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28 septembre 2009

Sark’O.R.T.F.

ORTF Logo.jpgAlors comme ça, Nicolas Sarkozy a soufflé copieux dans les bronches de cette pauvre Mâhâme Chabot ?
Quelle misère, n’est-ce pas, pour qui se souvient de cette bise fort amicale que le candidat de l’UMP à la présidentielle claquait aux joues ravies de la même Chabot au sortir du débat (très ennuyeux …) d’entre-deux tours l’opposant à Marie-Ségolène Royal ! On aura eu tort d’y voir un signe de connivence, et d’ailleurs, la bonne preuve, c’est qu’une fois gagné l’Élysée, Nicolas Sarkozy ne mettra pas longtemps à la mettre, Arlette, sur la touche, la trouvant, soudainement, “nulle” et “trop datée”. PPDA itou. Allez zou, du balai ! Et Nicolas Sarkozy se mit, activement, en quête de nouveaux intervieweurs de "Lui-Même".
Oui, je sais, ça peut paraître curieux, surtout dans une démocratie censée être “irréprochable”, mais vois-tu, ce ne sont pas les rédactions de Tf1 et France Télévisions qui choisissent les journalistes chargés de questionner le chef de l’État, non, c’est le chef de l’État qui s’arroge ce droit. Souverain.
Or donc, exit le PPDA et la Chabot, et place à Mâhâme Ferrari et M'sieur Pujadas, deux admirables et zélés "journalistes", de la trempe de ceusses qui ne pipent mot quand leur "maître" bafoue la présomption d’innocence (une habitude, chez lui – cf : Yvan Colonna) et ne rechignent pas à poser des questions aimablement suggérées par … L’Élysée.
Des professionnels du prompteur, en quelque sorte.

Or donc, la directrice de l’information de France 2 (dont les jours semblent comptés ..) s’est vu reprocher le manque d’émissions politiques dignes de ce nom sur le service public. La pauvrette aura protesté citant pèle-mêle “A Vous De Juger” (tu sais l’espèce de barnum ou le Cohn-Bendit et le Bayrou se sont frités lamentablement et où Mélenchon s’est plaint du manque d’émissions politiques impartiales et … dignes de ce nom sur le service public) “Mots-Croisés” (avec en meneur de “jeu”, le très néolibéral Yves-pardonnez-moi-de-vous-poser-cette-question-mais-c’est-pour-que-les-gens-qui-nous-écoutent-comprennent-bien-de-quoi-il-est-question-ce-soir-Calvi) “Les 4 Vérités” (tu es drôle, Arlette, sais-tu ?) ou encore “C Politique” (le machin inaudible et courtois qui remplace “Riposte”).
Il lui fut vertement répliqué que tout cela ne valait pas “L’Heure De Vérité”.
Ce qui n’est pas faux.
En même temps, on peut comprendre que Nicolas Sarkozy soit un nostalgique de feue l’émission de François-Henri de Virieu, tant à chacun de ses passages il y fut particulièrement bien accueilli, notamment en pleine “Balladurmania”, comme ce 8 janvier 1995 où Virieu le traita carrément de Premier ministre, alors qu’il n’était qu’un "modeste" ministre du Budget & de la Communication (et Porte-Parole du gouvernement Balladur)

Ceci étant, cette colère de Nicolas Sarkozy envers le service public pourrait passer pour anodine, sauf que, l’embêtant, c’est que ce n’est pas sa première.
Notre homme est un dangereux récidiviste.

Ainsi, le 18 mars 2007, s’estimant mal reçu par l’équipe de "France Europe Express" (dirigée par Mâhâme Ockrent), qu’il est, en outre, intolérable qu’il lui faille attendre avant de passer au maquillage (“Qui suis-je pour être traité ainsi ?” se serait-il humblement écrié) Nicolas Sarkozy “pète les plombs” et menace, devant un personnel stupéfait :
Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant, mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder.”.
Suivra un communiqué (du genre soucieux, mais on le serait à moins) signé par la société des journalistes de France 3 (“Nous nous inquiétons que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l’indépendance des chaînes de service public.”).

Dix jours plus tard, le 28 mars 2007, Nicolas Sarkozy accorde un entretien pour le 19/20 de France 3. Là encore, il ne supporte pas de patienter une poignée de secondes dans un studio avant son passage en plateau, puis met en cause un reportage qu’il qualifie de “malhonnête” et de “quelque peu politique”. Il aurait sans doute préféré, va savoir, qu’on vantât sa campagne et lui léchât abondamment les pompes ..
Cette campagne est-elle l’occasion de régler des comptes voire d’affaiblir la télévision publique ? Et avec quelles intentions une fois passée la période électorale ?s’interrogeront, de concert, le SNRT-CGT, le SNJ-CGT et l’UNSA-CFTC.

On peut également y ajouter ce 30 juin 2008, toujours sur France 3, avec les fameux “off” dévoilés par le site Rue89 dont on aura dit que bon, c’était beaucoup de bruit pour pas grand chose.
Sauf que non.
Car qu’entend-on lors de ces “off” ?
Du mépris, essentiellement.
Ainsi quand Paul Nahon affirme que ma foi, la rédaction de France 3 fait bien son travail, Nicolas Sarkozy dégaine, cinglant :
Que vous soyez content de votre travail, ça ne m’étonne pas ..”.
Charmant.
Et que penser de cette autre remarque du Président :
Comment voulez-vous faire tourner une boutique comme France 3 ?”.
Alors comme ça, pour Nicolas Sarkozy, France 3, c’est … une boutique ! Je n’irais pas jusqu’à dire, comme l’homme politique lambda maître es-langue de bois, que “j’ai le plus profond respect pour les propriétaires de boutique, tant ils font un travail remarquable” mais comparer France 3, soit une entreprise majoritairement constituée de journalistes, à une boutique, n’est-ce pas là, la preuve d’un manque total de respect et de considération. Une marque de mépris.
Mais ce soir-là, une autre saillie du Chef de l’État m’apparaissait bien plus inquiétante :
"J'ai une haute idée du service public (....) Mais les programmes du service public ressemblent trop à ceux des chaînes privées (...) On peut faire mieux."
Ce “Onpeut faire mieux, qui est-il ?
Ne traduit-il pas une volonté évidente de la part du Président de la République d’avoir, un jour, demain, la mainmise sur le service public, comme au sale bon vieux temps de l’O.R.T.F. ?
Ce qui ne serait pas soupçonnable s’il avait dit : “Vous pouvez faire mieux”.

Cette volonté à peine voilée de museler le service public est déjà largement entamée, avec de nouvelles règles du “jeu” pour nommer le prochain P.D.G. de France Télévisions. C’est désormais l’exécutif qui s’en chargera. Et l’on voit mal le C.S.A. et les parlementaires s’opposer à cette volonté [1].
Et quelle sera la mission de la nouvelle marionnette élyséenne ?
Elle sera de réaliser les souhaits exprimés (et rappelés ci-dessus) par Nicolas Sarkozy soit de “virer toute cette direction”. De nettoyer la “boutique”. Car, il ne faut pas croire, mais ce que dit Nicolas Sarkozy, parfois, il le fait. Plus exactement, ce n’est pas qu’il fait ce qu’il dit, comme il le prétend, c’est qu’il met à exécution ce qu’il menace.

La colère qui s’est abattue, mercredi dernier, sur Mâhâme Chabot, n’est rien d’autre que la manifestation de cette volonté, la suite logique d’un programme de démolition, mûrement pensé et réfléchi, celle de France Télévisions et avant tout, de sa rédaction. Un règlement de compte comme les affectionne Nicolas Sarkozy. Une vengeance personnelle à nos frais.
Nous sommes donc bien dans une “O.R.T.F.-isation” rampante du service public. Une mise au pas. Aux bottes du pouvoir.

Il est étonnant, voire très inquiétant, que cette nouvelle colère "sarkozienne", ne fasse pas plus de ramdam au sein de toutes les rédactions de France, n’émeuve pas plus que ça, les journalistes de ce pays. Y compris ceusses de la presse écrite. A croire qu’ils ont la mémoire courte [2]
Cela dit, le jour où cette “O.R.T.F.-isation” sera à son terme, complète, il sera bien trop tard, messieurs, pour venir pleurer l’indépendance que vous n’aurez pas su défendre.
Et ce n’est pas sur Internet que vous la (re)trouverez.
Internet n’aura jamais la puissance de feu meurtrier, dévastateur, d’un JT de Tf1 ou de France 2.
Internet c’est une illusion. La télévision, elle, c’est une réalité.
Il ne faudrait pas laisser cette réalité "tomber" dans les mains du pouvoir.


[1] Est-il possible de croire, de penser une seule seconde, que les parlementaires de la majorité ne valideraient pas le candidat proposé par l’Élysée pour le poste de P.D.G. de France Télévisions ?
Prenons (c'est une image ...) Hervé Morin, par exemple. Au temps où il était président du groupe UDF à l’Assemblée. Lorsque, le 24 janvier 2007, le président de la République, Jacques Chirac, nomma Michel Boyon au C.S.A. (en remplacement de Dominique Baudis), et le président du Sénat, Christian Poncelet, Alain Méar (en remplacement de Philippe Levrier), ce bon Hervé Morin protesta vivement. Il voyait dans ces deux nominations “tout ce qu’on déteste”, la “République des copains”.
Et il avait raison.
Car Boyon était l’ancien Directeur de Cabinet de ... Jean-Pierre Raffarin (du temps où il était Premier ministre de J. Chirac) et Mear, l’ex Directeur de Cabinet de .. Christian Poncelet.
Seulement voilà, depuis que Morin a fait allégeance à Nicolas Sarkozy, il ne s’offusque plus quand le pouvoir place des “copains”. Notamment dans les médias. Ainsi, quand le 22 mai 2007, Laurent Solly, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy à Bercy puis à l’Intérieur, devenu par la suite son Directeur adjoint de campagne (présidentielle) est parachuté à Tf1 par l’Élysée en tant que Directeur Général adjoint, eh bien, Hervé Morin, il la ferme.
Comme tous les autres parlementaires de la majorité.
Alors pourquoi voulez-vous qu’ils l’ouvrent demain, d’autant plus à l’approche d’échéances électorales ou le seul but est de conserver son siège au Parlement ?

[2] Oui, les journalistes de la presse écrite ont vraiment la mémoire courte. A commencer par ceusses de Libération. Ont-ils déjà oublié, qu’en mars 2007, eux aussi, furent “menacés” par Nicolas Sarkozy, qui, en outre, qualifia leur quotidien de “journal de merde” ?
Rafraichissons leur petite mémoire avec la dépêche suivante :

ISF : Nicolas Sarkozy pique une colère contre
Libération
NOUVELOBS.COM | 09.03.2007 | 12:10

Selon une source interne à la rédaction en chef de Libération confirmant une information du site internet de l’Express, Nicolas Sarkozy aurait téléphoné à Édouard de Rothschild pour lui faire part de son mécontentement après la Une de Libération le 1er mars.
Le quotidien, revenant sur les informations du Canard Enchaîné sur la déclaration d'ISF de Nicolas Sarkozy, titrait ainsi:
"Impôt sur la fortune de Sarkozy : le soupçon".
Le candidat UMP à la présidentielle aurait pris son téléphone pour dire directement à Édouard de Rothschild, actionnaire majoritaire du quotidien ce qu'il pensait du journal, le qualifiant de "sectaire de gauche".
Nicolas Sarkozy aurait expliqué que "cela empêcherait sans doute le quotidien de trouver des gens pour le financer".
Contactée par nouvelobs.com, une source interne à la rédaction en chef, qui souhaite garder l'anonymat, indique que le PDG, Laurent Joffrin, aurait confirmé l'information en conférence de rédaction mercredi 7 mars.
L'échange entre Édouard de Rothschild et Nicolas Sarkozy aurait été "musclé". Le candidat de l'UMP se laissant même aller à employer des termes "grossiers", qualifiant, paraît-il Libération de "journal de merde".
D'après une autre source interne au journal, le coup de téléphone aurait "beaucoup fait rire Édouard de Rothschild".


Édifiant, non ?
Inquiétant, surtout.

24 septembre 2009

Le Monde De Nicolas Sarkozy

Le Président De L'Industrie Bancaire

Il serait vain (comme : G20) de chercher à tirer quoi que ce soit de positif, enthousiasmant ou projetant dans cette connivente causerie [*] qui nous fut infligée hier soir (mercredi 23 septembre) peu après 20 heures entre Nicolas Sarkozy, Mâhâme Ferrari et David Pujadas. Un véritable simulacre d’interview politique. Le degré zéro du journalisme.
Qu’après (ou avant) ce naufrage, le chef de l’État aille sermonner, humilier (devant témoins) Arlette Chabot à propos du manque d’émissions politiques (dignes de ce nom) sur France Télévisions, ce n’est même pas risible, c’est se foutre ouvertement de la gueule du monde.

Nonobstant, si, et dans le seul but de distraire l’ennui et la lassitude qui nous prirent suite à ce qu’il convient de nommer un meurtre du journalisme politique entre bons amis, nous tentions de retenir quelque chose de ce qui fut dit, alors nous pourrions noter que :

1 – Sur Tf1 et France 2, Nicolas Sarkozy nous affirma que les paradis fiscaux, c’était terminé [rires nourris de nous autres]. Quelques heures plus tard, à la tribune de l’ONU, il rappelait qu’il fallait les combattre.
Il faudrait savoir …

2 – Répondant à une question sur sa santé rapport à son “malaise vagal” de juillet dernier, Nicolas Sarkozy confia que sa santé était “bonne” et qu’il n’avait “pas le droit d’être négligent dans sa façon de s’hydrater”. 
Comme tu vois, cet entretien atteignit des sommets.
Ceci dit, n’est-il pas hilarant d’apprendre que notre souverain a tout intérêt à s’hydrater alors même que le pays est financièrement à sec, que le déficit de l'Etat part à vau-l’eau ?
A ce propos, j’en connais un qui s’hydrate copieux, c’est Jean-Louis Borloo.

3 - (et ceci découle, c’est le cas de le dire, de la remarque suivante) Rappeler aux pauvres citoyens que nous sommes, que le sauvetage de notre système bancaire ne nous aura pas coûté un centime d’euro, c’est assez gonflé vu que, justement, le déficit de l'Etat a doublé en une seule année. Or, qui va payer pour rembourser ce colossal déficit et durant de très longues années ? Il ne me semble pas que ce sera Baudouin Prot ou M. Bolloré.

4 – Durant tout l’entretien (et c’est le seul point à retenir) Nicolas Sarkozy a parlé de la crise en ces termes :
La crise a été…”, “Il y a eu la crise …”.
C’est donc au passé qu’il la conjugue. Ce qui signifie que, dans son esprit, la crise, c’est fini.
Mais fini pour qui ?

Pour le monde de la finance.

En revanche, pour nous, citoyens de base, elle se poursuit. Et elle se poursuit sévère avec des plans de restructuration .. de licenciements, de mises d’office à la retraite, d’emplois de plus en plus précaires (emplois de services, temps partiel imposé, contrats saisonniers…). Elle continue socialement, avec son lot de souffrances, d’exclusions, de solitude. Pour nous, la crise est toujours là, et, sans doute, pour longtemps. Mais “nous”, Nicolas Sarkozy s’en moque. Pour lui, ce qui comptait, c’était sauver un système. Il l’est (temporairement) alors tout va bien !
Cela donne une idée du monde dans lequel vit Monsieur Sarkozy. Même si nous nous en doutions. Il vit dans celui du CAC, de la finance. Il vit dans le monde de Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Bernard Arnault, Serge Dassault ou d’Agnès Cromback et Mathilde Agostinelli. Mais ce monde-là, monsieur le Président, ce n’est pas le nôtre.
Dois-je rappeler que, le 5 mai 2007, vous avez été élu par les urnes pour être, non pas le Président de la République de quelques-uns - les plus grandes fortunes de ce pays - mais pour être celui de TOUS les français.

Il est grand temps de sortir de votre monde, M. Sarkozy, et d’apprendre le nôtre. Celui des beaux leurrés. Pas des Bolloré.


[*] Pas une seule question qui fâche lors de cette causerie pré-enregistrée. Ou alors, quand, timidement, elles venaient, elles étaient prévenues par un sourire complice du “présumé” journaliste, œillade qui semblait signifier :
Excusez-moi de vous poser cette question, mon Nicolas, mais comme les gens se la posent …
Alors le Président se tortillait d’aise, gratifiant le questionneur d’un même sourire traductible :
Y’a pas de mal, Mâhâme Ferrari, ne soyez donc pas gênée, nous étions d’accord pour en parler de toutes les façons. N’ayez crainte, je vais leur sortir le baratin-à-la-con habituel …


Bonus : Puisque c'est ainsi, soyons désinvoltes ..

podcast



21 septembre 2009

Sans Solidarité, Point De Salut

Seule, La Solidarité ...

Il y a deux choses que l’on ne peut ôter à Didier Lombard, PDG d’Orange/France Télécom: la vie, car nous ne sommes pas des barbares néolibéraux, et … son humour.
Noir.
Ainsi, quand s’exprimant sur ce que les médias nomment ”la vague des suicides” au sein de son entreprise, il confie au Figaro en date du 15 septembre dernier que, je le cite :
Pour sortir de cette spirale infernale [1] nous arrêtons toutes les mobilités jusqu’au 31 octobre”.
Et là, tu me dis : mais où qu’il est donc cet humour noir que tu prêtes au PDG d’Orange ? … Ben dans le choix de la date ! Car si “toutes les mobilités” sont gelées jusqu’au 31 octobre, cela signifie qu’elles reprendront de plus belle le lendemain, soit le 1er novembre, jour de la Toussaint, veille de la ... Fête des Morts !
Drôle, non ?

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17 septembre 2009

De La Transparence, De L’Internet Et Du Totalitarisme

Une Représentation Du Buzz

Or donc, le 11 septembre dernier, répondant à une question de l’essayiste David Abiker portant, entre autre, sur la (sur)diffusion de cette vidéo, et plus particulièrement sur Internet, où Brice Hortefeux se dévoilerait tel qu’il est, voire tel qu’il pense, Henri Guaino, conseiller politique et nègre (auteur de cette phrase désormais célèbre “L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire”) nègre, disais-je, de Nicolas Sarkozy, répondit :

Je trouve qu’on rentre dans une société étrange dans laquelle on ne peut plus rien dire, plus rien faire … Vous savez, la transparence absolue, c’est le début du totalitarisme. La transparence, ça veut dire qu’il n’y a plus d’intimité, plus de discrétion, plus rien n’a d’épaisseur dans la transparence, à commencer par les êtres, d’ailleurs …

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16 septembre 2009

“Que Ceux Qui Aiment Dreamweaver, Les Pop Ups, Les iFrames, Les GIFs, Se Retirent”

... Merci Monsieur Lâm, ça f'sait longtemps que je n'avais pas autant ri …

13 septembre 2009

N’Ecoutez Pas Marie-Georges Buffet !

Fête De L'Humanité, 12 Septembre 2009

Il fait bien chaud, ce samedi 12 septembre, avenue Sacco et Vanzetti. Il fait trop beau pour être vrai, Fête de l’Humanité. Pourtant, c’est un succès qualifié de “populaire”. Et c’est exact. Elle est au rendez-vous, la foule. Elle bouscule, te marche sur les pieds, jamais ne s’excuse.
La foule des gens plutôt que celle des idées.
Elle erre, de Salvador Allende à Hô Chi Minh, parfois s’arrête pour manger, ou baffrer tarn-et-garonnais, auvergnat, péruvien ou marocain. Elle sort le verre fourni à l’entrée pour le remplir de bière, de vin ou de pisco. Elle arbore sur un t-shirt, rouge vif, le slogan vedette de la fête : “STOPPONS LA GRIPPE capitAliste”.

C’est un village international, multicolore, improbable. Un peu bancal. Où le Che côtoie Yasser Arafat et la langue des Stones. Où cette fille porte, dans son dos, un sac à l’effigie du Paris-Saint-Germain et une autre, plus âgée, aux couleurs de la LCL. C’est pas très communiste, ça, le PSG ! Et la LCL, encore moins. La LCR, j’aurais pigé. Mais il est vrai, qu’elle n’existe plus, la LCR. Elle est morte, enterrée, la Ligue Communiste Révolutionnaire, et avec elle, l’idée même de révolution. Elle a laissé place à une étrangeté, une incongruité nommée : le Nouveau Parti Anticapitaliste. Sans doute pour justifier de sa présence à des élections dites démocratiques. Ce leurre, cet enfumage qu’est le suffrage universel. Mais qu’en ont-ils à faire, des velléités révolutionnaires (d’antan), ces gens qui promènent leurs barquettes de frites entre la Grande Scène et le Village Numérique ? Qui sont-ils ? Où vont-ils ? Et pourquoi ?

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10 septembre 2009

Pour Le Meilleur Et Le Peer-to-peer

Good Day Sunshine Request

Or donc, pour M. Christophe Lameignère (PDG de Sony Music France et Président du SNEP – comme quoi, il n’y a pas que dans la politique qu’on trouve des “cumulards”) les opposants à loi Hadopi seraient des donneurs de leçonsn’ayant jamais rien fait pour la création”, mais ils seraient aussi, et “contrairement à l’image qu’on a du pirate romantique” des “voleurs à la petite semaine qui n’ont aucun courage” … [Voir la Vidéo]

.. Ça c’est intéressant, dis-donc ! Car cela signifie que, dans l’esprit de M. Lameignère, un opposant à la loi Hadopi est forcément un internaute qui télécharge illégalement de la musique, des films, etc.
A-t-il seulement imaginé, ce Monsieur, que l’on peut s’opposer à une loi juste parce qu’elle nous apparaît absurde, inique, liberticide, voire inapplicable ? Donc, sans être pour autant un “pirate” puisque tel est le mot (convenu et ridicule) qu’il emploie.

Nonobstant, et emporté par son élan (qui ne m’émeut guère) M. Lameignère considère comme “totalitaire” l’attitude des opposants à cette loi, les traitant même de dénonciateurs “planqués derrière” et un pseudonyme, et leur ordinateur. Et de conclure :
On ne peut pas avoir confiance en des gens qui dénoncent et refusent de s’identifier !”.
Comme quoi, les temps changent, M. Lameignère, car fut une époque, pas si lointaine, non seulement “on” faisait diablement confiance aux dénonciateurs anonymes, pire même, "on" les récompensait ! Car c’est bien à cette époque, et à ce genre de personnes malfaisantes, que vous faites, très élégamment, référence ; n’est-ce pas ?

M. Lameignère, je ne me “planque” pas derrière un ordinateur, mon nom réel est affiché en gras sur cette page dite virtuelle, comme ailleurs.

Je ne sais, qui plus est, d’où vous sortez cette image de “pirate romantique” - hormis de votre imagination pénible - ce que je sais en revanche, c’est que les romantiques, Monsieur, ils ont “branché leur destin aux abonnés absents” et que la musique, celle que vous produisez, souvent, trop souvent, au kilomètre, vous la vendez "comme du savon à barbe”.

Quant à la loi Hadopi, je m’en contrecarre le coquillard, et vous savez pourquoi ?
Parce qu’elle n’a aucune chance de passer.
Ou alors, vidée de sa substance. Et - pardonnez-moi ce jeu de mots facile - ce ne sera que justice. Son échec, vous obligera à faire preuve (enfin) d’imagination, de repenser l’industrie du disque, d’en créer une nouvelle, une plus belle, adaptée à son temps, bref, à vous sortir, et fissa, les doigts. Plutôt que de larmoyer constamment et de faire des amalgames honteux, qui de surcroit, vous dépassent.

M. Lameignère, je m’en vais vous raconter deux histoires. Vraies.

Celle d’un gosse de cinquième.
C’était un cours d’anglais. Automne 1974. Ce jour-là, pas de verbes irréguliers ni de devoirs à rendre, non, mais un documentaire en noir et blanc avec de la musique dedans. Une musique que je ne connaissais pas.
Je me souviens, ça faisait : “Gooooood day, suuuuunshine !” et je trouvais ça magique. A ce point, que je la voulais, cette musique.
Je la voulais ; je l’ai volée.
Oh, c’est pas ma faute, M. Lameignère, c’est une copine de classe (que je ne dénoncerai pas …) qui voyant ma détresse me dit que cette musique, elle l’avait, et que demain, promis, elle me l’amènerait.
Et voilà comment je me retrouvais “Revolver” à la main.
Et voilà comment, M. Lameignère, je fis ma première copie. Sur K7. Vierge.
Voilà comment, je privais Paul McCartney, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr, de quelques précieux deniers.
Bien sûr, M. Lameignère, vous ne pouvez pas comprendre, parce que vous ne l’avez jamais fait, ça, copier un album sur une K7, tant vous les respectez, les artistes. Mais quand bien même, je dois vous avouer que bientôt, des K7 de ce genre, j’en ai eu des centaines. Et des centaines. Et des centaines. Les jaquettes, je les faisais moi-même, et je vous prie de croire que je m’appliquais.
Cela dit, quand vint le temps des premiers salaires, je ne rechignais pas à garnir ma discothèque de 45 et 33 trs en bonne et due forme. Par centaines, itou. J’en prenais tout aussi soin que les copies K7, les protégeant jalousement du temps, de la pluie et de la rouille, à l’aide d’une pochette plastique.
Je me souviens que les maisons de disques, elles n’aimaient pas trop ça, les K7 vierges. Elles disaient que ça leur portait préjudice. Qu’elles perdaient de l’argent. Et leurs artistes, aussi.
Je me souviens que sur les K7, y’avait marqué Philips, Sony .. Tout comme sur les appareils permettant de faire des copies.

Un autre jour, quand j’étais grand, un samedi en pleine après-midi, mon domicile a été cambriolé. Ils ont tout pris. Du réveil-matin à la con à la chaine stéréo toute mini en passant par l’ordinateur à crédit. Tout, sauf un CD numéroté de Gérard Manset. Les cinq cents et quelques autres CD, ils les avaient emportés.
Toute cette musique que j’aimais, cette discothèque que patiemment je m’étais construite, envolée !
J’m’en voudrais, M. Lameignère, d’être bassement matérialiste, mais tout de même, y’en avait pour du pognon, et vous savez combien, ou plutôt à quel point, les assurances, le romantisme, c’est pas leur truc ; elles le remboursent pas, le romantisme, ces salopes  !
Alors, quand bien plus tard, j’appris que sur le Net, on pouvait télécharger de la musique, vous savez quoi, m’sieur Lameignère ?
Eh bien oui, j’ai voulu retrouver "ma" discothèque. Et je l’ai retrouvée. Ça m’a fait bizarre. J’étais comme un gosse de cinquième.
Mais j’ai pas tout repris. Le temps, comme la pluie, la rouille, étaient passés par là, et certains titres me plaisaient moins. Même, je les trouvais mauvais. Alors j’en gardais quoi ? Une centaine ! Une centaine sur, à vol d’oiseau, cinq mille.
2%, si vous préférez.
Ça fait pas bézef, n’est-ce pas ?
Mais ça donne une idée de ce que produit l’industrie du disque qui ne se moque absolument pas de nous.
Oh, je ne vous cache pas que j’allais bien au-delà de ma quête des albums disparus. Par le biais du peer-to-peer, j’en découvrais de nouveaux. Des raretés oubliées. Par vous. Des pépites introuvables en CD. Nonobstant, quand je tombais sur un album renversant, vous savez quoi, M. Lameignère ? - et pardonnez-moi de possiblement vous trouer le cul : je l’achetais ! Oui, Monsieur ! J’allais chez le marchand, et je filais de l’argent pour acquérir VOTRE produit. Et pour quelles raisons ? Parce que tout simplement, je le voulais, Monsieur, tant je le trouvais bon, beau, magique, essentiel.
Mais, entre vous et moi, ces albums-là, ne sont pas légion. Le gros de votre production se limitant à du savon à barbe. Alors, de grâce, n’abusez pas du mot : artiste. Ne l’utilisez pas à tout bout de champ. Comme un alibi. Ou un parapluie. Surtout en cette époque de “désastre culturel”.

Pour conclure, “cher” M. Lameignère, je voudrais vous dire que, quand on aime la musique, quand on l’aime vraiment, passionnément, croyez-vous qu’on puisse se contenter de l’écouter en mp3 ou mp4 (formats proposés sur le peer-to-peer) soit dans un son compressé, dégueulasse, immonde ?
La réponse est : non !
Quand on aime vraiment la musique, Monsieur, et quand bien même l’aurait-on téléchargée au préalable, on court l’acheter au supermarché du disque le plus proche, pour l’avoir, la posséder dans sa version sonore, pure, totale, pour en saisir, enfin, toutes les subtilités.
Encore faut-il, Monsieur, que la musique soit bonne.
Que ce soit l’œuvre d’un artiste, pas d’un camelot.
Or, des camelots, vous en avez des gratinés, dans votre catalogue, Monsieur ! Pour à peine, 2% d’artistes.

Ce ne sont pas les artistes qu’on pille, Monsieur Lameignère, apprenez-le, c’est votre opportunisme qu’on défroque.
Votre saloperie de savon à barbe.
Vos productions “à la petite semaine”.
Et basta !


Bonus track : à votre avis, M. Lameignère, pourquoi le groupe Radiohead (que vous rêviez de signer) a décidé de se passer de maison de disques ?
Petit indice chez vous : ce n’est absolument pas à cause des “pirates” …


podcast

08 septembre 2009

Le Virus De La Connerie

Le Vil Age De L'Enfance

C’était fin de matinée. Il était 11h47, et tout à coup je lui dis, je lui annonce que je dois sortir.
Elle me regarde, hébétée, comme sonnée, puis, me demande pour quelles raisons.
Je lui réponds que j’ai une carte à poster, ma mère, et pis que merde ! j’aimerais bien savoir à quoi il ressemble, le “nouveau” Libération.
- Et à ton avis, me dit-elle, il ressemble à quoi ?
- Oh, sûrement à rien, je fais. Mais c’est juste pour en avoir le cœur net ! [*]
Alors elle se précipite vers moi, me serre fort dans ses bras, me dit des mots que jamais encore elle n’avait prononcés.
Ah, j’vous jure que j’en avais l’estomac tout retourné, que j’ai bien failli renoncer. Mais non. C’était plus fort que tout, que nous, fallait que je sorte.
- Sois prudent, mon amour qu’elle a dit dans un sanglot.
J’ai promis que je le serais, qu’elle pouvait compter sur moi, que de toutes les façons, j’avais mon portable, que tout irait bien.
On s’est fait un signe de la main comme dans les films qui sont américains et, après un ultime regard, j’ai pris mon courage à deux mains, et je l’ai fait. Du domicile conjugal, je me suis extrait.

Chemin faisant, en moi-même je pensais que c’était misère de raser les murs par un si beau temps. Que ce serait tellement mieux de danser sur le bitume. Sourire aux passants. Dire bonjour à la dame. Seulement voilà, j’avais promis d’être vigilant. De faire gaffe. Quand bien même, il n’était qu’à 800 mètres, le marchand de journaux. La boîte aux lettres.

Tout allait bien, quand soudain, à mi-parcours, j’entendis des cris.
Je me dis que non, ah non, ça n’était pas possible, ça ne pouvait être ce que je croyais. Mais si. C’était bien ça ! Sur ma gauche, je la vis. L’école ! Avec en son préau, des enfants ! Des enfants par dizaines, hurlant et gesticulant ! Des mômes de même pas dix ans gigotant et courant ... EN LIBERTÉ !
Alors elle me prit, la panique. Et la colère aussi !
Une école ! … OUVERTE … ! En pleine pandémie de grippe A ! Non mais ça va pas ? Mais c’est de l’inconscience ! Un crime contre l’humanité !

Je me mis à courir comme un dératé en direction de la maison, sûr que j’ai dû battre un record du monde, celui du 280 mètres papillon à la course à pied, et je criais, criais, criais :

- Roooooselyne ! Putain Roselyne, vient m’aider ! J’vais choper la grippe porcine ! J’vais mourir ! … Aaaaaah … ! Mon Dieu ! Mais t’es où ? T’es où Brice Hortefeux et tes hommes en bleu ?

Tu es sortie, affolée. Tu m’as demandé ce qu’il se passait. Je t’ai dit que j’avais croisé une école, une école ouverte, avec tout un tas d'enfants en liberté. Que sans doute, il était trop tard, que déjà, j’étais contaminé de la tête aux pieds.
Alors vite, nous sommes rentrés, nous avons tout fermé, à double-tour. Sauf le chien. Qu’on a foutu dehors. Dès fois que.
J’ai dit que je boirais bien un petit verre de quelque chose pour me remettre de c’te histoire. Tu m’as accompagné. Et nous l’avons tuée. La bouteille de Paracétamol.

Puis, le silence s’est installé. Doucement.
Tu m’as regardé. Longuement.
Avant qu’elle n’augmente, tu as allumé une cigarette, et, dans un mouvement de cheveux, tu as dit :

- Dis-donc, Philippe, y’a comme une question qui m'vient, là ...
- Ah oui ? .. Et .. Laquelle ?
- Eh bien, je me demande si avec cette grippe A, tout ce ramdam médiatique, nous ne serions pas, par le plus grand des hasards, en train de devenir complètement cons ..
- Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
- Par là, je veux dire qu’on serait en train de nous inoculer le virus de la connerie, que ça ne m’étonnerait guère …
- Tu crois ?
- J’en ai bien peur ..


[*] Bingo ! Comme je le pensais, le "nouveau" Libération ne ressemble (quasiment) à rien. Ils ont juste changé la police de caractère …

07 septembre 2009

Le Pôle Emploi, Ca N’Existe Pas

pole-emploi.jpgEnfin m’y voilà. Au Pôle Emploi. Celui de Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne. Pas facile à trouver. D’ailleurs, j’arrive en retard.
Je m’excuse, précisant que je ne suis pas d’ici et que Mappy.fr, c’est du grand n’importe quoi.
La fille me sourit. Elle doit avoir l’habitude.
Elle prend ma convocation et j’hérite d’un numéro. Le 33.
Je vais m’asseoir, sagement, avec mon petit cartable noir, sur un siège bleu en plastique, et j’attends. Qu’on m’appelle. Je me dis que ça devrait aller vite. Ils en sont au n°30, bureau 10, et il y en a 17, des bureaux. Mais ça traîne. Alors je promène mon regard, à droite, à gauche.
C’est tout bleu et blanc. Un peu comme le logo de la radio France Bleu.

C’est impersonnel, triste et propre.

Un moniteur diffuse des images (que personne ne regarde) et du son.
En boucle.
“… Vous devez répondre à toutes les convocations qui vous sont demandées …” ça dit.
“… Tout au long de vos recherches d’emploi, un conseiller vous accompagne …” et sur un drôle de ton. Neutre. Voire absent. Infantilisant, à certains moments. C’est peut-être cela qui énerve, doucement, une dame. Il est 15h16 et elle avait rendez-vous à 14h20. La jeune fille explique qu’elle est seule (à nous accueillir) et que nous sommes “énormément” nombreux.
Elle se calme, la dame. Retourne à sa place. Et le ballet des convocations reprend.
… Certains d’entre vous ont droit à une allocation chômage” dit le moniteur.
- 42 euros par jour, monsieur ..
- Net ?
- Oui. Net …
Ça fait pas bezef. Ça m’en fiche un coup. 56% de mon salaire, à vol d’oiseau. Les temps ont "énormément" changé. Je me demande comment un (ex) smicard peut bien s’en sortir.

Ce que je prends pour ma “conseillère” n’est pas désagréable. Loin de là. Juste, elle me semble lasse. Elle tape sur son clavier et moi je remplis les feuillets qu’elle me tend. Je coche des “OUI” des “NON”, je soussigne et je signe. Peu de mots sont échangés. Mais je me dis qu’une fois cette paperasse expédiée, nous entrerons dans le vif, qu’elle me demandera ce que je recherche, comme emploi, si j’ai des pistes, des envies, afin d’établir “ensemble”, comme le disait le moniteur, un “projet personnalisé”. Mais pas du tout. Elle me demande si je suis libre mercredi en fin de matinée. Je réponds que oui. Et me voila cochant, soussignant et signant de plus belle.
- Voici votre dossier, me dit-elle. Il contient vos identifiants, votre avis de prise en charge, le montant journalier de votre indemnisation, toutes les informations dont vous avez besoin et votre convocation pour mercredi, 13h30, à l’ANPE de Saint-Maur-des-Fossés ..
- Ah parce que je .. Je ne reviens pas ici ?
- Eh non, Monsieur. Désormais c’est l’ANPE de Saint-Maur-des-Fossés qui s’occupera de vous ..
- Mais je ne comprends pas .. Ici, c’est ..
- C’est le service indemnisation, Monsieur ..
- Ah .. Comme les Assédic. Enfin, je veux dire, avant, ce sont les Assédic qui ..

Elle sourit. Et je comprends.

- Alors en fait, je poursuis, y’a marqué Pôle Emploi, mais je suis aux … aux Assédic ?

Elle me dit que oui. Elle va même plus loin, me confiant que ce logo Pôle Emploi c’est “juste politique”. Qu’en fait, cela fait des mois qu’ils auraient dû déménager. Mais ils sont toujours là. Voilà. Les Assédic existent toujours. L’ANPE aussi. Rien n’a changé. La fusion ANPE/Assédic n’a pas eu lieu. Le Pôle Emploi, c’est juste un logo qu’a coûté bonbon. Rien de plus.
Je suis sur le cul …

Alors comme ça, ce Pôle Emploi qui devait être un outil “réactif”, “efficace”, bénéficiant de “moyens considérables”, un exemple de réforme du gouvernement Sarkozy, ce Pôle Emploi, il n’existe pas !


PS : Tout de même, juste par curiosité, sortant de cette Assédic maquillée en Pôle Emploi, je me rendais à cette fameuse ANPE de Saint-Maur-des-Fossés. Indiquée comme telle, je veux dire sous le sigle ANPE, sur les panneaux de la commune.
Comme les Assédic de Saint-Maurice, elle porte le nom de “Pôle Emploi”. Mais en réalité, c’est une ANPE classique. La réforme n’a pas eu lieu.
Cela fait maintenant un an, que sur ce sujet-là, précisément, ce gouvernement nous ment ..

05 septembre 2009

La Police, Tu L’Aimes Ou Tu La Quittes !

La Police ? C'est Moi !

Ah quand il s’agit de fondre sur une petite journaliste de M6, le syndicat droitier de la police n’y va pas de mains mortes (oui avec un “s” tant ils y mettent leurs deux mains sales - et les internautes du Figaro.fr, à la nausée).
Mais quand il s’agit de défendre leurs collègues clairement insultés par le chef de l’État (« Ceux qui sont fatigués, au revoir ! » et pourquoi pas : « Cassez-vous, pauvres cons ! » pendant qu’il y est ?) de dénoncer une politique absurde, démagogique et populiste (celle du "Chiffre") ces jean-foutre ne pipent mot.
A croire qu’ils (les syndicats policiers) ne connaissent pas (plus) la réalité du terrain. A croire qu’ils ne savent (plus) rien du quotidien d’un gardien de la paix. D’un commissariat de quartier. Des objectifs surréalistes qu’on leur impose au nom du “Chiffre” (et pendant ce temps-là, les “voleurs” courent toujours ..)

Comment est-il possible de se taire, de ne même pas protester, quand le “président de l’Intérieur” dodelinant ridiculement des épaules, sous-entend, dédaigneux, qu’il y aurait dans la police des escadrons de feignasses ?
Comment est-ce possible, oui, quand le rôle premier d’un syndicat est d’assurer “la défense des intérêts des salariés” ? Fussent-ils au service de l’État.
Reste à savoir lequel.

D’État.

S’il s’agit de celui promis, soit une “République irréprochable”, alors, M. le Président, on ne se sert pas de la police comme d’un paillasson, on ne l’utilise pas à des fins politiques, électoralistes.
On ne l’insulte pas dans un rictus devant TOUT le peuple français.
On ne se conduit pas comme un chef de gang.
Un Parrain.
On ne traite pas leur ministre de tutelle de “mini-moi”.
De pantin. [*]
Si vous, premier homme de France, ne respectez pas la police, comment voulez-vous que nous la respections ?

En tant que citoyen, je ne veux pas d’une police robotisée, défilant au pas de la loi. La votre.
Je ne veux pas d’une police d’in-proximité, mécanique, caisse-enregistreuse de procès-verbaux ; je ne veux pas d’une police de comptables.
La police n’est pas un commerce. Ce n’est pas une échoppe où l’on fait son marché. De bulletins pour demain.
Et si la police n’est pas là pour être aimée, dites-vous, M. le sophiste, elle n’est pas là, non plus, apprenez-le, pour se faire haïr. Mais pour assurer notre sécurité.
Notre sécurité, ai-je bien dit, pas vos intérêts.

Et si, parmi eux, il y en avait, oui, qu’étaient VRAIMENT fatigués (et ne parlons pas, bien sûr, de celles et ceux dont on tait le suicide jusque dans leur commissariat) ne serait-elle pas due, cette lassitude, à sept longues années d’une politique absurde, celle du "Chiffre", un écran de fumée, négation du sens même de leur métier ?
Ne serait-elle pas due, cette fatigue, à Nicolas Sarkozy lui-même. Tant cet homme EST fatigant.
De démagogie.
De populisme.
De mépris.


[*] : «Avoir Brice Hortefeux comme ministre de l'Intérieur, c'est m'avoir comme ministre de l'Intérieur.» [Nicolas Sarkozy – 2 septembre 2009]

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