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28 mai 2009

Je Ne Marche Pas à La Susan Boyle

Susan Boyle [Source : Pure People]

On dit qu’elle a le physique ingrat, Susan Boyle. C’est vrai …
Elle est grosse, elle est moche et plutôt du genre velu, Susan Boyle.

On a tous connu, une Susan Boyle. A l’école. Au collège. Au lycée. Au boulot. Et … on lui en a fait baver, tu te souviens ? Et pas qu’un peu, nom de Dieu !
C’est bien d’elle, non, dont on se moquait et sans compter ?
Allons, ne fais pas celui qui ne se souvient pas ! Tu sais très bien, que c’est elle qu’on a rejetée, sifflée, brimée même. C’est elle que nous ne n’invitions jamais à nos soirées. Et aujourd’hui, voilà que .. nous l’applaudissons ? … Tiens donc ! …. Voilà qu’on s’ébaubit, qu’on s’émeut même de – comment dire ? – son ..  “incroyable destin”.
Comme une revanche sur la vie qui jusqu’ici ne l’avait pas gâtée. Faut dire aussi, qu’on ne l’a pas vraiment aidée, notre Susan Boyle personnelle. Ou alors, un jour, comme ça, en passant, à peine mité par je ne sais quel sentiment de culpabilité, des remords à pas cher et passagers, une curiosité mal placée, on est allé vers elle, pour très vite, s’en débarrasser. Retourner à la meute. A nouveau, se gausser.

Mais aujourd’hui, on l’applaudit.
Aujourd’hui, c’est notre Susan à nous. Oui, à nous ! … Car elle nous appartient, tu comprends ? C’est NOTRE copine, désormais ! Alors qu’elle est toujours aussi moche, grosse, velue et sapée comme un sac ! Mais … MAGiiiiiE ! ça ne nous dérange plus ! On trouverait même que, finalement, ça a du style ! … Et tu sais quoi ? … J’te fiche mon billet, qu’y a des sagouins, des qui s’emmerdent pas, des pas gênés, qui doivent clamer haut et fort qu’ils le savaient bien, tiens ! qu’elle avait du talent, qu’elle était exceptionnelle, la Boyle ! Même qu’ils l’avaient toujours dit. Et ne crois pas qu’elle est, cette attitude, britannique. NooOOOon ! C’est juste la nature humaine qu’est ainsi faite.
La saloperie, vois-tu, ça n’a pas de nationalité. L’être humain est un sale type. Moi, le premier.
Et toi, avec.

Nonobstant, je dois te faire un aveu : je n’applaudis pas. Je ne m’ébaubis pas. Je ne m’émeus point. Je ne marche pas à la Susan Boyle.
Et tu sais pourquoi ?
Parce que c’est un attrape-cons comme sait si bien et quasi quotidiennement nous fabriquer cette machine à broyer qu’est cette pute, cette femme, cette salope : la télévision !
L’on me rétorquera que, dans ce genre d’émission, un télé-crochet, c’est le public qui vote, qu’a le pouvoir, celui de désigner la star, et qu’elle est là, la victoire, parce que le public ne suit pas les "critères", ceusses qu’on lui impose chaque jour dans les médias via la publicité, tu sais ces "critères" qui disent que pour réussir il faut être comme ci, comme ça, belle, élancée, lookée, rebelle, minaudante ou mystérieuse, écervelée ou sophistiquée, sans oublier le milieu social bien sûr ! pas trop bas, pas trop haut non plus, faut pas déconner - à moins d’être la fille ou le fils de, là, c’est différent, t’as ton ticket dès la sortie vaginale - oui, ces critères, eh bien le public les envoie péter en consacrant une Susan Boyle, celle-là même dont il se moquait hier, celle-là même qu’il rejetait, il décide d’en faire un symbole. SON symbole ! Car ce n’est pas Susan Boyle qui prend sa revanche, mais le public ! Contre les critères qu’on lui impose, qu'il subit. Il fait de Susan, SA chose !
Or, ce n’est pas la sienne.
Mais celle de la télévision.
Et des publicitaires.
Comme l’était Magalie Vaé, notre grosse à nous de la Star Academy. Celle que tu as élue, pour la même raison que le public anglo-saxon va élire Susan Boyle, parce que, elle aussi, Magalie, ne correspondait pas aux "critères".
Et une fois élue, tu l’as acheté son disque ?
Bien sûr que non !
Une fois élue, tu l’as oubliée.
Car ta nature est ainsi faite.
Et la télévision le sait bien.

La télévision se sert de Susan Boyle, car elle te connait. Elle te connait bien. Elle sait que tu vas marcher. A fond les ballons. Et d'ailleurs, vas-y que je te "buzz" l’affaire sur Internet, comme si c’est TOI qui l’avais découverte, Susan Boyle !

La question, la seule qui vaille, est la suivante : pourquoi ?
Pourquoi la télévision te propose-t-elle ce qu’elle sait pertinemment être "ton" futur vainqueur ?
La réponse est simple : parce qu’elle veut te vendre quelque chose.
Ici, elle te vend un conte de fées. Clés en mains. Il est tout "pipeauté", ce conte de fées, mais peu importe ! L’important c’est que le public y adhère. Y croit. Et tout est fait, organisé, pensé, pour que ce soit le cas. Et C’EST le cas !
La télévision se sert de Susan Boyle pour te faire passer ce message : si Susan y arrive, alors toi aussi, tu peux y arriver ! Toi qui ne corresponds pas aux “critères”. Toi qui pensais que tu n’avais aucune chance, eh bien tu vois, regarde, c’est possible ! Toi aussi, tu peux, dans ce monde, vivre un contre de fées !

C’est fantastique comme message, non ?

C’est dégueulasse, surtout. Au sens Léo Ferré, du terme.

Parce que c’est un mensonge, un ignoble mensonge.
A quoi sert-il ?
A te mentir demain.
Qui sert-il ?
Ceux qui te mentent tous les jours : les décideurs, les industriels, les publicitaires. Les faiseurs de "critères".
Et même, les politiques.
Oui, les politiques !
Tu n’imagines pas quelle était leur joie quand ils constatèrent le succès rencontré par le “Loft” ... Alors comme ça, ça ne nous posait aucun problème, ou si peu, de mater, via des caméras, des jeunes évoluer dans leur intimité ? … Tiens donc ! … Comme c’est intéressant ! ... Non parce que, avant le “Loft”, fallait voir les réactions outrées quand un maire installait dans sa ville des caméras de vidéosurveillance ! Atteinte à la vie privée et tout le tralala ! Mais après le “Loft” que tu as consacré, validé, cet argument ne tient plus. Tu comprends ?
La télévision ce n’est pas innocent. Jamais !
La télévision est un immense laboratoire dont nous sommes les grenouilles. Elle teste sur nous de nouveaux produits (et toujours plus dangereux, notamment pour la démocratie) et selon notre réaction, le politique en tire des conclusions.
Mais pas que lui.
Les publicitaires, aussi. Surtout.

Or donc, concernant Susan Boyle, il ne s’agit que de mensonge. De voir, si ça mord. Encore. Si c’est oui, et c’est le cas, alors ça veut dire qu’ils peuvent te mentir demain. Tout va bien !
Tu crois aux contes de fées ? Génial !
Eh ben on va t’en servir un bien joli demain, mon pote ! Un bien gratiné !
Comme par exemple, te faire croire qu’ensemble, tout est possible ! Tu te souviens, hein, de ce slogan publicitaire

C’est elle, la publicité, les publicitaires, qui énoncent et font les "critères". Ce ne sera jamais toi. Ni moi. Et surtout pas Susan Boyle. Dont ils se servent. Et se moquent !
Ces gens-là, les faiseurs de "critères", tu ne les connais pas, et tant mieux pour toi ! Ils vendraient leurs mères. Ils écorcheraient un chat, juste pour le plaisir. Celui de le voir saigner.
C’est eux qui font danser le monde. Et le monde n’est pas un conte de fées. Parce que, justement, c’est eux qui le font. Et le défont. Où ils le veulent. Et quand ils le veulent.

Susan Boyle n’est qu’un appât. Rien d’autre. Et toi, tu mords.

Au mieux, elle profitera un peu de cette gloire éphémère, puis doucement, retrouvera l’anonymat. La solitude. Et tout le monde s’en foutra. Nous les premiers.
Au pire, elle sera broyée. Détruite. Ce ne sera pas la première. Mais là encore, personne ne s’en préoccupera. On s’en battra les couilles comme de notre première Loana.

Et puis, dans cinq ans, ou dix, les médias iront la voir, faire du reportage, de l’audience, et donc des écrans publicitaires.
Ils iront la voir dans sa petite maison tranquille, seule et triste, ils iront la voir comme ce chômeur qu’a gagné au loto, et qui ne sachant pas gérer l’argent, le trop d’argent – mais comment le pourrait-il ? – a tout perdu.
Elle aime bien ça, la télé, les gens qui rentrent dans le rang. Qui retrouvent leur milieu social.
Après t’avoir fait croire aux contes de fées, elle remet les pendules à l’heure, la télé, pour mieux te vendre via les publicitaires, demain, un autre mensonge, une autre Susan Boyle.

Celle dont tu te moquais hier - tu te souviens ? - celle que tu applaudis aujourd’hui, et que tu oublieras demain.





Musique n’ayant rien rien à voir avec ce billet. C’est juste comme ça. Pour oublier. Oublier ce qui est laid, la télévision, les publicitaires, la nature humaine ..


podcast

[Nina Hagen Band : "Naturtrane" - 1978]

27 mai 2009

La Crise Est En Vacances Du 25 Mai Au 7 Juin !

La Crise Est Contente !

Nous autres, les français, sommes inquiets.
Très inquiets.

A votre humble et déontologique avis, pour quelle raison, Mâhâme Chabot ?

Non. Je n’ai pas commis d’erreur. Il n’y a pas de pluriel. Car la raison est unique.

Alors Mâhâme Chabot, quelle est-elle ?

Vous ne voyez pas ?

Je vais vous aider.

Les français sont inquiets parce que :

A – Ils ont peur de perdre leur emploi.
B – Ils craignent pour l’avenir de leurs enfants. 
C – Ils ne se sentent pas du tout en sécurité dans ce pays.
D – Ils sont inquiets de nature, c’est comme ça, on n’y peut rien.

Je précise Mâhâme Chabot que vous n’avez pas le droit de demander l’avis des français via un sondage OpinionWay, d’utiliser le 50/50 ou d’appeler votre ami, Nicolas Sarkozy.

Alors ?

Vous dites réponse "A" Mâhâme Chabot ?
Vous êtes sûre ?
Vraiment ?
Dois-je comprendre que c’est … votre dernier mot ?

Bon.

Eh bien Mâhâme Chabot, je suis vraiment désolé, mais … nOOOoooOOn !
La bonne réponse était la “C” : Les français ne se sentent pas du tout en sécurité dans ce pays !

Eh bê ouiiiii, Mâhâme Chabot, enfin !

Mais COMMENT ?
Comment avez-vous pu chuter sur une question aussi facile ?
Qu’est-ce qui vous a pris de répondre “A” ?

La crise, vous dites ?

Ah oui mais ça, c’était la semaine dernière Mâhâme Chabot ! La semaine dernière, vous répondiez “A” et vous aviez bon à notre jeu, mais là non !

Pourquoi ?

Mais parce que depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts, Mâhâme Chabot !

Comment ça quelle eau ?

Mais celle des Européennes, Mâhâme Chabot !
Vous ne savez donc pas que la campagne a débuté, sans fanfare ni la moindre trompette, ce lundi ?

Eh bê ouiiiii, Mâhâme Chabot !

Comment avez-vous pu oublier cette règle essentielle, un des fondements de notre démocratie droitière qui dit qu’en période électorale, 99% des français (sondage OpinionWay approuvé par le gouvernement) sont très préoccupés par le climat d’insécurité qui règne dans notre pays - ce qui est étonnant, voire abracadabrant, vous en conviendrez, après 7 années de régime sarkozyste à l'Intérieur puis à l'Elysée !

Il est vrai qu’avec cette crise nous l’avions complètement oubliée, cette insécurité, Mâhâme Chabot. Mais fort heureusement, le gouvernement et les médias sont venus nous la rappeler avec une pugnacité qui les honore. Quelques agressions d’enseignants dans des collèges jusqu’ici tranquilles, et c’est bien là ce qui inquiète le citoyen, c’est que désormais, ça ne touche plus uniquement les établissements situés en zones sensibles, mais également le leur, celui qu’ils avaient choisi soigneusement, par exemple, en contournant la carte scolaire ; le phénomène des bandes qui n’en peut plus de prendre de l’ampleur, ces bandes armées jusqu’aux dents qui n’auraient rien à envier, ou quasiment, à celles de Chicago ; sans oublier les pédophiles qui ont, le saviez-vous, colonisé le Net !
On ne remerciera jamais assez le gouvernement et les médias d’avoir, qui à la force des mots et du poignet, qui à grand renfort de reportages ou de débats téléguidés, replacé l’insécurité, la seule qui vaille en période électorale, au centre des préoccupations de nos concitoyens.

Oh bien sûr, Mâhâme Chabot, le 8 juin au matin, soit le lendemain des élections européennes, la France ne connaîtra plus de problèmes majeurs de délinquance.
Sinon, la routine.
Une petite agression par-ci, par-là, commise par un gang de deux jeunes, mais pas de quoi faire la Une du JT de TF1, voyez ?
Ni celle du Figaro.
Et puis de toutes les façons, la future ex Ministre de l’Intérieur, Mâhâme Alliot-Marie a quasiment réglé la question avec un projet de loi sur la Sécurité (le 12 546ème depuis 2002) qu’elle a présenté ce matin en Conseil des Ministres.
Mâhâme Alliot-Marie prouve là qu’elle est à l’écoute des préoccupations des français et (surtout) de Nicolas Sarkozy.

Le 8 juin au matin, tout rentrera dans l’ordre, Mâhâme Chabot : les français seront à nouveau très-très inquiets pour leur emploi, leur pouvoir d’achat, cette augmentation de salaire qui ne vient pas, et l’enfant dont l’avenir est plus qu’incertain.

Le 8 juin au matin, la crise, cette bonne petite crise, reprendra le dessus, Mâhâme Chabot, et permettra à Frédéric Lefebvre de faire des propositions que même le Medef n’aurait pas osé faire !

En attendant, dors bien, peuple de France ...




Ajout, ce même jour, 19h59, qui vient apporter le CQFD :

Fillon.jpg

 

23 mai 2009

Ministère De L'Education Et De La Répression Nationale

Demain, Cet Homme Et Sa Brigade Sécuriseront Ton Ecole

Nous sommes le vendredi 15 mai 2009. A Fenouillet. Une petite bourgade tranquille située au nord de Toulouse.
Le temps est inhabituellement gris pour la saison …

[ … Oui, à ce stade de la narration, je dois te préciser un truc super important : le texte de ce billet est à la mode “Christophe Hondelatte” … ]

… Mais il est en rien responsable, ce temps gris, maussade, du drame qui va se jouer, dans quelques instants, au sein même d’une classe de cinquième. Une classe tout aussi tranquille que cette cité de Haute-Garonne.
Une classe de cinquième du collège François-Mitterrand.
La veille, le jeudi 14 mai 2009, un élève de 13 ans, un élève jusqu’ici sans histoire, que l’on dit timide, un peu réservé, tout aussi tranquille que cette ville tranquille du Sud-Ouest, a été sanctionné par sa professeure de mathématiques.
Une heure de colle.
Un devoir qu’il n’aurait pas rendu. 
Qui ?
Qui aurait pu soupçonner, se douter un seul instant, une seule seconde, que le lendemain, le vendredi 15 mai 2009, cet enfant de 13 ans viendrait à commettre l’irréparable : poignarder avec un couteau de cuisine celle qui la veille l’avait sanctionné pour un devoir non rendu ?

- Xavier Darcos, vous étiez, à l’époque, Ministre de l’Éducation Nationale !
- Absolument !
- Vous souvenez-vous quelle a été votre réaction lorsque vous fûtes informé du geste de ce gosse ?
- Fûtes ?
- Oui … Du verbe être … Je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes …
- Ah .. Très bien .. Eh bien, je .. Comment dites-vous déjà ?
- Fus ..
- […] .. Eh bien je fus embêté … Comment expliquer le geste de cet enfant ?
- Et vous l’expliquâtes comment ?
- Si vous me le permettez, Monsieur Hondelatte, j’aimerais, avant de répondre à votre question, replacer les choses dans leur contexte. En 2009, nous avons dû, avec courage et détermination, affronter une nouvelle forme de délinquance. Celle des cages d’escalier, celle des caïds entraînant des bandes, des gangs même, à caillasser et sans vergogne les véhicules des forces de l’ordre, allant même jusqu’à leur tirer dessus avec, vous vous souvenez, des armes lourdes, des armes de guerre, et puis, celle qui, jusqu’ici, stationnait à la sortie de nos écoles, avant de s’y introduire, comme ce vendredi 15 mai, un couteau de cuisine à la main. A partir de là, Monsieur Hondelatte, il n’était plus question d’expliquer, mais d’agir.
- Et vous agissez en instaurant, dans un premier temps, à l’entrée de tous les collèges et lycées de France, des portiques de détection de métaux !
- Absolument.
- Pourtant, malgré cet ingénieux système, la violence - pardonnez ce mauvais jeu de mots - redouble. Comment l’expliquez-vous ?
- Encore une fois, Monsieur Hondelatte, permettez-moi de replacer les choses dans leur contexte. Nous avons, et vous vous en souvenez, dû batailler contre ce que j’appelle les archaïsmes corporatistes de certains syndicats d’enseignants minoritaires.
- Et majoritairement à gauche !
- Bien entendu ! Ils se sont opposés à l’installation de ces portiques, et parfois violemment, une violence que nous avons unanimement condamnée à l’époque, une opposition qui, d’autre part, n’avait aucun sens car, et vous vous en souvenez, d’après un sondage OpinionWay publié par Le Figaro, 99% des français étaient favorables à l’installation de ces portiques.
- Le fait est, Monsieur Darcos, que ces portiques n’arriveront pas à endiguer la violence. Au contraire ! C’est alors que vous proposez, en collaboration avec Monsieur Estrosi, tout frais ministre de l’Intérieur [1] d’installer, au sein de nos collèges et lycées, non pas un policier référent, mais une brigade toute entière.
- Oui. Je voudrais, si vous me le permettez, saluer au passage le courage et la détermination de Monsieur Estrosi, avec lequel, je tiens à le dire, j’ai travaillé la main dans la main. Et dans un seul souci : assurer la protection de nos enfants.
- Vous fîtes même plus que travailler la main dans la main, Monsieur Darcos, puisque vos ministères fusionnèrent pour donner naissance à celui, unique, de l’Éducation Nationale de L’Intérieur. Pourtant, là encore, c’est un échec, et la violence en milieu scolaire passe du double au triple. Comment l’expliquez-vous ?
- Avant toute chose, Monsieur Hondelatte, je tenais à dire que, je ..
- [ Fus ]
- .. Que je fus, très marqué par cet échec. Profondément meurtri par ce drame qui, vous vous en souvenez, a bouleversé la France entière. Ce drame épouvantable et – comment dire ? – inexplicable !
- Vous faites allusion à cette tuerie, terrible tuerie du 6 mai, dans cet établissement scolaire et jusqu’ici tranquille des Hauts-de-Seine, le collège Nicolas Sarkozy ?
- Oui. Nous avons tous été TRÈS profondément secoués par ce .. Ce drame. Mais comment l’expliquer ?

Comment l’expliquer ?
Eh bien, telle est la question qui hante tous les esprits. Une question qui reste, au jour d’aujourd’hui, sans réponse.
Mais, peut-être, que le nouveau Ministre de L’Éducation Nationale de L’Intérieur, des Maisons de Correction, des Prisons pour Mineurs et des Tests ADN pour Nourrissons, saura, quant à lui, la trouver.
C’est du moins tout le moindre mal que nous souhaitons à Monsieur Éric Besson, qui hier encore, déclarait qu’il mettrait tout en œuvre, et même au-delà, pour lutter contre ce qu’il nomme l’ultra-violence à l’école.

[ … Christophe Hondelatte s’éloigne dans la nuit noire, puis, inexplicablement, se retourne ..]

Quant à ce collège tranquille de Fenouillet, il fut débaptisé en mars 2010.
Il se nomme désormais : Centre de Rééducation Fermé Brice-Hortefeux.

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau numéro de : “Faites Entrer l’Inexplicable !”
Nous tenterons d’expliquer, puisque telle est notre vocation, et dans la plus grande indépendance d’esprit, pourquoi après quatorze années de Sarkozysme, cette ultra-violence qui ravage notre pays [2] est, bien évidemment, la conséquence directe de vingt années de socialisme, vingt années de laxisme en matière de sécurité, vingt années que nous n’avons pas fini de payer.

Bonsoir !




[1] Parce qu'elle ne cautionnait pas les propositions de Xavier Darcos, Michèle Alliot-Marie démissionna et fut remplacée par Christian Estrosi au poste de Ministre de l'Intérieur ; Christian Estrosi qui, dès la rentrée 2009/2010, fit installer des portiques de détection de métaux dans les établissements scolaires dits sensibles et créa parallèlement des Unités Spéciales de Police chargées de réprimer la violence en milieu scolaire.


[2] “Mes chers compatriotes, je veux vous le dire ce soir : la France sortira plus forte de cette violence qu’elle n’y est entrée. Cette violence, inacceptable, qui ronge nos écoles, nos collèges et nos lycées ! Mais je veux dire, aussi, que la France résiste mieux à la violence que nos voisins ! Et pourquoi ? Parce que nous n’avons pas commis d’erreur ! Parce que nous n’avons pas cédé à l’immobilisme ! A la pensée unique ! Parce que nous avons toujours eu le souci d’agir immédiatement pour le bien de vos enfants ! Qu’aurait-on dit de moi, si je n’avais rien fait, si, comme je l’entends ici et là, mais pas besoin de vous faire un dessin, vous savez de qui ça vient, toujours les mêmes, si j’avais perdu mon temps, et le vôtre, à chercher une explication à cette violence ! Si je l’avais fait, que croyez-vous qu’il se serait passé ? Eh bien j’vais vous le dire ! La violence n’aurait pas redoublé, mais quadruplé ! La culture de l’excuse, c’n’est pas ma religion. J’n’ai pas été élu pour rester les bras ballants, à rien faire, comme certains de mes prédécesseurs. J’ai été élu pour agir.
Mes chers compatriotes, les tests de dépistage de la délinquance que nous mettrons en œuvre dès le mois de février prochain, dans nos maternelles, mais aussi dans nos crèches, nous permettront de lutter efficacement contre l’ultra-violence. D’y mettre un terme dans les plus brefs délais. J’en prends ce soir, ici même, et devant vous, l’engagement. Je ne vous abandonnerai pas. Vive la République ! Vive La France !

[Vœux de Nicolas Sarkozy, Président de la République, du Parlement et de France Télévisions – Samedi 31 décembre 2011, 20h00]

22 mai 2009

Devoir De Mémoire : L'Affaire (Claude) Allègre

Vendredi 22 mai 2009, 12h30, France Info :

C'est désormais acquis, Claude Allègre va faire son entrée au gouvernement. C'est Pierre Moscovici, son ami, qui vient de le confirmer.

Nonobstant le fait - et c'est une information de premier plan, tant elle est inattendue - que Claude Allègre ait encore un ami pointant au PS - dont il ne fait plus partie, Allègre, depuis plus de deux ans  - cette information méritait bien une piqûre de rappel, un devoir de mémoire, l'image d'un homme se faisant prendre la main dans le sac (à deux jours du second tour de la présidentielle de 2007) comme un péteux, un vendu, un moins que rien ...



Billet du 5 Mai 2007 [Refais Le Monde - La Préface]


Observez bien cet homme ...



Il nous tourne le dos.
En fait, il tourne le dos à Ségolène Royal.

Une caméra le suit.
Lui, il marche.
Il fait comme si elle n'était pas là, la caméra.
Il fait comme si, car il était prévu qu'il n'y en aurait pas de caméra.
C'est Nicolas Sarkozy qui le lui avait promis.
Sarkozy, l'homme qui ne trahit jamais.

Pourtant, elle est là, la caméra.
Dans cette ruelle, elle attendait l'homme, cet homme qui marche.
Il marche alors qu'il voudrait fuir, cet homme.
Ou alors, être invisible.

Déjà sortir par une porte dérobée, ça n'est pas très glorieux.
C'est encore pire quand on vous y surprend.
Alors il fait comme si, mais sa démarche est malhabile.
Il sent bien qu'il est piégé.

Comment s'en sortir ?
Peut-être se retourner ?
Comme on retourne sa veste ?

Alors, il se retourne.
Une première fois.
Mais c'est trop de souffrances.
Il se ravise.
Il reprend sa marche en avant.
On dirait qu'il va tomber, s'écrouler, tellement c'est humiliant.
Mais non !
Il se retourne encore, brusquement cette fois.
On dirait qu'il veut en découdre.
On dirait qu'il va frapper.
Est-ce un mot, un nom ("Espèce d'Eric Besson, va ?") qui lui a déplu ?
Il dit, la respiration difficile :

"Je suis venu voir François Fillon pour une interview !"

On dirait un petit garçon pris la main dans le sac qui cherche une excuse, une justification.

La voix lui répond :
"Pourquoi ne pas l'avoir rencontré ailleurs qu'au QG de Nicolas Sarkozy ?"

Les bras lui en tombent de désespoir.
Cette ruelle est désormais une impasse, la sienne.
Et sa réponse sonne comme un cri de détresse ou de honte.

"Mais parce qu'il m'a dit qu'il ne pouvait pas .."

Il a dit cela comme on dirait :
"Mais euh !"
Comme un môme.
Un môme qui a cru à ce qu'on lui a dit et promis : une porte dérobée, un ministère.

C'est par la porte principale qu'entre, veste sur l'épaule, Nicolas Sarkozy.
Il paraît allègre, Sarkozy.
Il le peut.
Il est content de son coup.
Il connaît le sort que l'on réserve aux traîtres.
Ce ne peut être que l'humiliation.
C'est fait.

21 mai 2009

J’En Connais Un Qui, Aujourd’hui, Ne La Fêtera Pas … L’Ascension !

Côte De Popularité De Sarkozy [Juin 2007 - Mai 2009]

1 commentaire

”Tant que le navire n'a pas heurté l'iceberg, la croisière continue.”
Jean-Pierre Raffarin

19 mai 2009

Cette Grande Figure Qui N’A Pas De Gueule

Petite Figure Du Libéralisme

C’était mercredi dernier. Le 13 mai 2009, à Paris. Un meeting du PS, au Cirque d’Hiver. Un endroit qui lui va comme un gant, à ce Parti. Ce fantôme. Tant en son sein, c’est le cirque. Tant, l’avenir qui l’attend, c’est l’hiver. Mais du genre rude, tu vois, un putain d’hiver qui n’en finit pas, jamais.

Ce soir-là, Martine Aubry rend hommage à Bertrand Delanoë.
Devant 2000 personnes, elle lui dit, à Bertrand : “Tu es une grande figure du socialisme !

Bertrand Delanoë ?!?
Une grande figure du socialisme ?

Ainsi donc, ça empire et ça empeste, ça se délabre et se délite, à croire que rien ne les arrête ces jean-foutre, pas même la honte qui pourtant les rongeait, plus morts que vivants, en novembre 2007 où, déjà excédé par leurs absences, leurs silences et leurs inconséquences, je titrais qu’il était moche, qu’il était laid, qu’il était à gerber, le socialiste français !
Ces gens-là, qu’aimeraient bien avoir l’air, mais n‘ont pas l’air du tout, ces gens-là qui OSENT se dire socialistes, ne sont que des imposteurs, des scélérats de la pire espèce, des fossoyeurs de Blum et de Jaurès !

Bertrand Delanoë, une grande figure du socialisme ! J’t’en foutrais, moi, bande de peigne-culs !

Bertrand Delanoë le même qui, en mai 2008, dans un ouvrage ridicule et bouffi de prétention, avouait à Laurent Joffrin, cette petite figure du journalisme, qu’il était, oui, “libéral ET socialiste” ?
Elle est belle, Martine, ta grande figure du "socialisme" !

Bertrand Delanoë, celui qui n’a toujours rien dit. Rien de rien. A propos de ce qui s’est passé, vendredi dernier, sur un quai parisien. Celui des Tuileries. Tu sais, les CRS qu’ont viré, et faut voir comment, des sans-abris. Des sans-défenses. Même les journalistes ont protesté, tellement c’était scandaleux. Tellement on les empêchait de filmer [*].
Mais Delanoë, lui, il se tait.
Et pourtant, c’est dans SA ville, que c’est arrivé.
C’est dans SA ville qu’on déloge, et sans ménagement, des miséreux.

Mais non.
Monsieur Delanoë, cette grande figure du socialisme, celui qui déclare, pourtant, vouloir mettre la justice sociale au cœur de l’Europe (mais apparemment pas au cœur de sa ville) il se tait.

Ta grande figure, Martine, elle n’est pas plus socialiste que tu ne l’es.

Ta grande figure, Martine, elle a pas de gueule.

Elle est à l’image de ton Parti, ton cirque agonisant, et de l’hiver qui t’attend et d’où aucun CRS, personne, jamais, ne viendra vous déloger.


[*] Ah, c’est maintenant que vous comprenez ? ... Au bout de deux ans ? ... Ils vous en aura fallu, du temps ..

18 mai 2009

Oh Oui, Baisse-Moi !

But No Way For Its Employees

Et ce que nous craignions, survint.

Hertz, loueur de voitures, propose à ses cadres de renoncer (sur la base du "volontariat") à au moins 5% de leur salaire brut pendant trois mois.
Et, au nom de quoi Mâhâme Ferrari ?
Au nom de la "solidarité" afin, en ces temps terribles - tu sais, la crise ... - de préserver au maximum les emplois.

[ … brûlage d’encens, allumage de bougies, dépôt de gerbes et minute de silence ..]

Si j’étais un sale gauchiste de catégorie une, j’informerais et fissa, les futurs consentants de cette indécente proposition d’un fameux précédent sous forme de parallèle que voici :
Le 14 septembre 2007, attendris par les arguments de leur direction, les salariés d’une usine “Oiseuse” acceptent (via leurs représentants syndicaux) de passer de 35 à 40 heures hebdomadaires à compter du 1er janvier 2008. Il en va, parait-il, de la survie de leur entreprise. De leurs emplois, surtout.

Et alors ?

Eh bien alors, cette usine, c’était celle de Continental à Clairoix. Celle-là même qui, le 11 mars dernier, annonça sa fermeture. 1120 salariés sur le carreau. 1120 salariés qui se sont fait mettre et copieux. Ceux dont le gouvernement comprend la colère tout en la condamnant.

Nonobstant, hier sur France 5, Brice Hortefeux déclarait ne pas être choqué par la proposition de l’entreprise Hertz. Tout juste, s’il ne la louait pas.
”Si cela peut permettre de préserver l’avenir de l’entreprise, la diminution de salaire, ça ne me choque pas.” qu’il a dit texto, le Brice.

Mais qu’est-ce qui pourrait bien le choquer, dorénavant, ce brave homme, quand, comme lui, pendant deux longues années, on a avec célérité et sans barguigner expulsé du territoire français et à raison de 26 000 par an, des sans-papiers, des miséreux, expulsé après un séjour pas piqué des hannetons en centre de rétention, où, en souvenir de Pierre Laval, on fit preuve d’humanité en ne séparant point le nourrisson de sa maman !
Tu penses bien qu’après une épreuve pareille, le mec, il est blindé. Plus rien ne le choque. Plus rien ne l’émeut.

Mais poursuivons.

Emporté par son élan - celui donc que rien émeut - messire Hortefeux précise qu’en période de crise, l’effort doit être partagé !

Si j’étais un aimable gauchiste de catégorie molle, je m’empresserais de faire remarquer à notre sémillant ministre du Travail que le partage n’est pas un concept de type unilatéral. En d’autres termes, que si l’effort doit être partagé, il doit l’être par tous, salariés ET dirigeants. En clair, si l’on demande aux salariés d’une entreprise, un sacrifice, ici une baisse de salaire, alors ses dirigeants (actionnaires compris) doivent itou, baisser le leur.

Bien évidemment, si j’étais un infâme gauchiste de Ligue 1, je te séquestrerais manu militari l’impétrant, histoire de lui apprendre en deux temps trois mouvements ce que signifie réellement le mot partage.

Ceci étant, pardonnez-moi comme dirait Yves Calvi et toute sa famille, mais je trouve le Brice un peu mou du genou.
En effet, je m’attendais à ce que notre Brissou aille plus loin que la direction de Hertz (aller plus loin étant le leitmotiv de ce gouvernement d’ultra-droite) en proposant, non pas une baisse de salaire de 10, 20, 30 ou 50%, mais – et toujours sur la base hypocrite du volontariat - pas de salaire du tout.
Queue dalle, rien, et pendant le temps qu’il faudra, celui incertain qui permettra à cette louable entreprise de se refaire la cerise sur le dos de ses salariés et celui immense, et tellement pratique, de la divine crise.

Qu’en penses-tu ?

Comment ?

Tu es ... choqué ?!?

Eh bien, tu sais quoi : c’est une excellente nouvelle !

Car, si l’on n’y prend pas garde, si l’on continue à observer sans moufter ni s'émouvoir ce genre de proposition, baisse de salaire et autres "enculeries" notoires, alors il viendra le temps où, et toujours au nom de la solidarité, le salarié sera invité à travailler pour des nèfles. Pour nada. Parce que la crise et son foutu tralala.

Alors, refuse ! Dis non ! Non à la baisse, sinon : t’es baisé !



Bonus : Rions à gorge déployée avec l'article le plus con de la semaine qui ne fait que commencer : Quand Fillon S'Eveillera !

17 mai 2009

Quand Nicolas Sarkozy Tient Brutalement Ses Promesses

Le 18 Décembre 2006, Cet Homme S'Adresse à La France Qui Souffre !

Le 18 décembre 2006, le candidat Jaurès … le candidat Sarkozy est en déplacement dans les Ardennes, à Charleville-Mézières.
Cet homme qui s’est extirpé à la force du poignet de la pire des banlieues [Neuilly-sur-Seine], celle des pots-de-vin et des voyous à col blanc, rend visite à ceusses qui se lèvent tôt, qui triment et qu’on récompense brutalement en délocalisant leur outil de travail.
Oh certes, le nouvel étendard de “la-France-qui-souffre” ne va pas jusqu’à leur dire :
“Vous en avez marre de cette racaille qui délocalise vos usines ? Eh bien on va vous en débarrasser !” 
Mais il compatit à leur sort, promettant s’il est élu qu’on les laissera travailler, même qu’avec lui, il y aura “plus de travail”, “plus de croissance”, “plus de pouvoir d’achat” et “moins de chômage” !

A ce stade de la narration, je les entends déjà, les sales gauchistes [Bayrou, Villepin et consorts – Eh oui, la Gauche n’est plus ce qu’elle était ma pôv’ dame !] se gausser et rectifier le fanfaron en arguant qu’avec lui, aujourd’hui, en fait, y’a “pu” de travail, “pu” de croissance, “pu” de pouvoir d’achat et plusssss de chômage !
Mais taisez-vous, bande de “déclinologues” ! Ne vivez-vous donc que pour “infâmer”, grogner et gronder ? Et la crise, messieurs les gauchistes, vous en faites quoi ? Oseriez-vous dire, apôtres de la mauvaise foi, que Nicolas en serait le premier responsable ? Lui qu’a sauvé nos banques et nos automobiles ? Allons ! Un peu de tenue que diantre ! Rangez-donc vos critiques stériles qui n’ont lieu d’être en démocratie ! En démocratie, surtout celle-ci, on ferme sa gueule ! D’autant plus en temps de crise ! Et on les retrousse, ses manches, et on les met, les mains dans le cambouis, tout comme lui, ce diable de Nicolas, le fait depuis deux ans. En temps de crise, messieurs, on se serre les coudes et les couilles et on fait preuve d’unité nationale ! Bande d’irresponsables, va !

Mais où en étais-je ?

Ah oui .. Le 18 décembre 2006, dans cette ville ouvrière de Charleville-Mézières, emporté par son élan et la plume socialiste d’Henri Guaino, le nouvel Héraut de la France-qui-en-bave-des-ronds-de-chapeau pense haut et fort à l’avenir des miséreux. Ceux qui vivent dans l’angoisse d’une délocalisation sauvage. Ceux qui craignent de tout perdre, comme ça, du jour au lendemain, parce que des cochons de patrons auront au nom de l'ultra-libéralisme, du fisc et du bénéfice, vendu leur production à je ne sais quel pays de l’est asiatique. Ceux qui, par conséquent, vivent dans la peur, celle de se retrouver, demain, à la rue.
”N’ayez pas peur !” Leur dit le futur bronzé de Malte et de Wolfeboro, donc pas pâle.
Et il ajoute :
«Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid»
Puis, merveilleux, splendide, messianique, il enfonce le clou :
«Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s'en trouvera remis en cause».

Et alors ?

Eh bien alors, moins de trois ans plus tard, notre homme a tenu promesse.
Aujourd’hui, plus personne ne dort dans la rue.
La preuve :



[Vendredi 15 mai, 22h30, les CRS délogent les sans-abris et les Enfants de Don Quichotte du quai des Tuileries, à Paris]

Oh certes, je te le concède, c’est assez brutal.
Mais du coup (dans la gueule) plus personne ne dort dehors.
Promesse tenue !

En fait, et sans vouloir être plus gauchiste que le béarnais Bayrou, ce n’est pas tant que sous le régime sarkozyste, plus personne ne dort dans la rue et n’y meurt de froid, c’est juste que tu n’as plus le droit d’y dormir.
Le seul droit qu’il te reste, avec Nicolas, c’est d’aller mourir ailleurs, le plus loin possible, afin que les enfants des bourgeois puissent continuer à vivre en paix.

Ah, le beau pays que voilà !

16 mai 2009

Manifeste Pour La Dissolution Des Enfoirés

La France Qui Se "Restos"

“On nous avait dit c’est pour un soir/On est encore là 20 ans plus tard/Ici, les Enfoirés/Rejoins notre armée.” [1]

Eh bien non.
Ne rejoins pas cette armée.
Déserte-là !

Et j’irai même plus loin : j’appelle à la dissolution des Enfoirés. Mais pas qu’eux. A la dissolution pure et simple de toutes les associations à but caritatif.
Et je m’en explique.

En 1985, année de création des "Restos du Coeur", il y a officiellement 600 000 personnes qui n’ont rien à bouffer. C’est ce que nous dit Coluche. Et il ajoute que, quand on demande au politique ce qu’il compte faire pour remedier à "ce problème", le politique répond qu’il ne sait pas. “Nous on sait, et on le fait !” assène-t-il.
Bien.
Voilà, se dit-on, un acte citoyen. Une bien belle action.
Nonobstant, Coluche pallie, par ses "Restos", les insuffisances des pouvoir publics, du politique lui avouant ne pas savoir comment faire pour combattre la pauvreté mais qui valide, chaque jour, une économie de marché, brutale, accepte l’idée (terrifiante) que cette économie-là fasse des victimes. Et de plus en plus.
Ce même politique qui, cynique, le moment des élections venu, vient nous dire, solennel, la main sur le cœur, qu’il n’est pas tolérable, dans un pays de droits comme la France, que nous abandonnions certains de nos concitoyens sur le bord du chemin. Qui en appelle à notre générosité. A dépasser les égoïsmes. Les nôtres, bien sûr. Jamais les siens. Et il nous présente ça sous forme de formules ou de slogans de campagne ("La fracture sociale" - Chirac en 1995) de promesses (“Zéro SDF en 2007” – Jospin en mars 2002 ; «Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid» Sarkozy le 19 décembre 2006 qui, d’une certaine façon, tient parole puisqu’il envoie les CRS déloger les sans-logis de la rue …) ou de lois (Le Droit Au LOgement dit DALO, par exemple) qui ne s’appliquent pas, ou tellement peu qu’elles ne servent pas à grand chose.

Et alors ?

Et alors, rien !

Et pourquoi ?

Parce que justement le politique s’appuie, sans le dire, sur les associations caritatives qui lui assurent, au fond, l’essentiel : la paix sociale. Il lui fournit même des structures, au niveau local, pour qu’elles (les associations et la paix sociale) perdurent.
Il serait intéressant de les dénombrer. Nous nous rendrions compte, qu’en trente ans, ces associations ont pullulé. Grâce, en partie, aux pouvoirs publics, bien heureux de leur existence, vu qu’elles se substituent à leur relative impuissance.
Intéressant aussi, de les entendre ensuite nous dire, ces politiques, qu’il faut en finir avec .. l’assistanat ! Alors qu’ils ne le souhaitent pas. Et toujours pour la même raison : la garantie d’une paix sociale.

Mais à quel prix, cette paix sociale ?

Ils étaient 600 000 à n’avoir rien à bouffer en 1985, ils sont combien aujourd’hui ?
2 ?
3 ?
4 fois plus ?

Si l’on en croit le rapport de l’INSEE publié en début de cette semaine, il y aurait 8 millions de personnes qui vivraient en dessous du seuil de pauvreté en France (2006).
Soit un million de plus qu’en 2004.

Voilà le prix.
Il est insupportable.

Mais visiblement, nous l’acceptons.
Nous acceptons l’inacceptable.

Eh bien, je dis moi, qu’est venu le temps de refuser.
Et ce refus passe par la dissolution des associations à but caritatif. A commencer par les "Restos Du Coeur", qui, hormis le fait que ce soit devenu (très vite) un barnum et un show médiatique épouvantable, quand ce n’est pas une promo déguisée pour les artistes qui y participent, constituent, en réalité, un cache-misère [2]. Or, il ne faut plus la cacher. Il faut absolument que nous la voyons, que nous la sentions. Il faut qu’elle soit à nos portes, la misère. Vivante, réelle, palpable.
C’est le seul moyen pour qu’enfin il y ait une vraie prise de conscience et un changement de politique.
Une politique responsable, soucieuse de TOUS ses citoyens.
Tant qu’il y aura des associations qui pallieront à son insuffisance, il n’y aura aucun changement de cap.

Certains me diront que je prône là, le Grand Soir (que ne promettaient pas Coluche & Ses Enfoirés : “On ne vous promet pas le Grand Soir, mais juste à manger et à boire !”) ou le Chaos.
Non.
Je ne fais juste que répondre à la question posée par les (nouveaux) Enfoirés : “Et si tu trouves un jour la solution, on fêtera tous notre dissolution !
Eh bien la solution c’est que désormais les politiques, à qui vous avez - indirectement - servi la soupe pendant 20 ans, assument leur choix, celui par exemple de l’économie de marché de type débridée, en tirent les conséquences et fassent leur boulot.
Et la seule façon d’y parvenir, c’est par la dissolution des "Restos", des Enfants de Don Quichotte, de toutes ces associations qui croyant bien faire, entretiennent paradoxalement la pauvreté (qui d’ailleurs grandit) et l’inertie des politiques.

Autrement dit : Laissez les pauvres prendre leur destin en main ! Et Basta !



[1] Extraits de ”Ici Les Enfoirés” reprise du “In The Army Now” du groupe Status Quo (elle-même reprise d’un obscur titre néerlandais). C’est parfait ! Car par ce billet, je déclare qu’il est grand temps d’y mettre fin. Au statu quo.

[2] “Parfois je me demande à quoi ça sert !” Chante Zazie dans cet “Ici, Les Enfoirés.” .. Réponse : à cacher la misère qui grandit.



Ajout du Lundi 18 Mai
: On commente aussi ce billet sur Agoravox !


14 mai 2009

Prions Avec Fillon

Ne Nous Fions Pas à L'Habit [Qui N'a Jamais Fait Le Moine]

Or donc, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an 2009 que celui que nous considérerons moins comme le pote que l’apôtre de cet homme que nous prîmes, Dieu sait pourquoi, pour le nouveau messie du pouvoir d’achat, oui, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an Neuf que ce vieux conservateur de François, nous avoua dans Le Figaro que, finalement, et tout bien dépensé, y’avait comme une énorme couille dans les écritures de Madame Lagarde, vulgairement que la croissance ne serait point négative à hauteur de 1,5 mais de 3%.
Que nous continuions notre descente à une semaine de l’Ascension.
Bref, que nous l’avons bien plus profond dans le fion que prévue par la voyante de Bercy, confortant par la même cette croyance populaire qui dit que : dans un pays n’allant pas croissant tout part en brioche ! Et d’autant plus quand l’église patronale, le sacro-saint MEDEF, envoie ses ouailles au paradis fiscal pendant que, dans le même temps, et à un train d’enfer, il multiplie les pains .. dans la gueule des salariés, ceusses que l’on prend pour des cons bénis.

Cependant (pour reprendre l’expression favorite de nos détenus) et quand bien même pleuvrait-il des cordes, il ne faudrait point, comme ces infidèles de Gauche, tordre le cou à la vérité, nous assure le moine de Matignon.
Notre pays, poursuit-il, est certes rongé par les vers de la crise, mais il résiste mieux que nos voisins.
Notamment l’Allemagne (-6% de croissance prévue pour cet an Neuf).
Un fait nouveau, tant il n’y a pas si longtemps, face à l’adversité, notre belle France n’était point réputée pour sa résistance.
Quant à ces Judas, ces irresponsables [1] nous dit Saint-François, facteurs de troubles, ceusses qui voudraient abattre notre Sainte République laïque par je ne sais quelle révolution bolchévique, ne les écoutez point, croyez plutôt en un capitalisme purifié, un tiers pour ton patron, un second pour tes actionnaires, un dernier pour quelques juteux investissements en Birmanie ou autre Slovaquie, et pour toi, mon souffreteux, une hostie. Tu l’as bien méritée après ce chemin, le seul qui vaille, celui de croix.

Mais que serait un tel prêche, s’il n’y avait point de prophétie ! D’autant plus quand dans la mouise nous surnageons.
L’évêque de Matignon se plie volontiers à l’exercice et tel l’Oracle nous annonce qu’après l’été, sa course folle, il ralentira, le chômage.
L’adorateur du Temple, comprendre le journaliste du Figaro, aurait pu, en l’occurrence, faire remarquer à notre apprenti prophète, notre Moïse d’occasion, que deux lignes en amont, il admettait que nous n'avions aucune prévision suffisamment fiable sur le comportement des agents économiques pour savoir à quel rythme le marché de l’emploi continuera de se dégrader au cours de cet an Neuf.
Comme il aurait pu, aussi, lorsque Saint-François martela en ouverture de son sermon que les banques demeurent solides, l’informer que Natixis venait d’enregistrer une perte de 1,839 milliard d’euros pour le premier trimestre de l’an Neuf.
Si l’adorateur du Temple ne l’a point fait, c’est moins par déférence que par charité chrétienne, tant il sait, le valet, que son maître souffre atrocement du dos [2], ce qui, tu en conviendras, fait de lui un frère, puisque nous les manants, aussi, on en a, et sacrément, plein le dos.
Mais ça n’est rien comparé à nos futurs, enfants et petits-enfants, pour qui, si l’on en croit François, la messe est dite, vu qu’il nous le confesse : il accepte l’idée de vider les caisses vides de l’État en faillite, creuser encore et toujours plus le déficit, donc augmenter plus que pharaoniquement la dette de nos progénitures.
Là, pas besoin d’être prophète pour piger que, pour eux, même ensemble, rien ne sera possible !
Et si des impies, des réfractaires, terroristes de la pensée unique, archaïque, venaient à braire ou bêler que son altesse du Cap-Nègre avait pourtant promis que cette purification du capitalisme (via le sauvetage des banques) ne coûterait pas un seul centime d’euro aux français, il leur serait rétorqué qu’il était question des français d’aujourd’hui et non ceux d’après-demain !
Alors tais-toi donc, et comme les autres prends ta pelle pour, au nom du CAC, du bénéfice et du Saint-Patron, creuser le déficit et la tombe de tes enfants !
Amen !

Eh bien vois-tu, à ce prêche qui, socialement, humainement, apparaît pour le moins fort peu catholique, pour réponse, nous devrions nous hâter d’investir la rue en protestant.


[1] “(…) Chacun a compris que les manifestations et les grèves ne relanceraient pas l'économie et que les séquestrations des chefs d'entreprise pouvaient avoir des effets désastreux sur l'attractivité française et pour les salariés. À part quelques extrémistes qui défendent un autre modèle de société, tout le monde s'est comporté de façon responsable.” [François Fillon, Le Figaro, Jeudi 14 Mai 2009]

[2] ”(…) C'est vrai que j'ai eu mal au dos ! Mais parler de souffrance quand on exerce les fonctions qui sont les miennes et qu'on s'adresse à des Français qui connaissent des difficultés quotidiennes permanentes, c'est totalement indécent !” [Francois Fillon répondant à la question suivante : “En deux ans, qu’est-ce qui a été le plus dur à Matignon ? Votre mal de dos ou la cohabitation avec Nicolas Sarkozy ?” – Tu vois le niveau des questions et dudit entretien accordé ce jeudi 14 mai au Figaro]

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