La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

31 décembre 2008

En 2009, Je Ne Veux Plus Etre Sage, Mais Sale, Con & Méchant [Meilleurs Vœux, Mon Gueux !]


Dolly : "Je Ne Veux Pas Rester Sage" [1997]

11:55 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dolly, je ne veux pas rester sage, meilleurs voeux, a gauche toute ! | | |

29 décembre 2008

Est-Il Encore Possible De Critiquer Israël Sans Etre Automatiquement Traité D’Antisémite ?

Que Le Temps Est Maussade Sur Gaza

Or donc ce matin, dans une brève, ma camarade journaliste rappelle que les raids israéliens sur la bande de Gaza ont fait 300 morts, tout en précisant qu’aucun journaliste n’est présent sur le terrain vu que le périmètre leur est interdit.

La précision a son importance, non ?

Je t’invite même, entre bûche glacée et fines de claire, à analyser en toute bonne foi ce que cela implique …


Je la laisse terminer son flash, puis, reviens sur cette info, et, avec le cynisme qui m’habite, je dis que sur ces 300 morts, il y en a “un demi” du côté israélien.

Hors antenne, elle me demande si “ce demi” signifie qu’il y aurait, pour moi, 150 victimes du côté israélien.
Au regard que je lui lance, elle comprend que non.
Que je sous-entendais bien, haut et fort, qu’il n’y avait qu’une “demie” victime.
Alors, tordant du nez, elle dit :

”Libre à toi, si tu veux tenir des propos antisémites …”

Et voilà comment en deux coups de cuillère à pot, vous devenez subitement, aux yeux des autres, antisémite.
A ce tarif-là, j’en viens à me demander, horrifié, si certains auditeurs n’auront pas vu en moi, un supporteur du Hamas, un fan du terrorisme, voire un nazi de catégorie une.

Je ne prétendrais pas que ma remarque était d’une grande finesse, c’était juste l’expression d’une colère rentrée, mesurée, d’un dégoût, et, aussi, je le reconnais sans barguigner, d’une certaine façon, une prise de position.
Car oui, je trouve, pour ma part, que la riposte israélienne est disproportionnée et j’assume pleinement ce que je ne dis plus, mais écrit.
Ce qui ne fait pas de moi, je crois, un antisémite.
Pas plus qu’un pro-palestinien.

Seulement voilà, en France, comme dans la plupart des pays occidentaux, avoir l’outrecuidance d’exprimer un avis désapprobateur envers l’Etat Hébreux fait automatiquement de vous un "antisémite primaire".
C’est insupportable.

A ce point insupportable que je dis : “Ca suffit !”

Et si j’osais, j’ajouterais : “Foutez-nous la paix !”

Y’en a marre de se faire traiter de tout et de n’importe quoi dès que l’on émet un avis qui ne va pas dans le sens occidental.
Y’en a marre de voir les associations bien pensantes porter plainte dès qu’un mot ou une virgule dépassent de Jérusalem.
Y’en a même plus que marre, y’en a plein le cul, bordel de merde !

Je présume, suivant la logique de certains loquedus, que le Parti Communiste Français qui “condamne les bombardements insensés des forces israéliennes sur Gaza”, que la LCR qui utilise le terme “assassinat” (en évoquant “des dizaines de civils, femmes et enfants...”) et les Verts qui estiment que “les moyens militaires employés par l’armée israélienne contre Gaza sont sans commune mesure avec les tirs de roquettes du Hamas.” sont tous trois des antisémites de la pire espèce, des suppôts de Satan, des officines à la solde du terrorisme.

Je présume qu’il vaut mieux, pour être tranquille, faire dans le consensus mou, l’hypocrisie sans nom, la lâcheté sans borne en faisant part comme Nicolas Sarkozy et son petit perroquet de Kouchner de sa “vive préoccupation”, ou comme cette pauvre Martine Aubry de “l’immense préoccupation du Parti Socialiste”.
Et je te passe, le porte-parole de l’UMP, Dominique Paillé qui tient à “exprimer sa très vive inquiétude”, Bayrou et “son immense souci”, la (na)palme d’or revenant à François Fillon qui “condamne avec la plus grande fermeté la reprise des tirs de .. roquette contre Israël.” quand bien même condamnerait-il, aussi, (mais plus modérément, n’est-ce pas …) “l’usage excessif de la force.

Et dire que ce sont peu ou prou les mêmes qui "traitaient" Tony Blair de caniche quand il s’alignait sur la politique guerrière de George W Bush Jr !

Mais bon, comme le chantait Souchon : “C’est Comme Vous Voulez, Bêêê, Bêêê, j’ferai tout c’qui vous plaît, plaie !

Et donc, moi itou, ce soir je tiens, comme un bon lèche-cul, à faire part de ma “très vive inquiétude, de mon immense préoccupation”.
Je sais, ça n’engage à rien, du tout, c’est juste parler pour ne rien dire, même que ça ne veut absolument rien dire, mais bordel de Dieu, au moins là, je ne risque pas d’être "traité" de ce que je ne suis pas : d’antisémite.



Ah, j'allais oublier :

"Vive la République, Vive la France !"


A Lire Absolument :
Joyeux Noël, Gaza !



24 décembre 2008

La République Des Pieds Nickelés

"Quelle logique y aurait-il à ne pas amnistier les contraventions et à gracier les délinquants ? Ou faut-il admettre que la justification de la grâce présidentielle soit de vider les prisons qui sont surpeuplées ?"
[Nicolas Sarkozy - 8 Juillet 2007]


Non mais qu’est-ce que tu croyais ?

Qu’avec mes gros sabots d’infâme gauchiste j’allais te remixer le Nicolas qui, sans faire ni une, ni deux, vient de dézinguer sa prétendue "République irréprochable" en accordant de son propre chef, une grâce, certes partielle, à cet escroc notoire qu’est Jean-Charles Marchiani alors que dans le même temps, Julien Coupat et sa compagne, plus corréziens que terroristes, vont passer Noël au trou

Et la trêve des confiseurs, t’en fais quoi, mon ami ?

Eh oui, j’ai beau être malpoli, malappris et malfaisant, je n’en respecte pas moins les traditions païennes de cette planète où l’on te pilonne à tirelarigot la Bande de Gaza.

Et puis, tu sais, l’avait pas l’choix Nicolas. Fallait bien qu’il rende un p’tit service à son Vito Corleone à lui, le parrain d’honneur de Neuilly-sur-Seine, Don Charles Pasqua.
C’est qu’il a des dossiers épais “ça comme” sur les joyeux drilles des Hauts-de-Seine, M’sieur Charles !
Pour faire court, c’était Marchiani ou je te “Julien Dray-ise” toute cette bande de rigolos, de Patrick à Nicolas, en passant par Dédé-la-Sardine.

Et d’ailleurs, puisqu’on en cause du père Julien, tu vois combien ça coûte d’avoir soutenu la Marie-Ségolène ?
Cher.
Il va manger chaud, Julien Dray, c’est moi qui te le dis.

Parce que vois-tu, les flingueurs du PS (Aubry et Cie) sont comme ceusses de l’UMP et de Monsieur Charles, font pas dans la dentelle et te foulent aux pieds la sacro-sainte trêve des confiseurs.

Pour eux, y’a pas de répit !
Toute l’année, le slogan reste le même : “Nique- les !”

Donc non, je ne vais pas me joindre au concert, dès fois que ça finirait pas lasser, non, comme chaque année, pour Noël, je fais voeu de chasteté républicaine, et te propose de rigoler ta race avec un détournement de couvertures, certes moins drôle que les “Martine” mais fort à propos au regard de ces foulages de pieds et de ces “Nique-les”.

Sans aucune humilité, voici donc mes croquignolesques créations, et si le coeur t’en dit, mon Ribouldingue, tu peux en faire de même, réveiller le Filochard qui sommeille en toi sur le site des irréprochables Pieds Nickelés




Taser Italien Maison à 15€
Sarkoland Chez Madoff

Parachute Pas Doré Morano Auscultée


Et avec tout ça, joyeux Noël, mon gueux !

18 décembre 2008

Rions Un Peu Avec Nos Amis Les Banquiers !

"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat.
Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison, et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise
.”
[Thomas Jefferson – 1802] [*]

Lire la suite

17 décembre 2008

Si Darcos Recule, C’est Pour Mieux T’Empapaouter, Mon Enfant !

J'En Ai Une Comme Ca, C'Est Te Dire Si Ca Va Leur Faire Mal Au Cul !

Or donc, sur la réforme des lycéesréforme qui se fout de l’instruction de nos enfants au profit d’une logique bassement comptable - Xavier Darcos recule quand bien même l’hilarant Frédéric-sculpte-tes-cheveux-Lefèbvre n’y verrait pas le moindre recul.

Sacré Frédéric, il tomberait de la merde, il t’expliquerait que non, que c’est juste une pluie de couleur marron, moins dûe au réchauffement climatique qu’à un "acte de malveillance" de l’ultragauche, et pis c’est tout.
Tu lui ferais amicalement remarquer que tout de même, elle empeste sévère cette pluie, qu’il te répondrait sans varier d’une octave et cheveux deux en un au vent, que ce doit être un problème inhérent à tes narines, qu’il te faut consulter et fissa, que lui, Frédéric, il ne sent absolument rien, et que s’il ne sent rien du tout, mon con, c’est que tout va bien.
Autre chose ?
Non-non, Frédéric, on va te laisser, mais je s'rais toi, j’ouvrirais le parapluie ..

Or donc, disais-je, et nonobstant Lefèbvre, ce fieffé périgourdin de Darcos recule sur cette réforme des lycées, mais gaffe à toi, le jeune, sois vigilant, tant, bordel à cul, ça ressemble à un énorme piège.

En clair, tu risques de l’avoir copieux dans le … fi(ll)on.
Ca pue la diversion, le passage en force en loucedé, du genre, pas grave, on va passer par derrière ..

Et d’ailleurs, Xavier ne le cache même pas, vu qu’il déclare :

Pour parler le langage populaire, il s'agit de reculer pour mieux … SAUTER !

Tu piges ?

Venant d’un périgourdin, je serais toi, mon jeune, je prendrais les précautions adéquates, d’autant plus que dans “périgourdin”, eh ben y’a “gourdin”.

En d’autres termes, si tu veux pas l’avoir dans le cul, ne baisse pas la garde, au contraire : durcis le mouvement.


15 décembre 2008

Michelin : Un Employeur à La Gomme !

Michelin, C'est Pas Good Year Mais Bad Year Pour Ses Esclaves.

Or donc, un salarié de l'usine Michelin de Cholet a été licencié manu-militari, et un second mis à pied ...

... Mettre un salarié à pied, alors qu'il fabrique du pneu, avoue que sur ce coup, Michelin, il donne dans l'humour de type féroce, si ce n'est douteux !

.. Et un autre mis à pied, disais-je, et pourquoi ?

[Tremble donc, ami salarié qui, comme moi, déblatère insouciant sur du blog, ou "chatte" sur des forums, Little Big Brother Is Killing You ...]

Parce que ces deux employés se sont plaints de leurs conditions de travail sur ... Internet !

Pour celui qui dénonçait des "cadences de travail difficiles à tenir" (et pour un salaire de misère) la sanction fut une mise à pied de trois jours.

Pour l'autre qui, sur un forum de "Copains D'Avant", comparait son boulot à un "travail de bagnard" (à grands coups de smileys ..) c'est donc la porte, et pour le motif suivant :
Le salarié a(urait) manqué à son "obligation de loyauté" envers son entreprise.

En d'autres termes, il aurait été déloyal vis-à-vis de son employeur en geignant de ses conditions de travail hors le site choletais.

Il faudrait consulter Maître Eolas pour savoir :
- Primo, si cette obligation de loyauté tient .. la route - ouais j'fais comme M'sieur Michelin, de l'humour, enfin, j'me mets au niveau, quoi ..
- Deuxio, si elle est, au regard du Code de Travail, légale.

Nonobstant - si je puis me permettre ce terme barbare que, sans faire ni une, ni deux, je vais réutiliser quelques lignes plus bas - je me demande haut le clavier, si M'sieur Michelin respecte quant à lui cette "obligation de loyauté" qu'il semble outrancièrement imposer à ses salariés.

Je veux dire que : quand M'sieur Michelin délocalise Kleber en Chine, alors que ma foi, il se porte plutôt bien, comprendre que, question bénéfices, c'est carrément le Père Dodu de la gomme (+35,3% en 2007) condamnant par la même cette pauvre usine de Toul, et (dé)laissant ainsi 826 salariés (hors taxe, soit : nonobstant leurs familles) sur le carreau, respecte-t-il dans ce cas, une quelconque "obligation de loyauté" vis-à-vis de sa masse salariale qu'a sué sang et eau pour que son maître .. son employeur dégage 774 millions d'euros de bénéfices en 2007 ?

Parce que, tu m'excuseras, pour être respecté, mon pote, encore faudrait-il s'appliquer à soi-même ce que tu demandes aux autres, ici, à tes gueux.

Sinon, t'es vraiment qu'un pauvre petit employeur à la gomme !

11 décembre 2008

"... Juste Une France Qui A Les Boules ... "

Parce que ça tourne en boucle chez moi, parce que des gars et des chansons comme ça, il va en pousser comme des champignons et des plus costauds, crois-moi, jusqu'en 2012 et au-delà, si tu reconduis, le Nicolas.

Parce que c'est sympathique, entraînant, plaisant, parce que les suivants, ceusses qui sont donc en train de pousser comme des Amanites dans les caves de France, celle qui souffre et qui trime, risquent ne pas être aussi sympathiques, ni entraînants, encore moins plaisants.

Alors, autant commencer doucement ..





Manu Larrouy : "Un Mec à La Cool"

08 décembre 2008

Selon Que Vous Serez Un Dictateur Africain Ou Nord-Coréen ...

"... Il doit partir !"

Qu'il a dit, aujourd'hui, M'sieur Sarkozy.

Et la communauté internationale, elle est d'accord avec lui.

Mais QUI doit partir ?

Robert Mugabe.
Le Président du Zimbabwe.



Le Gros Méchant De L'Année


Tu me diras, il est grand temps de s'en préoccuper vu le sale état dans lequel se trouve l'ancienne Rhodésie du Sud et la lente agonie du Zimbabwéen moyen.
Ça date pas d'hier, c'te affaire !

Alors, pourquoi la communauté internationale se réveille-t-elle, aujourd'hui ?

Hein ?

Mais non, c'est pas parce que c'est bientôt Noël ! ... T'es con ou quoi ?

C'est parce que, ce lundi 8 décembre 2008, nous fêtions le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme !
Voilà pourquoi !

Pour l'anecdote, l'an dernier - et tu vas voir comme c'est super drôle - pour le cinquante-neuvième anniversaire, la France .. M'sieur Sarkozy accueillait à l'Elysée, tapis rouge déployé, un certain Colonel Kadhafi, qui comme chacun le sait est le meilleur ami des droits de l'homme ..

Or donc, il faut attendre un jour anniversaire pour monter sur ses grands chevaux d'occidental pur et chaste, mais, le reste du temps, soit 364 jours à l'année (hors bissextiles) on s'en fout, mais d'une force, de ce qui s'passe au Zimbabwe, si tu savais !
Mais là, tu comprends, entre deux coupes de Cristal Roederer et quelques ignobles macarons, c'est la fête, on s'embrasse, on mate la robe trop sexy de la Carla et on entonne un "Happy Birthday to yoOOOuu, les Droits de l'hoOOOOomme !" avant de se dire que merde, oh les mecs, faudrait comme qui dirait marquer le coup ..
... Trouver un symbole, un ennemi de ces droits de l'homme (que la France est la première à respecter, bien sûr ...), un sanguinaire de première, un vieux de préférence, un qui n'en aurait plus pour très longtemps (à vivre), histoire de s'attirer le moins d'emmerdements possibles (d'autant plus que c'est bientôt Noël ...) et c'est ainsi que cette année, c'est tombé sur Mugabe.
C'est vraiment pas de chance pour toi, Robert !

En même temps, j'vais pas être bégueule, c'est pas une mauvaise chose que de lui demander de partir, de laisser son peuple (mourir) tranquille, même si j'aurais préféré que M'sieur Sarkozy soit plus offensif en se fendant d'un retentissant :

"Casse-toi pauvre con !"

Oui, j'voudrais pas être bégueule mais ...

1 - Va faire comment la communauté internationale pour le déloger, Robert ?

2 - Et pourquoi QUE Robert, d'abord ?

Non parce que, il n'y a pas QUE lui qui affame et opprime son peuple !
Y'en a plein d'autres !
Non ?

Ce que j'veux dire, c'est que quitte à fêter DIGNEMENT (et sincèrement) l'anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, autant faire les choses bien, et demander à TOUS CEUX qui affament et oppriment leur peuple de partir.
Je pense, par exemple, à Kim Jong-il, dictateur bien sénile de la Corée Du Nord.
Mais aussi, à Hu Jintao, l'actuel président chinois - Ben quoi ? C'est bien un dictateur, non ? Alors ...
Raoul Castro, il est pas mal aussi dans son genre.
J'suis pas certain qu'en Haïti, ce soit bien isocèle non plus.
On va peut-être éviter de parler de l'Iran, de la Syrie ... (C'est bientôt Noël - qui rime avec ? - après tout ..)
Enfin-bon-bref, c'est pas les dictateurs qui manquent sur cette putain de planète à qui "on" pourrait, comme à Robert, demander de partir.

Bon c'est vrai que Robert et son Zimbabwe, économiquement, géostratégiquement, pour nous, c'est pas très intéressant.
Voire pas du tout.
Y'a rien, là-bas.
Alors que la Chine ..

C'est bien pour cela qu'on lui demande A LUI, Robert, de partir et pas aux autres.
Faut quand même pas déconner.
Les droits de l'homme, oui, mais pas au point de se fâcher avec des dictateurs qui nous achètent des tas d'Airbus, de TGV - demain d'AGV - et tout ce qui s'en suit.

Et si je disais pour conclure :

"Les droits de l'homme ? ... Mon cul, ouais !"

Tu m'en voudrais ?

 

07 décembre 2008

Ah Ben Minc, Alors !

Vendredi 5 décembre 2008, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, Michel Denisot annonce fièrement que pour "commenter et décrypter le Plan de Relance" de Nicolas Sarkozy, il accueille - je le cite :

"Alain Minc et Jacques Attali !"

Et il ajoute :

"Deux très très grands experts !"

[Silence poli]

C'est vrai qu'ils sont tellement de "très très grands experts" qu'ils ne l'ont pas du tout vue venir, cette crise, comme ils n'avaient pas vu venir, non plus, la Chute du Mur de Berlin ..

Et pis même, s'ils l'avaient vue venir, la crise, comme ils semblent le sous-entendre, de ne pas avoir alerté l'opinion publique, cela fait d'eux, des experts pour le moins inutiles, même que, nous pourrions les accuser de "non-assistance à peuples en danger".

Or donc, voilà notre Denisot qui introduit le sujet, parlant d'un plan de 26 milliards d'euros ..

.. Ca commence pas très bien c'te histoire, dis-moi !
Car là, y'a comme qui dirait de la "désinformation" !
On t'empapaoute sur les chiffres, mon citoyen !

Heureusement, Jacques Attali viendra préciser, sans donner le moindre chiffre, qu'il y a dans ce Plan, des investissements qui étaient déjà prévus !
Pour faire court, l'État devait 10,5 milliards aux entreprises, et au lieu de leur filer cette somme, mettons, en avril, elle le fera en janvier.
C'est ce qu'on appelle vulgairement, une astuce de trésorerie.

Ça veut dire quoi ?

Ben ça veut dire qu'en réalité, l'État ne met pas 26 milliards sur la table, mais 15,5.
Ça te calme sévère le Plan qualifié par le Chef de l'État de "massif" !
A 15,5 milliards, il n'est pas massif, il est juste incomplet et insuffisant.

Mais c'est pas là.

Non-non, tu vas voir, l'intéressant est ailleurs.

D'abord quand Attali a au moins la courtoisie de nous dire que ce Plan, comme tout ce qui a été fait par le Gouvernement pour tenter jusqu'ici de juguler cette crise, se résume à un transfert de dette(s).
En clair, on a transféré les dettes privées à la dette publique.

Ça veut dire quoi ?

Eh bien ça veut dire qu'on ne fait que repousser le problème !
Mais aussi, et surtout, que la dette va considérablement augmenter.
Laquelle ?
Ben la notre, mon pote !
La tienne, la mienne et celle de nos enfants.

Ensuite - mais c'est d'une logique implacable, étant donné que la dette va atteindre des niveaux affolantsMinc et Attali sont d'accord pour dire qu'un autre Plan sera nécessaire ; et l'on comprend à leurs mines contrites, que cette deuxième couche va nous faire très très mal, que ça ressemblera peu ou prou à un plan de rigueur.
Car, visiblement, ce qui risque de nous tomber lourd dessus, c'est :
Une stagnation totale des salaires - quoi qu'ils en disent - une augmentation effrénée du chômage et .. une augmentation des prix, donc, par ricochet, une baisse de notre pouvoir d'achat, et, bien évidemment, une hausse, dans notre pays, de la précarité.

Y avait-il une autre solution ?
Par exemple, doper la consommation plutôt que l'investissement - très aléatoire, cet investissement, tant il dépend du bon vouloir des entreprises ..

Non, nous disent nos "très très grands experts".

Et Minc d'expliquer que : 

"Tout l'argent qu'on met dans le système fera de l'inflation et que c'est cette inflation qui réglera le problème de la dette !"

Il est bien gentil, Alain, mais ça va nous mettre la baguette à combien ?
C'est QUI le con qui va raquer ?
Ben c'est nous, les contribuables déjà bien à sec.

Mais peu lui chaut à notre chantre du libéralisme à tout crin qui conclue sa démonstration ainsi  :

"Les dettes disparaissent par les guerres ou par l'inflation !"

Et il ajoute :

"Dieu merci, il n'y a pas la guerre !"

IL N'Y A PAS LA GUERRE ?!?  [*]

T'en es bien sûr, mon "très très grand expert"  ?

Non parce que ce n'est pas ce que dit l'actuelle (et incomplète) Carte des Conflits Mondiaux, ci-jointe :



Effectivement, Alain, Y'a Pas La Guerre ...


Alors bien sûr, oui, il n'y a pas la guerre aux Stasunis, en France, en Angleterre, en Allemagne, bref, dans la plupart des pays occidentaux (hormis des guerres sociales qui, j'en fais le pari, vont aller croissantes ..)

Mais QUI alimentent en armes les rebelles, les guérilleros, les militaires des différents conflits visibles sur cette carte, et QUI les encourage à s'étriper, si ce n'est .. les pays occidentaux - Avec la Russie et la Chine ...
Dans quel but, si ce n'est de se faire du pognon, pognon qui viendra réduire, soulager un tant soit peu ta putain de dette, Alain ?

Quel est le domaine où la France est actuellement championne (avec les Russes) si ce n'est celui de la vente d'armes ?

Ça veut dire quoi ?

Ben ça veut dire que pour sauver un système qui se moque de la souffrance des peuples, de l'humain, on fait payer, et cher, les peuples, l'humain, lui glissant au passage qu'il serait bien ingrat de s'en plaindre vu qu'en échange il échappe au pire chaos qui soit, la guerre, alors que, cette guerre, elle existe, elle est permanente, elle va même, avec et pour la crise, s'intensifier, de nouveaux conflits vont éclater, ils seront terribles, effrayants - ils ont d'ailleurs déjà commencé, à Bombay, par exemple - mais c'est, comprends-tu, le prix à payer, pour sauver, non pas l'humain, mais un système glouton, un Alien monétaire.

Ensuite, les cuistres, je veux dire nos diplomates occidentaux, auront cette incroyable outrecuidance d'affirmer haut et fort, et la main sur le coeur, que ces belligérants africains, sud-américains, palestiniens, asiatiques ou arabes ne sont pas très raisonnables, que ce sont même, pour certains, des ennemis de la Paix aux méthodes barbares, alors qu'en loucedé, on les aura armés jusqu'aux dents dans un intérêt et un seul : sauver un système dont les banquiers, les traders et les spéculateurs sont les principaux bénéficiaires.

Sinon, à part ça, tout va bien.
Dans trois semaines, c'est Noël ...


[*] Et pourquoi remercier Dieu, au fait, puisque c'est en son nom, que beaucoup de guerres sont actuellement menées ..


03 décembre 2008

Prendre Un Enfant Par La Main [Ou Les Menottes Lui Passer]

S'il Te Plaît, Dessine-Moi Une Prison !

Il est trop content, Kevin.

Aujourd'hui ses parents, ils viennent de lui annoncer que pour les prochaines vacances, pas celles qui viennent, les autres prochaines, allez hop, on irait tous skier, mais pas dans les Alpes comme l'an dernier, mais tu verras, fiston, comme c'est joli, aussi, les Pyrénées, même que c'est à leurs pieds, que Gaston, ton Papet, tu te souviens de Papet, trésor ? Eh bien c'est là, en Ariège, qu'il a grandi, ton Papet, ton Gaston, celui qu'est au ciel, au paradis.
Bon d'ac, en math, c'est pas folichon, qu'elle a dit Maman, faudrait tout de même faire un effort ! C'est important les maths, chéri, tu sais ? Le français, certes, c'est bien, c'est important même, de savoir lire, écrire, penser par soi-même, apprécier les belles lettres, même qu'on est fiers de toi, vraiment, mais que notre joie serait encore plus grande, mon fils, si tu mettais la surmultipliée en math.
Kevin, il a fait un peu la moue, parce que les maths, c'est vrai que ça le barbe, mais bon, il a dit oui, qu'il allait faire un effort, promis !
Il n'aura pas dit, même si ça le démangeait, à Kevin, que Madame Chazelat, la prof de math, y pouvait pas la saquer, que ça pouvait expliquer, un peu, ses résultats dans cette matière. Il ne l'a pas dit, parce que Kevin, il sait la chance qu'il a, celle d'étudier dans un collège privé, même que c'est le meilleur de la région comme le rappelle souvent Papa, ajoutant qu'il aurait bien aimé, lui aussi, faire ses études dans un établissement pareil, qu'au moins, là, il n'y a pas tous ces problèmes, ceux qu'on voit dans la télé ; des problèmes de violence, de racket, de drogues, que s'il n'y avait pas eu Mai 68, eh bien on n'en serait pas là, toute cette chienlit ! Mais t'inquiète fiston, on est là, pour toi, aux petits oignons, et tu vas réussir mon gars, tu vas réussir qu'il répète, on fait tout pour cela, ta mère et moi !
Et le voilà, Papa, qui prend Kevin dans ses bras, lui dit qu'il l'aime, que c'est un bon garçon, qu'il est beau comme un astre ! Allez, va donc te laver les mains, fiston, on va passer à table, ta mère nous a préparés un bon petit repas dont tu me diras des nouvelles. Un bon petit repas pour que, plus tard, tu sois grand, beau et fort comme un aviateur.
Parce que Kevin, plus tard, il fera aviateur.
Même si, secrètement, il aurait préféré faire milieu de terrain à la Juventus de Turin.


Il a trop la haine, Kevin.

Aujourd'hui ses vieux, comme hier, avant-hier, comme souvent, ils s'engueulaient copieux quand il est rentré. Pas du collège, non. Il est trop pourri ce collège. Mais ils ne le savent pas, ses parents. Ils n'y ont jamais foutu les pieds.
Aujourd'hui, Kevin, il a traîné sa race avec ses potes, au hasard, dans les rues, comme ça.
Desperado en mains, il a bavé devant les vitrines, celles des magasins déjà tout illuminés, fêtes de fin d'année, bavé tout ce qu'il savait devant tous ces jouets par milliers, même qu'il y en avait des tas et des tas qu'il aimerait tant avoir, ceux qu'il a repérés, les yeux grands comme ça, dans les publicités de la télé, pas celle de la cuisine, l'autre, immense, dans le salon, celle allumée matin, midi et soir. Celle où il passe son temps attendant que ses parents aient fini de s'étriper, même que souvent, il est obligé de monter le son, très fort, pour couvrir les cris, les insultes, parfois une gifle, un mauvais coup.
Il a la rage, Kevin.
Il en a marre.
Marre d'entendre sa mère geindre, même s'il aime, à sa mère. Il le voit bien qu'elle est usée, au bord de la rupture, à force de courir partout, de cumuler les petits boulots, les humiliations.
Marre d'entendre son père gueuler, de la tabasser, à sa mère, même que dès fois, il se dit, Kevin, qu'il lui ferait bien la peau, à ce salaud, même que ça l'effraie, oui, ça l'effraie terrible d'avoir de telles pensées.
Depuis qu'il a perdu son boulot, un plan social, son vieux, c'est plus le même. Trois ans que ça dure. Trois ans sans bosser, et c'est fini, il est tout cabossé, le paternel, il en veut à la terre entière, s'est mis à la bibine, et à ce truc, là, le Rapido que ça s'appelle.
Oui, il a la rage, Kevin. Il voudrait voir la mer, rien qu'une fois, manger autre chose que du gras, faire aviateur ou milieu de terrain à la Juventus de Turin.
Il voudrait sortir de là, de cette violence quotidienne, même que, si ça continue comme ça, si ça ne s'arrête pas, tant pis, grave il va dire oui, mais juste une fois, juste pour voir, oui pour un plan, un petit coup comme ça. Paraît qu'on se fait de la maille. Pas énorme. Mais ça permettrait de sortir de la merde.
De respirer.
Un peu.


Ils ont le même âge, Kevin & Kevin, douze ans, et ne sont séparés que par trois petites stations de métro.
C'est pas grand chose.
Il suffisait d'un rien, pour les rapprocher.
Une volonté politique, par exemple.
Du courage, ça s'appelle.
Mais non.
Mon pays a, aujourd'hui, suggéré une autre voie :

Abaisser de 13 à 12 ans, la possibilité d'incarcération.

Même que, "ça va dans le bon sens", qu'elle a dit Rachida Dati.
Elle qui sait, pourtant, que ce n'est pas la bonne réponse.
Mais il est vrai, aussi, qu'elle "ne se sent pas particulièrement proche" de Jamal, son frère.

Oui, mon pays s'oriente vers un choix bien étrange et bien injuste :
Celui de la double-peine.
Car quels sont les gosses qui peuvent basculer du jour au lendemain sinon ceusses qui vivent déjà dans un climat de violence, de misère sociale, d'abandon total ?
Ceusses qui sont, déjà, à la peine.

A ceux-là, au lieu de leur tendre la main, comme il se doit ou se devrait, on les menace d'une autre peine, leur passer les menottes, à douze ans, et dans le pire des cas, les mettre à l'ombre, eux qui rêvaient de soleil.
D'aviation.
Ou de la Juventus de Turin.


Toutes les notes

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu