne veux pas de la société du minimum parce qu’avec le minimum on ne vit pas. On survit. Je veux une société du maximum. Je préfère une jeunesse à qui l’on donne la possibilité de réaliser ses projets plutôt qu’une jeunesse qui est condamnée à l’assistanat. Je veux être le Président d’une République qui dit à la jeunesse : tu reçois beaucoup, tu dois donner aussi de toi-même." [Nicolas Sarkozy - 14 janvier 2007]

Est-ce avec la perspective, l’offrande d’un RSA qu’on peut devenir un “citoyen à part entière” ?
Est-ce avec un plan-plan de 500 millions d’euros qu’on permet à cette jeunesse de “réaliser ses projets” ? 500 petits millions d’euros alors que la crise n’a pas dit ses derniers maux, est-ce réellement suffisant ?

Serait-ce démagogie, encore une fois, que de dire que tous ces milliards dépensés (banques, industrie automobile, vaccin H1N1, etc.) auraient dû être mieux dispensés ? Que de dire qu’on ne construit pas la France de demain en rognant sur l’école, la jeunesse, l’essentiel ?

Est-ce mentir que de dire, déclarations et promesses à l’appuie, qu’à ce jour (soit à plus que “la moitié de son premier mandat”) Nicolas Sarkozy a déjà trahi, abandonné la jeunesse de ce pays ? Qu’elle est le parent pauvre de sa politique.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://sagephilippe.20minutes-blogs.fr/trackback/198152

Commentaires

Ce qui est dommage c'est que certains ce sont laissés prendre à cette publicité mensongère (il faut dire que le discours était beau) et ont acheté le produit et que nous allons devoir boire la coupe jusqu'à la lie.
Maintenir les gens dans l'ignorance afin de leur faire gober n'importe quoi c'est peut être ça sa politique d'éducation.

Écrit par : Catherine | 04 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Bravo. Tout est dit..

Écrit par : alix | 04 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Entièrement d'accord avec toi, démagogie, farce, cynisme et poudre aux yeux sont au programme de ce clown arrogant qui nous sert de président.

Écrit par : Mathias | 04 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Depuis le début des années 90 , la jeunesse est sacrifiée...Stage non rénuméré , CDD , Mission d'intérim . La "Macdonalisation" des emplois pour les jeunes est un FAIT AVERE.

Une inflation jugulée , une réduction des côûts de la main d'Oeuvre cela se PLANIFIE.
Et qui est sacrifié sur l'Autel du Profit ? La jeunesse...!!!

Il fut un temps pas si lointain , les enfants devenus adultes "aidés" financièrement leur parents , les logés même...!!!
Aujourd'hui c'est l'inverse !!!
Comment peut -être AUTONOME , la majorité de la jeunesse payée au SMIC avec des emplois précaires ?
Il fut un temps pas si lointain , ou l'on formait les enfants , les pré-adolescents , les adolescents à des métiers Pérennes . Mais les boulversements "Technologiques" , la
Profitabilté immédiate ont changé la donne quant à la sécutité de l'emploi.
La diminution des Emplois dans la fonction publique est un leurre....Vérifie , Phillipe est tu verras combien de Vacataires enseignent , combien de Contratuel(le)s ont des postes dans TOUS les ministères...Ma femme est "Contractuelle" au Rectorat de Toulouse depuis 2001 , elle renouvelle son CDD de 10 mois tous les ans !!!

Je le répète , tout est planifié par les Grands de ce Monde , pour que l'Ensemble de la population active ....VIVENT LA PEUR AU VENTRE DE PERDRE SON EMPLOI.

Une Logique IMPLACABLE est dans la tête de TOUS les actionnaires de la planète , TOUT PRODUIRE MOINS CHER...même la CULTURE !!!

Combien de parents se sacrifient financièremet ,pour que leurs enfants obtiennent de "Bons Diplômes" ? à l'arrivée nombreux sont les Bac+2, Bac+4 qui se retrouvent sans emploi , en CDD et surtout ayant un salaire inférieur à leur parents ouvriers , techniciens , cadres moyens !!!

Il fut un temps oû à 25 ans tu étais AUTONOME...aujourd'hui nôtre Président octroie un

R iquiqui
S alaire (qui sera )
A d vitam eternam...pour bon nombres de jeunes ( prés de 500 000 adultes en bénéficient à ce jour...!!! )

SCARFACEkosy....est un

R hétoricien
S anguinaire
A d libitum !!!

Ses paroles , ses discours sont des "Bombes" à retardement qui Tueront les Espoirs de nôtre jeunesse !!!

Écrit par : georges | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Il parla de culture alors qu'il n'avait pas un seul échantillon sur lui, me fait rire ce petit homme.

Écrit par : Fran | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Nan mais faut arrêter de médire et de râler monsieur sage!
Déjà, les nouveaux profs, pas toujours à plein temps, et pour compenser les départs qui concernent tous les collèges/lycées, sont répartis sur plusieurs établissements à la fois.
Imaginez un peu cette jeunesse pleine de fougue et passionnée, qui rejoint l'éducation nationale avec le désir ardent d'éduquer son prochain. Et bien cette noble institution lui offre la chance incomparable de voyager tous les jours (parfois plus de 60km entre les établissements), et les voyages ne forment-ils pas la jeunesse ?

Vraiment, vous êtes mauvaise langue. En plus, les nouveaux professeurs se passeront bientôt de leur stage de formation dans la classe d'un professeur plus "expérimenté", qui ne faisait que leur apprendre leurs mauvaises habitudes de gaucho-gréviste, rebelle à toute autorité et qui sont responsables de l'état déplorable dans laquelle est l'éducation nationale aujourd'hui.

Non vraiment, ce sont là de bonnes idées et de bonnes directions pour l'avenir!

PS: Ce message est "subtilement" ironique.

Écrit par : Dr Maboul | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Faut reconnaître qu’avec brio , il tient parole vis à vis de son électorat droite/extrême droite poujadiste : disparition des fonctionnaires , renforcement de l’actionnariat . C’est son credo de base . Maintenant qu’il ait assorti une revalorisation des revenus à sa traque antifonctionnaire et qu’il ne tienne pas son engagement , faut pas exagérer !

« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient »

Deux remarques :

Son action ne touche pas les hauts fonctionnaires hyperpayés et pléthoriques , mais concernent que les petits fonctionnaires à partir de 1200 euros...

Ça n’empêche pas la dette publique d’exploser...

Alors en 2012 ce sera quoi la nouvelle croisade ?

Oui, enfin tout cela n’est qu’un cache misère pour dissimuler la ruine de notre pays au profit de la mondialisation et de la minorité qui en fait ses choux gras .

Écrit par : Chanteclerc | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

“Je veux un État où les fonctionnaires seront moins nombreux … «

De 1982 (début de l’ère socialiste) à 2002 , les effectifs de la fonction publique d’état (hors collectivités et fonction hospitalière) ont augmenté de 253 896 (+13%).

Bravo la décentralisation et l’internet.

Entre 2003 et 2010, ces mêmes effectifs de la fonction publique auront diminué de 90 874 (-4%).

Entre 1982 et 2002, les effectifs de la fonction territoriale ont augmenté de 448 610 (+42%) (décentralisation dans les mains de socialistes)

Entre 1982 et 2002, les effectifs de la fonction hospitalière ont augmenté de 172 013 (+24%) (35 heures).

Au total, +858 664 nouveaux fonctionnaires en 10 ans (+21%) alors que la population Française sur cette même période augmentait de 9,6%

Bravo à la décentralisation, aux 35 heures et à Internet qui a grandement compliqué la tâche des fonctionnaires.

Vous proposez quoi exactement ?

Écrit par : Bulgroz | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

@Bulgroz, je propose que vous reteniez l’intégralité de la phrase, donc ne pas omettre des fonctionnaires « mieux payés ».

Écrit par : Philippe Sage | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Je trouve le propos de Bulgroz assez intelligent.

Face a des destinataires du service public moins nombreux (il y a moins de jeunes) et face a un théorique besoin MOINDRE de fonctionnaires , sans parler du déséquilibre du budget public, comment voulez vous payer MIEUX vos fonctionnaires si vous ne commencez pas par en virer ?

Qui plus est, les performances de éducation nationale devrait l'inciter a être modeste.

Écrit par : eleusis | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Non, non, moi je trouve au contraire qu’il tient bien ses promesses...pas les trucs qu’on dit en état d’ivresse médiatique, non, ce qu’il portait en lui comme promesses intrinsèques. Vous êtes (rédacteurs, commentateurs) comme ceux qui élèvent un tigre, parce que c’est mignon tout bébé, et qui sont étonnés en rentrant du boulot quand le truc a bouffé le chien, la concierge, et le facteur . Il a tenu ses promesses, le tigre. intrinsèques.

Écrit par : jacques Roux | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Philippe Sage,

De 2007 à 2009, le nombre de fonctionnaires a diminué de 53250. Soit un coût évité de 1,87 milliard d’Euros (sur la base d’un coût annuel de fonctionnaire de 35000 Euros).

Rapporté au nombre de fonctionnaires existant ( 2 396 860), cela fait une économie annuelle pour chaque fonctionnaire existant de 780 Euros , cette économie permet d’augmenter le coût de fonctionnaire de 2,2% et donc nécessairement moins pour le seul salaire en admettant de reverser dans son intégralité l’économie « réalisée ». Je ne pense pas que l’idée de Sarkozy soit cela mais peut être de reverser la moitié (soit 1,1%).

Par ailleurs, les effectifs de la fonction territoriale augmentent plus encore que les effectifs publics diminuent (plus de 30000 par an).

et comme une augmentation concerne tous les fonctionnaires, je ne vois pas encore d’économie.

Vous vous attendiez à quoi en matière d’augmentation de salaire au titre des réductions des effectifs ?

Écrit par : Bulgroz | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

@ Bulgroz : Je reconnais que l’équation n’est pas simple. Que les chiffres sont impitoyables. Ajouté à cela le déficit de l’État, j’en conviens, c’est d’autant plus compliqué. Mais - et encore une fois, sans verser dans la démagogie - il me semble que j’ai donné la réponse à votre question dans ce « billet ». Quand il s’agit de trouver des milliards pour sauver l’industrie bancaire (en fallait-il autant ?) l’industrie automobile ou pour un vaccin (alors qu’on aurait pu choisir d’investir dans la coopération sanitaire) qui ne doit son existence qu’à une exagération du principe de précaution (et aux préconisations alarmistes de l’OMS) « on » les trouve. Une fonction publique mieux formée, mieux payée, je suis pas contre. C’était une promesse, qu’il la tienne. Voilà. 2,6% d’augmentation en 4 ans, c’est assez ridicule. Surtout quand on s’est présenté comme le héraut du pouvoir d’achat. Quand on a dit, comme Sarkozy, que « le problème en France, c’est que les salaires sont trop bas ». Et aussi, quand on a juré de ne pas mentir, trahir, abandonner comme « ses prédécesseurs ».

Écrit par : Philippe Sage | 05 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

@Bulgroz
Quelles sont vos sources pour les chiffres que vous annoncez, que nous puissions les consulter ? Sans sources, vos propos n'ont aucune valeur de véracité.

Écrit par : Fran | 06 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Comme a dit Chantecler, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
Comme a dit Coluche « il parait que la crise, ça rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je vois pas en quoi c’est une crise. »

Pour en revenir au sujet, je trouve assez ironique que ceux qui passent leur temps à se faire passer pour des chantres du plein emploi (j’irai les chercher avec les dents...), n’ont pas l’air de se rendre compte qu’un fonctionnaire viré (ou non remplacé, se qui revient au même à l’échelle de la société), c’est avant tout un chômeur de plus....

Écrit par : sleeping zombie | 06 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

@Sleeping-zombie, tout à fait : un fonctionnaire viré (ou non remplacé, ce qui revient au même à l’échelle de la société), c’est avant tout un chômeur de plus.

« Il parait que la crise, ça rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. » Coluche nous manque.

En quoi c’est une crise ? La réponse est peut-être fournie par cette définition d’Alain Badiou : « Le capitalisme n’est qu’un banditisme, irrationnel dans son essence et dévastateur dans son devenir. Il a toujours fait payer quelques courtes décennies de prospérité sauvagement inégalitaires par des crises où disparaissaient des quantités astronomiques de valeurs, des expéditions punitives sanglantes dans toutes les zones jugées par lui stratégiques ou menaçantes, et des guerres mondiales où il se refaisait une santé.«

Les crises, au mieux, sont des succédanées de guerres. Au pire elles les déclenchent.

"Les promesses n’engagent que ceux qui y croient", sauf erreur c’est Pasqua qui a dit ça. Et il s’y connaissait ! ;-)

Écrit par : JL | 06 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Salut!
Merci Philippe, c'est toujours un plaisir de te lire!

A propos de "l'économie" réalisée par le fait de virer des fonctionnaires, on oublie que la clause ceteris paribus veut que les prétendants à ces postes trouvent un emploi dans le privé. Vu le chômage, ce n'est pas sûr.

A propos de ce même événement, il suppose que les agents de la fonction publique sont improductifs (postulat de départ) et donc qu'ils ne créent aucune richesse, ne servent à rien, en somme, et ne font que "coûter" à l'Etat donc vous, moi, etc. C'est un peu farfelu comme vision des choses. et si un fonctionnaire rapportait quelque chose? (eh oui, les postulats de droite sont à mourir de rire)

Ensuite, je rappellerai que tout le monde est d'accord pour dire que la "crise" qui touche depuis pas mal de temps la France est moins forte chez nous grâce à l'emploi dans la fonction publique. Donc, que la sauvegarde des services publics, surtout, est une question d'intelligence collective.

Concernant l'Education plus précisément, on supprime des profs à mesure qu'il y a de plus en plus d'élèves. Bien entendu, je n'ajoute pas tout ce qui relève des fractures sociales et urbaines...

p.s: c'est bien dans les stats de mettre 1982 comme année de référence: c'est le moment exact à partir duquel les salaires ont été déconnectés de la productivité (et bien évidemment des gains de productivité gagnés, cela va de soi...)

Écrit par : rhizome | 06 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Bonjour,

Ce que je vais dire, cela a sans doute été dit, mais je voudrais un peu enfoncer le clou. Ca tombe bien, donc ;-)
D'abord, la diabolisation du "fonctionnaire", de l'emploi stable, le mythe du nanti, etc. s'inscrivent tout droit dans la ligne du capitalisme: plus on démantèle les services publics, plus on crée de la précarité chez les employés, plus on fait payer le "client" pour de piètres prestations à des prix prohibitifs en prétendant "ouvrir à la concurrence" des services qui se termineront, par force, en monopole, mais privé. Tout ça pour quoi? Pour tirer des bénéfices là où on peut: sur le dos et la sueur du travailleur. Et pour qu'il se tienne tranquille, le travailleur et ne puisse pas protester, on le "délocalise" et le précarise, et on garde sous le coude un vivier de demandeurs d'emplois.

Et la "sécurité de l'emploi", tant décriée, s'appliquait naguère, précisons-le, non seulement aux agents de l'état, mais également à plein d'autres organismes semi-privés, voire privés (banques, etc.). Il y a peu, les licenciements (et autres mesures: pré-retraites, etc) étaient règlementés et les déplacements d'employés plutôt rares. Et, ce n'est pas le statut de fonctionnaire qui donne cet "avantage", c'est le code du travail. Or, on sait ce qu'ils en font du code du w et des droits des travailleurs actuellement!

Et en laissant les emplois au seul privé, ils s'exonèrent du droit au travail de chacun, tel qu'on peut le voir dans l'Article 23 de la Déclaration universelle des DDH:

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.

Quant aux chiffres d'augmentation des fonctionnaires sous Jospin, ils ne veulent rien dire si on ne les analyse pas et si on ne les inscrit pas dans un contexte: où y-a-il eu créations de postes, pour quelles raisons, dans quel secteur ...
Jospin, comme c'est sous-entendu sournoisement, n'a certainement PAS privilégié les fonctionnaires: son programme s'inscrivait dans la droite ligne des bureaucrates de Bruxelles (d'ailleurs n'a-t-il pas signé, entre autres, la privatisation des Telecoms - dont on voit ce que c'est devenu) chargés de récupérer tous les services marchands pour le profit de leurs copains. Simplement, en s'attaquant de front aux services publics, il touchait directement à son électorat, et donc, il était obligé d'avancer masqué. Mais personne d'un peu sensé n'était dupe.

Alors que la droite, elle, n'a aucun scrupule puisqu'elle s'adresse aux populistes, aux gogos et aux aigris pour favoriser patrons, petits commerçants et professions libérales qui ne peuvent qu'attendre de la manne des dérégulations, des suppressions de postes de titulaires, etc.
Insinuer que Jospin a voulu favoriser les fonctionnaires, c'est parfaitement faux. D'ailleurs, l'électorat traditionnel du PS l'en a remercié en 2002.
Ce n'est ni Chirac, dont on avait plus que marre, ni Le Pen (encore moins) qui ont gagné, c'est Jospin (et avec lui tout le PS) qui a perdu lamentablement.

Quant à dire que Sarkozy a fait ce qu'il avait dit, c'est exact: il était clair que son projet était de démanteler la fonction publique, de faire main basse sur la cagnotte publique et de la redistribuer à ses copains.
Mais il ne l'a pas présenté comme ça au bon peuple de France: il a annoncé qu'il allait augmenter le pouvoir d'achat, les retraites, permettre de gagner plus, aider les handicapés, améliorer l'école, etc.
Là, en revanche, il n'a pas tout a fait réussi et le gogo commence même à s'en rendre compte, qui attend encore les "réformes" promises et ne voit toujours rien venir, à part son porte-monnaie qui prend l'eau.

Désolée d'avoir été si longue … j'ai pourtant réduit tout ce que j'avais à dire. En particulier sur l'école, et, également, sur une enquête effectuée par les services de G Bush pour comparer l'efficacité des fonctionnaires et des sous-traitants privés.
Une enquête qui est restée confidentielle … On se demande bien pourquoi.

Lien (partage des richesses): http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article1026

Écrit par : emcee | 07 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

@emcee
Merci pour l'oxygène qu'amène ton commentaire.
Pour la comparaison prestation service public/prestataire privé, on peut prendre également en exemple les chemins de fer anglais...Quand la sécurité des personnes et la rentabilité ne peuvent faire bon ménage.

Écrit par : Fran | 07 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

salut, fran,

En effet, il y a les chemins de fer anglais , mais aussi la Royal mail, la Poste anglaise, qui a été re-nationalisée parce que les prestations étaient lamentables, sans parler du système éducatif, où, avec la crise, certaines entreprises privées ont repris leurs billes, laissant le déficit au contribuable.

Partout dans le monde, la privatisation a ponctionné l'argent public tout en détériorant les conditions.

Mais, voilà, les idiots utiles continuent de faire du psittacisme en prétendant qu'il n'y a rien de mieux que le privé.

Aux US, même si on nous fait croire que tout va bien, c'est la désolation: le problème, c'est qu'ils ont tellement été perfusés aux mérites de l'entreprise privée et à la haine du "socialisme", qu'ils ne savent pas encore ce qui leur est arrivé.

Wait and see.

Écrit par : emcee | 07 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Oui pour tout ! Hélas que les Français ont fait du mauvais boulot en 2007 ! Le pays est en train de sombrer depuis 2002 mais cela ne fait rien, ils en ont redemandé en croyant aux lendemains qui chantent. Les promesses n'engagent hélas que ceux qui les écoutent... La dégringolade du pouvoir d'achat des fonctionnaires est voulue, organisée, planifiée et je pense que c'est parce que le pays est en chute libre et qu'il n'y a plus d'argent. Pourquoi ? Gaspillages de toutes sortes, aucun investissement dans la recherche et le développement, avantages inouis pour les capitaux qui dorment et rien pour les salariés, donc la spirale s'enclenche... On peut prévoir encore pire pour la suite... Suppression de fonctionnaires, suppression de services publics = mauvaise école et mauvais hopital où les pauvres devront s'armer de patience. Tiers monde assuré dans quelques années...

Écrit par : Charlotte | 10 octobre 2009

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu