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02 août 2009

La Vie Revolving

Des Cartes Pour Te Hâcher Menu

Ils roulaient pas sur l’or, mes parents. C’était des fonctionnaires moyens avec un salaire moyen. Des locataires. Oh bien sûr, ils caressaient le rêve d’être, un jour, propriétaires. Seulement voilà, s’endetter sur 20 ans, comme ils disaient, il n’en était pas question. Plus tard, peut-être, quand ma sœur et moi serions partis. Quand ce serait à notre tour, de nous la faire, la vie.

Ils roulaient pas sur l’or, mais nous ne manquions de rien. Nous mangions largement à notre faim. Même qu’il fallait rien laisser.
L’été, on gagnait la mer. Rarement, la montagne. Pour un mois. Ferme. Et sous le sapin, celui de Noël, ils y étaient, les cadeaux. Pas toujours ceux que nous avions commandés. Mais ils y étaient.
C’était pas la grande vie, on espérait un tiercé dans l’ordre pour s’offrir du superflu, du pas ordinaire. Mais il n’est jamais venu. Ou alors dans le désordre. Ce jour-là, il a sorti les verres de compétition, mon père, ceux qui brillent et tout. J’eus droit de le goûter, du bout des lèvres, et pour la première fois, le vin de Bordeaux. Un grand cru. Ça m’a tourné la tête, un peu. Une torgnole, et c’était réglé. A nouveau, je filais droit.

Ils faisaient attention à tout, mes parents, question pognon, ils géraient au cordeau. Avec ce qu’ils palpaient, ils se démerdaient comme des chefs. Même l’essence, ils la brûlaient pas. Du coup, en bonnes gens de droite, ils en mettaient à gauche, au cas où. Un imprévu. Un coup dur. Comme la voiture. C’est que c’est pas éternelle, une Renault. Même si tu la bichonnes. Tu peux la faire reluire, l’astiquer tant que tu veux, vient le jour où elle te lâche, l’ingrate. La Renault 8 bleue, par exemple. Elle voulait plus rien entendre, la carne. Ou si peu.

Me souviens, c’était une après-midi de printemps. L’année de “La Belle Histoire” de Michel Fugain et de “Pour La Fin Du Monde” de Gérard Palaprat.
C’était 1972.
Nous étions tous les trois, ma mère, ma sœur et moi, perchés sur le balcon, celui qui donnait sur les garages, l’arrière du bâtiment.
Elle nous avait dits, ma mère, qu’une surprise allait arriver. Mais quoi ? Elle voulait rien lâcher. Elle répétait vous verrez bien. Alors on trépignaient. Sûr qu’une baffe a dû partir, histoire de nous calmer. Une seule. Ma sœur, elle était dispensée.
Et puis, enfin, elle s’est ramenée, la surprise. Elle était blanche. Brillante. Avec mon père, dedans. Fier comme Artaban.
C’était la nouvelle Renault, une 12 TL.
Alors on est tous descendus, excités comme des puces. On a dévalé les quatre étages, comme jamais. Avec des cris de joie. Planqués dans nos intérieurs.
On l’a vu de près, le trophée. Les yeux écarquillés.
Nous nous sommes mis à tourner autour comme des vainqueurs, des indiens qu’auraient mâté une diligence. Mon père, il disait de faire attention, que si l’un d’entre nous rayait la carrosserie, il allait la sentir passer, l’avoinée. Que c’était une voiture, bon sang, pas un jouet ! Et qu’il avait fallu trimer des mois entiers, jongler avec le blé, pour se l’offrir.
Et pas à crédit.

Des fonctionnaires moyens avec un salaire moyen, et pourtant, la bagnole, ils l’avaient payée comptant !

Aujourd’hui, c’est plus possible. Pour une caisse, même petiote, du genre discrète, sans options, tu te fades un crédit. 48 mois minimum.
Même pour un écran plat, tu mendies. T’appelles M’sieur Cetelem ou M’dame Cofidis.
Parfois, c’est juste pour te casser en vacances. Aller voir la mer. Respirer, un peu. Et même pas pour un mois. Deux petites semaines. Et encore !
Il est là, le malaise.
Le problème.

Nous sommes passés, consentants, sans même nous en apercevoir, d’une société où par nos salaires moyens nous pouvions, comptant, changer raisonnablement de voiture à une société où nous ne pouvons quasiment plus rien nous offrir de conséquent sans passer par la case crédit.
Aujourd’hui, l’argent que nous gagnons, chèrement, durement, ne sert qu’à nous endetter.
Alors bien sûr, les “besoins” ne sont plus les mêmes. Les priorités, non plus. C’est vrai.
Et alors ?

La vérité, c’est que, au fil des années, sous prétexte de chômage (“Y’en a des dizaines qui attendent dehors, qui seraient bien contents de l’avoir votre boulot, alors, doucement les basses .." – Refrain connu et bien pénible) de concurrence, de compétition, nous nous sommes faits rouler, pour ne pas dire piller.
Nous sommes (très) peu dans ce pays, aujourd’hui, à être payé convenablement. Au juste prix. A la hauteur.
Le salaire qu’on nous octroie, et faut voir, parfois, avec quelle mauvaise grâce, ça nous permet quoi ? Sinon, de subvenir à peine à notre malheur. Car c’est bien un malheur, en tous les cas ça y ressemble, que de taffer pour, au final, baver comme des cons devant les vitrines. Baver à telle enseigne, que ça te fait mal. Que c’est pas normal. Que merde, tu l’as bien mérité, non, cet écran ?
Alors tant pis, tu entres, on te sourit, on te dit oui, qu’il n’y a aucun problème, même que tu pourras commencer à payer QUE le mois prochain ; tu vois, tout va bien ! Sauf que non. Tout va mal. La vérité, c’est que l’argent que tu gagnes, il ne suffit pas. La vérité, c’est que les salaires n’ont pas suivi. Ils sont à la traîne. Depuis longtemps. A ce point, que florissent désormais des organismes de crédit qui te proposent de .. racheter les crédits que tu ne peux plus honorer. Le crédit sans fin. Jusqu’à ta mort. Va savoir, ils seraient même capables de te sortir de la tombe pour se rembourser, ces charognards !

On nous a volés, floués. Et voilà qu’en plus on se fout de nous en évoquant une valeur travail qui se serait barrée en sucette. Ah oui ? … Mais quelle valeur peut avoir le travail, quel est l’intérêt à travailler, si c’est pour être payé bien en deçà des réalités de l’économie dite "réelle" ?
Alors moi je veux bien en entendre, comme par exemple, qu’il n’y aurait pas d’autre système possible, que de le prétendre, c’est mentir, donner de l’espoir là où y’en a pas. Se moquer du monde. Des pauvres gens. Qu’il suffit de moraliser tout ce merdier, et tu vas voir, ça va repartir. Mais ça va repartir pour qui ?
Pour les banquiers et les organismes de crédit ?
Non merci !

Évidemment qu’un autre système est possible. Un autre choix de société. Une autre vie. Une vie au comptant. Et sans pour autant, rouler sur l’or.
Demain, celui ou celle qui nous la proposera, cette vie-là, un Parti, une vraie Gauche, alors là oui, nous lui accorderons, contents, notre crédit.


[Le débat est aussi sur Agoravox]

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Commentaires

C'est bien pour ça que la retraite va passer à 70 ans.
On a bossé, mais en oubliant chaque année de passer par la case "augmentation".

Écrit par : Yves | 03 août 2009

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Dans mes bras!!!
C'est exactement ce que je ne cesse de chouiner depuis des mois, mais bien condensé, bien amené : comment on s'est fait appauvrir malgré nos signes extérieurs de richesse en toc, que nos enfants et leurs enfants devront payer de leur sang!

Écrit par : Le Monolecte | 03 août 2009

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Revol...ver!!
Ces crédits sont des revolvers sur la tempe...!!!
A quand des consom'ACTEURS...qui se
Revol...tent ???
Les CARTES de crédit , Visa , American Express etc...permettent de jouer...à :
-- " Cash..Cash "... mais c'est le BANKSTER qui gagne Toujours !!!!
Socrate n'avait-il pas dit , déjà à son époque , en se prommenant sur un Marché :
"Que de choses Inutiles ..."
Les "Urbanistes" ont mis Hors des Villes les Usines , les Commerces ....
Pour travailler ...la majorité des salariés doivent utiliser leur véhicule ( sauf peut-être en Région Parisienne ...mais en passant 3 H mini A/R dans un métro + RER ..)
Pour faire ses courses il est "presque" obligatoire d'avoir un véhicule pour pouvoir bénéficier de prix corrects ...en achetant de la nourriture (presque)incorrecte.
Pour information quelques prix "catalogues" de petite voitures
-- Renault Twingo ...sans option (ni Radio , Ni clim (etc..) 10 900€
-- Fiat 500 (la "Petite Voiture "du Peuple de Fiat des années 50 ) certes "Relokées" vu de mes yeux vu chez le concessionnaire 14 200 € avec le minimum...!!
1 An de salaire (payé au SMIC ) est nécessaire pour se payer une voiture ...qui ne te permet même pas de rouler , confortablement , avec femme et enfants...!!!
La VRAIE crise est dans le Système d'Hyper-consommation qui a permis à la majorité des Français de Vivre dans le Confort...
Mais depuis la fin des années 90 , il devient trés , trés difficile de maintenir ce confort...

En même temps que tu touches ton salaire...le total des prélevements est de minimum 30%

Exemple : Un couple avec 1 enfant qui gagne à 3 800€ nets ( lui cadre moyen ,elle agent de maîtrise ) Donc ce couple de la classe Moyenne (au dessus du salaire moyen !!!!)
-- 100€ minimum d'abonnement de portable ...50€ chacun pour 2 heures de forfait.
-- 40 € d'abonnement pour le Net (c'est "presque" obligatoire de l'avoir)
-- 200 € de prélévememt d'impôt sur le revenu
-- 200 € d'impôts foncier et locaux ( dans le cas que ce couple soit propriétaire)
-- 200 € d'EDF et d'Eau (cela dépend , fortement , du prestataire)
-- 40 € d'abonnement à une chaine privée.
Total 780€ il manque 360€
Oui , je sais ...mais

Ce couple a t-il acheté sa maison "cash" , l'a t-il hérité de ses parents ???
Les 2 voitures (une petite pour madame ou monsieur , et une moyenne pour les "courses" et partir en vacance ) ont-elles été payées cash ???
Si oui ....passons au "confort intérieur" de leur maison ...
Cuisine Equipée cash ???
Salon , salle à manger cash ???
Chambres à coucher cash ???
Salle de Bain cash ???
Télé , Ordinateur cash ???

Pour avoir le minimum de confort décrit ci -dessus même en gagnant 3 800€ à 2 ce n'est pas évident.
Si les réponses sont oui à toutes les questions ci-dessus , il faut manger , se vêtir , se divertir , et surtout Eduquer ses enfants et avoir les moyens de Payer leur études si sont de bons Eléves....!!!

Si tel était le cas , les "Français moyen" seraient Heureux....
Mais malheureusement ce n'est pas le cas ....je VOUS laisse le soin de calculer ...!!!

"Etre riche , ce n'est pas avoir de l'Argent , c'est le dépenser à dit Sacha Guitry....dans le sens ou La Vie n'est pas ce que l'on Pense ...mais ce que l'on Dépense
Pour conclure
Napoléon a dit
"Le bonheur ce n'est pas avoir de dettes..!!!"

Quand pense nôtre NABOTléon du Pouvoir d'Achat ???

Écrit par : georges | 03 août 2009

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Magnifique billet ! Merci Philippe !

Écrit par : jeandelaxr | 03 août 2009

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C'est malheureusement la base des constatations qui poussent à la Décroissance plutôt que la Croissance sans limite.
Notre société est bâtie sur un modèle absurde reposant lui même sur :
1- L'obsolescence programmée de tout ce qu'on peut acheter (pour être sûr qu'on en rachètera... souvenons nous des cuisines de nos parents dont les merveilles technologiques ont duré plus de dix ans...)
2- La Publicité à outrance (pour convaincre le consommateur au cerveau éteint par TF1 qu'il faut acheter un truc dont il n'a pas forcément besoin....)
3- Le crédit (pour être sûr que ce consommateur ahuri aura de quoi acheter... et le lier pour la vie à nos organismes financiers qui ne visent qu'une chose : plus de pognon pour leur s actionnaires !)

Achetons nous donc un cerveau, un libre arbitre et libérons-nous de la dictature du Crédit (par un salaire décent, comme tu le dis si bien).

Merci pour cette belle visite de l'histoire en tout cas.

Écrit par : Baron Rouge | 03 août 2009

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Tout cela n'est pas arrivé par hasard. En lui donnant l'impression d'un pouvoir d'achat qu'il n'a pas en réalité, le crédit a ôté tout volonté de revendication au monde ouvrier et aux classes défavorisées. Il n'y a pas de légitimité ni de fierté à se battre pour réussir à payer les mensualités d'un écran plat. Le crédit masque, pour un temps plus ou moins long, la réalité de la pauvreté ou de la modestie financière. Avec la complicité des gouvernements. Comment expliquer sinon la passivité extrême, de droite comme de gauche, contre ces endettements revolving à la limite de la légalité (voire tout à fait dérogatoires à ce qui serait permis au vu des ressources exactes...)? Les facilités de crédit entraînent un esclavage volontaire aux systèmes bancaires qui musèle la contestation de masse en masquant dans une illusion le réel pouvoir d'achat. L'exemple vient d'ailleurs de haut à l'heure ou le pays peine à rembourser tout juste les intérêts de ce que les gouvernements doivent. La mort de cette économie virtuelle viendra du sommet ou de la base. Lorsque l'Etat ne pourra plus emprunter, ou lorsque le socle social privé de capacité d'endettement deviendra suffisamment large pour représenter une réelle menace de révolte. La changement viendra sans doute de la faillite de l'État ou de la faim du peuple. Comme toujours. En attendant le système perdure tant qu'il permet à la classe politique de toucher son cachet au spectacle du french cancan médiatique. Le crédit est la pierre philosophale de notre société. Pour la classe politique, de droite comme de gauche, l'essentiel est de maintenir le mythe le plus longtemps possible...Le crédit est l'opium du peuple...;-)

Écrit par : Marc Louboutin | 03 août 2009

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le crédit a le dos large ...

notre capacité à ne plus concevoir le désir que par l'acte de possession ... elle y est pour rien ?

on veut plus une bagnole comme outil de déplacement , nan, juste parcequ'elle est verte ...

on veut plus un téléphone parcequ'on en a l'usage, mais parcequ'il est SMART ... qu'il soit phone restant du domaine de l'accessoire ...

on veut une chambre à coucher qui en jette , comme celles qu'on voit sur M6 ... et dés qu'on y met les pieds on éteint la lumiére ...

la vanité de nos sociétés , on peut la résumer dans ces 50 derniéres années :

machine à laver hoover achetée en 1960 ... durée de vie 21 ans
machine à laver brandt achetée en 1981 ... durée de vie 15 ans
machine à laver noname achetée en 1996 ... durée de vie 5 ans ...

entre temps , elles ont été désignée , ont été envahies de centaines de programmes inutiles ...

pour satisfaire un besoin : ne plus aller laver son linge au lavoir ou à la riviére ... ou pour avoir l'impression d'être conforme à la norme sociale ?

le probléme est il du coté du pouvoir d'acheter des trucs pas franchement utile ?

j'ai comme un foutu doute ...

les 100 euros de téléphone portable qu'annonce le monolecte , c'est de l'indispensable ?
la cuisine équipée payée la peau des fesses chez monsieur conforty ... pour faire du 100% micro-onde ? est ce bien utile ?
les "meubles so désign" en faux agglo achetés à grand renfort de cofimachin à 21.9% et qui survivront pas au premier grand ménage de printemps ... y a pas d'éco-taxe dessus ... et pourtant , au bout de 3 ans , ça finit dans la benne déchets non recyclable de toutes les bonnes déchetteries en bas de chez vous ...
le portable dernier cri avec wifi pour pouvoir surfer de son plumard et pas assis à son bureau, qui durera le temps qu'il s'empoussiére ... et qu'on remplacera tous les deux ans pour cause d'obsolescence ... euh ...

pouvoir d'achat ? ou , il y a des difficultés de ce coté là, mais pas que ...

il y a aussi une société composée de petits oisillons jamais gavés , qui piaillent pour avoir toujours plus de "satisfaction con-summériste" ...

Écrit par : torquemada | 03 août 2009

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En effet, on peut se passer de téléphone portable. Personnellement, je m'en passe très bien.

C'est vrai que ce sont des profiteurs. Mais quand même on a une part de responsabilité. Et je crois que plus on est éduqué, plus on a une grande responsabilité. Un ignorant qui se fait avoir (il y en a), il se fait entourlouper, on est d'accord. Un ... comment pourrait-on dire le contraire d'ignorant ? Je ne sais pas... quelqu'un de prévenu qui se fait avoir a participé à sa propre perte, en cédant trop facilement.

Et non seulement sa propre perte, mais celle des autres. J'achète un écran géant et plat (utilité : aucune), je donne envie (par mon exemple) à d'autres de faire pareil. Je crée un appel d'air. Les early-adopters comme on dit, essuient les plâtres et font baisser les prix pour tous les pigeons suivants, dont la responsabilité décroit avec le nombre (ce n'est que mon avis).

Mais le moyen de s'en sortir ?

Écrit par : noelle | 03 août 2009

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@ Marc L. : Vous avez tout à fait raison, en théorie. On n'a pas besoin de tout ce qu'on nous fait acheter, et on ne devrait pas baver devant l'inutile qu'on ne peut se payer.

Le problème, c'est que tout ça, c'est de la théorie. La société de consommation est faite de sorte que la plupart des gens ont vraiment besoin de ce qu'on leur fait acheter, et qu'ils ne peuvent s'empêcher de baver.

Il ne sert à rien d'en appeler à la responsabilité individuelle si le modèle de société ne change pas. Le libre arbitre étant ce qu'il est, vous ne changerez rien de cette façon-là ; si : vous allez vous aigrir et maudir le peuple-crétin.

Le besoin, l'envie, ne sont pas des concepts dont le "bon" niveau est absolu et fixé une fois pour toute. Il est vain de dire : "qu'avez-vous besoin d'un portable, puisqu'il y a à peine 20 ans personne n'en avait !" L'ennui, dans notre société, ce n'est pas que les gens soient plus ou moins cons (ça, on n'y changera rien), mais qu'on leur impose un système absurde (surconsommation intenable) et déséquilibré (incompatibilité entre envies et pouvoir d'achat).

Écrit par : Alex | 03 août 2009

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2500 euros net par mois à 2 pour une famille de 4 personnes. Pas de tél portable, une (vieille) bagnole pour tout le monde, 800 euros de loyer, pas de "folies", pas de crédits (0, nada, quedalle) mais le couteau sous la gorge dès le 15 du mois.

Aïe.

Écrit par : Greg | 03 août 2009

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Je vais donner une précision qui va peut-être surprendre, mais parfois, le crédit, on le contracte pas pour s'offrir des choses. Ni pour partir en vacances. Ni pour avoir accès à du superflu. Ni parce qu'on est conditionné par une société de consommation forcenée. On le fait pour pouvoir bouffer.

Non, le téléphone portable facturé mensuellement n'est pas indispensable. On y renonce très facilement d'ailleurs. Non, on ne vit pas par et pour la possession.

Mais quand les salaires suffisent à peine à te nourrir, toi et tes gosses, ben le jour où il t'arrive une merde (ta bagnole crève et t'en as besoin pour aller bosser parce que tu vis en rase campagne... Ou tu perds ton taf et tes revenus baissent et tu creuses ton découvert même en bouffant que des nouillles... Bref toutes choses ne témoignant pas de goûts de luxe mais de soucis très pragmatiques), la banque ne te soutient pas forcément.

Alors ta vie, elle devient un peu revolving par la force des choses. Ce jour-là, t'as pas de portable, pas de home video, tu pars pas en vacances et quand ton môme te demande si on peut aller tous les 4 à la piscine, tu cherches une excuse météo parce que les 15 € des 4 entrées, tu les as pas, et pourtant, comme tu pars pas en vacances, la piscine l'été, ça semble sympa pour les mômes...

Tu rognes sur tout, tu coupes toi-même les cheveux qui poussent trop vite à ton goût sans passer par la case coiffeur parce que le coiffeur c'est un luxe, tu te rends compte que tu peux pas te faire livrer une pizza et quand tu reçois ta facture de flotte, tu sais pas trop comment tu vas la payer. Mais en fait, tu t'en fous de ces petits plaisirs, parce que tu vis très bien sans pizza, c'est pas la question.

Et tu positives tant que tu peux : tu te dis qu'y a pas de quoi pleurer dans les chaumières parce que t'as une famille, un toit sur la tête et qu'il y a des gens dans la rue qui ont bien moins que toi. Donc non, tu te la joues pas Cosette et même, tu gardes le sourire. Mais tu flippes, parce que dans six mois, tu sais pas où tu en seras.

Et comme ton taux d'endettement grimpe, tu boucles pas tes fins de mois. Donc tes opérations de base (prélèvement EDF, taxe d'habitation, abonnement fuel mensualisé, etc...), bref tous tes prélèvements automatiques, ben ils arrivent sur un dépassement de découvert même avant le 15 du mois, donc ils sont surfacturés par la banque en "commission d'intervention". Presque 10 € chacune.

Et quand tu fais tes courses, une fois tous les 15 jours à ED en faisant bien gaffe de pas déconner et d'acheter des trucs que tu cuisines toi-même, pas des saloperies préfabriquées (ça coûte trop cher), tu sais que l'opération te sera surfacturée aussi. 10 €. Le banquier attend que ton salaire arrive pour ponctionner les frais. Ca peut vite atteindre 200 € mensuels. Tes frais bancaires forment une spirale qui composent une ligne budgétaire nouvelle et prépondérante dans tes dépenses.

Tu démarches la banque pour trouver une solution, même, quand t'as senti que ça allait puer, tu l'as démarchée avant... T'as essayé de prévoir, de budgéter... Mais tu es un client rentable, toi le pauvre qui vis en revolving. La baisse de ton taux d'endettement ne l'intéresse pas, ton chargé de compte : pas rentable pour une banque. Tu travailles, donc tu rentres du fric. On peut te ponctionner. Alors tu trimes, encore et encore, pour engraisser tout ça : crédits, banquier, intérêts, frais... Tu te sens pris à la gorge, tu te dis que t'as pas d'avenir. Tu rêves d'un monde où chaque centime gagné te permettrait de bouffer, et de dormir en paix, parce que dans ce genre de situations, ton sommeil il est merdique. Tu angoisses, forcément. Mais tu bosses encore plus, pour essayer de combler le trou.

Jusqu'au jour où, avec un chèque en poche, tu décides que tu ne veux plus engraisser personne et que tu en marres de travailler pour nourrir la bête avide. Alors tu oublies que t'as une épée sous la gorge et tu vas démarcher des banques pour expliquer que tu bosses, que t'as de quoi normalement. Et que ta vie revolving, elle te plombe à petit feu et que ton banquier, il gagne sa vie à maintenir ta tête sous l'eau.

Le jour où tu trouves un banquier humain (et y en a), qui comprend ta démarche, tu regroupes, tu soldes, tu travailles enfin pour vivre, et pour tes gosses. Tu sais que tu vas pouvoir te permettre des luxes inouïs, comme accepter de les emmener à la piscine par exemple.

Mais depuis lors, tu sais que tu vivras dans l'angoisse que ça recommence, parce que t'es passé à deux doigts de la faillite totale. Et tu sais que même quand t'es pas coupable de goûts de luxe, que t'as jamais déconné, on vit dans une époque où juste vouloir bouffer et avoir chaud te met pas à l'abri de tomber dans le gouffre.

Alors je sais bien que certains déconnent avec le crédit. Mais y aussi des gens qui sont "limite" financièrement, juste à la lisière, et qui font super gaffe : mais pour ceux-là il suffit d'une ou deux grosses tuiles pour enclencher la machine infernale.

Je travaille depuis l'âge de 18 ans. Pas un mois de ma vie ne s'est passé sans que je ne gagne ma croûte. Ben j'ai connu ça quand même, la vie revolving. Avec, le 15 du mois, l'impossibilité de faire les courses, et rien à vendre pour rentrer de la fraîche. Parce qu'il y a eu un moment où pour manger, il a fallu faire appel à des usuriers puisque la banque avait prévenu qu'aucune opération ne serait honorée et refusait toute négociation.

Je recommande l'AFUB (pour faire extourner les frais bancaires abusifs, utiliser à bon escient certains articles du code de la consommation permettant de reporter des mensualités de prêt grâce à l'intervention du juge de proximité), et surtout, surtout, ne jamais se voiler la face et maintenir le contact avec les banques, si vicieuses soient-elle.

Et puis je recommande de toujours regarder sa merde bien en face. Pour ne pas se laisser ensevelir et pouvoir la quantifier. Les gens qui n'ouvrent pas les courriers de la banque, ça me panique. Mais quelque part, je les comprends. Parce qu'après des nuits sans sommeil passées à chercher une solution (bosser encore plus ? Vendre quoi ? Réduire sur quoi, sur le rien qui reste ?), j'ai pigé que ça pouvait te foutre en l'air, vraiment. Manquer de fric pour la bouffe et les nécessités de base, c'est un truc assez dément. Ca flippe à un point que j'imaginais pas. On se sent pris dans un étau.

Voilà, ça ne fait pas avancer le débat, je n'apporte aucune réflexion élaborée, je ne suis pas à même de théoriser ou d'analyser, je propose juste un modeste témoignage.

Je pense que si j'en étais encore à d'ailleurs, je n'aurais pas pu poster ce commentaire. La tête dans le guidon, on ne voit pas la route.

Désolée pour ce trop long commentaire. :)

Écrit par : Gaëlle | 03 août 2009

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Une douce nostalgie qui nous guide doucement vers la triste réalité d'aujourd'hui. Pas grand chose d'autre à ajouter à ce message utile et à ses commentaires nombreux et avisés...

Écrit par : Marin de Loire | 03 août 2009

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J'allais dire bravo pour ce billet, et puis ce commentaire de Gaëlle, qui vient mettre de la chair derrière ton plaidoyer, ce témoignage lucide, courageux, intelligent, élaboré contrairement à ce qu'elle dit, me bouleverse...
Tu as raison, la gauche devrait avoir une mission, une seule, une seule mais sans à peu près ni on verra plus tard, une mission de survie de l'humanité : c'est changer ce système de merde ! En sortir, pour redonner de la dignité humaine.
j'ai un peu honte, d'un coup, de ces vacances si légères que je passe en Hongrie...

Écrit par : Oh!91 | 03 août 2009

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Je vais faire ma vieille conne sans aucun AUCUN complexe :
Quand j'étais ado, étudiante, jeune flic (donc prolo sous-payé, n'est-ce pas..) on refaisait le monde. Jusqu'au bout des nuits. On parlait de ce qui se passait en Amérique centrale à cette épooque, on suivait la lutte d'Edmund Baluka aussi (Solidarnosc c'était lui, surtout lui, qui s'en rappelle..) on avait une conscience politique, civique, citoyenne, tout ça avait du sens. Rien d'autre ne nous concernait si ce n'était la marche et l'avenir du monde. C'était notre façon d'apprivoiser le monde. Stérile peut-être, mais concernée, curieuse, sensible, avertie.
Aujourd'hui, le débat c'est "Nike Air ou Adidas ?" le cannibalisme des marques, les idoles, la consommation pour exister...
On a la société qu'on se fait, AUSSI. En dehors de toute évolution économique.

Écrit par : bénédicte | 04 août 2009

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Bravo Philippe,

Je ne résiste pas au plaisir de repasser ici, en plus de Twitter, pour te dire combien ton billet me rappelle aussi mon enfance où mes parents vivaient pratiquement sans crédit en attendant d'avoir assez pour s'offrir leur télé ou leur voiture.

Cette obligation du recours au crédit oblige les gens à la fermer. Ils sont désormais TENUS toutes leur vie. L'assujettissement de l'individu à la monstrueuse machine économique libérale est une calamité !

Magnifique billet.

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | 04 août 2009

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j'ai pas tout lu les commentaires.
Je ne nie pas les difficultés que peuvent rencontrer trop de gens.
Mais je m'inscris en faux avec l'esprit de l'article : depuis 35 ans, le pouvoir d'achat a énormément augmenté, il suffit de comparer les prix des articles de consommation courante avec le salaire moyen. Même une bagnole, ça se comptait en "années de smig", aujourd'hui, en mois.
Le développement du crédit n'a pas servi à compenser une trop faible hausse des salaires, mais à favoriser la croissance, le développement de la consommation...
Ce qui a surtout augmenté, et qui met les gens dans la merde, c'est le périmètre de la consommation.

Écrit par : ELGEDEA | 04 août 2009

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@ ELGEDEA : Conneries ! Mais je désespérais d'avoir ce genre de commentaires. Il est arrivé. Alléluia ! Tu dis :
"Depuis 35 ans le pouvoir d'achat a énormément augmenté."
"Énormément", tu charries un peu. Mais le fait est que c'est vrai. Sauf que tu oublies un truc TRÈS important : c'est un chiffre. Une moyenne.
Pour QUI a-t-il augmenté le pouvoir d'achat, ELGEDEA ?
Pour qui, surtout, et effectivement, "énormément" ? Réfléchis bien ... Tu vois, ton raisonnement est faux. Tu as oublié que c'était une moyenne.
Et moi, je te parle de ceux qui font partie de la classe moyenne (qui est vaste, aujourd'hui, parce que y'a des moyens TRÈS moyens). Et là, ça se danse pas pareil.
Il faut savoir de quoi on parle.
J'en fais partie, moi, de cette classe. Je gagne 1700€ par mois. Une fois que j'ai payé mes impôts, ma taxe d'habitation, mon loyer, mon électricité, le gaz, ma bouffe, les transports en commun, le téléphone, Internet, et un crédit à la conso, il ne me reste pas grand chose. Ça, c'est la vérité, ELGEDEA. Je la vis, vois-tu. Et je ne suis pas dépensier. Quelques DVD (mon péché ..) de temps en temps. Un resto. UN aller-retour/mois pour voir ma douce. Je n'ai pas les moyens de partir en vacances (la dernière fois, j'ai dû appeler m'sieur Cetelem pour partir un peu loin d'ici ..). Ça fait deux ans que je ne me suis pas acheté de fringues. Et tu oses me dire que mon pouvoir d'achat a augmenté ?
Celui de Forgeard, oui. Mais le mien, non.


PS : Le pouvoir d'achat a "énormément" augmenté ... pour certains, oui. Début d'explication, ici :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/08/03/une-nouvelle-nuit-du-4-aout-est-necessaire_1225262_3224.html

Écrit par : Philippe Sage | 04 août 2009

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Je ne sais quel âge vous avez Elgedea ....mais je suis Père de 2 enfants...
-- L'Aîné 26 ans Bac + 7 a trouvé un Job en CDI (quel chance ) mais au SMIC soit net 1095€....Après son boulot ....Il rentre le soir et prépare ses concours catégorie A pour rentrer dans la fonction Publique.(Il est vrai qu'il est Hyper Diplômé en Histoire de l'Art...marché de l'Emploi peut ouvert...mais il est Passionné par l'Art !!! )
-- Le Cadet 22 ans aprés 4 ans d'apprentissage au sein des compagnons du devoir en tant que maçon , passe depuis 2 ans de boite d'Intérim en boité d'intérim ...en signant parfois des CDD de 3 mois ...Salaire pour une moyenne de 42 Heures par semaine 1295 € (prime de panier incluse)
Mes 2 Enfants vivent toujours à la maison ...tant il est facile de se loger , se nourrir , payer ses Impôts etc ...pour des JEUNES !!!!
Avant l'An 2000 un "Pôvre" pouvait avec 10Frs s'acheter un camembert et une baguette de pain....Est-ce possible en 2009 avec 1,50€ prix d'un baguette 0,90€...!!!!
Pour conclure depuis le passage à L'€ .....Il est 6,57 fois plus difficile de s'en sortir....
En 2000 , prix du'une baguette 2,50 Frs , aujourd'hui ...5,70frs...
Les Exemples seraient trop nombreux pour vous démontrer que la Vie est plus compliqué...avec des BESOINS SIMPLES !!!!!
Comme dirait "OMAR" dans son SAV ... ça fait mal , oui ça fait mal...!!!!
En 1981 je gagnais 8 500 Frs Net comme magasinier soit 1 295€ Net....
Qu'en est-il Aujourd'hui du salaire d'un magasinier....
Faîtes une Enquête dans vôtre entourage...et demandez quel était le salaire moyen en Francs dans les années 80...!!!!
Ce n'est pas le Pouvoir d'Achat qui a augmenté...ces les Prix qui ont baissé sur les Produits Inutiles et Augmenté pour les "Services" Utiles"...!!!

La Tête dans un four et les Pieds dans la glace un "Statisticien" vous dira que vôtre température moyenne est 37,2°....Donc que vous êtes bien!!!!

Quant aux chiffres donnés par ces mêmes "Experts" en statistiques ils sont ce que les lampadaires sont aux Ivrognes ...c'est à dire qu'ils leur fournissent un Appui plus qu'un Éclairage de la Réalité...!!!!

Écrit par : georges | 04 août 2009

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En tant que gestionnaire de contentieux, j'ai commencé à SMIC + 10% en 1979, je gagnais 4000 Francs brut par mois en 1981, 8500 Francs 10 ans plus tard, pour finir à 2508 euros brut par mois en 2007. J'ai 53 ans.
Comme dit Georges, avec le recul la vie m'était plus facile au début des années 1980. Faut dire que le début des années 1990 a vu un resserrement des salaires, notamment du à la rénovation des conventions collectives, et l'euro à partir de 2002 a compliqué les choses. Ce ne sont pas que le coût de la vie quotidienne qui a augmenté, ce sont aussi les loyers. Je suis à 750 euros par mois alors qu'il y a 30 ans j'étais à 500 Francs par mois. Je l'aurais su, j'aurais acheté mon logement de l'époque.

Au fait, Philippe, pourquoi n'es-tu pas monté à la capitale, je suis sûr que les Ruquier, Fogiel et consorts sont bien plus payés dans les radios où ils opèrent.

Écrit par : Yves | 04 août 2009

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A me Relire j'ai constaté que j'avais fait des fautes d'Orthographe..!!!
C'est comme le Pouvoir d'achat , ma mémoire pour écrire "sans faute" diminue ...

Encore pour Elgedea ...
"Les Moyennes , c'est comme le bikini . Ce qu'elles révélent est suggestif.Ce qu'elles dissimulent est essentiel . "

Écrit par : georges | 05 août 2009

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Le pire est que les "ELGEDEA" pullulent pour marteler "je vais bien, tout va bien" ! C'est sûr que lorsque l'on n'a pas de problèmes d'ordre financier pour vivre, on comprend difficilement ce que peuvent vivre ceux qui en ont !

Mes 3 gamins sont au collège/lycée, c'est affolant de voir ce qui règne en maître dans les cours d'école ... la société de consommation dans toute sa splendeur !
Ma fille qui, jusqu'à la fin de l'école primaire se souciait de ses vêtements comme de ses premières chaussettes est devenue quasi-hystérique avec son "look" depuis 1 an qu'elle va au collège... quand à mes garçons c'est à coup de portables, mp3 et autres technologies que la bataille "consumériste" fait rage entre "copains" !
Edifiant....

Et le clou de l'histoire c'est l'intolérance extrême qui règne, les clans, les rivalités, les vols, les peurs d'être exclus, rejetés parce que pas les bonnes marques de baskets ou de blouson, passer pour le looser, le ringard.... et j'en passe !!!!

Franchement je suis sidérée et très inquiète de voir les ravages que peuvent provoquer les pubs intempestives et poussant toujours plus loin les limites de ce qu'il faut présenter pour être au "top", contrebalancé par un vide sidéral sur les valeurs essentielles que sont la tolérance, la diversité...
Je passe de longs moments à essayer de canaliser et réfréner les envies des enfants, leur expliquer encore et toujours la manipulation, les buts mercantiles des marques et de leur pub, que l'on ne fabrique pas les billets la nuit pendant qu'ils dorment, que non, non, la carte bleue n'est pas un outil magique pour sortir de l'argent des distributeurs... mais que c'est difficile de leur faire entendre raison !

Nous avons des revenus moyens, mais pas de vacances et les yeux rivés sur les comptes pour ne pas offrir aux banques un peu plus pour s'engraisser sur notre dos avec des agios ou intérêts de découvert... on s'en sort tout juste à force de limitations de toutes sortes, mais je sais que le pire est que lorsque je regarde autour de moi, je constate que nous sommes encore relativement privilégiés !!!

Quant à la vraie gauche... franchement j'y crois de moins en moins, même si parfois une toute petite, petite, petite flamme vacillante au fond de moi me dit que quand même ce n'est pas possible, les français vont bien finir par se mobiliser, réagir, que tout n'est pas perdu...

Écrit par : Kahlan | 05 août 2009

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Bon... Je vais encore écrire une connerie, je le sens, je le sens... Mais il peut arriver qu'une connerie fasse avancer un débat. Pourquoi pas? Alors la voici, ma connerie : chacun rouspète, se lamente en petit comité. Ca ne sert à rien. On pourrait tout aussi bien parler de l'existence des extra-terrestres, ça aurait le même effet. Une chose est d'avoir des idées ou d'en parler, une autre est de faire. Des actes. Pas que du blabla. Mais où sont les actes? Ou à défaut d'actes, un investissement personnel en politique ou en syndicalisme afin de faire changer cette politique et ce syndicalisme en mourance. Ah mais oui mais non, s'investir demande du temps et du courage. Du temps car on est par monts et par vaux sur son temps personnel, du courage car les "patrons" démolissent les bonnes volontés citoyennes qui ne sont pas du bon côté de la barrière. Et pourquoi l'Etat et les "patrons" sont-ils les plus forts? Parce que la majorité des français applaudissent ceux qui montent au créneau pour eux mais crachent en douce ou ouvertement sur les syndicats et partis politiques. Ceux qui s'impliquent vraiment sont si peu nombreux... Il ne sert à rien de discuter avec son ordi ou sa télé. Il faut se bouger le cul. A défaut d'être efficace à court terme, on sait au moins de quoi on parle et l'effet boule de neige prendra à terme tout son sens. Pour obtenir des résultats, il faut agir et être nombreux et s'impliquer. S'IMPLIQUER. Pas juste constater en pleurnichant que rien ne va. Quand on ne s'implique pas, on est à la merci d'un chômage qui maintien en servage, d'un emploi qui permet de payer les crédits mais interdit de faire grève. Il arrive un moment où il faut choisir. L'écran plat ou une journée de grève. Ou descendre dans la rue quand la manif a lieu un samedi. Pffff, au moins ça. Eh bien non, même pas. C'est que tout ne va pas si mal que ça puisque la majorité ne fait même pas l'effort de prendre un peu sur son temps perso pour aller manifester un jour où cette majorité ne travaille pas. Imaginez tous ces mécontents qui défilent. Là, ils feraient dans leur froc, là-haut. Car ils ne voient que ça, ce qui est visible, quantifiable. Le reste, les mécontents qui restent dans leur coin, ils s'en fichent car ils savent que ces mécontents isolés (qui sont pourtant majoritaires) ne pèsent rien puisqu'ils sont représentés par rien en terme de poids politique ou syndical.

Mince, je vous laisse, je dois aller bosser pour payer mes factures :-)

Écrit par : pousse manette | 06 août 2009

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J'aime beaucoup quand tu racontes :-) et je m'offre le commentaire qui ne fait pas avancer le kiki, m'en fous.

Écrit par : Bougrenette | 06 août 2009

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@ Yves : Ben oui. Voilà ce qu'on nous propose : bosser plus longtemps. Et aujourd'hui (jeudi 6 août) de travailler une journée (de solidarité) de plus, gratuit ... Jusqu'où iront-ils ?
Puisque tu donnes ton parcours salarial (bravo ..) si j'enlève les boulots par-ci, par-là, j'ai commencé à 3600 frs/mois (net) comme .. mareyeur en 1983. J'avais plaqué Médecine pour faire de la musique, le groupe a explosé, j'ai pris le premier boulot qui venait .. 5500 frs comme animateur radio en 1985. En 1988, à Paris, tjs comme animateur, je passais "brutalement" à 11 000. En 1990, j'étais à 15 000 (sans compter les primes : 19 000 avec). Il est clair que la fin des années 80 et le début des années 90 ont été fastes. Après, ça a été la dégringolade (bien avant les 35 heures). Plus encore après le 11 septembre 2001 ...
Pour finir, la radio, c'est très aimable à toi. Tu cites des gens connus, reconnus. C'est flatteur pour moi. La radio, j'aime ça, mais .. [pffff] .. JOKER ! [Une autre fois, peut-être ..] .. Et d'ailleurs j'arrête dans une semaine (à moins que ..)

@ Georges : je voudrais encore une fois te remercier pour ta verve, ton originalité, ta ténacité.

@ Monolecte : finalement y'a du monde en août :-)

@ Baron Rouge : Ah, le thème de la décroissance. Il y avait une Parti de la Décroissance pour les Européennes. J'ai regretté de ne pas être en possession d'une carte d'électeur. Mais c'est ce Parti qui m'a donné envie d'y retourner.
Nonobstant, tu abordes d'autres thèmes (qui sont connexes) : la publicité. J'y viendrai. Comment on nous matraque. Et même si on veut y échapper, c'est presque impossible. J'expliquerai pourquoi dans un billet. J'ai eu la chance de côtoyer des personnes qui bossent dans ce secteur. Qui m'ont expliqué comment "ils" ciblent. C'est terrifiant. Même pire que terrifiant .. Ils vont jusqu'à cibler les femmes qui .. ont un cancer du sein !

[ A suivre ...]

Écrit par : Philippe Sage | 06 août 2009

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@ Marc Louboutin : Le crédit est plutôt le Graal (que l'opium) du système capitaliste. TOUS les pays sont endettés. Le Japon, le premier. La dette du Japon, c'est incroyable. Mais sans la dette, le crédit, pas de Capitalisme. Puisque c'est son moteur.
Cela dit, si les pays (et donc aussi l'État) s'endettent, sont autorisés à, il n'en va pas de même pour le citoyen. Si pour un pays il y a une dette utile (qui servirait à investir) et une dette toxique (???) en revanche, pour le contribuable, il n'y a qu'une seule dette. Et elle se paye au prix fort.
Oui, nous sommes peu ou prou des esclaves (ou des victimes). Dans ce système, un seul gagnant : les grandes banques (américaines, suisses, luxembourgeoises). Tous les autres sont des perdants.
L'État, enfin les pays, pourront toujours emprunter. Oh si. L'argent n'existe pas, Marc. Seul, le système compte ...
La plus belle arnaque de tous les temps, c'est de nous faire croire que l'argent a une valeur, alors qu'il n'existe pas. S'il existait, l'argent, alors le Japon aurait disparu. Depuis longtemps. Les États-Unis, aussi. Ceux qui croient en l'argent, qui basent leur vie sur lui, n'ont rien compris. Ils passent à côté de leur vie. Et on en a qu'une.

Écrit par : Philippe Sage | 06 août 2009

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@ Torquemada : Bien tenté. Mais le problème n'est pas là. Remonte la chaîne. Tu es celui à qui on montre la Lune et qui regarde le doigt qui la montre.

@ Noëlle : s'il n'y avait que les "ignorants" qui cédaient ... Mais non, justement.
Le moyen de s'en sortir ? .. A part la révolution, je ne vois pas ..

@ Alex : C'est ça. Il faut changer de modèle de société. Je suis d'accord.

@ Greg : Ben voilà. Tout est dit. La classe moyenne est là. Et elle dit : aïe !

@ Gaelle : Oui, oui, oui ! On contracte un crédit, aussi, pour pouvoir bouffer. C'EST VRAI !
Je te remercie pour ce commentaire, qui n'est pas long, mais exemplaire. Je sais, sur les blogs, faudrait faire court. Mais ici, non. Surtout pas. Ceux qui veulent faire court, n'ont qu'à camper chez Twitter (que j'apprécie, cela dit, c'est une mine, un autre exercice).
Ah les banquiers, quand tu leur expliques, simplement, que voilà, t'es dans la merde. Et que si en plus, ils te facturent tes dépassements, mais merde, tu vas crever. Rien à faire. C'est à se taper la tête contre les murs. Ceux qui ne l'ont pas vécu (et pas besoin d'être sous crédit, juste avoir perdu son emploi) ne peuvent pas comprendre. Ça dépasse tout .. C'est pire que tout. Quant à tes connaissances, t'as l'impression de les emmerder. De sentir mauvais. Sauf un. Mais si ce "un" n'existe pas, tu plonges .. Il faut le savoir.

OH!91 : Le problème, c'est quelle Gauche ? Pas le PS, il est à droite. Ou au centre-droit. Reste qui ? Le NPA ? ... Il va falloir qu'il se muscle, sinon ...

@ Bénédicte : tu as beau essayer, tu ne seras JAMAIS une vieille conne. Cependant, je ne suis pas d'accord (aaaah : va y avoir du sport ce WE ...) Non, on a pas la société qu'on se fait. Ni celle qu'on mérite. On est juste "fucked". Je parlais de révolution, plus haut, mais sur un ton badin. Il faut sortir de France, comme tu dis. Le "problème" n'est pas la société française, mais la société mondiale. C'est la même. Globalement (Burqa ou pas). Et là, c'est terrifiant. Ok, y'a Chavez. Mais qui le suit ? C'est ça qui parle. Personne. Et nous (les milliards de "fucked") ? "Ils" nous tiennent. Qui renoncera au peu qu'il a pour changer de modèle mondial ? C'est beau, un Jean Moulin, mais c'est mort. Plus personne ne veut mourir, aujourd'hui, pour que les autres, ceux qui suivront, soient libres. Pourquoi ?

NRV alias Cui cui : Voilà. Nous sommes d'accord sur le terme : TENUS. C'est terrifiant.

Écrit par : Philippe Sage | 06 août 2009

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Bon, peut-être que je suis complètement à côté de la plaque, mais, ne devrions-nous pas prendre en compte:

1. Que la France a un système de sécurité sociale (qu'elle soit jugée bonne ou mauvaise), ce qui justifie un peu la taxation élevée qui résulte en un salaire final bas. C'est du donnant-donnant. De la sécurité. En cas de chômage, en cas de maladie, etc. Dans les pays sans sécurité sociale, l'impôt est bas peut-être, mais le danger de se retrouver à la rue en cas de perte d'emploi ou de maladie grave est grand.

2. Le niveau de vie moyen de la France est beaucoup trop influencé par la télévision (films, émissions, publicités). Faudrait arrêter de vouloir toujours le dernier modèle de voiture/télé/ordi/gsm quand l'ancien marche toujours. Et comme d'hab, il faut faire attention à ne pas vivre au-dessus de ses moyens. Bien sûr, là, j'exclus les gens qui ont du mal à payer "l'essentiel"... sauf si ce "strict minimum" parle de rembourser des dettes (qu'il fallait pas faire dès le départ), de câble télé, de factures de téléphone élevées dues à une utilisation non-professionnelle abusive, et à la limite (aïe, pas taper!) des frais de vacances à l'étranger.

3. La richesse actuelle de la plupart des pays occidentaux se base sur l'esclavage moderne des dix/vingt dernières années des pays en voies de développement (Japon, Corée, Inde, Chine, etc.). Ce n'est pas moi qui dis ça, mais des économistes. Ces derniers disent que l'Occident doit se resaisir et bosser plus (surtout les Américains) s'ils veulent maintenir leur niveau de vie actuel. Les pays que j'ai cité n'offrant plus une main d'oeuvre aussi basse qu'avant pour les pays occidentaux, tout devient plus difficile en Occident. N'oublions pas aussi que les Asiatiques travaillent beaucoup plus d'heures (jusqu'à trois fois plus) que les Français pour un salaire équivalent (je tiens compte ici du niveau de vie local), et là, je ne parle pas de métiers de misère dans des usines, je parle bien des métiers normaux. Et bien sûr, une éducation chère dès l'école primaire, le travail tous les samedis, juste 2 semaines de vacances en été, et pas de sécurité sociale.

Écrit par : Jean-John | 07 août 2009

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Les banques créent de la richesse et créent également des endettés. Vendre du revolving à 16,90 % en omettant souvent de parler du crédit conso à 4,5 %, c'est criminel, et pourtant ça se déroule quotidiennement dans les agences bancaires car la pression commerciale y est intenable. Foutu système...

Écrit par : Fran | 20 août 2009

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