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30 juillet 2009

Nicolas Est Parti. Robert, Lui, Toujours Pas !

Carla & Nicolas Au Cap Nègre

C’était un lundi. Le 8 décembre de l’année dernière. Dans la salle des fêtes de l’Élysée, on fêtait le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Ce jour-là, cet homme qui se targue d’avoir “le devoir d’agir quand y’en a tellement qui ont le devoir de parler” [1] s’est avancé, solennel, mais avec toujours ce sourire, énervant, cette grimace qu’il ne parvient jamais à réprimer, et, dans un mouvement d’épaule, il a dit :
Il doit partir”.
Rama Yade [2] celle que l’on pria de
se taire un an plus tôt, quand la France déroulait tapis rouge, macarons et Garde Républicaine pour accueillir le Colonel Kadhafi, de toutes ses mains, applaudit.

Ce lundi-là, le 8 décembre 2008, c’est au président du
Zimbabwe, Robert Gabriel Mugabe, que le chef de l’État et président intérimaire de l’Union Européenne [3] s’adressait. Lui donnant même au passage, à ce dictateur africain, du “Monsieur” [4].
Il était bien temps de s’en préoccuper, du Zimbabwe de “Monsieur”
Mugabe.
Ce pays qui fut le “grenier à blé de l’Afrique” rongé par la famine, dézingué par
le choléra, la tuberculose et le Sida.
Un pays privé de tout, de liberté (y compris de la presse) un pays où l’on musèle, torture et assassine.
Oui, il était grand temps de s’en inquiéter, quand bien même pourrait-on regretter qu’il faille attendre un “anniversaire” pour le faire. Mais tout de même, l’on se disait que si le “
libérateur des infirmières bulgares” [ … silence poli ..] tapait du poing sur le pupitre élyséen, oui, si l’homme qui, le soir de son élection, promettait d’être toujours aux côtés de “ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures” s’y mettait (enfin) alors, va savoir, y’avait peut-être un espoir pour le peuple zimbabwéen !

Seulement voilà, près de 8 mois plus tard, “Monsieur”
Mugabe est toujours au pouvoir. Et n’a pas l’intention de le lâcher. Et ce fanfaron “vagal” tançant ceux qui, à ses yeux, n’ont qu’un seul devoir, celui de parler, vient subitement de les rejoindre.
Tant pis pour les zimbabwéens, pour lesquels il n’aura, en définitive, rien fait, sinon leur laisser à penser que, pour le leur ôter, une fois les bougies soufflées.

Robert est toujours là.

Nicolas, lui, est parti.
Au cap Nègre.


[1] C’est ce qu’il disait le 5 février dernier : “J’ai d’abord le devoir d’agir .. Y’en a tellement qui ont le devoir de parler, faut bien qu’il y en ait un qui ait le devoir d’agir” [Émission “Face à La Crise”]

[2] Rama Yade qui eut cette phrase incroyable et assez révélatrice : “Si je suis là, c’est parce que UN HOMME l’a souhaité ..” [Dimanche 2 Novembre 2008, France 5, dans feue l’émission “Riposte”]

[3] Mais aussi Président à peine caché de l’UMP, des Hauts-de-Seine, de France-Télévisions, de France-Inter, du CSA, de l’ouverture et du
redécoupage électoral

[4] C’est une manie chez Sarkozy de donner du “Monsieur” aux dictateurs et autres tyrans.
Par exemple, le 5 février 2007, dans cette vaste rigolade intitulée “
J’ai Une Question à Vous Poser”, il parlait de …. Monsieur Hitler ! [“D’abord monsieur, le fait que le président iranien ait été élu le rend pas respectable pour autant ! Je rappelle que Monsieur Hitler a été élu !” – Nicolas Sarkozy]


RAPPEL : Selon Que Vous Serez Un Dictateur Africain Ou Nord-Coréen ...

27 juillet 2009

J’Aime Pas La Transparence !

Ca Va, Je Garde La Main ! [Photo G. Fuentes/REUTERS]

J’aime pas la transparence. D’autant plus en vacances. Or moi, quand j’me mets au vert, j’aimerais bien être peinard, tu vois ? .. Me suis quand même pas tapé des bornes par kilos de mètres pour être dérangé toutes les cinq minutes, nom de Dieu ! … Mais bon sang de bonsoir, où qu’y faut aller pour l’avoir, la paix ? .. Siroter tranquille à penser que c’est la quille décontracté des espadrilles … Non mais c’est quoi ce merdier ? C’est quoi cette transparence qui vient nous pourrir NOS vacances ? Déjà qu’on les a pas eues gratis. Crédit revolving et tout le toutim ... Ah merci ! Vous me la copierez, la transparence ! .. Quoi ? Quoi ? ... Tu vas pas me dire que t’es pas au courant, non plus ! ... T’as l’autre mariole qui tourne de l’œil, qui nous fait un malaise du dimanche, et vlan, on t’informe toutes les cinq minutes de l’état de santé de sa majesté ! … Impossible d’y échapper ! ... Même dans la feuille de chou locale y t’en font un roman ! ... J’t’en foutrais, moi ! … Et la paix, c’est quand ? Que vous nous la foutez ? .. Est-ce que j’alerte la populace, moi, quand je bagotte ou glaviotte ? .. Non mais ! … Alors y suffit qu’un tyran fasse dans l’évanouissement pour qu’on te mobilise toute la presse de c’pays, stagiaires compris ? … Oh pis faut voir les communiqués ! Ça c’est de l’info, coco :
Le président va bien !”, “Le président devrait sortir demain !”, “Le président a passé une bonne nuit”, “Carla Bruni-Sarkozy fait coucou aux journalistes”, et puis quoi encore ?
Tu me diras, depuis la mort de Michael Jackson, on a comme qui dirait perdu le sens de la mesure, mais tout de même ! Ça dépasse l’entendement ! .. Comme dirait l’autre, on a repoussé les limites ! Manque plus que Benjamin Castaldi pour animer tout ce bazar et la Voix-à-la-con qui conclurait les reportages par : “C’est tout pour le moment !” ..
Y s’rait à l’article du décès, le sportif du dimanche, à la limite, j’comprendrais ! .. Mais là ! .. Un malaise sans perte de connaissance et on te déplace la France entière ?!? Et au nom de quoi ? Au nom de la transparence ! .. Eh ben ! Qu’est-ce que ce serait si le margoulin y s’était pété le tibia ? .. On nous y ferait des croquis dans le JT, on convoquerait le gratin des médecins, on organiserait des débats télévisés “Pour ou contre le tibia ? et quid du péroné ?” … Et j’te fous mon billet qu’on nous dresserait la liste de ceusses qu’auraient signé sur le plâtre de son altesse ! … Même si on connaît leur blaze : Allègre, Lang, Valls, enfin bref, tous les cocus de l’ouverture ! .. Encore heureux que Lefebvre et Cie n’aient pas attribué le malaise présidentiel à l’anti-sarkozysme primaire ! Suis même rudement étonné qu’ils ne l’aient pas osée, celle-ci !
Reste que moi, qui suis le bon sens populaire incarné, j’dis qu’y a anguille sous Stephen Roche quand un type dont on nous serine toutes les cinq minutes qu’il va bien, passe une nuit à l’hosto. L’hosto c’est pas fait pour les gens qui vont bien. Ou alors, c’est l’hosto qui va mal. En même temps, ce serait pas du genre étonnant, vu que c’est la Bachelot qui tient la boutique. C’est vrai qu’il y a de quoi avoir le traczir ! .. Pourvu qu’il nous fasse pas une bonne petite grippe H1N1 par dessus son malaise ! Non parce que là, c’est matin, midi et soir, nuits comprises, qu’on nous informe !
Mais à ce niveau-là, c’est plus de l’information, c’est du traitement de choc, comme si c’est nous autres qu’étaient malades ! .. Mais on va bien, putain ! .. Alors remballez votre transparence, vos micros, vos caméras, et les supputations à la petite semaine qui vont avec ! .. Tu crois que ça va changer notre quotidien de savoir que le président il a quitté le Val-de-Grâce à pied dans un costard bleu ? .. C’est de l’info, ça ? Ou du commentaire sorti tout droit du Carré du Louvre ? … Et d’ailleurs pourquoi qu’y z’ont pas exhumé la momie pour commenter EN DIRECT la sortie du “petit corps malade” ? L’aurait été parfait, dans cet exercice, Jean-Claude Narcy ! Ça le changerait des enterrements et de la patrouille de France ! … Et d’ailleurs, maintenant que c’est fait, qu’il a regagné la Lanterne flanqué de sa dulcinée qu’a dû se fouler un bras, si c’est pas les deux, tellement elle en pouvait plus de faire “coucou” à tous les gratte-papiers que comptent ce pays, vous pensez la mettre en veilleuse la transparence, ou vous allez jouer les prolongations ? … Parce que si c’est le cas, prévenez-moi, que je prenne mes dispositions ! J’connais un p’tit coin en Ariège, où qu’y z’ont ni la télé, ni Internet, ni rien. Et ça me dérangerait pas plus que ça d’y finir mes congés !

Putain de transparence. Ça te les fout en l’air, les vacances. Plus moyen d’être tranquille. Plus moyen d’oublier. De bander quand on aurait envie de bander.
J’aime pas la transparence.
J’préfère l’opacité. Au moins là, t’es peinard. On vient pas te déranger pour un bobo à la noix. Pour un œil qui bat de l’aile. Un cœur qui s’emballe. Et pis, au temps de l’opacité, peut-être qu’on était moins informé, mais on avait presque du boulot, des thunes miniatures, un avenir, même s’il était en pointillé, ça nous allait. On faisait pas les mijaurées, on se démerdait.
Depuis que c’est la transparence, ah ça, pour être informé, on l’est, informé, mais on a plus de blé, tous gravement menacés par le Pôle Emploi, et l’avenir, tu peux t’asseoir dessus. Tu parles d’un cadeau empoisonné, c’te transparence ! .. Tu vois où ça nous mène ? .. Parce que le vrai malaise, il est là, il est quotidien : on nous gave d’infos, comme des oies, ras-la-gueule, des infos qui n’en sont pas, et pendant c’temps-là, on te dévalise, on te délocalise ; on te vide ton Livret A, on te taxe carbone ; on te moleste, te disperse, t’énuclée, mais ça, on en fait pas des caisses, on nous tient pas au jus minute par minute, on s’inquiète pas de notre santé à nous, qui pourtant chancelle et brinqueballe. Notre malaise, il intéresse personne. Y fera pas la Une du Figaro. Ni celle du JT de Pernaut. Tout le monde s’en fout de notre malaise. On pourrait crever, seul, dans un vestiaire, ce serait du pareil au même.

L’opacité pour nous, la transparence pour Lui.
Cette transparence-là, elle me donne envie de gerber.
Vivement la rentrée, qu’on foute le feu, le malaise pour de vrai.

19 juillet 2009

Le Flash-Ball Entre Quatre Yeux

Discussion à bâtons (et matraques) rompus à propos d’une arme « non-létale » nommée « flash-ball » entre Bénédicte Desforges, lieutenant de police, et Philippe Sage, gauchiste free-lance.


Tir à Vue.jpgPS : Avant d'entrer dans le vif (un œil perdu suite à un tir de flash-ball) et considérant que cet entretien sera rendu public, allons-nous procéder comme Martine (Aubry) et Manuel (Valls) soit nous tutoyer allégrement tout en nous gratifiant à tout va de « Ma chère Bénédicte » et de « Mon cher Philippe » ou restons-nous à distance réglementaire, s’il en est ?

BD : Puisqu’il nous faut commenter l’actualité avec dérision et mauvaise foi, que je te vois bien parti dans cette voie, et que je suis en mesure – j’ai déjà le doigt sur la détente - de tirer en-deçà de la distance règlementaire, je veux bien prendre le rôle du flic qui tutoie systématiquement. Ça te va ?

PS : Disons que je prends le risque de t’accorder ma confiance, aveugle il va de soi.
Or donc, dans la matinée du 8 juillet dernier, à Montreuil, sur ordre de la préfecture de Seine-Saint-Denis, une quinzaine de personnes (des squatteurs) sont évacués des locaux d’une ancienne clinique. Apparemment, sans heurts, ni brutalités. Le soir même, une trentaine de personnes organise un dîner qualifié de festif (trois immenses tables de gnocchi) sur la voie publique. Ils protestent « pacifiquement » contre la fermeture du squat et l’expulsion de ses occupants. La police intervient. Cinq personnes ont été touchées « toutes au dessus de la taille » par des tirs de flash-ball. L’une d’elles, Joachim Gatti, a perdu un œil …
Ce que je ne comprends pas, dans ce cas précis, c’est l’utilisation du flash-ball. En quoi, se justifie-t-elle ?

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19:08 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : flash-ball, joachim gatti, montreuil, police, igpn, igs, bénédicte desforges | |

06 juillet 2009

Lettre à M. Sarkozy Chantre De L’Ouverture [Surtout Celle, Dominicale, Des Magasins]

Dessin de Charb [Extrait de "Attention ça Tâche"]

Or donc, il l’a dit, Nicolas Sarkozy, il ne s’arrêtera pas là.
Il va continuer.

L’ouverture.

Mais comme à Gauche, enfin au Parti Socialiste, c’est plus possible, vu que les socialistes ils sont plus morts encore que François Mitterrand, c’est désormais de l’ouverture des magasins, le dimanche, dont il va s’occuper.

Pour la justifier, cette ouverture, le 30 juin dernier, notre Président prenait pour victime, madame Obama et tout son tralala :

Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand madame Obama veut, avec ses filles, visiter les magasins parisiens, j'dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ?” [Nicolas Sarkozy, Paris, La Défense - mardi 30 juin 2009]

Ne pouvant décemment laisser cette interrogation présidentielle sans réponse, je me mis au travail, et me fendis d’une lettre dans laquelle, je l’avoue, je me laissai brutalement, et Dieu sait pourquoi, gagner par un cynisme sans égal, enfin quoique, pas plus inférieur, ou épouvantable, que celui de M. Sarkozy et de son obligée patronale, Mme Parisot …


Non, M. le Président, ça n’est pas normal. C’est même un scandale ! Enfin quoi, vous, l’époux de la première dame de France, en être réduit à appeler des boutiques afin qu’elles puissent satisfaire, un dimanche, les besoins de madame Obama et ses filles ! Mais que votre tâche est lourde, "proprement inhumaine" !
Oh bien sûr, je les entends déjà, les esprits mauvais, persifler, se demandant comment vous avez pu "avoir" au bout du fil une boutique … fermée !
Non de grâce, ne vous abaissez pas à leur répondre, d’autant plus … qu’ils ne se sont même pas, les cons, posés la question. Au cas où, laissez le fidèle Lefebvre s’en charger.

Nonobstant, M. le Président, je voulais, sur ce dossier, celui du labeur dominical, vous assurer de mon soutien, vous dire que je suis derrière vous, à fond et à 172%. Car oui, il n’est pas normal que dans un pays rongé par le chômage, la précarité et les déficits, le magasin soit, le dimanche, fermé aux riches et autres nantis.
Il est grand temps, M. le Président, que les salariés de c'pays comprennent que pour sortir la patrie de l’ornière où vous l’avez mise, il faut, comme on dit, du cul se sortir les doigts. Sinon, dans la merde, on restera.

M. le Président, paraphrasant Guaino, votre nègre attitré et flamboyant, en vérité je vous le dis, j’aime mon pays, mais le drame de la France, c’est que "l’homme français" n’est pas assez entré dans l’histoire. Celle de l’ultra-libéralisme. Et c’est par le dimanche, votre altesse, que "l’homme français", à commencer par l’hôtesse de caisse, y entrera. Et sur une base humaine, juste, mais ferme : celle du volontariat.
Humaine et juste sur le papier.
Ferme (ta gueule et bosse) dans la réalité.

Je sais, mon souverain, ici où là, des voix s’élèvent, rouspètent, arguant qu’il est sacré, le dimanche, qu’il ne faut point y toucher ! Mais dans quel siècle vivent-elles ! Et dans quelle République ! Enfin, nom de Dieu, ne sommes-nous pas dans un pays laïc ?
Et quant à ceux qui, égoïstes, viendraient nous dire que le dimanche, c’est le jour où, autour d’un gigot et quelques fayots, la famille décomposée enfin se réunit, ont-ils seulement, les cuistres, pensé à l’avenir de leurs enfants, à la dette abyssale que nous leur léguerions si nous nous arcboutons sur des acquis sociaux d’un autre âge, refusant d’ouvrir, le dimanche, à l’argentée populace, les magasins des grandes surfaces !

M. Mon Président, endettés jusqu’au cul, d’augmentation de salaire privés et de pouvoir d’achat délestés, nous n’avons plus le choix dans la date, c’est maintenant, demain, via le Parlement, qu’il va falloir en mettre un coup, faire sauter le verrou, celui de la pensée unique, terrasser une bonne fois pour toute l’immobilisme, et libérer le travail, au nom du père, du profit et du sacro-saint bénéfice !
Ne nous voilons pas la face, et des magasins levons le rideau, du lundi au dimanche, enfin soyons, du bon côté du manche !

Et si cela ne suffit pas, pour votre second mandat, je vous suggère d’aller plus loin encore, soit de les faire ouvrir aussi la nuit, enfin 24 heures sur 24, sait-on jamais, si madame Obama et ses filles repassaient par là, je ne voudrais pas, M. l’époux de la première dame de France, que vous preniez sur vos heures, précieuses, de sommeil pour appeler ces feignasses, ces français qu’auraient l’outrecuidance de lever nocturnement le pied alors que nous souffrons atrocement du PIB !

Travaillons le dimanche, travaillons la semaine, travaillons la nuit, travaillons tout le temps et plus longtemps, mon Président !
Travaillons toujours plus, afin que le riche, le nanti, puisse se nourrir, se vêtir et se divertir quand bon lui semble. De jour comme de nuit. Le dimanche comme le lundi !
De ce travail, perpétuel, incessant, nous les gueux, les manants, nous en sortirons plus riches.
Humainement parlant.
Et comme nous serons fiers de pouvoir confier, dans un ultime râle, et comme de bien entendu sur notre lieu de travail, confier à nos fils, que nous fûmes toute une vie durant les petits serviteurs des grands de ce Monde.
Mais, s’il prenait à ce fils de nous répondre qu’ils ne furent grands que parce que nous fûmes à leurs genoux, alors, faites, mon altesse, que ce soit un dimanche, que les yeux, ad vitam eternam, nous fermâmes.


PS : Mon président, si jamais cela ne suffisait toujours pas, je veux dire ouvrir tous les jours, le magasin, et chaque nuit aussi, alors en bon ultra-libéral que je suis, je vous suggère ardemment d’inventer la semaine de huit jours.
“Eight Days A Week”, in ze tongue of Madame Obama and his fucking daughters ..

podcast


04 juillet 2009

En Finir Avec Jean-Pierre Pernaut

50% de Part De Marché

Pernaut, je sais, ce serait peine perdue. Et alors ? Faire comme s’il n’existait pas ? Se dire que ça n’a aucune importance, que ce n’est pas grave ?
Cette attitude qui consiste à dire pour presque tout et à tout bout de champ “ce n’est pas grave !” – comprendre qu’il y a plus grave que “ça” .. – présente un danger, c’est qu’au final, plus rien ne semble grave. Tout est minimisé. Réduit.
Moi, je refuse la “ce-n’est-pas-grave-attitude”. Tout comme je refuse de faire comme si le “JT'” de Jean-Pierre Pernaut n’existait pas. On ne peut ignorer un "journal" dont la part de marché atteint régulièrement les 50%, ce qui signifie que, à cette heure-ci, un français sur deux regardant la télévision s’envoie du Pernaut. On pourrait dire, tant pis pour eux, c’est leur problème, sauf que, c’est surtout tant pis pour nous, c’est avant tout notre problème, tant cette masse impressionnante de gens désinformée et/ou privée d’informations réelles, c’est de la chair à canon pour les prochaines élections.
C’est bien joli de se plaindre, de dire qu’on n’en peut plus du Sarkozy, du Lefebvre et du Guaino, qu’aux élections prochaines on leur fera la peau, il faut bien comprendre que si, le peuple est mal informé, conditionné, “Pernaut-isé”, tu n’auras pas, par les urnes, la peau de Sarkozy-Lefebvre-Guaino.
Voilà pourquoi il est essentiel, primordial de se battre pour une information de qualité, la réclamer, toujours et encore ; voilà pourquoi il ne faut pas dire que Pernaut, ça n’a aucune importance, que ce n’est pas grave ; voilà pourquoi il faut monter au créneau, et tous les jours s’il le faut, pour en finir avec Jean-Pierre Pernaut.

Mais que les choses soient bien claires : que Pernaut soit picard et de Droite, je m’en fous. A la limite même, tant mieux (pour lui) ! Tout comme je me fous que Duhamel soit centriste. Ça ne me choque pas, moi, qu’un journaliste ait des opinions (et une conscience) politiques. Au contraire ! Je les encourage ! A partir du moment où le journaliste conserve son indépendance, je veux dire qu’il n’entretienne avec le politique aucune connivence.
Le problème c’est comment l’information est donnée, délivrée. Et laquelle.
Comment l’information est traitée et/ou maltraitée. Et pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre.

Or donc, voyons à quoi elle ressemble, voyons si seulement elle existe, l’information, chez Pernaut.

Nous sommes jeudi. Le 2 juillet 2009 - Je précise que j’aurais pu tout aussi bien prendre le “JT” de la veille ou du lendemain, tant ils sont isocèles.

Un peu moins de soleil, mais de la chaleur et des orages ..”
C’est par ces mots que Pernaut ouvre son "journal". C’est le titre principal. C’est l’info. Une carte météo.

Et puis notre coup d’œil désormais quotidien à la météo de VOS plages ..
C’est donc le titre second. Après la météo générale, celle de TA plage.

ET DONC D’ABORD, ces orages qui ont été TRÈS violents, hier, dans l’Ouest (…) Des sortes de mini-tornades (…)”
Et voici le premier reportage. Nous sommes en Loire-Atlantique. Un peuplier est mort. La population est sauve. Une dame dit : “On avait peur !”. Alors on nous montre des pompiers. On pense à Groland. Les reportages de Vincent Marronnier.
On ne comprend pas très bien, ces images. Leur nécessité. Qui ça peut intéresser. On cherche, mais on ne saisit pas l’urgence. Est-ce qu’un peuplier mort qui effraie une dame serait plus important qu’une armée tirant sur la foule ?

Des orages impressionnants aussi en Espagne, nous dit Pernaut (…) Les grêlons, on le voit sur ces images, étaient parfois gros comme des balles de golf. EN MÊME TEMPS, il continue à faire très chaud sur la quasi-totalité des régions françaises ..

On ne pige pas ce : “en même temps”. Qu’est-ce qu’il vient faire là ? Quel est le lien ? C’est absurde ! .. “Madame Potillon, est-ce que vous voulez boire quelque chose ?” demande une infirmière. Nous sommes dans une maison de retraite. “Les Provinces Du Nord”. Suzanne s’est équipée d’un ventilateur. Qu’elle coupe la nuit.
Mitterrand, lui, veut nous couper Internet. Et rapidement. La loi Hadopi 2. Mais ça, on en parle pas chez Pernaut. Pourtant, la transition aurait été impeccable : “Si Suzanne coupe son ventilateur la nuit, EN MÊME TEMPS, Frédéric Mitterrand, tout frais ministre de la Culture ..”. Mais non. Dommage. Surtout pour le “tout frais”. Il aurait pu amener le reportage suivant “traitant” de “la canicule” ..

”Dans le Midi, la canicule aussi, jusqu’à 35 degrés dans l’Hérault où y’a DÉJÀ beaucoup de vacanciers, et c’est pas facile de se rafraîchir ..”

Il a l’air de rien comme ça, ce lancement. Pourtant, il est lourd de désinformations et de sous-entendus.
Désinformation, car la canicule dont nous parle Pernaut n’existe pas. Juste, il fait chaud. Or, ce terme “canicule” est précis, délimité. Mais Pernaut s’en fout. Il a décrété que c’était la "canicule" et pis c’est tout. Ce qui aurait pu être la première véritable information de ce journal est une information fausse.
Pour le reste, “où y’a déjà beaucoup de vacanciers” c’est vu de la fenêtre de Pernaut. Rien ne prouve que ce soit réellement des vacanciers. Ça peut être des autochtones. Et puis “beaucoup” ça veut dire quoi ? En fait, Pernaut ami des régions, fait du “bruit”, sous-entend que malgré la crise, le français part “DÉJÀ” en vacances. Tout va bien, quoi ! Quantités d’études prévoient le contraire, mais Pernaut n’en a rien à péter. Il veut faire passer un message positif. Irréel. Déconnecté.

Et c’est alors que survient l’impensable.
Il est 13h07.

On repartira tout à l’heure dans les régions, mais d’abord, LE RESTE de l’actualité, et d’abord, BIEN ÉVIDEMMENT, les suites de la terrible catastrophe aérienne aux Comores, la jeune rescapée, la seule rescapée a été rapatriée ce matin à Paris (…) Cette jeune fille de 13 ans et demi …

Or donc, pour Pernaut, “cette jeune fille de 13 ans et demi” (en fait, elle aura 13 ans le mois prochain ..) c’est un "RESTE" de l’actualité.

[ … Silence religieux et dans la foulée, méditation transcendantale poussée .. ]

Bon, “EN MÊME TEMPS”, c’est pas faux : Bahia, c’est effectivement tout ce qu’il “RESTE” du crash de l’Airbus A310.
Mais que veux-tu, quand tu n’écris pas ton journal, tant il est flagrant qu’il ne l’est pas (“Mais D’ABORD, le reste de l’actualité, et D’ABORD ..”) voilà le genre de parallèle fâcheux (Bahia, seule rescapée, considérée comme un “reste” …) et fort peu élégant qui te pend au nez.
Nonobstant le fait que c’est elle, Bahia, qui aurait pu faire l’ouverture du journal, et non un peuplier mort de Loire-Atlantique.

Sachez que cet après-midi, Nicolas Sarkozy présidera une cérémonie INTER RELIGIEUSE d’hommage aux 152 victimes dont 66 français, VOUS LE SAVEZ ce sera à la mosquée de Paris et EN MÊME TEMPS la justice française a ouvert une information judiciaire contre X …

Est-il bien utile de commenter cette phrase ? Est-ce un journaliste qui nous parle ou un stagiaire ? Que veut dire ou sous-entend ce “vous le savez (ce sera à la Mosquée de Paris)” par exemple ? Est-il bien certain que Nicolas Sarkozy se rend à cette cérémonie pour la “présider” ?

Quoi qu’il en soit, son “EN MÊME TEMPS la justice française a ouvert une information judiciaire contre X” lui permet de faire enfin une transition qui tient la route, vu que suit l’actualité judiciaire avec, non pas les dix prévenus comparaissant devant le tribunal de Pontoise (Villiers-le-Bel) mais un “Tribunal de Pontoise sous TRÈS haute protection”.
Puis, on apprend qu’il y aurait (comme dans l’automobile traitée hier) des "signes" de reprise dans l’immobilier  :
Les baisses de prix dans l’immobilier semblent se calmer (???) et ces baisses (décidément, il n’écrit pas son journal, c’est clair) ont entraîné une petite reprise des transactions UN PEU PARTOUT, ça dépend BIEN SUR des régions et des villes !

On note le souci de la précision chez Pernaut, marqué par ce “un peu partout”. Ça veut dire quoi, c’est où “un peu partout” ? On ne sait pas. Mais lui, non plus. Encore une fois, il décide que voilà, ça repart "un peu partout" dans l’immobilier. C’est du même ordre que les vacanciers DÉJÀ nombreux dans le Midi. C’est une "info Pernaut". Confirmée nulle part.

On repart à l’étranger maintenant ..

On repart ? .. Ah oui ! C’est vrai qu’on y a fait un tout petit tour (10 secondes à tout casser) en début de "journal". L’Espagne et ses "grêlons gros comme des balles de golf".

.. Avec toujours une grande confusion autour des obsèques de Michael Jackson ..

Et ce sera presque tout pour l’étranger. Le Honduras, l’Iran, la Corée du Nord, la zone Euro qui vient d’atteindre son taux de chômage le plus haut depuis 10 ans, et même François Fillon en visite à Bagdad, ça n’est pas digne d’intérêt pour Pernaut. Pour les 6 millions et quelques de personnes qui le regardent ..
Presque tout, disais-je, car il “restait” ceci :

Toujours à l’étranger un mot de l’épidémie de grippe porcine ..

On ne comprend pas bien ce “Toujours à l’étranger” ... Cette grippe ne touche-t-elle pas aussi la France ?
N’est-ce pas plutôt une pandémie qu’une “épidémie” ?
Une grippe A/H1N1 qu’une grippe “porcine” ?
En dix mots seulement, Pernaut vient de commettre trois erreurs. On peut dire que “c’est pas grave”, je sais, mais non ! On peut dire aussi que ça suffit ! Que y’en a marre.
Même si, je le concède, ce journal n’est pas le pire qu’il ait présenté. C’est vrai. Il est même sans intérêt. Et alors ? Il faut s’en foutre ? Faire comme s’il n’existait pas ? Se dire “c’est pas grave” que des millions de citoyens, d’électeurs soient mal informés, désinformés, qu’on les déconnecte sciemment de la réalité et ce quotidiennement ? Que ça ne prête pas à conséquences ?

Ne pas vouloir comprendre ou admettre qu’une élection (y compris la majeure, la présidentielle) se joue ou peut se jouer justement par un mauvais traitement de l’info, chez Pernaut comme ailleurs, c’est accepter d’être asservi.
C’est aussi accepter la mort de la démocratie.
Or moi, je refuse de la voir mourir (même si elle est déjà bien atteinte).
Voilà pourquoi il faut monter au créneau, tous les jours s’il le faut, écrire, alerter, se mobiliser, se battre, tout faire pour que ça cesse ; en finir avec Jean-Pierre Pernaut.

01 juillet 2009

C’Que C’est Con Et Triste, La Vie D’Un Blogueur !

EC(oeu)RAN(t)

Ça fait combien de temps ? Que je ne suis pas allé au cinéma. Moi qu’adore ça. Combien de temps que je n’ai pas vu, ni foulé un chemin de terre, le suivre, peu importe où et pourquoi, le suivre, et pis c’est tout.
Ça fait combien de temps, dis-moi, que je suis là, comme vissé au rotin de ce fauteuil, les yeux rivés sur mon écran, à guetter, crevard, l’info, à traquer du Sarkozy, du Lefebvre et du Guaino. Alors que dehors, je les entends, les oiseaux, le vent, le chaud. Alors que dehors, ça grouille, ça rit, ça vit.
Mais non, y’a rien à faire, j’peux pas le quitter, cet écran, sait-on jamais, si elle tombait, c’te info, celle que j’attends, nourriture de ce monstre que j’ai créé, ce blog, le mien.
Ah non, vraiment non, j’peux pas, pas sortir, demain peut-être, allez oui ! Promis ! Demain je sortirai, mais aujourd’hui non, faut que je reste là, tant je le sais, elle va tomber, c’est sûr, l’info, et je vais t’en faire un billet, un beau ! Un billet avec des tas de virgules, de la suspension et des points.
Dans la gueule.

Allez, tombe ! TOMBE ! Mais qu’est-ce qu’elle fout, c’te info ? T’es malade, poulette ? T’as chopé l’aviaire ? .. Non .. ? Ben alors tombe, bordel ! Allez ! Magne-toi ! Ça urge ! J’ai les doigts affutés comme jamais, prêts à claquer, bouffer des kilomètres de clavier ! J’suis chaud comme la braise, ma grande ! Alors faut que tu tombes, et fissa !

Mais non. Rien. Que du menu fretin. De la TVA à 5,5. Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Puisque je suis là, cloîtré chez moi, café à volonté, sandwich vite fait, petit verre de rosé. Qu’est-ce que tu veux que j’aille engraisser le cafetier encarté UMP ? Le gratifier d’un billet bien salé, aux petits oignons, aillé copieux, comme son addition, la gratinée, l’estivale. Parce que tu vois, le Marcel, y va pas se gratter pour l’assaisonner, ta note ! TVA à 5,5 ou pas ! Faudrait pas perdre de vue les fondamentaux du petit commerce. Et les fondamentaux y disent que l’été, on fait pas dans la figure imposée, mais dans la libre. C’qui veut dire que tu vas raquer, et pas qu’un peu. Ton demi, celui de la zone touristique, il s’est déjà envolé, garçon ! Au zinc comme en terrasse.
Alors quoi ?
J’vais quand même pas me fader le Mitterrand. En remettre une couche sur ces pôôôvres socialistes !
Manuel Valls ?
J’suis allergique.
Valls, c’est queue dalle, c’est bernique.
C’est rien.

Rien, putain, mais y’a vraiment rien de rien. Pas d’info ! Ou alors, y’en a trop. Beaucoup trop ! Et je pète de chaud. J’ai mal au dos. J’ai mal partout. A force de surfer, comme un taré, de sites en sites. A bouffer du Net, du billet de blogs. Du billet mal branlé, vite expédié, juste pour dire : j’y étais ! C’est moi, le premier ! Yesss ! Et vas-y que je te donne mon avis, à la noix, sur la Burqa ! Hadopi en veux-tu, en voilà ! Et Karachi dans le ventilo ! Mais quelle misère ! Mais qu’est-ce que je fous là ? Alors que dehors, je les entends, les rires, les cris, les gens. Alors que dehors, c’est l’été, enfin !
Mais non, ah non, putain de ta mère, y’a rien à faire, j’peux pas ! Tant pis, je reste là, me disant qu’elle tombera, la salope, l’info-qui-va-bien, Sarkozy-Lefebvre-Guaino, et même Boutin, tiens, m’en fous ! J’prends ! … T’entends … ? J’suis tellement à cran, que j’suis prêt à tout, nom de Dieu, même à me taper la Boutin !

Mais rien.
Rien ne vient.

Sinon, le téléphone. Qui sonne.
C’est toi.
Mais j’suis pas là. J’suis dans l’écran. Je guette. Je traque. Sur Internet. Tu comprends ? … Dis … ? Dis-moi que tu comprends ? Que c’est pas le moment. Plus tard. Ce soir. Quand je l’aurai nourri. Le monstre. Le mien. Mon blog.
D’accord ?

Et j’y retourne. Crétin dans son rotin. De sites en purin. Je tourne, je vire et je clique. Et la voilà qui claque ! Une info cloaque. Un entretien. Le Nouvel Obs. Sarkozy. C’est pour demain ! C’est pour jeudi.
J’vais me la faire. Y va morfler l’Olivennes, le pote à Baverez. Je vais te l’aligner sévère. Ah bordel à chien, cette fois, je le tiens ! Mon billet ! Mon quotidien ! Mais non … Ah merde, nooOOOOoon ! C’est Fontenelle, qui l’a torché mon billet ! Salaud de Fontenelle ! … Voleur … ! Tu m’as piqué mon affaire ! Qu’est-ce que j’vais faire, moi, maintenant ? Y’a rien d’autre. Rien …

Putain, j’en peux plus ! J’te jure. Des RSS, des flux, des réseaux présumés sociaux, des réseaux de mon cul. C’est sans fin. Et vas-y que j’me twitte, que j’me facebookise, comme un rat.
Mort.
Alors que dehors, je les entends. Ils rient, grouillent et vivent. Un café, du rosé, l’addition. C’est tout de même mieux que Sarkozy-Lefebvre-Guaino.

Il faut que je sorte. De là. D’ici.
Faut que j’aille voir à quoi ça ressemble, la vie, la vraie. Même si je sais, je reviendrai. Tâter du clavier. Nourrir le monstre que j’ai créé.
Mais avant, juste une heure, pas plus, mettre mon sale nez dehors, me laisser aller, prendre, ou surprendre.
Quitter un instant cette non-vie.
Celle triste et conne du blogueur que nous sommes.
Devenus.

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