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28 novembre 2008

Si C'est Pas Malheureux, Tout De Même, Ces Salauds De Pauvres Qui Meurent En Pleine Moralisation Du Capitalisme !

Pauvre France !

Oui, parce que si tu l'avais un peu oublié, je me fais un plaisir de te le rappeler, nous sommes donc en pleine moralisation du capitalisme ..

[Silence Poli]

Or donc, on s'émouvrait en haut lieu de la mort subite de sans-abri, alors que ici, , re-ici ou re-, on te pondrait, sans vergogne aucune, des arrêtés anti-SDF en veux-tu, en voilà ?

Or donc, on chasserait les SDF du centre de nos villes par décrets illégaux, parce que tu comprends, ça rebute le touriste blindé de pognon, les commerçants, les riverains, que ça gâche le décor d'une bourgeoise cité, que ça fait tâche de voir la misère mendier à nos pieds, et ensuite ça viendrait geindre ou s'indigner parce que le miséreux est mort ... dans un bois ?

Non mais dis-donc, de nos gueules, tu te foutrais pas un peu, mon Gouvernement ?

Or donc, on émettrait l'idée d'obliger le sans-abri à rejoindre un hébergement d'urgence, sous prétexte qu'il est inacceptable pour les pouvoirs publics de laisser mourir les gens en période de grand froid, alors que des sans-abri, il en meurt tous les jours, hiver comme été, printemps comme automne ...

Dois-je comprendre que, au-dessus de -6°C, c'est acceptable ?
De laisser mourir les gens.

Et puis, au nom de quoi, et de quel droit obligerais-tu un SDF à dormir dans une structure .. qui n'existe pas, ou qui n'est pas adaptée ?
Une structure dans laquelle, bien souvent, il est maltraité, quand ce n'est pas détroussé,
Une structure discriminante puisque, systématiquement, elle refuse le SDF aviné ou juste de mauvais poil.

Et puisqu'on en parle de ces centres d'hébergement, la Charte des Enfants de Don Quichotte, celle d'il y a déjà deux ans, celle de décembre 2006, Charte qui ne comportait que six articles, Charte ne demandant que le strict minimum, comme des locaux décents et à taille humaine, tu t'en souviens mon Gouvernement ou tu t'es torché avec ?

Ces Don Quichotte à qui la justice de mon pays a confisqué 200 tentes, comme elle a condamné le DAL à 12 000€ d'amende pour avoir installé, du 3 au 15 décembre 2007, un campement abritant des mal-logés et des sans-papiers.
C'était rue de la ... Banque.
Quelle ironie, non ?
Mais tu l'as constaté, dans mon pays, on préfère sauver les banques plutôt que de secourir les gueux, les pauvres, les miséreux.
C'est ce qu'on appelle, je présume, la moralisation du capitalisme !

Or donc, comment peut-on s'émouvoir ou s'indigner de la mort de sans-abri, et dans le même temps condamner les "Abbé Pierre" qui leur viennent en aide, fermer les yeux sur ces communes, bien plus nombreuses que l'on croit, qui par décrets bafouant les Lois de la République chassent le miséreux de leurs centres repus et cossus, et j'te parle même pas de celles qui pissent à la raie des 20% de logements locatifs sociaux que la Loi, dont ils se moquent, leur impose ?

Et pourquoi, encore une fois, s'en émouvoir et s'en indigner quand vient le temps des frimas alors qu'il en meurt toute l'année durant, des SDF ?

Vois-tu, mon Gouvernement a comme l'émotion et l'indignation saisonnières tout autant que sélectives.

Sélective, oui, car c'est le même qui s'émeut de la mort d'adolescents bien proprets lors d'un accident de cannyoning en Haute-Savoie, mais fait silence quand un petit garçon de douze ans, un enfant de sans-papiers, se jette, apeuré, du quatrième étage d'un immeuble picard.

Faut dire que ce Gouvernement qui se dit du côté des victimes a oublié de te préciser un point important : c'est que, à ses yeux, il y a des victimes qu'il considère moins que d'autres, elles ne sont pas toutes logées à la même enseigne - certaines, comme ici, ne sont même pas logées du tout - il y en a des nobles mais il y en a aussi des honteuses, elles sont facilement identifiables, ces honteuses, elles commencent toutes par "sans" :
Sans-abri, sans-papiers, sans domicile fixe, sans emploi ...
Ce sont les victimes d'un système économique, d'une orientation politique.
Or, qui décide d'un système économique et d'une orientation politique si ce n'est le Gouvernement, celui-là même qui, faux-jeton, outrecuidant, vient geindre le cuistre, s'émouvoir et s'indigner médiatiquement dans un but et un seul :
Faire diversion ! 
En clair, masquer ses inconséquences.



[Ce Billet Existe Aussi En Version Sonore : "Froide Est Ma Colère"]

25 novembre 2008

Le Vent Du Sud-Est Est Un Dangereux Terroriste De L'Ultra-Gauche !

La Caténaire De La Guerre

Or donc, vendredi dernier (le 21 novembre 2008) v'là-t-y pas que ça recommence, boum patatras, dans le Var, une caténaire se barre en sucette, et 700 voyageurs plus connus sous l'appellation contrôlée de "usagers de la SNCF" se retrouvent bloqués près de cinq heures durant, qui dans un TGV, qui dans un TER, entre Marseille et Nice.

Selon les responsables régionaux de la SNCF, c'est le vent qui serait à l'origine de l'incident.

Le vent, tu dis ?

Mazette !

Il devait souffler comme un salaud pour démonter une caténaire !

Non parce que, il se trouve que j'y ai vécu six bonnes années dans le Sud-Est, et que le vent, celui qui rend "fada", je connais bien.
J'en ai vu souffler plus d'un.
Et j'peux te dire que quand il s'y mettait, c'était pas vraiment pour te caresser la joue mais pour te dévisser le cassis.
Pourtant, à ma connaissance, jamais une caténaire varoise n'a cédé au moindre Mistral, ni aux plus fortes et venteuses colères d'Eole.

En même temps, si ce n'est point le vent, qui cela pourrait être ?

Des "terroristes de l'Ultra-Gauche", comme ils disent ?

Mais non, imbécile, me dis-je subitement à moi-même, puisque le gouvernement de chez nous les a coffrés, passant outre et les doigts dans le nez (ce qui n'est pas très très poli) la présomption d'innocence, en se félicitant ouvertement de leur arrestation avant même qu'une enquête ait pu démontrer leur éventuelle culpabilité.
C'est ce qu'on appelle une République irréprochable, mon pote !

J'en conclue donc, un peu hâtivement certes, mais pas plus hâtivement que mon gouvernement quand il s'agit de communiquer fissa auprès du citoyen abruti de télé, que si ça n'est point un membre corrézien de l'Ultra-Gauche vu qu'il est à l'ombre, alors, et c'est d'une logique implacable, le vent du Sud-Est est à classer illico-presto dans l'Axe du Mal, soit en tant que dangereux terroriste affilié à l'Ultra-Gauche, sinon, il ne s'attaquerait pas, ce voyou du ciel, aux caténaires de notre admirable SNCF.

Mais, et comme c'est étrange, je n'ai toujours pas entendu Michèle Alliot-Marie s'empresser de rassurer la population apeurée ; non, je n'ai toujours pas entendu le Ministre de l'Intérieur nous assurer que tout serait mis en oeuvre pour arrêter cet anarchiste éolien, ce terroriste de l'Ultra-Gauche aux poumons d'acier, cette racaille, cette vermine de vent du Sud-Est qui, par son action directe, s'attaque sans vergogne et avec une rare violence aux biens publics.

Comme je n'entends plus rien, non plus, à propos des neuf (prétendus) pré-terroristes de cet Ultra-Gauche renaissante, je veux dire, rien quant à la progression de l'enquête, rien quant à leur éventuelle implication dans ce que TOUS les journalistes de ce pays (ils se donnent le mot ou y'a quelqu'un qui leur dicte ?) ont nommé "des actes de malveillance", rien quant à leur culpabilité.
Et, constatant ce silence, je me disais que, peut-être, va savoir, il traduisait, ce silence, un certain embarras du gouvernement, tant à ce jour, aucune preuve tangible n'est venue démontrer la culpabilité ou l'implication de ces neuf (présumés) pré-terroristes dans le sabotage de quelques caténaires que ce soit.

A croire que toutes ces histoires d'Ultra-Gauche qui fracasse de la caténaire en veux-tu, en voilà, ce serait du pipeau, pour ne pas dire ... Du vent !



* Ajout de dernière Minute :
Ce mardi 25 novembre 2008, à 13h30, France-Info a annoncé que, finalement, ce serait un TER roulant à vide qui aurait arraché accidentellement une caténaire.
Un TER !
Va falloir qu'on nous explique comment c'est possible !
A moins que ce soit un TER de l'Ultra-Gauche ...


* Article à lire absolument :
Tripatouillage Sur "L'Ultra-Gauche", En Direct Sur France Inter [Olivier Poche - ACRIMED]

14:27 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : désinformation, intox, foutage de gueule, ultra-gauche, caténaire, sncf | | |

23 novembre 2008

Comment "Ils" Ont Vaincu Marie-Ségolène Royal

Avant de développer le comment, retour sur ce qui s'est passé hier, samedi 22 novembre 2008.

Car, hier, il s'est passé quelque chose d'important, voire de définitif, tant on a vu, enfin, une vraie différence entre Martine Aubry et Marie-Ségolène Royal.
Elle est criante, cette différence.
Et foutrement intéressante.
Quoi qu'on pense de l'une comme de l'autre, je veux dire de Martine et de Marie-Ségolène.


Angela Aubry/Martine Merkel

Or donc, hier, samedi 22 novembre 2008, c'est Martine Aubry qui s'est exprimée la première.
Il était un peu plus de dix-huit heures.
Et d'où a-t-elle fait sa déclaration ?

De la rue de Solférino ?

Non.

De sa mairie de Lille ?

Non, plus.

Non, elle a choisi de s'exprimer depuis l'Assemblée Nationale.
Là, où l'on débat, où l'on vote, où l'on s'oppose, là où l'on se bat.
Tout un symbole, et il est fort.
Et moi, je dis bravo !
Bien joué, en tous les cas.

Son discours ?

Il fut simple, modeste, direct.
En l'écoutant et la regardant, c'est marrant, je pensais à Angela Merkel.

Martine Aubry serait-elle ou sera-t-elle notre Angela Merkel française ?

En attendant, c'est parfait, rien à dire, c'est du solide, le lieu, les mots, rien n'est laissé au hasard.
Quant aux journalistes présents, ils ont été conviés pour assister à la déclaration, pas pour poser des questions.
On n'est pas là pour polémiquer.
Rajouter de l'huile sur le feu.

Benoît Hamon, lui qui la veille appela à voter pour la mère de Lille, où est-il à ce moment-là ?
Eh bien, il est sur le terrain.
Avec les postiers qui manifestent.
Le message est on ne peut plus clair : avec Martine, nous sommes déjà en action.
Nous sommes de retour, près du peuple, nous les socialistes !
Du moins, peut-on le voir ainsi.
Martine se bat à l'Assemblée, Benoît dans la rue, c'est parfait ... en matière de communication !
De là, à le croire, à le prendre pour argent comptant, c'est une autre paire de manche ...


Blanche Comme Neige ...

Deux plus heures tard, à vingt-heures, c'est au tour de Marie-Ségolène Royal de s'exprimer.
Et d'où fait-elle sa déclaration ?

De Melle ?

Non.

De l'Assemblée Nationale ?

Non plus.

Non, elle a choisi TF1, répondre aux questions de Claire Chazal, continuer à alimenter la polémique.
TF1, étrange comme symbole ..
Mais il y en a un autre.
Cela faisait combien de temps que la Dame de Melle n'était pas apparue vêtue de blanc ?
Ce blanc qui signifie pureté.
Eh bien, je vais te le dire : depuis l'élection présidentielle de 2007.
Ainsi donc, c'est tout ce qu'elle a trouvé, Marie-Ségolène !
Aux présumées fraudes électorales, elle oppose sa présumée pureté.
Ben voyons !

Tu vois, mine de rien, il y a un monde entre Martine Aubry et Marie-Ségolène Royal.
Et je préfère, et de loin, le premier.

Or donc, comment ont-ils vaincu Marie-Ségolène ?

Tout a été parfaitement orchestré.
Je veux dire que oui, bien sûr que oui, la stratégie, et depuis le début, était celle du "Tout Sauf Ségolène".
Seulement voilà, il ne fallait pas que ça se voit.
Sinon, les militants auraient d'emblée pris fait et cause pour la Présidente de la Région Poitou-Charentes.
Hamon, Delanoë, Aubry, tous était unis, dès le départ, pour la dégommer.

Ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance en lui opposant une seule candidature.
Celle de Bertrand Delanoë.
Ils savaient aussi que Benoît Hamon n'avait aucune chance de passer le premier tour.
Mais cette candidature, celle de Hamon, était pourtant nécessaire !
D'abord parce qu'il fallait un nouveau visage pour donner aux militants une image, celle du renouvellement du Parti.
Ensuite, parce qu'il était important de faire vivre dans cette élection, l'aile dite gauche du même Parti.
Voilà l'explication de la candidature de Benoît Hamon, adoubée par les éléphants.

Hamon, qui donc n'avait aucune chance de passer le premier tour, ne pouvait ensuite appeler à voter Delanoë pour le second.
Car, ça n'aurait pas été cohérent !
L'aile gauche ne pouvait en aucun cas inviter ses militants à reporter ses voix sur un homme qui s'est déterminé comme libéral et socialiste !
La candidature de Bertrand Delanoë - soutenue en plus par Jospin et Hollande, soit repoussante pour beaucoup -  ne suffisait donc pas dans la stratégie du "Tout Sauf Ségolène".
D'où la candidature de Martine Aubry, pilotée de main de maître en loucédé par, encore et toujours, les éléphants.

Ensuite c'est un jeu d'enfants et de dominos.

Delanoë, battu, se retire et appelle à voter pour la motion de Martine Aubry.
Le "Tout Sauf Ségolène" est en marche, mais il est atténué, caché, ce "TSS", par le maintien de la candidature de Benoît Hamon.
Oui, il était, dans cette stratégie déguisée du "TSS", impératif qu'il ne se retire pas de la course, Benoît, sinon, les ficelles devenaient bien trop grosses et les poutres dans la paille du voisin, apparentes ...

Certes, et chacun le savait, jamais Hamon ne se serait rallié à Marie-Ségolène. Impossible, car là aussi, incohérent.
Il était clair, qu'il appelerait à voter Aubry.
Ainsi, c'est en procédant en plusieurs étapes, soit de ralliement en ralliement, mais des ralliements d'une logique et d'une ligne politique incontestable - ce que je nomme le jeu de dominos - que le "Tout Sauf Ségolène" a été admirablement masqué.
Du grand art.
Et d'où, aussi, la colère de Marie-Ségolène Royal, et le fait qu'elle consteste le résultat du scrutin.
Sauf que, en vérité, c'est moins le résultat qu'elle conteste que la stratégie utilisée pour la dégommer.
Comme elle ne peut pas s'offusquer de ce "TSS" rondement mené, alors elle le masque, à son tour, en accusant ses adversaires de fraudes et de triches

Pourtant, il ne l'est pas contestable, le résultat.
42, 30 ou 53 voix de retard, peu importe !
Pour gagner une élection, il suffit d'obtenir une voix de plus que son adversaire.
Une et une seule suffit.
Point barre.

Il n'y a pas de tricheries, pas de fraudes, peut-être, sûrement, des inexactitudes.
Elles ont été corrigées.
Il serait sage, désormais, de saluer le vainqueur.
De reconnaître sa défaite.
Oui, il serait urgent, Madame Royal, de reconnaître votre défaite, quand bien même ce mot vous fait horreur, comme vous nous l'avez montrés, le 6 mai 2007, en refusant de prononcer ce mot, défaite, promettant même à vos militants de les emmener vers d'autres .. Victoires !

Mais cette fois, c'est fini, Madame.
Vous avez bel et bien perdu.
Et même si je peux comprendre votre colère, votre amertume, tant la stratégie pour vous abattre est évidente, tant oui c'était bien le "Tous Sauf Vous", il n'en reste pas moins que vous avez perdu et puis c'est tout.
Sachez le reconnaître.

Ayez au moins, à défaut d'idées ou de programme, du panache !

21 novembre 2008

Bague A Part

Or donc, après les bourrelets du Chef de l'Etat gommés par la joyeuse cellule dite de "Photoshop-C'est-Trop-Magique !" du magazine Paris-Match ...

Wolfeboro, Eté 2007

.... Après le Garde Du Corps du Chef de l'Etat effacé par la même cellule, sauf, c'est bien ballot, sa jambe de proximité, au gorille ...

Photo Publiée Le 17 Septembre 2008

Voilà que la dream-team du Figaro, plus connue sous le nom de "Ta Race, Comme C'est Trop Fort, Photoshop Et Toutes Ses Petites Gommettes !" vient d'effacer une bague à 15 600€ de la main de la Garde Des Sceaux, Madame Dati, dont Bernard Laporte n'est pas le père (de l'enfant qu'elle porte) !

L'a Pas Dû Chaumet Pour S'Offrir Ce Bijou, Rachida


Oui, je sais ce que tu vas dire, que c'est pas déontologique (ta mère) mais où va-t-on, et qu'est-ce que j't'avais pas dit Martine, on nous ment, on nous trompe, on nous spolie et tout le tralala !

Allons, allons, ne nous emballons pas !

Tentons d'être magnanimes !

Après tout, les gars du Figaro, z'ont dû se dire :

- Marcel ? La période Bling-Bling, c'était quand ?
- Ben c'était l'année dernière, conno !
- T'es sûr ?
- Ben oui, conno !
- Alors, y'a un problème !
- Quel est le problème, conno ?
- Ben, le problème, c'est qu'il y a une grosse bagouze à 15 600€ sur l'un des petits doigts de Rachida Dati.
- Non ?
- Si !
- C'est pas possible ! .... Attends ... Ça doit être une photo de l'an dernier !!
- Tu crois ?
- Ben oui, conno, vu que la période Bling-Bling, c'était l'an dernier !
- Ah mais oui, que j'suis con !
- C'est qu'est-ce que j'te dis depuis le départ de cette conversation ! ... Conno ! .. Autre chose ?
- Ben oui.
- Quoi ?
- Ben notre Une !
- Quoi, notre Une ?
- On l'a fait bien sur Rachida Dati !
- Oui. Et alors ?
- Et alors, j'peux pas mettre une photo de l'an dernier de la période Bling-Bling. Surtout en période de crise et de moralisation du capitalisme ! Ça va les énerver, aux gens !
- Ah merde !
- Comme tu dis, Marcel !
- Mais .. J'comprends pas ! T'as pas une photo de cette année ?
- De Rachida ?
- Ouais.
- Non. J'en ai une de Laporte, mais ..
- Mais non !
- Je sais, Marcel.
- Putain ! Mais où ce qu'elles sont les photos de Rachida de cette année qu'elle est pas Bling-Bling ?
- J'crois qu'on les a faxées à la cellule "Photoshop-C'est-Trop-Magique !" de Paris-Match !
- Oh la boulette ! La boulette-la boulette-la boulette !
- Ouais. Une belle boulette à 15 600€, Marcel.

[Marcel, il réfléchit profondément]

- Conno !
- Oui, Marcel !
- On a bien, NOUS AUSSI, une cellule de dégommage ?
- Oui. Même qu'elle s'appelle : "Ta Race, Comme C'est Trop Fort Photoshop Et Toutes Ses Petites Gommettes !"
- Vous pouviez pas faire plus long comme titre ?
- Si. Mais on n'a pas osé.

[Marcel est fatigué, d'un coup]

- Bon. Tu vas m'envoyer, et plus vite que ça, cette putain de photo à ta cellule au nom qui pue, avec comme instruction d'effacer cette bague de Droite bien trop décomplexée ..
- Mais ..
- Mais QUOI ?
- Mais c'est ... C'est pas déontologique !
- Et ta mère, elle est déontologique ?
- Ben non.
- Eh ben alors exécution ! Conno !

Et voilà, le travail !

Bon, évidemment, si ce fut l'inverse, je veux dire si c'était pas la bague qu'on aurait effacée, mais Rachida Dati, en laissant juste la bague, là, c'était pas un coup du Figaro.

Ah ben non !

Non là, c'eut été un coup de dangereux terroristes de la magistrature pointant à l'ultra-gauche qui existe même pas.

Du moins, c'est ce qu'aurait déclaré Michèle Alliot-Marie qui va ...

... bientôt se faire dégommer du Gouvernement.

Mais pas par Photoshop.
Par la cellule-qui-rigole-pas de l'Elysée !

00:04 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paris-match, le figaro, l'express, rachida dati, bague à 15 600€, photoshop, déontologie | | |

20 novembre 2008

Militant, Fais Pas L'Con ! Vote Hamon !

Mercredi 19 Novembre 2008

Regarde comme elle est belle, cette image.
Deux hommes en chemise.
Épuisés.
Deux hommes qui n'en peuvent plus.

Un journaliste, Jean-Pierre Elkkabach, et le dernier des socialistes, Benoît Hamon.

Tu le vois, le regard du journaliste, comme il semble désolé ; même que c'en est étonnant, quand on le connaît.
Et Benoît Hamon, tu le vois ?
On dirait qu'il va se lever, partir, ou taper du poing sur la table ; celle d'Europe 1.

Deux hommes dans la vile campagne.
La boueuse, la merdeuse, cette campagne de Reims, festival de bouses, vacheries d'éléphants mal planqués derrière une souris, la Martine ; éléphants s'accrochant comme des moules à leur putain de rocher, indécrottables irresponsables, tous coupables, de Lang à Hollande en passant par Jospin, Delanoë, Fabius, ils sont là, les malfrins, refusant de passer la main, préférant l'habiller d'une dague afin d'occire une mauvaise foi pour toute la prêcheuse de Melle ; la Royal !
Se rendent-ils compte, ces Jean-Foutre, qu'aveuglés par leur haine, leur soif de revanche, ce n'est pas Marie-Ségolène qu'ils enterrent, mais le Socialisme.
C'est leur Parti qu'ils estourbissent !
J't'y foutrais, bordel de vache, des tatanes à ces charognards !
j't'y foutrais, tonnerre de cul, des ramponneaux à ces sangsues, ces fossoyeurs du Parti Socialiste.

Regarde !

Mais regarde-donc, comme elle est belle, cette image !
Comme elle te réclame et t'appelle, militant du Parti agonisant.
Comme elle t'invite à la réflexion.
Comme elle t'entraîne loin de Martine et de ses sempiternels éléphants, de Marie-Ségolène et de sa pauvre ambition présidentielle.

Mais comment ?

Comment peux-tu, te faire rouler continuellement dans la pire des mélasses ?
Quand ce n'est pas celle des sondages, c'est celle des discours fumasses, parodies fadasses de Jaurès et de Blum.
Combien de temps, encore, vas-tu te laisser abuser par tant de roueries, par tant de fumisteries, militant du Parti agonisant ?

Regarde !

Mais regarde-donc, elle parle toute seule, cette image, et tu ne voudrais point l'entendre ?
Tu ne voudrais pas voir ce qui crève les yeux, un journaliste, et pas des plus amicaux à ton endroit, et qui pourtant, contemple, attristé, désolé, le dernier des Mohicans, le Benoît Hamon, ultime rempart, véritable et flamboyant représentant du Socialisme, le vrai, le pur, celui de proximité, celui du peuple, le populaire !
C'est lui, Benoît, ton espoir, celui de faire de ton Parti, un Parti de combattants.

Ecoute !

Ecoute-le, le Benoît.
Le son de sa voix.
Ferré qu'il est, il reste et restera Hamon.

- Qui ramènerait la paix au PS ? demande Elkkabach
- Moi ! Répond fermement Benoît.

Il reste et restera Hamon.

- Je cite Ségolène Royal, dit Elkkabach : il y aura de la discipline et de l'autorité. Ces disputes de cour d'école, avec moi, ce sera fini.

On dirait qu'il va se lever, partir, ou taper du poing sur la table ; celle d'Europe 1.
Mais non, il répond, Hamon :

- Encore faut-il que la maîtresse d'école soit vertueuse pour que l'autorité soit respectée dans la classe.

Mais quelle leçon !
Dans sa voix.
Benoît.

Hamon, impétueux garçon, en rajoute une louchée, au cas où, t'aurais pas pigé, imprimé le message, toi, le militant qu'est sourd, hormis aux sondages putassiers et aux discours frelatés.
Il ajoute, Benoît, frondeur, amusé, à son tour dagué :

- En général, la conviction est plus utile que la règle ...

Puis, assassin, mais bien :

- ... Et l'instruction, aussi.

Alors, mon militant, qu'en dis-tu ?

Vas-tu porter à la tête de ton Parti, la vacuité, celle de l'esprit et des idées, ou s'il en est une, d'idée, c'est juste une ambition personnelle, dévorante, celle qui rêve, obsédée, d'Elysée, et dans cette gloutonne ambition, peu importe la santé de ton Parti ! Il peut bien crever, ton Parti, puisqu'il ne sera plus qu'une rampe de lancement !

Vas-tu porter à la tête de ton Parti un conglomérat de renégats, de comploteurs, quand ce n'est pas de malfaiteurs, ceusses qui, depuis des décennies, se disputent, minables, pathétiques, l'héritage de François Mitterrand, sans avoir le quart du dixième de son talent ?

Ou alors, vas-tu faire le choix difficile, mais nécessaire, celui de la rénovation, de la reconstruction, celle que tu attends, que tu espères, celle qui te conduira demain, en 2016 ou 20, car tel est le prix à payer, vers la victoire ?

En d'autres termes, fais pas l'con, ni ton mouton, militant !
Vote Hamon !


15:43 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : benoît hamon, marie-ségolène royal, martine aubry, parti socialiste | | |

17 novembre 2008

Zemmour Ou Les Racines Du Mâle

Pas Vraiment Un Gay-Luron, Ce Zemmour ..

Alors comme ça, on s'étonnerait qu'Eric Zemmour niât la science en affirmant (ce 13 courant sur ARTE) qu'il y aurait une "race blanche" et une "race noire" ?

Je précise que lors de cette émission consacrée au métissage et présentée par Isabelle "je souris-tout-le-temps-même-quand-c'est-super-grave-parce-que-je-sais-pas-quoi-dire" Giordano, Eric Zemmour nous dit que les races "on sait bien que ça existe, ça se voit" ce qui stupéfia, entre autre, la Présidente de l'association "Les Indivisibles", Rokhaya Diallo, qui lui demanda :
- Comment on le voit (que ça existe) ? Je ne comprends pas ce que vous voyez !
Zemmour répondit hautain :
- Ben à la couleur de peau, tout bêtement ...
- Et donc, poursuivit Rokhaya Diallo, la couleur de peau, selon vous, fait que j'appartiens à une race différente de la votre ?
- Ben évidemment, répondit, ô combien méprisant, Zemmour ! J'appartiens à la "race blanche" et vous appartenez à la "race noire" !

Ce qui donne envie de vomir à Sébastien Fontenelle.
Ah !?!
Que maintenant, Sébastien ?

Non parce que ce n'est pas la première fois que Zemmour tient ce genre de propos, ou du moins, les sous-entend fortement !
Et donc, je m'étonne qu'on s'en étonne qu'aujourd'hui.

Sauf que là, c'est vrai, à la différence des précédentes saillies de Zemmour, c'est clairement dit, même que ça flirtait dangereusement avec cette thèse raciste de la supériorité de la "race blanche" sur la "race noire".
En tous les cas, ça suintait copieux entre les mots du sieur Zemmour, pour ceusses qu'auraient encore des esgourdes en état de marche.

Or donc, disais-je, ce n'est pas la première fois que cet éditorialiste du Figaro que, va savoir pourquoi, la télé se dispute ("Ca Se Dispute" sur i>télé, "On N'est Pas Couché" sur France 2 ...) tient des propos plus que limites.

C'est en me bouchant le nez et le reste, que je te ressors des extraits d'un entretien qu'il accorda le 16 mars 2006 à Radio Courtoisie, radio de la capitale cachant à peine sa proximité et son étroite sympathie avec la Droite extrême, radio plusieurs fois rappelée à l'ordre et en vain par le CSA, entretien où il venait faire la promotion de l'un de ses ouvrages intitulé :
"Le Premier Sexe."

Ce jour-là, il était interrogé par Olivier Pichon, ancien élu du Comité Central du Front National de Jean-Marie Le Pen et ancien conseiller municipal de Garches sous l'étiquette du MNR de Bruno Mégret.

On y traitait donc de son bouquin dans lequel, pour faire court, Zemmour démontrait que l'Europe, et tout particulièrement la France, était en train de se "déviriliser".
Et depuis quand, Madame?
Eh bien tu vas pas le croire : les racines de la "dévirilisation", pour Zemmour, on les trouve dans ... la Guerre de 14 !
Et pour en arriver ?
A une charge (très) violente contre .... les homosexuels !

Mais rentrons dans le vif !
Tu vas halluciner (ta race) et pourtant ce fut réellement dit par Eric Zemmour :

"Le rapport de l'homme à la guerre a changé depuis 1914 ! L'homme va à la guerre, c'est comme ça qu'il est homme. Il tue et il risque d'être tué, c'est ça qui fonde LA LOI de l'humain ..."

C'est dur hein, la loi de l'humain, de l'homme vue par Zemmour ?
Je sais ...

Mais prends-donc un énorme Xanax !
Si, si, je t'assure !
Car la suite est du genre gratinée ...

Zemmour nous explique que le poilu fut commandé et dirigé par des "minables" et des "ânes" et que, quand il revint de la guerre, l'homme dit :

"Plus jamais ça ! Mais plus jamais ça, la guerre comme ça, c'est-à-dire qu'il ne veut plus être cet homme-là, il se dit c'est pas la peine .."

C'est beau, non, Le Zemmour qui pense à la place du poilu.
Sauf qu'ensuite c'est moins ... glorieux, on va dire, pour être poli (à défaut d'être poilu) ...
Surtout quand, jubilant, Olivier Pichon dit à Zemmour :

- Il (l'homme) a déposé le fardeau de l'homme BLANC pour prendre la quenouille !"

Et que Zemmour acquiesce.

Là oui, on commence à avoir comme envie de vomir ..

Donc, la "dévirilisation" de l'homme prendrait racine dans cette sale Guerre de 14, et c'est alors, que les doigts dans le nez et sans faire ni une, ni deux, ni la moindre sommation, Zemmour mélange (tiens-toi bien, c'est du lourd ...) fascisme, nazisme, pas de l'oie, parade stalinienne et ... homosexualité !

"On peut analyser les mouvements des années 20 et 30, dit Zemmour, fascisme, communisme, comme des espèces de PARADES virilistes quasiment .. euh ... Presque des PARADES d'autodérision HOMOSEXUELLE ! .... Mais même les ouvriers staliniens, les défilés des ouvriers staliniens, CETTE ESPECE DE PARADE HOMOSEXUELLE, les fascistes ... Et d'ailleurs beaucoup d'écrivains homosexuels ADORERONT les fascistes et LES NAZIS .. C'est une façon de relire l'histoire .."

Putain de relecture, si j'peux me permettre ...
Quand on sait, en plus, le triste sort que les Nazis réservèrent aux homosexuels .. S'ils avaient su, ces braves Nazis, que les écrivains homosexuels les adoraient, tu te rends compte le nombre de vies qu'auraient été épargnées .. C'est - comment dire - Ballot ?

Nonobstant, tu remarqueras l'emploi pas innocent et par trois fois du mot "parade".
Pas la peine de développer, tout le monde a bien compris.
Qu'on va en arriver à ce que Zemmour nomme : les Gays.

N'ayant peur de rien, c'est même à cela qu'on le reconnait, Zemmour va nous démontrer que la prétendue "dévirilisation" de notre société est dûe à une évolution récente du capitalisme qui fabrique des produits "ciblés" qui sont achetés par qui, Eric ?

"Le femme, qui est EVIDEMMENT une consommatrice extraordinaire, et l'homosexuel (...) non pas l'homosexuel, mais LE GAY ! Parce que l'homosexuel, le mot même, c'est en fait le reflet de la fin du 19ème Siècle, de cette société SCIENTISTE qui voulait TOUT CATALOGUER, hein, POUR MIEUX CONTROLER, ça c'est le mot homosexuel, parce que sous Louis XIV, on appelait pas ça homosexuel, on appelait ça le mâle italien .."

Tu notes l'emploi délicat du terme "ça" pour qualifier un homosexuel ..
Tu notes également que Zemmour voit dans les hommes de science des comploteurs, des gars qui veulent contrôler la société, la dévoyer n'est-ce pas, et l'on comprend mieux alors pourquoi Zemmour parle de races, ce 13 novembre 2008, alors que la science, elle, quand elle évoque l'homme, parle d'une race et une seule : la race humaine.
Zemmour n'aime pas les scientifiques. Il les nie.

Mais attends, c'est pas fini.

Zemmour va nous donner la définition du Gay, et c'est étrange, mais ça va te rappeler une sale époque de notre histoire...

"Qu'est-ce le Gay ? C'est l'homosexuel du tertiaire qui est le meilleur consommateur qui soit. Le Gay est en fait l'intermédiaire, le modèle que l'on donne aux pauvres hommes, AUX PAUVRES BEAUFS caricaturés sous les traits du buveur de bières ou vautré devant un match de football parce que ça ne peut être que ça .. Vous avez remarqué, dans l'imaginaire collectif, aujourd'hui, quand on parle d'homme, immédiatement, on vous dit, mais oui, mais moi, j'suis pas un beauf qui boit de la bière et qui regarde un match de foot comme si les hommes faisaient que ça dans leur vie .. ET DONC (?????) LE MODELE AUJOURD'HUI, C'EST LE GAY QUI DOIT AMENER LE PAUVRE BEAUF A LA CONDITION IDEALE DE FEMME, en fait aujourd'hui, la femme n'est plus un sexe, mais un idéal !"

Waouh ...

Déjà pour Zemmour, la femme c'est quoi ?
Un sexe.
Ça calme, non ?

Et puis, quand je te parlais d'une sale période de notre histoire, n'as-tu pas cette désagréable impression que cette description (menaçante pour notre société) du Gay faite par Zemmour t'en rappelle une autre ?
Celle du juif, par exemple ?

Et c'est là que notre sémillant Olivier Pichon, qui se régale, mais t'imagines même pas à quel point, en balance une sévère :

- Alors si j'comprends bien, si j'imite les PéDéS, je vais devenir une gonzesse et je consommerai, c'est ça ?

Là, tu te dis que, tout de même, Zemmour va atténuer quelque peu les propos de ce charmant Monsieur ..
Eh ben non !
Non, puisqu'il répond :

"Exactement ! C'est exactement ça !"

Tu vois Sébastien, c'est pas la première fois que Zemmour donne envie de gerber (sa race) ..

Tu devines bien que la parole étant lâchée, c'est le moins qu'on puisse dire (ce que certains appellent à tort : la liberté d'expression ....) Zemmour va nous remixer les Jean-Paul Gaultier et consort en parlant de "créateurs homosexuels voulant REEDUQUER, au sens où l'on employait ce terme en Chine, rééduquer le pauvre beauf qui DOIT APPRENDRE à aimer les femmes androgynes et non plus les GROSSES FESSES de Jenifer Lopez .."

On s'arrête là ?

Non.
Une dernière.
Allez, si !
Courage !

Une dernière pour vomir encore un peu, et qui prouve que les propos tenus par Zemmour, jeudi 13 novembre 2008 sur ARTE, il les approuvait déjà ce 16 mars 2006 sur Radio Courtoisie.

Un intervenant lui fait remarquer qu'il touche en fait un sujet plus vaste, celui de la quête de l'indifférenciation qui s'emparerait de notre société et qui nous conduirait à penser qu'il n'y a pas de différences entre un homme et une femme, mais non plus (je le cite) entre français et étrangers, ENTRE NOIRS ET BLANCS ...

Et Zemmour d'ajouter :

- Entre PUR ET IMPUR, entre sacré et profane, etc .. C'EST EVIDENT !

Ce 16 mars 2006 sur Radio Courtoisie, déjà, Zemmour distingue "évidemment" Noirs et Blancs.

Ce 13 novembre 2008 sur Arte, il n'a fait que poursuivre sa pensée.

"Et donc", comme dirait Zemmour, c'est aujourd'hui, seulement aujourd'hui qu'on s'étonne et qu'on vomit ?

Pardonnez-moi, comme dirait Yves Calvi et tous les journalistes de ce pays, mais moi, ça fait bien longtemps que lorsque j'entends Zemmour, je vomis.

13 novembre 2008

Bertrand

Nous étions au bar, accrochés, un peu tristes, nous disant que nous devrions y être, là, sur cette scène, tant rien ne nous emballait, tant merde, on avait mille et une fois notre place.

Et puis, il est arrivé.


Demi-Finale Angoulème 1986 

Juin 1986, Angoulème, un tremplin-rock, une discothèque, le Macumba.
Y'a des types qui collent pas avec le décor, des types étranges, costards-cravates, et dans leurs poches, dégoulinent des biftons.
Ça me fout comme la gerbe.
J'voyais pas ça comme ça. J'voyais plutôt de la bière et du cuir.
Mais y'a que d'la flanelle.

Le patron, il flotte dans son Smalto, tape la bise à Bernard.
Bernard Lavilliers.
S'est radiné avec sa Brésilienne.
Une bombasse des favelas.
Il la fait virevolter sur la piste, sa déesse en fourreau noir, et j'm'envoie un whisky.
Sec.
Mate les serveuses, américaines, payées au black, canons de chair offertes à celui qui veut bien se fendre d'une bouteille de champ' supplémentaire.
Mais gaffe, pas touche. Pas dans la boîte. Faut que tu patientes, garçon. T'en fais pas, tu vas te la faire, la Connie d'Angoulème !
Mais quand tout le monde s'ra parti.
Tu piges ?
Dès fois qu'y aurait de la bleusaille déguisée en civil.

Le jury s'installe.
Bernard et sa Paulista ; Nono, le guitariste de Trust ; Annie Girardot et son mec de l'époque, le triste réalisateur de "Adieu Blaireau", Bob Decout.

La finale va commencer.
J'm'envoie un Mojito.
Tassé.

C'est le groupe de Poitiers qu'a fini derrière nous, au premier tour, qu'envoie la purée.
Au premier tour, ouais.
On y était, à ce tremplin.
KJ, Manu et moi.
On les avait bien épatés, les "ingés" du son.
Même que nous étions étonnés de nous-mêmes, comme dans un état second.
Me souviens, quand on eut fini les balances, Nono, l'était venu nous trouver.
- Eh ben dites-moi les mecs, ça assure !
Il a dit le guitariste de Trust.
Nous, on savait pas.
Si c'était pas du lard voire du cochon qu'il nous balançait, là.
- Si, si, j'vous assure ! De tout ce que j'ai entendu jusqu'à présent, vous êtes largement au dessus ! Ca m'étonnerait qu'on n'vous retrouve pas en Finale, les gars ! .. Bonne chance !

C'est le batteur qui nous a pété dans les doigts. On lui a dit, Manu et moi, que merde, non, pouvait pas nous faire ça, qu'on était en route vers la joie, que c'était la chance de notre vie ; mais rien à faire, l'a pas voulu revenir, il nous a plantés, comme ça, au bout de deux ans, deux ans de concerts, de répètes, de sueurs ; il nous a plantés pour une sombre et minable histoire de gonzesse.

On leur a monté un bateau, un décès, qu'il fallait reculer la date, celle du second tour, le dernier avant la Finale, le temps de trouver un nouveau batteur.
Ils nous ont dit oui.
L'était pas mauvais, le batteur qu'on avait déniché. Juste, il était un peu vert. Et mal à l'aise avec notre style de musique.
Mais c'était pas le problème.
Enfin, pas le majeur.
Le majeur, c'est qu'il y avait dû avoir une terrible vague de décès, car lorsqu'on s'est radiné pour ce second tour, on était douze groupes dans une même poule au lieu des cinq prévus. Un seul se qualifiait.
On a fini deuxième.
C'était même pas la peine de nous parler.
J'crois qu'on aurait pu tuer quelqu'un.

Il se vautre, ce groupe de Poitiers. Dommage. Il méritait mieux.
Allez hop : au suivant !
Une horreur.
Pâle copie des affreux Cookie Dingler.

J'me ferais bien le bar.
Glacé.

Et ça continue.
C'est à pleurer.
Y'a bien nos potes de Quartier Louche qui sans forcer relèvent le niveau, et puis surtout, ces Alsaciens de MK2. Y'a pas à dire, ils ont un style, un pur, un vrai. Mais bon, à les voir, on s'dit que c'est trop con, on y était putain, on passait, les doigts dans le nez.
Et puis ...

... Et puis, il est arrivé.

J'oublierai jamais.

Le premier riff de guitare nous a carrément scotchés.
Même qu'on a lâché nos verres.
On s'est regardé, Manu et moi, et on a fait : "Waouh !"
Alors il a chanté.
Et tout le monde s'est tu.
Tous, absolument tous, étions à la fois sous le charme, comme terrassés. Bouche-bée. Totalement subjugués.
Heureux d'être là. Vraiment. Enfin.
Ce mec-là, j'me suis dit, c'est pas possible, on en entendra parler demain. C'est certain !.

Mais les "ingés", ils étaient claqués, à l'ouest, trop de Connie à la sortie, et vlan, v'là qu'il y a plus de son dans le micro.
Celui du mec qui chantait.
Mais ça ne l'a pas arrêté.
Il a balancé le pied de micro, et a continué.
De là où on était, le bar, et c'était pas la porte à côté, on l'entendait encore, j'te jure, c'était incroyable !
Ce type, juste avec sa voix, il arrivait à passer au dessus des guitares, de la batterie et de la basse.
Me souviens que le public était fou, qu'il lui a fait un triomphe.
Énorme.
C'était énorme !

Pourtant, c'est pas ce groupe qu'a gagné la finale.
C'est MK2.
Dont on a jamais entendu parler par la suite.
En revanche, le groupe qui nous avait scotchés, rendu fou de joie, avec ce chanteur qui me rappelait Jim Morrison, qu'avait même pas besoin de micro pour se faire entendre, nous faire aimer sa "Lola", lui, il allait faire carrière.

Jusqu'à ce triste jour.
Celui du 27 juillet 2003.
Un jour de douleur.
Immense.
De part et d'autre.

Aujourd'hui, j'ai appris qu'il était de retour aux "affaires", Bertrand.

Bertrand Cantat.

Car c'était lui, ce chanteur de juin 1986, dans cette Finale pourrie du Macumba d'Angoulème.

Lui et son groupe : Noir Désir.

Ils sont de retour.
Tant mieux ...



podcast



Ça faisait longtemps que je voulais raconter cette histoire, j'y arrivais pas vu les circonstances.
Sur lesquelles je ferai silence.

Quoique.

Tout de même, dire que ces médias qu'ouvrent leur antenne pour demander à leurs auditeurs ce qu'ils pensent du retour de Bertrand Cantat, ça me débéquete.
C'est pas de la liberté d'expression, c'est de la chiure.
Laissez-les donc vomir leurs insanités au Café du Commerce, il est étudié pour.
Un média, c'est pas fait pour flatter les pires et les plus bas instincts, la haine ordinaire, c'est pas un égouttoir à merde, ça doit avoir un peu plus de tenue, un média.
Y compris de papier, numérique ou d'images.

Quant à ceusses qui penseraient qu'il aurait pas assez payé, Bertrand, que ça les gêneraient de le voir ainsi revenir exercer son métier, je leur dirai simplement que la justice s'est prononcée, qu'elle est un, sinon LE pilier de notre démocratie, et que la contester, quand elle s'est prononcée, c'est l'assassiner, la démocratie.

Et enfin, pour toujours les mêmes, celles et ceux qui se substituent à la justice de mon pays en disant que, aboyant que, j'ajoute :
Tu sais ce qu'il s'est passé, toi, cette nuit-là, à Vilnius ?
Tu y étais ?
T'as toutes les pièces du dossier ?
Non ?
Alors fais-nous des vacances et contente-toi de ta liberté d'expression, elle existe, elle se situe chez toi, au bon vieux Café du Commerce, où là, tu peux dire ce que tu veux, comme tu le veux, et payer ta tournée à ceux qui pensent comme toi.

23:17 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (42) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : angoulème, juin 1986, tremplin-rock, bertrand cantat, noir desir, café du commerce | | |

12 novembre 2008

Copé Comme Cochon [Qui S'En Dédit]

Merde, J'ai Encore Dit Une Connerie !

Ah le cochon de Jean-François Copé, on l'aimait bien, finalement.

What ?

Pourquoi écris-je "on l'AIMAIT bien" et non pas "on l'aime bien" ?

Pour trois raisons.

La première étant que ce bon Jean-François est tout sauf un cadeau, j'vois pas pourquoi je lui donnerais du présent.
J'suis pas du genre à tendre la joue gauche, moi.

La seconde étant que cet homme - comme tous les hommes ... - est imparfait, quand bien même se croirait-il plus que parfait.

La troisième ...


Oui, je sais, on dirait une charade, mais non.

Quoique.

Tant tu vas t'apercevoir qu'avec "mon tout", Copé l'a copieusement dans le rébus !


La troisième, disais-je, étant que, et c'est bien affreux pour toute sa famille, Jean-François va nous quitter.

Quand ?

Ooooh, j'suis pas médecin, mais, à vol d'oiseau, j'lui donne pas plus de neuf mois.

S'il est malade ?

Oh oui !
Et gravement.

Ben écoute, faut quand même être sérieusement attaqué pour déclarer, je cite le Jean-François :

"Moi VIVANT, il n'y aura pas d'augmentation de la redevance télé !"

Est-ce bien la peine d'ajouter quoi que ce soit ?

Non, hein ?

Juste, dans la joie et le respect, avoir une pensée émue pour toute la smala Copé et son légendaire duplex ; oui, sans tabou et sans a priori, avoir une pensée "émotionnée" pour Jean-François dont on connait son extraordinaire aversion pour la langue de bois, l'inflexibilité inextinguible de sa parole, cochon qui s'en dédit.

11 novembre 2008

Le Congrès De Reine

... Qui Vous Mets Dans Le Caca !

Or donc, c'est elle, Marie-Ségolène Royal, qui a les cartes en mains.

Et d'ailleurs, voici qu'à nouveau Martine (Aubry) et Bertrand (Delanoë) lui donnent du "Ségolène" alors qu'il y a moins d'une semaine, ils parlaient de "Ségolène Royal", de "Madame Royal" ou se contentaient d'un très laconique "Elle".

Ce retour de "Ségolène", à vrai dire, ressemble comme deux gouttes d'eau à celui, dédaigneux, des Primaires puis de la campagne présidentielle.
Il n'est pas amical.
Du tout.
Tant jamais elle ne fut "aimée" par les poids-lourds du PS, le fameux appareil.
Pour eux, Marie-Ségolène est une hérésie, ils considèrent même que c'est la pire chose qui pouvait arriver à leur Parti, un Parti agonisant depuis la mort de François Mitterrand.
Seulement voilà, les militants en ont décidé autrement, et l'on ne peut se couper de la base.
A moins de quitter le Parti, comme récemment Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez.

Il est en un, tout de même, qui ne joue pas cette carte, celle de l'hypocrisie, de la camaraditude de façade, en donnant du "Ségolène" à Madame Royal ; c'est Benoît Hamon.
A mon sens, il incarne le futur de la Gauche moderne et socialiste.
Il est intelligent, brillant, talentueux, à l'aise en télévision comme derrière une tribune (du moins a-t-il fait d'énormes progrès) ne cède rien (pour le moment) et qui plus est, il est charismatique.
De tous les "quadra" (Montebourg, Valls, Peillon ...) il est de loin le meilleur.
Il représente, comme on se plaît à le répéter dans les médias radoteurs, l'aile Gauche du parti.

De fait, Marie-Ségolène représente la cuisse Droite du PS.

A croire que nous en serons toujours réduits à devoir choisir entre l'aile ou la cuisse ...

Ceci étant posé, je reconnais un certain talent à la Dame de Melle.
Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il y a du François Mitterrand en elle (car ce serait insulter l'immense stratège qu'était l'homme cultivé de Jarnac) mais force est de constater qu'elle est habitée par la volonté ("On ne peut rien contre la volonté d'un homme." disait Mitterrand) une certaine pugnacité, assez remarquable d'ailleurs, et un sens politique certain.
Et c'est bien là, l'erreur des poids-lourds :
Avoir sous-estimé ce sens politique. Quasiment inné. Ou du moins, instinctif.
Le pire, c'est qu'ils la commirent deux fois, cette erreur.
D'abord pour la présidentielle 2007.
Puis aujourd'hui, pensant à tort, qu'elle était politiquement morte, la Ségolène.
Faut dire qu'ils ont tout fait pour, en reculant, via Hollande, la date du congrès de Reims, espérant que la ferveur quasiment religieuse du militant pour Marie-Ségolène s'estomperait avec le temps.
Ils se sont trompés.
Et raisonnablement, on ne peut attribuer cette seconde victoire (après celle des Primaires de novembre 2006) de Marie-Ségolène à ce que l'on nomme : la chance.
Non, il faut bien se résoudre à reconnaître qu'elle possède un vrai sens (du) politique, et en cela, son show au Zénith, quand bien même avait-il plus à voir avec un machin Chantal Goyesque, et qu'il fut moqué et gaussé, ici compris, aura pesé dans le vote des motions. J'en suis quasiment certain.
Tout comme ses apparitions médiatiques calculées au millimètre près.

Alors bien sûr, elle est désespérante de nullité derrière un pupitre ou sur un plateau de télévision, affligeante de vacuité dans ses propositions qui sont plus des incantations qu'autre chose, terrifiante de scoutisme et de mysticisme à la petite semaine, mais il n'en reste pas moins que par le biais des militants elle sera, si elle manoeuvre bien, la future reine du Congrès de Reims.
Et les autres, rincés, comme au Congrès de Rennes.

Pour elle, c'est la dernière ligne droite.

De toutes les façons, avec elle, la dernière ligne est toujours ... (à) Droite (Cf : son rapprochement entre les deux tours de la 2007 avec François Bayrou) et ses manoeuvres, adroites.

Mais le premier responsable, même indirect, du probable sacre de Marie-Ségolène, c'est bien François Hollande.
Il faudra, un jour, se pencher sur l'Histoire, sur cette décennie hollandesque, pour comprendre comment un homme aussi intelligent a pu se faire doubler sur sa Droite.
Comprendre comment et pourquoi celui qui devait être le candidat naturel des socialistes à la présidentielle 2007 a pu échouer de la sorte et entraîner son Parti vers, à priori, un Modem de gauche molle ("Le Centre, c'est une Droite molle" - François Mitterrand)
François Hollande est un homme et un tribun brillant, seul Laurent Fabius lui est supérieur, mais parce qu'il aura passé son temps à composer avec les courants plutôt qu'à les unifier, composer plutôt que d'imposer un leadership, il en aura oublié l'essentiel : ce qu'est le socialisme et que peut-il proposer, ce socialisme, dans un monde unilatéral depuis la chute du mur de Berlin..
Il ne faut pas s'y tromper, s'il s'est maintenu aussi longtemps à la tête du PS, c'est uniquement parce qu'il pensait avoir un destin présidentiel.
Et si, Marie-Ségolène conquiert la tête du parti, alors François Hollande pourra faire le deuil de ses ambitions nationales.

Mais comment, me diras-tu, Marie-Ségolène pourrait-elle ravir le poste de "premier secrétaire" et devenir par là même, la candidate naturelle du PS pour l'élection présidentielle de 2012 ?
Après tout, il suffirait que Martine Aubry et Bertrand Delanoë s'unissent, tentent même, suprême audace, de convaincre Hamon de les rejoindre, et bye-bye Ségolène !
Oui mais, ce serait prendre le risque de se couper des militants qui eux, ont plébiscité la motion de Gérard Collomb et de Ségolène Royal.
Certes, cette motion n'a remporté que 29% des suffrages, mais elle est arrivée en tête !

De fait, il n'y avait plus qu'un choix possible :
Refiler la patate chaude à la Présidente de la Région Poitou-Charentes en espérant qu'elle commette une erreur de type disqualifiant.

Et quelle est la nature cette patate chaude ?

Eh bien, d'abord reconnaître sa victoire, jusque même la flatter (faussement) et, ensuite, lui demander de proposer un nom de premier secrétaire qui mettrait tout le monde d'accord ...

Comme elle est futée, elle laissa ses lieutenants distiller quelques noms, tels Peillon, Rebsamen, allant même jusqu'à tolérer Dray prétendre que ce pourrait être lui.

Sauf que ...

Sauf que, c'est improbable.

Pourquoi ?

Parce que le militant, et même le corps électoral français, ne comprendraient pas que ce ne soit pas Marie-Ségolène qui soit la future première secrétaire.
Ensuite, parce que dans l'optique de 2012, nous assisterions à une cacophonie qui serait préjudiciable au PS.
En effet, chacun connaissant les ambitions présidentielles de la Dame de Melle (qui le soir du 6 mai 2007 promit d'emmener ses ouailles vers .. d'autres victoires) comment pourrions-nous accorder le moindre crédit à un premier secrétaire qui, de toute évidence, serait de paille ?
Une baudruche, quoi !
Sans compter que cela ferait l'affaire de l'UMP qui aurait beau jeu de pilonner ce premier secrétaire fictif, et donc, de plomber d'autant plus le PS.

Non, raisonnablement, et parce que c'est la cohérence même, ce ne peut être que Marie-Ségolène qui propose son nom pour le poste de chef du PS.

La seule question qui se pose désormais est la suivante :

Si Marie-Ségolène Royal est adoubée, le PS peut-il exploser ?
En d'autres termes, l'aile Gauche peut-elle quitter ce Parti pour en fonder un autre ?

Si tel était le cas, alors ce serait accepter de zapper la 2012.
Tant il apparaît impossible qu'un Parti de Gauche parvienne au second tour avec autant de postulants tels le PS, le NPA de Besancenot, le PC, Les Verts, Lutte Ouvrière, les altermondialistes, un nouveau Schivardi et ce que je nommerais le NPS (Hamon à sa tête).

Prendre ce risque, l'éclatement du PS, c'est viser 2016, et laisser Bayrou se dépatouiller avec Sarkozy en 2012.
C'est d'ailleurs ce qu'il escompte, Bayrou.
C'est même sa stratégie et/ou son espoir depuis la création du Modem : compter sur une division concrète et définitive du Parti Socialiste.

Or donc, voilà le grand paradoxe :
En cédant le leadership à Marie-Ségolène Royal, les militants, puis les poids-lourds résignés, vont, peut-être, réussir la rénovation de la Gauche mais à leurs dépens.
Sans eux, quoi !

Et, à bien y réfléchir, tant mieux !


"Un plébiscite, ça se combat !"
[Pierre Mendès France - Extrait de "Pour Préparer l'Avenir"]



NB : La nouvelle est tombée pendant la rédaction de ce billet : Ségolène sera candidate au poste de Premier Secrétaire !

07 novembre 2008

Et Depuis Reims Les Socialistes Nous Dirent : "Yes, We Can't !"

Ou Nuls Sont Les Socialistes, Plutôt !

Bon on commence par quoi ?

Par Marie-Ségolène qu'arrive en tête du vote des militants ?

Ben non.

Non-non.

On va commencer par le taux de participation des militants :
55% !

[Sifflement admiratif]

Ben dis-donc, ça l'air de les passionner les militants du PS ces histoires de motions !
Pour ne voter qu'à 55% !
C'est pas vraiment la France qui se lève "taux" ces gens-là ..

Tu veux que j'te dise ?

Ils seraient dégoûtés de leur parti, les militants, que ça ne m'étonnerait guère.
Mais crois-tu qu'un seul de ces éléphants égocentrés le remarquerait ou s'en inquiéterait ?
Ben non.
Ils sont étonnants de "désolitude" ces éléphants, non ?

Moi j'dis qu'avec un taux de participation aussi faible, vaudrait mieux ne pas trop la ramener, ni même pavoiser, faire profil super bas, raser les murs, voire se cacher dans un trou de souris.
Au moins, ce serait drôle !
Ben si !
Un éléphant qui se cache dans un trou de souris, avoue que c'est bien hilarant, ma foi !

Oui, moi j'dis qu'avec un taux de participation aussi ridicule, la seule chose à faire, c'est de se poser, et plus vite que ça, des questions. Et pas des petites. Des costaudes !
Parce que là, mine de rien, leur parti est en train de crever la bouche ouverte devant eux, mais non, ils continuent leur cirque.
Du coup Mélenchon, il s'est barré, et il a bien raison.
Me demande juste pourquoi Emmanuelli ne le suit pas plutôt que de perdre son temps à commenter un tel désastre.

Pour le reste, que te dire ?

Que ce parti n'est plus un parti de Gauche ?
Mais ça, tu le sa(va)is déjà !
Il suffit de lire les motions - prends un Prozac avant, sinon tu vas mourir dans d'atroces souffrances - de Royal, Delanoë et Aubry pour s'en rendre compte.
Soit nous avons un socialisme mou et Modem du genou genre scout avec Yannick Noah et Cali en première partie.
Soit un socialisme de type libéral vachement prononcé dont l'audace se résume à ne rien changer, vu que Hollande est dans le coup.
Soit un socialisme Deloriste, en clair, réaliste et pragmatique, de type chiant donc, pas emballant, sans espoir, une sorte de social-démocratie à la petite semaine du siècle dernier, poussiéreuse, avec pour décors (et Delors) des toiles d'araignée en veux-tu, en voilà,, mais cherche pas Spiderman, tant dans cette motion-là, on joue pas les super-héros. Au contraire !

La seule motion qui soit de Gauche, c'est celle de Benoît Hamon.
Et quand bien même créerait-il la surprise en obtenant plus que prévu, soit 19% des suffrages, il arrive loin derrière les trois autres.
Mais c'est pas fini !
Car ces 19% rapportés au taux de participation, ça nous y donne : 10,45%

Et donc, au parti dit Socialiste, ils sont 10,45% à être encore (un petit peu) de Gauche !

CQFD : ce parti n'est plus un parti de Gauche. C'est fini. C'est acté !

On espérait pas grand chose de toutes les façons, mais tout de même, on se disait, suite à l'euphorie démesurée que suscita l'élection de Barack Obama, que peut-être, emportés par cette vague, les militants nous feraient dans le "Yes, We Can !" même modeste.

Ben non.

Finalement ce fut :
"Yes We Can't !"

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