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29 juin 2009

Comme Ton Gouvernement, Le Dimanche, Des Mouches Tu Enculeras !

Messieurs, Je Vous Propose D'Enculer Des Mouches Qui Ne Vous Ont Rien Demandé !

Hier, dimanche 28 juin, le gouvernement s’est réuni autour de François-j’ai-la-raie-sur-le-côté-Fillon – comme le démontre admirablement le document photographique ensoleillé ci-dessus – François Fillon qui, doit-on le rappeler à la jeunesse et aux seniors désœuvrés, est avant tout "geek & sarthois".
Disons, sans vouloir attenter à la vie de ce pauvre homme, qu’il est considérablement plus "geek & sarthois" que Premier ministre.

D’emblée, comme disait mon professeur de mitochondries, ce qui interpelle ça n’est point que le gouvernement se réunisse, mais le jour où il se réunit ; soit le dimanche ! L’on se dit que, ouh là là et mazette à la fois, si TOUT le gouvernement prend sur son dimanche, c’est qu’il a dû se produire quelque chose d’affreusement grave, comme une "aviairisation" soudaine du virus A/H1N1, une accélération effrénée du réchauffement climatique en réaction au film marchand de M. Arthus-Bertrand (d’où l’air particulièrement dubitatif du Sieur Borloo) ou l’entrée en guerre de la Corée du Nord contre le "reste du monde", Iran compris !

Mais non.

Non, si TOUT le gouvernement a sacrifié son dimanche c’est … pour "réfléchir".

Réfléchir à quoi pourrait servir l’emprunt national.

[ … Silence laïc ..]

Là, je dois avouer que j’ai très envie – et d’ailleurs, je vais le faire – de paraphraser Chirac, en proférant que les membres de ce gouvernement ont surtout décidé d’enculer "dominicalement" une mouche qui ne leur avait rien demandé !
Car, il me semble bien que lors de son discours versaillais, Nicolas Sarkozy avait déjà considérablement précisé la feuille de route et les destinations prioritaires de cet emprunt national : aménagement du territoire, éducation, formation professionnelle, recherche, santé, innovation et surtout … construction massive de prisons pour y loger les pauvres, d’hôpitaux psychiatriques pour y interner les "situationnistes" qui menacent, comme de bien entendu, notre "Democtature".
Et d’ailleurs, notre sarthois-en-chef confirma ces priorités présidentielles ajoutant, patelin, que le but de cette réunion du dimanche était de "fixer les règles du jeu" …

… Puis-je me permettre de souligner que selon François Fillon, cet emprunt national n’est rien d’autre et somme toute qu’un jeu ! C’est à croire qu’il nous propose benoîtement de participer activement, et avec QUE notre pognon, à un Monopoly géant ! … Un Monopoly géant qui sentirait comme qui dirait très fort le Bonneteau, et va savoir, la rétro-commission ..

Or donc, notre fan des 24 heures du Mans indiqua qu’il avait réuni "plein pot" le gouvernement de Monsieur Sarkozy pour "fixer les règles du jeu" de cet emprunt national afin de … "dessiner la France de demain" !

… De dessiner, oui.

Autrement dit, pendant qu’on en bave des ronds de chapeau, les mecs d’en haut, ils "dessinent".
Et l’on en déduit, un peu las, que c’était moins une réunion de travail qu’un jardin d’éveil.
Un jardin d’éveil au sortir duquel l’on nous annonça que l’emprunt national serait lancé début 2010, et …

... Et pis c’est tout !

Le taux, la durée, le montant de cet emprunt, enfin bref, ce qui semble à nous pauvres gens, essentiels, mystère et boule de gomme.

Ben dites-moi, c’était bien la peine de réunir TOUT le gouvernement, et un dimanche en plus, pour nous apprendre ce que l’on savait déjà.
Soit presque rien.

Et c’est alors qu’un doute nous prend. Oui, c’est alors que nous nous demandons à quoi peut bien rimer tout ce cirque, je veux dire pourquoi réunir UN DIMANCHE, TOUT un gouvernement pour si peu. Pourquoi pas un lundi ? Surtout si c’est pour accoucher d’un souris.
Alors on se penche sur l’agenda parlementaire, et l’on s’aperçoit que dans pas longtemps, courant juillet, on débattra autour d’un texte de loi permettant aux salariés, qui le souhaitent, de travailler le … Dimanche !
Et l’on comprend mieux pourquoi, c’est justement hier, dimanche, que le gouvernement s’est réuni : pour montrer l’exemple, donner le “La”, préparer l’opinion, “buzzer” un futur texte de loi.
Et rien d’autre que ça.

C’est habile.

Reste que, si passe cette loi, le salarié sera-t-il autorisé à travailler "dominicalement" comme son gouvernement, soit autorisé à ne rien foutre, se moquer du monde, bref, à enculer des mouches qui ne lui ont rien demandé ?

27 juin 2009

Quand Le MEDEF Se Tait … Ca Sent Mauvais !

J'Aime Beaucoup Ce Que Vous Faites, Nicolas ...

Oh mais dites-moi, j’y pense soudainement, cela fait combien de temps que le MEDEF ne s’est point exprimé via la douce voix de crécelle de Laurence Parisot ?
Avouez que c’est tout de même étonnant, pour ne pas dire curieux, ce silence tout relatif de la “patronne des patrons” !
Alors que, morbleu, l’heure est grave et la crise ravage !
Nous connûmes par le passé un MEDEF plus opiniâtre, plus pugnace, moins en retrait, et en des temps où l’actualité économique était moins préoccupante qu’aujourd’hui ! En des temps où le capitalisme triomphait ouvertement ou en loucedé, venait gonfler les poches déjà bien abondantes d’un Bernard Madoff.

Oh oui, comment se fait-il qu’en cette période difficile, de chômage de masse, de récession, de déficits abyssaux, nous n’ayons point le plaisir doux et amer à la fois de “bénéficier” de l’avis éclairé de Madame Parisot ?
Il y eut pourtant matière, ces dernières semaines, à montrer le bout de son nez, ânonner quelques mots et merveilles, tenez, à la suite, par exemple, de cet évènement qualifié d’historique, l’allocution versaillaise et présidentielle, suivie d’un médiatique et “hortefique” remaniement.
Oui, comment Madame Parisot put-elle rester muette à ce chant, cet aveu, “L'actionnaire doit être justement rémunéré !”, à moins qu’elle considérât qu’il ne s’agisse d’un lapsus, ou d’une langue qui fourche saisie qu’elle était, par l’émotion, celui du moment, omnipotent.

Où est donc passée, nom de Dieu, la hargne légendaire et si peu ouvrière de Madame Parisot ?

Certes, elle fit une apparition, mais ô combien modeste, à la mi-juin dernier, dans ce France 2 de JT. Il faut dire que deux jours plus tôt, l’Hortefeux avait suggéré que l’on reculât de 7 longues années l’âge légal du départ à la retraite. Comment aurait-elle pu se dérober ? Après tout, n’était-ce pas ce que le MEDEF préconisait ?
Est-ce parce que "la crise" que Madame Parisot la joua petit bras atténuant le propos gouvernemental exprimé "à titre personnel", en rappelant que, de son côté, elle se contentait d’un départ à la retraite aux environs de 63 ans et demi … Assorti, tout de même, d’une augmentation de la durée des cotisations. Ah ben, que voulez-vous, on ne se refait pas ! Faut quand même pas déconner ! Autant Jack Lang est né socialiste et mourra socialiste, autant Madame Parisot est née MEDEF et mourra MEDEF ! Sauf que elle, c’est chose certaine. Alors que pour Jack Lang, la messe est dite .. Et depuis fort longtemps !

Oui, il y avait matière à se montrer, à déclamer, ces dernières semaines, tiens Michelin ! Mais non. On ne la ramène pas. On se tait. On fait le mort. Peut-être pas la meilleure idée. Parce que, depuis, chez Michelin, y’a eu un mort. Un vrai.

Oui, je sais, elle s’est “manifestée”, c’est vrai, Madame Parisot, le 11 juin dernier. Il était question de “voler” au secours des patrons. Ceusses des petites et moyennes entreprises ! C’était sur France Info. De bon matin. La “patronne des patrons”, paraphrasant ce fieffé poitevin de Jean-Pierre Raffarin, invitait à adopter la … “PME Attitude”.
Mais inviter qui ? Et pour quoi ?
Le honni, le patron du CAC ?
Pensait-elle, la péronnelle, que, par exemple, l’hyper PDG de chez Total puisse se comporter comme le patron d’une PME familiale, sous-entendu vertueusement – ce qui reste à prouver, tant, de ce côté là itou, j’en ai connu des saligauds, et des gratinés ! - et ce jusqu’en Birmanie en passant l’Irak ?
Non. Oh que non ! Il ne s’agissait point de cela. Mais d’être solidaire avec les petits patrons qui souffrent. Elle eut été bien inspirée, Madame Parisot, de préciser pourquoi, et de quoi souffraient-ils. Sans doute, mais je ne suis pas un spécialiste, à cause du gros, celui du CAC, et pis aussi, du banquier, celui que l’État a sauvé, mais qui, lui, le banquier, rechigne à sauver le petit patron. Même que le banquier, il lui couperait le robinet. A pognon.

Mais bon, en défendant le patron, fut-il petit, elle est dans son rôle. Il serait tout de même abracadabrant qu’elle s’inquiétât du sort funeste des salariés ! Qu’elle incitât le gouvernement à donner un petit coup de pouce au Smic ! Elle n’est pas programmée pour cela, Madame Parisot. Tout comme la CFDT (et désormais la CGT) n’est pas … n’était pas censée donner un gros coup de pouce au gouvernement et au patronat en la jouant mollassonne sur les manifestations …

Or donc, pourquoi ce silence du MEDEF en ces temps économiques troublés ? Pourquoi cette “coititude” alors que nous traversons une crise qui serait la plus épouvantable depuis un siècle ?

Qu’il me soit permis de penser, pour reprendre une "expression-phare" du chef de l’État, que si le MEDEF est à ce point muet, c’est parce que quelqu’un d’autre parle .. à sa place ! Et non seulement parle, mais également suggère, préconise puis applique le programme du MEDEF !
Dans ce cas, pourquoi voulez-vous que ce dernier la ramène ou crie victoire ?
D’autant plus en ces temps de crise et de grande souffrance ouvrière ; ce serait d’une indécence !

Oui, qu’il me soit permis de penser que si le MEDEF est à ce point discret, ou quasiment, c’est parce que quelqu’un parle et agit à sa place !

Mais qui ?

Et si c’était, tout bonnement, Nicolas Sarkozy et son orchestre ?

Ce qui signifierait que, petit à petit, dans ce pays, l’emporte une logique purement patronale.
Et donc, au détriment des salariés, des ouvriers.

Et l’on comprend alors la raison du silence, celui du syndicat patronal, et l’on en tire une maxime, une vigilance, à méditer :
Quand le MEDEF se tait, pour le salarié, l’ouvrier, ça sent mauvais ; TRÈS mauvais !

25 juin 2009

Mieux Payés, Qu’il Disait

450 000 - 225 000 = + 0,5%

Oh la la, mais pourquoi donc ce Nicolas Sarkozy ne change-t-il pas de cap et s’entête-t-il à vouloir “supprimer” un fonctionnaire sur deux ? [1]

Parce que, d’après Lui, comme ils sont beaucoup, ces fonctionnaires, ils sont “mal payés”, “mal considérés”, “mal respectés”.

C’est écrit en toutes lettres dans l’Abécédaire de ses propositions.

Nous pourrions contester cette logique proche du sophisme [2] qui consiste à décréter sans autre forme de procès que le nombre serait la (seule) cause réelle et sérieuse des maux de la fonction publique.
Nous ne le ferons pas.
Par charité laïque, nous laisserons les socialistes s’en dépatouiller, et, sait-on jamais ! s’ils démontent avec brio (plutôt qu’avec Martine Aubry …) cette logique sophistique ça pourrait les remettre en selle, voire dans la course électorale ! [Ben dites-moi “merci !” les morts ! Je vous file un boulevard, là ! .. Celui qui vous conduira à être, demain, par les électeurs, mieux considérés, mieux respectés ; bref, ça peut payer ..]

Or donc, le non remplacement de 225 000 salariés de la fonction publique (partis ou battus en retraite) d’ici à 2012 permettra, selon Nicolas Sarkozy et ses mathématiques modernes de niveau CM1, d’avoir dans notre pays, des fonctionnaires “mieux payés”, “mieux formés”, “mieux considérés”, “mieux respectés”.

Ce refrain-là, il le tient depuis 2005 [3].
Et nous le chante encore aujourd’hui.

Et alors ?

Eh bien alors, ce jeudi 25 juin 2009, le ministre du Budget, Eric Woerth, a annoncé que les survivants .. les fonctionnaires bénéficieraient en 2010 d’une hausse de salaire de .. 0,5% ! [4]

[ … Sifflement admiratif et en trémolo … ]

0,5%, mais c’est E – NOOoo - ooOOR – ME !

Cela dit, et sans prétendre être plus bolchévique que la moyenne nationale, je ne suis pas certain que cette gratification inconsidérée aidât le fonctionnaire lambda à se sentir “mieux respecté”, non par ses concitoyens, mais par ceusses qui le dirigent.


[1] En mars 2007, Sarkozy affirmait que d’ici à 2012, 450 000 fonctionnaires partiraient à la retraite. Le fait de n’en remplacer qu’un sur deux permettrait, selon Lui, à l’Etat de mieux les rémunérer, mais aussi de faire des économies, donc de réduire son endettement. Abyssal, aujourd’hui …

[2] Le 5 février dernier, dans la rocambolesque émission intitulée “Face à La Crise”, Nicolas Sarkozy déclarait ceci : “Je regardais les chiffres sur l’Education Nationale. Depuis 1990, y’a 400 000 élèves en moins dans nos écoles, dans nos collèges et nos lycées. 400 000 en moins … Et nous avons embauché 500 000 enseignants de plus. C’EST DONC BIEN que ce n’est pas en embauchant toujours plus de fonctionnaires qu’on résout les problèmes.”
Voilà l’exemple typique de la pensée Sarkozienne. Elle relève exclusivement du sophisme (“Plus il y a d'emmental, plus il y a de trous. Plus il y a de trous, moins il y a d'emmental. Donc plus il y a d'emmental, moins il y a d'emmental.”) sophisme marqué par le “C’est donc bien que ..” … Ben non ! .. Il y a peut-être d’autres explications. Comme par exemple, une mauvaise répartition des postes ; trop d’enseignants ici, et pas assez là-bas. J’dis ça, j’dis rien …

[3]  «Je propose un nouveau pacte de confiance aux fonctionnaires. […] Je propose moins de fonctionnaires, mais des fonctionnaires mieux payés, mieux formés, mieux considérés, mieux respectés. » [Lille, le 28 janvier 2005]

[4] Et 0,8% cette année. En deux fois. 0,5 au 1er juillet. 0,3 au 1er octobre ..


24 juin 2009

Fillon IV

Depuis mardi soir, “Fillon IV” est une réalité.

Le pitch est d’une simplicité sans nom : un homme (Nicolas Sarkozy) et son équipe ont pour mission de passer au Napalm les retraites, la sécurité sociale, et les derniers acquis sociaux d’un peuple condamné au chômage.
Ils devront également préparer le terrain dit des “Régionales”, en prévoyance de l’échéance connue sous le nom de code "2012 Now !” en jouant sur la peur, le fantasme des bandes sur-armées menaçant la République monarchique, en éradiquant les dernières poches de molle résistance offertes par une ridicule poignée de présumés socialistes et un ou trois centristes, et en privilégiant, enfin, sans qu’ils s’en doutent mais à desseins, les bolchéviques du NPA, les ultra-nationalistes du FN, et le reliquat écologique prétendu victorieux de juin 2009.

Le scénario est signé Nicolas Sarkozy. D’après nos sources, il est daté du 22 avril 2002.

Les dialogues sont d’Henri Guaino et de Claude Guéant. Avec l’aimable participation de M. Brice Hortefeux et la contribution désintéressée de M. Eric Besson.

La musique n’est pas de Richard Wagner, mais de Didier Barbelivien [*].

L’affiche de cette apocalypse des droits sociaux est la suivante :



J'aime L'odeur Du Socialiste Mort Au Petit Matin ...


Bonne chance !

Vous en aurez besoin …



[*] “Quand j’entends du Barbelivien, j’ai envie d’envahir l’Élysée.” [Bernard-Henri Allen]


PS : Sinon, au cinéma, mercredi 1er juillet, sort : "L'âge De Glace 3" ...

23 juin 2009

A Versailles, Sarkozy a Dit

La Crise Me Rend Plus Libre D'Imaginer Votre Avenir !

A Versailles, Sarkozy a dit que c’était la guerre. Et qu'en temps de guerre, il fallait être uni. Rassemblé. Il a dit qu’en de telles circonstances "nul n’était assuré de détenir la vérité".
Et donc, lui non plus ; sauf que cela, il ne l’a pas dit.

A Versailles, Sarkozy a dit que puisque c’était la guerre, il n’y avait plus d’opposition, plus de majorité, parce que la guerre, il a dit, Sarkozy, elle "abolit les divisions", elle fait taire nos différences.
D’opinion.

A Versailles, Sarkozy a dit que nous étions la majorité, et lui, le premier. Même qu’il appelle ça, une "démocratie apaisée", c’est-à-dire une démocratie "où tout le monde s’écoute et se respecte", soit une démocratie où l’on ne dit pas : “Casse-toi pauvre con !”.
Voilà sans doute pourquoi, il a dit que "rien ne sera plus comme avant".

A Versailles, Sarkozy a dit que c’était l’économie qui devait être au service de l’homme et non l’inverse. Qu’il fallait "donner plus à ceux qui ont moins". Il a dit que tout licencié économique conservera son salaire pendant un an, que l’école, les services publics, les usines et les ouvriers, c’est primordial. Que c’est l’avenir du futur de demain. A Versailles, Sarkozy a dit ce que les socialistes ne disent plus. Ce doit être pour cela que les socialistes ont, en amont, refusé de participer au débat prévu en aval du discours de Monsieur Sarkozy. Parce qu’ils savaient, les socialistes, qu’il dirait, Sarkozy, ce qu’ils ne disent plus. Parce qu’il a pris leur place. Qu’ils n’ont rien fait pour l’en empêcher, démocratiquement. Mais c’est ça, la guerre. En temps de guerre, si tu te bats pas, ben .. t’es mort. Et les socialistes sont morts de s’être battus, entre eux.
Ils sont morts comme des cons.

A Versailles, Sarkozy a dit qu’il ne savait pas combien de temps elle allait durer cette satanée guerre. Même avec une bonne montre. Ce qui est terrible pour Julien Dray, et, par extension, pour tous les socialistes, parce que si on n’en connaît pas la durée, de cette foutue guerre, ça veut dire qu’on va les enterrer, les socialistes morts. C’est pourquoi, celui qui pensait faire alliance avec eux pour mieux les bouffer, n’a pas, lui non plus, et comme eux, assisté au débat. Oui, c’est pourquoi François Bayrou est parti. Il ne reviendra pas. La guerre, c’est impitoyable pour ceusses qui ne veulent pas la livrer.
Ou la livrent mal.

A Versailles, Sarkozy a dit qu’il n’augmenterait pas nos impôts. Qu’il préférait faire la manche. Solliciter notre argent, Il appelle ça : un emprunt national. Il a dit, Sarkozy, que cet argent ne serait pas gaspillé, qu'il serait bien utilisé. Il servira à bâtir des tas de prisons et tout plein d’hôpitaux psychiatriques.
Il appelle ça : construire l’avenir.

A Versailles, Sarkozy a dit que la France, notre pays, était une vieille nation vivant sur un vieux continent qu’on appelle L’Europe. Il a dit que cette vieille nation avait jusqu’ici, soit avant lui, fonctionné avec de vieilles idées, de vieux principes et que c’est pour cela qu’on avait pris du retard, parce qu’on pensait comme des vieux, qu’on vivait comme des vieux, qu’on était des vieux. En conséquence, il a dit, Sarkozy, qu’il fallait reculer l’âge de la retraite, continuer à supprimer un fonctionnaire sur deux, débusquer les "niches sociales", "porter le fer aux dépenses non prioritaires", celles de santé, l'hôpital, en finir avec l'héritage, celui de 1945, notre régime solidaire d'assurance-maladie.
Il appelle cela : imaginer, créer un nouveau modèle social.

A Versailles, Sarkozy a dit : Egalité, Laïcité, Liberté.

A Versailles, Sarkozy n’a pas dit : Fraternité.

La Fraternité, c’est elle, en vérité, la victime toute non-désignée de cette guerre, la victime première du "nouveau modèle social" français que nous propose Monsieur Sarkozy. C’est elle, qu’il veut sacrifier ; c’est elle qu’il veut, avec notre argent, à perpète mettre en prison.
Ou dans un hôpital psychiatrique.

A Versailles, c’est ce qu’il n’a pas dit, Sarkozy, que nous devons retenir. Retenir de toutes nos forces. De tout notre coeur. Parce que, vois-tu, il n’y a plus rien de possible, plus rien d’humain, sans elle : la Fraternité.
A Versailles, ce qu’il n’a pas dit, Sarkozy, c’est ce pourquoi nous devons nous battre, tant il n’y a rien de plus vrai, de plus important et de plus fondamental que la Fraternité.
C’est même, en temps de guerre, comme en temps de paix, le seul chemin, la seule idée qui vaille. Celle qui nous rend libre, libre d’imaginer un autre avenir que celui, inégal, énoncé, hier, par Monsieur Sarkozy.

Si nous ne nous battons pas pour cela, La Fraternité, alors, oui, comme à Versailles il a dit, Sarkozy : "rien ne sera plus comme avant" …

19 juin 2009

Opération Michelin

En Délocalisant, Michelin Fait Le Plein .. De Fric !

- Alors messieurs, nous sommes d’accord ? ... Oui ? … Non ? .. Jean-Claude ?
- Oui, pardonnez-moi Monsieur, mais j’avais une question à vous poser ..
- Je vous écoute, Jean-Claude ..
- Voilà, euh .. Croyez-vous que ce soit le moment opportun pour ..  Pour mener cette opération, Monsieur ?
- Le moment opportun .. Qu’entendez-vous par là, Jean-Claude ?
- Eh bien Monsieur, nous sommes, comme vous le savez, en période de crise .. En récession, quoi ..
- Oui .. Et alors ?
- Eh bien alors, Monsieur, je … Je me demandais si c’était .. Enfin .. S’il ne fallait pas plutôt attendre ..
- Attendre quoi, Jean-Claude ?
- Attendre, euh … Attendre que nous soyons .. Enfin que le marché, je veux dire, soit en meilleure santé. Attendre que .. Que la crise soit derrière nous !
- Je vois ..
- Qu’en pensez-vous, Monsieur ?

[Court silence ]

- Jean-Claude …
- Oui, Monsieur !
- A votre avis, pour quelle raison objective menons-nous cette opération ?
- Pour quelle raison .. Euh .. Pour .. Pour réaliser des .. Des bénéfices ?
- Et vous pensez que nous serions gagnants, en termes de bénéfices, si nous attendions la ... "sortie de crise" ?
- Eh bien, euh .. Il me semble que ..
- Il vous semble ? .. Jean-Claude, nous ne faisons pas dans le “il nous semble” ..
- Oui, Monsieur ..
- Notre métier, Jean-Claude, c’est d’assurer la pérennité de notre entreprise. Or, plus nous dégagerons des bénéfices, plus notre entreprise sera pérenne ! Vous êtes d’accord sur ce point, Jean-Claude ?
- Tout à fait d’accord, Monsieur !
- Bien ! … Si, comme vous le préconisez, nous attendons la "sortie de crise", nous réaliserons des bénéfices, c’est un fait, mais ils seront bien moindres que ceux que nous pouvons, que nous allons, Jean-Claude, réaliser dès maintenant .. Vous voyez, cette crise est une formidable opportunité pour nous, et nos amis, ici présents. Parce que justement, il y aura, vous l’avez dit, une "sortie de crise". Et qui dit "sortie de crise", Jean-Claude, dit "euphorie financière". Une "euphorie" dont on ne peut certes pas mesurer la durée, mais qui, de toute évidence, sera très intéressante pour notre groupe. En délocalisant, dès aujourd’hui, notre production, et donc son coût, nous anticipons Jean-Claude ! Nous surfons sur la récession, nous saisissons l’opportunité et ainsi sommes certains de bénéficier, demain, et a maxima, de cette "euphorie" des marchés financiers. En revanche, si nous attendons, si nous restons passifs, Jean-Claude, non seulement nous n’en tirerons pas profit, ou si peu, mais … nous risquons de mettre en danger notre entreprise, son avenir. Est-ce que vous comprenez, Jean-Claude ?
- Oui, Monsieur.
- Bien .. Alors puisque nous sommes d’accord, pouvons-nous, cette fois, mettre un terme à cette réunion et valider notre opération ?
- Monsieur ?
- Oui, Bernard ?
- Vous avez dit qu’il y aurait une "euphorie financière" en "sortie de crise" ! Mais si, entre temps, “ils” moralisent le capitalisme ?

[Rire de toute la tablée]

- Ah Bernard, c’est ce que j’aime, c’est que nous aimons chez vous : votre humour ! .. Nous avons tellement besoin de gens comme vous ! .. Bien ! ... Assez ri ! ... Pouvons-nous, enfin, lever la séance ... Oui ? .. Non ? .. Bernard ?
- Oui Monsieur, je .. Enfin .. Et les employés ?
- Quels employés, Bernard ?
- Eh bien les nôtres, Monsieur ! ..
- Encore de l’humour, Bernard ? [Rires]
- Euh .. Non, Monsieur .. C’en est pas ..

[Les membres du conseil d’administration se rassoient]

- Comment ça, ce n’est pas de l’humour ? .. Mais .. Que voulez-vous signifier, Bernard ?
- Eh bien, que vont-ils devenir ?
- Qui ça ?
- Nos employés, Monsieur ! Ceux de Noyelles-lès-Seclin et de ..
- Bernard !
- Oui, Monsieur ?
- A votre avis, qui assure la pérennité de notre entreprise ? Depuis maintenant plus d’un siècle ...
- Plus d’un siècle ? .. Eh bien .. C’est .. C’est nous, Monsieur.
- En effet, Bernard, c’est nous ! Et c’est grâce à nous, si ce groupe, le nôtre, a pu traverser les années. Résister à la concurrence toujours plus féroce. Sans nous, sans les valeurs que nous portons Bernard, rien ne serait possible. Sans nous, sans notre contribution au progrès, rien n’existerait.
- Oui, Monsieur.
- Nous pouvons lever la séance ?

[Approbation des membres du conseil]

- L’opération est approuvée à l’unanimité par le Conseil d’Administration. Je vous félicite, Messieurs .. Ah ! .. J’oubliais ! ... Vous trouverez sur la table du fond, des enveloppes. A l’intérieur, un séjour, pour vous, vos femmes, vos enfants, offert par le Groupe pour le Tamil Nadu. Nous avons pensé, avec nos amis, qu’il était primordial, essentiel, de découvrir cette belle région. Je vous recommande, notamment, une petite visite à Tanjore ! Vous m’en direz des nouvelles ! ..

17 juin 2009

Cette Retraite Que Le Gouvernement Maltraite

Plus Tard Tu Bosses, Plus Tôt Tu L'As Dans L'Os !

Est-ce parce que la Gauche - du NPA au PS, syndicats compris [1] - est vide, creuse et nulle que ce gouvernement peut se permettre ce qu’aucun avant lui n’avait osé ? Ou est-ce, comme l’écrivait le si jeune Étienne de la Boétie, qu’il n'est grand (ce gouvernement) que parce que nous sommes à genoux ?
Il doit y avoir beaucoup des deux. Crise aidant. Mais n’aidant que le dominant dans son travail de sape, travail dont voici le dernier exemple en date.

Or donc, la coalition dominante [2] ayant lors des dernières européennes enregistré ce qu’elle nomme un “succès” (28% des suffrages pour une abstention de près de 60%) passe, avant les vacances d’été, la surmultipliée.
Cela dit, elle n’a pas attendu les résultats du scrutin, pour sonner la charge par le biais de l’incontournable Frédéric Lefebvre, en émettant une idée des plus incongrues : permettre à des salariés en arrêt-maladie de travailler.
Idée qui, bien entendu (mais surtout, comme prévu) provoqua tollé et levers de boucliers.
”Comme prévu” car ce serait commettre une erreur de penser que le sieur Lefebvre ait péché par suffisance et/ou précipitation, tant chacune de ses annonces - comme la plupart de celles des membres du gouvernement - est minutieusement calculée. En l’occurrence, ici, elle prépare et l’opinion et le coup suivant. Un coup de maître, ou de traître, c’est selon [3].
Il faut également considérer la fenêtre de tir : C’est le mardi 26 mai dernier, soit le lendemain de l’ouverture officielle de la campagne des élections européennes, que M. Lefebvre lançait son idée de malade. Habile.
Et c’est le mardi 9 juin, soit moins de 48 heures après le verdict des européennes, que la presse (La Tribune immédiatement relayée par Le Figaro, soit la “dream team” de la presse d'ultra-Droite) nous informait que près de 12% des arrêts-maladie étaient .. injustifiés !
Tiens donc .. [4]

Il faut bien mesurer le poids que peut avoir cette information dans l’opinion, et d’autant plus en période de crise. C’est comme un os à ronger qu’on lui donne, à cette opinion. Et le pire, c’est que ça fonctionne. Le but étant de diviser (ici, les salariés) pour toujours mieux régner (sur eux). De toutes les façons, et depuis le début (17 mai 2007) ce gouvernement procède toujours ainsi : il divise. Mais il divise sournois en installant la suspicion (et la jalousie, aussi). Il la distille, la suspicion, par ses annonces, étudiées, sorties toutes droites des machines sondagières et du Café du Commerce.
Aujourd’hui, on suggére qu’il y aurait des salariés qui se reposeraient sur le compte des autres.
Hier, c’était les chômeurs qui “profitaient” du système sur le dos des salariés, et l’on se proposait de mettre fin à cet “assistanat” en sommant la feignasse de ne point refuser plus de deux offres “raisonnables” d’emploi successives sous peine de se voir radier du futur Pôle Emploi.
Avant-hier, c’était ceusses du Public, ces “privilégiés” (par rapport à ceux du Privé, n’est-ce pas !) qui égoïstes, refusaient de voir s’envoler des (petits) acquis sociaux, des régimes spéciaux d’avant-guerre, disaient-ils.
Toujours et encore la même méthode. Redoutable. Épouvantable. Mais tellement efficace : car pendant que les “petits” se bouffent l'os entre eux, le gouvernement, lui, fait passer, en grand, ses réformes. Comme demain, en plein cagnard de juillet, celle t’invitant, sur la base du volontariat, à travailler (même) le dimanche afin de subvenir à ton malheur.

Et que vint-il après cette scandaleuse enquête publiée par une partie de la presse ?
Eh bien, après les arrêts-maladie injustifiés, voilà qu’on nous balança, doucement, progressivement, un chiffre ; celui du déficit de notre régime .. d’assurance-maladie – re tiens donc !
Un déficit record : plus de 20 milliards d’euros !

Je dois reconnaître que c’est du grand art en matière de comm’ (tant il s’agit plus de comm’ que de communication). C’est ajusté froidement, méthodiquement, mécaniquement. Ici, l’humain n’existe pas. Il est sacrifié au nom des mathématiques. Du chiffre. D’un bilan comptable. Dans ce raisonnement, l’humain n’est plus qu’une variable. Qu’on te met au carré. Avant de la soustraire.

Et tout ça [de la proposition de Lefebvre au déficit de la Sécu en passant par ses supposés fraudeurs ou assimilés) pour quoi ?

Pour amener sur un plateau, l’Hortefeux proposant de reculer de 7 ans l’âge légal de départ à la retraite [5].

Oh bien sûr, Monsieur Brice ne s’exprimait surtout pas au nom du gouvernement, juste à titre personnel. En gros, il réfléchissait à voix haute, micros ouverts. Et puis, il était bien clair, n’est-ce pas, que, ouh-la-la, les partenaires sociaux auraient leur mot à dire en temps voulu. Que rien n’était arrêté ! Et d’ailleurs, ne proposait-il pas, M. Hortefeux, trois “pistes” :
- Une première relevant du foutage de gueule grand format : diminuer les pensions de retraite.
- Une seconde n’étant là que pour amuser la galerie et mieux amener la troisième : augmenter la durée des cotisations – impossible, vu que ça vient d’être fait en deux temps, par Fillon en 2003, puis par Xavier Bertrand en 2007/2008.
- Et donc la troisième qui, parce que les deux précédentes étant ineptes ou présentées comme telles, apparaissait comme la seule viable dans l’esprit du ministre du Travail : reculer de 7 ans l’âge légal de départ à la retraite.

Il faut vraiment que l’opposition soit à genoux ou nulle, ou vide, ou creuse, pour ne pas démonter cette machine infernale que je viens de décrire, puis contrer cette proposition.
Comment est-il possible, par exemple, que la Gauche ne rappelle pas à M. Hortefeux que depuis 15 ans, toutes les réformes concernant notre régime des retraites ont été proposées et validées par la Droite et que c’est pourtant elle qui vient nous dire, aujourd’hui, que si l’on ne fait rien, on va dans le mur ? Comment la Gauche ne peut-elle pas le souligner, pointer ce qui est un échec total de la Droite, et que cet échec, c’est encore nous qui allons le payer ?

Oh bien sûr, la Droite, par la voix mielleuse de M. Bertrand, ce petit politique à gourmette flottant dans son costard de consultant en entreprise, sortira alors son argument qu’elle considère irréfutablement majeur et qui est le suivant :
L'espérance de vie des français a considérablement augmenté, et donc, il serait logique, puisque nous vivons plus vieux, de travailler plus longtemps !
C’est vrai, qu’elle a augmenté notre espérance de vie. Hommes et femmes confondus, elle a bondi de 65% entre 1900 (48 ans) et 2000 (79 ans).
Sauf que .. c’est une moyenne ! Or, il n’y a rien de plus injuste que de légiférer en se basant sur la seule moyenne !
Est-ce qu’un manœuvre, un ouvrier des chantiers, a (potentiellement) la même espérance de vie qu’un cadre supérieur ?
La réponse est non.
Alors quoi ?
Au manœuvre qu’a rudoyé son corps pour un salaire bien souvent indécent, on appliquerait le même âge légal de départ à la retraite qu’à un cadre supérieur ?
Combien de temps, croyez-vous, qu’il pourra en profiter de sa (toute) petite retraite, l’ouvrier, le manuel, le besogneux ?
Est-ce cela, l’égalité des chances [6] ?

Comment la Gauche ne peut-elle pas le dire haut et fort, et sur ces bases, faire une contre-proposition ?
Comme par exemple, prôner une meilleure répartition des richesses afin de sauver notre régime de retraites. Après tout, ne sommes-nous pas au temps béni de la moralisation du capitalisme – et comment peut-il y avoir moralisation sans une meilleure répartition (des richesses) ? Et qui s’est fait le héraut de cette moralisation, si ce n’est le "maître" de M. Hortefeux et de tout le gouvernement, soit Nicolas Sarkozy ?
Alors, autant le leur rappeler.
Non ?

Combien de temps encore "notre" Gauche va-t-elle battre en retraite face à un gouvernement qui la maltraite ?

C’est à se demander s’il n’y aurait pas quelque part, un saligaud de généraliste, un crabe de bas étage, qu’aurait délivré à cette Gauche un arrêt de travail de complaisance et pour une durée indéterminée ..



[1] Ah les syndicats, mais quelle honte ! Non mais vous les avez vus, les serviles, le Chérèque et le Thibault, avec leurs manifestations à la petite semaine ? Une manif à raison de même pas une par mois. Et après, ça s’étonnerait presque, déconfit, que samedi dernier, ils ne soient plus très nombreux à battre le pavé ! Tu croyais quoi, espèce de jaune-en-chef de la CFDT et de la CGT ?
C’était une semaine, voire un mois entier de manifestations quotidiennes, qu’il fallait décréter, et là, tu l’aurais vu plier ; le gouvernement.

[2] Or donc, la coalition dominante, soit l’UMP, le Nouveau Centre, les Progressistes et .. La Gauche Moderne (la Gauche Moderne, c’est une Gauche qu’elle est de Droite ..) rassemble 28% des électeurs de ce pays (pour une abstention de près de 60%) .. Elle est donc minoritaire.
Et très largement.

[3] Précisons que toute idée émanant du gouvernement nous paraissant incongrue ou scandaleuse n’est “balancée” que pour déminer le terrain de l’idée suivante, qui bien qu’incongrue ou scandaleuse elle aussi, le paraîtra moins, justement parce que la première aura donné cette impression d’être “balancée” tandis que la seconde sera soigneusement expliquée. L’une ne va pas sans l’autre.

[4] Voilà le genre d’enquête typiquement putassière. Et pourquoi ? Parce que, en réalité, il y a beaucoup, beaucoup plus de salariés qui refusent un arrêt de travail préconisé par leur médecin référent. Ils le refusent pour des tas de raisons, la principale étant la peur de perdre leur boulot. Seulement voilà, ce chiffre n’est pas mesuré, et pour une raison évidente : il n’est pas mesurable. Et voilà qu’on nous en sort un concernant les arrêts de travail injustifiés alors qu’ils sont une goutte d’eau par rapport à ceux, justifiés, que le salarié décline.
Immonde ..

[5] Depuis 1982, l’âge légal du départ à la retraite est fixé à 60 ans (bien que le salarié puisse travailler, si tant est que son entreprise soit d’accord, jusqu’à 70 ans).
En suggérant de reculer cet âge légal à 67 ans, M. Hortefeux nous propose donc de faire un saut de .. 7 ans ! C’est énorme ..
Un petit pas en avant pour Monsieur Brice & le MEDEF, mais un grand bond (en arrière) pour le salarié ..

[6] Ah ! L’égalité des chances ! C’que ça sonne bien ! Sauf que, c’est un piège-à-cons, un concept de fumiste, une idée de publicitaires dont on se sert pour nous faire avaler les plus grosses des couleuvres. Pas besoin d’avoir fait un stage de philo pour “savoir” que l’égalité des chances, ça n’existe pas. Juste, on peut s’efforcer de faire en sorte que les droits des citoyens soient (au mieux) les plus équitables possible, mais jamais chaque citoyen jouira également des mêmes chances.
Qui le prétend, est un menteur.
Qui le prétend, veut te vendre quelque chose ..


"Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies"
[Extraits du "Discours De La Servitude Volontaire - Etienne de la Boétie - 1549]

16 juin 2009

L’Afrique, C’est Chic …

Spéciale dédicace à l’aimable attention de Messieurs Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, Jean-Louis Debré, Bernard Kouchner, Jacques Godfrain, Alain Joyandet et Michel Roussin, présents ce jour, mardi 16 juin 2009, à Libreville [Gabon] aux obsèques de leur très “cher” ami, M. Omar Bongo.





Tiken Jah Fakoly chante “Françafrique” au Festival du Bout du Monde, Édition 2005 [Presqu’île de Crozon - Finistère]

15 juin 2009

La Création D’Un Netanyahu ... Ou D’Un Etat Palestinien ?

Il fut déjà question ici, de l’importance d’un titre (de presse, Internet compris). De ce qu’il peut, ou pourrait induire chez le lecteur.
Un titre c’est important, jamais innocent. Il est d’ailleurs choisi avec soin. A ce point que dans les rédactions, un pool de journalistes est chargé d’en attribuer un à chaque article écrit par ses confrères. Ce qui n’exclut évidemment pas que l’auteur puisse en proposer un pour illustrer son billet.

En fait, il y a deux éléments déterminants qui (pré)informent (et conditionnent) le lecteur : le titre de l’article ET la photo jointe à celui-ci.
Déterminants mais aussi, et surtout, terriblement subjectifs, et parfois (souvent ?) considérablement à charge. Ainsi, pendant la dernière campagne présidentielle, il était fort rare de tomber sur une photo – disons – sympathique du candidat Sarkozy dans le quotidien Libération, itou concernant les clichés (dans tous les sens du terme ..) de Marie-Ségolène Royal publiés par le Figaro.
C’est la raison (déontologique …) pour laquelle pendant très longtemps, Le Monde se passa de l’élément photographique.
Reste que, tout peut être dit, y compris la messe, dans un titre. La photo ne venant qu’accentuer ("négativement" ou "positivement") le propos signifié.
Or que ce soit en matière de presse papier ou d’Internet, le lecteur est roi. J’entends par là que face à une masse (de plus en plus) considérable d’infos, il la choisit. Ce qui sur le terrain se traduit par la lecture de certains articles (assez peu en vérité, et souvent en diagonale) et pour le reste, le lecteur se contente des titres (et de la photo, si photo il y a).
On voit donc toute l’importance du titre, tant il peut suffire au lecteur pour faire SON info. Une info qui ne sera (malheureusement) pas, dans bien des cas, l’INFORMATION !

Or donc, ce matin, sur Internet comme sur papier, on nous informait des déclarations dominicales du Premier ministre Israélien, M. Benjamin Netanyahu.
S’adressant au peuple et aux responsables palestiniens, il les invitait à “entamer” immédiatement des négociations de paix et .. “sans conditions préalables” !

”Sans conditions préalables “?

Mon Dieu, serait-ce possible, oh la la, oh la la ?

Eh non.

Car très vite celui que l’on surnomme “affectueusement” Bibi, précisa que “En cas d’accord de paix, le territoire sous contrôle palestinien doit être désarmé (…) Et SI les palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’Etat du peuple juif, nous serons disposés, dans le cadre d’un véritable accord de paix, à trouver une solution pour la création d’un Etat palestinien vivant aux côtés de l’État juif.

Certes pour la première fois, c’est vrai, Netanyahu évoque la création d’un État palestinien. Mais il la soumet .. à conditions [1] !  Alors que, quelques minutes plus tôt, il était prêt à négocier … “sans conditions préalables”.

Notons également (mais c’est pour détendre ..) qu’il ne s’agit pas de trouver des solutions pour la création d’un Etat palestinien, mais UNE solution. Au vu des (draconiennes) conditions préalables, on avait bien compris qu’il ne pouvait y en avoir plus d’une ..
Nonobstant, réjouissons-nous (c’est toujours pour détendre ...) que Bibi veuille trouver une solution pour la création d’un État palestinien VIVANT

Comment cette information allait-elle être traduite en titres chez nos camarades journalistes ?

Pour Le Monde.fr [2], Le Nouvel Observateur.com ou Libération.fr, le titre résume "assez bien" la situation :


Capture D'Ecran Libération.fr - Lundi 15 Juin 2009, 13h58

En revanche les sites de l’Express, du Point ou du Figaro choisirent une autre option …

Capture D'Ecran Le Figaro.fr - Lundi 15 Juin 2009, 13h54

Oh bien sûr, le chapeau du Figaro.fr (soit le texte suivant le titre) précise bien que le Premier ministre israélien réclame en échange la démilitarisation, etc - Ce qui, pour info, n’était pas le cas sur les sites de L’Express [3] et du Point [4] – mais, encore une fois, c’est le titre qui prime. C’est lui qu’on retient.
Et, s’il n’y a pas volonté de "désinformer", en revanche, il y a clairement là, une prise de position, et elle est très politique.
Ce qui est grave, c’est qu’à desseins, ce choix éditorial ne reflète aucunement la réalité.
Ce n’est pas la "bonne information" qui est pré-délivrée.

Ceci étant, me targuant d’être un mauvais esprit de première revendiquant et subjectivité, et dérision, et mauvaise foi (mais je ne suis pas journaliste, tout va bien ...) en ce qui me concerne, j’aurais titré :

”Benjamin Netanyahu accepte le principe d’un Etat palestinien ... sans palestiniens !”

Et le pire, c’est que je crois qu’avec ce titre je suis plus proche de la vérité que ceusses, en amont, présentés …



NB : A lire : "Le Discours De M. Netanyahou, Un Non-Evènement"



[1] Hormis la démilitarisation et le fait que les palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’État du peuple juif, M. Benjamin Netanyahu revendique la souveraineté de Jérusalem, refuse le gel immédiat des constructions dans les colonies de Cisjordanie et réitère son opposition de voir les réfugiés palestiniens rentrer en Israël ! Ce qui fait tout de même beaucoup …

[2] Ce matin (12h33) le site du Monde titrait : “Netanyahu pose ses conditions à l’existence d’un État palestinien”.
En milieu d’après-midi (16h16) le titre était modifié et devenait :”Le tout petit pas en avant de Benjamin Netanyahu”.

[3] L’Express.fr titrait en matinée : “Netanyahu accepte pour la première fois un État palestinien".
En fin d’après-midi, il ajoutera la mention : “Démilitarisé.”

[4] Le site du Point a sur-titré “Sous Conditions”.
Étrange procédé, tant ce sur-titrage semble, par sa forme, indiquer une rubrique plutôt qu’un élément d’information ..


Capture D'Ecran Le Point.fr - Lundi 15 Juin 2009, 8h27

13 juin 2009

Tu N’As Pas D’Argent ? C’est Pas Grave, On Va T’Apprendre à Le Gérer !

La Frédéric Lefebvre Blonde

Or donc Nadine Morano qui n’est QUE secrétaire d’État à la Famille (et non ministre comme elle le laisse parfois penser ou supposer - “Hou la menteuse-euh !”) veut tendre la main aux familles en difficulté, dixit Le Figaro.fr

On voit à peu près ce que c’est qu’une famille en difficulté(s) : c’est un groupe de personnes (unies pour le pire) touché (de plein fouet, pour reprendre l’expression consacrée) par le chômage, la précarité, la crise et tout ce qui s’en suit, étranglé par les crédits (de type revolving) ne gagnant pas assez pour subvenir à leurs besoins, doté d’un pouvoir d’achat de “biéloroumain”.

Vu de ma fenêtre, si l’on veut vraiment leur tendre la main, on met en place une politique adéquate. Par exemple, on applique à la lettre le programme du candidat Sarkozy, celui qui nous disait qu’il y avait en France, un problème de pouvoir d’achat (“Nier que ce problème existe, c’est se moquer des français !” Rappelait-il, fraîchement élu) que les salaires étaient trop bas et les prix trop hauts.
En clair, on se bat pour que les salaires de ce pays soient revus, et fissa, à la hausse, ce qui, en outre, permettrait de donner (toujours selon l’expression consacrée) un petit coup de pouce au SMIC [1].
On s’attaque aux marges délirantes pratiquées par les grandes surfaces (celles qui prétendent, les outrecuidantes, lutter contre la vie chère ET pour notre pouvoir d’achat – C’est ça, oui ! Mais prenez-nous donc pour des cons !) on décrète le gel des loyers, on lutte comme des chiffonniers contre cette histoire de crédit revolving (proposé, entre autre, par les grandes surfaces, celles donc qui nous prennent pour des cons !).

Est-ce cela que nous propose Nadine Morano ?

Eh non.

Non, Nadine Morano invite les familles en difficulté(s) à se rendre sur Internet pour “Mieux gérer” leur budget. Distinguer ce qui est “nécessaire” de ce qui est “superflu”.
Déjà, si l’on est en difficulté(s), j’ai envie de dire (comme le profère souvent "Yves-pardonnez-moi-de-vous-poser-cette-question-Calvi") qu’un abonnement au Net peut être considéré comme du “superflu”.
Mais ne polémiquons pas. Enfin, pas tout de suite. Je veux dire, attendons que cela soit .. nécessaire.
D'autant plus que notre client (Nadine, donc) est du genre .. suffisant.

Avec ce site ouvert mardi en 9, Nadine Morano veut donner aux français des "outils" (une clé de 12 ?) aider les familles à sortir de la "spirale de la consommation" (tu sais ce qu’elle te dit la spirale de la consommation, Nadine ?) à "faire" ou "refaire surface" (petite ou grande surface, Nadine ?) ou, "tout simplement, prévenir les aléas de la vie".

J’aime le “Tout simplement” ..
Et, je brûle d’impatience de savoir ce que Nadine Morano entend par “les aléas de la vie”.

En seulement trois clics, on comprend que Monbudget est un énorme foutage de gueule, et le nier, c’est se moquer des français, comme disait l’autre.
Il suffit de se rendre à la rubrique “Gérer mon budget” pour réaliser que Nadine Morano prend les familles en difficulté(s) pour de gros crétins de compétition ne sachant pas gérer leur argent.
Rien de ce qui est proposé n’est de nature à les sortir de la merde où ils sont. Sinon des tableaux EXCEL que nous connaissons tous, où d’un côté tu as la colonne des dépenses et de l’autre, celle des ressources.
A partir du moment, où tes dépenses (nécessaires) dépassent tes maigres ressources, ce qui est le propre d’une famille en difficulté(s), je ne vois en quoi en tableau va les aider à “refaire surface” !
Mais pour ce qui est d’inventer ce qui existe déjà, Madame Morano, excelle.

On a tout de même comme un léger espoir quand d’un coup, nous apercevons la rubrique “trucs & astuces” !
Aaaah !
Nadine va-t-elle nous refiler des tuyaux que nous ne soupçonnions pas susceptibles de nous sortir la tête de l’eau ?
Eeeeh, non !
Comme trucs, ou astuces (je ne sais si c’est l’un ou l’autre) notre secrétaire d’État nous informe (entre autre) qu’en début de mois, il faut absolument réserver les sommes correspondant aux charges fixes (même quand c’est prélevé, Nadine ?) ou “Lorsqu’une grosse échéance s’annonce, veiller à mettre de côté mois après mois une partie de la somme afin d’en disposer quand il vous faudra la régler” ..
Nadine, je m’en voudrais d’être désagréable, mais je ne vois pas comment une famille en difficulté(s), donc qui n’a pas assez d’argent pour subvenir à son malheur, pourrait mettre chaque mois de l’argent de côté !
Les seuls qui peuvent le faire, Nadine, ce sont ceux qui ne sont pas en difficulté. Donc non concernés par ta maintendue.fr

Mais le summum est atteint à la rubrique “Je gère mes changements de vie”.
Quels bons petits conseils de derrière les fagots va nous donner Madame Morano quand, par exemple, on perd son emploi ? – mais pas de panique, nous précise-t-elle, vous avez droit à un régime d’indemnisation (ah bon ?) et surtout, n’oubliez pas que vous pouvez toujours rebondir (Oh ? ... Même en période de crise-la-pire-qu’on-ait-connue-depuis-un-siècle ?) et repartir (mais où ça, Nadine ?) ?
Rien que nous ne sachions déjà - s’inscrire au Pôle Emploi, contacter sa banque, ses établissements de crédits, les organismes sociaux [2] – mais est-ce bien étonnant de la part de quelqu’un qui n’a jamais été touché (de plein fouet, donc) par le chômage ?
Que sait-elle du chômage, Madame Morano ? De ce que cela signifie de souffrances, d’humiliations ?
Rien. Elle n’en sait rien.
Sinon, elle ne nous dirait pas : “Pensez à épargner et à économiser pour que cet aléa (le chômage, donc) ne se transforme pas en difficulté lourde.”
T’as déjà vu un chômeur épargner, toi ? A part Noël Forgeard ?
Mais c’est surtout le terme “aléa” qui vaut son pesant de cacahuètes.
Car oui, pour Madame Morano, perdre son emploi c’est “un aléa de la vie” (“De toutes manières, la vie est faite de ses aléas” écrit-elle .. Ah ! ... Je croyais que ton maître-à-penser nous invitait à ne pas être fataliste …).

Espérons, qu’elle soit, Nadine, un aléa de la vie politique.

Pour résumer, Madame Morano ne tend pas la main aux familles en difficulté(s.) Elle les méprise. Car, en substance, elle leur dit ceci :
Vous savez pourquoi vous êtes raides le 7 du mois ? Parce que vous êtes des crétins ne sachant pas gérer votre argent !
Mais quel argent ?
Puisqu’ils n’en ont pas (ou plus) !
Ce qui nous renvoie au discours de Dominique Baudis (et de tous les candidats des listes UMP pour les européennes) dont le message était le suivant :
Le peu qu’il vous reste, on se propose de faire notre possible pour que vous ne le perdiez pas !
A la seule différence qu’avec Madame Morano, on franchit une étape, mieux, on repousse les limites (comme il est dit dans”Le Dîner De Con”) :
Le peu que vous n’avez plus, je vous propose de .. le gérer !

En d’autres termes, Nadine Morano fait sienne cette phrase de Coluche :
Si vous avez besoin de quelque chose, appelez-moi, je vous dirai comment vous en passer !” [L’Étudiant – 1980]

Ce qui n'était qu'une blague est devenue, aujourd'hui, réalité.


[1] L’un des arguments avancés par le Gouvernement pour justifier son refus de donner un coup de pouce au SMIC, c’est qu’alors, il n’y aurait plus, ou peu, de différences entre ceusses qui le touchent et les autres, au-dessus, qui ne gagnent pas bezef.
Un argument qui saute si tu incites les entreprises à pratiquer une politique salariale prenant réellement en compte l’augmentation du coût de la vie.

[2] Ce qui est incroyable c'est que jamais cette rubrique n'incite celui qui "perd son emploi" à aller fréquenter des "salons de l'emploi", à faire des démarches pour retrouver du taff, ne donne aucune piste pour "rebondir" et "repartir". C'est sans doute pour cela qu'il est indiqué : "En cas de chômage, il est nécessaire d'avoir les bons réflexes". "En cas de chômage" est donc équivalent à "En cas d'incendie" ... C'est terrifiant ! ...

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