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05 avril 2012

Et Le Vainqueur De La Présidentielle 2012 Est ...

Babar, Pédalo
... ICI !

08 juin 2011

Marine Le Pen Pour Les Nuls

Quand bien même ne connaîtrions-nous pas la liste officielle des candidats pour la présidentielle 2012 [1] que les spéculations vont bon train. D’ores et déjà, on nous prédit un match à trois :
FN, PS et UMP.
Ce qui nous conduirait, pour le second tour, à trois cas de figure :
Marine Le Pen/PS, Marine Le Pen/Nicolas Sarkozy ou PS/Nicolas Sarkozy.
S’il va sans dire que le média préférerait la troisième hypothèse, il disserte cependant, et abondamment, sur les deux premières à grands coups de « 21 avril à l’endroit » et de « 21 avril à l’envers ».
A l’endroit, à l’envers, qu’est-ce que ça peut faire ? Puisque Marine Le Pen ne gagnera pas la présidentielle…

Fille-de.jpgOn nous tartine que l’une des grandes différences entre Marine Le Pen et son président d’honneur de père, c’est que la fille, elle, veut le pouvoir. D’où la dédiabolisation du FN qu’elle mène, peu ou prou, depuis 2007…
Mais, d’une part, comment l’obtenir avec un tel mode de scrutin, et d’autre part, quand on est seul ?
Bref, comment espérer rassembler, au second tour d’un scrutin majoritaire, 50% des suffrages exprimés + 1 voix quand on se refuse à toute alliance avec quelque parti que ce soit ? Et ce, quand bien même la colère, la déception, le ras-le-bol seraient grands. Et que fleurirait le sigle/slogan – redoutablement efficace – de : UMPS (également utilisé par Dupont-Aignan).

S’il ne fait nul doute que Marine Le Pen vise le pouvoir, elle n’ignore pas le chemin qu’il lui faudra parcourir. Et il dépendra de moult facteurs.

Le véritable objectif de Marine Le Pen, celui à court terme, ce n’est pas la présidentielle 2012, ce sont les législatives qui suivront. C’est ça, le début du chemin. Encore faut-il qu’elle réalise un score à ladite présidentielle. Plus important que celui de son père en 2002. D’autant qu’il en va de sa survie à la tête du FN. Où elle n’a pas que des amis.
Nombreux, en effet, sont ceux qui n’ont pas digéré son élection, présumée démocratique, de janvier dernier. Présumée, car le père aura bien verrouillé l’affaire. Appliquant son adage : « Je préfère ma fille [ou ma famille] à mes amis, mes amis à mes voisins, mes voisins à mes compatriotes, mes compatriotes aux Européens.» [2].
Or donc, sa fille plutôt que Bruno Mégret, Carl Lang ou, plus récemment, Bruno Gollnisch. Les deux premiers auront compris qu’ils n’avaient aucune chance de lui succéder et seront partis ; quant au troisième, il suffisait d’attendre que Marine Le Pen conquière l’opinion publique au point de se rendre incontournable aux yeux des militants. La succession, filiale, étant alors assurée, le père pouvait se retirer. Voilà pourquoi : « présumée démocratique ».

Toujours est-il qu’au sein d’une partie du FN dite « historique », et jusque dans la quasi-totalité de la presse d’extrême-droite, on ne serait pas chagriné de voir Marine Le Pen se ramasser en 2012, afin de (lui) reprendre la « boutique ». D’où l’impérieuse nécessité pour elle d’y faire un score. C’est la condition sine qua non de son avenir à la tête du FN.
Ceci étant, elle peut faire un score (autour de 20%) et ne pas être au second tour... Si ce cas de figure ne la mettrait pas (trop) en danger dans son parti ce ne serait pas le meilleur des scénarios. Car Marine Le Pen compte bien y être ; au second tour. Elle sait qu’elle ne gagnera pas la présidentielle, tout comme elle sait que le différentiel sera moins large qu’en 2002 (plutôt qu’un 82/18, il y a fort à parier que nous serons aux alentours d’un 65/35) mais peu importe ! Car là, continue le chemin. Celui qui, pense-t-elle, peut la conduire à la victoire en 2017. Objectif à moyen terme.

Tout dépend de son adversaire du second tour. Si c’est le candidat du PS, c’est tout bénef. Et c’est bien ce qu’elle espère. Car il provoquerait un éclatement de l’UMP.
Pour le coup, là oui, nous aurions droit à un véritable séisme politique.
La consigne « pas d’alliance avec le FN » (promesse faite à Chirac) volera en éclat. Dès les législatives. Toute la Droite Populaire (celle des Vanneste, Raoult, Mariani, Barèges, Luca et consorts) est prête à basculer. Soit une quarantaine de députés de l’UMP.
Dans la défaite – qui là, aurait plutôt des allures de Waterloo pour notre bonapartiste Sarkozy – tout devient possible ! Quand on veut conserver son siège à l’Assemblée…
Nous assisterions alors à la naissance, non pas d’un nouveau parti, mais d’une « vaste coalition » (un peu sur le monde italien avec Silvio Berlusconi et la Ligue du Nord).
Une « vaste coalition » (ou « grand rassemblement patriotique ») que le FN appelle déjà de ses vœux [3] et dont le but serait de prendre le leadership à droite. Un bloc néoconservateur populiste. Un Tea-Party à la française. Qui se régale déjà d’une présidence « socialiste » qui, elle en fait le pari, ne pourra que la renforcer et la rendre incontournable en 2017.

Voilà le plan de Marine Le Pen : faire exploser la droite dite traditionnelle… La ventiler copieux. Elle n’aura donc pas besoin, comme elle ne cesse de le répéter, de faire alliance avec l’UMP, ni avec aucun autre parti : ce sont quelques pégreleux de l’UMP (entre autres...) qui localement feront alliance avec le FN, puis « transfugeront » sans complexe, vers son parti.

Reste une dernière hypothèse dite « moyenne » : un second tour opposant Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy. Ce qui rendrait plus compliqué la « vaste coalition » pour les législatives. Mais il n’est pas exclu, suivant les rapports de force, qu’il n’y ait pas quelques alliances locales, lors de ces législatives, entre des membres de la Droite Populaire et le FN. Ce qui constituerait un premier coup de canif. Une brèche dans laquelle Marine Le Pen compte bien s’engouffrer. D’autant plus si ça lui donne quelques (sièges de) députés « sympathisants » à l’Assemblée nationale. Après, tout dépendra du second quinquennat de Nicolas Sarkozy…

Pour contrer cette stratégie de Marine Le Pen, redoutable, élaborée, qui la conduit d’ailleurs à déclarer que « la victoire du FN est structurelle » il revient aux partis traditionnels, républicains, de hausser le niveau. Redonner à la politique ses lettres de noblesse. Ne pas se vautrer dans le populisme ou la démagogie. Arrêter de nous envaper. Parler correct. Comme à des gens qu'entravent ce qu'on leur baragouine. S'il n'est pas trop tard...
Il conviendrait, surtout, que l’UMP ne courût plus après le FN. Tant c’est bien cette course (ce suicide, plutôt) qui favorise la stratégie de Marine Le Pen [4]... Et rendrait si elle se poursuit, effectivement, et à terme, la victoire du Front National aussi « structurelle » qu’inéluctable.


[1] A ce jour, les seuls candidats déclarés ET adoubés par leurs partis respectifs sont : Marine Le Pen, Nathalie Arthaud (LO) et, très probablement, Myriam Martin (NPA), Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et Nicolas Sarkozy.
Et pourtant, on nous abreuve de sondages truffés de Borloo, de Morin, de Dominique de Villepin, de candidats socialistes (mais jamais Montebourg, alors qu’il est candidat aux Primaires) ; qui plus est, on nous annonce déjà un match à trois (FN/UMP/PS). C’est dire le peu de cas qu’il est fait (dans les médias) de la plupart des candidats (et de leurs projets). Et de la démocratie, en général…
Ceci étant, quels sont les médias qui nous présentent TOUS les candidats aux primaires d’Europe-Ecologie-Les Verts (ils sont quatre et non deux) ou à celles du PS (dites : « de toute la gauche ») ?

[2] Adage péniste que certains attribuent à Montesquieu, alors que non.
Montesquieu, lui, avait écrit :

« Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose qui fût utile à ma famille, et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime »

S’il est clair que Jean-Marie Le Pen s’en est inspiré, il n’en a aucunement respecté l’esprit. Il est même en total contre-sens avec ce que voulait signifier Montesquieu.

[3] Comme l’atteste ce communiqué du Bureau Politique du FN en date du 16 mai 2011 :

« Le Bureau politique réuni ce jour à Nanterre a décidé de réserver 1/3 des circonscriptions à des personnalités qui rejoindraient le grand rassemblement patriotique qu’il appelle de ses vœux pour les législatives.
Cette vaste coalition est destinée à soutenir la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle et à créer un bloc patriotique et républicain, qui constituera la majorité de demain.

La campagne législative du Front National sera dirigée par Steeve Briois, Secrétaire général du FN.
»

[4] En 2007, Sarkozy avait siphonné les voix du FN. Stratégie électoralement payante, mais ô combien risquée. Tant cela l’engageait politiquement auprès de certains électeurs qui attendaient de lui des actes concrets et une « obligation de résultats ».
Ce que Nicolas Sarkozy n’a pas compris c’est que le vote FN n’est plus totalement un vote de rejet, mais de plus en plus un vote d’adhésion, ancré. De fait, on ne peut siphonner cet électorat sans en payer le prix.
Nonobstant, le 21 avril 2002 n’était pas un « accident » ou un « détail de l’histoire ». C’était un avertissement. Une bande-annonce. Un coup de semonce.
C’est une erreur de croire, comme Sarkozy le confie, que « le 21 avril 2002 a vacciné les français » [Le Monde – jeudi 31 mars 2011].
Et c’est encore plus une erreur d’avoir cru qu’en siphonnant cet électorat, il aurait peu ou prou disparu. Au contraire ! Et nous nous acheminons vers le concept de l’arroseur arrosé. Car ce que Sarkozy a fait au FN en 2007, Marine Le Pen compte bien le faire (au carré) à l’UMP, trop heureuse de vanter l’original valant mieux que la copie.
En d’autres termes, on pourrait dire que le siphonage des voix du FN opéré par Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 a contribué d’une certaine façon, à la stratégie de Marine Le Pen, et à rendre, à terme, la victoire du FN « structurelle ». Bravo l'artiste !


06 mars 2011

Prière De Ne Point Accorder La Moindre Importance Aux Sondages Qualifiant Marine Le Pen Pour Le Second Tour De La Présidentielle

Les sondages ? A les entendre, ils n’ont aucune valeur ! Pensez, à quatorze mois de l’échéance, comment pourrait-on leur accorder le moindre crédit ! Et puis, qu’ils ajoutent, on ne connaît même pas les candidats ! Qui de DSK ou d’Aubry ? … De Nicolas Hulot ou d’Eva Joly ? .. Et Villepin, Morin, Borloo, que feront-ils ? On n’en sait rien ! Or donc, toutes ces projections, c’est bien mignon, ça distrait les gogos, ça fait vendre du papier, couler de l’encre et tutti, mais attendez que la campagne commence, avec les concurrents véritables, et là, on verra bien qui tirera son épingle du jeu !

Autruche.jpgY’en a même qui vous diront que c’est du pipeau, ces sondages ! Une manipulation grand format de l’opinion. N’y prêtons pas la moindre attention, d’autant plus que, penchez-vous sur les élections précédentes, et vous verrez, comme ils se sont bien plantés, les sondeurs ! Souvenez-vous, Bayrou, il était où, en 2006 ! A 6, 7 ou 8% ! Et il a fini à combien ? Alors, c’est-y pas une preuve que c’est du grand n’importe quoi de sonder à quatorze mois d’une élection ? …

… Une preuve, je sais pas .. Ce que je sais c’est que Bayrou a terminé troisième, comme prévu, laissant Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en découdre, et que ce duel, les sondeurs nous l’avaient annoncé durant toute l’année 2006 ... En vérité, il y eut bien peu de retournements de tendances. En 1995. Chirac, loser, fini, est revenu du diable vauvert, formidable compétiteur, exit le favori, le Balladur. Et 2002, bien sûr .. 2002, toujours … Casse-tête pour le sondeur, le sondé répugnant (alors) à lui dire qu’il escomptait voter Le Pen .. Voilà. C'est tout. C'est peu.

Alors quoi ? .. Alors, nous avons trois noms qui se détachent : Dominique Strauss-Kahn, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. L’une est candidate (quasi) déclarée. Les deux autres, c’est pour juillet, c’est pour l’automne.
Du côté de l’UMP, on fait bloc, y’a pas de recours paraît-il, « Sarkozy est le meilleur candidat possible » … Il semble exclu (d’autant plus quand on connaît l’animal politique) qu’il « ne remette pas son titre en jeu ».
Concernant, le PS, il est exact que l’issue soit plus incertaine. Nonobstant, les sondages donnent un avantage plus que conséquent à DSK, dès lors (sans jeu de mots) il serait vraiment étonnant que :
1 – Il n’y aille pas.
2 – Que les « sympathisants de gauche » ne le désignent pas en octobre prochain. Pourquoi, en effet, prendraient-ils le risque d’envoyer à la présidentielle un socialiste qu'aurait moins de chances que lui de pouvoir l’emporter ?… 17 ans qu’ils attendent ça. 17 ans !

Nous avons donc trois noms, trois évidences qui se détachent. Et ils ont beau dire les sondages-ceci, les sondages-cela, à quatorze mois, c’est un fait. Et ça ne bougera pas. Personne ne viendra contester ce trio … A moins que François Hollande ne revienne, tel un autre corrézien, du diable vauvert .. Ce qui changerait la donne. Considérablement. Mais convenons-en, ses chances de venir troubler le jeu, sont infimes. Et comme c’est dommage .. Mais passons ..
… DSK, Sarkozy, Le Pen .. Voilà le choix, plus que probable. Avec, pour le moment, un FN a (bien) plus de 20% … Mais pas d’emballement ! Tout doux ! Allons ! à quatorze mois, ça ne veut rien dire ! … Vraiment ? .. Tiens donc ! .. Comme les temps changent, n’est-ce pas ? .. Alors que c’est une première, même sondagière, alors qu’en 2002, Le Pen père est parvenu par la voix des urnes démocratiques jusqu’au second tour d’une présidentielle, alors que, alors que .. Eh bien non ! Non, ne vous inquiétez pas, c'est juste une photo, un instant ; bref, c’est pas grave ..
… Moi je dis que c’est de l’autruche ! De la politique de l’autruche ! C’est n’avoir pas conscience d’une réalité. D’un ras-le-bol qui monte, et qui monte fort, depuis lustres .. Et c’est ce que traduisent ces enquêtes successives. C’est plus qu’une tendance.
Faut-il être aveugle et sourd pour ne pas le voir !
Cette présidentielle ne se jouera pas sur des projets, mais sur un rejet, un désaveu. Terrible.
Oui, cette fois, le FN est à prendre au sérieux, et tout de suite, pas demain ! Mais comment ?
Oui comment, alors que ni au PS, ni à l’UMP (les deux partis dominants) on ne semble décidé à répliquer, à mettre les vrais sujets sur la table : l’emploi, la santé, l’éducation, le pouvoir d’achat.
Comment, alors que l’UMP s’entête à chasser sur les terres du FN, stratégie suicidaire, et pourquoi suicidaire ? Parce qu’au bout de neuf ans d’exercice du pouvoir, ils ne sont plus crédibles sur ces terres-là ! Vous ne siphonnerez pas deux fois les voix du FN, messieurs. C’est l’inverse qui va se produire ! …
Quant au PS, où est la dynamique ? Où est l’envie ? Où est la force ? Où est le candidat, l’indiscutable ? … Caricaturé, qui plus est, ce PS par l’UMP, en parti bobo, en parti du laxisme et de la compassion, héraut de l’assistanat ... ah ! que voilà des termes qui font écho et comment ! chez les électeurs du … FN ! Même tambouille, qu’ils se disent : UMPS ! bonnet blanc, blanc bonnet … Le concept UMPS prend corps, de plus en plus ..  On a donné, on a vu, UMP (jadis RPR), PS, à l’œuvre, trente, quarante ans que ça dure, alors pourquoi pas essayer autre chose ? Pourquoi pas Le Pen ? … Vierge, pure, non corrompue ...
Ils sont prêts, je vous dis. Comme jamais. Ah, tu vas la payer cash, copieux, bonbon, ta République Irréprochable inexistante, monsieur Sarkozy ! Tes frasques bling-bling et tout le toutim !

Et alors ?

Alors on va débattre, même que c’est déjà commencé, de la laïcité, de la place de l’islam en France … C’est extraordinaire ! … Nous traversons, dixit, « la crise le plus importante depuis la Seconde guerre mondiale » (ce qui est exact) et tout ce que l’on trouve à faire c’est débattre de la place de l’islam en France !
Est-ce l’islam le responsable de la « crise » ?
Est-ce l’islam qui produit du chômage ?
Est-ce l’islam qui a creusé nos déficits publics ?
Est-ce l’islam qui a coulé la Grèce et l’Irlande ?
Est-ce l’islam qui a inventé le néolibéralisme, la mondialisation, la marchandisation à outrance, fait que ce monde ne parle plus que de « produits », d’ « objectifs à atteindre », de « résultats », reléguant le salarié à une variable d’ajustement, voire pis ?
Est-ce l’islam qui nous a promis qu’en travaillant plus on gagnerait plus ?
Quel rapport entre l’islam et la « crise » ?

Est-ce la laïcité, la réponse à la « crise » ? A nos souffrances ? Au chômage ? Au déclassement ? Au temps partiel imposé ?
Combien de temps, encore, allez-vous vous moquer de nous ?

Mais je m’emporte .. Veuillez me pardonner … Je sais, je sais très bien qu’il faut un coupable, un bouc-émissaire plutôt .. C’est ce que l’Histoire nous a appris .. C’est ce que le peuple oublie, toujours. L'Histoire … Eh bien, répétons-là .. En évitant consciencieusement d’aborder les vrais sujets, en évitant soigneusement de proposer de vraies solutions à nos problèmes, jetons-nous sur l’os qu’on (UMP/FN) nous donne à ronger, cette diversion politique, éminemment dégueulasse, incroyablement criminelle.
Et surtout, continuons à dire que les sondages, à quatorze mois de l’échéance, c’est pas sérieux. Et vous verrez .. Oui, vous verrez bien qui tirera son épingle du jeu.

26 novembre 2010

Devine Qui Va Repasser En 2012 ?

- Tu crois qu’il va repasser ?
- Qui ça ?
- Ben Sarkozy !
- Oui.
- Pourquoi ?
- Parce que.
- C’est un peu léger comme réponse.
- Certes, mais est-ce ma faute ?
- La faute à qui, alors ?
- Devine !

Dessin Du Canard Enchaîné.jpgAh c’que j’ai bien rigolé, dites ! Vous aussi, je présume.
Quand vous prîtes connaissance de ce titre pour le moins accrocheur et bombardier : « DSK écrase Sarkozy ! ».
J’aime autant vous dire que ça ne fait QUE commencer. Ah, ils vont être nombreux à l’écrabouiller dans les sondages, l’omni-honni de l’Elysée. M’est avis qu’il doit savourer sa virtuelle défaite.
Or donc, préparer sa victoire, qui elle, sera bien réelle.

Oh, croyez-le, j’en suis tout autant que vous, marri. Et cocu, par-dessus le marché.
Mais j’ai beau farfouiller, fureter, disséquer, rien, je ne vois rien, ni personne qui pourrait empêcher Nicolas Sarkozy d’être réélu en 2012.
Rien, car aucun projet digne de ce nom. Aucune alternative. La seule possible, je vais vous dire : ce serait du sang et des larmes. Celui qui osera porter ce programme, pourrait bien, oui, l’emporter en 2012. Mais cet icelui n’a pas encore montré le bout de son museau (et d’ailleurs, personne n’en veut ? Pas vrai ?).
Encore que, cela n’y suffirait peut-être pas. Faudrait-il être, de surcroît, un tribun redoutable, capable de renvoyer l’homme de l’Elysée à ses truismes, pif ! paf ! C’est que, dites, ce Sarkozy, dans le genre je-te-fais-les-questions-et-les-réponses, il se pose là.

Karachi ? Oui, c’est emmerdant, mais Chirac en a connu des plus gratinées, non ? En quarante années de vie politique ... Cela l’a-t-il empêché de mener par deux fois Le Petit au bout, comme on dit au Tarot ? Eh non ! ... Du grand art ! ... Et son successeur, quand bien même serait-il d’une autre école, celle de la télé-crotte, du show, du spectacle en veux-tu, en voilà, enfant des ricanements et de la dérision permanente, en totale adéquation avec son temps médiatique, il est pas mal, non plus.
Pas aimé ?
Certes.
Et alors ? ..
… Et alors, le problème, c’est l’électeur. Tu lui racontes une belle histoire, et zou, il plonge ! A 53,06% ou 50,05%, peu importe !
Et le seul, actuellement, sur ce marché, celui de «  Je vais te raconter une belle histoire à laquelle tu vas croire », c’est Sarkozy.
Sur ce terrain, storytellé, tous les autres ne sont que des nains.
Tu vas voir, oui, comme il va te retourner ce merdier, ah comme je la sens venir l’entourloupe ! Ça me dégueule d’avance !

Oui, mais, me rétorque-t-on, entends-tu comme, ici et , partout, ils n’en peuvent plus de ce Sarkozy !
J’entends.
Mais je ne lui fais pas confiance.
A l'électeur.
Il rouscaille, il geint et gueule, ah ça ira, ça ira, v’là même qu’il dit qu’il a honte – et comme je le comprends – mais dans dix-huit mois, il y réfléchira à deux fois. Et encore !
Quand je dis « à deux fois », c’est une de trop.

Rien ! y’a rien en face ! Pas de concurrent, pas de projet, QUE de la colère. Mais la colère, ça ne fait pas un programme. Pas plus que l’anti-sarkozysme. Je dirais même que l’anti-sarkozysme fait le lit ET la chambre de son altesse. Un peu comme le serpent qui se mord la queue. Comme une fable de Lafontaine. Dont tout le monde se fout, d’ailleurs. Oh, on la connaît la fable, mais on oublie son but. Pourquoi s’embarrasser d’une Morale, n’est-ce pas ?

Y’a pas de Morale, il n’y a plus que des produits manufacturés, du bankable à souhait.

Sarkozy n’est rien d’autre que le produit d’une défaite. Celle de la pensée. De la culture.
Qui, dans ce pays, quel citoyen, souhaite le retour de la pensée ET de la culture en prime-time ?
Personne.
Au contraire !
Nous sommes vautrés corps et âme dans un autre temps, celui où l’émotion est reine, et avec elle, la sacro-sainte victime.
Nous sommes au temps du buzz, de l’immédiateté, de la politique ruquièrisée, druckerisée, ardisonnisée, soit : galvaudée, moquée, (r)abaissée et avec, s’il vous plaît ! la participation effective des intéressés (de Copé à Le Pen en passant par Mélenchon et tous les autres ; tous adôôôôrent jouer à Guignol avec des présentateurs de la télé-promo-ricanante) ; or, qui d’autre que Nicolas Sarkozy incarne mieux ce temps-là ?
Noboby.
Ou alors, ils sont trop jeunes. Ils ne sont pas prêts. Et quand ils le seront, va savoir ! nous serons passés dans une autre dimension, plus ignoble encore.
Oui, Sarkozy est en adéquation bankable avec son époque. Avec son peuple. Une époque et un peuple tristes, sans relief, assez vulgaires en vérité, où ça ricane bêtement ; oui bêtement ! après tout, on a AUSSI les bouffons qu’on mérite, non ? YES RICANE ! En haut, comme en bas. A l’Elysée comme dans ta radio et ta télé.

Et puis, ça va pas faire plaisir, mais tant pis, autant le dire, tant c’est LE point, le crucial : le Front National a gagné. A l’usure, certes, mais il a gagné. La lepénisation des esprits, c’est pas un concept, c’est pas du Onfray, c’est une réalité. Elle est vivace. Et plus que jamais. On peut même dire qu’on en vit le sommet, encore que ! pas sûr qu’on en ait vu le pic.
Et là encore, Sarkozy, sur ce terrain, populaire, populiste et populace, est imbattable. Avec cette petite voix, ce ton innocent qu’il prend, de plus en plus, écoutez-le donc, cet agneau, comme il te la promet belle.

Oui, ça gueule, ça blogue, ça dit non, et « no pasaran », oui, sauf que, il est déjà passé, l’animal. Il a pris ses quartiers. C’est trop tard.
Oui, ça est sûr et certain qu’au regard de son impopularité, il va manger et copieux ! Yes We Can ! Ah, on va lui faire avaler son quinquennat, à celui-ci, son Fouquet’s, son yacht, ses paradis fiscaux même disparus et sa moralisation bidon du capitalisme ! Tu nous a bien bernés avec ton « travailler plus », ton mérite, tes droits ET devoirs ! Et comme nous sommes nombreux à le vouloir ; or donc, si nous sommes si nombreux, c’est entendu, il va morfler !
Eh bien non !
Car c’est oublier le corps électoral. Et ce corps-là, si vieux, si conservateur, tellement en sentiment d'insécurité, il se donnera une autre fois à ce Sarko-ci.
Ce n’est pas le nombre de gueulards et de ricaneurs qui font une élection, c’est l’électeur. Lepénisé comme un rat. Beaucoup plus que tu ne le croies.
Ce ne sont pas les commentateurs non plus, ni Karachi, ni Bettencourt, ni l’Epad, ni rien, qui viendront à bout d’un homme pareil, c’est : du sang et des larmes.
Or, aujourd’hui, personne ne porte et revendique ce projet. Et tant que ce ne sera pas le cas, alors, mon pote, tu peux gueuler, crier victoire avant l’heure, c’est amusant, ça occupe le temps, même ça fait plaisir, mais en 2012, tu verras, si d’ici là rien ne bouge, celui que tu surnommes « le nain » repassera haut la main, et, dans sa plus grand vulgarité, les doigts dans ton nez.

Or donc et nonobstant, ne me demande plus : « La faute à qui ? »

28 août 2010

Nous Ne Sommes Plus Rien [Pas Même Des Français]

Ensemble, Tout Devient Pénible.jpgSe taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets. Et le reste, tout ce qui vocifère et martèle. Laisser faire et crier, asséner formules creuses (« La France n’a pas vocation à … »). Regarder l’été nous fuir, doucement, comme dégoûté, désolé. Par des sondages, crétins et grossiers, chassé.

L’été s’en va, et comme il a raison ! De lui-même il s’expulse et nous dit : « Je suis un Rom, et vous merde pour l’éternité ! » ..
Oh, comme j’aimerais que l’hiver le plus rude, s’abatte sur cette terre de France, qu’on en bave et crève, pandémie de froid, de gel et de congères. Que feraient-ils, alors, nos ténors ? Enverraient-ils l’armée ou des escadrons entiers de BST mater les frimas ? … Hein ? … Quels seraient leurs mots, leurs slogans ? « La France n’a pas vocation à accueillir tous les hivers du monde » ?
Oui, puisque rien n’est possible, puisque tout nous indiffère, alors l’hiver, la nuit, totale et entière, et basta le pays des Lumières ! Foutez-moi tout ce merdier à la bougie ! Renvoyez-nous au moyen-âge ! Et plus vite que ça !
« La France n’a de leçons à recevoir » dis-tu ? Dans ce cas, suivant les pointillés, coupons-là, et hop ! A la baille ! Et vogue la galère, le radeau ! Tant nous ne méritons pas le mur que d’aucuns nous prédisent, mais un naufrage, immense, en noir et blanc … « Plutôt blanc » glavioteront les « de souche » qui, soyez-en certains, jusque dans la tempête et les enfers, les poumons gorgés d’eau, de sel et de déchets, ne sauraient d’avis diverger, puisqu’ils sont invariables, invariablement sots. Des fous, des gredins, voilà ce qu’ils sont ! La lie et le déshonneur ! Coulez-moi « ça » par le fond avec dans les haut-parleurs, du Zemmour et du Dantec. Et bon débarras ...

Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets, les écoutilles et les clapets. Au diable vos fadaises (« Ça suffit ! ») vos Universités d’Eté, c’est l’hiver, c’est mort et c’est tant mieux ! Laissez ! Laissez-les faire ! Puisqu’ils vous le disent et répètent, ils « ne font qu’appliquer la loi » comme d’autres, autrefois. Mais n’allez pas le leur rappeler, ils ne s’en souviennent pas, ils n’étaient pas nés, ça n’a rien à voir ! Vous perdriez votre temps. De « bien-pensants » vous seriez, fissa, relégués au statut peu enviable de « munichois ». Tu vois, c’est cuit, râpé, mais tu le savais, n’est-ce pas ? Si, tu le savais que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement. Il suffit d’une crise, et zou, on remet le couvert, l’immonde ! Sauf que, nous n’en sommes qu’à l’entrée, tu vas morfler, et copieux, quand viendra le plat de résistance ! Oui, je sais, qu’il est fort mal approprié, de par les circonstances, ce mot-là : résistance ! Morte qu’elle est, la belle ... Dépecée, et ce n’est qu’un début ! Tout, ils oseront tout ! Et jusqu’au trognon ! La peur, ça les connaît ! Pour nous la foutre, ils sont champions ! Et ça marche à tous les coups  ... Alors pourquoi s’en priver ! … Quelle misère ! … Mais quel est donc ce peuple, de quel cerveau est-il doté, en a-t-il un, lui qui se prend pour Attila ?
« Dans une France socialiste/Je mettrais ces fumiers debout/A fumer le scrutin de liste/Jusqu’au mégot de mon dégoût » [*] et le goulag, Pépé ! Le goulag ! Ça leur ferait les pieds ! Peut-être même que ça leur donnerait des idées. A la noix, à la con, mais des idées !

Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Regarder les trains, ceusses de la mort, passer, la nôtre, et l’hiver ... Regarde comme il est chouette, cet hiver ! Tu pourras bien le décréter, le couvre-feu, mon Hortefeux, il n’en aura cure ! Lui, tu ne pourras pas l’arrêter ! Pas plus l’expulser ! Il est là et pour longtemps ! Vidéosurveille-le, si ça t’amuse ! Injurie-le, traite-le de ce que tu veux d’ « Auvergnat » de « voyou » de « crapule », tu ne risques rien ! Ni condamnation, ni peine, ni amende ! Quant à le réguler, Nicolas, n’y pense même pas ! Il est sourd, plus encore que Liliane ! Envoie-z-y donc l’autre benêt, celui qui nous les brise de Nice, nous chanter son refrain : « Eté ou hiver, il faut choisir ! » .. Trop tard, malandrin ! Cet hiver ne nous quittera pas. Il est, désormais, notre drapeau national ! Notre pavillon à hisser sur le radeau que vous nous avez destiné, reste de France, pauvre de nous.
L’avait raison, Léotard - pas Philippe, François. Oui, « Ça va mal finir ». Mais comme c’est long et tuant ... Alors finissons-en, vraiment ! Laissez ! Laissez-les faire ! Taisons-nous ! Enterrons-nous ! Ne bougeons plus ! Comme hier, comme avant-hier, comme souvent ! Car, qu’avons-nous fait, hein ? Pour éviter « ça » ? Nous sommes-nous battus ? Même pas ! Regarde ! Les rues sont désertes, les grèves non-reconductibles, les pétitions atones, les protestations muettes, or, donc, nous sommes complices, nous sommes d’accord ! Complices des expulsions et des rafles ... D’accord pour les foutre dehors, eux et les suivants ...

Or, donc, complices et d’accord, nous ne sommes plus rien. Pas même des français. Surtout pas, des français ..
Et comme on ne peut être et avoir été, alors qu’advienne l’hiver.
Et nous enterre.

[*] Extraits de “Ils Ont Voté” [Léo Ferré]

08 août 2010

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté ... »

Etre Libre.jpgAlors comme ça, un sondage estival ferait comme du chambard, non mais regardez-moi ça, une (grande, immense) majorité de français approuverait les différentes « mesures de lutte contre l’insécurité » déroulées ces dernières semaines par ceusses dont « la seule ambition est d’assurer la protection des honnêtes gens » [Brice Hortefeux, Le Parisien/Aujourd’hui En France, dimanche 1er août 2010] par ceusses, itou, qui sont en charge dudit dossier, celui de « notre sécurité » depuis juin 2002, soit huit bonnes années pleines ! Diantre ! Mais est-ce véritablement une surprise ?

Oh bien sûr, on peut jaser sur la méthodologie, tout comme sur les items, plus orientés, directifs, ce serait bien difficile ! Quand tu veux les faire cracher au bassinet, m’sieur le sondeur (indépendant, cela va de soi, n’est-ce paaaas …) tu mets le paquet, mon saligaud ! … Nonobstant, qui s’est penché sur les détails du sondage en question ? M’est avis qu’ils sont peu nombreux ! Tiens donc ! Auraient-ils comme les j’tons d’y trouver une vérité qui dérange ? Quelque chose qu’il faudrait taire ? Pourtant, c’est bigrement intéressant ces « détails » …
Ah, j’en conviens, ça fait mal au cœur et au cul ! Mais c’est écrit, là, noir sur blanc, y’a pas à tortiller tellement ça jure, allez donc voir, faites l’effort ! Ces français qui sont encore plus majoritaires que les autres à approuver des deux mains, déchéance de nationalité, vidéosurveillance à tirelarigot, démantèlement de camps illégaux (quand je te disais que l’affaire était orientée, balisée) de Roms, répression au carré si ce n’est au cube et autres réjouissances d’un autre temps, ce sont des ouvriers, des artisans, des commerçants, des employés et des chefs d’entreprises (PME), bref, ce que l’on nomme les « classes moyennes » !
Et personne ne le dit ? Comment se fait-il ? …
Oh oui, là encore j’en conviens, ce n’est pas un scoop ! Ça fait belle lurette que nous le savons, même qu’on n’a pas attendu un 21 avril, ni le prochain, ah ça non ! Et Sarkozy en a bien (in)conscience [*] ! Alors vlan, il remet le couvert ! Oyez, oyez, « honnêtes gens » je vous ai compris ! Vous en aurez pour votre argent ! C’est moi, le gars de la Marine, ne vous y trompez pas ! Et Rocard a beau dire qu’il le « paiera cher » c’est même pas sûr tant ce troupeau, tu l’enfarines et copieux, avant de le tondre par le pouvoir d’achat, lui vanter les vertus du travail ! Facile ! C’est un électorat que tu trimballes à ta guise ! Suffit de sortir l’artillerie lourde, et le voilà qui exulte ! Pis : il se défoule, libération de la parole comme jamais, la honte, c’est pas ça qui l’étouffe, du moment que tu lui promets la sécurité ! Quand bien même cela ferait huit ans - je l’ai bien précisé - que tu lui chanterais le même refrain, les mêmes lois et décrets, c’est kif-kif, il en redemande ! Pourquoi s’en priverait-il, alors, ce président ? Qu’est-ce qu’il en a faire des conséquences, du bruit, des odeurs ? Rien ! Du moment que la gauche, enfin, ce qu’il en reste, est de nouveau kaput, infoutue de réagir, de contrer, gauche mollassonne, sans relief ..

Reste à savoir, jusqu’où il ira, cet homme-là ! C’est que, dis, la recette est bonne ! A merveille, elle fonctionne ! Alors pourquoi pas, demain, allez hop, quitte à ratisser dans les grandes largeurs, un référendum sur le code de la nationalité ou sur l’immigration ! N’est-ce paaaaaaas ? Pourquoi pas, non plus, en finir avec le regroupement familial ? Quant au droit du sol, ma foi, faut voir ! Le droit du sang, si ça se trouve, ça leur irait très bien, à ces « braves gens » ? Ou la peine de mort pour les pédophiles ! C’est bon ça ! Ça ramène du bétail, bon sang ! Voyez, c’est pas les propositions à venir qui manquent, y’aurait même plutôt l’embarras du choix ! Et peu nous chaut que le New York Times nous fasse la leçon ! Ces cochons d’américains ! Mais qu’ils balayent donc devant leur porte ! C’est bien ça, que j’ai cru entendre ? C’est pas que je sois pro-américain primaire, ah ça non ! Faut pas pousser, non plus ! Mais tout de même, cette phrase, celle de Thomas Jefferson, je la donnerais à réciter chaque jour à tous les citoyens de France et d’ailleurs :

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre. »

Vous m’en ferez cent lignes. A la main. Et au quotidien. Vos prières et autres foutaises, vous me les remisez au diable, en lieu et place, vous méditerez chaque soir, sur cette phrase, ce qu’elle veut dire, son sens.

Ah, mais non, vous vous trompez, ce n’est pas notre liberté que nous sacrifions qu’ils disent, les « braves gens » ! Non ! Mais la liberté de quelques Roms, de sales polygames, de délinquants « d’origine étrangère » de la pire espèce ! Des tueurs de flics, messire ! De véritables parasites prêts « à égorger nos fils et nos compagnes » ! … Ah, mais quelle misère ! ... J’ai le regret d’écrire qu’il avait raison, le Général, quelle bande de veaux ! …
Mais leur liberté, c’est aussi la tienne, sagouin ! Assassin de la République ! Si tu la sacrifies, rien, tu ne mérites rien ! Ni liberté ! Ni sécurité ! Que dalle ! Sinon des camps, de travail ! Oui ! Tu verras ! On y viendra !

Enfin quoi ! Ouvriers, artisans, commerçants, employés et (petits) chefs, qu’avez-vous dans la caboche ? Ne voyez-vous pas qu’on vous entourloupe, gruge et balade ? Relisez donc le Code Pénal, tout y est, tout est là, croyez-moi, y’a de quoi turbiner ! Pas besoin de doubler les lois, tout ça, c’est que de l’effet d’annonce(s) ! … Tu veux quoi ? … Le port d’armes ? … Vivre dans une société fermée, cadenassée, filmée ? Et vivre, tout simplement vivre, t’y as pensé ? ….
Et qu’on ne me parle pas du Front National et son « candidat anti-système » ! « Anti-système », mon cul ! Ça marche avec, et comment ! Le Front National, c’est qu’un parti de bourgeois, que de la posture, n’en a rien à faire de ta misère, de tes tracas ! Jamais ce parti-là n’a pris la défense des « classes moyennes », jamais ! Jamais à ses côtés, quand elles se font remercier, jeter, délocaliser. Pas un mot, rien ! Que des gredins ! Du balai ! Allez ouste ! …
Non, c’est la gauche, qu’il faut réinventer, c’est elle qu’il faut ressusciter, la vraie, la généreuse, même si, c’est vrai, des Jaurès, des Blum, des Mendès, y’en a plus, fini, terminé, mais qu’importe ! Faut la secouer cette mollasse de gauche, la pousser au train, c’est à nous de le faire, en vertu du fait qu’il ne faut rien attendre, il faut prendre les devants, toujours, anticiper, bref, se comporter en citoyen, actif, volontaire, pugnace, et non en troupeau de vaches à sonder. L’heure a sonné ! Celle de regagner notre honneur et notre dignité !
Ne laissons pas des camelots, carriéristes et autres bonimenteurs (pathétiques, grotesques) nous berner à seules fins électorales ! Ne laissons pas ces « gens-là » petit à petit, insidieusement, nous confisquer au nom de sécurité (mais qu’est-ce donc, hein, que la sécurité ?) ce que nous avons de plus précieux : notre liberté ! Ne les laissons pas assassiner la République !


[*] Au fait, monsieur le président, elle est où, votre « politique de civilisation » ? Celle qui devait « remettre l'homme au coeur de la société » ? Cette politique promise qui devait « réhumaniser notre société » ? Et « mettre le changement indispensable au service de l'homme » ?

Nonobstant, n'avez-vous pas déclaré, le 6 mai 2007, soir de votre élection, que vous seriez le « président de TOUS les français » ? Or, donc, celui qui les rassemble, les unit, et non, celui qui les divise.
Souvenez-vous de votre allocution télévisée du mercredi 18 février 2009 où vous nous proposiez « le seul chemin qui vaille (...) celui du refus de la facilité ». Or, encore une fois, il n'y a rien de plus facile que de dresser les gens les uns contre les autres, rien de plus facile que de les opposer, les diviser. A contrario, il est bien plus difficile, mais bien plus noble, de les rassembler. C'est même le devoir d'un Chef d'Etat ... Auriez-vous finalement décidé de changer de « chemin », opter pour celui de vos prédécesseurs (dont vous n'avez cesse de nous démontrer leurs présumées insuffisances) soit celui de la « facilité » dans le seul but de servir, non votre pays, mais vos ambitions personnelles ?

 

29 juillet 2010

Ils Disent Que « Ça Va Péter ! »

Juste un hors-d'oeuvre.jpgPartout, de plus en plus, je l’entends. Plus un jour, sans que .. Et, peut-être que, c’est vrai … Enfin, j'veux dire, qu’ils ont raison, ceusses qui le disent .. Oui, peut-être que, ça va finir par "péter". Tout exploser ... Et l’on aura plus que nos yeux pour pleurer .. Quoi ? .. Fantasme ? Est-ce tout ce que tu m’opposes, ce mot-là, ce terme passe-partout, celui de fantasme, ce qui signifie, rentre chez toi, à la niche, fais-nous y pas chier avec ton cinéma, ton film-catastrophe ! … C’est léger, mon ami .. Très léger .. Mais ouvre donc tes mirettes, ne vois-tu pas ce qui monte, ce qui se prépare, lentement, mais sûrement ? .. Ne vois-tu pas que ça tangue copieux, qu’il n’est plus très loin le séisme ? Que ça va pas être joli-joli ? .. Car tout y est. Toutes les conditions sont réunies. Y’a plus qu’à allumer cette foutue mèche, et baoum ! … Ah, je t’assure, j’en suis marri et malade, mais c’est inéluctable .. Quand ? ... Je sais pas. Bientôt ... Et non, bordel à chien, encore une fois, c’est pas du cinéma, c’est une évidence …

Je ne vais pas te sortir le pathétique couplet, “moi, homme de gauche”, ah non ! Plutôt crever ! Y’a plus d’homme de gauche, c’est fini ! L’est morte, la gauche ! Bouffée de l’intérieur ! Liquidée, la LCR ! A la place, un miséreux porte-voix ! Que veux-tu faire avec ça ? Geindre par le biais de communiqués miteux ? La belle affaire ! ... C’que t’es con, mon pauvre Olivier ! T’as tout crabouillé le machin ! Si tu savais comme je t’en veux ! La gauche, mon cul, oui ! ... Et le peuple, l’entends-tu ? C’lui qui souffre, qu’en a marre, mais à un point, qu'y’a plus de mots à coller dessus ! ... Mais c’est râpé, c’est trop tard ! ... Or, donc, oui, “ils” ont raison, “ça va péter”. On y coupera pas ! Clichy-sous-Bois, Villiers-le-Bel, Woippy, Grenoble, c’est que du hors-d’œuvre ! Ce qui se prépare est autrement plus sanglant ! Et tu sais quoi ? On l’aura bien mérité ! Tous autant qu’on est ! ... Ah, cet escogriffe de Chirac avec sa “fracture sociale” ! Il en a fait quoi ? ... Rien ! ... Politique de la ville : zéro ! Juste bon à balancer “et quand vous ajoutez à ça, le bruit et l’odeur” en fin de banquet, réunion pour avinés. Sagouin, va ! Imposteur ! Fossoyeur ! ... On ne dira jamais assez à quel point, cet homme qu’aujourd’hui d’aucuns regrettent en masse, parce qu’ils n’ont rien compris, qu’ils sont à côté de la plaque, a laminé ce pays ! L’a rendu glauque ! ... Qu’a-t-il fait, Chirac en douze ans, hein ? Balle-peau ! Nib’ ! Que dalle ! ... L’a raison le Sarkozy, ce mec-là, c’était un roi fainéant ! ... Quoi, l’Irak ? ... Mais dans le cul, la balayette ! On va pas lui en faire des courbettes, au corrézien, parce que, une fois, dans sa vie, il aura osé dire non ! Faut quand même pas pousser ! ... Rien, je te dis, il n’a rien fait ! La fracture sociale, il l’a laissée pourrir ! Alors qu’il avait toutes les cartes en main ! Il pouvait, cet homme-là, être celui qu’aurait fait en sorte qu’il y ait plus de justice sociale, de justice tout court. Il aurait pu, oui, être l’homme qu’aurait pu réconcilier les citoyens entre eux. Qu’ils puissent mieux se comprendre. S’accepter. S’entendre. Mais non ! Rien, il n’a rien fait ! Impardonnable ! Pour moi, cet homme, Chirac, est impardonnable ! ... Fallait-il être niais ou inconscient pour ne rien faire de beau, de grand, de juste ! En douze années ! ... Moi qui fais partie de cette génération qui vota pour la première fois en 1981 (et sûrement pas Mitterrand, ah ça non !) donc de cette génération qui vit surgir le Front National, le vit s’ancrer, s’enraciner ... Putain ! Ça fait vingt et six années que je cohabite avec ce virus, et rien ! Ils n’ont rien fait ! Ni les uns, ni les autres ! Ou des trucs à la con, comme prétendre, les salopards, que ceusses qui votaient Front ne savaient pas ce qu’ils faisaient, que c’était leur souffrance qui s’exprimait, qu’ils en reviendraient ! ... Foutaises ! ... Mais bien sûr que non, bande de nigauds, qu’ils ne reviendront pas ! Allez vous faire voir avec votre prétendu vote de protestation ! C’en est pas un ! C’est un mariage, t’entends ? Pis : c’est une revendication ! Un désir ! Un désir d’ordre ! C’est à ça qu’il fallait répondre ! Mais avec d’autres arguments, une autre politique ! Pas tirer sur les chômeurs, les inactifs, les immigrés ! Eh non, balourd ! Mais pour ça, fallait en avoir, des roubignolles, et des énormes ! ... En lieu et place, vas-y que je te refile la patate chaude ! ... “Vous faites le jeu du Front National” ! ... “Voter FN, c’est voter PS” ! ... Voilà tout c’qu’ils ont trouvé, les malfrins ! Des assassins, voilà ce qu’ils sont ! Assassins de la République ! ... Et ce sont les mêmes, peuchère, qui oseraient nous prier de “vivre ensemble” ? Mais vivre ensemble avec qui ? Avec quoi ? ... Non mais, t’as vu où nous sommes rendus ? ... Même un 21 avril 2002, ne leur a pas secoué les puces, c’est dire ! Sans doute pensent-ils, encore, que c’est un détail de notre histoire ! ... Eh bien non ! C’est une blessure ! Et elle saigne encore ! ... Tout comme les émeutes de novembre 2005 ne sont pas, non plus, un détail, de cette même histoire ! C’est un avertissement ! Un trailer ! La bande-annonce de c'qui nous pend au nez ! ... Car, oui, j’ose le dire, ça va finir par "péter" tant ça déborde ! ... Et les fautifs, on les connaît ! Ah, ça oui, on les a bien identifiés ! Mais va savoir ! Ils pensent peut-être se refaire la cerise sur le carnage qui se prépare, tellement ils ne doutent de rien ! ..

J’écrivais, un autre jour, que j’avais envie de vomir. Aujourd’hui, c’est pire encore. Envie de partir. Un jour, peut-être - c’est même pas sûr - revenir, une fois que tout ce merdier aura trouvé sa fin, dégueulasse ... Tu crois que je débloque, sans doute ? ... Eh bien, crois-le ! ... Reste dans ta bulle, Pépin ! Ferme bien tes yeux ! Vis comme si de rien n’était ! Moi, je te dis qu’ils n’attendent que ça. Des deux côtés. En découdre ... Il suffira de rien. Vraiment. Comme dans toute guerre. C’est toujours un incident de merde, dérisoire même, qui le met, le feu aux poudres .. T’avais qu’à pas la bousiller, la police de proximité, crétin ! Fanfaron, va ! ... Mais voilà, ce que c’est, que de porter au pouvoir un type dont le seul but était de prendre sa revanche. Sur sa famille politique. De "tous les niquer !" ... Un camelot, qui fait rien qu’à gesticuler. Qu’appuie là où ça fait mal, bien dans le sens du mauvais poil ! ... Et quand j’pense que certains lui donneraient du pompier ! ... Pompier, mon cul ! ... Dès qu’il peut, il en remet une couche ! Même si, allons, soyons juste, il était déjà trop tard, quand le peuple, beau leurré, l’a porté au pouvoir ! Elle était déjà pliée, l’affaire. Le dernier train de la chance, c’était 2002, justement ! Après Le Pen au second tour, fallait réagir, c’était encore possible, avec un gouvernement ouvert du PC à l’UMP, et non pas, pauvre ami, un gouvernement de droite pure ! 82% des voix, c’était pourtant clair, non ? Ah, le saligaud ! ...

... Eh ben tant pis ! C’est votre médiocrité qui va nous conduire à l’impensable ! Votre manque de courage ET de générosité ! Vous allez l’avoir, votre guerre ! Et comme de bien entendu, vous n’aurez aucun scrupule à nous désigner les coupables ; peu importe le terme que vous leur donnerez : "racailles", "voyous", "sauvageons", on s’en fout ! Puisque nous savons que les vrais coupables, c’est vous ! ...
... C’qui ne veut pas dire que je les excuse ! J’suis pas dupe ! Mais quand on a humilié pendant des années et des années, ou laissé humilier, faut pas s’étonner qu’un jour, ça vous retombe sur la gueule ! ... France, terre d’accueil ? ... Parlons-en ! ... Non mais t’as vu, entendu, comment on les a accueillis ? De quels noms d’oiseaux on les a affublés ? Dans quelle merde on les a parqués ? Et tu voudrais, en plus, que leurs petits-fils te remercient ? Qu’ils te lèchent les pompes ? Et t’honorent, de surcroît ? ... Non mais, tu divagues ! ... Et si tu me dis que je fais dans le judéo-christianisme, eh bien, à ta guise ! Oui, au fond, tout finit pas se payer un jour ! ... Ce n’est pas parce qu’on accueille autrui que l’on est généreux ! C’est la façon de les accueillir ! ... La France généreuse, j’t’en foutrais, tiens ! Dupont-Lajoie, ah ça oui, et pas qu’un peu ! ... Vas donc faire un tour, et un sévère, comme moi, dans le Sud - de l’Ouest comme de l’Est, c’est pareil ! - tu comprendras ce que j'veux dire ! Là, on s’embarrasse pas quand il s’agit de traiter celui qu’est pas de chez toi en des termes particulièrement salés. Et ça fait des décennies, que ça dure ! Ah, ça date pas d’hier ! J’peux en causer ! J’y ai posé mes valises, j’y ai résidé, j’en ai entendu des baveries ! Et ça moufte pas ! A croire que c’est dans le sang. Comme naturel ... Alors après, quand j’entends le député seriner que “moi, dans ma circonscription, je le vois bien, que les français sont généreux” j’ai comme envie de rendre. Et pas qu’un peu ! ... Et qu’on me parle pas de racisme ! C’est pire que ça ! C’est de la bêtise, voilà ce que c’est ! ... Depuis trente ans, en France, on encourage la bêtise ! On la flatte ! C’est que, dis, la bêtise, ça en ramène, des voix ! ... Oh, bien sûr, il serait plus républicain, généreux, courageux, de la combattre, d’expliquer que, non, ce n’est pas par là qu’il faut aller, mais non ! ... Non, on préfère hurler avec elle, et hop, on sécurise, on vidéoprotectionnise, on stigmatise (si ce mot a encore un sens) ! ... Vous éprouvez un sentiment d’insécurité ? Mais comme on vous comprend ! ... Un sentiment d’insécurité, mais où vont-ils chercher ces expressions de salopards ? Ces attrape-couillons ! ... En même temps, comme ça marche, que le mouton bêle encore et toujours, comprenez qu’ils auraient tort de s’en priver ? ... Sans oublier la carotte, la belle entourloupe : le travail et sa prétendue revalorisation ! ... Travaille, et tu seras récompensé ! Travaille, et j’assure ta sécurité ! ... Non mais, t’as vu la gueule du travail, monsieur ? C’est plus de l’ordre du chagrin qu’autre chose, messire ! Du bétail, voilà ce que nous sommes ! Voilà comment on nous emploie : comme du bétail ! Revalorisation : zéro ! Considération : zéro ! Gratification : zéro ! ...
... Alors oui, "ils" ont raison, "ça va péter". C’est inévitable ... Droit dans le mur, voilà où nous allons ! ... Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est des histoires ! Un fantasme ! ... Faut-il être aveugle et sourd pour ne pas percevoir ce qui se prépare : une guerre ! Une merde de saloperie. Avec des coupables déjà désignés ... Les Dupont-Lajoie vont adorer ça !
Quant à savoir quand, je m’en fous ! Que ce soye avant ou après Marine Le Pen, quelle importance !
Ça va péter, et l’on aura rien fait.
Ni moi, ni vous, ni personne.



En attendant, rêvons encore un peu avec ceci :

podcast

[Troublemakers - "Get Misunderstood"]

21 juillet 2010

Rentrez Chez Vous …

The Chase.jpgOh, j’ai fait un drôle de rêve cette nuit … Un homme est descendu du ciel et c’était pas le Père Noël. En même temps, c’est pas vraiment la saison … Non, le gars, il avait des bras immenses, une tête de chou, des pieds nickelés, bref, pour résumer l’affaire, il ressemblait à pas grand chose … Certains, des crétins, des fous ou des gredins, l’appelaient Dieu. Alors, nous nous sommes moqués d’eux, on leur a jeté des tas de pierres. Si on avait pu, ciboire, nous les aurions donnés à bouffer aux lions de Pennsylvanie … Tu sais-tu que la Pennsylvanie est infestée de lions, coco ? C’est dû au réchauffement climatique, qu’ils disent. Et faut voir ça, comme ils sont féroces, ces félins-là. Jamais rassasiées. Toujours en becquetance. Ah, ça fait plaisir à voir ! Ça leur donne un poil du tonnerre, soyeux, or, ravigotant. Braves bestioles, va ! ... Mon pauvre Claude, ma petite Allègre, t’es marron, ma caille ! Tu t’es planté dans toute ta largeur ! Mais c’est bien fait pour ta gueule ! C’est ton orgueil qui t’a perdu ! Retourne-z-y donc dégraisser le mammouth, chéri, avec ce qui nous pend au nez, tu vas les voir rappliquer et fissa ! Mais j’aime autant te prévenir, ils sont du genre hostile ces lascars. Ils s’en foutent comme de l’an 68 que tu soyes notable ou friqué, pauvre ou malfaisant. Font pas la différence, ils crognent et puis c’est tout ... Et c’est pas la peine de gémir, on l’a bien mérité, ah ça oui, et d’ailleurs, c’est ce qu’il a dit, le chum, celui qui ressemble à rien. Qu’est pas plus un Dieu que toi ou moi. Dieu n’existe pas, balourd ! Non mais, regarde-toi ! Ça y crève les yeux et le reste que t’es seul, qu’y a personne, que nous sommes des trous de cul, sans Jésus, ni Judas ... Infoutus de faire la révolution, incapables de dire non, handicapés du cassis, serviles, lâches, égoïstes ; des teignes, voilà ce qu’on est. Toujours à lorgner sur l’auge du voisin. Quand c’est pas pour lui chouraver ses acquis sociaux ... Putain d’humanité de merde ! ... Il disait quoi, l’autre, déjà ? … La lucidité se tient dans mon froc ? ... C’est-y ça ? ... Non mais Ferré, tu débloques ou quoi ? Tu naufrages ! T’es out, pépé ! La lucidité, le froc, c’est terminé, y’a plus ! Que les ténèbres et du savon à barbe ! ... Qui donc inventera le désespoir ? .. Mais même ça, le désespoir, ça nous fait pas calter ! On s’en arrange ! On le bichonnerait presque, le désespoir ! Pis, on l’expose, on le publie, on le chante ! ... Tu sais quoi, Léo ? On en est au point, rendu, où on vendrait nos propres mères, rien que pour vivre encore un peu ! ... Ouais ! ... Tellement on la courbe l’échine ! Dès le premier Poutine ! Quand c’est pas un Berlusconi, un Sarkozy, tous ces camelots de pacotille  ! Mais devant lesquels, on se prosterne, baderne ! On suffrage universel ! ... Et crois-tu qu’après ça, on irait se le torcher, le cul ? Même pas ! On baffre ! ... Et l’espèce de machin qu’est descendu du ciel, qu'a pas une tronche de Père Noël, sais-tu c’qu’il a dit ? - Tiens-toi bien et juste ! - Il a dit :

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17 juin 2010

Crache Ta Rigueur !

Ils sont formidables, non ? Les gens du gouvernement de la France ! Oh si ! Je dirais même que je les trouve épatants ! Non mais, vous vous rendez compte ! Alors que nos “voisins” allemands et anglo-saxons (qui ne sont pas les derniers au classement ATP du PIB, loin s’en faut) viennent d’annoncer des plans d’austérité que, comme le camarade journaliste incroyablement inventif, je qualifierais de “sans précédent”, nous, en France, ben non. Tout va bien !
Mais comment se fait-il ?

La France d'Après.jpgOr, donc, le 7 juin dernier, Angela Merkel, mine contrite, annonçait à ses joyeux compatriotes que, vu le déficit de l’Allemagne, et vu surtout la dette qui ne cesse de se creuser, bref, que tout bien pesé, il allait falloir faire de lourds "sacrifices". Et hop, un plan d’économies de 80 milliards d’euros d’ici à 2013.
Le lendemain, le tout frais mais déjà pas très pimpant, Premier ministre britannique, le sieur Cameron, mine toute aussi défaite, n’y allait pas avec le dos de la cuillère à thé, en dévoilant, pour les mêmes raisons (déficit, dette) itou un plan d’économies assez gigantesque, promettant au passage, à ses ouailles, des “années de souffrance”.
Autant dire que ça rigole pas chez nos “voisins”

Pas besoin de sortir de la cuisse d’un prix Nobel d’économie pour deviner que lesdites “souffrances” et autres “sacrifices” se traduiront par une hausse des impôts.

Et nous ?
Non.

Il faut dire que - mais qui l’a oublié ? - dans cette crise “nous nous en sortons mieux que nos voisins” [il est permis, oui, de rire …]

En même temps, il n’a cessé, n’est-ce pas, de nous le rabâcher, ce fieffé Sarkozy, il “n’a pas été élu pour augmenter les impôts”. Et comme il a promis de faire ce qu’il a dit, il est - n’ayons pas peur des mots - considérablement embêté, ce garçon. Tant l’équation devient foutrement compliquée (rappelons, que d’après Fillon, nous sommes en faillite depuis trois ans déjà, soit bien avant que la crise ne survienne, celle qui augmente le déficit et creuse la dette).
Certes, pour qui veut bien s'en rappeler, “Ensemble, Tout Est Possible” [rires, là itou, vivement permis]. Sauf que, y’a des limites. Un peu.

En fait, la question est simple :
Comment se fait-il que des pays économiquement forts (sur le papier) s’engagent devant leurs concitoyens dans une politique de rigueur conjuguant réduction des déficits publics et hausse des recettes, donc des impôts, et pas nous ?
Serait-ce la marque du génie français ?
Serions-nous gouvernés, administrés, gérés par des super héros ?
Pardonnez-moi, mais ça se saurait ..

Ceci dit, notre sarthois-en-chef a quelque peu annoncé la couleur de la rigueur-qui-ne-veut-pas-dire-son-nom, le samedi 12 juin, depuis la Salle Gaveau. Mais - et comme c’est bien étonnant - aucun journaliste (ou si peu) n’a décortiqué le petit plan-plan du Premier Ministre. Un plan-plan à la noix qui sent pas bon du tout, autant vous le dire tout de suite.

Mais entrons dans le vif.

Entouré de champions du monde du “parler vrai”, soit de Nadine Morano et de Xavier Bertrand, M. Fillon nous dévoila un plan de bataille visant (comme ses amis Cameron et Merkel) à réduire le déficit et cette fichue-dette-qui-ne-cesse-de-croître. Un plan d’économies sur 3 ans de 100 milliards d’euros.
Comme disait ce bon Michel Chevalet : “Comment ça maaaaarche, ton plan, François ?
T’inquiètes Michel, François l’explique très simplement, pour ne pas dire benoîtement de la façon suivante :

100 milliards que nous allons trouver pour la moitié dans les réductions de dépenses et pour moitié dans des augmentations de recettes !

STOooooOOP !

Vous notez au feutre rouge (mais nous y  reviendrons, plus tard) : “et pour moitié dans des augmentations de recettes” (prenez cette phrase en photo, et laissez sécher).

Puis, emporté par son élan et son Mouvement Populaire, François nous explique qu’il va trouver – puisque c’est le verbe du premier groupe qu’il emploie - “45 milliards en réduisant la dépense publique, 5 milliards sur la réduction des niches fiscales” ..
… Et nous voilà tout ébaubis !
Ah ben, c’est ambitieux, tout de même !
Mais bon, c’est bien.
Je veux dire : d’avoir de l’ambition.

Mais quid de l’autre moitié (soit 50 milliards) ?

Ah ben, c’est tout ce qu’il y a de plus simple. François Fillon mise (ah, c'est un jeu ?) sur “35 milliards de rattrapage” (???) “après la crise” (C’est quand ça, "après la crise", M. Fillon ?) “des pertes de recette conjoncturelle” (ah, c’est conjoncturelle, donc .. Mais la faillite de la France en 2007, c’était quoi, alors, M. Fillon ?)

Et là, vous me dites : ne manquerait-il pas 15 petits milliards d’augmentation de recettes ?

… Patience, ça arrive …

Ces 15 milliards proviendront de la croissance, nous dit gentiment M. Fillon.
Ce qui oralement se traduit de cette façon :
Au fur et a mesure que la croissance revient, les recettes recommencent à croître.”.
Ce qui n’est pas faux (mais un peu léger, tout de même).
Encore faut-il que la croissance “revienne”, voyez-vous.

Ce qui est formidable, ce que dans la presse (mais la presse est formidable, c’est bien connu) de ce plan-plan, elle n’a retenu que les “45 milliards de réduction de la dépense public”. Et le reste, non, ça l’intéresse pas.
Etonnant, non ?
Pourtant, c’est certainement la partie la plus intrigante du joli plan-plan de M. Fillon. Car ces augmentations de recettes sont subordonnées à la croissance.

Et c’est là que nous revenons à nos poids-lourds allemands et anglo-saxons : comment se fait-ils que ces deux champions économiques ne "misent" pas, eux, sur la croissance pour espérer augmenter leurs recettes ?
Peut-être - j’dis ça, j’dis rien - parce qu’ils ont consulté les avis de quelques éminents économistes (et c’est pas c'qui manque) et ont pu constater que la croissance sera molle, très molle dans les 3 années qui viennent. Et que donc, il ne faut pas trop compter sur elle pour augmenter les recettes. Mieux vaut augmenter les impôts, bref ne pas attendre, sinon, c’est creuser d’autant plus la dette déjà fort abyssale de leurs pays respectifs.

Or, donc, que va-t-il se passer ?

Eh bien, il est fort probable, que ce gouvernement, effectivement, ne va pas augmenter les impôts.
Il va donc, l’inconséquent, laisser filer la dette.
Pour deux raisons :

- La première étant la réforme des retraites. Qui n’est déjà pas une bonne nouvelle pour nous autres. Or, un gouvernement ne va pas s’amuser à nous annoncer deux mauvaises nouvelles en même temps. Ça s'fait pas.
Surtout à deux ans d’une échéance présidentielle.
Ah bien sûr, si cette réforme des retraites, il l’avait faite passer dès le début quinquennat, c’eut été différent. Les anglais et les allemands, eux, n’ont pas ce problème de retraites. L’ont réglé bien avant. C’est pourquoi, ils peuvent, aujourd’hui, en bons libéraux qu’ils sont, passer à l’étape suivante.
- La seconde étant que Nicolas Sarkozy, fanfaron comme jamais, n’a pas cessé de le crier sur les toits (tous en chœur et plus fort que 1000 vuvuzelas) : “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts" !”. Et comme il prépare sa réélection, il tiendra cette ligne.

Ce qui veut dire ?

Ce qui veut dire qu’en cas de réélection de Nicolas Sarkozy (qui constituera son dernier mandat à l’Elysée, ce qui peut se traduire par : “Après moi, le déluge, et surtout pas Copé”) c’est inévitable, nous aurons droit à une hausse des impôts (à moins qu’il nous fasse l’acte II : “Je n’ai pas été réélu pour augmenter les impôts” - mais je vous le dis : n’y comptez pas trop).
Et nous aurons également droit au couplet larmoyant (et tellement patriotique, n'est-ce paaaaas ...) des “souffrances” et des “sacrifices”.

Mais cela signifie itou, que même en cas de victoire des socialistes, nous n’y couperons pas, à cette augmentation des recettes (oui, ça fait moins mal, dit comme ça).
Tout simplement parce que la dette sera telle, ajoutée à Bruxelles qui se sera fâché tout rouge vif, que, comme nos voisins, mais avec bien du retard, et quelque soit la couleur du gouvernement, nous passerons à la casserole fiscale.

Voilà pourquoi, il serait bien plus raisonnable, monsieur le gouvernement, que tu la craches, sur le champ, ta rigueur.

Oh bien sûr, j’ironise. Il y a d’autres solutions. Equitables. Des solutions où TOUT LE MONDE participerait à l’effort (y compris les responsables, ceusses qui nous ont mis dans cette panade). A la juste hauteur de ses moyens.
Mais je te sais libéral, viscéralement attaché aux valeurs du capitalisme galopant et celui des marchés financiers, toi, du Mouvement Populaire (tout comme toi, du Parti Socialiste). Je te sais peu enclin à la justice sociale.
C’est pourquoi, je le redis :
Crache-là, de suite, ta rigueur !



Bonus : Une p'tite chanson pour se détendre [référence au titre de l'article]

podcast

13 février 2010

Et Si C’Etait La Guerre Qui Nous Pendait Au Nez …

Demain.jpgOr donc la Grèce. Faillite. Panique ! Après l’Islande, ô Reykjavik que tout le monde a déjà oublié ! Et demain, qui d’autres ? L’Espagne ? Le Portugal ? Le Luxembourg ? Non, j’déconne, pas le Luxembourg, c’est là qu’elles sont, les thunes.
Ohé du bateau, où qu’elle est l’Europe, la politique, et le monde, FMI et tutti quanti ! Pourquoi diantre, je songe ainsi à Attali ? Le Jacques-qu’a-dit :
C’est soit l’inflation, soit la guerre !”.
Pourquoi, aujourd’hui, triste, désolé, citoyen perdu, dépassé, je ne vois comme avenir, que la guerre ?

Or donc, ils défilèrent, les fonctionnaires grecs. En nombre et en colère. Quoi ? Alors comme ça, c’est eux, n’est-ce pas, qu’allaient devoir faire des sacrifices ? Eux qu’allaient devoir se serrer la ceinture ? Mais pourquoi nous, demandaient-ils ? Sommes-nous les responsables de cette bérézina, de cette déroute ? Mais bon sang, ce n’est pas à nous de payer ! Vous entendez ? Pas à nous !
Oui, je sais, on le connaît ce refrain. On les a vus, ces mêmes cortèges, ici, en France, et ailleurs. Et toujours la même question :
Pourquoi nous ? Hein ? Pourquoi ce serait à nous de payer ?”.
L’âge de la retraite, à reculer. Le dimanche, sacrifié. Travailler, travailler .. Eponger, oui ! Ecoper, souquer, marner, turbiner encore, et toujours, et pour quoi ? Pour qui ? Qui osera leur dire que leurs interrogations ne sont pas légitimes ? Qui osera leur dire qu’ils n’ont pas raison ? Jusqu’où ira le cynisme ? Combien de temps encore, eux, nous, et tous les autres, supporteront de payer, de leur sueur, de leur temps, de leur vie, pour les erreurs, les errements, les dérives, dont ils ne sont en rien, ou si peu, responsables ? Il est où, il est quand, le point de rupture ? Celui de non-retour ? Combien de licenciements, de mises au banc de la société, de vies brisées, faudra-t-il encore souffrir au nom du “vivre ensemble”, de la solidarité (nationale), au nom d’un système qui nous broie, nous enchaîne, jamais ne nous considère, jamais ne nous élève ? Est-ce du populisme, ou que sais-je encore, que de l’écrire ? Est-ce simpliste, démagogique, boboïsant ? Ou vulgaire ?
Ce le serait, si je désignais, comme ça, en pâture, quelques traders. Non ?

L’affaire est bien plus complexe, bulles récurrentes, éclatantes, bombes économiques qui balaient, soufflent, quantité de salariés, lentement, infernal jeu de dominos, comme un virus qui se répand, patiemment, et détruit, détruit, détruit .. Quant à ceux qui restent ? … Ah, eh bien ceux-là, on leur demande d’être raisonnables, compréhensifs, d’en mettre un coup, allez quoi, les coudes il faut se serrer, ensemble, et de la crise, plus forts, nous sortirons ! Vous verrez ! Vous en serez “récompensés” ! … Comment … ? … Qu’est-ce que tu dis … ? Tu as parlé de : récompense ?
Suis-je donc un chien ? … C’est ça ? … Ou un enfant, attardé, pour que tu t’adresses à moi en ces termes ?
Je ne travaille pas pour être récompensé, Monsieur, je travaille pour vivre, je fais de mon mieux, je voudrais être heureux, je suis prêt à bien des sacrifices pour cela, ah oui, mais, et quand bien même cela pourrait-il te paraître désuet, ou comme un concept dépassé, je tiens plus que tout à ma dignité !
Travailler ne me fait pas peur, je ne veux pas, simplement, travailler la tête baissée. Je ne veux pas payer des pots que je n’ai jamais cassés ! Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait ? Ou pas fait ? Avons-nous compté nos heures, y compris les supplémentaires ? Ne nous sommes-nous pas levés, chaque matin, courant à droite, à gauche, ici, ou là, écoles, crèches, et vite un train, un bus, une auto, les bouchons, que de bouchons, pour honorer notre contrat ? Que fallait-il faire de plus ? Bosser les jours fériés ? Etre plus variable d’ajustement que nous le sommes devenus ? Accepter une baisse de salaire ? Mais va donc te faire voir chez les Grecs, Monsieur, et là, oui, pour le coup, je donne dans la vulgarité !

Il est un fait, c’est pas moi qui l’invente, crise ou pas crise, c’est toujours à nous qu’on demande des efforts, du temps, des sacrifices. Mais, cette fois, ô nouveauté, l’on nous assure que ça ne nous coûtera pas un centime ! Promis ! Juré ! … Ah oui ? … Serais-tu donc magicien, Monsieur ? Ou thaumaturge ? Ou juste, un fieffé menteur ? 
L’argent, il circule, on le sait, mais il prend le périphérique. Nous, on en voit pas la couleur. Nous, on nous y fait miroiter de l’Euromillion. De la loterie. Attrape-gogos, impôts déguisés, pièges à pauvres de nous. Et rien d’autres.
La vérité, c’est qu’elle ne cesse de s’abattre, petit à petit, sur les petits, la crise. Elle creuse, toujours, et encore, les inégalités. Elle (nous) divise. Tant elle fait peur. Tant on veut pas la choper ! Préserver ce qu’il nous reste. Un travail, une famille, des amis. Recroquevillés, que nous sommes, honteux, affreusement égoïstes. Désolés de l’être.
La crise appauvrit, précarise comme on dit, et c’est là, le danger. Les délaissés, les oubliés, les abandonnés, de plus en plus nombreux, bientôt (déjà ?) majoritaires, on le sait bien (et je ne parle même pas des émeutiers de la faim, des futurs réfugiés climatiques, etc.) perdu pour perdu, finissent un jour, c’est certain, par se tourner vers qui leur promet une revanche, et peu leur importent alors sa couleur, brune, rouge, orange ou religieuse. Le malheur est fédérateur, aveugle et sourd. Mais à qui la faute ? Hein ? Qui en portera la responsabilité ?

Oui, ça pue la guerre. Civile, sociale, mondiale. Elle est de plus en plus inévitable. Cette façon, nauséabonde, de désigner des boucs-émissaires, et non les coupables de notre malheur, est un signe avant-coureur.
Cette impuissance européenne. Cette inquiétude américaine. Cette paranoïa mondiale. Ce tout-sécuritaire. Tout est là. Tout est réuni. Tout est prêt. Et la Chine triomphante. En surface.
Le monde s’écroule, je veux dire : le capitaliste sauvage, le libéral effréné, l’immoralisable, car il est bien tard, trop tard, de vouloir, ou de faire mine de vouloir, le moraliser. Les dégâts sont innombrables. Pas réparables. Pourtant, c’est vers nous qu’on se tourne, une fois de plus, et allez ! Courage ! Mettez-y un coup ! Un coup de plus ! Récompense ! Récompense ! Nib, oui ! C’est foutu ! La maison brûle ! Islande, Grèce, Espagne, Portugal. Et l’Afrique ! Et tant d’autres ! Haïti ! Ils sont trop nombreux ! Trop ! Ça déborde. La misère. Le fossé. C’est pas à nous de payer. Non ! Vous vous trompez ! Une fois encore. Une fois de trop. Ça me fait mal, de l’écrire, de le dire. J’en ai froid dans le dos. Mais je ne vois pas d’autre issue que celle-ci, non, je ne vois pas comment elle pourrait être évitée, et qui voudrait ou pourrait l’éviter.
Non, je ne vois rien d’autre que la guerre. Oui, elle nous pend au nez. Comme jamais.

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