31 mars 2009
Pendant Que Certains Licencient D'autres Liechtenstein …
Et, comme ça commence à devenir passablement lassant, ce sera tout pour aujourd’hui … [Affaire à suivre, cependant]
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NB1 : Il est amusant de noter que ceux qui licencient sont souvent les mêmes que ceux qui Liechtenstein : Total (Taulier de Elf), Michelin …
NB2 : Une devinette, tiens, pour détendre cette atmosphère qui se fait chaque jour de plus en plus lourde :
Quelle différence y a-t-il entre l'optimisation fiscale et la fraude fiscale ?
Réponse : uosıɹd ɐl
17:56 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liechtenstein, michelin, elf, total, adidas, fraude fiscale, ne cesserasse donc jamais oh la oh la ? |
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30 mars 2009
Hourrah, Glop-Glop Et Rhââ Lovely, Voilà Qu’Enfin Je Bénéficie D’Une Augmentation !
Si y’en a qu’ça les démange de bénéficier d’une augmentation, c’est pas compliqué, suffit de suivre mon exemple : faire du lundi au vendredi sonner le réveil à 4h32 pour aller taffer.
Eh ouais, mon pote, la France qui s’lève tôt, c’est moi !
Il était donc juste, j’irais même jusqu’à dire “moral”, que mes efforts soient … récompensés.
Car, nous sommes bien d’accord, c’est ainsi qu’il conçoit le travail, Nicolas Sarkozy : en terme de récompense.
Combien de fois nous l’a-t-il rabâché que ceusses qui travailleraient plus, dimanches compris, ils (en) seraient récompensés.
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Certes, nous pourrions chipoter sur ce terme, celui de récompense, d’habitude réservé aux animaux domestiques :
Et ki c’est ka ramené le bâton ? Mais c’est Kiki ! Ah bon chien, ça, le Kiki ! Et l’a droit à quoi, le Kiki, pour avoir ramené le bâton à son "maîmaître" ? L’a droit à un gros “nonosse” en plastique, le Kiki ! Mais y va donner la “papatte”, avant ! Hein ? La “papatte”, j’ai dit, Kiki ! Voilààààà .... ! Tiens, il est pour toi le bon gros “nonosse” en plastoc ! Tu l’as bien mérité, mon Kiki !
C’est bien ça, non, le travail vu par Nicolas Sarkozy ?
Je sais, c’est humiliant.
Mais bon, on a tellement besoin de pognon, on croule tellement sous les crédits, qu’on n’y fait même plus attention, à cette façon détestable qu’il a, Nicolas Sarkozy, de s’adresser à nous.
On n’y fait plus attention, au fait que ce mec, il nous parle comme à des chiens. Et en roulant des épaules, de surcroît. Comme un Tony Montana de niveau moins 3.
Parfois, tout de même, on a comme un haut-le-cœur, un vague sursaut, comme envie de lui dire, lui crier “Tais-toi pov’con !”, ou juste lui rappeler, plus ou moins aimablement, que le travail, c’est pas Kiki et son “nonosse”, c’est une tâche qui t’es confiée, en "échange" de quoi, comme spécifié dans le contrat (précaire, il va de soi) tu es rémunéré.
Une rémunération, ce n’est pas un “nonosse”, Monsieur, ce n’est pas une récompense.
C’est un dû.
C'est un droit.
Or donc, je bénéficie d’une augmentation.
De 2,83%.
Soit 13,81€ par mois.
Tu rigoles, mais attends ! Mine de rien, on frôle comme qui dirait les cent balles par mois !
En ces temps de crise, c’est plutôt bienvenu, non ? ... Enfin, j’veux dire qu’on n’va pas y cracher dessus !
Et puis, comme me le rappelle souvent et très justement ma pov’ mère, c’est à l’année qu’il faut voir ! On se rend mieux compte ! Et à l’année, ça nous y fait 165,72€ (1087 francs) ! Soit un aller-retour Toulouse-Paris en avion pris trois semaines en amont, et 9 paquets de Benson & Hedges.
Sauf que, la fête s’arrête là, car cette augmentation n’est malheureusement pas celle de mes émoluments, mais celle … de mon loyer, réévalué - comme le précise le document qui m’est gracieusement adressé - “en fonction de la variation moyenne des quatre derniers indices du coût de la construction publié par l’I.N.SE.E.”
Et ça commence – tu vas rire … – mercredi.
Le 1er avril, donc ...
Alors je pensais à notre chef de l’entreprise de l’État, avec son discours de St-Quentin. Les classes moyennes et tout le tralala. Ceusses qui regardent, très au-dessus de leur tête, planer le bouclier fiscal et s’envoler des parachutes dorés.
Je repensais notamment à cette phrase : “Jusque là, nous n’avons pas commis d’erreurs !”
Et puis aussi, à cette maxime, sage : “Gouverner c’est prévoir.”
Eh bien tu vois, dans un pays qui en deux mois vient d’enregistrer 170 100 demandeurs d’emplois (de catégorie une) en plus, qui voit de semaine en semaine des citoyens affluer de plus en plus nombreux à la C.A.F., dans des associations, dans leur mairie de proximité, aux "Resto Du Cœur", ne sachant plus comment s’en sortir, quémandant des reports de prélèvements, ceux de leurs crédits, de leurs impôts, de leurs charges diverses, il m’aurait semblé judicieux, que pour cette année, le gouvernement décréta un gel total des loyers.
Ça me semblait aller de soi en ces temps non de crise, mais de dépression.
Mais pour notre gouvernement, non.
Alors que, pourtant, la semaine dernière, le 24 mars, à 19h20, au cœur de Saint-Quentin dans l’Aisne, son chef fanfaronnait, affirmant que : “pour la première fois dans l'histoire de la République, [le gouvernement allait] faire un geste pour les ménages des classes moyennes.”
Foutaises !
Preuve éclatante qu’il ne nous comprend pas, qu’il n’entend pas, comme il le prétendait, ceux qui ne manifestent pas, ceux qui se taisent, ceux qui ont cru qu’au bout de leur labeur, il y avait une récompense.
Un “nonosse” en plastoc.
Mais viendra le jour, où nous, les chiens, nous montreront les crocs plutôt que d’aller chercher, une nouvelle fois, celle de trop, vos maudits bâtons.
Et ce jour-là, il est pour bientôt.
Comme dirait un chien, justement, ce sera PLUTÔT …
… Que vous ne le pensez.
En vertu du fait, et pour paraphraser le chef de l’État - Saint-Quentin, 24 mars 2009, 19h08 - en vertu du fait, disais-je, que s’il y en a tellement un qui a le devoir d’agir, il faut bien qu’il y ait une meute qui ait le devoir de la ramener …
21:28 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : récompense, travail, le travail vu par sarkozy, augmentation de salaire, indices du coût de la construction publié par l’i.n.se.e., nous allons faire un geste pour les classes moyennes |
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27 mars 2009
Foutez-Leur La Paix !
Comme dirait ce bon Jégo, ça commence à me courir sur le haricot …
.. Non, c’est même pas vrai qu’il a dit ça, Jégo, c’est juste que ça me fait plaisir …
Or donc, comme disait Jégo, ça commence à me courir sur le haricot, cette histoire de “se réclamer de”.
Par exemple, au hasard, de Jaurès.
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Je dis Jaurès, mais j’aurais pu tout aussi bien dire De Gaulle.
Car enfin, ça veut dire quoi, de se réclamer de De Gaulle ?
D’être Gaulliste.
Déjà, le terme “iste” me dérange. Va savoir pourquoi ! Ça frise la secte ou je ne sais quelle chapelle. Or, nous sommes dans une République laïque, Messieurs, alors sortez de vos bondieuseries, de votre catéchisme gaullien et faites-nous bander avec de nouvelles idées, des à vous, pas celles des autres. Faites de la politique au sens noble du terme au lieu de faire parler les morts.
Non mais, vous vous rendez compte, l’infamie, l’ignominie : faire parler un mort !
Mais au nom de quoi, comme dirait le Sarkozy ! Sinon pour vous faire mousser à peu de frais, vous dispenser de penser par vous-mêmes !
Mais au-delà (et c’est le cas de le dire) de l’appropriation de ce qui ne vous appartient pas, vous défiez les lois de la nature, vu que, le mort est fait pour reposer, et non pour se reposer sur lui.
Vous fustigez les parachutes dorés, les bonus, les stock-options, mais vous-mêmes, vous la faites copieusement fructifier la pensée gaulliste ou mitterrandienne ! Et à votre seul profit, par dessus le marché ! Toujours à nos dépens !
Et puis, qu’en savez-vous ?
Je veux dire De Gaulle, aujourd’hui, il dirait et ferait quoi ? Le monde va si vite, trop vite, que rien, nous n’en savons rien. Ni vous. Ni eux. Ni moi (dans le Gard, je sais .. C’est juste pour détendre ..).
Qui vous dit que le vieux l’aurait pas réintégré l’Otan en 1990. Première guerre du Golfe.
Qui vous dit qu’il ne serait pas, s’il était de ce monde, en train de nous mitonner un bon vieux "Mai 2009", une putain de révolution de derrière les fagots ? Qui vous dit qu’il collaborerait, qu’il ne serait pas plutôt le premier des résistants au régime Sarkozyste ?
Et Pompidou ! Il dirait et ferait quoi, en 2009 ? Tu crois que Balladur le sait, peut-être, lui qui n’écoute que lui-même ? Foutaises ! Il n’en sait rien. Foutre rien. Il capitalise sur le pompidolisme.
Et Giscard ..
Ah, excuse-moi, on me Twitte ..
- Oui .. Comment ? .. Giscard n’est pas mort ! .. Tu déconnes ! .. Mais … C’est arrivé quand ?
Euh .. Où en étais-je ?
Ah oui !
Je disais donc, oublions Giscard ! Ça vaut mieux pour tout le monde.
Et Mitterrand ? Il dirait et ferait quoi, en 2009 ? Déjà que de son vivant, on ne savait pas, alors mort, tu penses bien qu’on n’en sait pas plus. Si ce n’est moins. Y’a que Jack Lang qui prétend savoir. Mais QUI est Jack Lang ?
Rien. Vous n’en savez rien. De rien.
Vous n’êtes que des pilleurs de tombes.
Des spéculateurs de la pensée d’autrui.
Des traders de cadavres.
Mais cessez-donc de vous approprier par des “istes” ou des “iens” une vision politique, cette trépassée qui vous dépasse.
Pensez par vous-mêmes, nom de Dieu !
Inventez, innovez, jaillissez, mais les morts, foutez-leur la paix.
Car à trop les déranger, voici ce qui finit par arriver.
Et vous en êtes tous responsables ET coupables !
13:19 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean jaurès, charles de gaulle, georges pompidou, giscard d'estaing, françois mitterrand, campagne d'affichage du front national, appropriation de la pensée |
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26 mars 2009
C’est Dans L’Aisne, Qu’Un Mauvais Coton, Nous Filons …
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Et c’est en écoutant Christophe Barbier, le lendemain dans “C Dans L’Air”, que j’eus la confirmation que nos journalistes sont bien des perroquets, si ce n’est de vulgaires télégraphistes.
Car vois-tu, je l’ai suivi, de bout en bout, en direct sur la T.N.T., le discours non-explosif de Saint-Quentin.
Comme un crétin, je n’avais pas pris de quoi noter.
Or, très vite, une phrase attira mon attention. Elle traitait de l’impudeur. De la souffrance. Mais impossible de me la remémorer dans ses termes exacts – vivement que notre altesse mette en branle son plan Alzheimer, c’est moi qui te le dis ..
Alors, je surfais histoire de la retrouver.
Le Nouvelobs.com, le Figaro.fr, Liberation.fr, etc. tous, je les ai tous faits. Mais rien à faire. Cette phrase, je ne la retrouvais point. Cependant, je remarquais que TOUS, je dis bien TOUS, reprenaient les mêmes saillies du discours “sarkozien”.
Comment est-ce possible ?
Des sites si différents, parfois complémentaires – très utile, cette complémentarité, pour (d’habitude) recouper une info, la disséquer, et c’est bien là, l’un des réels avantages du soit-disant virtuel.
Et c’est donc Christophe Barbier qui, le lendemain du discours de Saint-Quentin, sur France 5, me fournit la réponse.
Elle est effrayante.
Il nous appris que le Président Sarkozy s’était emmêlé les pinceaux dès le début de son “speach”.
En effet, il ne devait pas dire :
”Ce soir je veux poser des valeurs. Je veux rappeler des repères.”
Mais :
”Ce soir, je veux rappeler des valeurs. Je veux poser des repères.” [Ne cherche pas confirmation, le texte a été immédiatement corrigé sur le site de l’Elysée]
Ça veut dire quoi ?
Tout simplement que les principales rédactions de c’pays avaient reçu le discours en amont. Bien avant qu’il ne soit prononcé.
Or, il faut le savoir, quand une rédaction reçoit un texte (de Sarko, de Martine Aubry, de Bayrou, de qui tu veux, peu importe, ça marche pareil ..) certains passages sont surlignés, afin d’indiquer au journaliste ce qu’il doit communiquer - oui, tu peux aller vomir, si tu veux, ça mérite ..
Voilà pourquoi, dans la presse, tu trouves les mêmes résumés, les mêmes phrases-clef.
Il a beau jeu, ensuite, Sarkozy, de fustiger la pensée unique.
Dieu, que la presse est grotesque !
Ou soumise.
Et pourquoi ?
Pourquoi est-elle à ce point soumise ?
Je t’invite à y réfléchir.
Alors vois-tu, après "ça", quel intérêt y aurait-il à commenter ce non-évènement que fut le discours de Saint-Quentin ?
Il est vide.
Il est creux.
Il est victimaire, tout en notant, comme toujours, que chez Sarko, et c’est bien là l’insupportable, il y a les victimes dignes d’intérêts, et les autres.
Ce discours, tu vois, il est : malhonnête, déplacé, injuste.
Malvenu.
Il a raison Barbier : on n’alerte pas la République pour ne rien dire, du moins, que nous ne savions déjà. Il suffisait de se fendre d’un communiqué et Basta !
Là où je ne suis pas d’accord avec le directeur de l’Express, là où je diffère, c’est sur la ville choisie, celle de Saint-Quentin.
Il parle, Barbier, de choix septentrional. D’un potentiel écho au discours de Toulon. Mais, si j’peux me permettre, j’ai une autre proposition :
Saint-Quentin, parce que c’est dans cette ville, que le 25 janvier 2007, le candidat Sarkozy justifiait ses références à Jaurès, Blum, De Gaulle et consort. C’est ce jour-là qu’il s’adressa à la “France-Qui-Souffre”.
C’est cela qu’il voulait nous rappeler.
La souffrance qu’il n’aurait pas oubliée. Qu’il mesure. Qu’il entend. Même muette.
Il était là, l’écho.
A lui-même.
D'où, Barbier, le passé composé.
Voilà.
C’est tout.
C’est peu.
En fait, j’avais tout dit, hier.
Je rajouterai juste une "chose".
La seule annonce, véritable, que le chef de l’État nous a faite, et qui est la suivante :
”La seule appartenance à une bande pourra être sanctionnée pénalement d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.”
Quelle rapport avec la Crise ?
Eh bien je te renvoie (Ça va réjouir CSP – et tant mieux ! et dans un autre registre, Bénédicte ...) à cette vidéo de 1999 que j’avais choisie pour ouvrir Refais Le Monde en octobre 2006.
Elle traite de l’insécurité sociale. Et de son prolongement pénal.
Et l’on se rend compte aujourd’hui combien Loïc Wacquant avait raison.
Et combien ça va nous faire mal.
Sur ce point – et c’est bien le seul – Nicolas Sarkozy ne nous aura pas menti : oui, ça va nous faire très mal !
Même s’il utilise d’autres mots.
Ceux de la pensée unique qu’il prétend pourfendre.
22:00 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christophe barbier, c dans l'air, discours de saint-quentin, journalisme français, pensée unique, loïc wacquant, insécurité sociale |
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25 mars 2009
La France, Tu L’Aisnes Ou Tu La Quittes !
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Billet à paraître demain, jeudi 26 mars, vers la fin du jour.
Il traitera du discours de Saint-Quentin.
D’ici là, les commentaires sont ouverts afin que tu exprimes ton avis sur les propos tenus par Nicolas Sarkozy, hier, dans cette Aisne de Monsieur Xavier Bertrand.
Nicolas Sarkozy, l’homme qui “n’a pas été élu pour augmenter les impôts” mais qui nous propose une .. “taxe carbone”.
Cet homme qui - et c’est jouissif - paraphrase son pire ennemi, Dominique Galouzeau de Villepin (mars 2005, CPE) en entendant ceux qui manifestent, tout en entendant, aussi, ceux qui ne manifestent pas.
Cet homme qui déclare que “son devoir est de respecter les français” mais les envoie paître par un tonitruant (rien à voir avec Tony Montana, quoique ..) : “Casse-toi, pauvre con !”
Cet homme dont le devoir est ”d’entendre la souffrance discrète, la souffrance humble, la souffrance modeste ..” comprendre : entendre la souffrance de ceusses qui ne défilent pas, comme si les employés de Molex, Continental, pour ne citer qu’eux, avaient la souffrance indiscrète, immodeste, impudique.
Demain, je te parlerai de cet homme qui prétend rassembler le pays depuis l’UMP, mais qui, comme toujours, le divise, avant-hier entre bonnes et mauvaises victimes, hier, à Saint-Quentin, entre victimes silencieuses et victimes manifestantes.
Demain, je te parlerai de cet homme qui nie la moitié de son pays, celle des pamphlétaires, des "sans-culotte", des lumières.
Celle qui gueule, qui vocifère, qui manifeste.
Cette moitié-là, Monsieur Sarkozy, tu ne peux l’ignorer, ou la snober.
A moins de ne pas aimer (l'Histoire de) ton pays.
Or, je te le rappelle, c’est toi qui l’a dit :
”La France, on l’aime ou on la quitte ..”
A demain.
.../...
Ajout du jeudi 26 mars 2009 :

Toulouse Fm, La Matinale, jeudi 26 mars, 8h52.
22:14 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gros foutage de gueule |
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24 mars 2009
Thierry, Tu Es Notre Pain Béni !
C’est magnifique, c’est inespéré, à ce point que j’ai envie de dire oui, oh oui ! Le jour de gloire est (peut-être) arrivé !
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Ah Thierry, si tu savais comme je te bénis, tant c’est beau un conseil d’administration de chez Valeo, celui-là même qui en période, non de crise, mais de dépression, vient de t’accorder trois millions deux cent soixante et mille patates d’euros pour “divergences stratégiques”, autant dire - n’ayons pas peur des mots - pour mauvaise gestion et prises de décisions abracadabrantesques mettant en grand péril l’avenir des salariés de ton entreprise.
Ah mais quelle belle action, sacrebleu ! Même qu’il faudrait la coter en bourse, mon Thierry, tant elle vaut son pesant d’or !
Ah mais qu’il est beau, qu’il est juteux et si majestueusement ficelé, ce parachute doré !
Comme je voudrais avoir une main de plus, Thierry, pour t’applaudir à tout rompre, à tout va, t’applaudir à m’en péter les veinules !
Comme je regrette, mon Thierry, que tu ne sois point inscrit sur Facebook, je t’aurais derechef envoyé une demande express d’amitié.
Ah Thierry, mon ami, mais prends-le ton argent, tu l’as bien mérité mon cochon ! Ah prends-le, oui, et sans perdre de temps, ce serait gâcher la fête, tant tu le sais, le temps, mais bordel à fi(ll)on, c’est de l’argent ! Encore de l’argent !
Thierry, je t’en conjure, ne les écoute pas, les Parisot, les Chatel et consort. Ceusses qui te demandent de renoncer à ton beau parachute, ton Airbag doré.
Ne les écoute pas, et pars, pars sans te retourner, vite et loin, le plus loin possible, où tu veux, mais pars, aux Caïmans, par exemple, bel endroit pour oublier à jamais leurs larmes de crocodile, celles des Parisot, des Chatel et consort.
St-Barth, à la limite, ne serait pas déshonorant, t’y f’rais même d’une pierre des tas de coups, vu qu’à St-Barth, t’aurais du soleil et des pu .. et des nanas, 362 jours sur 365 ! Mais c’est pas tout, l’ami, énorme cerise sur le caviar, mon Thierry, t’y paierais pas d’impôts : cette île pour américains séniles est totale "défiscalisée" ! Alors, elle est pas belle, la vie, mon Thierry ? On n’est pas bien là, décontracté du gland, et on baisera le bouclier fiscal quand on aura envie de le baiser ?
Ne les écoute pas, Thierry, les Parisot, les Chatel et consort ! Pars avec le blé, casse-toi sans demander ton reste ; pour parler français : pisse-leur à la raie, Thierry !
A ton parachute doré, ne renonce pas !
Je t’en supplie !
Garde-le, ainsi, tu nous rendras le plus beau, le plus grand, le plus fier des services !
Tu réveilleras enfin ce peuple léthargique, tu attiseras sa colère, tu lui rendras – bien involontairement, mais on s’en fout .. - sa dignité perdue !
Grâce à toi, Thierry, mon ami, le peuple s’inventera une nouvelle Bastille, à nouveau il rugira, éclatant, beau et grand !
Notre avenir est dans ton parachute, Thierry !
Tu es notre chance !
Tu es notre espoir !
Notre pain de demain, béni et quotidien !
Alors, une fois encore, je t’en conjure : ne renonce pas à ton parachute doré !
Ne nous vole pas notre colère.
Tu nous la dois.
18:04 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : thierry morin, valeo, parachute doré, laurence parisot, luc chatel, indemnités de départ, prenez-nous pour des cons ! |
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23 mars 2009
Le Retour Des Meilleurs D’Entre Eux
Or donc, on me gausse, on me moque, des pierres on me lance, mais peu me chaut, je maintiens le cap et d’avis ne varie pas, ce que j’écrivais le 27 mai 2008, je le maintiens, mieux, à nouveau je le couche sur ce blog :
Alain Juppé et Laurent Fabius pourraient bien être les deux acteurs principaux de l’élection présidentielle de 2012.
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Sauf que, le 27 mai 2008, la Crise n’avait pas encore montré le bout de son sale nez (quand bien même lors de l'été 2007, elle avait prévenu de son arrivée par ce que j’appelle sa bande-annonce : la crise des Subprimes).
Je veux dire que cette Crise, qui est loin d’avoir dit, hurlé ses derniers maux, renforce cette (folle) hypothèse dans la mesure où les dégâts seront tels qu’elle va, c'est certain, redistribuer les cartes et les rôles politiques.
Alors j’entends, ici ou là que Besancenot pourrait, bien involontairement, en tirer “profit” – c’est d’ailleurs ce qu’escompte l’actuel locataire de l’Élysée dans sa stratégie mitterrandienne de Droite, celle visant à réduire le Parti Socialiste, tout comme le gisant de Jarnac atrophia le RPR avec l’épouvantail Le Pen – ou que le béarnais Bayrou pourrait apparaître comme le recours le plus crédible, la “chienlit” économique lui donnant à rebours raison dans l’argumentaire prévisionnel qu’il développa lors de sa campagne présidentielle de 2007, oui, Bayrou enfin, tant il fait figure d’homme raisonnable, sensé, la parfaite incarnation du bon père de famille, et, par extension, celui de la Nation, ce fantasme bien français.
Mais il en est un autre, bien plus tenace, bien plus ancré, qui, en période de durables tourmentes et de perte(s) totale(s) des repères sociaux-économiques, conduit l’électeur à se tourner vers des valeurs sûres, des hommes à poigne, droits dans leurs bottes, forts en tribune, des hommes comme Alain Juppé et Laurent Fabius.
Oh bien sûr, il est long et imprévisible, le chemin qui mène à 2012, et rien ne dit, aujourd’hui, qu’ils parviendront, ces deux ex "Premier ministre", à déjouer les pronostics, à éviter les pièges, à s’imposer comme une évidence au sein de leurs Partis respectifs – surtout Fabius.
Il est, cependant, un fait non acquis, mais fort probable : en 2012, les principaux objectifs fixés par Nicolas Sarkozy ne seront pas atteints.
Soit :
- Le plein emploi.
- Le retour du pouvoir d’achat.
- Une France de propriétaires.
Il pourra, c’est vrai, désigner la Crise comme première responsable de son “échec”, arguant, si et seulement si la reprise économique se fait sentir, que les mesures qu’il a prises pour la combattre, l’endiguer, nous protéger, étaient les bonnes.
Ce que je crois, c’est que ce seront les sondages d’opinion qui seront déterminants. S’ils sont catastrophiques, pourquoi prendrait-il le risque de quitter la scène politique sur une humiliation ?
Juppé, Fabius, omniprésents, comme par hasard (qui n’existe pas) ces derniers temps dans nos médias, cela paraît incroyable, et pourtant, ce ne serait, à mon sens, qu’un juste retour des choses. Une évidence qui surviendrait avec, simplement, quelques années de retard.
Car enfin, n’était-ce pas ces deux-là qui devaient en découdre un jour, une fois leurs “pères” disparus (Mitterrand) ou rangés des voitures (Chirac) ?
Ce sont les circonstances, les aléas de la vie politique qui auront contrarié leur destin. Certains parleront de justice. Elle est, en effet, leur point fatal et commun.
En 1995, ce n’est ni Delors, encore moins Jospin, qui auraient dû représenter le PS à la présidentielle.
Mais Fabius.
Seulement voilà, quatre ans auparavant, en avril 1991, éclate le scandale, celui du “sang contaminé”. Fabius est en première ligne. Dès lors (sans jeu de mots ..) il lui est impossible de se lancer, comme prévu, dans la course élyséenne. Il doit attendre que la justice rende son verdict. L’innocente.
Ce sera chose faite le 9 mars 1999. Ce jour-là, la Cour de Justice de la République le relaxe.
Mais ça ne suffit pas.
Pour le peuple, du moins une partie non négligeable, il reste indissociable de cette “affaire”. Il reste "coupable". C’est injuste, mais c’est ainsi. Le peuple pensant, à tort, et au mépris de toute justice, qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Or, et combien de fois faudra-t-il le rappeler, Laurent Fabius, dans cette “affaire”, a été re-la-xé !
C’est une décision souveraine, une décision importante, elle devrait être respectée par le peuple. Le peuple, celui que De Gaulle traitait de veau, serait pourtant le premier à exprimer son soulagement et sa gratitude si une Cour venait à rendre la dignité de son fils ou de sa fille. Pour son fils ou sa fille, oui, mais pour l’autre, non ! D’autant plus, si c’est un puissant à ses yeux. Pour le peuple, la justice est suspecte quand elle disculpe un puissant. C’est non pas du poujadisme, c’est de la crasse bêtise.
Quoi qu’il en soit, Fabius a vu le train des présidentielles (1995, 2002, 2007) lui passer sous le nez. Mais jamais, il ne renoncera.
Il sera là, en 2012.
En 2007, ce n’est pas Sarkozy qui doit représenter la Droite aux présidentielles.
Mais Juppé.
Car c’est bien le maire de Bordeaux qui fonde en 2002, cette machine de guerre électorale, l’UMP. Il en devient le Président. Sauf que, et il le sait, la justice l’attend. Depuis 1998. Les emplois fictifs.
La sanction tombe, en janvier 2004.
Un an d’inéligibilité, 14 mois de prison avec sursis, après appel. C’est fini. C’est râpé. Il ne peut plus être l’homme de 2007. Il rend tous ses mandats, s’exile au Québec. Et QUI prend, à la hussarde, les rênes de l’UMP ?
Nicolas Sarkozy !
Et justement !
Oui, justement, comme elle est intéressante, comme elle fait écho, la trajectoire de Nicolas Sarkozy. C’est même un cas d’école. Mieux, elle renforce l’hypothèse d’un (éventuel) retour de Juppé, comme de Fabius. Quand bien même les chemins ne seraient pas les mêmes, je veux dire que – pour le moment – ce n’est pas la justice qui freina l’actuel chef de l’Etat dans ses ambitions, mais des défaites électorales majeures.
En 1993, il devient Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Balladur. Le voilà sur orbite. En 1995, il choisit son camp : ce ne sera pas Chirac. Il préfère son “ami de trente ans", Edouard, qui en fait son porte-parole de campagne. Son nom circule quand on évoque celui du futur Premier ministre.
On connaît la suite.
Balladur ne passe pas le premier tour. Sarkozy endosse, à son corps défendant, l’image du traître. Il est presque mort politiquement. A lui, la traversée du désert.
Et comment en sortira-t-il, de ce désert ?
Par un un miracle : la dissolution de l’Assemblée Nationale, en 1997 ! C’est elle, dans sa débâcle, qui va lui permettre de revenir. A croire que ce type a le cul bordé de nouilles ! Lui, le pestiféré, devient Secrétaire National du RPR, puis, Président par intérim de ce même Parti. Quel incroyable retour, non ?
Mais il sera de courte durée.
En juin 1999, la liste qu’il conduit avec Alain Madelin aux Européennes se classe troisième, très loin derrière celle de Francois Hollande et à un poil de pourcent de celle emmenée par le tandem Pasqua/De Villiers. Ce n’est pas une défaite, c’est une déroute. A ce point, que le 14 juin 1999 – que je propose comme date de joie nationale et jour férié – Nicolas Sarkozy démissionne de son mandat de Président du RPR, de toutes responsabilités au sein du Parti “présumé” Gaulliste et .. se retire de la vie politique ! Pendant près de trois ans, il exercera son métier d’avocat.
C’est le 21 avril 2002, ce que l’on nomma un séisme politique, Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, qui va favoriser l’impensable : son retour en politique. Et il sera tonitruant.
Il devient le "Monsieur sécurité" du gouvernement Raffarin. Puis celui de son pire ennemi : Dominique De Villepin.
On connaît la suite : Chute de Juppé, prise de l’UMP, l’affaire est pliée.
Oui, elle est particulièrement intéressante la destinée de Nicolas Sarkozy. Un homme politiquement mort deux fois, et qui, en définitive, bénéficiant de circonstances abracadabrantesques en tire le maximum possible : l’Élysée.
Sa trajectoire démontre qu’en politique rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais fini, démontre que oui, tout est possible, y compris l’improbable.
Et Laurent Fabius comme Alain Juppé ne l’ignorent pas.
Pourquoi voudrais-tu que ces deux hommes renoncent à leur destin ?
Rien, ni personne, ne les fera renoncer tant qu’il ne sera pas avéré qu’ils n’ont pas une chance de le réaliser.
Et cette chance, fut-elle ironie, c’est la Crise.
Ils sauront, tant ils sont brillants, intelligents, naturellement doués, non pas en profiter, mais patiemment, s’imposer comme deux évidences. Deux repères. Deux recours.
Car ils sont à ce jour, de leurs Partis respectifs, de (très) loin, les meilleurs.
Ils le savent.
Et sauront le faire savoir.
20:11 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent fabius, alain juppé, crise financière, perspectives 2012, emplois fictifs, sang contaminé, destin politique |
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20 mars 2009
Ce Danger Qui [Peut-être] Nous Guette
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Il n’est jamais bon de réagir à chaud sur l’actualité, d’autant plus quand elle est lourde.
Il faut toujours laisser le temps à la réflexion avant de, peut-être, commettre un billet, ou s’en dispenser.
Seulement voilà, cela fait bien dix jours que ça me taraude.
Très précisément, depuis le 11 mars dernier, jour où, Tim Kretschmer, ce jeune allemand de 17 ans dont on dit qu’il était “tranquille” et “très ordinaire” a pénétré dans un collège près de Stuttgart, ouvert le feu, abattant au total quinze personnes avant de, plus tard, se suicider.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle tuerie se produit.
Et rien.
Je veux dire, aucune explication rationnelle, même si des spécialistes parlent de “rage existentielle face aux inexplicables injustices de la vie”, de “dépression suicidaire”, de souffrances sourdes, de solitude, de repli sur soi, de mal-être, un manque de reconnaissance.
Et alors ?
Et alors, ce matin, dans le centre de Lyon, un homme armé d’une carabine à plombs, a tiré sur des femmes allant chercher leurs enfants à l’école.
C’est tout frais. Je sais. Trop sans doute pour en parler, déjà. D'autant plus qu'au moment où j'écris ce billet, on n'en sait pas plus. On ne sait rien.
Mais ça me taraude, ne me quitte pas.
Et quand bien même, n’y aurait-il aucun rapport entre ce qui s’est produit ce matin à Lyon et le 11 mars dernier en Allemagne, ou, le 20 avril 1999 dans le lycée de Columbine, qu’il y a là, tout de même, matière à réfléchir.
Voire, à s’inquiéter.
Oh bien sûr, des sociologues, des thérapeutes et consort viendront, à coup sûr, dans les jours prochains, sur quelques plateaux de télévision (“C Dans L’Air” par exemple ..) viendront, disais-je, pour tenter de (nous) donner un début d’explication, tout en nous invitant à la plus grande prudence, soit à ne pas tirer trop hâtivement des conclusions, privilégier la réflexion à l’émotion.
Certes.
Mais je me disais, la période étant difficile, et les mois qui s’annoncent particulièrement rudes, pour ne pas dire douloureux, oui, je me disais que voilà (peut-être) un autre et effrayant danger qui nous guette.
Tant on se sait jamais, tant on ne peut savoir jusqu’où la souffrance peut conduire un être.
Et quand j’entends que dorénavant l’on parle non plus de perte d’emplois, mais de DESTRUCTION d’emplois – expression particulièrement violente – sans faire un quelconque rapprochement, juste une projection – ce que je me suis toujours interdit de faire sur ce blog – je m’inquiète.
Je m’inquiète d’autant plus quand je constate qu’à la souffrance actuelle, celle qui s’exprime, qui appelle, qui invective, on répond par un quasi mutisme.
Ou par des provocations malvenues [cf : Madame Parisot].
Il est dangereux de ne pas répondre à cette souffrance.
Il faut y répondre et concrètement.
Sinon, un jour (peut-être) lasse de n’avoir pas été entendue à sa juste mesure, elle se taira, cette souffrance.
Et il n’y a pires souffrances que celles qui se taisent.
Puis grandissent, en silence.
Voilà ce que je voulais dire.
De ce danger qui [peut-être] nous guette.
16:24 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : souffrances, dépression suicidaire, rage existentielle, crise financière, destruction d'emplois, tim kretschmer, columbine, ce danger qui nous guette |
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19 mars 2009
Jeudi 19 Mars 2009 - Toulouse
“Il faut aller à l’idéal en passant par le réel” [Jean Jaurès]
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18:08 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journée d'action intersyndicale et interprofessionelle, jeudi 19 mars 2009, toulouse, jean jaurès, 2009 année jean jaurès |
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18 mars 2009
Le Jour Où Sarkozy M’a Réjoui
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Et ce jour, c’était hier.
Je sais, tu te dis que je file un mauvais coton, et pas un petit, mais n’aies pas peur, comme le soliloquait son altesse papale Jean-Paul II qu’on va finir par regretter, ce qui est tout de même un comble, quoique, l’époque touchant le fond, nous n’avons plus que le(s) comble(s) pour nous consoler. A ce point rendu, que j’entendis, un soir de pluie, un socialiste "flouté" me confier, dans un hoquet, qu’il regrettait presque le temps où Chirac était président.
Comme tu le vois, chacun sa merde, pourvu que les vaches corréziennes soient bien gardées.
Or donc, c’est hier, mardi en 17, où, à ma surprise générale, Nicolas Sarkozy me réjouissait.
Je compulsais, mécanique, les articles de presse, les dépêches AFP, quand soudain, je découvrais cette déclaration du chef de l’État, deux points, ouvrez les guillemets :
Je n’ai pas été élu
Avais-je bien lu ?
Je me frottais les mirettes, me frappais les joues, un savon sur la tête, mais non, je n’hallucinais point, c’était bien là, couché noir sur blanc, deux points, ouvrez les guillemets :
Je n’ai pas été élu
Ah mon ami, tu ne peux imaginer la joie qui me submergeait !
Et je dansais, et je riais, hurlant à la cantonade que le cauchemar, celui que par un raccourci le peuple des personnes âgées, par les urnes, nous avait légué, ce cauchemar était terminé.
Je me disais, nonobstant, qu’il nous faudra, à présent, et sans plus attendre, convaincre un monde incrédule et férocement libéral, que la vie intelligente envahissait de nouveau le pays des lumières, que cette tâche sera rude, mais peu importe, car en vérité, de Marseille nous le savons, le seul chemin qui vaille est celui de la bravoure, de la liberté et du refus de la docilité !
Et je virevoltais, embrassant des femmes invisibles, portant aux nues des enfants non congelés, et, à gorge toute déployée, je riais à notre dignité retrouvée.
- Il n’a pas été élu, sans cesse je répétais, il n’a pas été élu !
- Qui n’a pas été élu ? Me demanda Jean-Claude. Mais tu es .. à poil ! Ajouta-t-il.
- Euh .. Ah bon ?
- Ben oui ..
- C’est-à-dire que je vais t’expliquer, Jean-Claude ..
- Mais c’est pas la peine. Tu … Tu es chez toi, et chez toi, dernier espace de liberté en "Sarkozie", tu fais c’que tu veux !
- Oui mais non. Enfin, c’est pas ce que je voulais dire. C’est juste que je viens d’apprendre une nouvelle incroyable et ..
- … Et du coup, tu te fous à poil à ta fenêtre en criant comme un crétin !
- Voilà ..
- Et on peut savoir c'qui ..
- Comment ça comme un crétin ?
- C’est juste une manière de parler.
- Oui. Enfin, y’a manière et manière. Crétin, c’est pas très sympa. C’est un coup à perdre des tas de “points cool” sur Facebook ..
- Con, ça t’irait mieux ?
- Euh .. Ben à la limite, oui, je préfère .. Après tout, nous sommes tous des “casse-toi pauvre con” en puissance ! Sauf que justement, c’est fini, c’te histoire !
- Comment ça, c’est fini ?
- Ben oui. C’est marqué dans les journaux ! Nicolas Sarkozy ! Il n’a pas été élu ! Même que c’est lui qui l’a dit !
- Tu déconnes !
- Ben non.
- Et elle est où, cette info ?
- Là, sur ma table de travail.
- J’peux voir ?
Et alors que Jean-Claude se dirigeait vers le bureau où reposait la précieuse et ravigotante info, la joie, l’immense, me prit à nouveau.
- Ducon .. Euh Philippe, me lança Jean-Claude, j’crois que t’as oublié un truc.
Puis il ajouta :
- Wouah ! J’savais pas que t’assurais ta race, en moonwalk !
- Moi non plus. Ce doit être la joie qui me ..
- Oui, ben justement, en parlant de joie, j'voudrais pas te la rabattre, mais, y’a comme un problème avec ton info.
- Lequel ?
- Oh trois fois rien. Juste, tu l’as pas lue jusqu’au bout ..
- Et .. Y’a quoi au bout ?
- Un truc du genre important.
- Et qui dit quoi ?
- Qui dit : pour augmenter les impôts.
- Ca veut dire quoi, ça ?
- Ben ça veut dire que Nicolas Sarkozy a déclaré, deux points, ouvrez les guillemets : Je n’ai pas été élu .. pour augmenter les impôts !
- Tu déconnes ?
- J’ai l’air ?
- Non … Donc, il est élu. Enfin, c’est toujours lui qu’est notre président, j’veux dire.
- Voilà, oui.
C’est là que le malaise est arrivé.
Sur la vie de Benoît XVI, j’te jure, autant notre pouvoir d'achat n'allant pas croissant, je crus que mon existence partait en brioche, et, comme dans tous ces témoignages que l’on trouve dans les livres d’ésotérisme, je vis non pas la mienne, de vie, défiler, mais celle des autres. Celle des gens heureux, goguenards et pétant dans la soie. Ceusses ayant bénéficié du bouclier fiscal. Les 14 000 comme on les appelle. Les grands vainqueurs de la Française du Fisc, de la Sarkozy des Jeux.
Ceusses qui remercient le Nicolas de n’avoir pas été élu pour augmenter leurs impôts.
- Eh Ducon, tu vas te reprendre, oui ! Me lança Jean-Claude en me savonnant le crâne, me frappant les joues et m’écartant les mirettes. C’est pas l'moment de flancher, mon ami ! Tu sais que demain, c’est le Grand Soir .. le Grand jour !
- Demain ?
- Oui, demain. Jeudi. Le 19 mars. T’as quand même pas oublié ?
- Non, non ..
- Alors rhabille-toi, oublie c’te histoire, arrête de faire le crét .. le con, et révise donc tes slogans.
- OK, Jean-Claude.
- A demain, 14 heures 30 ?
- Oui ... A demain. 14 heures 30 !
- A la bonne heure !
Au fait, tu viens toi, demain ?
Allez quoi, fais pas le crét .. le con !
Y’aura des merguez et de la joie.
Oui, de la joie.
Celle, simple, d’exister.
Enfin !
Nous les floués.
Les "à poils", Total, Continental ...
Les derniers des derniers.
23:35 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts, jeudi 19 mars 2009 |
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