30 avril 2009
Au PS Et à L’UMP, Ne Nous Fions Pas
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Il n’a pas l’air comme ça, François Fillon, avec ses airs de chien battu, mais quand il aboie c’est du genre sidérant. D’autant plus qu’il jappe dans le vide.
Mais de quoi s’agit-il, à la fin ?
Il s’agit de cette (déjà triste et consternante) campagne européenne à laquelle le citoyen ne semble prêter pas plus d’attention que cela [1] alors que son coup d’envoi n’en peut plus d’être donné par les partis présumés dominants.
Et donc, hier, c’est l’UMP qui sonnait le branle-bas de combat en opinant moins de l’Europe que du chef, le sien en l’occurrence.
Mais à qui la faute, si ce n’est au Parti Socialiste ?
Ben si !
Excuse-moi comme dirait Marie-Ségolène Royal, mais c’est bien le PS qui, souviens-toi, a invité les électeurs que nous sommes à sanctionner le gouvernement le 7 juin prochain ! Comme si on avait que ça à foutre !
Et quand bien même le ferions-nous, ça changerait quoi ? A notre quotidien ? Tu crois peut-être qu’en sanctionnant Sarkozy – qui, quoi qu’il arrive, est encore là pour trois ans - et son orchestre, nous vivrons mieux ?
Et puis, ça veut dire quoi d’appeler l’électeur à se rendre aux urnes (européennes) pour sanctionner une politique (nationale) ?
On ne vote pas pour sanctionner, on vote pour un projet !
Si projet (européen) il y a, bien entendu.
Or, il n’y en a pas.
Pas plus à l’UMP qu’au PS.
Au PS, parce que ce parti est à la dérive, qu’il ne sait toujours pas s’il doit officiellement se "social-démocratiser", se "social-libéraliser" ou se "social-socialistiser". Non parce qu’il manque d’un leader naturel comme le prétend François Hollande (qui en le disant avoue, dans le désert sidéral qui l’entoure, qu’il se considère comme tel) mais parce qu’il a peur, à terme, de disparaître électoralement (je parle d'une non-qualification au second tour de la prochaine présidentielle) en osant faire un choix. L'assumer, surtout.
Et pour masquer cette trouille et son inconsistance, il appelle au "vote sanction". Ce qui est le pire des choix, mais dans son pauvre cas, le seul possible.
Le pire des choix car tout bénef pour l’UMP, et pourquoi ?
Parce que l’UMP n’est jamais aussi redoutable dès lors qu'il s’agit de parler de politique nationale. Alors qu’elle est friable, prenable, faillible, quand on l’amène à causer d’Europe.
C’est à croire que nous avons les socialistes les plus bêtes du monde !
Du coup, il avait beau jeu, hier soir, le Fillon de taper sur Aubry, Royal et le PS en général. De dénoncer un “vide sidéral”.
Sauf que, il le fit avec une arrogance et une mauvaise foi sidérantes.
Ce que je m’en vais te démontrer sur le champ :
“Vous n’en trouverez pas un (des partenaires du Parti Socialiste en Europe) pour célébrer les 35 heures ou pour célébrer la sur-administration de l'économie, ou pour célébrer l'augmentation sans limite des dépense publiques.” qu’il a dit le sarthois.
C’est-y pas se moquer du monde que de tancer le PS sur l’augmentation sans limite des dépenses publiques quand on fut le premier à s’en émouvoir en tant que Premier ministre ?
Je te rappelle que c’est Fillon qui nous annonça que l’État était en situation de faillite et qui, depuis, laisse allègrement filer et sans moufter, ces mêmes dépenses publiques. Au point qu’elles sont aujourd’hui abyssales.
”Ils sont les seuls (le PS) à vouloir de cette Europe socialiste !” a-t-il péroré le précaire de Matignon.
Arrête de nous prendre pour des benêts de compétition, François, et ne prête pas au PS ce qu’il n’a jamais voulu (ni tenu) !
Où as-tu entendu que le PS voulait d’une Europe socialiste ?
Et puis d’abord, quel socialisme ?
Celui d’Aubry ? De Royal ? De Delanoë ? De Fabius ? De DSK ? De Hollande ?
Six visions différentes non pas du socialisme (y’en a pas chez eux, ou plutôt : y’en a plus !) mais d’un présidentiable.
“Elle n’a pas dû sourire la Présidente de la région Poitou-Charentes en regardant à la télé aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero qui, comme c’est le cas depuis trois ans (?) travaillent la main dans la main [2]." il a dit aussi le monsieur qu’a la raie sur le côté.
Ah parce que la télé pour toi, François, c’est comme qui dirait parole d’évangile, c’est par elle que nous apprenons la vérité ?
[... Sifflement admiratif ... ]
Je savais que nous vivions dans un monde où l’image prime, où l’apparence est reine, mais entendre un responsable politique de premier plan le valider, permets-moi de le noter en rouge et le ressortir à l’occasion, par exemple quand un responsable politique se plaindra du fait que la télé raconte n’importe quoi, qu’elle lui attribue des propos qu’il n’a jamais tenus, qu’il menace même d’en virer la direction une fois élu. Ce qui est monnaie courante.
”Son mot d’ordre (à Martine Aubry) est de sanctionner le gouvernement. J’invite les français à ignorer ce flot de critiques qui masquent en réalité le vide sidéral des propositions du PS sur l’Europe." a martelé (comme disent les journalistes) le Premier ministre en sursis.
Nonobstant le fait que je partage donc ce constat (Le PS appelle à un vote sanction pour masquer le vide qui l’habite) il n’empêche que ton invitation tu te la gardes François, tant j’ignore si je veux et où je veux, comprendre amigo que je fais c’que je veux avec mes cheveux, alors arrête-z-y donc de me parler comme à un gosse de 7 ans et demi !
Parle-moi plutôt de ton projet pour l’Europe. Celui de l’UMP. Parce que je ne l’ai toujours pas entendu dans ses moindres détails. Moi ce que j’ai entendu hier soir, c’est Sarkozy-ceci, Sarkozy-cela, bref une célébration du sarkozysme, voire une invitation à plébisciter le 7 juin prochain, non un projet pour l’Europe, mais les deux ans à l’Élysée de Nicolas Sarkozy.
Donc une invitation à ignorer l’Europe et le flot de critiques qu'elle mérite.
Et même si c’est en partie la faute du PS d’avoir voulu faire de cette élection un référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy (ce qui est stupide car une nouvelle fois, il est encore là pour 3 ans et ne compte pas surseoir à son mandat) l’UMP ne sort pas grandie en allant (sans le dire ouvertement, voire en le niant) sur ce terrain-là.
De fait, nous voici encore une fois privé d’un vrai débat sur l’Europe !
Mais est-ce bien étonnant ?
Je veux dire, est-ce que ça n’arrange pas les deux partis dominants d’éviter ce sujet-là, l’Europe ?
Car au fond, il doit bien y avoir une raison objective à ce que chaque fois que se radine une échéance européenne, UMP comme PS, réduisent cette élection à un enjeu national ?
Et si c’était dans le seul souci de garder leur leadership (national) ?
Autrement dit, est-ce que UMP comme PS ne seraient pas en matière d’élections européennes et en ces temps de grippe porcine, copains comme cochon ?
Et donc, je le dis et le redis : à ces deux partis, ne nous fions pas.
[1] Notons avec gourmandise que si le citoyen ne prête pas plus d’intention que cela à cette campagne, les instituts de sondage, eux, lui prêtent des intentions de vote. Ce qui, là aussi, est assez sidérant, tant l’Europe est absente du débat. C’est à se demander sur quelles étranges bases, le citoyen sondé fait son choix.
[2] Reconnaissons que François n'a pas tort quand il nous dit que depuis 3 ans (?) Sarkozy et Zapatero travaillent main dans la main. Ce doit être la raison pour laquelle, en données brutes, nous avons, aujourd'hui, quasiment le même nombre de demandeurs d'emploi : 4 millions pour l'Espagne et .. 3 696 100 pour la France [3 696 100 en prenant en compte les demandeurs d'emploi des catégories A, B C D et E, y compris ceux des départements d'Outre-mer ..]
00:25 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes du 7 juin 2009, vide sidéral, appel au vote sanction, deux ans de sarkozysme, l'umps est de retour, françois fillon |
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28 avril 2009
Ode Au Cochon En Vers Et Chanson
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“.. O truie, délicate et saine ! ô porc devenu ennemi ! Toi que l'on a, cochon qui s'en dédit, pris en grippe, je me souviens moins de tes "gruiiik" que de juste un bruit doux, ô mon tendre cochonou ! ...”

[“Le Cochon A Pleuré” – Nina Morato, extrait de “L’Allumeuse” – 1996]
Bonus : Avec La Grippe Porcine, Rions Comme Des Cochons !
18:05 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Entracte | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe porcine, virus h1n1, tamiflu, alerte mondiale à la grippe porcine, cochon, truie, cochonou |
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27 avril 2009
Quand Je Te Disais Que Le Risque Révolutionnaire N’Existe Pas
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Que n’ai-je entendu à propos du billet précédent ! Qu’il était épouvantablement pessimiste [*] que diantre, ça passerait mieux avec de la vaseline .. de l’humour, que les révolutions sont toujours le fait d’une avant-garde pas celui du “plus grand nombre” [oui da, mais depuis y’a cette salope de télévision propagandiste qu’a tissé sa toile et ses paraboles dans chaque foyer fiscal et te ventile façon puzzle toute avant-garde pré-naissante digne de ce nom ou t’en présente des proprettes que le moucheron-citoyen gobe à tire-larigot] que je file un mauvais coton, que jadis j’étais bien plus rigolo et que tiens, j’dis ça, j’dis rien, mais pour te refaire la cerise, pourquoi que t’irais pas voir le dernier spectacle de Franck Dubosc …
Alors que les choses soient bien claires amigo : moi, j’veux bien déconner tout ce qui s’en suit, même pérorer que la révolution, mais oui mon colon, bien sûr que c’est possible, que tu vas voir c’que tu vas voir, les saligauds y vont en bouffer de notre colère, et sus aux agences immobilières, haro sur le banquier, t’are ta gueule, et pas qu’à la récré, messieurs Total, Continental et L’Oréal, ouais, moi j’veux bien, sauf qu'y a comme un os dont je vais de ce pas te dégrossir la couenne.
Or donc, il fut traité par ici de cette émission de propagande gouvernementale qu’est le “A Vous De Juger” de Mâhâme Chabot.
Lors de cet immense foutage de gueule, un très vieux monsieur sous assistance respiratoire de type sarkozyste et nommé Hortefeux nous expliqua qu’il ne serait pas très raisonnable d’y faire une grève générale, fut-elle limitée à 24 heures.
Et pourquoi donc disait-il cela, la personne âgée ?
Eh bien parce que dans la première partie de ladite émission de propagande, un responsable d’une centrale syndicale que manifestement Mâhâme Chabot prenait pour un “zozo”, prévint que si le gouvernement restait sourd (et à la fois inébranlable) aux revendications exprimées par le peuple souffreteux qui, par millions, s’apprêtait à fouler le pavé du 1er mai, alors il proposait, notre syndicaliste, que le pays observe une grève générale (public-privé) d’une durée de 24 heures.
En l’occurrence cette proposition (qui à titre personnel me ravissait à un point que tu peux imaginer) émanait de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.
Et ce soir-là, ses deux compères, Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) n’émettaient pas la moindre objection. Ils ne le pouvaient de toutes les façons pas, car il était bien entendu qu’il était hors de question d’apparaître divisé aux yeux des téléspectateurs, auquel cas, ils donnaient des points ça comme au grand patronat “délocalisateur” et "licencieur".
Or voici qu’aujourd’hui, l’un d’entre eux - mais tu n'vas pas être surpris, c’est toujours le même ! - François Chérèque de la triste CFDT nous déclare qu’il n’en est pas question, que ça va pas non Jean-Claude, que cet appel à la grève ne réglera pas les problèmes.
Tiens donc !
Cette petite musique m’en rappelle une autre. Celle de M’sieur Hortefeux, par exemple. Qui jeudi dernier dans “A Vous de Juger” avait quant à lui déclaré qu’une grève générale cela ne résout rien.
T’avoueras quand même, que de voir Chérèque et Hortefeux sur la même ligne, ça fout considérablement les boules de compétition.
Comme tu pourrais tout aussi bien me dire que Chérèque on s’en tape copieux le coquillard, qu’il a pas une gueule d’avant-garde mais de jaune congénital, que c’est pas lui qui va nous empêcher de nous y foutre en grève générale, voire plus si affinités.
Peut-être.
Mais il n’en reste pas moins que le front syndical a déjà du plomb dans l’aile avant même le grand raout du 1er mai, et que ça, c’est tout bénef pour le MEDEF et ses amis haut perchés, y compris ceusses de notre gouvernement.
Bref que le risque révolutionnaire qu’évoquait – et c’est ça qu’est super drôle – non pas un dangereux gauchiste-de-sa-mère mais un notable à particule, vient de se prendre un vilain pruneau dans le dos, si ce n’est dans ses plus nobles fondements.
Alors tu peux bien dire et regretter que ces derniers temps je sombre dans un pessimisme de fort mauvais aloi et qu’il serait bienvenu de reprendre ce petit ton badin qu’était jadis le mien, tu vois bien que le temps ne s’y prête guère, et qu’il convient de rester sacrément vigilant sinon, c’est sans vaseline que, dans ton cul, les mécréants vont te dessiner un avenir qui sentira moins la rose que le fumier.
[*] “Un pessimiste c’est celui qui attend la pluie ; moi, je suis déjà mouillé.” [Léonard Cohen]
18:29 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une grève générale ne résout rien, françois chérèque brise le front syndical, brice hortefeux, arlette chabot, le risque révolutionnaire n'existe pas, grève générale de 24 heures |
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26 avril 2009
Le Risque Révolutionnaire N'Existe Pas
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Or donc, celui qui, Premier ministre, lors des manifestations contre le CPE déclarait : “J’entends ceux qui manifestent mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas.” (formule depuis reprise par son ennemi juré, Nicolas Sarkozy) or donc, disais-je, Dominique Galouzeau de Villepin nous explique que la colère qui s’exprime aujourd’hui est telle qu’il y a un risque révolutionnaire en France.
Eh bien tu sais quoi ?
Je me marre, me bidonne, vulgairement, je pouffe, et bien fort, car il n’y a aucun risque révolutionnaire dans ce pays, et quoi qu’il se passe demain, il n’y en aura pas. Jamais.
Tout ce que nous pourrons observer ce sont et seront des actes isolés de colère, comme des mises à sac, des séquestrations, des jacqueries en fait, peut-être autre chose, comme une vraie violence, celle qui dépasse tout, y compris la colère, mais de révolution, ou de soulèvement général, je te fiche mon billet que jamais nous ne le verrons.
Je dis même que c’est une cause entendue et qu’il n’y a pas à y revenir.
Le société est organisée de telle façon (et avec notre consentement) qu’elle tue dans l’œuf toute possibilité de rébellion, et ceux qui voudraient s’y risquer seraient, à court ou à moyen terme, désavoués par le “plus grand nombre”.
Car que veut-il ce “plus grand nombre” ?
La paix et la tranquillité.
Traduire : sa sécurité.
Et pour elle, cette sécurité (même illusoire, celle que te vend et te promet, matin et soir, ton gouvernement) il sera prêt à accepter jusqu’à perdre l’essentiel : sa liberté.
Ce qui, je le pense, est déjà fait.
Sinon, comme expliquer que “le plus grand nombre” soit tacitement d’accord pour vivre dans une société de plus en plus "fliquée", fichée, "radarisée", vidéosurveillée, "Hadopisée".
Cette dernière loi nommée Hadopi est d’ailleurs très significative ; car de quoi s’agit-il ?
De lutter contre les pirates - dont je fais partie, mais j'invite le législateur à venir constater l'énorme collection de DVD et CD légaux qui hantent mon terrier - ceux de l’Internet, ceux qui téléchargent illégalement dit-on, de la musique, des films, des jeux-vidéos ?
Bien sûr que non !
En vérité, Hadopi n’est pas faite pour cela. C’est un cache-nez. La véritable vocation d’Hadopi est de répertorier toutes les infos possibles sur chaque internaute via les fournisseurs d’accès. L’on me rétorquera que c’est déjà peu ou prou le cas, que de toutes les façons par Facebook ou toute autre plateforme équivalente, l’internaute est déjà classé, identifié, surveillé. Sauf que cette fois, il est question de légiférer, de valider une fois pour toute avec, ce qui est énorme, la complicité molle mais réelle des "providers", ce que j’appelle une loi liberticide.
Une telle loi, je parle de sa nature clairement liberticide, devrait provoquer à défaut d’un soulèvement général, une vive réaction, une opposition ferme et outrée du peuple. Dans sa majorité !
Mais comment veux-tu que cette opposition se manifeste quand ce même peuple a déjà accepté d’être "fliqué", fiché, "radarisé", vidéosurveillé ?
Comment veux-tu qu’il se soulève quand il pense (parce que c’est le message qu’on lui fait passer) que toutes ces lois ne sont votées dans un seul et unique but : le protéger ?
Quant à la colère (celle des Continental, des Molex et consort) qu’évoque Dominique Galouzeau de Villepin, celle qui naît du sentiment d’avoir été floué, trahi, humilié, puis abandonné, est-elle suffisante, assez grande, pour demain entraîner tout un pays ?
En d’autres termes, “le plus grand nombre” peut-il envisager de sacrifier ce qui lui reste, ce qu’il a peur de perdre, son semblant de liberté dans une société cadenassée qu’il a validée sans pratiquement broncher, pour ceusses qui viennent de tout perdre, ceusses qui vont plonger ?
La réponse est contenue dans ma question, elle est négative.
Jamais “le plus grand nombre” ne sacrifiera quoi que ce soit, fut-il précaire.
Jamais “le plus grand nombre” ne se sentira solidaire de ce qu’il redoute pour lui-même.
Parce que c’est fini, c’est râpé, il est conditionné, parce qu’il marche à la peur depuis trop longtemps.
Parce qu’il est servile.
Parce qu’il a été éduqué, embrigadé, lobotomisé (notamment par l’outil télévisuel).
Parce que, au fond, il préfère encore (vivre dans) un état totalitaire. Oui, tu as bien lu : un état totalitaire !
Tant il ne veut plus qu’une seule chose : qu’on assure sa sécurité. Pour elle, il est prêt à tout sacrifier. Et tout démontre qu’il a commencé à le faire.
Alors pourquoi veux-tu qu’il risque, demain, de perdre le peu (sa servilité en échange de sa sécurité) qui lui reste ? Au nom de quoi ? Et pour qui ?
Non, définitivement non, et n’en déplaise, il n’y a aucun risque révolutionnaire en France.
C’est une cause entendue et il n’y a pas à y revenir.
”Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort (…) D’où tire-t-il ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ?”
[Étienne de La Boétie - “Discours De La Servitude Volontaire”]
18:32 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : y a-t-il un risque révolutionnaire en france ?, dominique de villepin, discours de la servitude volontaire, etienne de la boétie, hadopi est un cache-nez, lois liberticides, allons-nous vers un état totalitaire ? |
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24 avril 2009
Que Savez-Vous De La Souffrance, Arlette Chabot ?
C’est en regardant “A Vous De Juger” hier soir sur France 2, que subitement j’eus envie de séquestrer quelqu’un.
Tellement c’était insupportable.
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Deux sujets y étaient traités. :
- Le second “Sarkozy, Deux Ans Après” était, comme son titre l’indique, grotesque. C’est le genre de thème qui n’intéresse que le microcosme journalistique. Mais nous, vulgairement, on s’en branle.
- Le premier était en revanche - sur le papier - fort intéressant, puisqu’il était censé aborder le “où en est le dialogue social ?” à une semaine des cortèges de la Fête du Travail, dresser un état des lieux des propositions gouvernementales et syndicales alors que ici et là, encore et toujours, des usines ferment envoyant vers un Pôle Emploi fonctionnant de guingois, voire "dysfonctionnant" totalement, des milliers de salariés.
La logique, du moins la mienne, voudrait que lorsqu’on parle de dialogue social, on en fasse la démonstration. Je veux dire que l’on mette en présence et face à face (un ou) des membres du gouvernement et (un ou) des représentants syndicaux.
Mais cette logique, voire cette évidence, est totalement étrangère au média dominant qu’est l’outil télévisuel, car soucieux de rester dominant.
Or donc, Arlette Chabot reçut d’abord et ensembles Jean-Claude Mailly (Secrétaire général de FO) Bernard Thibault (Secrétaire général de la CGT) et François Chérèque (Secrétaire général de la CFDT) PUIS, donc sans les représentants pré-cités, le seul Brice Hortefeux, Ministre du Travail, des Relations Sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville (rien que ça, oui ..).
Nous étions là dans ce que j’appelle une configuration blog. A savoir que les représentants syndicaux postaient un billet, ensuite de quoi, Brice Hortefeux venait le commenter mais sans que ses auteurs puissent répondre ou sur-commenter, vu qu’ils étaient dépossédés de la modération de leur billet au profit de Brice Hortefeux et .. Arlette Chabot.
Quelle étrange conception du dialogue, non ?
Dans cette configuration, Arlette Chabot était moins une journaliste (mais l’est-elle encore ?) qu’une médiatrice. Encore que, quand on endosse ce rôle-là, celui de médiateur, on se doit d’être relativement neutre, rappeler objectivement, autant que faire se peut, à l’un les arguments des autres, j’entends par objectivement, le souci de ne point travestir, même légèrement, le moindre de leurs mots, ce qui, hélas, ne fut pas le cas.
Il sautait aux yeux que le ministre n’était pas traité par le "média dominant" de la même manière que les représentants syndicaux. Et d’ailleurs, et de façon très calme, mais sûrement bouillonnant à l’intérieur, Jean-Claude Mailly précisa à Madame Chabot qu’ils n’étaient pas, les syndicats, des “zozos”.
Que s’était-il passé pour que le secrétaire général de FO crut devoir préciser à cette dame qu’il n’était un “zozo”, mais un “homme responsable” ?
Il s’est passé que, alors que les trois représentants syndicaux dans un calme qui les honorait exposaient, et propositions, et arguments, Madame Chabot n’avait de cesse de leur demander si, oui ou non, ils cautionnaient les actes de “violences” auxquels s’étaient livrés certains salariés de Continental. Si, oui ou non, ils cautionnaient les séquestrations. Quand bien même, l’on pouvait comprendre, disait-elle, la colère de “ces gens-là”.
On voit bien, le but (putassier) recherché par la présumée journaliste.
Qui, en l’occurrence reprend le “on peut comprendre la colère, mais …” présidentiel.
Ce que recherche Arlette Chabot c’est l’aveu, le cautionnement, même à demi-mot, non pas d’une violence exprimée, mais de la violence. Donc, de disqualifier le représentant syndical. Et peu lui chaut, à Madame Chabot, que ce représentant soit, comme hier soir, une force de proposition et même d’apaisement. Elle ne l’entend pas. Ça ne l’intéresse même pas. Et sans cesse, elle pose SA question : “Oui, mais les violences, vous les cautionnez ?” et varie pour mieux y revenir : “Est-ce que vous les trouvez légitimes, ces violences ?”.
C’est là, devant cet acharnement, cette obscène insistance, que j’eus subitement envie de séquestrer quelqu’un.
Et ce quelqu’un porte un nom.
Il s’agit de Madame Chabot.
Que savez-vous de la souffrance, Arlette Chabot ? Celle des autres ?
Avez-vous souffert, une seule fois dans votre vie confortable, la moitié du quart de ce qu’ils souffrent ?
”Ces gens-là” comme vous dites, ont été floués, trahis, abandonnés. Ils ont même, pour certains, accepté de travailler plus pour sauver leur usine, et malgré ça, on vient leur dire aujourd’hui, et il faut voir comment, avec quelle violence, Madame Chabot, que c’est fini, c’est terminé, circulez, y’a rien à voir, rien à négocier !
Que voulez-vous qu’ils fassent ?
Qu’ils se taisent ?
Qu’ils tendent l’autre joue ?
Qu’après s’être fait mettre et bien profond, ils disent : “Oh oui, encore !” ?
Et la dignité, qu’en faites-vous Madame Chabot ?
Savez-vous au moins ce que signifie ce mot-là : dignité ?
Voulez-vous en plus qu’on la leur vole, eux à qui on a déjà tout volé, ou presque ?
Vous dites qu’on (vous ?) peut les comprendre, mais vous ne les comprenez pas.
Car vous ne savez pas.
Vous ne savez rien.
Ni de la violence, ni de la souffrance.
Ni du désespoir, ni de l'humiliation.
En revanche, l’obscénité, la déférence, la connivence, ça oui, vous en connaissez un rayon, et un sacré, Madame Chabot !
14:35 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : a vous de juger, arlette chabot connivente obsène déférente, bernard thibault, jean-claude mailly, françois chérèque, violence sociale, séquestration |
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23 avril 2009
Histoires D’Eau(x)
Il y a parfois, souvent, d’étranges collisions, qui nous confortent dans l’idée que oui, ce monde est absurde.
La preuve par l’image :
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[Copie d’écran de la Une du nouvelObs.com – Jeudi 23 Avril 2009 – 18h47]
19:08 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alain bernard bat le record du monde, simulation de noyade, cia, condoleeza rice, championnat de france de natation à montpellier |
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22 avril 2009
Speed Rabbit Avocat, Le Nouveau Produit Made In Sarkozy
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Or donc, Nicolas Sarkozy, l’homme qui veut la peau du juge d’instruction, souhaiterait, tant ça ne serait pas - vu de sa fenêtre - “extravagant”, que dans notre pays où prime la présomption d’innocence, la victime soit traitée “dans la même condition que le délinquant”.
”La même condition” ne signifiant pas qu’elle pourrait bénéficier, la victime, d’un bon coup de Pages Jaunes sur la tête lors d’une garde-à-vue, passer illico-presto en comparution immédiate ou être tutoyée manu-militari par la maréchaussée mais signifie qu’elle aurait droit à .. un avocat.
Ce à quoi, à cette heure-ci, elle a déjà droit.
Nonobstant le fait qu’il me semble qu’une victime venant de subir une agression aurait plutôt besoin d’une aide soit médicale, soit psychologique, soit policière, si ce n’est les trois, faisons un énorme effort sur nous-mêmes, donc comme si de rien n’était, et jouons le jeu du Chef de l’État, jeu de l’iniquité consistant à bâtir une justice qui protège (avant tout) les victimes, tout en gardant de vue à l’esprit que pour notre avocat (d’affaires) de formation qu’est Sarkozy, il y a victimes et victimes. Car c’est la le hic chez Maître Sarkozy, toutes les victimes ne sont pas égales.
Ce doit être, je présume, pour une question salement génétique.
Ceci étant posé, de quoi s’agit-il à la fin ?
Alors que Marie-Ségolène Royal, dans son fameux pacte présidentiel proposait de mettre un avocat à la disposition des victimes de violences graves dans l'heure suivant le dépôt de plainte (proposition n°55 : aide aux victimes) Nicolas Sarkozy va encore plus loin, en suggérant que la victime puisse bénéficier d’un avocat dans LA MINUTE de l’agression qu’elle a subie.
Hormis un avocat possédant une licence Batman ou un DEUG Spiderman, j’vois pas quel client (manière de parler) aurait le profil adéquat.
Mais quand bien même ce type existerait, donc équipé des dits diplômes de super-héros, qu’il serait mieux inspiré de tirer la future victime des griffes de son agresseur au lieu d’attendre patiemment qu’elle perde un bras et lui proposer ensuite ses grassouillets services.
Ceci dit, comme nous nous sommes (malheureusement) promis de faire comme si de rien n’était, imaginons ensemble que cela fut possible, que demain une victime puisse bénéficier d’un avocat et plus vite que ça ...
- Speed Rabbit Avocat, je vous écoute !
- Oui bonjour. Je viens de me faire agresser à la tête ..
- Vous êtes vivant ?
- Euh .. Oui ..
- Tant mieux pour vous ! Car dans ce cas, vous pouvez bénéficier d’un avocat, un avocat Speed Rabbit, Monsieur ! Vous le voulez comment ?
- Comment je le veux ?
- C’est bien cela, Monsieur !
- Euh .. Je sais pas … Mûr !
- Mûr ? Très bien. Plutôt de sexe féminin, masculin, indéterminé ?
- Indéterminé.
- Indéterminé .. Ne quittez pas Monsieur, on m’appelle sur une autre ligne .. Oui, Madame, il est vient de partir à l’instant .. En scooter, Madame .. Oui, le même modèle que celui de Jean Sarkozy .. Tous nos avocats sont équipés de ce modèle, Madame .. Mais je vous en prie, Madame .. Aaaargh aussi, Madame .. Veuillez m’excusez, Monsieur, je ..
- Vous êtes de la famille de Marie-Ségolène Royal ?
- Non Monsieur .. Pourquoi me dites-vous ça ?
- Parce que vous venez de vous excuser ..
- Mouhaha ! .. J’vois que même tout endommagé de la tête vous n’en êtes pas moins pétri d’humour, Monsieur. Mais non ! Où en étions-nous ?
- Au sexe .. Enfin, à celui de votre avocat.
- Et ?
- Je le souhaitais indéterminé.
- C’est bien noté. Quelle taille, Monsieur ?
- Celle de mon agresseur ?
- Non, celle de votre commande, Monsieur. La taille de votre avocat !
- Ah .. Euh .. Super !
- Super. Bien. Et avec ça, monsieur, vous désirez un rafraîchissement ?
- Ben pourquoi pas, oui ..
- Soda, eau minérale, boisson alcoolisée, vin de pays ?
- Plutôt alcoolisée.
- Très bien. Vous serez livré dans les meilleurs délais, Monsieur.
- On m’avait dit que c’était dans la minute !
- C’était une façon de parler, Monsieur.
- Qu’entendez-vous par là ?
- J’entends par là que lorsque dans votre vie quotidienne Monsieur, vous dites à un tiers que vous en avez pour deux minutes, en réalité, dans les faits, vous en avez bien pour dix ou vingt minutes. N’est-ce pas exact ?
- Euh .. Oui .. Oui, c’est pas faux.
- Eh bien voilà. Nous aussi !
- Vous avez vraiment réponse à tout !
- C’est la marque de fabrique de Speed Rabbit Avocat, Monsieur : Toujours avoir raison ! Et d’autant plus face à l’avocat traditionnel défendant le salaud-de-voyou-de-délinquant-de-sa-mère qui vous a agressé, Monsieur. Sur ce, pardonnez-moi, je dois vous laisser, ça sonne de partout ..
- De partout ? .. Etonnant pour un pays dont la délinquance est en baisse ..
- Ouh-là, attention à c’que vous dites, Monsieur ! En tenant ce genre de propos, nous pourrions être amenés à considérer que vous faites partie des “mauvaises victimes” et dans ce cas vous ne pourriez en aucun cas bénéficier de nos services, Monsieur !
- Alors veuillez considérer que je n’ai rien dit .. S’il vous plait .. Je suis au chômage depuis douze mois et ..
- Ca ne nous regarde pas, Monsieur, mais j’accède à votre requête pour la seule et unique raison que c’est la première fois que vous faites appel à Speed Rabbit Avocat, Monsieur .. Oh, j’allais oublier ! Je vous informe qu’à la troisième agression subie, vous avez droit à un avocat gratuit, Monsieur. Et 2 Coca Zéro.
Tu sais quoi ?
Je suis en train de penser en moi-même que, finalement, au point où nous sommes lamentablement rendus et tenant compte du fait que nous serons pendant trois ans encore les victimes de Nicolas Sarkozy, Joséphine Ange Gardien, eh ben c’est pas si con que ça …
Même que, au train où vont mal les choses, c’est peut-être elle, la solution.
21:56 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Prenez-Nous Pour Des Cons !, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : victime traitée dans la même condition que le délinquant, un avocat pour la victime, pacte présidentiel proposition 55, sarkozy reprend une proposition de ségolène royal |
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21 avril 2009
Ahmadinejad La Marionnette, Et Nous Autres, Pauvres Pantins
Tu vois cet homme-là ?
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Mahmoud Ahmadinejad qu’il s’appelle.
Eh bien, c’est un cauchemar.
Je veux dire que je ne connais pas un seul journaliste de type occidental qui n’écorche pas son nom, tellement il est super dur à prononcer. Un peu comme le mot Srebrenica. Un vrai massacre étymologique.
Et vois-tu, ça vaut ce que ça vaut, mais tant qu’on sera infoutus, nous les nantis .. les occidentaux, de prononcer correctement le nom des gens, d’en respecter la casse, nous y courons tout droit.
A la casse.
Oui, moi sain de corps et d’esprit, en tous les cas pas moins que Ségolène Royal, je dis que tant que nous n’énoncerons pas correctement ce nom-là, Ahmadinejad, le mec, il le prendra au mieux pour un manque de courtoisie, au pire (et c’est le plus probable) pour un manque de respect.
Et du coup, faut comprendre qu’il soit tout vénère, Mahmoud.
Excuse-moi, mais une réaction intempestive et sans précédent vient de tomber suite aux propos que je viens innocemment de tenir sur l’antenne de ce billet.
Une réaction de ..
… Frédéric Lefebvre aka le futur Ministre de l’Immigration de 2012 [Ah ben si tu continues à t’en foutre, c’est ce qui nous pend au nez, coco ..]
Frédéric Lefebvre se demande si ça tourne "bien rond" là-dedans (il parle de ma tête) et si je ne devrais pas bénéficier d’une cellule psychologique.
[Il est drôle, non, ce Frédéric Lefebvre .. Mais qu’il n’oublie pas qu’il doit tout à Ségolène Royal .. Parce que sans elle, sans les innombrables déclarations ubuesques de la Dame de Melle, Fred, c’est un gars qui sert à rien et pis c'est tout ..]
Eh bien, puisque c’est comme ça, d’accord, je vais quitter ce petit ton badin et inch’Allah comme dirait l’autre.
Alors de quoi s’agit-il ?
De quoi s’insurge-t-on, à la fin (et la fin est proche, si on continue à jouer aux cons) ?
Il s’agit de – je cite – l’ampleur d’un discours, celui prononcé à Genève lors du sommet Durban II, hier, jour de commémoration de la Shoah (commémoration débutant le 20 avril au soir) par donc, Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien.
Il est primordial de préciser cela : jour de commémoration de la Shoah.
Encore que, aurait-il prononcé ce discours le jour commémoratif de la fête de la musique que les réactions auraient été tout aussi outrées.
Mais quand bien même, le jour choisi ne peut être un hasard.
De fait, pour moi (toi, tu fais ce que tu veux avec tes cheveux) Mahmoud il est disqualifié grave.
Et c’est fort dommage.
Pourquoi ?
Eh bien (t’es sûr que tu veux lire la suite ?) parce que, ce qui s’est passé récemment à Gaza n’est pas à la gloire de l’État Hébreu. Même que l’on attend toujours une commission d’enquête et du genre copieux.
Parce que, aujourd’hui, au sein même du gouvernement israélien, l’on trouve un certain Monsieur Lieberman, et qui osera me dire (oui, j’parle comme Sarkozy qui aujourd’hui, depuis Nice, nous remettait l’insécurité au cœur du débat politique en ce jour commémoratif du .. 21 avril 2002) que ledit Lieberman n’est pas clairement et ouvertement raciste ? Qu’il ne fait pas partie de l’extrême-droite israélienne ? Comment se fait-il, d’ailleurs, qu’un gouvernement démocratique accepte de diriger et conduire son pays avec des membres de l’extrême-droite sans que personne ne s'en émeuve ? Que dirait-on de la France, si Marine Le Pen était à l’Intérieur et Carl Lang aux Affaires Étrangères ? Alors pourquoi, dans le cas d’Israël, il ne faut surtout pas en parler ?
Hormis le jour choisi, il y a le gars Mahmoud.
C’est pas vraiment le dirigeant d’un pays démocratique où tu penses en toute sécurité et où notre homologue féminine s’épanouit de jour en jour.
Comme donneur de leçons – si tant est qu’on puisse prendre son discours par ce bout-là – c’est même pas qu’il est le mieux placé, c’est qu’il est le plus mal placé. Ou presque.
Et donc, on fait quoi ?
Eh bien on quitte la salle. La queue faussement basse. Grotesque !
Espèce de pauvres pantins, va !
Et de part et d’autre, comme de bien entendu, l’on s’outre et l’on s’insurge !
La belle affaire.
La belle affaire car, une nouvelle fois, on évite le sujet.
Via Mahmoud.
Mais quelle hypocrisie ! Mais quel cinéma ! Mais quelle misère !
Et si je te disais que si les occidentaux que nous sommes s’étaient montrés depuis le début envers Israël aussi fermes qu’ils l’ont été avec les palestiniens – entre autre – s’ils avaient contraint Israël comme ils l’ont fait avec les palestiniens à respecter à la lettre, à la casse, chacune des résolutions de l’ONU, crois-tu que nous en serions là où nous sommes, c’est-à-dire, crise mondiale aidant, plus proche que jamais d’une guerre totale ?
Un jour, il faudra répondre à cette question.
Mais je crains fort, et bien malheureusement, que ce soit le jour d’après.
A lire sur le même sujet : Durban II, Délire Et Désinformation
22:21 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : discours de ahmadinejad à genève, jour de commémoration de la shoah, ahmadinejad est-il antisémite ?, extrême-droite israélienne, demain la guerre totale |
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20 avril 2009
Les Guignols, Show Bébête Et Méchant
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Ce n’est pas la première fois que d’aucuns tancent les Guignols de l’Info de chez Canal+.
Pas la première fois que d’aucuns montent au créneau pour dire qu’ils ne sont pas ou plus drôles – ah bon, parce qu’ils l’ont été un jour ? – que si c’est de l’humour, il est soit facile, soit gratuit, soit méchant, soit débile.
Pas la première fois que d’aucuns nous expliquent que cette “institution” est devenue, avec le temps, moins une émission subversive et irrévérencieuse – ah parce qu’elle l’a été un jour ? - qu’une émission de propagande – mais au profit de qui ?
Or donc, voilà que, et finalement, les Guignols se seraient comme la drogue, de la merde, et pis c’est tout.
Un humour de bistro, purement populiste, démagogique, un poujadiste déversoir.
Quand bien même, y aurait-il, de temps en temps – pour reprendre l’expression d’Hervé Resse – “un sketch bien troussé”.
Sauf que les détracteurs des Guignols oublient – volontairement ? - un élément essentiel : le lieu de leurs pantalonnades.
Un lieu qui depuis longtemps, si ce n’est toujours (à de rares exceptions) est le symbole parfait du consensus, de la facilité, du non-segmentant, voire même de la vulgarité, quand ce n’est pas de la bêtise et de la médiocrité : la télévision.
Jamais les Guignols n’ont été subversifs parce que justement ils sont DE et DANS la télévision.
Certes, on pourrait trouver un micro poil de subversion, mais savamment dosé, bien noyé dans le show, afin qu’il n’hérisse point trop les consciences déjà bien chloroformées par trop de télévision.
Jamais une telle émission n’aurait pu durer aussi longtemps (20 ans, cette année) si elle était réellement irrévérencieuse et subversive, tout simplement parce que la télévision ne le permet pas.
Tout individu qui oserait être véritablement subversif (et/ou irrévérencieux) serait aussitôt banni du petit écran, impitoyablement blacklisté.
Comme Pierre Carles, par exemple, chassé de toutes les télévisions.
D’aucun me citera Groland, en contre-exemple.
Sauf que non.
Groland est certes une émission irrévérencieuse mais elle n’est pas subversive. Elle est dadaïste.
Ce qui est déjà pas mal pour une émission dite d’humour et passant à la télévision.
Encore faut-il préciser que cette irrévérence se présente souvent sous une forme scatologique.
Préciser encore que ce type de programme ne pourrait être proposé par France-Télévisions, ni même par une chaîne privée institutionnelle comme TF1 ou encore M6, parce que justement institutionnelle.
Groland, c’était bien le moins que Canal puisse nous offrir en produit d’appel, elle, cette chaîne à péage, qui prétendait ne pas faire de la télé, mais de la télévision (slogan ô combien cynique, quand on connaît l’outil télévisuel et les limites qu’il refuse de franchir pour des raisons politico-économiques évidentes : ne pas trop se fâcher avec le pouvoir en place et quelques gros et très influents annonceurs publicitaires).
Le problème n’est donc pas tant les Guignols que notre télévision.
Quant à savoir s’ils sont drôles ou ne le sont pas, ça n’a aucune espèce d’importance.
Ils sont plus bébêtes (de latex) qu’autre chose.
Reste l’accusation de méchanceté.
La volonté de faire mal, a même dit Roselyne Bachelot, vendredi dernier sur France 3, dans l’émission de télévision “Comme Un Vendredi” présentée par Samuel Étienne.
Alors, on aura beau tourner et retourner le sujet des centaines et des centaines de fois, y’a rien à faire et n’en déplaise aux pisses-froid, mais le rire n’est pas et ne peut être gentil.
On aura beau m’expliquer que, patati, patata, et voilà, je n’en démordrai pas, il y a dans le rire, et moquerie ET méchanceté. Et plus si affinités.
"Telle doit être la fonction du rire." écrivait Henri Bergson. "Toujours un peu humiliant pour celui qui en est l’objet, le rire est véritablement une espèce de brimade sociale."
Le lui reprocher, comme le fait Roselyne Bachelot, prenant l’argument – toujours le même, celui de la victimisation – que cela fait de la peine à son entourage, que les personnes qui l’aiment en sont blessées, parce que ça détruit une image (ah ! Bachelot, c’est donc juste cela : une image ? .. Raison de plus pour s’en moquer et copieusement, alors !) ce n’est pas seulement nier la fonction du rire (et son rôle social) c’est surtout très inquiétant. D’autant plus après les "geignardises" (grotesques) de DSK suivies de la colère présidentielle suite aux frasques de Stéphane Guillon sur France-Inter.
Ceux qui tancent les Guignols sous le prétexte qu’ils ne seraient pas drôles (et alors ?) ou méchants (et alors ?) feraient mieux de se préoccuper d’un pouvoir qui fait clairement savoir qu’il supporte de moins en moins la caricature, sans oublier qu’il montre aussi, ce pouvoir, de fâcheuses et autrement plus inquiétantes velléités, comme cadenasser un peu plus l’outil télévisuel déjà évidé de toute subversion.
19:12 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les guignols c'est de la merde ?, pierre carles, roselyne bachelot blessée par les guignols, groland, sarkozy n'aime pas stéphane guillon |
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18 avril 2009
Les Excuses De Marie-Ségolène N’Engagent Ni La France, Ni Les Français
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Or donc Marie-Ségolène Royal a, par lettre, présenté ses excuses à José Luis Zapatero pour les propos tenus – en privé - à l’égard du Président du gouvernement espagnol par Nicolas Sarkozy, propos qu’elle qualifie d’injurieux et qui, ajoute-t-elle, n’engagent “ni la France, ni les français”.
Pour la (très) petite Histoire, est-il bien utile de rappeler que – selon le quotidien Libération – Nicolas Sarkozy, cet homme aux six cerveaux parfaitement irrigués, aurait déclaré – entre autre - que Zapatero “n’est peut-être pas très intelligent”.
C’est donc cela, “Zapatero n’est peut-être pas très intelligent.”, qui pose visiblement un problème à Marie-Ségolène.
Moi, ce qui me pose un vrai problème, c’est qu’elle prend ce qu’elle veut des propos présumés tenus par le chef de l’État, ce qui ressemble fort à de la malhonnêteté intellectuelle.
Une sale habitude chez nos politiques – et malheureusement aussi, chez le camarade journaliste, dont on attend moins des phrases sorties de leur contexte qu’un Verbatim.
J’en veux pour preuve éclatante cette phrase de Michel Rocard :
“La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en assumer sa part” constamment réduite à : “La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.”
En omettant volontairement la partie la plus essentielle de la parole rocardienne, soit que notre pays doit – et c’est bien cette notion de devoir qui est là, essentielle - de la misère du monde, en assumer sa part, le politique travestit à desseins les propos de Michel Rocard, lui faisant même dire ce qu’il n’a pas dit, afin de justifier, qui une immigration “choisie” et non plus “subie”, qui une (impossible) fermeture de nos frontières.
Marie-Ségolène use de la même ficelle, la réduction à des fins personnelles et politiques d’une phrase émise, pour faire mine de s’offusquer dans une vaine colère des “propos injurieux” de Nicolas Sarkozy à l’égard de José Luis Zapatero.
Il suffit de prendre la phrase dans son entièreté pour démontrer la malhonnêteté intellectuelle de la Dame de Melle :
«Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle»
Sans oublier de préciser, tant c’est important, que cette phrase de Nicolas Sarkozy venait juste après celle-ci, troublante, prononcée par le socialiste de type landais, Henri Emmanuelli :
«On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero»
Il est intéressant de noter que Sarkozy traduit brutalement ce “On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero” par “Il n’est peut-être pas très intelligent”.
Qu’il me soit permis de penser, pour reprendre un gimmick sarkozien, qu’il ne fait que dire tout haut, et parce qu'il le sait, ce que pense tout bas Henri Emmanuelli de … Zapatero.
Car, oui, ce n’est pas tant Nicolas Sarkozy qui estime que le chef du gouvernement espagnol n’est "peut-être pas très intelligent", mais bien notre socialiste landais.
Quand on remet les mots à leur place, et dans l’ordre juste de la discussion, c’est une évidence. Et d’autant plus – et c’est primordial - quand on connaît le parcours, les idées et les convictions d’Henri Emmanuelli.
Quant à la suite : «Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle»
C’est une vraie vacherie adressée … aux socialistes français, car il est clair qu’il fait là, allusion à Lionel Jospin.
Marie-Ségolène Royal aurait été plus inspirée d’envoyer une lettre à l’exilé de l’Ile de Ré qu’à José Luis Zapatero. Mais pour lui dire quoi ?
Or donc, il n’y a aucun propos injurieux de la part de Nicolas Sarkozy à l’égard de José Luis Zapatero, Marie-Ségolène le sait bien et c’est à des fins strictement personnelles qu’elle réduit les propos présidentiels.
Voilà pourquoi les excuses (ridicules) de Madame Royal n’engagent qu’elle et ne nous concernent pas.
Si elle voulait vraiment être utile à son pays, nous rendre service, elle ferait mieux de s’insurger de propos réellement injurieux tenus le 18 mars dernier devant des dirigeants de la Majorité par le chef de l’État à l’égard des journalistes, propos rapportés par le Canard Enchaîné paru ce mercredi 15 avril 2009 :
”Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule. Il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits, eux, ont une morale.”
Injurieux et TRÈS inquiétant.




22:06 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal présente ses excuses à zapatero, la malhonnêteté intellectuelle de ségolène royal, il n'est peut-être pas très intelligent, il faut leur cracher à la gueule |
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