20 février 2009
“ … C’Est Le Difficile Qui Est Le Chemin !”
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Au fond, il y a peu de différences entre les vœux à la Nation de Nicolas Sarkozy (31 décembre 2008, 20 heures) et son allocution de mercredi soir (18 février 2009, 20 heures).
On retrouve, peu ou prou, les même termes :
- Travail
- Effort
- Mérite
- Récompense
- Justice
- Solidarité
- Devoir
Les mêmes phrases :
- “Nous allons sortir renforcés de cette crise ..”
- “Mon devoir est de soutenir les classes moyennes/Je ne laisserai pas les plus fragiles d’entre nous ..”
- “J’ai été élu pour moderniser le pays/pour réformer notre pays (hôpital, lycées, universités, Etat lourd et coûteux) …”
- “Il est essentiel de garder notre sang-froid …”
Et la même attitude :
Debout derrière un pupitre, tel l’Empereur de la "Guerre Des Etoiles" ; ou debout sans pupitre, tel un roi nu.
Debout face à la crise.
Seul.
Même termes, mêmes phrases, même attitude, Il n’y a donc aucun virage, aucun changement de cap.
Peu importe que cette crise soit “sans précédent”, Nicolas Sarkozy ne bouge pas.
Et les quelques mesures annoncées mercredi soir ne sont que des rustines, des pansements destinés à calmer “les plus fragiles d’entre nous” en espérant qu’ainsi ils n’investiront pas la rue.
Car tel est son but : éviter (au pire, différer) un mouvement social d’envergure (et “sans précédent”) qui lui pend au nez !
En clair, Nicolas Sarkozy joue la montre, gagne du temps, avec l’espoir un peu fou qu’à la fin de cette année, il y aurait comme les signes d’un début d’embellie, une amorce - quand bien même fut-elle infime - de descente de crise, ce qui lui permettrait, lors des vœux prochains, d’enfumer le concitoyen avec le talent qu’on lui connaît, soit en procédant par sophismes et quelques raccourcis mathématiques (Sarkozy gère notre pays comme un comptable .. En cela, il donne raison à François Mitterrand qui disait : “Après moi, il n’y aura que des comptables !”).
Il y a, cela dit, deux différences (de petites tailles) entre le discours du 31 décembre 2008 et l’allocution du mercredi 18 février 2009.
Tout d’abord, un terme a disparu :
Immobilisme.
Ce terme ne visait pas seulement les syndicats, l’opposition (traitée souvent d’archaïque) mais aussi, et surtout, les fonctionnaires.
Nicolas Sarkozy a enfin compris qu’à défaut de les convaincre ou de les mettre dans sa poche, il fallait peut-être cesser de les déconsidérer, quand ce n’est pas les insulter (comme les chercheurs, par exemple ..)
Ensuite - mais d’une certaine façon, c’est un remplacement habile du terme “immobilisme” - Nicolas Sarkozy a introduit une nouvelle notion :
Le refus de la facilité ! (“Je vous propose le seul chemin qui vaille : celui de l’effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité !”)
En cela, et toutes proportions gardées (pour ceusses qui connaissent son manque de culture) il reprend la formule de Kierkegaard qui disait :
”Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin !”
On pourrait passer des heures sur ce que signifie dans les six cerveaux en état de marche de Nicolas Sarkozy, ce “refus de la facilité”.
D’autant plus dans une période, où comme il le dit lui-même, “les difficultés qui nous attendent (…) seront grandes !” [31 décembre 2008]
On peut néanmoins, s’autoriser à penser que dans son esprit, et selon sa logique purement comptable, la facilité consisterait à embaucher plus de fonctionnaires, interdire les licenciements et augmenter le SMIC.
Quoi qu’il en soit, il est un point sur lequel, on ne peut lui faire de reproches.
Avant son élection, il avait promis que c’en était fini d’un président qui se cache derrière ses ministres, qu’il serait, lui, en première ligne.
Il l’est.
Peut-être trop (il va même jusqu’à annoncer les réformes à la place des ministres concernés - en qui il n’a jamais fait confiance ...) mais il l’est.
Il l’est à tel point, qu’on a peine à trouver un ministre, même mauvais, qui ne soit pas devant lui en terme de popularité dans les enquêtes d’opinion.
Il l’est, debout, mais – forcément - de plus en plus seul.
Sur ce point-là, il ne nous a pas mentis.
Pour le reste, ça se discute … (“Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous abandonnerai pas !” – 6 Mai 2007]
S’il y a un (vrai) reproche à faire (hormis le non-changement de cap et les rustines-pansements annoncées mercredi soir) c’est son silence.
Pas un mot sur ce syndicaliste, mort dans la semaine, en Guadeloupe.
Et ce silence (gênant) chez cet homme qui n’a eu cesse de nous dire qu’il serait toujours du côté des victimes, quitte à bâtir une justice rien que pour elles, me conforte dans l’idée qu’en "Sarkozie", il y a bien deux sortes de victimes : les bonnes (les innocentes ?) et les mauvaises (les coupables ?).
Celles que l’on plaint et celles que l’on tait.
Or, quand on fait de la justice une priorité (“La justice doit être une priorité en ce moment” – Nicolas Sarkozy, mercredi 18 février 2009 – on pourrait se demander : pourquoi en ce moment ? La justice ne doit-elle pas être une priorité permanente ?) en d’autres termes quand on se place du côté de l’équité, on se doit (lui qui aime tant ce mot : devoir) de ne point faire quelques distinctions que ce soit en matière de victimes.
Je conçois que pour Nicolas Sarkozy ce soit difficile.
Mais, comme il l’a dit lui-même :
“Je vous propose le seul chemin qui vaille : celui de l’effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité !”
Encore un effort, Monsieur le Président, tant être juste, c’est d’abord refuser la facilité.
Celle que vous ne nous accordez pas.
[Sur ce je m’éclipse une semaine, à moins que dans ce laps de temps, la grippe aviaire revienne, le réchauffement climatique s’accélère ou .. le peuple, enfin, se révolte ..]
13:35 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, crise financière, refus de la facilité, justice, effort, jacques bino, enfumage, mesurettes |
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18 février 2009
Ca Rentre Pas, Nicolas !
Or donc, c'est cet après-midi, 15 heures, que Nicolas Sarkozy rencontre les partenaires sociaux.
Et c'est ce soir, 20 heures, qu'il s'adresse à nous.
Une allocution enregistrée.
Eh bien, je ne voudrais pas être une nouvelle fois l'empêcheur de tourner en rond de mauvais augure, mais y'a un truc qui va pas.
Pour parler vulgairement, ça rentre pas !
Comme je l'expliquais ce matin, à 8 heures 35 minutes et 12 secondes sur Toulouse FM (en présence de ma collègue journaliste effrayée ..) :

[Même si c'est pour déconner tout ça, quand même, je me demande si ...]
AJOUT A CE BILLET, MERCREDI 18 FEVRIER, 20h30 :
Alors ?
Eh bien alors, les "Jaunes" ont perdu et les Verts ont gagné !
En effet, en match aller des seizièmes de finale de la Coupe de l'UEFA, l'AS St-Etienne a été battre l'Olympiakos Le Pirée au Pirée sur le score de 3 à 1 !
Qui c'est les plus forts ?
Mais les Verts, évidemment !
[Billet à suivre sur comment-j'te-calme-les ménages-les-plus-modestes-par-des-chèques-en-veux-tu-en-voilà, autrement dit : comment je gagne un peu de temps en jouant la montre ...]
11:37 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, partenaires sociaux, crise financière |
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16 février 2009
Le Mépris
“Est-il normal que 160 ans après l’abolition de l’esclavage, les descendants des colons, les « békés » possèdent 90 % des richesses de la Guadeloupe, alors qu’ils ne représentent que 1 % de la population ? Est-il normal que les dirigeants économiques des Antilles soient quasiment tous blancs ?”
[Extraits du billet : Et si la Guadeloupe préfigurait la Seine-Saint-Denis de demain ? – Patrick Lozès, le 9 février 2009]
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A la limite, voilà, tout est (presque) dit.
Merci Monsieur Lozès.
Vois-tu, ce n’est pas la Crise qui, seule, peut expliquer ce qui se passe actuellement aux Antilles, prochainement à La Réunion.
la Crise n’est qu’un révélateur.
Celui d’un malaise profond qui perdure depuis des décennies et des décennies.
Il n’y a que les sots, Jean-Pierre Pernaut et l’ensemble du Gouvernement pour ne pas l’admettre.
22:45 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guadeloupe, martinique, la réunion, nicolas sarkozy, yves jégo, dom-tom, mépris, suffisance |
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15 février 2009
Qui Mieux Que Monsieur Besson ?
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Or donc, le 15 janvier dernier, Monsieur Besson se vit confier le ministère (amer) dit de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire, en remplacement de Brice Hortefeux, qui lui, prenait en charge celui du Ministère du Travail, des Relations Sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville.
Pardonnez-moi, comme le dit à tout bout de champ Yves Calvi et toute sa famille de “présumés” journalistes, mais c’est bien joli de constituer un gouvernement avec un minimum de ministres (dont on se demande à quoi ils servent puisque c’est Sarkozy qui traite de tous les dossiers, sauf la Guadeloupe …) c’est bien joli, disais-je, mais ça nous y donne des intitulés de ministère de trois kilomètres de long !
Or, comme le journaliste de presse écrite ne peut dépasser un certain nombre de signes quand il commet un article à la gloire du sarkozysme … dont la déontologie est le souci premier, il réduit copieux le merdier, et voilà comment Monsieur Besson devient le Ministre de l’Immigration et Brice Hortefeux, celui du Travail.
Ceci étant précisé, et avant d’entrer dans le vif, soit dans Monsieur Besson, il est plus qu’utile, voire primordial, de rappeler aux jeunes (qui sont cons par définition, sinon c’est pas des jeunes dignes de ce nom) qu’ont la mémoire courte ou pas de mémoire du tout, ceci :
21:58 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Politiquement Très Incorrect, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eric besson, trahison, déshonneur, immigration, délation, test adn, bruno mégret |
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12 février 2009
Finalement, Je Préférais Bernadette …
Bon déjà, avec ses “mon mari” par-ci, ses “mon mari” par-là, elle confine au ridicule.
Mais après tout, et une fois encore, il y a une semaine, n’a–t-il pas avoué, lui-même, “son mari” de Nicolas :
”J’ai le sens du ridicule, vous savez !”
Autant que “sa femme” soit au diapason.
Que dis-tu ?
Pour quelle raison est-ce ridicule ces “mon mari” par-ci, ces “mon mari” par-là ?
C’est la profusion qui l’est.
Soit le nombre excessif de fois où elle prononce ce “mon mari” en un temps restreint, lors d’un entretien, par exemple.
Comme celui de ce matin, celui accordé au Figaro, où en à peine 14 lignes, elle le fait trois fois.
Pourquoi donc, ce besoin quasi symptomatique de mettre l’accent, d’insister sur le fait qu’il est “son mari” ?
Cherche-t-elle à s’en convaincre elle-même ?
Est-ce un tic forcé de langage dont le but serait d’humaniser “son mari” ?
Le summum du ridicule est, cela dit, atteint lorsqu’elle croit bon préciser :
”Quand j’ai rencontré mon mari, il était déjà Président !”
Quand elle l’a rencontré, il n’était pas “son mari”, surtout.
Mais de qui parle-je ?
15:09 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : carla bruni, carla sarkozy, carla bruni-sarkozy, bruni-sarkozy carla, carla sarkozy-bruni, bruni carla sarkozy, carkozy sarlabruni |
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10 février 2009
Cette Ultra-Gauche Qui Nous Gouverne
Est-il bien utile de préciser en liminaire – t’as vu comme j’te cause riche ? – que la mauvaise foi qui m’anime est seule responsable du billet que je m’apprête à commettre.
Encore que.
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Or donc, que n’a-t-on pas entendu sur le facteur de Neuilly, le Besancenot !
Qu’il était bien gentil, le garçon, mais qu’avec ses propositions de gauchiste patenté (mais qui tentent de plus en plus, bien des français) il était totalement hors des réalités de ce monde indécrottablement capitaliste (indécrottablement et qui pourtant nous fout copieusement dans la merde) que de toutes les façons, ça n’était pas Dieu possible, même ensemble, et tiens, j’en veux pour preuve, Mâhâme Ferrari, c’te histoire d’interdire les licenciements et les délocalisations ou d’augmenter sur le champ les émoluments des gueux à hauteur de 300 euros !
Non mais vous rigolez ?
J’voudrais pas faire dans la "blablague" de mauvais aloi, M’sieur “Pijadas”, mais y s’rait pas un peu timbré du cassis, ce fonctionnaire de La Poste ?
Ben pas tant que ça, finalement.
Car que vient-il de se passer en même pas 48 heures chrono ?
Dans sa grande mansuétude, le gouvernement vient d’octroyer un prêt de 6,5 Milliards d’euros à deux entreprises de type automobile (où il n’est pas si rare que, dans leurs locaux, un salarié mette fin à ses jours ..) afin de les sauver de la “crise-qui-vient-d’ailleurs”, un prêt oui, mais à condition que durant l’exercice 2009, ces deux entreprises ne … licencient pas et ne délocalisent pas !
Certes, elles ont toute latitude pour mettre autant de salariés qu’elles souhaitent au chômage partiel (ce que Sarkozy, jeudi dernier, a impudiquement nommé : l’emploi partiel !) mais avoue que pour des godillots, tel ce benêt de compétition d’Eric Woerth (mais qu’est-ce qu’il est mauvais, pour ne pas dire crétin, c’lui-ci ..) ou cette catastrophe de catégorie une qu’est Christine Lagarde, qui ne cessaient de pérorer à qui mieux-mieux qu’il était inenvisageable d’interdire les licenciements et foutrement compliqué de lutter contre les délocalisations, avoue oui, c’est quand même super drôle de les voir aujourd’hui se vanter du contraire !
A croire que, lorsque leur chef dans l’Etat (oui “dans” et non “de”, vu … L’Etat dans lequel se trouve notre pays ..) déclarait, jeudi dernier :
”J’ai le sens du ridicule, vous savez !”
Ils l’ont eux aussi.
Mais au cube !
Mais c’est pas tout.
Y’a plus drôle encore !
Le Yves Jégo, avec sa tronche qu’a pas inventé la machine à cambrer les bananes, v’là-t-y pas qu’il nous en fait une bien bonne, assurément la meilleure de l’année !
Parti en retard, mais parti quand même, pour tenter de régler l’imbroglio guadeloupéen, notre ministre de l’Outre-Mer était sur le point de valider un accord entre patrons et salariés et qui disait quoi ?
Que ceusses qui gagnent moins de 1,6 fois le SMIC lèvent le doigt, ils seront sur le champ augmentés de … 200€ !
Certes, c’est pas les 300€ réclamés par Besancenot, mais à 100€ près, même par temps de crise, on va pas chipoter sa race.
Re-certes, le Jégo a été prié de rentrer illico-presto en métropole afin de s’expliquer sur sa soudaine “Besancenotisation”, mais le fait d’avoir pré-consenti à cet effort salarial prouve que oui Madame, il est possible d’augmenter le gueux via l’Etat afin qu’il puisse mieux subvenir à son malheur, même si, il y a fort à craindre que cet accord, dans l’œuf, avorte, pour une seule et mauvaise raison, comme je l’expliquais ce matin dans la radio après avoir diffusé un titre de Stéphane Eicher :

Or donc, jusqu’à avant-hier, Olivier Besancenot était un sale gauchiste aux idées irréalisables et farfelues, et v’là-t-y pas qu’en moins de deux jours, un gouvernement méchamment Sarkozyste vient de prouver le contraire.
Tu veux que j’te dise :
Finalement, avec cette Crise, on n’a pas fini de rigoler.
Besancenot, le premier !
NB : D'autant plus que c'qui se passe actuellement aux Antilles et "avant-hier" en Grèce, risque bien de se produire, demain, chez nous ...
21:24 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Crise Financière | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, besancenot, guadeloupe, renault, psa, yves jégo, foutage de gueule |
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08 février 2009
Sarkozy, Héraut De L’Immobilisme Et Du Boneto
24 heures avant le grand numéro de Boneto de Nicolas Sarkozy, Le Figaro.fr posait à ses internautes, cette question :
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Etrange, non, d’autant plus dans un pays où depuis le 6 mai 2007, nous sommes invités à travailler plus pour gagner plus.
Cette question, en vérité, est tout sauf innocente.
Si elle est posée, c’est qu’elle est d’actualité ou va prochainement l’être.
Poser cette question, c’est préparer le salarié à ce sacrifice, le conditionner.
Sous-entendu :
Tu sais que c’est la crise, tu as vu dans ta télé ces gens qui par milliers viennent de perdre leur emploi, ou les autres qui se retrouvent au chômage partiel, tu ne veux pas que ça t’arrive, n’est-ce pas ? Or tu sais que les bons de commande de ton entreprise fondent comme neige au soleil, que les banques qui doivent prendre le relais, assurer la pérennité de ta boîte, se font plus que tirer l’oreille, comme tu l’as constaté dans le troisième reportage du “Face à La Crise” de jeudi soir ; tu le sais ça ? Alors, tu préfères quoi ? Conserver ton emploi en acceptant une baisse de salaire ou rejoindre les 45 000 nouveaux chômeurs enregistrés au mois de décembre dernier ?
Or donc, ils sont, si l’on en croit Le Figaro.fr, 45,52% à répondre oui.
Enorme !
Demain, ils seront plus.
Préparés, conditionnés, donc piégés.
Étonnant, à ce propos, que Guy Lagache n’ait pas rebondi sur ce qui était le plus préoccupant de ce fameux reportage n°3 de jeudi soir : ces petits entrepreneurs se plaignant du fait que les banques ne jouaient pas le jeu !
Pourquoi n’a-t-il pas relancé Nicolas Sarkozy sur ce point alors qu’il est crucial, alors que nous savons pertinemment qu’après les banques, l’industrie automobile, demain les compagnies aériennes, ce sont les PME/PMI qui vont manger chaud, même que ça va être une hécatombe, même que c’est déjà le cas (les sous-traitants dont on parle à peine et pourtant …).
Pourquoi, alors que le chef de l’État avait commencé son allocution en nous expliquant que si le Gouvernement avait décidé de sauver les banques, c’était pour sauver notre économie, nos emplois ?
Si je te dis que c’est Alain Duhamel, et non pas Guy Lagache, qui devait questionner le chef de l’État sur ses questions-là, tu comprends mieux que le grand numéro de Boneto auquel nous avons assisté jeudi soir, n’était pas seulement dans les diverses (et trop nombreuses) propositions mises sur la table en vue de la réunion du 18 février, mais aussi dans la répartition des tâches confiées aux quatre “présumés” journalistes présents sur le plateau.
En clair : les dés étaient pipés.
Et si Guy "Brushing" Lagache ou Duhamel s’amusaient à sortir des clous Élyséens, alors, le chef de L’État se tournait vers ses deux caniches, Laurence Ferrari et David Pujadas, qui coupaient direct l’herbe sous le pied des deux impertinents, dont un.
Car Lagache renonça bien vite, alors qu'Alain Duhamel, lui, tenta de se rebeller, en presque criant, excédé :
”Bon, j’peux la poser ma question ?”
Voyez alors les sourires de hyènes des deux toutous de sa majesté, et plus fort, un Nicolas Sarkozy ignorant totalement l’éditorialiste de RTL, et continuant avec délectation à s’adresser à ses valets.
Le lendemain, dans le Grand Journal de Canal+, Alain Duhamel avouera qu’il n’aurait jamais dû y aller, que ça n’était pas comme ça que ça devait se passer.
Traduire : “Je me suis fait couillonner !”
Plus fort, hier soir, chez Ruquier, ni Zemmour, ni Naulleau, n’émettront la moindre critique sur la désolante prestation de Pujadas lors de ce “Face à La Crise”, Pujadas pourtant venu faire la promo d’un livre intitulé :
“Vous Subissez Des Pressions ? – Dans Les Coulisses Du 20 Heures” [Édition Broché].
Soit sur les éventuelles connivences entre les politiques et les journalistes.
Ça veut dire quoi ?
Eh bien ça veut dire que sur France 2 on ne critique pas un journaliste présentant le JT de … France 2 (Daniel Schneidermann est bien placé pour le savoir …).
Ca veut dire que les "snipers" à la petite semaine que sont Zemmour et Naulleau n’ont pas les mains aussi libres qu’ils voudraient nous le faire croire.
Pauvre Pujadas pris à partie, jeudi soir, sur le nouveau mode de nomination du futur Président de France Télévisions - nouveau mode qui selon un Sarkozy plus avocat que Président serait un progrès car “nous sortons de l’hypocrisie” - finit par dire oui, c’est vrai, vous avez raison, Philippe Guilhaume (ancien Président de France Télévisions) s’est fait bien virer le 18 décembre 1990 par ... François Mitterrand.
Or, à cette époque, Pujadas ne connaît pas la maison, celle de France-Télévisions, vu qu’il est reporter pour … TF1 !
Jeudi soir, nous avons assisté à la défaite du journalisme. Pas une question pertinente, encore moins qui fâche.
Pourtant, il y avait de quoi faire le boulot.
Quand par exemple, Nicolas Sarkozy dit que son objectif c’est que notre pays entre dans la crise le plus tard possible pour en ressortir le plus tôt (ça s’appelle “jouer la montre” .. Venant d’un type pété de Rolex, ça n’a rien d’étonnant ..)
Comment se fait-il qu’aucun journaliste ne lui ait fait remarquer que nous sommes déjà entrés dans la crise, sinon comment expliquer huit mois consécutifs de hausse du chômage ?
Quand aussi, le chef de l’État annonce la fin de la taxe professionnelle pour 2010, et qu'il en donne le coût : 8 milliards.
Alors qu’il s’agit en réalité de 28 milliards.
Comment se fait-il qu’aucun journaliste ne lui ait demandé d’où il sortait ce chiffre fantaisiste ?
Comment se fait-il que personne n’ait dit que cette suppression de la taxe professionnelle ne serait jamais compensée par une taxe carbone, et que donc, ce sont les collectivités locales qui en supporteraient le coût, cela induisant logiquement une augmentation drastique des impôts locaux, ce qui va d’autant plus plomber notre pouvoir d’achat ?
Comment ne pas y voir, dans cette suppression de la taxe professionnelle (qui est peut-être envisageable, voire souhaitable, mais pas en pleine tempête, bordel !) une manœuvre électorale en vue d’un deuxième mandat présidentiel.
Car QUI administre 22 régions sur 26 ?
Les socialistes !
Le Gouvernement aura toute latitude pour dire ensuite : “Voyez, ces socialistes, ils augmentent vos impôts locaux !”
Pour le plaisir, je retiens ce moment, cocasse, où Sarkozy paraphrasa son ennemi, Dominique Galouzeau de Villepin quand, à propos de ceusses qui manifestaient le jeudi 29 janvier, il assura qu’il devait les entendre, puis ajouta :
”Mais je dois aussi entendre ceux qui n’ont pas manifesté !”
C’est exactement ce qu’avait déclaré Villepin lors des manifestations anti-CPE de mars 2005 :
”J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi, ceux qui ne manifestent pas !”
Que Nicolas Sarkozy reprenne le crédo d’un homme qu’il déteste, c’est d’une jouissive “cocassitude”, et ça l’est d’autant plus quand on se souvient qu’en loucedé, Sarkozy donnait raison aux … manifestants anti-CPE !
Sans doute, va savoir, est-ce pour cela qu’en toute fin d’émission, il dira :
”J’ai le sens du ridicule !”
Ce que je retiens, hormis le grand numéro de Boneto (Boneto rapport avec ce qu’il a mis sur la table, pléthore de pistes et/ou de propositions qui fait qu’au bout du compte, tu ne sais plus où est la carte maîtresse ..) c’est que, peu importe la crise, il faut que la France continue les réformes.
Pourquoi ?
Parce que, parait-il, Sarkozy a été élu pour ça.
Or donc, un volcan vient de s’éveiller, dégueulant sa lave sur le pays, et il va continuer, et que nous dit Sarkozy ?
Pas grave, faisons comme si de rien n’était, et continuons à bâtir.
Mais bâtir sur quoi ?
Des cendres !
C’est de l’inconscience totale.
Et c’est pourquoi, le héraut de l’immobilisme n’est pas celui que l’on te désigne.
Non, le héraut de l’immobilisme, c’est Nicolas Sarkozy.
Un homme qui ne change rien, qui reste sur son idée, qui maintient le cap, alors que tout s’écroule.
NB : Tant qu'à faire, quitte à se moquer de nous, la prochaine fois, allez-y franco : pour questionner Sarkozy, envoyez Chazal (la courtisane) et Pernaut (un type déguisé en journaliste). Et pis aussi Drucker, tiens. Vous y ajoutez un sketch de Bigard pour bidonner le blaireau, une "chanson" de Barbelivien pour vomir un peu, et clic-clac, l'affaire elle sera dans le sac. Mais là au moins, ce sera clair.
19:50 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, face à la crise, david pujadas, laurence ferrari, guy lagache, alain duhamel, boneto |
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05 février 2009
L’Emission Où Nicolas Donna Raison A La Dame
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90 minutes.
Pour une émission qui dura combien ?
7 minutes.
Quand Nicolas donna raison à la dame.
Celle qui représentait le français lambda : toi, moi, nous.
La dame du reportage.
Le premier de “Face à La Crise”, l’émission.
Il a dit, Nicolas :
”Cette dame a raison !”
Et quoi qu’elle a dit la dame ?
Elle a dit :
”C’est pas nous qui sommes responsables de la crise, et pourtant c’est nous qui allons la payer !”
Et donc, il a dit, Nicolas :
”Cette dame a raison !”
Voilà.
Au bout de 7 minutes, tout était dit.
[J’y reviendrai demain, vendredi, en détail, notamment sur le fait que ça ne va rien nous coûter - mais oui, mais oui ... - aussi sur le désopilant : “Le Nouvel Observateur, c’est ce journal qui disait que j’avais envoyé un SMS ?” pour évacuer le fait que ce serait, d'après le NouvelObs, des collaborateurs de l'Elysée qu'auraient filé des infos à Péan pour te ventiler l'arrogant Kouchner - tu portes plainte Bernard, sinon t'as l'air d'un con, un peu ... - mais encore sur le fait que l'immobilisme c'est bien lui, oui, c'est Sarkozy et SURTOUT comment par des appels du pied, des yeux, des mains, Nicolas Sarkozy alertait Mâhâme Ferrari et M’sieur Pijadas – Oui, c’est asez cocasse, mais Nicolas il l’appelle Pijadas, Pujadas … – pour faire taire ou réduire le temps d’antenne d’Alain Duhamel, le seul à poser les bonnes - mais très théoriques - questions. Et d’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Duhamel passa derrière Guy “brushing” Lagache, soit assez tard, donc quand l’audience baissait mécaniquement…]
22:15 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, face à la crise, david pujadas, laurence ferrari, guy lagache, alain duhamel, le grand bluff |
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04 février 2009
Je Suis Prêt à Faire Face …
De l’Aspégic 15 000.
Du Sympathyl.
Du Mogadon.
Du Prozac.
Du Xanax.
Du Lexomil.
Du Temesta.
Du Nopron.
Du Zyprexa.
De l’Urbanyl.
Un “Cubi” de compétition [La version 10 litres, donc ..].
Un magnum au carré de Vodka-orange.
Des stupéfiants de catégorie une.
Du Stylnox en pagaille.
Et si ça ne suffit pas, une corde, un taser antipersonnel, un cutter à veines et du poil-à-gratter.
Comme tu le vois, je viens de ruiner une pharmacie, une droguerie ET une armurerie afin d’être prêt à faire face à …
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… Nicolas Sarkozy et son discours “pédagogique-ta-mère” sur la Crise de demain soir !
Si avec tout ça, je ne passe pas le cap et ne suis pas en pleine forme vendredi, c’est à désespérer de la médecine et des Sciences Naturelles !
Si j’peux me permettre, tu devrais en faire autant … En clair, ne t’arme pas de patience, c’est pas la peine, et pis tu risques de t’énerver bêtement, bourre-toi plutôt de médicaments ou bourre-toi tout court, et tu verras, même pas mal qu’il va te faire, demain soir, le Sarko avec son :
”Je te comprends, mais … Non !”
[Sur ce je te laisse, faut que je retourne à la pharmacie, crétin que je suis, j’ai oublié de prendre du Zovirax ! … Car j’ai comme l’impression que ces 70 à 90 minutes de “J’n’ai pas été élu, M’sieur Pujadas, pour rester les bras ballants !” de “Qu’est-ce qu’on aurait pas dit, Mâhâme Ferrari, si je n’avais rien fait !” et de “Nous traversons une crise sans précédent dont le pays sortira plus fort !” vont surtout déclencher chez moi une belle CRISE .. D’Herpès !]
13:42 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Crise Financière, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, face à la crise, propagande, sarkoshow |
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02 février 2009
De L’Irresponsabilité Selon Nicolas Ou Selon Barack
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Barack a beau être, dixit Nicolas, un “copain”, ils n’ont cependant pas la même définition du mot : irresponsable.
Et pis d’abord, ça veut dire quoi : irresponsable ?
Prenons un Robert de base, rendons-nous à la page 625 et lisons :
Irresponsable : 1 Qui devant la loi n’est pas responsable, n’a pas à répondre de ses actes. Les aliénés sont irresponsables. 2 Qui se conduit sans assumer de responsabilités, sans envisager les conséquences …
Bien.
Voyons maintenant qui est “irresponsable” selon Nicolas et selon Barack.
21:57 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, nicolas sarkozy, irresponsabilité, sud, syndicats, crise financière, moralisation du capitalisme |
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