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08 mai 2012

Hollande, Le Président Le Moins Bien Elu Après Pompidou

Je pourrais me la péter. Grave. Ne serait-ce que pour avoir commis ce billet, en date du 29 septembre 2010… Ah, on n’était pas bezef, à l’époque, à croire en ce Hollande ! Ils étaient tous, les fous, derrière Dominique Strauss-Kahn. Et, comme de bien sûr, quand il tomba, ils se rangèrent, comme des moutons qu’ils sont, derrière le nouveau favori des sondages : François Hollande.
C’est à ce moment précis, que je le quittai. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne le reconnaissais plus. Mais je crois aussi, et très sincèrement, que la chute de DSK, a bouleversé ses plans. Sa stratégie. Ce n’était plus le même match. Et donc, peut-être, quelques temps, ce n’était plus le même homme.

François Hollande, PrésidentJe ne regrette pas d’avoir été dur, voire outrancier. Quelqu’un a cru bon, hier, me rappeler que j’avais prétendu que François Hollande ne serait pas « le prochain ». C’est vrai... Mais c’est oublier le contexte, les circonstances. Et la colère... Ecrire qu’il ne sera pas « le prochain » signifiait, en creux, qu’il serait juste « le suivant ». Ni plus, ni moins.

Il y eut, tout de même, reconnaissons-le, un moment, désagréable, où le PS, et – plus étonnant pour moi – François Hollande, firent preuve d’arrogance. Il était urgent, à un petit niveau, le mien, de l’écrire, même avec hargne. 

Nonobstant, il est compliqué sur Internet de faire comprendre, aux uns, aux autres, cette chose simple : on a le droit, et même le devoir, de rectifier un candidat, quand bien même se rapprocherait-il de vos convictions, quand il déconne, quand il est de mauvaise foi, quand il ment. Ce n’est pas pour autant qu’on vire sarkozyste (ou pire). Au contraire ! C'est se rendre utile. Me semble-t-il...

C’est, à ce propos, un peu désespérant. On aurait pu espérer qu’Internet offrît une autre perspective, que ce fût le lieu pour échanger des idées, débattre, progresser. Or, il n’en est rien. C’est encore une affaire de supporteurs, d’empoignades, un camp contre un autre, et peu importe alors la vérité, les enjeux... Internet est aussi aveugle que le monde dit réel. Aussi épuisant. Je dirais même – et c’est un comble – qu’il est déconnecté de la réalité, celle des gens, de tous les jours.

Nous, internautes, bouffeurs de politique, nous ne sommes rien d’autre que des bourgeois, des privilégiés. D’une certaine façon. Des épargnés. Pas sûr que nous en fassions quelque chose de bien constructif. Rien ne l’est quand on vit avec des œillères. Accrochés, quoi qu’il se dise, quoi qu’il arrive, qui à son rocher de droite, qui à son rocher de gauche. Et j’en passe !

Bref, je n’ai aucun problème, et n’en aurai jamais aucun, à souligner positivement telle proposition, qu’elle vienne d’un camp ou d’un autre. Peu me chaut qu’on me traitât, en retour, de ceci, de cela. La belle affaire ! Je ne suis pas un partisan, et ne le serai jamais.

Quant à la gauche, celle que j’aime, elle n’est pas prête de resurgir. D’avoir pignon sur rue. Si tant est qu’un jour, un seul, elle l’ait eu. La gauche, ce n’est même pas Mélenchon. La gauche, dans ce pays, elle n’existe plus. Depuis longtemps. Celui qui ne sait pas cela n’a, alors, rien compris au monde qui l’entoure, et à celui qui se radine.

Quoi qu’il en soit, depuis dimanche, nous avons un nouveau président.
Je crois connaître, un peu, l’homme. Je le sais honnête. Mais ça ne suffira pas. Il faudra bien du talent, et bien du courage, pour panser ce pays.
Déjà.

Ensuite de quoi, le plus dur commencera.
Le plus dur, vu le contexte ; vu, aussi, le faible score réalisé. Car en tenant compte des blancs, des nuls et de l’abstention, François Hollande ne réunit que 39,084% des inscrits. Seul, Georges Pompidou, en 1969, aura fait moins bien (37,51%). Voilà qui devrait, normalement, inciter les uns, les autres, à la plus grande des modesties. Itou, à la prudence.

Quant au reste, il est : ICI

06 mai 2012

Enfin !

6 mai 2012,sarkozy c'est fini,présidentielle 2012

20:00 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 6 mai 2012, sarkozy c'est fini, présidentielle 2012 | | |

02 mai 2012

Amusons-Nous Avec Les Courbes Sondagières Du Président-Candidat

Nul n’est censé ignorer l’adage, la récurrente rouspétance, ce refrain éculé de présumées vierges effarouchées : « Les sondages se trompent (toujours) ! »
Mais chacun aura noté que cette accusation provient, invariablement, du camp des vaincus, de ceusses qui l’ont dans le baba. Jamais vous n’entendrez celui des vainqueurs, d’un soir, vilipender les coquins de l’IFOP ou de l’IPSOS.

Nonobstant, il est assez croustillant, pour le moins, de constater que c’est celui qui n’aura eu cesse, durant une partie de son mandat, d’avoir recours à ces instituts pour, dit-on, prendre le pouls du peuple, qui se trouve être le premier à venir, séance tenante, les décrier et les dénigrer.
Soit cet homme est inconséquent, incompétent et incohérent, ne serait-ce qu'en juger par le volume des sommes dépensées ! (En effet, n’est-ce pas, là, de l’argent public foutu en l’air, carrément dilapidé, si ces instituts sont, comme il le prétend désormais, si peu fiables).
Soit cet homme – disons-le tout net, et sans autre forme de procès – est un fumiste avéré.
A titre personnel, je pencherais pour la deuxième option.

Toujours est-il qu’ils ont beau geindre, les uns et autres cocus, il n’en reste pas moins qu’ils ont tort. Et pour une raison simple, limpide, indubitable : les sondages, messires, ne peuvent se tromper, car ils ne sont qu’une photo, celle d’un instant donné, précis. Ni plus, ni moins. Ils ne prédisent pas. Ils évaluent. Des rapports de force(s), ô combien, mouvants. Ils ne sont donc que la possible vérité d’un moment. Si ça n’était pas le cas, alors, vous ne feriez pas, et quotidiennement, appel à leurs services.
CQFD.

Cependant, s’ils ne sont pas prédictifs, ils peuvent nous alerter sur une tendance. Et, plus elle dure dans le temps, plus elle est signifiante.
Ainsi quand un président, puis un président-candidat se trouve être, depuis deux ans, balayé quel que soit l’adversaire qui lui est opposé (DSK, puis Aubry, puis Hollande) et qu’à l’approche de l’échéance, cette tendance ne faiblit pas, alors, il n’est pas insensé de penser que, pour lui, les carottes sont cuites. Quand bien même croirait-il, ou voudrait-il nous faire croire, que non, tout est encore possible. Mais peut-être confond-il l’élection présidentielle avec une rencontre sportive, où là, effectivement, jamais aucun sondage ne vous donnera la moindre indication sur son éventuelle issue.

Quoi qu’il en soit, la tendance est bel et bien lourde. Et, tout comme en 2007, rien, ni personne, n’aura pu l’infléchir. Or nous sommes, désormais, à quelques heures du verdict. C’est dire s’il est bien tard…
Mais qu’à cela ne tienne ! Sans oublier cette tendance qui s’étire depuis deux ans déjà, voyons avec acuité, où en sont les courbes sondagières, à travers deux exemples criants.

En premier lieu, cette courbe de l’institut IPSOS :

IPSOS


Bonne nouvelle pour notre président-candidat, il est en progression ! Et son rival, fort logiquement (puisqu’ils ne sont plus que deux), en régression. Si cette dynamique se confirme, à un moment donné, youpi ! les courbes vont se croiser !

Mais quand ?


Eh bien, pour le savoir, il suffit de se munir d’un double-décimètre, et de prolonger avec application, les courbes respectives de M. Hollande et de M. Sarkozy.
Notez bien le point où elles se rejoignent et descendez ensuite jusqu’à l’abscisse afin d’estimer la date du croisement.
Si vous respectez scrupuleusement l’échelle de ce magnifique croquis, alors, vous obtiendrez comme résultat le 23 mai. Ou en tirant au max, le 22.
Le problème, voyez-vous, c’est que l’élection a lieu le 6. Et comme il m’étonnerait qu’on la reculât au 22 ou au 23, j’en suis fort marri pour notre président-candidat, mais cette progression inespérée arrive trop tard.
Bref, c’est mort.

Gardons cependant espoir avec une deuxième courbe, celle de l’institut Harris.

Harris


Un simple coup d’œil, même furtif, suffit à doucher cet hypocrite espoir que, durant une nano-seconde, nous nourrîmes. Car en effet, là, pas besoin d’un double-décimètre, chacun sachant que deux droites parallèles, jamais, ne se rejoignent ; si ce n’est, paraît-il, à l’infini. Sauf que l’infini, c’est très (très) (très) (très) loin. Et que l’élection, c’est demain.
Damned ! Encore raté ! Cette fois, c’est bien cuit. Pour ne pas dire : cramé.

Alors certes, il n’y a pas QUE ces deux instituts. Mais comme les courbes des six autres sont équivalentes à ces deux-là (Harris = TNS-Sofres ; IPSOS = BVA, CSA, IFOP, LH2 et OpinionWay), inutile d’en remplir l’écran, étant donné que nous obtiendrions, peu ou prou, les mêmes résultats.

Ceci étant, attention ! Gaffe ! Ouh-là ! Ce n’est point parce que les tendances sont là, écrasantes, qu’il faudrait en oublier, dimanche 6 mai, d’aller voter. Surtout pas ! C’est bien là, d’ailleurs, ce qu’espère Nicolas Sarkozy ! Tant il sait que c’est sa dernière chance d’être réélu : que vous n’alliez pas voter pensant que c’est gagné !
Ne faites pas ça, malheureux ! Il convient, et plus que jamais, de rester groupés ! Farouchement mobilisés !

Car, voyez-vous, s’il existe un « vrai travail », c’est bien celui-ci : aller dimanche, en masse, dans l’isoloir, voter CONTRE Sarkozy.
Puis, heureux et fier d’avoir fait son devoir, rentrer chez soi, et attendre, avec jouissance, de prendre connaissance de l’ampleur de sa défaite.
Alors, se servir un verre, doucement penser : « Enfin ! », et ne pouvoir s’empêcher d’ajouter :
« Bon débarras ! ».


 
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